Fiscalité des expatriés à Tuvalu : impôt sur le revenu et absence de taxe foncière

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Tuvalu n’a rien à voir avec un départ classique vers une grande capitale financière. Micro‑État polynésien de 26 km² et à peine plus de 11 000 habitants, Tuvalu combine un système foncier très particulier, une fiscalité relativement simple… et plusieurs zones de flou qui peuvent surprendre un expatrié habitué aux conventions fiscales internationales et aux marchés immobiliers développés.

Bon à savoir :

Pour un non‑résident, Tuvalu offre une absence de taxe foncière et une territorialité de l’impôt, mais avec des contraintes : achat de foncier impossible, taux élevés pour les non‑résidents et administration limitée.

Panorama général du système fiscal de Tuvalu

Tuvalu fonctionne sur un modèle de fiscalité territoriale. En pratique, seuls les revenus dont la source se trouve sur le territoire sont imposables dans le pays, tandis que les revenus de source étrangère sont en principe exclus de l’assiette. Pour un expatrié qui continue de percevoir des rémunérations, dividendes ou rentes à l’étranger, ce point est central.

Attention :

Le système repose sur l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, les taxes sur la consommation, les droits de douane, les taxes sectorielles (hébergement, licences d’activité) et une taxe sur les salaires pour le Tuvalu National Provident Fund (TNPF).

La structure globale des principaux impôts peut être résumée de façon simplifiée ainsi :

Type de prélèvementRésidents / principe généralNon‑résidents / éléments clés
Impôt sur le revenu des personnes (IRPP)Barème progressif de 0 % à 30 %Revenus de travail imposés à 40 % dans de nombreux cas
Impôt sur les sociétés30 % sur le bénéfice net des sociétés résidentes40 % sur le bénéfice net des sociétés non résidentes
Système de taxationTerritorial : seuls revenus de source tuvaluaneIdem, mais taux plus élevés et retenues à la source
TVA / taxes sur la consommationTaux usuels autour de 7–15 %, selon les sourcesIdentique (supporté via les prix)
Taxe sur l’hébergement (Room Tax)3 % du coût d’hébergementS’applique aux opérateurs d’hébergement, y compris étrangers
Cotisations TNPF (type « payroll tax »)13 % salarié + 10 % employeur sur le salaireMêmes taux si contrat local

Les chiffres divergent parfois entre sources (notamment sur le détail des barèmes et les taux exacts de TVA), ce qui reflète à la fois des révisions législatives successives et la difficulté d’obtenir une information parfaitement harmonisée sur un système en évolution. Mais les grands ordres de grandeur restent cohérents : impôt personnel plafonné à 30 %, taux de 30 % sur les bénéfices des sociétés résidentes, 40 % pour les non‑résidents.

Impôt sur le revenu des expatriés : barèmes, résidence fiscale et obligations

Pour un expatrié, la première question est de savoir s’il devient résident fiscal de Tuvalu ou non, puis comment ses revenus locaux et étrangers seront traités.

Résidence fiscale : le seuil des 183 jours

Le droit tuvaluan s’appuie sur un critère classique : la durée de présence physique. Toute personne présente plus de 183 jours sur une période de 12 mois est en principe considérée comme résidente, avec en toile de fond la notion de « lieu d’habitation permanent » dans le pays.

Deux points importants :

un résident est généralement imposé sur les revenus de source tuvaluane ; le système est décrit comme territorial, ce qui, en pratique, limite fortement l’imposition des revenus étrangers ;

un non‑résident n’est imposé que sur certains revenus de source locale (salaires pour des prestations réalisées à Tuvalu, honoraires, intérêts, etc.), avec des taux spécifiques, souvent plus élevés.

Astuce :

Tuvalu ne possédant pas de réseau étendu de conventions de non-double imposition (un seul accord récent avec Taïwan), un expatrié risque d’être imposé à la fois localement sur ses revenus à Tuvalu et dans son pays d’origine sur l’ensemble de ses revenus mondiaux.

Barème de l’impôt sur le revenu : un système progressif, mais simple

Plusieurs grilles coexistent selon les sources, mais elles convergent vers un mécanisme progressif dont le taux marginal maximal est de 30 %. Une structure typique, exprimée en dollars australiens (monnaie effectivement utilisée à Tuvalu), apparaît ainsi :

Tranche de revenu annuel (en AUD)Taux approximatif d’imposition
0 – 4 0000 %
4 001 – 8 00010 %
8 001 – 12 00015 %
12 001 – 20 00020 %
Au‑delà de 20 00030 %

D’autres sources évoquent un seuil de gratuité autour de 10 000 AUD, puis des taux de 10 %, 20 %, 30 %, voire 35 % pour les très hauts revenus. Malgré ces variations, la logique reste la même : imposition nulle ou faible pour les plus petits revenus, puis montée rapide vers 30 % pour les revenus moyens et supérieurs.

Pour un expatrié employé localement, l’employeur pratique en principe une retenue à la source, combinée au versement des cotisations au TNPF. Les non‑résidents qui perçoivent des rémunérations pour du travail effectué sur place se voient souvent appliquer une retenue forfaitaire de 40 %, ce qui les place dans une situation nettement plus lourde que les résidents.

Revenus exonérés et régimes particuliers

Le droit fiscal tuvaluan prévoit un ensemble d’exemptions, conçues au départ pour protéger certains revenus locaux modestes ou d’intérêt collectif. Parmi les sources de revenus qui échappent à l’impôt :

Exemple :

Les dividendes sont généralement exonérés de l’impôt sur le revenu. De plus, certains avantages en nature ou allocations, comme les indemnités de déplacement et de logement, les bourses, certaines gratifications et les avantages du bénévolat pour des organisations à but non lucratif, sont exclus de l’assiette. Plusieurs revenus d’activités traditionnelles, tels que la vente de coprah récolté localement, d’artisanat ou de poisson par des résidents, sont également exonérés. Enfin, les revenus d’institutions éducatives, religieuses, caritatives, sportives ou culturelles, ainsi que ceux de collectivités locales ou de syndicats, bénéficient aussi de cette exonération.

Pour un expatrié, ces exemptions auront un impact surtout s’il est directement employé par une entité reconnue comme exemptée, ou s’il perçoit certains avantages spécifiques définis par la loi comme non imposables.

Obligations déclaratives et sanctions en cas de retard

Les modalités exactes de dépôt de la déclaration varient selon les textes, plusieurs dates étant évoquées (fin mars, fin avril, voire fin décembre). Dans la pratique, les autorités fiscales tuvaluanes exigent :

Bon à savoir :

Le dépôt d’une déclaration annuelle de revenus avec justificatifs (fiches de salaire, états financiers, contrats de location) est requis, suivi du paiement de l’impôt résiduel sous 30 jours après l’avis d’imposition.

Des acomptes provisionnels peuvent être exigés au cours de l’année, en particulier pour les contribuables dont les bénéfices dépassent un certain seuil (par exemple, plus de 50 000 AUD de bénéfice net pour les entrepreneurs).

Les sanctions pour retard de paiement ou non‑déclaration sont significatives au regard de la petite taille du pays :

une pénalité forfaitaire important peut être appliquée ;

une majoration de 1 % par mois de retard sur le montant dû se cumule au fil du temps ;

– tous les trois mois de retard supplémentaire peuvent entraîner une pénalité additionnelle de 5 % ;

– au‑delà d’un certain seuil de dette fiscale (par exemple 500 AUD impayés), les autorités ont le pouvoir de fermer temporairement l’entreprise du débiteur ;

– des dispositions permettent même d’interdire de quitter le territoire tant que la dette n’est pas régularisée.

Pour un expatrié, ignorer un rappel d’impôt à Tuvalu n’est donc pas une option anodine : au‑delà des questions financières, la mobilité même peut être affectée.

Cotisations sociales et « payroll tax » : le rôle du TNPF

Indépendamment de l’impôt sur le revenu, tout salarié employé à Tuvalu est concerné par le Tuvalu National Provident Fund, le régime public de prévoyance instauré par la Provident Fund Act de 1984. Officiellement, il s’agit de contributions de retraite, mais dans la pratique, ces versements mensuels jouent le rôle d’une véritable « taxe sur les salaires » affectée à un fonds de pension.

Les taux de contribution sont clairement fixés :

13 % du salaire brut à la charge du salarié ;

10 % du salaire brut à la charge de l’employeur ;

– soit un total de 23 % du salaire versé chaque mois au TNPF.

73,9

Les contributions au compte Retirement and General Account représentent environ 73,9 % des sommes totales, tandis que le compte MEDU (Medical and Educational) en constitue 26,1 %, dédié aux besoins médicaux et éducatifs.

Les cotisations sont obligatoires pour les citoyens tuvaluans entre 15 et 55 ans employés localement. Les non‑citoyens, y compris les expatriés, peuvent en principe y adhérer volontairement, mais à partir du moment où ils sont intégrés comme salariés dans une entreprise locale, l’employeur est tenu de respecter la législation et de déclarer les contributions, ce qui revient de facto à une obligation.

Prestations du TNPF

Découvrez l’ensemble des services proposés par le TNPF

Service 1

Description détaillée de la première prestation offerte par le TNPF.

Service 2

Description détaillée de la deuxième prestation offerte par le TNPF.

un capital de retraite ou une pension pour les personnes atteignant l’âge de sortie ;

– des prestations en cas d’incapacité ;

– un capital d’émigration pour ceux qui quittent définitivement le pays ;

– des dispositifs spécifiques pour les femmes quittant l’emploi formel pour des raisons familiales ;

– un capital décès versé à des bénéficiaires désignés.

Ces prestations sont alimentées par les intérêts générés par l’investissement des cotisations sur les marchés financiers et, dans une moindre mesure, dans l’économie locale.

Fiscalité immobilière : pas de taxe foncière, mais un système foncier radicalement différent

Vu de l’extérieur, Tuvalu apparaît comme un petit « paradis » fiscal pour les propriétaires : aucune taxe foncière, pas d’impôt récurrent sur la détention de logements, et un marché immobilier quasi inexistant. En réalité, cet avantage s’explique par une donnée fondamentale : un étranger n’y possède quasiment jamais de terrain en pleine propriété.

Le système foncier coutumier : une clé pour comprendre la fiscalité

Le régime foncier de Tuvalu est très largement coutumier. La terre est traditionnellement détenue par des communautés familiales élargies plutôt que par des individus isolés. Ce caractère collectif est profondément enraciné dans la culture et l’organisation sociale du pays. La Constitution et des textes spécialisés (Land and Title Act, Trust Land Act, Land Ownership Act) encadrent ce système en conciliant droit coutumier, influence du common law britannique et législation nationale.

Quelques caractéristiques structurantes :

une grande partie des terres est régie par les coutumes, avec des droits d’usage familiaux ou communautaires transmis de génération en génération ;

la propriété libre (freehold) existe mais reste marginale et strictement encadrée ;

– l’État lui‑même ne possède pas de vastes réserves foncières : il loue la plupart des terres aux propriétaires traditionnels pour les besoins publics ;

– la division des droits à travers les successions et les mariages inter‑îles entraîne une mosaïque de petites parcelles avec de multiples co‑propriétaires, ce qui complique fortement les transactions.

Dans ce contexte, instaurer une taxe foncière annuelle sur les terres aurait sans doute soulevé d’énormes difficultés administratives et politiques. Tuvalu a fait un autre choix : pas de taxe foncière généralisée, mais des droits d’enregistrement, des frais de bail et diverses taxes indirectes sur les activités liées au foncier.

Interdiction quasi générale de propriété étrangère

Pour les expatriés, la règle est claire : l’acquisition en pleine propriété d’un terrain est, en pratique, exclue. Les non‑nationaux ne peuvent généralement pas détenir de titre foncier direct. Ils ne peuvent accéder au sol que par le biais de baux de longue durée.

Les principales caractéristiques de ce régime pour les étrangers sont les suivantes :

un étranger ne peut pas acheter et posséder légalement un terrain ; il ne peut tout au plus obtenir des droits de bail ;

– certains types de biens fonciers sont totalement inaccessibles aux non‑citoyens, notamment les terres à forte valeur culturelle ou patrimoniale ;

– tout accord de bail impliquant un étranger doit être approuvé par les autorités (ministère compétent, éventuellement Land Court) et par la communauté détentrice des droits coutumiers ;

– les durées de bail peuvent aller jusqu’à 99 ans, ce qui, en pratique, se rapproche d’une quasi‑propriété sur la durée du contrat, tout en laissant le sol dans les mains des propriétaires tuvaluans ou de l’État.

Bon à savoir :

Pour développer un hôtel, écolodge, restaurant ou résidence, le processus typique comprend : négociation d’un bail avec les familles propriétaires (souvent nombreuses), obtention des autorisations de l’État, enregistrement au registre foncier, puis construction et exploitation des bâtiments.

Absence de taxe foncière, mais présence de frais et taxes de transaction

L’un des attraits évidents pour un investisseur étranger est l’absence de taxe foncière récurrente. Il n’existe pas de système d’imposition annuel calculé sur la valeur cadastrale des terrains ou des bâtiments.

En revanche, plusieurs frais et taxes ponctuels existent :

des redevances et frais administratifs lors de l’enregistrement d’un bail ou du transfert de certains droits ;

des droits lors de l’inscription au registre des terres (Land Title Register) ;

– des taxes générales sur les entreprises ou sur les revenus locatifs, lorsque les loyers générés sur un terrain à Tuvalu sont considérés comme revenus imposables.

Bon à savoir :

Les sources disponibles indiquent que Tuvalu n’applique pas de dispositif autonome de taxation des plus-values immobilières, ni pour les particuliers ni pour les sociétés. Les gains en capital sur la vente d’actifs, y compris l’immobilier, ne font généralement l’objet d’aucun prélèvement distinct, notamment dans le cadre de placements offshore, et ce dans une optique de compétitivité fiscale internationale.

Cette absence d’imposition sur la détention et, souvent, sur la cession de biens immobiliers ressemble à ce que l’on observe dans d’autres petites juridictions insulaires. Mais à la différence de lieux comme les Turks and Caicos ou Saint‑Kitts‑et‑Nevis, l’absence de taxe foncière à Tuvalu n’est pas pensée comme un produit d’appel pour un marché immobilier international : elle découle surtout de la nature coutumière du foncier et de la quasi‑inaccessibilité de la pleine propriété aux étrangers.

Location et revenus immobiliers : ce qui peut être imposé

Même en l’absence de taxe foncière, les revenus tirés d’un bien peuvent tomber dans le champ de l’impôt sur le revenu. Un expatrié qui loue des chambres d’hôtes ou exploite un hôtel sur un terrain loué à une famille tuvaluane se retrouve typiquement face à plusieurs couches de prélèvements :

l’impôt sur les bénéfices (taux de 30 % s’il s’agit d’une société résidente, 40 % pour une société non résidente) ;

– la Room Tax de 3 % sur le coût de l’hébergement facturé aux clients ;

– la Tuvalu Consumption Tax (ou TVA locale) sur les services fournis, dès lors que le chiffre d’affaires dépasse le seuil d’enregistrement ;

– les cotisations TNPF sur les salaires versés au personnel local.

Dans un tel schéma, l’absence de taxe foncière ne signifie donc pas absence de charges, mais simplement absence de prélèvement patrimonial récurrent sur le sol lui‑même.

Création d’entreprise et fiscalité des sociétés pour les expatriés

Les expatriés qui viennent à Tuvalu ne sont pas seulement des salariés d’organisations internationales. Certains sont investisseurs ou entrepreneurs, attirés par le potentiel du tourisme, de l’agriculture, de la pêche ou des énergies renouvelables. Pour eux, la fiscalité des sociétés est un élément clé.

Taux d’imposition des sociétés : résidents contre non‑résidents

Pour les sociétés résidentes — c’est‑à‑dire enregistrées à Tuvalu et opérant principalement sur le territoire — le taux standard d’imposition sur les bénéfices nets est de 30 %. Pour les sociétés non résidentes, ce taux monte à 40 %. Une société étrangère qui exploite un établissement stable ou tire des revenus significatifs de Tuvalu peut donc se retrouver soumise à cette imposition majorée si elle ne choisit pas une structure locale.

Parallèlement à cet impôt sur les bénéfices, les entreprises doivent supporter : les cotisations sociales, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ainsi que d’autres taxes locales et régionales.

Attention :

Les entreprises à Tuvalu doivent s’acquitter de la Taxe de Consommation si leur chiffre d’affaires dépasse un seuil annuel, de taxes sectorielles comme la Room Tax, d’une licence d’activité équivalant à environ 2,5 % du chiffre d’affaires annuel brut, et des cotisations TNPF pour tous les salariés tuvaluans.

Certains petits opérateurs peuvent opter pour un régime de « presumptive tax », basé sur le chiffre d’affaires plutôt que sur le bénéfice réel. Ce système prévoit des paiements trimestriels forfaitaires ou proportionnels à la vente, avec une déclaration allégée. Il est réservé aux structures dont les ventes restent sous un seuil (par exemple 100 000 AUD par an).

Incitations et exonérations pour les investissements prioritaires

Pour compenser le coût réel du travail (notamment via les contributions TNPF) et l’isolement logistique du pays, Tuvalu a mis en place un ensemble de mesures incitatives en direction de certains secteurs jugés stratégiques : tourisme durable, pêche, agriculture, énergies renouvelables, télécommunications.

Ces mesures incluent :

Astuce :

Des exonérations temporaires d’impôt sur les bénéfices (tax holidays) pouvant atteindre plusieurs années, des réductions de taux ciblées (ex. pour projets touristiques), des amortissements renforcés ou déductions pour équipements et technologies propres, ainsi que des exemptions de taxes professionnelles pour les projets structurants pour l’économie locale.

Ces avantages sont octroyés au cas par cas, souvent sur décision du ministre des Finances ou d’un comité spécialisé. L’investisseur doit soumettre un dossier complet détaillant son projet, ses financements, l’impact prévisionnel sur l’emploi local et le respect des priorités nationales.

Formalités et contraintes pratiques

Pour créer une société à Tuvalu, un expatrié doit : suivre certaines étapes administratives et légales spécifiques. Ces étapes peuvent inclure l’enregistrement de la société, l’obtention des licences nécessaires, et la conformité aux réglementations locales. Il est également essentiel de faire appel à un agent local ou un consultant pour naviguer dans le processus, car la législation peut varier et nécessiter des connaissances spécifiques.

enregistrer la structure auprès du Registrar of Companies ; un service local facture généralement un forfait pour la constitution (certificat d’incorporation, statuts, cachet, support fiscal) ;

obtenir un numéro d’identification fiscale (TIN) ;

– se conformer aux restrictions sur la dénomination (pas de nom déjà protégé ou contraire à l’ordre public) ;

– tenir une comptabilité et déposer des déclarations annuelles d’impôt et de résultats.

Ce formalisme reste relativement simple par rapport à de grandes juridictions, mais l’environnement pratique (banques limitées, absence de cartes, transferts internationaux coûteux, connexions Internet parfois fragiles) peut compliquer la vie quotidienne d’un entrepreneur étranger.

Double imposition et conventions fiscales : l’exception taïwanaise

Un point marquant de la recherche est l’absence quasi totale de conventions de non‑double imposition. Les données indiquent qu’historiquement, Tuvalu ne disposait d’aucun traité de ce type. Cela signifie que, pour la plupart des expatriés, la charge fiscale dans leur pays d’origine restera déterminante, l’impôt payé à Tuvalu n’étant pas forcément crédité automatiquement ailleurs.

Une nouvelle dynamique est toutefois apparue avec la signature, entre Tuvalu et la République de Chine (Taïwan), d’un accord de non‑double imposition et de lutte contre l’évasion fiscale concernant les impôts sur le revenu. Cet accord s’inspire des modèles internationaux classiques et comporte 29 articles couvrant notamment :

Bon à savoir :

L’accord prévoit une réduction à 10 % des retenues à la source sur dividendes, intérêts et redevances, des mécanismes de résolution des différends fiscaux, la coopération et l’échange d’informations, ainsi que des dispositifs anti-abus pour prévenir les montages artificiels.

Pour un résident taïwanais investi à Tuvalu, ou l’inverse, ce traité offre enfin un cadre pour limiter la double imposition sur les revenus de capitaux. Pour les ressortissants d’autres pays, en revanche, la situation reste celle d’un micro‑État sans réseau conventionnel, ce qui impose de vérifier les règles unilatérales de crédit d’impôt dans le pays de résidence principale.

Atouts et limites du système pour les expatriés

La combinaison d’une fiscalité modérée, de l’absence de taxe foncière et — dans plusieurs configurations — de l’absence d’imposition spécifique des plus‑values, peut rendre Tuvalu attractif à première vue. Mais cette attractivité doit être lue à la lumière de contraintes fortes.

Parmi les points positifs :

Bon à savoir :

L’impôt sur le revenu est plafonné à 30 % avec des seuils de franchise pour les bas revenus. Le système territorial exclut souvent les revenus étrangers des expatriés. Il n’y a pas de taxe foncière et, dans bien des cas, pas d’impôt sur les plus-values immobilières. Des régimes incitatifs existent pour les investissements utiles au pays. Le droit de la propriété, bien que complexe, protège les droits coutumiers et assure la stabilité sociale.

Parmi les limites majeures :

Attention :

L’accès à la propriété foncière est quasi impossible sans baux collectifs complexes, les non‑résidents subissent des taux d’imposition élevés (40 % sur certains revenus) souvent sans convention de non‑double imposition, et l’administration bancaire limitée complique les paiements, tandis que des informations fiscales fluctuantes exigent des vérifications au cas par cas.

Pour un expatrié fortuné cherchant une destination de « planning patrimonial » reposant sur l’achat de biens immobiliers, Tuvalu ne joue pas dans la même catégorie que d’autres micro‑États sans impôt foncier : ici, la terre reste, avant tout, un bien communautaire, difficilement monnayable à l’international. En revanche, pour un professionnel ou un entrepreneur prêt à s’intégrer dans la société locale via des projets de long terme — notamment dans le tourisme durable ou les énergies renouvelables — la combinaison d’un impôt modéré, de baux longs, et d’un environnement fiscal relativement simple peut constituer un cadre intéressant.

Conclusion : s’installer à Tuvalu, un projet fiscalement atypique

Dans un monde où les discussions fiscales tournent souvent autour des grands barèmes progressifs, des conventions multilaterales et des marchés immobiliers spéculatifs, Tuvalu offre un contre‑exemple radical : fiscalité territoriale, absence de taxe foncière, droit foncier coutumier, quasi‑absence de conventions internationales. Cela n’en fait pas un havre fiscal universellement attractif, mais plutôt un pays avec une logique propre.

Pour un expatrié, cela signifie qu’avant d’envisager un contrat local, un projet d’hébergement ou un partenariat économique, il est indispensable de :

Astuce :

Avant de s’installer ou d’investir à Tuvalu, il est impératif de : 1) comprendre sa future résidence fiscale et sa coordination avec la législation d’origine ; 2) mesurer l’effet réel des taux locaux (0–30 % pour les résidents, 40 % pour les non-résidents) ; 3) intégrer le coût des contributions sociales obligatoires au TNPF ; 4) appréhender la réalité du foncier (pas de propriété pleine, mais des baux longs négociés au cas par cas) ; 5) se faire accompagner par un professionnel du droit tuvaluan, notamment pour l’immobilier ou les structures d’entreprise.

Tuvalu ne se résume donc ni à un simple paradis fiscal, ni à une juridiction fermée. C’est un État minuscule, avec une économie fragile et un attachement profond à sa terre, qui utilise la fiscalité comme un outil de financement mais aussi comme un moyen de protéger un modèle de société. Pour l’expatrié qui l’a bien compris, la fiscalité – notamment en matière d’impôt sur le revenu et de non‑taxation foncière – peut être gérée de façon prévisible. À condition d’accepter les règles du jeu locales, qui sont autant culturelles que juridiques.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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