Checklist ultime avant d’acheter au Costa Rica : les 25 vérifications qui évitent les ennuis

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un bien au Costa Rica fait rêver : jungle, plages, douceur de vivre et fiscalité immobilière légère. Mais derrière la carte postale se cache un marché peu encadré, avec ses zones grises, ses pièges juridiques et ses coûts cachés. Sans une checklist solide, le risque d’acheter le mauvais bien, au mauvais endroit, avec le mauvais statut légal, est bien réel.

Bon à savoir :

Avant de signer, vérifiez au Costa Rica : le Registro Nacional, la Zona Marítimo-Terrestre, l’Uso de Suelo, l’avis SETENA, les taxes, le financement et les comptes séquestres (escrows). Ces 25 points essentiels transforment votre coup de cœur en achat sécurisé et évitent tout futur contentieux.

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1. Clarifier votre objectif et votre budget avant même de chercher

Avant de parler de cadastre ou de maritime, il faut répondre honnêtement à deux questions : pourquoi achetez-vous et combien pouvez-vous vraiment investir, coûts annexes compris.

Un même bien ne s’analyse pas de la même manière si vous visez une résidence principale, une maison de vacances louée quelques semaines par an, un investissement locatif pur ou un projet de développement touristique. Le zonage (usage du sol), les contraintes environnementales, la demande locative et même le choix de la région ne seront pas les mêmes.

Astuce :

Au Costa Rica, les acheteurs étrangers sous-estiment souvent certains aspects clés de l’achat immobilier, comme les lois locales, les taxes ou les procédures administratives.

la longueur des procédures,

les coûts additionnels (fermeture, taxes annuelles, travaux),

la difficulté d’accès au crédit local.

Les études locales montrent que les coûts de clôture (taxes, timbres, notaire, escrow…) tournent généralement autour de 4,5 % à 6,5 % du prix d’achat. Ne pas les intégrer dès le départ fausse totalement le budget.

Élément à anticiperOrdre de grandeur (acheteur)
Coûts de clôture totaux~4,5 % à 6,5 % du prix du bien
Taxe de transfert immobilier1,5 %
Timbres & droits d’enregistrement~0,5 % à 0,85 %
Honoraires de notaire/avocat~1 % à 1,5 % (soumis à 13 % de TVA)
Frais d’escrow (tiers de confiance)env. 0,25 % partagés, min. env. 650–900 USD
Impôt foncier annuel0,25 % de la valeur déclarée

Définir un budget global incluant 10 % de marge (clôture, meubles, premiers travaux, imprévus) vous évitera de devoir brader ou renoncer à des travaux structurants.

2. Choisir les bons professionnels : avocat, notaire, experts techniques

Le Costa Rica ne ressemble ni à la France, ni au Canada, ni aux États-Unis en matière d’immobilier. Le pays ne dispose d’aucune instance officielle de régulation des agents immobiliers : pas de licence obligatoire, pas d’ordre professionnel, pas de sanction automatique en cas de manquement, hormis un recours civil au tribunal. Faire confiance à « l’agent sympa qui parle français » comme unique garde-fou est une erreur majeure.

Au Costa Rica, la colonne vertébrale de la sécurité juridique, c’est l’avocat-notaire, pas l’agent.

2.1. L’avocat spécialiste immobilier : non négociable

Le premier réflexe doit être de recruter un avocat costaricien, bilingue, spécialisé en droit immobilier, qui sera généralement aussi notaire public (notario público). C’est lui qui :

Exemple :

Réalise la due diligence juridique complète, vérifie la propriété via le folio real au Registro Nacional, contrôle l’absence d’hypothèques, saisies, annotations ou servitudes, confirme que les impôts municipaux et taxes de luxe sont à jour, analyse le plano catastrado et prépare l’escritura pública de transfert devant le Registro.

Les erreurs les plus coûteuses recensées chez les étrangers viennent du refus d’engager un avocat indépendant ou de la confusion entre un simple notaire « formaliste » et un vrai conseiller juridique. Au Costa Rica, le notaire est obligatoirement avocat, mais il doit surtout travailler pour vous, pas pour le vendeur.

2.2. Techniciens indispensables : topographe, ingénieur, éventuellement consultant environnemental

La due diligence ne s’arrête pas aux papiers. Un topographe licencié doit vérifier sur le terrain que les bornes physiques correspondent au plano catastrado enregistré. Un ingénieur évaluera la stabilité des pentes, les risques d’érosion, de glissement de terrain ou de crues saisonnières.

Attention :

Pour les projets de construction ou d’agrandissement, un consultant environnemental peut être nécessaire pour naviguer devant SETENA (Secrétariat technique environnemental) et MINAE/SINAC (environnement et zones protégées).

3. Vérifier le titre au Registro Nacional : folio real, historique et charges

Tout achat sérieux commence au Registro Nacional (Registro Público), unique registre foncier du pays, entièrement informatisé et accessible en ligne. Chaque parcelle titrée y est identifiée par un numéro unique : le folio real.

Votre avocat doit : s’assurer que vos droits sont protégés, vous informer sur les lois et règlements applicables à votre situation, préparer les documents légaux nécessaires, représenter vos intérêts devant les tribunaux et vous conseiller au cours de la procédure.

Étapes clés pour analyser un bien immobilier en Espagne

Vérifier la propriété, les charges et la cohérence cadastrale avant toute transaction

Récupérer le folio real

Par numéro de finca ou via le nom du propriétaire pour obtenir le dossier complet

Obtenir les certificats

Demander un informe registral ou une certificación literal pour avoir les données officielles

Analyser les antécédents

Examiner la rubrique Antecedentes pour retracer l’historique des transferts de propriété

Lister les charges

Identifier tous les gravámenes : hypothèques, embargos et autres annotations

Vérifier les mesures

Comparer la cohérence des mesures du registre avec celles du plano cadastral

Confirmer le vendeur

S’assurer que le vendeur est bien le titular registral ou qu’il dispose d’un pouvoir valable

Ce que doit confirmer l’étude de titrePourquoi c’est crucial
Identité du propriétaire enregistréÉvite de traiter avec un pseudo-propriétaire ou un mandataire périmé
Existence de charges (hypothèques, saisies)Ces dettes suivent le bien, pas le vendeur
Absence d’annotations ou litigesSignale les procédures judiciaires ou contestations en cours
Historique de propriété sur 10 ansMet au jour les transferts irréguliers ou suspects
Correspondance avec le plano catastradoValide la surface et les limites officielles

Le Costa Rica suit la règle du « premier inscrit, premier servi » : un droit non inscrit ne peut en principe pas être opposé à un acheteur de bonne foi. Mais cette protection ne joue pleinement que si votre avocat a vérifié minutieusement le dossier au Registro.

4. Comprendre la différence capitale entre propriété titrée et concession maritime

Certaines des pires histoires de propriétaires étrangers concernent le littoral. La distinction entre propriété titrée (fee simple) et terre en concession dans la Zona Marítimo-Terrestre (ZMT) est le point le plus important à maîtriser si vous envisagez une vue mer ou un accès plage.

4.1. La ZMT : 200 mètres sous régime spécial

Toute la côte costaricienne est encadrée par la Ley 6043 (1977) sur la Zona Marítimo-Terrestre :

– les 50 premiers mètres depuis la laisse de haute mer sont la Zona Pública, inaliénable, 100 % publique, sans titre ni clôture possible ;

– les 150 mètres suivants forment la Zona Restringida, appartenant à l’État, administrée par les municipalités, utilisable uniquement via une concession (bail emphytéotique, 5 à 20 ans, renouvelable).

200

Dans ces 200 mètres, il est impossible de détenir un terrain en pleine propriété, seule une concession précaire est possible.

– redevance annuelle, généralement autour de 2,5 % de la valeur,

– respect strict du Plan Regulador (plan de zonage municipal),

– formalités de renouvellement,

– risque de non-renouvellement ou de révision des conditions.

4.2. Restrictions pour les étrangers dans la ZMT

Autre écueil : dans la zone concessionnaire, un étranger non résident depuis au moins cinq ans ne peut pas détenir plus de 49 % d’une concession au jour J. Pour contrôler plus de 50 %, il doit :

– soit être citoyen costaricien,

– soit être résident légal depuis au moins cinq ans,

– soit structurer la concession via une société costaricienne où au moins 51 % des parts sont détenues par des Costariciens ou des résidents longue durée.

Ne pas comprendre ces règles expose à des montages bancals, parfois orchestrés par des intermédiaires peu scrupuleux, où l’acheteur étranger croit acheter une « propriété en bord de mer » alors qu’il ne détient qu’une minorité d’une concession mal structurée.

Acheteur étranger

4.3. Le piège des annonces : photos de plage et drones trompeurs

Les annonces mettent souvent en avant : les avantages du produit, les promotions spéciales, la satisfaction client, la qualité exceptionnelle, l’innovation et les témoignages d’utilisateurs.

des photos de plages,

des vues drones très hautes,

une proximité « vendeuse » avec l’océan.

Cela ne prouve en rien que le terrain est titré, ni même qu’il est réellement aussi proche de la plage. Certains vendeurs cherchent à faire croire que la parcelle est quasi « pieds dans l’eau » alors qu’elle est bien plus éloignée, ou qu’il s’agit d’une pure concession présentée comme un titre.

Votre avocat doit impérativement vérifier, via le Registro et la section Registre des concessions, si la propriété est bien :

hors ZMT (titrée classique), ou

dans la ZMT, avec concession enregistrée et conditions précises.

5. S’assurer que le bien a un plano catastrado valide et des limites claires

Un titre sans plano catastrado (plan cadastral enregistré) ou avec un plano obsolète est un signal d’alarme immédiat. De nombreux litiges au Costa Rica naissent de :

plans anciens dessinés à la main, sans coordonnées GPS précises,

– manques de bornage,

chevauchements avec des routes publiques, des rivières ou des propriétés voisines.

La démarche rigoureuse inclut : l’analyse des données, la formulation d’hypothèses, la réalisation d’expérimentations et l’interprétation des résultats.

– 1. Obtenir le plano catastrado depuis le Registro (ou Catastro Nacional). 2. Vérifier que :

– le numéro de plano correspond bien au folio real,

– la surface et les limites concordent,

– aucune annotation ne signale un litige ou une correction en attente. 3. Comparer les informations avec la réalité du terrain, avec l’aide d’un topographe.

Les acheteurs prudents vont plus loin :

– ils utilisent Google Earth et les systèmes gouvernementaux (SIRI, SNIT) pour superposer les limites sur les images satellites,

– ils consultent l’historique d’images pour détecter des constructions ou mouvements de terre récents,

– ils font vérifier chaque borne physiquement par un topographe avec GPS.

Si les limites ne peuvent pas être confirmées avec certitude, la recommandation est simple : on ne signe pas.

6. Confirmer l’usage du sol (Uso de Suelo) et le zonage municipal

Acheter une belle parcelle boisée en pensant y construire plusieurs villas de location pour découvrir ensuite que la municipalité ne permet qu’un usage agricole léger est l’un des grands classiques.

Avant de s’engager, votre avocat doit obtenir auprès de la mairie un certificat d’usage du sol (Uso de Suelo). Ce document précise :

Bon à savoir :

Les contraintes à vérifier incluent : l’usage du terrain (résidentiel, commercial, touristique, agricole ou mixte), les retraits obligatoires (distances par rapport aux routes, rivières ou sources), les limites de construction (hauteurs maximales, densité, pourcentage de couverture au sol), et les restrictions liées aux zones protégées ou à la Zone Maritime et Terrestre (ZMT).

On ne devrait jamais clore une transaction sans Uso de Suelo clair. Ce certificat conditionne aussi l’obtention du permis de construire et l’éventuelle viabilité environnementale de SETENA.

7. Valider l’accès légal au bien : routes, servitudes, derecho de vía

Un accès pratique n’est pas toujours un accès légal. Le concept de derecho de vía (droit de passage) et les servitudes de passage sont des points souvent négligés.

Les vérifications à exiger :

Bon à savoir :

Il faut vérifier que la route d’accès figure sur le plano catastrado, déterminer si elle est publique ou privée, et, s’il s’agit d’une servitude, s’assurer qu’elle est enregistrée au Registro Nacional. Il est également essentiel de confirmer que la largeur et l’état de la route permettent les travaux et l’accès en saison des pluies.

Lors de la visite, il faut rouler réellement sur la route indiquée sur le plano, vérifier :

qu’elle existe,

qu’elle n’est pas bloquée par un voisin,

qu’il n’y a pas de conflit ouvert sur son usage.

Sans accès légal clair, la valeur du bien chute drastiquement, et l’obtention de permis peut devenir impossible.

8. Vérifier l’eau, l’électricité, l’internet et les autres services

Un terrain magnifique sans eau légale ni électricité devient vite un gouffre financier. Beaucoup d’acheteurs se fient à des promesses verbales du type « l’eau arrive bientôt » ou « l’électricité est à 200 mètres », sans chiffrer ni sécuriser.

Les autorités imposent une preuve d’eau avant d’accorder un permis de construire. Il faut donc obtenir auprès de AyA ou de l’ASADA locale une Carta de Agua (lettre de disponibilité d’eau potable) valide.

Attention :

Pour l’électricité, il s’agit de confirmer auprès d’ICE, CNFL ou de la coopérative locale.

la possibilité de raccordement,

la distance au point de branchement,

les coûts potentiels si la distance dépasse 100 mètres.

Idem pour l’internet : de nombreuses annonces vantent une « fibre optique disponible », qui s’avère n’être qu’un projet ou un point d’accès à plusieurs kilomètres.

Une checklist réaliste inclut :

– une Carta de Agua officielle,

– une lettre ou un mail confirmant la capacité électrique et les conditions,

– la vérification de la collecte des déchets et autres services municipaux.

9. Intégrer les contraintes environnementales : SETENA, MINAE, SINAC et reculs

Le Costa Rica est réputé pour sa politique environnementale, et ce n’est pas qu’un slogan. Tout projet susceptible d’avoir un impact important (lotissement, hôtel, grande villa, mouvement de terre massif) doit passer par SETENA, bras technique du MINAE.

9.1. Permis environnemental : D1, parfois D2, et études

Selon la taille et la nature du projet, SETENA peut exiger :

– un formulaire D1 pour les projets plus importants,

– un plan de gestion environnementale (PGA) pour les impacts modérés,

– un étude d’impact environnemental (EsIA) complète pour les projets à fort impact, réalisée par un consultant agréé.

Attention :

Les projets de moins de 1000 m² peuvent être dispensés d’étude D2, mais le D1 reste obligatoire au-delà. Sans résolution de viabilité environnementale favorable, le permis de construire ne sera pas accordé.

9.2. Zones protégées, forêts et eau : rôle de SINAC

Si le terrain se situe :

– à proximité d’un parc national, d’une réserve ou d’un corridor biologique,

– ou implique l’abattage d’arbres,

il faut composer avec le SINAC, bras opérationnel du MINAE pour les aires protégées. Abattre des arbres, même sur terrain privé, nécessite souvent une autorisation.

9.3. Reculs obligatoires par rapport à l’eau

Le droit costaricien impose des zones de protection autour des cours d’eau, sources et captages publics. À titre indicatif :

Élément naturelZone inconstructible approximative
Ruisseaux et petits cours d’eau15 m de chaque rive
Sources permanentes100 m
Captages d’eau publique200 m

Ces distances peuvent rendre inconstructible une partie significative d’un terrain en bord de rivière ou près d’une source. Le topographe et l’ingénieur doivent les intégrer dans leur analyse.

10. Inspecter le bien physiquement : structure, climat, saison sèche vs saison des pluies

La visite sur place est non seulement recommandée, elle est indispensable. Acheter uniquement sur photos ou visite virtuelle augmente drastiquement le risque de mauvaises surprises.

Le Costa Rica connaît un climat dur pour les constructions : humidité, sel en zone côtière, pluies diluviennes, termites. Ignorer une inspection structurelle sérieuse peut se traduire par des milliers de dollars de réparations dans les premières années.

Astuce :

Une astuce locale consiste à visiter le terrain en **saison sèche** et à observer les zones qui restent **vertes** : elles indiquent souvent des zones humides, des sources, des nappes superficielles ou des écoulements. L’ingénieur doit examiner ces indices pour localiser les ressources en eau.

la stabilité des pentes,

le drainage naturel,

les risques d’inondation saisonnière.

On complétera par une inspection intérieure (toiture, fondations, humidité, installations électriques et sanitaires) pour tout bâtiment existant.

11. Comprendre vraiment les coûts : taxes, frais de clôture, charges annuelles

Se focaliser sur le prix affiché en négligeant les coûts annexes est une erreur fréquente. Or, le Costa Rica, s’il offre une fiscalité foncière très douce, applique tout de même des taxes de transfert et des frais d’enregistrement non négligeables.

11.1. Coûts de clôture à l’achat

En pratique, l’addition pour l’acheteur cumule :

1,5 % de taxe de transfert immobilier (Impuesto de Traspaso),

– environ 0,5 % à 0,85 % de timbres et droits de registre (National Registry, timbres agrarios, fiscaux, archives, barreau…),

1 % à 1,5 % d’honoraires de notaire/avocat (soumis à 13 % de TVA),

– des frais d’escrow (~0,25 % du prix, souvent partagés, minimum autour de 650–900 USD),

– une éventuelle frais de due diligence spécifique lorsque l’avocat facture cette phase à part.

3,5 % à 6,5 %

Les frais d’achat immobilier représentent entre 3,5 % et 6,5 % du prix du bien pour l’acheteur, selon la répartition des frais avec le vendeur et la complexité du dossier.

11.2. Taxes annuelles et charges

Une fois propriétaire, vous resterez soumis à :

– un impôt foncier municipal de 0,25 % de la valeur déclarée (une des plus faibles d’Amérique latine),

– une éventuelle taxe de luxe (Impuesto de Lujo / Impuesto Solidario) pour les constructions dépassant un certain seuil de valeur,

– les charges de copropriété si le bien est en condominium,

– les coûts d’entretien (jardin, piscine, gardiennage).

L’impôt foncier est administré par la municipalité, payé trimestre, semestre ou année. Tous les cinq ans, le propriétaire doit mettre à jour la valeur déclarée.

12. Sécuriser le transfert : escrow, acte public et enregistrement

Un transfert de propriété au Costa Rica suit un schéma précis :

1. Contrat préliminaire (Opción de Compra ou Compromiso de Compraventa), souvent accompagné d’un dépôt de 10 %. 2. Période de due diligence (environ 30 jours, parfois plus). 3. Utilisation d’un compte d’escrow supervisé par SUGEF (par exemple Stewart/Secure Title, banques locales). 4. Signature de l’escritura de traspaso devant notaire. 5. Paiement des taxes, timbres, et dépôt de l’acte au Registro Nacional. 6. Mise à jour du folio real au nom du nouvel acquéreur.

Exemple :

Le schéma recommandé est le suivant

– signature du contrat avec conditions suspensives (titre clair, taxes à jour, permis validés, financement obtenu),

– virement du prix de vente vers l’escrow, jamais directement au vendeur,

– enregistrement de l’acte au Registro,

– libération des fonds par l’escrow uniquement après confirmation de l’inscription.

Cette séquence réduit fortement le risque de pression pour payer avant vérification complète, une pratique relevée dans plusieurs arnaques (dépôt exigé à la hâte, avant étude de titre).

13. Analyser le véhicule de détention : personne physique ou société (S.R.L., S.A.)

Au Costa Rica, il est possible d’acheter :

– en votre nom propre, même en simple touriste,

– via une société locale (S.R.L. ou S.A.).

La société peut faciliter certains montages (revente des parts plutôt que de la propriété, protection patrimoniale, gestion à plusieurs associés), mais elle ajoute aussi :

Bon à savoir :

Même sans revenus, vous devez respecter des obligations déclaratives (Registre des bénéficiaires effectifs), des déclarations fiscales, ainsi que l’inscription à la sécurité sociale et l’assurance accidents si vous employez du personnel, sans oublier les contraintes de lutte anti-blanchiment (KYC).

Si vous rachetez un bien détenu par une société et que vous achetez les parts plutôt que l’actif, vous héritez aussi des dettes, litiges, arriérés fiscaux de cette société. D’où l’importance d’une due diligence corporate (statuts, livres de procès-verbaux, états auprès du fisc, CCSS, RTBF).

14. Comprendre les options de financement pour étrangers

Le financement au Costa Rica existe, mais il est souvent plus cher, plus lent et plus exigeant que dans les pays d’origine des acheteurs.

14.1. Banques locales et taux

Certaines banques (BAC, LAFISE, BCT, Scotiabank, BCR, Banco Promerica…) proposent des prêts aux non-résidents, avec :

– des apports de 30 % à 50 % du prix,

– des taux d’intérêt variant en général entre 8,5 % et 11,5 % pour étrangers,

– des durées allant jusqu’à 20–30 ans selon la banque,

– un dossier lourd (revenus, crédit, justificatifs traduits, parfois cosignataire local).

Pour beaucoup d’acheteurs, ces options restent secondaires, faute de dossier assez solide dans le pays.

14.2. Lenders internationaux, private equity, seller financing

Le paysage s’est diversifié :

Financement immobilier pour Américains à l’étranger

Trois types de prêts adaptés aux besoins des acheteurs américains

Lenders internationaux

Hypothèques 30 ans fixes pour biens déjà construits, avec apport de 25–30 %, proposées par des institutions comme Second Street.

Prêteurs privés

Hard money lenders et family offices offrant des taux élevés (10–15 %) sur des durées courtes de 2 à 5 ans.

Seller financing

Crédit-vendeur courant dans les zones touristiques : apport de 20–40 %, taux entre 6 et 9 %, durées de 3 à 15 ans, modalités négociables.

Beaucoup d’acheteurs utilisent aussi :

– des HELOC ou refinancements sur leur résidence principale dans leur pays,

– des prêts sur portefeuille financier (type Lombard).

L’idée clé : si vous avez besoin de financement, il faut l’anticiper avant de signer un compromis, en sachant que le cash ou les fonds déjà disponibles restent un net avantage dans un marché où les bonnes affaires partent vite.

15. Se protéger contre les fraudes et arnaques ciblant les étrangers

Les sources indiquent que les escroqueries sont suffisamment fréquentes pour qu’il soit raisonnable de partir du principe que vous serez au moins une fois ciblé durant vos recherches.

Parmi les stratagèmes fréquents :

Attention :

Vente de concession présentée comme propriété titrée, mensonges sur l’absence de charges malgré hypothèques ou embargos au Registro, pression pour un dépôt avant vérifications, vente de biens aux limites floues ou empiétant sur le voisinage, et propriétés en zone protégée ou ZMT avec restrictions cachées.

La parade repose sur quelques principes simples :

aucune confiance dans les accords verbaux : tout doit être écrit,

– aucun virement direct au vendeur, toujours via escrow supervisé,

– une due diligence complète menée par votre avocat, sans raccourcis,

– vérification indépendante des photos, distances, accès via visites physiques et outils en ligne (Google Earth, SNIT, SIRI).

16. Penser à l’après : revente, fiscalité, résidence d’investisseur

Enfin, un achat réussi ne se mesure pas seulement au moment de l’acquisition, mais aussi à la capacité à : répondre aux besoins sur le long terme.

Astuce :

Pour revendre facilement, veillez à avoir un titre clair, un historique propre et des permis en ordre. Gérez la fiscalité sur les plus-values et envisagez d’utiliser l’investissement comme levier pour une résidence d’investisseur.

La loi costaricienne prévoit un statut de résident investisseur pour les personnes investissant au moins 150 000 USD dans l’immobilier ou des actifs productifs. Cela n’octroie pas la citoyenneté, mais facilite l’installation, le séjour longue durée et certains aspects fiscaux.

17. Les 25 points à cocher avant de dire « oui »

Plutôt qu’une liste sèche, il est utile de voir ces 25 points comme un fil conducteur chronologique.

Astuce :

Voici une checklist complète pour sécuriser votre achat immobilier au Costa Rica : 1. Définir votre projet et budget (+10 % marge). 2. Recruter un avocat-notaire spécialisé, indépendant et bilingue. 3. Identifier topographe, ingénieur et consultant environnemental si besoin. 4. Vérifier le sérieux de l’agent immobilier (enregistrement SUGEF). 5. Confirmer au Registro Nacional le folio real, propriétaire et historique 10 ans. 6. Analyser le certificat de charges (hypothèques, embargos). 7. Vérifier le plano catastrado (surface, limites). 8. Faire contrôler le terrain par un topographe. 9. Confirmer la nature juridique (titre ou concession ZMT). 10. Vérifier la position par rapport aux 200 m de la ZMT. 11. Demander un Uso de Suelo à la municipalité. 12. Vérifier l’accès légal et son état. 13. Obtenir Carta de Agua et confirmation électricité/internet. 14. Identifier zones de protection et reculs. 15. Vérifier les zones protégées via SINAC/SNIT. 16. Évaluer obligations SETENA. 17. Faire inspection structurale et étude de sols si nécessaire. 18. Demandercertificat de taxes à jour. 19. Modéliser coûts de clôture et charges annuelles. 20. Obtenir pré-approbations financement. 21. Signer contrat avec conditions suspensives. 22. Utiliser compte d’escrow supervisé. 23. Faire passer l’escritura et suivre l’actualisation au Registro. 24. Créer une société de détention si pertinent. 25. Envisager une assurance titre complémentaire.

Conclusion

Acheter au Costa Rica est tout à fait possible en simple touriste, sans statut de résident, et la loi protège formellement les droits des étrangers. Le pays dispose d’un registre foncier centralisé et public, d’un système de titres uniques (folio real) et d’une fiscalité foncière relativement clémente.

Bon à savoir :

L’absence d’encadrement des agents, la complexité de la Zona Marítimo-Terrestre, les contraintes environnementales et l’obligation pour l’acheteur de vérifier lui-même tous les éléments font de la due diligence la pierre angulaire d’un achat réussi.

Une checklist rigoureuse, menée avec l’appui d’un avocat-notaire expérimenté, d’un topographe et, au besoin, d’experts techniques, permet de transformer un rêve tropical en investissement solide plutôt qu’en casse-tête juridique. En cochant, un à un, ces 25 points avant d’acheter au Costa Rica, vous mettez les probabilités de votre côté pour profiter durablement de votre bien, plutôt que d’apprendre le droit costaricien au tribunal.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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