Société Internationale Vanuatu 2026 : le Guide Stratégique pour l’Implantation d’un Entrepreneur

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Installer une société internationale à Vanuatu en 2026, ce n’est plus seulement une idée d’optimisation fiscale “exotique”. C’est devenu un véritable choix stratégique de localisation, porté par un centre financier offshore solide, une politique d’investissement offensive pour 2026–2030 et un cadre juridique profondément remis à niveau pour coller aux standards OCDE et FATF. Pour un entrepreneur international, le pays combine trois éléments rarement réunis : zéro impôt sur les sociétés, une réglementation claire et une vraie volonté politique d’attirer des projets sérieux.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet et pragmatique sur la création et l’implantation d’une Société Internationale Vanuatu 2026, en se fondant exclusivement sur les données factuelles d’un rapport de recherche.

Sommaire de l'article masquer

Un centre financier offshore robuste au cœur du Pacifique

Vanuatu n’est ni un territoire britannique ni américain : c’est un État souverain du Pacifique, avec un système juridique mixte (Common law anglaise, droit civil français et coutume). Cette indépendance se reflète dans son modèle économique : pas d’impôt sur les revenus, pas d’impôt sur les sociétés, pas de taxe sur les plus-values, ni sur le patrimoine ou les successions. Depuis l’indépendance en 1980, l’absence de fiscalité directe est un pilier structurel de l’économie, les recettes publiques provenant surtout de la TVA, des droits d’importation et de diverses redevances administratives.

700

Environ 700 personnes travaillent dans le centre financier offshore de Vanuatu, l’un des plus développés de la région.

Le système financier repose sur plus de 10 banques licenciées (11 au total), dont 5 banques commerciales et 7 banques internationales, 34 compagnies et intermédiaires d’assurance, un fonds de pension et quelques autres institutions financières. Le régulateur monétaire est la Reserve Bank of Vanuatu, tandis que la Vanuatu Financial Services Commission (VFSC) administre les lois financières et tient le registre des sociétés. Le secteur est structuré, institutionnalisé et encadré, loin de l’image d’un “trou noir” réglementaire.

Un environnement pro-business assumé

La combinaison zéro impôt, secret relatif sur les bénéficiaires et absence de contrôle de change rend la juridiction particulièrement attractive pour les structures internationales :

Bon à savoir :

Le territoire offre un environnement financier libéral : absence de contrôle des changes permettant la libre circulation des capitaux, pas de règles CFC (sociétés étrangères contrôlées) locales, et aucune obligation de dépôt ou d’audit des comptes pour les sociétés internationales classiques. De plus, les registres des dirigeants et actionnaires sont confidentiels (non publics), bien qu’accessibles aux autorités dans le cadre d’une procédure légale.

En parallèle, Vanuatu affiche une volonté claire de se positionner comme destination d’investissement sérieuse. Les réformes légales menées depuis 2017–2018 ont renforcé les dispositifs anti-blanchiment, la tenue des registres de bénéficiaires effectifs, l’adhésion au CRS (échange automatique d’informations) et à FATCA. Ces ajustements ont permis au pays d’être retiré de certaines listes grises, notamment celles du FATF et de l’UE pour ce qui concerne la coopération anti-blanchiment.

Société internationale : le véhicule clé pour l’entrepreneur

Pour un entrepreneur non résident visant l’international, l’outil central est l’International Company (IC), souvent appelée International Business Company. Elle est régie par l’International Companies Act [Cap. 222], un texte initialement adopté dans les années 1990 et révisé à plusieurs reprises pour intégrer les nouvelles exigences de transparence.

L’International Company est pensée pour mener ses activités hors de Vanuatu. Elle ne doit pas commercer avec des résidents ni développer d’activité sur le marché domestique, à quelques exceptions techniques près (location de bureaux, recours à des prestataires locaux, tenue de réunions, etc.). En contrepartie, elle bénéficie du régime fiscal offshore intégralement exonéré.

Caractéristiques essentielles de l’International Company

La structure est d’une grande souplesse :

Bon à savoir :

Ce type de société ne requiert pas de capital minimum libéré. Elle nécessite au moins un directeur et un actionnaire (personne physique ou morale, sans condition de résidence), fonctions pouvant être cumulées par une seule personne. Le poste de secrétaire est facultatif. Le capital autorisé est modulable, souvent fixé à 50 000 USD pour la forme, avec parfois une seule action émise. Les actions sont obligatoirement nominatives (avec ou sans valeur nominale), les actions au porteur ayant été supprimées.

Les seules obligations structurelles fortes concernent la présence d’un agent agréé et d’un siège social enregistré sur place :

maintien permanent d’un registered agent, licencié par la VFSC ;

siège social obligatoire à une adresse physique à Vanuatu (au-delà d’une simple boîte postale), généralement fourni par l’agent.

La loi prévoit que l’International Company est exonérée de tous impôts de Vanuatu pour une durée garantie de 20 ans à compter de son enregistrement. Sont concernés les impôts sur les bénéfices, les plus-values, les transferts de capital, les droits de succession, les retenues à la source sur les revenus offshore, etc. Dans le même temps, l’absence de contrôle de change permet à l’entrepreneur de relocaliser librement ses profits.

Activités autorisées et restrictions

Une Société internationale Vanuatu 2026 : implantation entrepreneur est idéale pour :

Exemple :

Une société offshore établie au Vanuatu peut exercer diverses activités internationales, telles que : détenir des participations dans des sociétés étrangères ; gérer un holding d’actifs (titres, biens immobiliers à l’étranger, propriété intellectuelle) ; mener des activités de conseil international, de e‑commerce ou opérer des plateformes numériques visant une clientèle hors du Vanuatu ; structurer du trading international et de l’import-export sur des marchés tiers ; ou servir de holding d’investissements pour la gestion de portefeuilles ou de participations.

En revanche, le législateur encadre strictement les activités locales et financières :

interdiction de faire du commerce avec des résidents locaux ou de viser le marché intérieur, sauf activités limitées (location de bureaux, services professionnels locaux, etc.) ;

interdiction d’acheter des biens immobiliers à Vanuatu, hormis la location de locaux ;

– interdiction d’exercer sans licence bancaire, d’assurance, de trust, de gestion de fonds, ou de prendre des dépôts du public.

Les sociétés financières (banques internationales, sociétés de gestion, courtiers) sont soumises à un régime beaucoup plus rigoureux, avec exigences de substance, capital minimum (par exemple 500 000 USD pour une banque internationale) et audits annuels obligatoires.

Coûts, délais et structure de prix pour 2026

Pour un entrepreneur, la question budgétaire ne se limite pas au ticket d’incorporation. Il faut intégrer les frais gouvernementaux, les honoraires d’agent, les coûts bancaires, les services annexes et la maintenance annuelle.

Vue d’ensemble des coûts de création

Les chiffres issus du rapport permettent de dessiner une fourchette réaliste pour une première année d’implantation d’une IC standard (hors licence financière) :

Poste de coût (année 1)Montant typique (USD ou VUV)Commentaire synthétique
Réservation de nom de société (VFSC)50 – 75 USD / ~ VUV 5 000Options à 2 000 ou 5 000 VUV selon la formule
Frais d’incorporation International Company (VFSC)150 USDDroit d’enregistrement initial
Redevance annuelle société internationale (VFSC)300 USDDue chaque année, exonération fiscale garantie 20 ans
Frais d’agent enregistré (année 1)400 – 800 USD (parfois jusqu’à 1 500)Inclut souvent l’adresse de siège
Honoraires de préparation documentaire100 – 300 USDParfois inclus dans le package
Services optionnels (nominee, bureau virtuel, etc.)300 – 1 000+ USD/an par serviceDirecteur / actionnaire prête-nom, redirection de courrier…
Coût total estimatif année 1 (IC standard)1 200 – 3 500+ USDSelon complexité, options et prestataire

Des prestataires “clé en main” annoncent des packages autour de 2 900 USD, d’autres montent à 4 690 USD ou plus, en incluant accompagnement bancaire, apostilles, domiciliation, voire des services de secrétariat d’entreprise.

Coûts de maintien annuel

Une fois la société en place, le coût d’entretien se révèle souvent stable et prévisible :

Poste de coût récurrent (à partir de l’année 2)Montant typique (USD)Détails
Redevance annuelle IC (VFSC)300 USDA régler avant le 30 juin, pénalités possibles en cas de retard
Agent enregistré + siège social300 – 600 USD (parfois 800–1 500)Selon le niveau de service et de conformité AML/CFT
Services facultatifs (nominee, bureau virtuel)400 – 1 000+ USD par serviceÀ ajuster selon le besoin de confidentialité et de présence commerciale
Coûts comptables/audit (si requis par une licence)2 000 – 5 000 USD (audit)Non requis pour une IC classique non régulée
Coût total estimatif annuel (IC non régulée)1 200 – 2 000+ USDHors comptabilité volontaire ou obligations liées à des licences spécifiques

Il faut aussi prévoir des frais annexes : apostilles (50–100 USD par document), éventuels services de conformité renforcée (AML/CFT), et surtout frais bancaires, souvent distincts et substantiels (ouverture de compte, maintenance mensuelle).

Processus d’incorporation : de l’idée à la Certificate of Incorporation

Pour une Société internationale Vanuatu 2026 : implantation entrepreneur, la procédure est presque entièrement dématérialisée pour le client. La condition clé : passer par un registered agent licencié auprès de la VFSC. Il est impossible de s’enregistrer directement en tant que particulier.

Étapes juridiques et administratives

La séquence type est la suivante :

1. Choix et réservation du nom Le nom doit se terminer par un indicateur de responsabilité limitée (Limited, Ltd, Corporation, Inc., SARL, GmbH, etc.). Il ne doit pas être trompeur ni laisser entendre un lien avec le gouvernement. S’il contient des caractères non latins, une traduction certifiée en anglais ou en français doit être fournie. Une fois validé, le nom peut être réservé jusqu’à six mois.

Bon à savoir :

La constitution d’une société à Vanuatu requiert un document équivalent au ‘Memorandum & Articles’. Celui-ci doit inclure le nom de la société, l’adresse de son siège social à Vanuatu, le nom et l’adresse de l’agent local, l’objet social (qui peut être formulé de manière générique) et la mention de la responsabilité limitée. Ce document doit être signé par le ou les fondateurs.

3. Collecte des documents KYC L’agent enregistré applique la législation anti-blanchiment (AML/CFT) et les standards CRS/FATCA : copie certifiée de passeport pour tous les directeurs, actionnaires et bénéficiaires effectifs, justificatif de domicile, références professionnelles, déclaration d’origine des fonds et du patrimoine, parfois extrait de casier judiciaire.

4. Dépôt auprès de la VFSC L’agent soumet la demande d’incorporation à la VFSC, avec la Constitution et les pièces KYC. Une fois approuvée, la VFSC émet un Certificate of Incorporation et un jeu de documents constitutionnels apostillés peut être délivré.

Attention :

La société doit tenir des registres (directeurs, actionnaires, mouvements de titres) et une comptabilité suffisante pour reconstituer sa situation financière. Ils peuvent être conservés à Vanuatu ou à l’étranger, mais doivent être produits sur demande d’une autorité compétente.

Délais réalistes en 2026

Les temps de traitement annoncés pour une International Company standard sont rapides :

incorporation pure : entre 24–48 heures et 2–5 jours ouvrés après remise d’un dossier complet ;

– délivrance du “corporate kit” complet (documents apostillés, registres, etc.) : 5–7 jours ouvrés.

La majorité des entrepreneurs n’ont pas à se rendre physiquement sur place. Toute la procédure peut être gérée à distance via l’agent, intégrant la légalisation des pièces et les formalités auprès du régulateur.

Banque, comptes et accès au système financier

Créer une Société internationale Vanuatu 2026 : implantation entrepreneur ne suffit pas : il faut l’insérer dans un écosystème bancaire opérationnel. Le pays dispose d’un réseau bancaire local et international solide, avec des services en ligne et des transferts internationaux.

Paysage bancaire et services

Plusieurs institutions clés composent le paysage :

National Bank of Vanuatu (NBV) : plus grande banque du pays, détenue par des nationaux, avec 29 agences en dehors de Port Vila et Luganville ;

ANZ Banking Group (Vanuatu) : filiale du groupe Australie–Nouvelle-Zélande ;

BRED Bank Vanuatu : filiale d’un groupe bancaire français ;

BSP Vanuatu : banque issue de Papouasie-Nouvelle-Guinée ;

Wanfuteng Bank : banque commerciale à capitaux chinois ;

Pacific Private Bank : boutique spécialisée en gestion de patrimoine et d’actifs, orientée clients fortunés et structures offshore ;

Vanuatu Agricultural Development Bank : banque de développement orientée agriculture.

Toutes les banques licenciées offrent :

Services bancaires disponibles

Découvrez les principaux services financiers proposés, incluant les opérations courantes, les produits d’épargne, les moyens de paiement et les options de banque à distance.

Services d’agence et retraits

Accès aux services en agence physique et retraits aux distributeurs automatiques de billets (DAB).

Comptes et moyens de paiement

Ouverture de comptes courants, comptes d’épargne, dépôts à terme, obtention de cartes de débit et souscription de crédits.

Banque en ligne et mobile

Accès à une banque en ligne gratuite, souvent complétée par une application mobile.

Virements internationaux

Réalisation de virements internationaux, avec commissions typiques : 1 000–1 500 VUV pour les entrées de fonds et 2 500–15 000 VUV pour les sorties de fonds.

Les comptes sont logiquement libellés en vatu (VUV), mais certains établissements ouvrent des comptes en USD, euros, dollars australiens. D’autres devises comme la livre sterling, le yuan chinois ou le dollar néo‑zélandais sont acceptées pour les opérations de change.

À noter : les crypto‑actifs ne sont pas reconnus comme monnaie légale, et aucune banque ne les accepte comme tels à ce stade.

Coûts, conditions et ouverture de compte

Les frais de tenue de compte restent modestes pour une clientèle locale (de l’ordre de 2 USD par mois pour les particuliers), mais les exigences grimpent pour les structures offshore et les IC :

250

C’est le montant mensuel facturé par certaines banques, comme Pacific Private Bank, pour un compte d’entreprise offshore.

Les banques demandent en général : des garanties, des justificatifs de revenus, un plan de financement et un projet solide.

certificat d’incorporation certifié conforme ;

Constitution (Memorandum & Articles / Constitution) ;

– registre des directeurs et des actionnaires ;

– résolution du conseil autorisant l’ouverture du compte ;

– KYC complet (passeport, justificatif de domicile, CV) pour tous les directeurs, actionnaires, UBOs ;

– description détaillée de l’activité et de l’origine des fonds ;

certificat de bonne situation (“Certificate of Good Standing”) si la société a plus de 6–12 mois.

La plupart des banques exigent la présence physique à l’ouverture. Une exception notable : ANZ Vanuatu accepte parfois une ouverture à distance via envoi postal de documents notariés. Les politiques vis‑à‑vis des non‑résidents varient : NBV et BRED sont cités comme plus ouverts aux clients internationaux, tandis que d’autres institutions peuvent refuser.

Les délais de traitement vont de quelques jours à plusieurs semaines, selon le profil de risque, la complétude du dossier et la politique interne de conformité.

Cadre fiscal : zéro impôt local, mais pas zéro impôt mondial

La promesse de Vanuatu est simple sur le papier : 0 % d’impôt sur les bénéfices pour les International Companies opérant hors du territoire, 0 % de retenue à la source sur dividendes, intérêts et redevances versés à des non‑résidents, pas d’impôt sur la fortune, pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques, pas de droits de succession.

Sur le plan interne :

Astuce :

Les sociétés internationales bénéficient d’une exonération d’impôt sur les sociétés garantie 20 ans. Les entreprises locales sont également exonérées de cet impôt, mais sont soumises à la TVA et à certains droits spécifiques (par exemple sur les revenus locatifs au-delà d’un seuil de 200 000 VUV). Le taux standard de TVA est de 15 % (un taux antérieur de 12,5 % est aussi cité) et ne s’applique qu’aux biens et services fournis ou importés sur le territoire ; les revenus offshore d’une société internationale ne sont pas concernés.

Les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 4 millions de VUV doivent s’enregistrer à la TVA et déposer des déclarations, en général trimestrielles, avec une échéance au 27 du mois suivant (exception pour la période se terminant fin novembre, dont la date limite est reportée au 5 janvier).

Conventions, échanges d’informations et réalité internationale

Vanuatu a signé une unique convention de non double imposition avec la Suède, mais surtout 13 accords d’échange de renseignements fiscaux (TIEA) avec des pays comme l’Australie, la France, la Nouvelle‑Zélande, la Corée du Sud, l’Irlande, etc. Le pays participe au CRS (Accord MCAA signé en 2018, premiers échanges à partir de 2018–2021) et applique un accord FATCA modèle 1 avec les États‑Unis.

Concrètement :

Bon à savoir :

Les institutions financières résidentes doivent identifier les titulaires de comptes non-résidents et transmettre ces informations à leur autorité nationale compétente. Cette autorité redistribue ensuite les données à plus de cinquante juridictions partenaires. Les sociétés détenant une licence de ‘Financial Dealer’ peuvent être considérées comme des institutions financières déclarantes au titre du CRS (Common Reporting Standard).

Sur le plan anti‑blanchiment, la loi AML/CFT [Cap. 252] impose aux agents enregistrés et institutions financières des obligations de vigilance (CDD), de signalement des opérations suspectes et de conservation des données pendant au moins cinq ans. Les sanctions en cas de non‑respect peuvent aller jusqu’à un million de VUV d’amende ou un an d’emprisonnement.

Pour l’entrepreneur, cela signifie que Vanuatu n’efface en rien les obligations fiscales dans son pays de résidence. Les revenus de la société peuvent être requalifiés dans des pays dotés de règles CFC ou de critères de “gestion et contrôle effectifs”, et les dividendes ou salaires perçus restent imposables dans la plupart des États de résidence des bénéficiaires.

Conformité et obligations de suivi

Une fois la société créée, la vie d’une International Company est relativement légère sur le plan déclaratif, mais loin d’être inexistante.

Ce qu’une IC doit faire

payer la redevance annuelle à la VFSC (300 USD pour les sociétés déjà inscrites au 31 décembre précédent, 150 USD pour les nouvelles sociétés de l’année) avant le 30 juin ;

– maintenir à jour le registre des directeurs, des actionnaires et des bénéficiaires effectifs ;

– tenir des registres comptables suffisants pour expliquer les transactions et la situation financière, les conserver au moins 5 ans (certaines sources mentionnent 7 ans) ;

– notifier les changements majeurs (directeurs, actionnaires, agent, nom, constitution) à l’agent enregistré, qui mettra à jour les dossiers et, si nécessaire, les registres auprès de la VFSC.

Bon à savoir :

Il n’y a pas d’obligation de tenir une assemblée annuelle, ni de déposer des comptes ou des déclarations fiscales publiques. Ces obligations ne s’appliquent que si la société est soumise à une licence spécifique, comme dans les secteurs de la banque, du trust ou des services financiers.

Le défaut de paiement de la redevance annuelle entraîne des pénalités (jusqu’à 50 % du montant) et, en cas de non‑paiement prolongé (6–12 mois), la radiation de la société du registre. Un Certificate of Good Standing peut être obtenu pour démontrer à un partenaire bancaire ou commercial que la société est en règle et à jour.

Exigences renforcées pour les sociétés financières en 2026

En 2026, la VFSC a significativement musclé le suivi des détenteurs de licence de Financial Dealer (courtiers, intermédiaires financiers). Ces structures doivent désormais :

Astuce :

Pour maintenir une licence financière à Vanuatu, les entités doivent respecter plusieurs obligations clés : déposer des états financiers audités dans les 3 mois suivant la clôture de l’exercice (avec une extension possible limitée à 1–2 mois) ; remettre des rapports financiers trimestriels dans les 3–4 semaines après chaque trimestre ; obtenir l’approbation préalable de la VFSC pour tout changement concernant le bénéficiaire effectif, un actionnaire, un directeur, un cadre dirigeant ou le plan d’affaires ; démarrer les opérations dans les 6 mois suivant la délivrance de la licence, sous peine de retrait ; maintenir un directeur ou un manager résident au moins 6 mois par an à Vanuatu et disposer d’un bureau physique avec les infrastructures nécessaires ; et souscrire une assurance responsabilité professionnelle avec un minimum de 5 millions de VUV par réclamation et 50 millions de VUV de couverture annuelle.

Les manquements répétés peuvent mener à des avis de révocation de licence. Pour un entrepreneur visant ce segment, l’implantation à Vanuatu implique donc une véritable stratégie de substance locale.

S’implanter comme entrepreneur : au‑delà de la société, un environnement d’investissement

La Société internationale Vanuatu 2026 : implantation entrepreneur s’inscrit dans un écosystème économique et politique qui se transforme rapidement. Le pays a lancé en 2026 sa première Stratégie de Promotion de l’Investissement Étranger 2026–2030, pilotée par la Vanuatu Foreign Investment Promotion Agency (VFIPA). Ce document‑cadre vise à attirer des investissements directs étrangers “de qualité”, créateurs d’emplois, porteurs d’innovation et renforçant la résilience économique.

Un climat d’investissement ouvert et incitatif

Plusieurs éléments structurent ce climat :

Incentifs à l’investissement au Vanuatu

Le Vanuatu propose un cadre attractif pour les investisseurs étrangers, avec une série de mesures conçues pour faciliter l’implantation et la rentabilité des projets.

Cadre d’investissement ouvert

100 % de propriété étrangère autorisée dans la plupart des secteurs, avec liberté de rapatriement des profits et du capital pour les investisseurs enregistrés.

Avantages fiscaux et douaniers

Exonérations ou réductions douanières pour les biens d’équipement de projets prioritaires. Vacances d’impôt sur les sociétés sur cinq à dix ans pour certains projets d’IDE.

Soutien à l’innovation et compétences

Dispositifs de soutien à la R&D et à la montée en compétences (grants, programmes de formation).

Procédures accélérées

Licences fast‑track et procédures accélérées pour les ‘projets prioritaires’ identifiés par les autorités.

Zones Économiques Spéciales

Zones comme la Luganville Free Economic Zone offrant congés fiscaux, exonérations de droits, loyers attractifs et procédures administratives simplifiées.

L’économie repose à plus de 67 % sur les services (dont le tourisme), avec un secteur agricole (kava, coprah, cacao, huile de coco, pêche, bétail) représentant environ 20 % du PIB, et une industrie (construction, manufacturier léger) autour de 13 %. Après plusieurs chocs — liquidation volontaire d’Air Vanuatu en 2024, séisme à Port Vila fin 2024, cyclones successifs —, la croissance est attendue en reprise vers 2,8 % en 2026, soutenue par l’aide extérieure, les envois de fonds de la diaspora et le retour progressif des touristes.

Sectors porteurs pour une société internationale

Pour un entrepreneur, la société internationale peut servir de véhicule pour des investissements dans les secteurs jugés prioritaires par la stratégie 2026–2030 :

Secteurs d’opportunités à Vanuatu

Principaux domaines porteurs pour l’investissement et le développement économique dans l’archipel.

Tourisme & Aventures

Tourisme durable, éco‑hôtellerie et développement de niches d’aventures haut de gamme.

Agro‑Business

Transformation de produits agricoles locaux : kava, café, cacao, noix de coco et produits de la mer.

Énergies Renouvelables

Développement hydroélectrique (comme l’extension Sarakata) et accès à l’énergie en zone rurale.

Services Financiers & Business

Services offshore, fintech, externalisation de processus (BPO) et services aux entreprises.

Technologies Numériques

TIC, services numériques, plateformes en ligne et projets d’e‑gouvernement.

Logistique & Infrastructures

Modernisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires, soutenue par des financements internationaux.

Les flux d’IDE se concentrent pour environ 45 % dans le tourisme et l’hôtellerie, 33 % dans l’immobilier et la construction, 12 % dans l’agriculture et l’agro‑transformation, 10 % dans les services financiers et business. Les principaux pays émetteurs de capitaux sont l’Australie, la Chine, la Nouvelle‑Zélande, le Japon et les Philippines, complétés par les banques de développement régionales et les communautés diasporiques.

Dans ce contexte, une IC peut jouer à la fois le rôle de holding de projets, de véhicule de financement et de structure de gestion d’actifs internationaux reliés à Vanuatu (ou à d’autres marchés du Pacifique).

Résidence, visas investisseurs et synergie avec la citoyenneté par investissement

Installer une Société internationale Vanuatu 2026 : implantation entrepreneur ne nécessite pas, en soi, de résider sur place. Mais pour les entrepreneurs qui souhaitent franchir une étape supplémentaire — sécuriser un statut de résident fiscal ou une seconde citoyenneté —, Vanuatu offre plusieurs outils.

Visas investisseurs et résidence

Le pays a développé une gamme de visas et de permis de résidence pensés pour l’investisseur :

Visas Investisseur au Vanuatu

Présentation des différents types de visas pour investisseurs, leurs conditions, durées et coûts associés.

Visa Investisseur Provisoire

Validité : jusqu’à 12 mois, entrées multiples. Conditions : échange préalable avec VIPA sur le FIAC et preuve de fonds de 10 millions de VUV. Frais : environ 51 500 VUV.

Visa Investisseur d’Affaires

Validité : jusqu’à 3 ans. Conditions : obtention d’un FIAC de VIPA, certificat de la VFSC, licence d’entreprise, compte bancaire local et activité opérationnelle tangible. Frais : environ 206 000 VUV.

Visa Investisseur Direct

Validité : jusqu’à 8 ans. Conditions : actifs détenus à Vanuatu d’une valeur supérieure à 20 millions de VUV, FIAC, certificat de société et licence. Frais : environ 309 000 VUV.

Visa Investisseur Permanent

Résidence à durée indéterminée. Conditions : au moins 10 ans de résidence légale sous visa investisseur, maintien d’une activité, respect des obligations fiscales et sociales, et détention d’actifs locaux de plus de 50 millions de VUV. Frais : environ 3 090 000 VUV.

D’autres voies de résidence existent : résidence “self‑funded” (revenu mensuel garanti sur un compte local), résidence par propriété foncière en bail emphytéotique d’une valeur minimale, résidence pour salarié ou investisseur étranger. Le traitement des premiers permis peut être très rapide (environ 5 jours ouvrables si tout est conforme).

Sur le plan fiscal, la résidence à Vanuatu est généralement reconnue à partir de 183 jours de présence sur 12 mois, combinée à certains liens économiques (propriété, comptes locaux, activité professionnelle, famille). Cette résidence, jointe à l’absence totale d’impôt sur le revenu, en fait une brique potentiellement centrale dans une stratégie de mobilité fiscale.

Citoyenneté par investissement : la DSP comme outil complémentaire

Le pays exploite aussi un programme de Citoyenneté par Investissement (CBI), la Development Support Programme (DSP), couramment présenté comme un “Golden Visa” local. Il repose sur une contribution non remboursable à un fonds public, avec des montants structurés en fonction de la taille de la famille :

Profil de demandeurContribution minimale (USD)Détails complémentaires
Candidat seul130 000Plus frais de diligence, de traitement et annexes
Couple150 000
Famille de 3165 000
Famille de 4180 000Chaque dépendant supplémentaire : +10 000 USD

Les conditions incluent un âge de 18 à 65 ans, un casier judiciaire vierge, l’absence de refus de visa dans un pays bénéficiant d’un accès sans visa avec Vanuatu, et la démonstration d’un patrimoine net d’au moins 250 000 USD. Les ressortissants de certains pays (Corée du Nord, Iran, Irak, Syrie, Yémen) font l’objet de restrictions, sauf s’ils résident depuis cinq ans hors de leurs pays d’origine.

Bon à savoir :

La demande de citoyenneté est entièrement indirecte et doit obligatoirement passer par un agent agréé. Le processus comprend plusieurs étapes : pré‑vérification, contrôle FIU (environ 1 semaine), dépôt du dossier avec un paiement de 25%, approbation, solde sous 90 jours, prise de biométrie et prestation de serment. Le délai total de traitement est de 45 à 60 jours. Aucune obligation de résidence ou de déplacement à Vanuatu n’est requise ; la procédure peut essentiellement se faire à distance, avec la possibilité de prêter serment à l’étranger.

Un passeport vanuatuais offre l’accès sans visa ou avec visa à l’arrivée à 91 destinations, dont Singapour et certaines destinations asiatiques, ainsi que l’éligibilité à un visa touristique américain de 5 ans. L’accès sans visa à l’espace Schengen a en revanche été suspendu pour les citoyens issus de la CBI après 2015, ce qui a réduit l’attrait du programme pour les profils purement orientés mobilité européenne.

Bon à savoir :

Pour un entrepreneur, combiner une société internationale, une citoyenneté DSP et une résidence dans une juridiction sans impôt sur le revenu ni sur les sociétés permet de localiser à la fois l’individu et sa structure dans un environnement fiscal avantageux. Cette stratégie réduit l’exposition aux règles CFC (Controlled Foreign Corporation) de certains pays. Elle ne supprime pas les risques de requalification fiscale dans le pays d’origine, mais constitue une architecture robuste dans le cadre d’une stratégie de relocalisation fiscale pleinement assumée.

Un arbitrage stratégique face aux autres juridictions offshore

Le rapport compare régulièrement Vanuatu à des places comme les BVI, les Seychelles, le Belize, Nevis ou Panama. Sur de nombreux critères — absence d’impôt sur les revenus offshore, rapidité d’incorporation (24–48 heures), niveau des frais gouvernementaux (150 USD d’incorporation, 300 USD annuels), absence de substance formelle obligatoire pour les IC — Vanuatu apparait compétitif, voire moins coûteux que certains centres caribéens.

L’originalité tient surtout à trois facteurs :

1. Un véritable cadre “zéro impôt” Là où certains territoires ont introduit des impôts de 1–5 % pour satisfaire les pressions internationales, Vanuatu est resté sur un régime sans impôt sur le revenu ni sur les sociétés, compensé par TVA et droits d’importation.

Bon à savoir :

Le pays a renforcé sa transparence fiscale et sa lutte contre le blanchiment en adhérant au CRS, en signant l’accord FATCA et en mettant en œuvre des réformes AML/CFT, incluant la tenue de registres des bénéficiaires effectifs. Cet alignement sur les exigences de l’OCDE et du GAFI a permis de sortir de plusieurs listes grises. La confidentialité face au public est préservée, mais les autorités légalement mandatées ont accès aux informations.

3. Une articulation avec une politique de développement nationale La Stratégie d’Investissement 2026–2030, la mise en place de zones économiques spéciales, les grands projets d’infrastructure (aéroports, énergie, télécoms) et le soutien à certains secteurs (agro‑business, TIC, tourisme vert) font de la juridiction autre chose qu’un simple “boîte aux lettres”.

Pour un entrepreneur, le choix de Vanuatu n’est donc pas seulement fiscal. Il peut s’inscrire dans une logique d’accompagnement d’une stratégie de développement économique dans la région Pacifique, notamment via des projets d’IDE, soutenus par un environnement juridique et financier favorable.

Conclusion : conditions de réussite d’une implantation entrepreneuriale à Vanuatu

Une Société internationale Vanuatu 2026 : implantation entrepreneur offre une combinaison séduisante : fiscalité nulle sur les revenus offshore, incorporation rapide et peu coûteuse, exigence minimale de capital, confidentialité raisonnable, accès à un système bancaire solide, et insertion dans un écosystème d’investissement en expansion.

Mais tirer pleinement parti de cette configuration suppose plusieurs précautions :

Astuce :

Lors de la création d’une société au Vanuatu, il est crucial de comprendre que la ‘taxe zéro’ locale ne supprime pas les obligations fiscales dans les pays de résidence effective des bénéficiaires. Il faut anticiper les contraintes de conformité (CRS, FATCA, lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme), notamment pour l’ouverture de comptes bancaires ou l’obtention de licences financières. Le choix d’un agent enregistré compétent est essentiel pour gérer la relation avec la VFSC, la tenue des registres et la conformité continue. Il est également nécessaire de bien dimensionner les coûts au-delà de la première année (redevances, agent, services optionnels, audits potentiels pour les activités régulées). Enfin, si le projet inclut un changement de résidence fiscale ou une deuxième citoyenneté, il doit s’inscrire dans une démarche cohérente de mobilité plutôt que de reposer sur une simple ‘société écran’.

Sous ces conditions, Vanuatu s’impose en 2026 comme une option sérieuse et structurante pour l’entrepreneur international qui cherche à la fois un véhicule de société internationale efficace et une plateforme géopolitique crédible dans le Pacifique.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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