L’immobilier au Costa Rica est en train de changer de visage. Le pays n’est plus seulement un “petit paradis caché”, c’est désormais un marché structuré, suivi par des investisseurs internationaux qui comparent les rendements, auscultent les plans cadastraux et négocient les prix avec autant de sérieux qu’à Miami ou Lisbonne. San José, Tamarindo et l’ensemble de la côte pacifique se retrouvent au cœur de cette nouvelle dynamique.
L’investissement immobilier au Costa Rica (San José, Tamarindo, côte Pacifique) exige de maîtriser : cadastre, Registro Nacional, zone maritime, Carta de Agua, concessions, escrows SUGEF, et distinction entre rendements bruts et nets. La courbe d’apprentissage est raide mais le potentiel est réel.
San José et la Vallée Centrale : la machine à revenus locatifs
San José et la grande Vallée Centrale (Escazú, Santa Ana, Heredia, Curridabat…) constituent le cœur économique du pays. Pour un investisseur étranger qui recherche d’abord des revenus locatifs stables plutôt que la vue mer, c’est souvent ici que l’équation rendement/risque est la plus intéressante.
Les données récentes montrent que les rendements bruts dans la région de San José sont parmi les plus élevés du pays. Les appartements bien situés peuvent atteindre des rendements bruts supérieurs à 8 %, avec des marchés locatifs très liquides, notamment sur les petites surfaces.
Heredia, dans la couronne nord de la capitale, affiche un rendement locatif moyen proche de 8,7 %.
Voici un exemple de comparaison de segments dans le Grand San José (données agrégées de plusieurs études récentes) :
| Zone / Segment | Type de bien | Rendement brut estimé | Rendement net estimé | Délai moyen de location |
|---|---|---|---|---|
| Curridabat / Freses | Condo 1 chambre | ~7,6 % | ~5,3 % | ~14 jours |
| Santa Ana (ensemble) | Appartements / condos | ~7,8 % | ~5,5–6 % | 2–4 semaines |
| Heredia (ensemble) | Appartements | ~8,7 % | ~6–6,5 % | ~2 semaines |
| Moyenne nationale (tous segments) | Mix résidentiel | ~7,8 % | ~4,0 % | variable |
Ce différentiel entre rendement brut et net reste raisonnable en ville, car les charges sont plus contenues que sur la côte : moins de corrosion saline, de charges de copropriété luxueuses ou de vacance locative saisonnière. Sur un investissement locatif classique à San José, les dépenses d’exploitation se situent souvent autour de 25 à 35 % des revenus, contre 45 à 60 % pour un meublé de plage.
Dans un portefeuille diversifié, beaucoup d’investisseurs combinent ainsi : divers titres financiers, des actions, des obligations, et d’autres actifs pour gérer les risques et optimiser les rendements.
– Un ou deux biens à San José ou dans la Vallée Centrale pour ancrer des flux de loyers relativement prévisibles.
– Un actif plus “opportuniste” sur la côte pacifique pour profiter du tourisme, des hausses de prix à long terme et de l’usage personnel.
Tamarindo et Guanacaste : la vitrine pacifique pour les étrangers
Tamarindo, dans la province de Guanacaste, est devenu le symbole de la côte pacifique nord. Plage de surf emblématique, communauté internationale installée à l’année, court séjour direct via l’aéroport de Liberia (LIR), offre de condos, villas et maisons en gated communities… Tout y est pour l’investisseur étranger.
La réalité actuelle du marché, cependant, est plus nuancée que l’image de carte postale. Après une envolée spectaculaire des prix entre 2020 et 2023 (jusqu’à +300–400 % sur certains segments à Tamarindo et alentours), une correction importante est intervenue en 2024–2025. Les données montrent par exemple une baisse de l’ordre de 34 % sur certaines gammes de condos entre les pics de 2024 et le début de 2025, avec une hausse des inventaires d’environ 15 % puis +40 à +50 % dans la grande zone de Tamarindo.
Cette “Grande Normalisation” a conduit à une vraie redistribution des cartes.
Trois marchés dans le marché à Tamarindo
En 2026, l’écosystème Tamarindo se découpe en trois sous-segments bien distincts :
| Segment de prix | Profil du bien | Tendance actuelle | Opportunité pour l’investisseur |
|---|---|---|---|
| + de 1,5 M USD | Villas luxe vue mer, grandes propriétés | Marché au ralenti, acheteurs ultra sélectifs | Négocier fortement, viser rareté réelle |
| 400 000 – 800 000 USD | Maisons et condos mid-range | Pression à la baisse, nombreuses baisses de prix | “Sweet spot” pour mix usage + location |
| Moins de 400 000 USD | Condos, petites maisons, gated communities | Segment le plus tendu, offre limitée, rotation rapide | Entrée idéale sur le marché, forte demande locative |
Les biens d’entrée de gamme (condos et petites maisons en-dessous de 400 000 dollars), en particulier dans des ensembles recherchés comme certaines résidences de Hacienda Pinilla ou Reserva Conchal, restent extrêmement convoités. L’offre est restreinte et la demande dépasse largement la disponibilité, ce qui soutient les prix malgré le contexte plus neutre.
Le segment des biens de luxe (plus de 1,5 million de dollars) perd en fluidité : acheteurs ultra-informés comparant ventes passées, historique de location et coûts de construction en hausse de plus de 10 %, laissant passer les biens surcotés. Les villas bien positionnées et au prix juste se vendent, tandis que les autres stagnent entre 9 et 12 mois.
C’est la tranche 400 000–800 000 dollars qui a le plus encaissé la correction. Beaucoup de propriétaires y avaient acheté au sommet du cycle 2022–2023. En 2026, ils doivent ajuster leurs attentes, accepter des négociations et, pour certains, sortir sans plus-value. Pour un investisseur étranger, c’est souvent là que se trouvent les dossiers les plus intéressants, combinant bon potentiel locatif et prix redevenus rationnels.
Prix et perspectives à Tamarindo et sur la côte de Guanacaste
Sur l’ensemble de Guanacaste, les barèmes 2026 donnent une image assez claire :
| Type / Localisation | Fourchette de prix 2026 (USD) | Commentaire |
|---|---|---|
| Condo 1–2 ch. basique (inland Guanacaste) | 150 000 – 200 000 | Ticket d’entrée locatif ou pied-à-terre |
| Condo nouvelle résidence près de la plage | 220 000 – 320 000 | Produit recherché par les Nord-Américains |
| Condo premium vue mer (Tamarindo / Flamingo) | 350 000 – 500 000 | Cœur du segment investisseur |
| Maison en gated community (Guanacaste) | 280 000 – 450 000 | Mix usage/locatif très demandé |
| Grande maison vue mer | 600 000 – 1 000 000 | Montée en gamme nette depuis 5 ans |
| Front de mer premium | 3 000 000+ | Produit ultra rare, très peu d’offre |
Les prix au mètre carré reflètent cette montée en gamme. Dans des quartiers haut de gamme comme Playa Langosta, le centre de Tamarindo ou Playa Flamingo, on est souvent entre 3 000 et 5 500 dollars/m². En comparaison, des zones plus abordables comme Liberia, Sardinal ou des quartiers non côtiers de Santa Cruz se situent plutôt autour de 900 à 1 800 dollars/m².
Les projections 2026 sur Guanacaste tablent sur une hausse globale de 5 à 8 % sur l’année, avec des variations selon les sous-marchés.
Pour Tamarindo spécifiquement, les analyses convergent : la période 2026 ressemble à “la meilleure fenêtre d’achat depuis cinq ans”. Le marché est revenu à des fondamentaux sains, les prix ont été recadrés, les inventaires sont plus hauts, et les acheteurs peuvent de nouveau négocier et choisir.
Côte pacifique : rendements, saisons et pièges à éviter
Si San José est d’abord un marché de rendement long terme, la côte pacifique (Tamarindo, Flamingo, Nosara, Manuel Antonio, Jaco, Papagayo…) joue sur un autre tableau : le tourisme, la location saisonnière, le lifestyle. Les chiffres de rendement montrent un potentiel élevé, mais la différence entre brut et net est considérable.
Sur le papier, les locations courte durée sur la côte peuvent générer entre 8 et 15 % de rendement brut. Dans la pratique, une fois intégrés les frais de gestion, la maintenance, l’assurance, la copropriété, les taxes et la vacance, la plupart des projets sérieux tournent autour de 5 à 8 % de rendement net.
Voici un panorama simplifié des rendements côte pacifique / Vallée Centrale :
| Zone / Produit | Rendement brut typique | Rendement net typique | Ratio charges / loyers |
|---|---|---|---|
| Côtes pacifiques (STR bien gérés) | 8–15 % | 5–8 % | 45–60 % |
| Tamarindo (studio/condo locatif) | 6–12 % | 4,5–8 % | élevé (copro + maintenance) |
| Nosara (villa 3 chambres) | ~6–8 % | jusqu’à 6–8 % (bien géré) | très dépendant de l’exploitation |
| Villas de luxe front de mer | parfois < 6 % brut | < 2–4 % net | charges très lourdes |
| Long terme en Vallée Centrale (San José) | 5–8 % brut | 4–6 % net | 25–35 % |
Les villas ultra haut de gamme sur la côte, souvent mises en avant dans les brochures, sont paradoxalement les plus décevantes en rendement réel. Dans certaines zones comme Nosara/Guiones, une villa 3 chambres peut n’afficher qu’environ 1 % de rendement net une fois tout payé, malgré un rendement brut honorable. Les charges (HOA, personnel, entretien intensif lié au climat, périodes de vacance) mangent la rentabilité.
Des condos bien placés à Tamarindo ou Flamingo, ainsi que de petites maisons à Playas del Coco, offrent un excellent compromis. Le Guanacaste affiche souvent des rendements annuels de 6 à 10 %, avec Tamarindo et Flamingo dans la fourchette haute (7–10 %) pour des biens bien gérés, et Liberia plutôt autour de 6–8 % avec plus de stabilité.
Un cadre fiscal étonnamment favorable pour les étrangers
L’un des atouts les moins connus du Costa Rica pour un investisseur étranger réside dans son système fiscal. Le pays applique une fiscalité dite “territoriale” : seule la richesse générée sur le sol costaricien est imposée. Les revenus et plus-values d’origine étrangère, y compris rentes, dividendes, pensions ou loyers d’immeubles situés hors Costa Rica, ne sont pas taxés ici, sauf cas très particuliers prévus par la loi.
Les loyers et plus-values réalisés à l’étranger par un investisseur vivant au Costa Rica ne sont pas imposés localement. Notez toutefois l’obligation de cotiser à la sécurité sociale (CCSS) à hauteur d’environ 10,67 % sur certains revenus, notamment pour les indépendants ou télétravailleurs.
À l’échelle de l’immobilier local, le pays se distingue aussi par une pression modérée :
– Taxe foncière de base à 0,25 % par an sur la valeur déclarée du bien, ce qui place le Costa Rica parmi les juridictions les moins taxées du continent sur ce point.
– Taxe dite de “luxe” (impôt de solidarité) pour les résidences de très forte valeur, avec un barème progressif de 0,25 à 0,55 % supplémentaires au-dessus d’un seuil en colones.
– Droit de mutation de 1,5 % lors du transfert de propriété, plus timbres et frais d’enregistrement d’environ 1 %.
Au total, un acheteur étranger doit prévoir des coûts d’acquisition globaux d’environ 3,5–4,5 % du prix (hors assurance-titres), ou 4,5–5,5 % s’il ajoute une police de title insurance.
Propriété, zone maritime et droits des étrangers
Le Costa Rica se distingue aussi par l’absence de quotas ou de restrictions générales sur la propriété étrangère. La Constitution garantit aux étrangers les mêmes droits civils que les nationaux, ce qui inclut la propriété foncière. Un simple touriste, entré avec un tampon de 90 jours, peut parfaitement acheter un appartement ou un terrain titré en son nom et l’enregistrer au Registro Nacional.
Deux structures sont couramment utilisées :
Deux options principales pour détenir un bien immobilier
Simple, adapté à un appartement ou une maison familiale.
Utile pour structurer plusieurs biens, partager entre associés ou optimiser une transmission. L’ouverture d’une corporation coûte typiquement entre 350 et 700 dollars.
La seule vraie exception se situe sur la bande côtière, régie par la Loi Maritime (Ley 6043). Les 200 premiers mètres à partir de la ligne de haute mer constituent la zona marítimo terrestre, subdivisée en :
– 0–50 m : zone publique, inaliénable, non constructible.
– 50–200 m : zone de concession, où la jouissance du terrain passe par une concession accordée par la municipalité, généralement pour 20 ans renouvelables.
Dans cette zone, un étranger ne peut détenir une concession qu’après cinq ans de résidence, et les entreprises doivent être majoritairement contrôlées par des Costariciens. Avant tout achat, un avocat doit vérifier via un estudio registral s’il s’agit d’un titre en pleine propriété ou d’une concession maritime.
Il faut retenir un principe simple : la très grande majorité des biens adaptés à l’investissement locatif (condos, maisons en gated community, terrains en coteaux avec vue mer) sont situés hors concession, en pleine propriété titrée. Les lots véritablement titulaires en front de mer représentent une minorité (environ 5 % du littoral), le reste relevant du régime de concession ou des zones publiques.
Résidence d’investisseur : quand 150 000 $ d’immobilier ouvrent les portes
Autre particularité intéressante : l’immobilier peut être la clé d’une résidence légale au Costa Rica. La Loi 9996, adoptée pour attirer investisseurs, rentiers et retraités, a abaissé le seuil d’investissement minimum à 150 000 dollars (contre 200 000 auparavant). Une acquisition immobilière d’au moins 150 000 dollars, correctement enregistrée, permet de demander la résidence en tant qu’investisseur.
Cette résidence est en général temporaire, renouvelable tous les deux ans, et offre plusieurs avantages :
Exonération d’impôt sur le revenu déclaré pour obtenir le statut. Exonération unique des droits d’importation sur les effets personnels (déménagement) et sur jusqu’à deux véhicules pour usage personnel ou familial. Réduction de 20 % du droit de mutation sur la résidence principale.
Ces incitations sont cadrées dans le temps (la fenêtre d’adhésion à la loi est limitée), mais une fois obtenus, les avantages peuvent courir sur une période allant jusqu’à 10 ans. Attention cependant : si les biens importés ou exonérés sont vendus ou transférés durant ce laps de temps, les impôts éludés redeviennent dus.
Pour être sûr que l’investissement immobilier soit bien éligible à la résidence, les autorités migratoires préfèrent de plus en plus un enregistrement du bien au nom de la personne physique candidate, plutôt qu’au travers d’une simple société de holding dormante.
Financer un achat à San José, Tamarindo ou sur la côte pacifique
Contrairement aux États-Unis ou au Canada, le Costa Rica reste un marché largement dominé par les transactions au comptant. Pourtant, un éventail de solutions de financement pour étrangers s’est développé, surtout depuis 2020.
Sur le papier, quatre voies principales s’offrent à un investisseur étranger :
– Achat cash, en mobilisant des fonds propres.
– Hypothèque ou ligne de crédit sur sa résidence principale à l’étranger (HELOC).
– Crédit hypothécaire non-résident auprès d’une banque costaricienne ou d’un prêteur international.
– Financement vendeur ou développeur (seller/developer financing).
Les banques privées costariciennes et certaines institutions internationales (BAC Credomatic, Banco BCT, Banco Lafise, Scotiabank Costa Rica, Banco de Costa Rica, Banco Promerica…) ont développé des produits spécifiques pour les non-résidents. En 2026, les grandes lignes sont les suivantes :
| Type de financement | LTV typique (non-résident) | Taux d’intérêt indicatif (USD) | Durée fréquente | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Hypothèque non-résident (banque CR) | 50–65 % | 7–9 % | 15–20 ans | Dossier lourd, nombreux justificatifs |
| Prêt résident (avec DIMEX, revenu local) | jusqu’à 70–75 % | 7,5–10 % | 20–30 ans | Conditions plus souples |
| Financement développeur | 60–80 % | 6–12 % | 5–15 ans | Lié au projet, marge de négo |
| Financement vendeur | 50–75 % | très variable (souvent > 8 %) | 3–10 ans | Très contractuel, à sécuriser juridiquement |
| Capital privé / hard money | 40–60 % | 10–15 % | 2–5 ans | Outil de transition, pas de long terme |
Les banques exigent généralement une mise de fonds de 30 à 40 % pour les non-résidents, avec des preuves de revenus étrangers (déclarations fiscales, relevés bancaires, lettres de référence). Le processus peut être plus lent et plus exigeant que dans le pays d’origine, mais certains prêteurs internationaux spécialisés sur le Costa Rica (type cross-border lenders) se sont positionnés pour fluidifier ce segment.
Beaucoup d’investisseurs nord-américains choisissent toutefois une stratégie mixte : levier via une HELOC à domicile (aux États-Unis ou au Canada), où les taux sont parfois plus avantageux (Prime + marge), puis achat cash au Costa Rica. D’autres préfèrent éviter tout endettement et visent des segments plus abordables (condos entre 150 000 et 300 000 dollars, par exemple à Tamarindo ou dans le Grand San José).
Due diligence : pourquoi l’avocat local est votre meilleur investissement
Quel que soit l’endroit – San José, Tamarindo ou tout autre point de la côte pacifique –, la clé d’un investissement solide au Costa Rica tient en un mot : due diligence. Le pays dispose d’un registre foncier centralisé (le Registro Nacional) qui consigne titres, charges et transactions. Sur le papier, c’est un système très efficace. Dans la pratique, il exige une lecture experte.
Un investisseur étranger doit impérativement engager un avocat spécialisé en immobilier, idéalement bilingue et inscrit au barreau costaricien, pour conduire l’ensemble des vérifications. Le coût est modeste au regard des enjeux : le paquet “recherche de titre + clôture” se facture typiquement entre 500 et 1 500 dollars, hors taxes de transfert.
Les points essentiels de la due diligence comprennent :
L’analyse doit couvrir : identification exacte via le Folio Real, concordance entre annonce/acte/plan cadastral, certificat des charges (hypothèques, saisies, servitudes), chaîne de propriété sur 10 ans, conformité cadastrale (pas d’empiètement public), taxes à jour (foncières, luxe, copropriété), permis (construction, usage du sol, environnement, retraits fluviaux/côtiers, CFIA), accès légal (route ou servitude inscrite), et services réels (lettre d’eau AyA/ASADA récente, électricité ICE/CNFL, fibre internet effective).
Dans certains cas, l’avocat recommandera un relevé de terrain par un topographe pour matérialiser à nouveau les bornes : un petit surcoût qui peut éviter de découvrir après coup qu’une clôture ou un mur n’est pas au bon emplacement.
Pour une maison existante, prévoir une inspection technique complète (structure, humidité, termites, électricité, toiture). Sur un terrain nu, une étude de sol (estudio de suelos) est cruciale en cas de relief ou de construction en hauteur ; un pack standard (trois carottes, rapport en anglais, test de percolation) coûte environ 800 dollars.
Escrow et assurance-titres : sécuriser l’argent et le droit de propriété
Le Costa Rica a progressivement adopté des standards comparables à ceux des marchés nord-américains en matière de sécurisation des flux financiers. Sur toute transaction sérieuse, surtout au-delà de 100 000 dollars, les fonds sont gérés via un compte séquestre (escrow) administré par une entité licenciée et supervisée par la SUGEF, l’autorité de supervision financière.
Le schéma typique est le suivant :
Une fois l’offre acceptée, l’acheteur et le vendeur signent un document préliminaire comme une lettre d’intention ou une *promesa*. L’acheteur dépose 5 à 10 % du prix en escrow, remboursable durant la due diligence de 30 jours. Si tout est satisfaisant, le dépôt devient non remboursable, l’acheteur envoie le solde sur le même compte, puis le notaire rédige l’*escritura pública* et l’enregistre au *Registro Nacional*. Enfin, l’escrow libère les fonds au vendeur et paie taxes, frais et honoraires selon les instructions.
Les principaux prestataires d’escrow sur le marché des étrangers incluent, par exemple, Stewart Title Costa Rica (ou sa structure latino-américaine), BCR Fiduciaria (filiale de Banco de Costa Rica), Pacific Trust, TLA Services… Tous doivent être dûment enregistrés à la SUGEF. Le coût de ce service gravite autour de 0,25–0,5 % du montant de la transaction, typiquement entre 500 et 2 000 dollars, souvent partagé entre les parties.
Le registre costaricien est réputé fiable, et de nombreux avocats estiment qu’une due diligence rigoureuse suffit. Cependant, plusieurs assureurs nord-américains proposent des polices pour couvrir les risques résiduels tels que la fraude ancienne, les erreurs d’enregistrement ou les revendications postérieures.
Le coût d’une assurance-titres se situe autant que possible dans une fourchette d’environ 0,4–0,75 % du prix pour des polices internationales, parfois jusqu’à 0,7–1,0 % dans certains montages. Pour un achat à 400 000 dollars, on parle donc de 1 600 à 3 000 dollars environ. De nombreux acteurs recommandent cette protection dès que le ticket dépasse un certain seuil, que l’achat est réalisé à distance ou que la structure (sociétés, successions anciennes, zone côtière) est un peu complexe.
L’essentiel est de comprendre que l’assurance-titres ne remplace pas la due diligence, elle la complète. Elle intervient si, malgré un travail juridique sérieux, un vice de titre surgit a posteriori.
Processus d’achat : de l’offre à l’enregistrement
Qu’il s’agisse d’un appartement à Escazú, d’un condo à Tamarindo ou d’une villa à Manuel Antonio, le squelette du processus d’achat reste globalement le même :
L’achat immobilier au Costa Rica suit un processus en 12 étapes : 1) Définition des objectifs et budget, 2) Repérage et visites, 3) Sélection d’un avocat indépendant, 4) Rédaction d’une offre formelle, 5) Négociation et signature, 6) Ouverture d’un escrow SUGEF avec dépôt de 5-10 %, 7) Signature du contrat d’achat-vente, 8) Due diligence, 9) Déclaration positive ou négative, 10) Transfert du solde en escrow, 11) Signature de l’acte de transfert chez le notaire, 12) Enregistrement au Registro Nacional et délivrance des documents finaux.
Dès que l’acte est signé chez le notaire, l’acheteur devient, en pratique, propriétaire et peut occuper le bien, même si l’inscription au registre prend encore quelques jours. La prudence veut néanmoins que les preuves d’enregistrement soient obtenues et conservées avec soin.
Rénovation, construction neuve et coût de remplacement
Un phénomène intéressant sur la côte pacifique, et notamment à Tamarindo, tient au décalage croissant entre les prix de revente et les coûts de construction. Si la correction de 2024–2025 a tiré les prix de certaines reventes vers le bas, le coût des matériaux et de la main-d’œuvre, lui, a continué de grimper de plus de 10 % sur un an, en monnaie locale.
Le coût au mètre carré pour construire une villa de standing, hors terrain, se situe entre 1 800 et 2 500 dollars.
Cette stratégie n’est pas pour tout le monde : elle suppose un suivi rigoureux, une équipe locale fiable, une solide vérification des permis (CFIA, municipalité, environnement, retraits par rapport aux rivières, etc.) et la capacité de gérer les aléas typiques d’un chantier tropical (saison des pluies, chaîne d’approvisionnement). Mais elle permet parfois d’acheter “sous le coût de remplacement” du marché des reventes – un avantage non négligeable à long terme.
Comment articuler San José, Tamarindo et la côte dans une stratégie globale
Pour un investisseur étranger qui se projette sérieusement sur le Costa Rica, la question n’est pas “San José ou la côte pacifique ?”, mais “comment combiner les deux ?”.
Un schéma qui revient souvent est le suivant :
Une stratégie équilibrée combinant stabilité locative, rendement touristique et potentiel spéculatif
Un ou deux biens à Escazú, Santa Ana, Curridabat ou Heredia offrant un rendement net de 4 à 6 %, une occupation stable et une valorisation liée à l’économie de services et au télétravail
Propriété à Tamarindo, Flamingo, Playas del Coco ou Manuel Antonio orientée location courte durée, avec un rendement brut élevé mais plus volatil, et un avantage d’usage personnel
Terrain bien situé avec usages du sol validés dans des zones comme Huacas, Villarreal, Sardinal ou Playa Grande, pour construction future ou revente spéculative à 5–10 ans
Cette architecture permet de lisser les aléas de la saisonnalité touristique, de diversifier l’exposition géographique et de profiter à la fois des flux de loyers urbains et de l’appréciation à plus long terme des stations balnéaires.
Pour un achat sûr en zone maritime ou sans titre de propriété, suivez ces règles : travail préparatoire rigoureux, avocat expérimenté, séquestre réglementé, et méfiance envers les offres trop alléchantes.
Le Costa Rica offre, aujourd’hui, un cadre rare : stabilité politique, fiscalité territoriale clémente, droit de propriété ouvert aux étrangers, marché immobilier en phase de normalisation après un épisode spéculatif. San José, Tamarindo et plus largement la côte pacifique ne sont pas des eldorados automatiques, mais des marchés où un investisseur bien informé, discipliné et bien entouré peut bâtir, progressivement, un portefeuille solide, rentable et agréable à vivre.
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