Acheter une villa ou un appartement au Costa Rica en tant que Français : le guide étape par étape

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter une villa avec vue sur l’océan ou un appartement dans la jungle tropicale fait rêver de plus en plus de Français. Le Costa Rica coche quasiment toutes les cases : stabilité politique, sécurité juridique pour les étrangers, fiscalité immobilière douce, marché locatif dynamique et qualité de vie hors norme. Mais ce n’est pas un pays européen : les règles de propriété, la fiscalité, les démarches bancaires et migratoires ont leurs spécificités. Sans préparation, les erreurs peuvent coûter cher.

Ce guide s’adresse à un public français qui envisage d’acheter une villa ou un appartement au Costa Rica en 2026, pour y vivre, investir, ou préparer une retraite au soleil. Il reprend uniquement des informations issues du rapport de recherche et les met en perspective dans un parcours clair, du choix de la zone jusqu’à l’obtention éventuelle d’une résidence.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le cadre légal : ce qu’un Français peut vraiment acheter

Avant de se projeter dans une villa à Tamarindo ou un appartement à Escazú, il faut comprendre ce que la loi costaricienne autorise.

Au Costa Rica, les étrangers bénéficient, en matière de propriété privée, des mêmes droits que les citoyens, pour la très grande majorité des biens. Un Français peut donc acheter, en son nom propre ou via une société, une maison, un appartement, un terrain ou un immeuble, avec un droit de propriété dit fee simple : c’est la forme la plus forte de propriété, qui permet de vendre, louer, hypothéquer ou transmettre sans restriction particulière liée à la nationalité.

Il n’est pas nécessaire d’être résident : un simple visa touriste et un passeport en cours de validité suffisent pour acheter. Le point clé n’est pas la nationalité de l’acheteur, mais le statut juridique de la parcelle.

La seule vraie grande exception concerne le littoral.

La zone maritime : la tentation du “front de mer” à manier avec prudence

Le rêve absolu pour beaucoup de Français : une villa les pieds dans l’eau. C’est possible, mais pas dans n’importe quelles conditions. La bande côtière est divisée en deux zones :

Bon à savoir :

Les 50 premiers mètres depuis la laisse de haute mer sont publics, inaliénables et ne peuvent appartenir à personne. Les 150 mètres suivants (jusqu’à 200 mètres de la mer) constituent la Zone Maritime Terrestre, régie par un système de concession municipale d’une durée de 20 à 99 ans, sans titre de propriété classique.

Dans cette zone concessionnaire, les règles sont plus strictes pour les étrangers :

– Un non-résident ne peut généralement détenir au maximum que 49 % des droits de concession.

– Le reste doit être détenu par un Costaricien ou une société à majorité costaricienne.

– Un étranger qui réside légalement au Costa Rica depuis plus de cinq ans peut accéder à des droits plus larges, mais cela reste encadré.

Attention :

La zone maritime peut être rentable mais exige une vérification approfondie du registre des concessions, de la municipalité et des limitations de revente. Pour un premier achat, beaucoup d’expatriés préfèrent le titré classique hors zone maritime offrant une propriété pleine et entière.

Titre de propriété et Registre National : le cœur du système

Au Costa Rica, tout passe par le Registro Nacional (Registre National). Un bien correctement enregistré possède un folio real (numéro de finca), qui identifie de manière unique la propriété. Ce registre indique :

le propriétaire actuel,

la surface et les limites cadastrales,

la valeur fiscale,

les hypothèques, privilèges, saisies ou annotations éventuelles.

Pour un acheteur français, le document clé est l’informe registral, un rapport certifié émis par le Registre. C’est ce document que votre avocat utilisera pour confirmer que :

le vendeur est bien le propriétaire inscrit,

le bien n’est pas grevé de dettes ou de litiges,

le plan cadastral correspond à la réalité.

Sans cet informe registral certifié, impossible de parler de sécurité juridique.

Étape 1 : choisir sa zone au Costa Rica selon son projet

Pour un Français, la première vraie décision n’est pas juridique, mais géographique. Le Costa Rica est petit en taille, mais très contrasté en termes de climat, d’infrastructures, de prix et de rendement locatif. Trois grandes logiques dominent : investissement locatif saisonnier, résidence principale / long terme, ou mix style de vie + rendement.

Les grandes régions à connaître

On peut schématiquement découper le pays en quatre grandes zones d’intérêt pour un acheteur français :

Secteurs clés pour investir au Costa Rica

Guide des principales régions : plages touristiques, zones sauvages, vallée centrale ou côte caraïbe.

Guanacaste et côte Pacifique nord

Tamarindo, Playa Flamingo, Nosara, Samara… Plages, soleil et fort tourisme avec l’aéroport de Liberia. Idéal pour investissement locatif et résidences secondaires.

Zone sud Pacifique

Uvita, Dominical, Ojochal… Zone plus sauvage et en forte croissance, encore sous-évaluée avec des rendements nets de 5 à 7 % dans certains cas.

Vallée Centrale

San José, Escazú, Santa Ana, Atenas, Grecia… Climat tempéré, meilleures infrastructures, écoles et hôpitaux. Adapté aux familles, retraités et télétravailleurs.

Côte Caraïbe

Puerto Viejo, Cahuita… Ambiance afro-caribéenne, marché abordable et potentiel de croissance élevé, mais accès et sécurité variables selon les secteurs.

Pour y voir plus clair, voici un tableau synthétique de quelques zones clé mentionnées dans les données, avec leurs prix au m² et rendements Airbnb estimés.

Exemples de stations balnéaires et potentiel locatif

Plage / VillePrix moyen au m² (USD)Rendement Airbnb estiméAccessibilitéNiveau d’infrastructureProfil type
Tamarindo / Playa Langosta~3 5008–12 %ExcellenteTrès développéInvest locatif + vie balnéaire
Nosara~4 5007–10 %MoyenneBonneHaut de gamme, bien-être
Santa Teresa~3 8009–13 %MoyenneMoyenneSurf, lifestyle luxe
Jacó / Herradura~2 2008–11 %ExcellenteTrès développéAccessible, urbain côtier
Dominical~2 8007–10 %MoyenneMoyenneNature, croissance forte
Samara~2 9007–10 %BonneBonneFamilial, francophone
Playa Hermosa (Guanacaste)~3 0007–9 %ExcellenteBonneRésidentiel calme
Puerto Viejo (Caraïbe)~2 1008–12 %MoyenneMoyenneContrarien, forte montée
Uvita~2 7007–10 %BonneBonneSous-évalué, très prometteur

Pour un Français qui cherche un premier achat combinant confort de vie, communauté francophone et potentiel locatif, des zones comme Tamarindo, Samara, Playa Hermosa, Uvita ou Nosara ressortent régulièrement dans les chiffres.

Villes intérieures : idéal pour un usage à l’année

Pour ceux qui envisagent de vivre au Costa Rica à plein temps (télétravail, famille, retraite), la Vallée Centrale est à regarder de près. Les données montrent des rendements nets attractifs pour les locations longue durée dans des communes comme Escazú ou Santa Ana, avec des net yields autour de 6,5 à 7,5 % dans certains cas, des prix au m² plus bas que sur le littoral premium et des infrastructures incomparables (cliniques privées, centres commerciaux, écoles internationales, fibre optique).

Exemple :

Un tableau permet de comparer, sur la base des paramètres indiqués dans les données, quelques zones urbaines ou périurbaines clés.

Exemples de zones urbaines et de montagne

ZonePrix moyen au m² (CRC, appart)Rendement net estiméProfilIntérêt pour Français
Escazú (San José)~1 160 000 CRC6,5–7,5 %Banlieue chicExpat, familles, télétravail
Santa Anaproche d’Escazú6,5–7,5 %Suburb moderneLong terme, scolaire
San José centre~580 000 CRC (maisons)VariableUrbain mixteInvest locatif urbain
Atenas / Grecianon précisé, mais modéréBonne croissanceClimats tempérésRetraités, familles

Pour un Français qui veut avant tout stabilité, écoles et services, la Vallée Centrale est souvent la meilleure base, quitte à acheter un second bien plus tard en bord de mer.

Étape 2 : définir son budget, son financement et sa stratégie

Une fois la zone ciblée, il faut affiner son budget global, qui ne se limite pas au prix affiché sur l’annonce.

Combien coûte vraiment un achat au Costa Rica ?

Les données permettent de dégager un ordre de grandeur assez stable : en 2026, les frais de clôture (closing costs) se situent généralement entre 3 % et 6 % du prix d’achat pour la plupart des transactions résidentielles standard, parfois plus (jusqu’à 7–9 %) si la structure est complexe (coquille juridique, financement, concessions, traductions, services d’entiercement sophistiqués).

Les principaux postes sont :

Taxe de transfert (Impuesto de Traspaso) : 1,5 % de la valeur de référence (le plus élevé entre le prix déclaré et la valeur fiscale).

Frais et timbres de registre national : autour de 0,5 à 0,8 %.

Honoraires d’avocat / notaire : en général 1 à 1,5 % du prix (barème légal).

Frais d’escrow (compte d’entiercement) : environ 0,25 à 0,5 %.

Autres frais juridiques (due diligence approfondie, structuration, hypothèque) : 1 à 2 % selon la complexité.

Pour un Français qui cible un budget en dollars, on peut résumer ainsi :

Prix du bien (USD)Fourchette habituelle de frais de clôture (USD)% estimé
200 0009 000 – 13 0004,5–6,5 %
300 0009 000 – 18 0003–6 %
500 00015 000 – 30 0003–6 %
750 00022 500 – 45 0003–6 %
1 000 00030 000 – 60 0003–6 %

Il est raisonnable, pour un acheteur français, de prévoir 5 à 6 % de réserve par rapport au prix négocié, surtout si :

– une hypothèque est mise en place,

– un montage via société est utilisé,

– des services comme des traductions, des rapports d’expert ou de l’ingénierie fiscale sont nécessaires.

Coûts annuels : un paradis fiscal… pour la taxe foncière

L’un des grands atouts du Costa Rica, c’est la faiblesse des impôts fonciers. La taxe municipale standard est de 0,25 % de la valeur enregistrée. Concrètement :

2 500

Une propriété estimée à 1 000 000 USD coûte environ 2 500 USD par an en taxe foncière.

À cela peut s’ajouter la taxe de luxe (Impuesto Solidario), due si la valeur de la construction dépasse un certain seuil (environ 275 000–290 000 USD selon les années). Cette taxe est progressive, entre 0,25 % et 0,55 % par an, calculée sur la valeur de la construction, pas du terrain.

Les communes ajoutent parfois de petites redevances (ordures, services municipaux) de l’ordre de 50 à 100 USD par an. Au global, les coûts de détention (carrying costs) restent très modestes par rapport à la France ou à de nombreuses régions d’Amérique du Nord.

Financement : un Français doit-il acheter comptant ou à crédit ?

La majorité des étrangers achètent au Costa Rica comptant ou avec un financement obtenu dans leur pays d’origine (type crédit hypothécaire sur résidence principale en France, refinancement, prêt sur portefeuille boursier). Les raisons sont simples :

Astuce :

Les banques locales accordent des prêts aux étrangers, mais avec des conditions strictes : un apport de 30 à 50 %, un ratio prêt/valeur (LTV) de 50 à 70 %, un dossier complet incluant revenus justifiés, historique bancaire et documents traduits en espagnol, et un délai d’approbation de 60 à 90 jours.

– Les taux d’intérêt en 2026 pour les non-résidents se situent autour de 7 à 10 % pour des prêts en USD, parfois plus pour des profils risqués.

– Des banques comme BAC San José / BAC Credomatic, Banco BCT, Banco Lafise, Banco Nacional, BCR, Scotiabank Costa Rica sont les plus actives sur ce segment.

Pour un Français sans résidence au Costa Rica, s’endetter localement reste possible, mais :

– il faudra accepter un apport élevé, souvent 40 à 50 % chez certains établissements,

– les taux resteront supérieurs à ce que l’on peut trouver sur un prêt immobilier en zone euro,

– la documentation sera en espagnol et la relation bancaire exigeante.

En parallèle, il existe un marché de prêts privés ou “hard money” :

– taux souvent entre 8 et 10 %, voire 10–15 % pour des prêts très court terme,

– durée courte (2 à 5 ans),

– analyse centrée sur la valeur du bien, plus que sur le revenu de l’emprunteur,

– solution parfois utilisée pour sécuriser un bien très demandé, puis refinancée plus tard par un crédit plus classique.

Pour un Français, la stratégie la plus fréquente consiste à :

– soit acheter comptant au Costa Rica,

– soit utiliser un crédit adossé à un bien détenu en France (hypothèque, crédit relais, prêt sur valeur locative) pour financer l’achat costaricien.

Étape 3 : sécuriser le volet bancaire et les transferts de fonds

En pratique, un acheteur français doit gérer deux problématiques : transférer de grosses sommes en toute conformité et éventuellement ouvrir un compte bancaire local.

Ouvrir (ou non) un compte au Costa Rica

Un compte local n’est pas obligatoire pour acheter. Il est tout à fait possible de :

– laisser les fonds sur un compte en France,

– effectuer un virement international directement vers le compte d’escrow (entiercement) géré par une société costaricienne régulée,

– ou, plus rarement, vers le compte du notaire si celui-ci gère les flux conformément à la réglementation anti-blanchiment.

Cependant, ouvrir un compte local peut faciliter :

la gestion des paiements courants (eau, électricité, HOA),

le futur encaissement de loyers,

une éventuelle demande de crédit sur place.

Attention :

Les banques costariciennes demandent généralement la carte DIMEX (résidence) pour un compte complet. Sans résidence, un compte limité à 1500 USD/mois est possible avec justificatifs de revenus et procédure KYC.

Comment envoyer de l’argent depuis la France sans mauvaise surprise

Le Costa Rica est très strict en matière de lutte contre le blanchiment (KYC/AML). Les sociétés d’escrow et les banques exigeront systématiquement :

copie de passeport,

justificatif de domicile (facture d’électricité, etc.),

justificatifs de revenus ou d’épargne (fiches de paie, avis d’imposition, relevés bancaires, attestation de comptable),

formulaire de connaissance client (Know Your Customer).

Bon à savoir :

Les transferts d’un Français vers le Costa Rica se font presque toujours via des virements bancaires internationaux. Passer par des services spécialisés en change (de type Wise, RegencyFX ou autres) permet souvent de réduire les frais.

– obtenir un meilleur taux de change EUR → USD,

– limiter les frais bancaires,

– éventuellement verrouiller un taux pour se protéger des variations de change entre la signature de l’offre et la signature finale.

Les professionnels déconseillent fortement :

– les paiements en liquide,

– les virements directs vers un compte personnel du vendeur,

– les arrangements “entre amis” sans escrow.

Un compte d’escrow supervisé par la SUGEF (régulateur financier costaricien) est l’outil standard : l’acheteur envoie l’acompte, puis le solde, sur ce compte ; l’escrow ne libère les fonds au vendeur qu’au moment de la signature de l’acte définitif, ou les restitue à l’acheteur si une clause du contrat le prévoit (par exemple, due diligence négative).

Étape 4 : constituer son équipe locale

Au Costa Rica, il n’existe pas de licence d’agent immobilier obligatoire au niveau national. D’où l’importance de bien choisir ses interlocuteurs.

Pour un Français, une équipe type comprend :

– un agent immobilier expérimenté, idéalement habitué aux clients étrangers et francophones,

– un avocat spécialisé en droit immobilier, qui est aussi notaire public (au Costa Rica, seuls certains avocats sont habilités à passer des actes),

– un ingénieur / inspecteur bâtiment,

– un géomètre (topógrafo), surtout pour les terrains.

L’avocat-notaire est central :

Exemple :

Le notaire vérifie le titre au Registre National, contrôle l’absence d’hypothèques, saisies et litiges, confirme la situation cadastrale (plano catastrado), s’assure que les impôts locaux et charges de copropriété sont à jour, prépare le projet d’escritura pública (acte de transfert), puis dépose l’acte au Registre pour enregistrement.

Le recours à un avocat indépendant, choisi par l’acheteur (et non imposé par le vendeur), est un principe de base pour limiter les risques de fraude.

Étape 5 : la recherche de bien et la formulation de l’offre

Sur le terrain, le parcours ressemble à celui que l’on connaît en France, avec des nuances.

Repérage et visites sur place

Les plateformes en ligne et les agences francophones facilitent la première sélection, mais acheter à distance reste risqué. Les recommandations venues du terrain sont claires :

visiter physiquement, idéalement à différentes heures de la journée,

observer le voisinage, la sécurité, le bruit, l’accès (en saison des pluies notamment),

– vérifier l’accès à l’eau, à l’électricité et à Internet (la présence d’une ligne à proximité ne garantit pas une connexion suffisante).

En parallèle, votre avocat peut déjà :

– identifier le folio real de la propriété,

– récupérer un informe registral,

– vérifier que ce qui est annoncé correspond à la réalité officielle.

L’offre d’achat et la lettre d’intention

Une fois le bien trouvé, la première étape formelle est souvent : l’établissement d’un compromis de vente.

– une offre écrite ou letter of intent (oferta de compra) d’une page, qui précise :

– le prix proposé,

– le montant du dépôt (souvent 10 %),

– le délai de due diligence (par exemple 30 jours),

– la date de closing envisagée,

– la répartition des frais (souvent 50/50 pour certains frais, mais chaque marché local a ses habitudes).

Une fois cette offre acceptée par le vendeur, le bien est généralement considéré comme “sous offre”.

Vient ensuite un document plus étoffé : le Sales and Purchase Agreement (SPA) ou Promesa de Compraventa. C’est un contrat préparé par l’avocat (de l’acheteur ou du vendeur, mais toujours revu par l’avocat de l’acheteur) qui :

reprend le prix,

détaille les conditions suspensives,

– fixe le calendrier (due diligence, dépôt, closing),

– définit ce qui est inclus dans la vente (meubles, équipements),

– encadre les conséquences d’une due diligence négative,

– précise les clauses de défaut (que se passe-t-il si le vendeur ou l’acheteur se désiste).

La signature du SPA s’accompagne généralement du dépôt de 10 % sur le compte d’escrow, dans un délai souvent de deux semaines.

Étape 6 : la due diligence complète, étape critique pour un Français

Le délai de due diligence, souvent de 30 jours (parfois 45 si le bien est complexe), est le moment où l’on soulève tous les cailloux. L’objectif : soit valider la transaction, soit se retirer proprement si des problèmes majeurs apparaissent.

Cette phase combine plusieurs volets.

Analyse juridique approfondie

Votre avocat va : vous conseiller sur vos droits et obligations, préparer des documents juridiques, représenter vos intérêts devant les tribunaux, et négocier des règlements en votre faveur.

– vérifier à nouveau le titre de propriété au Registre National,

– remonter la chaîne de propriété (antécédents) pour détecter les anomalies,

– contrôler l’absence de gravámenes (hypothèques, saisies, servitudes non annoncées),

– demander un certificat de la municipalité pour confirmer :

– l’absence d’arriérés de taxe foncière,

– le statut de la taxe de luxe (Impuesto Solidario),

– les éventuelles “contributions spéciales” locales,

– vérifier les règlements de copropriété (pour une résidence ou un condo) :

– règles de location (Airbnb autorisé ou non),

– acceptation des animaux, des usages commerciaux,

– historique des charges spéciales (travaux, contentieux).

Attention :

Si le bien est détenu par une société (Sociedad Anónima ou Limitada), des formalités supplémentaires sont nécessaires.

vérifier la situation fiscale de la société,

contrôler que toutes les taxes de société sont payées,

identifier clairement les actionnaires et les personnes habilitées à vendre.

Vérifications techniques et physiques

Pour un appartement ou une villa, un ingénieur / inspecteur réalise idéalement une inspection complète :

structure, fondations, fissures,

toiture, étanchéité, humidité, ventilation,

électricité (mise à la terre, tableau, section des câbles),

plomberie (pression d’eau, matériaux, évacuation, fosse septique),

conformité vis-à-vis des normes parasismiques.

Pour un terrain ou une grande propriété, un géomètre intervient pour :

– vérifier les limites sur le terrain par rapport au plan cadastral,

– détecter d’éventuels chevauchements avec des propriétés voisines,

– confirmer l’existence d’une servitude d’accès légale (route enregistrée),

– mesurer les pentes, le risque d’érosion, les distances aux cours d’eau (avec des retraits obligatoires).

Bon à savoir :

La lettre d’eau (carta de agua) délivrée par AyA ou l’ASADA locale prouve le droit d’accès à l’eau potable. Sans ce document, les permis de construire ou d’extension peuvent être refusés.

Zoning, environnement, zone maritime

Pour des biens proches de la mer, de rivières ou de parcs nationaux, il faut vérifier : l’accessibilité, la qualité des infrastructures, la réglementation locale et les risques environnementaux.

– le zonage (uso de suelo) en mairie, qui indique si le terrain est constructible, résidentiel, commercial, agricole, etc.,

– la distance aux zones protégées (forêts, rivières, sources),

– l’éventuelle inclusion dans la zone maritime (les fameux 200 mètres),

– la présence de normes environnementales spécifiques (interdiction de certains types de constructions, restrictions de densité, obligations de reforestation, etc.).

Si la due diligence révèle des problèmes graves (litiges, impossibilité de construire, risques géotechniques majeurs…), le contrat prévoit généralement la possibilité pour l’acheteur :

– de demander la résolution du contrat et la restitution du dépôt,

– ou de renégocier le prix pour couvrir les travaux nécessaires.

Une due diligence positive est la condition pour passer à l’étape de closing.

Étape 7 : la signature de l’acte (closing) et l’enregistrement

Lorsque tout est validé, l’avocat–notaire prépare l’escritura pública de traspaso, l’acte de cession.

Le jour du closing (en présence de toutes les parties ou par procuration) :

– l’acheteur signe l’acte devant notaire,

– le vendeur signe également,

– l’escrow libère les fonds vers le vendeur,

– le notaire prélève sur ces fonds les montants destinés à :

– la taxe de transfert de 1,5 %,

– les timbres et frais de registre,

– ses honoraires,

– l’acte est immédiatement transmis au Registre National pour inscription.

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Le délai maximal d’inscription est de 4 semaines.

le notaire conserve l’original de l’acte,

le statut “en cours d’enregistrement” peut être vérifié en ligne par l’avocat.

Une fois l’inscription terminée :

le nom de l’acheteur figure officiellement comme propriétaire dans le folio real,

l’acheteur peut procéder à la mise à jour des contrats d’eau, d’électricité, d’Internet, des comptes de copropriété, etc.

C’est cette inscription qui fait de vous, aux yeux de la loi costaricienne, le propriétaire de la villa ou de l’appartement.

Étape 8 : après l’achat – fiscalité, charges et gestion locative

Le processus ne s’arrête pas le jour du closing. Un Français qui investit doit penser à l’exploitation du bien et à la fiscalité récurrente.

Taxes annuelles et obligations locales

Comme vu plus haut, les obligations principales sont :

Taxe foncière municipale : 0,25 % de la valeur enregistrée, payable annuellement ou trimestriellement auprès de la municipalidad.

Taxe de luxe (Impuesto Solidario) : si applicable (propriétés de construction au-dessus du seuil), de 0,25 % à 0,55 %, déclarée et payée chaque année avant le 15 janvier.

Taxe de société, si le bien est détenu via une société costaricienne : de l’ordre de 130 à 260 USD/an selon le niveau d’activité.

Les charges complémentaires incluent :

– les frais de copropriété (HOA) pour un condo ou une résidence,

– l’entretien de la piscine, du jardin,

– les assurances (multirisque, responsabilité civile),

– les frais de gestion si vous confiez la location à une agence.

Location saisonnière : potentiel et réalités

Les chiffres du marché montrent que :

– sur les zones côtières bien positionnées (Tamarindo, Nosara, Santa Teresa, Jaco, Manuel Antonio, Uvita, etc.), les rendements bruts Airbnb peuvent atteindre 8 à 15 %, pour des biens bien gérés,

– les rendements nets une fois déduits la gestion, les charges et les taxes se situent typiquement entre 5 et 8 %.

2026

Les données d’occupation sur Airbnb en 2026 illustrent le potentiel de croissance du marché.

Tamarindo affiche un taux d’occupation d’environ 49 %, avec un tarif journalier moyen de 355 USD,

Jaco/Herradura tournent autour de 40 % d’occupation pour un tarif moyen de 318 USD,

Nosara peut facturer des nuitées 20 à 40 % plus chères que Tamarindo sur le haut de gamme bien-être.

Pour un Français qui vise un mix résidence secondaire + location saisonnière, des villes comme Tamarindo, Santa Teresa, Nosara, Uvita, Samara ou Manuel Antonio sont particulièrement pertinentes, à condition d’accepter :

une gestion professionnelle,

les aléas saisonniers,

– et la conformité réglementaire locale (certains condominiums ou municipalités régulent plus strictement la location courte durée).

Étape 9 : transformer son achat en tremplin pour la résidence au Costa Rica

Acheter une villa ou un appartement au Costa Rica ne vous donne automatiquement aucun statut migratoire. Vous restez touriste aux yeux de l’immigration, même si vous possédez plusieurs propriétés. En revanche, un investissement immobilier peut servir de base pour obtenir une résidence temporaire en tant qu’investisseur (Inversionista).

La résidence par investissement : comment fonctionne le seuil de 150 000 USD

Une loi spécifique (Loi 9996) a abaissé temporairement le seuil d’investissement minimum à 150 000 USD pour obtenir une résidence temporaire d’investisseur (Inversionista). Cette mesure est valable jusqu’en juillet 2026 et devrait ensuite, sauf prolongation législative, remonter à 200 000 USD.

Pour un Français, cela signifie qu’en 2026 :

– l’achat d’un bien immobilier pour au moins 150 000 USD,

– ou un portefeuille d’actifs insurables (combinaison de biens, parts d’entreprise, équipements…) atteignant 150 000 USD,

peut permettre de déposer une demande de résidence Inversionista.

Points clés :

– le bien doit être enregistré au Registre National au nom de la personne qui demande la résidence (la réforme a écarté la possibilité de se baser uniquement sur un bien détenu par une société écran pour ce type de résidence),

– la valeur prise en compte est la valeur enregistrée au Registre (et l’éventuelle hypothèque ne compte que pour la partie d’“équité” réellement détenue).

Conditions pratiques pour un Français

Pour obtenir cette résidence Inversionista, il faut en plus de l’investissement :

Bon à savoir :

Pour obtenir la résidence, vous devez fournir : un casier judiciaire vierge du pays d’origine (et des 5 dernières années), apostillé et traduit en espagnol ; un passeport valide avec entrée légale ; la preuve d’investissement (titre de propriété enregistré, évaluation professionnelle, justificatifs de paiement) ; l’inscription à la CAJA après approbation ; et des preuves de solvabilité économique et de propriété d’un logement ou d’une adresse au Costa Rica.

La résidence Inversionista est :

– une résidence temporaire, en général pour 2 ans,

– renouvelable tant que l’investissement est maintenu et que les obligations (CAJA, visite annuelle du pays, etc.) sont respectées,

– une première marche vers une résidence permanente puis, à terme, vers une éventuelle naturalisation après plusieurs années de résidence continue.

Pour un Français qui envisage de passer plus de 6 mois par an au Costa Rica, acheter un bien d’au moins 150 000 USD en 2026 peut donc être le socle d’un plan de résidence viable, à condition de respecter toutes les exigences formelles.

Étape 10 : se prémunir contre les pièges classiques

Le Costa Rica offre un cadre relativement sûr pour les investisseurs étrangers, mais ce n’est pas un Eldorado naïf. Trois sources de risque reviennent systématiquement dans les retours d’expérience et les analyses juridiques.

Ne jamais se passer d’un avocat-notaire indépendant

Même si un agent immobilier (ou un vendeur) vous propose de s’occuper de “tout”, l’achat d’un bien doit toujours être supervisé par votre propre avocat-notaire :

Bon à savoir :

Le lecteur doit savoir que le professionnel mandaté est compétent pour commander les certificats du Registre National, rédiger ou vérifier le SPA et l’acte, confirmer que l’escrow choisi est régulé, et vérifier l’existence réelle du bien, des accès, des servitudes et des permis.

Cette vigilance est particulièrement cruciale près du littoral, dans les zones rurales, ou lorsqu’un bien est détenu par une société.

Éviter les transactions opaques

Les quelques règles de base pour se protéger :

– toujours exiger un informe registral certifié avant tout dépôt,

– refuser tout paiement sur un compte personnel,

– utiliser exclusivement un compte d’escrow réglementé ou un compte de cabinet d’avocats reconnu,

– éviter les achats sans visite, même si les photos et vidéos sont alléchantes.

Comprendre ce que l’on achète

Beaucoup de problèmes viennent du décalage entre ce qui est “vu” et ce qui est “enregistré” :

Bon à savoir :

Un chemin utilisé depuis des années peut être privé sans servitude enregistrée, une maison dite « face à la mer » peut se situer dans la zone maritime concessionnaire aux droits limités, et une bâtisse présentée comme « sans problème » peut manquer de permis de construire ou être en infraction de zonage.

Le mantra est simple : au Costa Rica, ce qui compte, c’est ce qui figure au Registre, au plan cadastral, au plan d’urbanisme et dans les permis, pas ce qu’on vous raconte en visite.

Conclusion : pour un Français, un marché attractif à condition de jouer selon les règles locales

Le Costa Rica offre aux Français quelque chose de rare : la possibilité d’acheter, avec des droits de propriété identiques à ceux des locaux, dans un pays stable, démocratique, doté d’un système de registre foncier solide, et avec un niveau de taxe foncière exceptionnellement bas. Les données montrent des rendements locatifs solides dans les zones touristiques, une fiscalité modérée et des perspectives de croissance intéressantes dans plusieurs régions (Guanacaste, zone sud Pacifique, Vallée Centrale, côte caraïbe en montée).

Mais cet avantage s’accompagne d’exigences :

Astuce :

Pour réussir un achat immobilier en zone maritime, il est essentiel de maîtriser le cadre légal en distinguant la zone maritime du titre classique, de faire preuve de rigueur dans la due diligence, de respecter les normes bancaires et anti-blanchiment, de comprendre les coûts réels incluant les frais de closing, taxes et charges, et d’anticiper sa stratégie migratoire si l’on souhaite résider plus longuement.

En 2026, pour un Français, acheter une villa ou un appartement au Costa Rica est donc tout à fait envisageable, que ce soit :

– pour se constituer un patrimoine locatif en dollars,

– pour préparer une retraite active au soleil,

– ou pour bâtir un plan de résidence Inversionista à partir d’un investissement immobilier de 150 000 USD ou plus.

À condition de s’entourer des bons professionnels, de respecter chaque étape et de ne jamais perdre de vue la règle d’or du pays : au Costa Rica, la Pura Vida ne dispense pas d’une rigueur juridique absolue lorsqu’il s’agit de propriété.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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