Créer son entreprise à l’étranger quand on est expatrié : le cas du Kazakhstan

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Kazakhstan pour y lancer une activité n’a plus rien d’une idée farfelue. Entre économie en croissance, fiscalité compétitive, accords de non‑double imposition, ouverture aux talents internationaux et statut de hub régional entre Europe et Asie, le pays attire de plus en plus d’expatriés, de “neo nomads” et d’investisseurs. Mais créer son entreprise à l’étranger reste un parcours exigeant, qui mêle immigration, droit des sociétés, fiscalité, banque, coût de la vie et codes culturels.

Bon à savoir :

Ce guide détaille les étapes pratiques pour un entrepreneur expatrié : choix du statut juridique, obtention des visas et numéros d’identification, ouverture d’un compte bancaire et gestion des paiements. Il inclut une analyse des coûts de fonctionnement à Almaty et à Nur-Sultan, présente les avantages et limites du système local, et donne des conseils de négociation, le tout étayé par des données chiffrées.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le terrain de jeu entrepreneurial au Kazakhstan

Avant d’entamer la moindre démarche administrative, il est essentiel de cerner le contexte local : structure de l’économie, climat d’affaires, rôle des banques, régime de change, niveau de vie, secteur financier et place des étrangers dans ce système.

Le Kazakhstan est la plus grande économie d’Asie centrale et le plus vaste pays enclavé au monde. L’économie s’est construite sur les ressources naturelles (pétrole, gaz, uranium, métaux), mais le gouvernement cherche activement à diversifier vers l’industrie, la finance, l’agro‑alimentaire, les technologies, la logistique, les services et les énergies renouvelables. Le pays occupe un rang élevé dans les classements internationaux de climat des affaires : 25e sur 190 dans le classement Doing Business de la Banque mondiale, avec des performances particulièrement fortes sur la protection des actionnaires minoritaires (7e), l’exécution des contrats (4e) et l’enregistrement des propriétés (24e).

Attention :

Le Kazakhstan dispose d’un système financier développé, avec 27 banques supervisées par un système à deux niveaux. L’usage massif des cartes de paiement internationales et des solutions fintech facilite les transactions quotidiennes, après l’étape cruciale de l’ouverture d’un compte bancaire.

Un système bancaire avancé, mais plus exigeant avec les étrangers

Le secteur bancaire kazakh est à la fois développé et sous forte surveillance réglementaire. Les autorités ont renforcé les contrôles depuis 2022, en réaction au contexte géopolitique régional et aux risques de contournement de sanctions. Résultat : sur le papier, il n’existe pas de restriction légale pour qu’un non‑résident ouvre un compte, mais dans les faits, les banques filtrent beaucoup plus.

Astuce :

La Banque nationale du Kazakhstan confirme qu’aucune interdiction formelle n’empêche l’ouverture de comptes et la délivrance de cartes aux étrangers. Cependant, chaque banque commerciale (dite de ‘deuxième niveau’) applique sa propre politique de risque et établit sa liste de documents requis. De plus, l’Agence de Régulation et de Développement du Marché Financier (ARFM) a mis en place, et prévoit d’autres, des mesures spécifiques pour les non-résidents, notamment concernant les cartes de paiement, afin de lutter contre la fraude et les réseaux de ‘mules financières’.

Pour un expatrié entrepreneur, cela signifie qu’il faut anticiper des vérifications approfondies (sanctions, lutte anti‑blanchiment, preuve d’activité économique réelle au Kazakhstan) et parfois des refus, même quand le cadre légal paraît clair. La stratégie bancaire doit donc être pensée dès la conception du projet d’entreprise.

Visas entrepreneuriaux, statut d’expatrié et installation

L’entrepreneuriat à l’étranger commence rarement par les statuts juridiques : il démarre avec le visa, la régularité du séjour et l’obtention des identifiants locaux (IIN, BIN, signature électronique). Le Kazakhstan s’est doté d’un arsenal de visas orientés business, travail, investissement et nomadisme digital, parmi lesquels le Neo Nomad Visa, très utilisé par les télétravailleurs et freelances internationaux.

Dans le cas d’un projet d’implantation durable, de création de société ou d’ouverture de compte bancaire, quelques éléments clés ressortent de la réglementation et de la pratique.

IIN, BIN, signature électronique : les clés d’accès au système

Toute personne qui souhaite ouvrir un compte, créer une société, louer un bureau, signer électroniquement une déclaration fiscale ou utiliser des services publics en ligne doit disposer d’un Numéro d’Identification Individuel (IIN). Une société, elle, aura un Numéro d’Identification d’Entreprise (BIN). Dans le cas d’une structure étrangère, la banque exigera souvent à la fois le BIN de la société et l’IIN du directeur général.

Bon à savoir :

Depuis février 2024, il n’est plus possible d’obtenir un IIN (numéro d’identification individuel) par procuration classique, sauf exceptions très spécifiques. La présence personnelle du demandeur est obligatoire, soit au centre de service public (CEN), soit, pour certaines catégories, au consulat du Kazakhstan. De même, pour la signature électronique, essentielle pour les démarches en ligne et certaines opérations bancaires, la tendance est au renforcement de l’identification : elle n’est généralement délivrée qu’en présentiel ou après une authentification biométrique.

Pour un expatrié entrepreneur, cela implique quasiment toujours un déplacement sur place, ne serait‑ce que quelques jours, pour obtenir IIN, BIN et signature numérique. Des prestataires spécialisés accompagnent ce processus : ils proposent des forfaits comprenant conseil sur le choix de la banque, prise de rendez‑vous, obtention de carte SIM kazakhe, accompagnement physique en agence, interactions avec la banque, etc. Ces prestations peuvent aller d’un support de base à des services de type “clé en main”, parfois facturés plusieurs milliers d’euros pour un montage entièrement à distance (jusqu’à 5 500 EUR pour une ouverture de compte corporate sans visite du pays, avec un délai de 2 à 3 semaines).

Statut de non‑résident, résidence et fiscalité personnelle

Sur le plan fiscal, un non‑résident qui ne perçoit pas de revenus de source kazakhe est exempt d’impôt au Kazakhstan. Mais l’ouverture d’un compte ou d’une société requiert malgré tout l’enregistrement comme non‑résident auprès de l’administration fiscale et l’obtention d’un IIN/BIN. Il faut donc dissocier “obligation de déclaration” et “imposition effective”.

Bon à savoir :

Le pays propose des visas de long séjour pour entrepreneurs, investisseurs et nomades numériques (comme le Neo Nomad Visa). Ils permettent une résidence légale avec des revenus principalement générés à l’étranger. Cette stratégie vise à attirer des profils internationaux tout en contrôlant les flux financiers via des vérifications bancaires renforcées.

Choisir la bonne structure juridique comme expatrié

Une fois la question du séjour réglée et les identifiants obtenus, reste à choisir la forme juridique. Le droit kazakh ne fait pas de distinction entre une société locale et une filiale à capitaux étrangers : un expat peut donc recourir aux mêmes formes que les entrepreneurs kazakhs, avec quelques restrictions autour du statut d’entrepreneur individuel.

Les formes les plus courantes sont :

le Partenariat à Responsabilité Limitée (LLP, très proche de la SARL) ;

la Société par Actions (JSC) pour les projets plus lourds, avec émission d’actions ;

– la succursale d’une société étrangère, autorisée à exercer une activité commerciale ;

– le bureau de représentation, limité aux fonctions de promotion et de liaison (sans activité génératrice de revenus).

Bon à savoir :

Pour un expatrié qui lance une activité, le LLP (Limited Liability Partnership) est la forme la plus flexible en pratique. Il offre une gouvernance simple, une limitation de la responsabilité personnelle et répond aux exigences courantes des banques.

Enregistrement et documents à prévoir

L’enregistrement d’une entité se fait soit en ligne via le portail eGov.kz (pour les structures simples), soit physiquement dans un centre de service public. Les autorités annoncent un délai qui peut aller d’un jour ouvrable à une semaine pour un LLP, et jusqu’à deux semaines quand on intègre la préparation des documents, les traductions, les légalisations et l’obtention des codes fiscaux.

Les banques, de leur côté, demandent souvent un dossier plus complet pour l’ouverture d’un compte corporate pour une entité étrangère ou à participation étrangère significative. Dans la pratique, on retrouve systématiquement :

BIN de la société et IIN du directeur ;

statuts et documents constitutifs ;

extrait du registre du commerce du pays d’origine (pour un actionnaire personne morale) ;

passeport du dirigeant ;

pièces relatives au bénéficiaire effectif ultime.

Les documents doivent être traduits en russe et/ou en kazakh, notariés, puis apostillés ou légalisés, sauf s’ils proviennent d’un pays de la CEI, où cette étape peut être évitée. Certaines banques exigent par ailleurs une présence physique du directeur pour la signature finale, quitte à accepter un dépôt initial de documents en ligne ou par visioconférence.

La logique de fond est claire : montrer que la société n’est pas une coquille vide servant uniquement de véhicule de transit, mais bien un acteur économique réel, avec bureau, plan d’affaires, contrats ou lettres d’intention au Kazakhstan.

Ouvrir un compte bancaire professionnel : étape clé et souvent délicate

Dans toute aventure entrepreneuriale à l’étranger, l’ouverture d’un compte bancaire est l’un des passages les plus sensibles. Au Kazakhstan, le paradoxe est net : il n’y a pas, au niveau de la Banque nationale ou des textes officiels, d’interdiction pour un non‑résident ; et pourtant, dans la pratique, de nombreuses banques refusent ou multiplient les demandes complémentaires, surtout depuis 2022.

Ce que dit la réglementation… et ce que font les banques

Au plan légal, tout individu, y compris non‑résident, peut ouvrir un compte dans une banque kazakhe. De même, aucune disposition officielle n’empêche l’ouverture d’un compte pour une société dont les fondateurs sont non‑résidents. La Banque nationale rappelle ce principe, et les textes de référence n’opèrent pas de discrimination explicite.

Mais depuis avril 2022, les établissements surveillent de beaucoup plus près les dossiers des non‑résidents, qu’il s’agisse de personnes physiques ou de sociétés étrangères. On observe :

des contrôles de conformité approfondis (sanctions internationales, anti‑blanchiment, nature des flux, origine de fonds) ;

des exigences de présence physique (du dirigeant pour les personnes morales, de l’individu pour un compte perso) ;

– des refus fréquents, parfois sans explication, pour les entités récentes ou sans activité localement.

Bon à savoir :

Les banques locales sont réticentes à ouvrir des comptes de transit pour des mouvements de fonds importants sans lien avec l’économie locale. Pour augmenter vos chances, il est conseillé d’établir une présence tangible dans le pays, par exemple en créant une société (LLP), en louant un bureau, en concluant des contrats avec des partenaires locaux, ou en participant à un programme de zone économique spéciale ou de l’AIFC.

Les atouts de la place bancaire kazakhe pour les entrepreneurs étrangers

Une fois le compte ouvert, les avantages sont loin d’être négligeables. Les banques locales offrent une panoplie complète de services aux entreprises :

comptes multidevises, sans restriction sur les opérations en devises pour les transactions entre résidents et non‑résidents ;

– possibilité de recevoir des fonds en devises, de réaliser des opérations de change, de gérer des contrats d’export‑import ;

– transferts totalement dématérialisés via des applications mobiles et plateformes web ;

– intégration poussée avec les systèmes de paiement internationaux (Visa, MasterCard, UnionPay, American Express, plus de 95 % des opérations de paiement passant par Visa/MasterCard).

Sur le plan tarifaire, l’ouverture d’un compte professionnel coûte typiquement entre 10 000 et 20 000 KZT, soit environ 22 à 44 USD. La tenue de compte mensuelle tourne couramment entre 5 000 et 15 000 KZT (11 à 33 USD). Les virements interbancaires sont facturés 0,1 à 0,2 % du montant, tandis que le change devise se situe généralement entre 0,5 et 1 %.

10000000

Le plafond de couverture des dépôts par l’ARFM, en cas de faillite bancaire, est de 10 millions de KZT.

On peut résumer ces éléments dans un tableau synthétique.

ÉlémentDonnée typique / Réglementaire
Nombre total de banques27 (dont 1 d’État, 15 à participation étrangère)
Systèmes de paiementVisa, MasterCard, UnionPay, American Express
Part de Visa/MasterCardEnviron 95 % des transactions par carte
Coût ouverture compte business10 000 – 20 000 KZT (≈ 22–44 USD)
Frais mensuels de tenue5 000 – 15 000 KZT (≈ 11–33 USD)
Virement interbancaire0,1 % – 0,2 % du montant
Commission de change0,5 % – 1 % du montant converti
Assurance dépôtsObligatoire, plafond 10 000 000 KZT (~ 22 000 USD)
Transactions en devisesLibres entre résidents/non‑résidents (sous conditions)

Cartes bancaires et non‑résidents : nouvelles règles et fintech locales

Au‑delà du compte, l’obtention d’une carte de paiement locale est devenue un enjeu central, notamment pour les expatriés sous Neo Nomad Visa ou les freelances IT. Les enquêtes menées par la presse locale, comme The Astana Times, montrent des parcours parfois chaotiques pour les étrangers cherchant à obtenir une carte kazakhe, malgré des textes théoriquement ouverts.

L’ARFM a proposé un durcissement des conditions pour les non‑résidents sans permis de séjour permanent. Parmi les principales mesures envisagées ou déjà mises en œuvre :

obligation d’authentification à deux facteurs, avec fourniture d’une photo de passeport au moins une fois par mois ;

– limitation à une seule carte active par personne étrangère ;

– interdiction d’émission ou de réémission à distance : le client doit se présenter en agence ou mandater un représentant habilité ;

– suivi systématique, pendant les trois premiers mois de vie de la carte, de tous les flux entrants et sortants pour détecter les opérations suspectes ;

– contrôle renforcé du statut légal des étrangers, en particulier quand ils ne résident pas au Kazakhstan ou demandent une carte dans des régions frontalières.

Ces restrictions visent explicitement la réduction des risques de falsification de documents, des schémas de “mules financières” et plus largement de la criminalité financière.

Cartes bancaires pour non-résidents

Panorama des offres de cartes bancaires proposées aux non-résidents par les grandes banques françaises, chacune avec ses conditions spécifiques.

BNP Paribas

Propose des cartes de débit et de crédit internationales pour non-résidents, sous réserve d’un dossier de solvabilité et d’un premier dépôt conséquent.

Société Générale

Offre des formules adaptées aux non-résidents, incluant souvent une carte à autorisation systématique et des services de gestion à distance.

Crédit Agricole

Dispose de solutions via ses caisses régionales, avec des exigences variables concernant les justificatifs de domicile à l’étranger et les revenus.

LCL

Rouvre progressivement cette possibilité, principalement pour les clients ayant un lien professionnel ou patrimonial significatif avec la France.

Banque Populaire

Émet des cartes pour non-résidents au cas par cas, en privilégiant les clients des filiales internationales du groupe BPCE.

HSBC France

Facilite l’accès à une carte pour les clients détenteurs d’un compte dans le réseau HSBC à l’étranger, grâce à son service international.

Halyk Bank (première banque du pays par les actifs) exige un permis de séjour pour ouvrir un compte à un non‑résident ;

– Kaspi Bank, poids lourd de la fintech, distribue sa carte Kaspi Gold aux citoyens des pays de l’Union économique eurasiatique (UEE) et aux étrangers disposant d’un permis de séjour kazakh. Les candidats sans permis de séjour doivent se rendre physiquement en agence pour signer un consentement au traitement de leurs données via signature électronique Kaspi ; la carte est valable un an pour ces profils ;

– VTB Bank (Kazakhstan) a repris l’émission de cartes du système Mir aux non‑résidents, avec une validité standard de 12 mois, pouvant atteindre trois ans pour les diplomates et certains investisseurs.

Kaspi.kz, très prisée des expatriés pour son application bancaire intégrée (paiements, transferts, crédit à la consommation, e‑commerce), exige de tous les étrangers :

un numéro de téléphone local ;

un passeport en cours de validité ;

– un IIN délivré par un centre de services publics ;

– un document attestant du droit au séjour (visa, cachet d’entrée pour les citoyens de l’UEE, enregistrement temporaire, permis de travail, carte d’étudiant ou autre preuve officielle).

Chaque demande est scrutée à l’aune des listes de sanctions et des procédures de lutte anti‑blanchiment avant validation.

Coût de la vie et coûts d’exploitation : Almaty vs Nur‑Sultan

Créer une entreprise à l’étranger, c’est aussi choisir sa base d’opérations. Au Kazakhstan, les deux villes qui concentrent l’essentiel de l’activité économique et financière sont Almaty (capitale économique) et Nur‑Sultan (capitale politique, qui accueille aussi l’Astana International Financial Center). Pour un expatrié, le coût de la vie, le niveau des salaires, le prix de l’immobilier et des services pèsent directement sur le business plan.

Indices de coût de la vie et salaires moyens

Les données récentes montrent qu’Almaty est globalement plus chère que Nur‑Sultan, avec un coût de la vie environ 21 % supérieur. Les indices agrégés confirment cette hiérarchie, même si tous deux restent loin des grandes métropoles occidentales en termes de cherté.

IndicateurAlmatyNur‑Sultan (Astana)
Population2,23 millions1,08 million
Rang national “qualité de vie”1re ville du pays4e ville du pays
Rang mondial “best cities”4 103e4 595e
Indice coût de la vie31,029,9
Indice loyer15,110,7
Coût de la vie (pays, moyenne)~ 31,7
Salaire moyen net (source 1)656 USD (~ 350 881 KZT)598 USD
Salaire moyen net (source 2)837 USD
Salaire moyen / dépenses mensuellesCouvre ~ 0,7 mois de dépensesCouvre ~ 0,8 mois

Pour un entrepreneur expatrié, il est frappant de constater que le salaire moyen net ne couvre même pas un mois complet de dépenses standards dans ces villes. Cela explique une bonne partie de l’attrait pour des profils mieux rémunérés, provenant de l’étranger ou affiliés à des entreprises internationales, qui disposent d’un pouvoir d’achat nettement plus élevé.

Logement, charges, transports : poste par poste

Les loyers sont souvent la ligne budgétaire la plus lourde, qu’il s’agisse de dépenses personnelles ou de locaux professionnels (même si les niveaux ne sont pas directement comparables). Les données pour les appartements d’habitation donnent un premier ordre de grandeur.

Poste logement (USD/mois)AlmatyNur‑Sultan
1 chambre centre‑ville~ 477 USD~ 362 USD
1 chambre hors centre~ 384 USD~ 289 USD
3 chambres centre‑ville~ 829 USD~ 623 USD
3 chambres hors centre~ 696 USD~ 512 USD
Prix m² achat appartement centre~ 1 678 USD/m²~ 1 060 USD/m²
Prix m² achat appartement périphérie~ 1 048 USD/m²~ 791 USD/m²
Prix médian logement (Almaty)~ 119 047 USD

Les charges de base (eau, électricité, chauffage, ordures, pour un 85 m²) restent relativement modestes :

Charges & communications (USD/mois)Almaty (1 pers./famille)Nur‑Sultan (1 pers./famille)
Charges de base 85 m² – 1 personne~ 39,8 USD~ 32,1 USD
Charges de base 85 m² – famille~ 60,3 USD~ 48,7 USD
Internet illimité (50 Mbps+)~ 11,6 USD~ 14,0 USD
Forfait mobile (voix + data)~ 16 USD (Almaty)Données proches

Les transports publics sont très abordables : environ 0,22 USD le ticket à Almaty, 0,21 USD à Nur‑Sultan, avec des abonnements mensuels à 16,3 USD et 13,6 USD respectivement. Un taxi de 8 km tourne autour de 7,35‑7,92 USD selon la ville, mais l’usage d’applications type Yandex Taxi permet souvent de réduire la facture, avec un trajet moyen de 3 km facturé environ 2 USD à Almaty.

0.49

Le prix de l’essence à Almaty, en dollars US par litre, illustrant son faible coût au Kazakhstan.

Pour le coût de la vie global, les estimations pour Almaty montrent un spectre assez large :

759

C’est le budget mensuel de départ en USD pour une personne seule vivant à Bali en mode économique.

Ces montants sont à mettre en regard du niveau de vie de l’entrepreneur ou de l’équipe expatriée, et de la politique de rémunération si vous prévoyez d’embaucher localement. Le salaire moyen net à Almaty (656–837 USD selon les sources) et à Nur‑Sultan (598 USD) donne une base pour bâtir une grille salariale compétitive.

Gérer la trésorerie et la fiscalité de son entreprise

Créer une structure à l’étranger ne se limite pas à l’ouverture d’un compte : il faut ensuite assurer la conformité fiscale, optimiser les coûts de transaction, respecter les règles en matière de devises et tirer parti des accords de non‑double imposition.

Règles de base sur les devises et les paiements

Le Kazakhstan applique un régime relativement libéral pour les opérations en devises, mais distingue clairement les transactions entre résidents et celles impliquant des non‑résidents :

Attention :

Tous les paiements entre résidents doivent être effectués en tenge. Pour les contrats avec un partenaire étranger, la facturation peut se faire en devises étrangères. Les opérations de change liées à l’import-export sont libres, mais les transactions de 50 000 USD ou plus doivent être notifiées à la Banque nationale, et celles dépassant 500 000 USD font l’objet d’un suivi renforcé.

Lorsque l’on travaille avec des contreparties russes, un point technique s’ajoute : il est recommandé de vérifier si la banque de la contrepartie figure sur les listes de sanctions, via la base de données OFAC ou via votre chargé d’affaires bancaire. Ignorer cette vérification peut conduire à un blocage des paiements, voire à des problèmes de conformité.

Fiscalité des entreprises et exonérations pour les non‑résidents

Le pays applique un impôt sur les sociétés standard de 20 %, avec quelques taux réduits pour des secteurs particuliers (par exemple 6 % sur certains revenus agricoles). La TVA est à 12 %, avec un taux zéro pour certaines exportations et opérations de transport international. Les paiements de dividendes, intérêts, redevances et plus‑values versés à des non‑résidents sont, par défaut, sujets à des retenues à la source de 15 %, modulables par les nombreuses conventions de non‑double imposition signées avec plus de 50 pays.

Bon à savoir :

Pour un expatrié non‑résident ne générant pas de revenus de source kazakhe (ex: nomade digital facturant des clients étrangers), il n’y a pas d’imposition locale sur ces revenus. Cependant, l’obtention d’un IIN (numéro fiscal) et l’enregistrement en tant que non‑résident restent obligatoires pour des démarches comme l’ouverture d’un compte bancaire ou l’accès à certains services.

L’existence d’accords de non‑double imposition avec plus de 50 pays permet, pour un entrepreneur résidant officiellement ailleurs, d’éviter dans la plupart des cas la double taxation de ses dividendes ou plus‑values, sous réserve d’utiliser correctement les certificats de résidence fiscale et de respecter les critères de bénéficiaire effectif imposés par les nouvelles normes (BEPS, MLI, test de “but principal” des conventions, etc.).

S’implanter dans des hubs stratégiques : AIFC, zones économiques spéciales et grandes banques

Au sein du pays, certaines plateformes jouent un rôle particulier pour l’accueil des investisseurs étrangers et la structuration de projets internationaux : l’Astana International Financial Center (AIFC), les zones économiques spéciales (ZES/SEZ) et quelques grandes banques.

L’Astana International Financial Center (AIFC) : un hub à part

Installé à Nur‑Sultan, l’AIFC dispose de sa propre juridiction inspirée du droit anglais, de sa cour et de son centre d’arbitrage international. Il accueille banques, fintechs, sociétés d’investissement, plateformes de services professionnels et propose un régime fiscal très avantageux (exonérations sur l’impôt sur les sociétés, la TVA, certains revenus, pour une durée pouvant atteindre 50 ans dans certains cas). Pour un entrepreneur expatrié avec un projet de fintech, d’investissement ou de services financiers, l’AIFC offre :

Bon à savoir :

L’environnement offre une sécurité juridique renforcée grâce à un droit des affaires aligné sur les standards internationaux. Il se caractérise par une fiscalité ultra‑compétitive et des procédures simplifiées pour les visas et permis de travail des salariés étrangers. Enfin, il bénéficie d’une reconnaissance internationale accrue, portée par la plateforme boursière AIX et la présence de grands acteurs mondiaux.

Certains investisseurs immobiliers ont déjà utilisé l’AIFC comme base pour structurer des véhicules de type REIT (fonds de placement immobilier), comme le TSPG, premier REIT kazakh spécialisé dans les centres commerciaux.

Zones économiques spéciales : avantages fiscaux, mais vigilance sur la mise en œuvre

Les ZES occupent une place centrale dans la stratégie de diversification du pays. On en compte une douzaine à une quinzaine selon les sources, chacune avec une spécialisation : chimie, métallurgie, textile, logistique, IT, tourisme, etc. Elles offrent en principe des incitations puissantes : exonération totale d’impôt sur les sociétés, de taxe foncière et de taxe sur les terrains, taux zéro de TVA sur certains intrants importés et utilisés dans l’activité de la zone, exonération de droits de douane sur les équipements.

La durée des avantages dépend souvent du volume d’investissement, calculé en multiples de l’Indice de Calcul Mensuel (MCI) :

25

La durée maximale des avantages fiscaux pour les projets d’investissement les plus importants en Côte d’Ivoire.

En contrepartie, les entreprises doivent générer au moins 90 % de leur chiffre d’affaires dans les activités prioritaires de la zone (70 % pour le “Parc des technologies innovantes” près d’Almaty) et accepter des obligations de reporting renforcé. Un audit national de 2021 a d’ailleurs mis en lumière de nombreuses failles de gouvernance, un recours massif aux investissements quasi publics et un impact limité sur l’innovation et les exportations. Pour un expatrié qui démarre, ces zones restent intéressantes, mais plus pour des projets industriels lourds ou IT structurés que pour une petite boutique de consulting.

Choisir sa banque : Halyk, Kaspi, VTB et les autres

Dans le milieu bancaire, quelques acteurs concentrent une partie significative des flux :

Principales banques au Kazakhstan

Présentation des trois principales banques du Kazakhstan, illustrant la diversité du secteur bancaire local.

Halyk Bank

Première banque du pays en termes d’actifs, très présente sur les segments corporate et retail.

Kaspi Bank

Deuxième plus grande banque, fonctionnant comme une ‘super‑app’ combinant banque, paiement, crédit et e‑commerce pour les particuliers et petits commerçants.

VTB Bank (Kazakhstan)

Plus petite (19e sur 21 établissements par les actifs), mais active sur les cartes Mir et certains services aux non‑résidents.

D’autres banques recommandées aux non‑résidents incluent Sberbank Kazakhstan et RBK Bank, qui proposent des gammes complètes de cartes Visa (Instant, Classic, Gold, Platinum, Infinite, Priority Pass) avec sécurisation 3D Secure et pilotage mobile.

Les grandes banques généralistes comme Halyk, Bank CenterCredit, Kazkommertsbank ou Sberbank Kazakhstan offrent, pour les comptes professionnels :

des packages de services combinant cartes corporate, projets de paie, encaissement, acquiring, change, gestion de dépôts, crédit corporate, solutions pour import/export ;

– parfois des prestations annexes de type externalisation comptable, gestion RH, paie, voire accompagnement pour bénéficier de financements publics.

Du point de vue de l’expatrié, le choix de la banque doit intégrer : les frais bancaires, l’accessibilité des agences et la facilité d’utilisation des services bancaires en ligne. Il est également essentiel de considérer la possibilité d’effectuer des transactions internationales sans frais élevés, ainsi que le service client adapté aux besoins des expatriés.

la politique vis‑à‑vis des non‑résidents (exigence de permis de séjour, d’implantation locale, d’activité justifiée) ;

la qualité de l’interface en ligne (applications en anglais, support multilingue) ;

les délais de traitement des dossiers et la transparence des critères ;

– la capacité à travailler avec votre pays de résidence au regard des sanctions éventuelles.

Culture business et négociation : réussir ses relations locales

Au‑delà des formulaires et des règlements, créer une entreprise à l’étranger, c’est entrer dans un univers culturel nouveau. Le Kazakhstan combine héritage nomade, tradition soviétique et influences internationales. Cette hybridation se retrouve dans la façon de faire des affaires, de négocier, d’entretenir la confiance.

Hiérarchie, patience et relationnel

La culture kazakhe est fortement hiérarchique et collectiviste. Le respect de l’âge, du rang et de la fonction est central. Les décisions suivent un schéma top‑down : même si vous échangez au quotidien avec des cadres intermédiaires, la décision finale reviendra à la personne la plus senior. D’où l’importance de “matcher les rangs” : envoyer en réunion un interlocuteur de niveau comparable à celui de la partie kazakhe, et fournir en amont des mini‑CV ou bios des membres de votre équipe.

Exemple :

Au Kazakhstan, les premières rencontres d’affaires sont souvent consacrées à faire connaissance, à échanger sur la famille et les valeurs partagées, plutôt qu’à négocier directement les termes d’un contrat. Tenter d’aller trop vite au but peut être interprété comme un manque de respect ou un désintérêt pour la relation humaine, la patience étant considérée comme une vertu essentielle dans la culture locale.

La confiance personnelle pèse très lourd. On s’ouvre plus facilement à un partenaire recommandé par un tiers de confiance (membre de chambre de commerce, avocat, entrepreneur local connu) qu’à un inconnu, même très compétent techniquement. Les repas, les invitations au domicile, les sorties culturelles ou sportives sont autant de leviers pour construire ce capital relationnel.

Communication, cadeaux, cartes de visite

La communication combine une part de direct, surtout dans le nord et l’ouest du pays, et une forte dose d’indirect dans le sud. Élever la voix pour défendre un point n’est pas forcément signe d’agressivité, mais plutôt d’implication. Le non‑dit, les silences, les signaux non verbaux (regard, posture, expressions du visage) comptent autant que les mots. Une capacité à “lire entre les lignes” est indispensable, d’autant plus si vos échanges se font en russe ou en kazakh via un interprète.

Astuce :

Les cadeaux d’affaires, bien que courants, doivent rester modestes (stylos élégants, livres, produits régionaux, chocolats) pour éviter toute assimilation à de la corruption. Il est d’usage de les offrir avec les deux mains. Lorsque vous êtes invité chez quelqu’un, il est mal vu de venir les mains vides ; un petit présent comme des pâtisseries, des spécialités ou de l’artisanat est toujours apprécié.

La carte de visite a encore plus de poids qu’en Europe occidentale. Il est conseillé de la faire imprimer en anglais d’un côté, en russe de l’autre, en mentionnant clairement votre fonction. On en distribue beaucoup, sans nécessairement de rituel, mais il est bon de prendre un instant pour lire la carte reçue et éventuellement commenter le poste ou l’organisation.

S’entourer : banques, avocats, prestataires et programmes publics

Pour un expatrié, tenter de tout faire seul est rarement une bonne idée. Le paysage administratif, fiscal et bancaire est complexe, en évolution constante, et souvent teinté d’interprétations variables selon les acteurs. Il est donc stratégique de constituer un écosystème d’appui.

Bon à savoir :

Les prestataires privés sont essentiels pour les démarches d’implantation. Ils incluent des cabinets d’avocats (souvent internationaux), des sociétés spécialisées dans l’obtention de numéros d’identification et la création d’entreprises pour non-résidents, des consultants en banque d’affaires, des cabinets comptables et des agences de relocation. Leurs services, fréquemment trilingues (kazakh, russe, anglais), couvrent un accompagnement complet : de la demande de visa à l’ouverture de comptes bancaires, en passant par la domiciliation et la recherche de bureaux.

Côté public, le pays dispose d’agences dédiées à la promotion des investissements, de chambres de commerce, d’un médiateur des investisseurs, d’organismes comme l’AIFC et Astana Hub pour les projets technologiques. Ces structures peuvent fournir des informations sur les incitations disponibles (exonérations fiscales, subventions, accès aux zones économiques spéciales), les programmes d’accompagnement, les risques sectoriels, les contacts utiles.

Conclusion : une destination exigeante, mais riche en leviers pour les expatriés

Créer son entreprise au Kazakhstan en tant qu’expatrié, c’est accepter une certaine complexité initiale : visa adapté, obtention en personne de l’IIN et du BIN, signature électronique, sélection minutieuse de la banque, dossier de conformité solide, démonstration d’une activité économique réelle. Le contexte international a considérablement durci les filtres bancaires et migratoires, en particulier pour les non‑résidents et les structures étrangères récentes.

Bon à savoir :

Après avoir surmonté les barrières initiales, le Kazakhstan présente des atouts uniques : un système bancaire moderne et bien connecté, une fiscalité des sociétés compétitive, un large réseau de conventions contre la double imposition, des coûts de la vie et des services inférieurs à ceux des grandes capitales occidentales, des hubs spécialisés (AIFC, zones économiques), une main-d’œuvre jeune et qualifiée, et une position géographique stratégique entre l’Europe, la Russie, la Chine et le Moyen-Orient.

Pour un expatrié prêt à investir du temps dans la compréhension des codes locaux, à s’entourer de conseils fiables et à bâtir de vraies relations sur place, le Kazakhstan peut devenir bien plus qu’un simple “Plan B” géopolitique : une plateforme durable de développement business à l’échelle eurasiatique.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Kazakhstan, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Kazakhstan pour sa fiscalité relativement modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à la France (Almaty et Astana) et une position géostratégique entre Europe et Asie. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour avec achat de résidence principale, affiliation au système local de santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, immigration, banque privée) et intégration patrimoniale globale.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :