Fiscalité des expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière au Kazakhstan

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Kazakhstan pour travailler ou investir dans l’immobilier, c’est aussi entrer dans un système fiscal très spécifique, à la fois relativement simple sur certains points (taux d’impôt sur le revenu faible, absence d’impôt sur la fortune) et beaucoup plus technique sur d’autres (déclarations universelles, crédits d’impôt étrangers, interaction avec les conventions de non‑double imposition). Pour un expatrié, bien comprendre comment sont imposés ses revenus et ses biens immobiliers peut faire la différence entre une installation sereine et une série de mauvaises surprises.

Bon à savoir :

Cet article détaille la fiscalité applicable aux personnes physiques étrangères au Kazakhstan, en se concentrant sur deux aspects principaux : l’impôt sur le revenu et la taxe foncière annuelle. Les informations présentées sont basées sur la législation fiscale kazakhe en vigueur, les réformes adoptées et les pratiques des grands cabinets fiscaux internationaux.

Comprendre votre statut : résident ou non‑résident fiscal

Avant même de parler de taux d’imposition, tout expatrié doit clarifier une question clé : suis‑je considéré comme résident fiscal kazakh ou non‑résident ? Cette distinction détermine à la fois l’étendue des revenus imposables et les obligations déclaratives.

Au Kazakhstan, la règle de base repose sur la durée de présence physique. Toute personne qui reste au moins 183 jours au cours de n’importe quelle période continue de 12 mois se terminant dans l’année d’imposition est en principe un résident fiscal. Les jours d’arrivée et de départ sont comptés comme des jours pleins. Il n’y a donc pas de « seuil de tolérance » figurant séparément : dès que le total dépasse ce seuil de 183 jours, vous basculez du côté des résidents.

Attention :

La législation kazakhe définit la résidence fiscale par la notion de « centre d’intérêts vitaux ». Même sans séjourner 183 jours, une personne peut être considérée comme résidente si elle remplit trois conditions simultanées : détenir la citoyenneté kazakhe ou un permis de séjour permanent, avoir son conjoint ou ses proches vivant sur le territoire, et disposer d’un logement en permanence disponible pour elle ou sa famille. C’est la réalité de la vie privée et familiale qui prime alors sur la simple présence physique.

À l’inverse, celui qui ne remplit ni la condition de durée de séjour ni celle du centre d’intérêts vitaux est traité comme non‑résident et ne sera imposé que sur ses revenus de source kazakhe. Une particularité importante est que cette qualification peut être modifiée par une convention de non‑double imposition : si un traité fiscal donne la priorité de résidence à un autre État et que l’intéressé fournit le certificat de résidence correspondant, le Kazakhstan doit s’y conformer.

Astuce :

Pour les expatriés en mission, les jours passés au Kazakhstan avant le début officiel du détachement sont inclus dans le calcul de la période de 183 jours déterminant la résidence fiscale. Cela peut accélérer l’accès à ce statut. De plus, en cas de départ puis de retour dans le pays, les jours déjà présents sur le territoire au cours des 12 mois précédents sont également pris en compte dans ce calcul.

Les autorités fiscales disposent par ailleurs d’un accès direct aux données des services d’immigration et peuvent vérifier les dates d’entrée et de sortie grâce aux tampons de passeport. L’argument d’une mauvaise comptabilisation des jours est donc difficile à faire valoir.

Base d’imposition : revenus mondiaux ou revenus de source kazakhe

Une fois le statut déterminé, la base imposable devient beaucoup plus claire. Un résident fiscal est taxé sur l’ensemble de ses revenus, où qu’ils soient générés dans le monde. Salaire perçu d’un employeur étranger pour une activité exercée hors du Kazakhstan, dividendes d’actions étrangères, plus‑value sur un bien immobilier situé dans un autre pays : tout doit, en principe, être déclaré et est soumis à l’impôt kazakh, sous réserve d’un crédit d’impôt étranger lorsqu’un autre État a déjà taxé ce même revenu.

Bon à savoir :

Pour un non-résident, seuls les revenus de source kazakhe sont imposables. Cela inclut les rémunérations liées à une activité exercée sur le territoire (emploi, prestations de services), les loyers de biens situés au Kazakhstan, ainsi que les dividendes et plus-values liés à des entités kazakhes. Le critère déterminant est le lieu de réalisation de l’activité ou la localisation du bien, et non le lieu de paiement ou la nationalité du payeur.

Cette définition large concerne par exemple les expatriés envoyés par un groupe international qui continuent à être payés par la maison mère, sans contrat local. Dans la pratique, l’administration applique la notion d’« employeur économique » inspirée du modèle OCDE : si la filiale kazakhe supporte le coût de la rémunération ou tire effectivement profit du travail, l’activité est considérée comme réalisée pour son compte et les salaires sont traités comme revenus de source kazakhe.

Impôt sur le revenu : un taux attractif… et bientôt progressif

L’un des attraits les plus commentés de la fiscalité kazakhe tient à son taux forfaitaire d’impôt sur le revenu. Pour l’essentiel des contribuables, résidents comme non‑résidents, les revenus d’emploi sont taxés à 10 %. Ce taux unique s’applique à la rémunération brute, une fois défalquées les cotisations obligatoires (pension, assurance maladie) et les déductions autorisées.

Concrètement, la base imposable inclut le salaire fixe, les primes, les indemnités de vie chère, les allocations logement, les prises en charge de billets d’avion, les avantages en nature (logement fourni, véhicule mis à disposition pour un usage privé, assurances payées par l’employeur), ainsi que les impôts payés pour le compte du salarié lorsque la rémunération est « net d’impôt ». Les stock‑options accordées par l’employeur, les contributions à des plans de retraite privés financés par l’entreprise et d’autres avantages assimilés entrent aussi dans le champ des revenus imposables.

Bon à savoir :

Les non-résidents sont soumis à un taux de 10% sur les revenus d’emploi traités via une paie locale, l’employeur kazakh retenant l’impôt à la source. Si le revenu est perçu sans passer par un employeur local et déclaré personnellement, le taux peut s’élever à 20% pour certains types de revenus, conformément au régime strict des gains ‘hors paie’.

Pour les revenus de capitaux, le traitement diffère. Un résident paie en général 10 % sur ses intérêts et plus‑values, mais bénéficie d’un taux réduit de 5 % sur les dividendes de source kazakhe. Le non‑résident, lui, subit un taux de 15 % sur les dividendes et intérêts kazakhs et voit la plupart de ses autres revenus (redevances, prestations de services, certains droits) taxés à 20 % lorsqu’ils ne sont pas rattachés à un établissement stable.

Vers une progressivité de l’impôt à partir de 2026

Cette architecture à taux unique ne va toutefois pas rester figée. Un nouveau Code des impôts a été adopté, avec une entrée en vigueur généralisée au 1er janvier 2026. Parmi les changements phares figure l’introduction d’une échelle progressive de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Le principe retenu est relativement simple : jusqu’à un certain seuil, équivalent à 8 500 indices mensuels de calcul (MCI), le taux de 10 % est maintenu. Au‑delà, la fraction excédentaire sera imposée à 15 %.

33400000

C’est le plafond fiscal de 8 500 MCI, soit environ 33,4 millions de tenge, au-delà duquel les hauts revenus des expatriés au Kazakhstan subissent une imposition plus lourde.

Il est important de souligner que ce basculement vers un barème progressif n’affectera pas mécaniquement tous les expatriés. Beaucoup resteront en‑dessous du seuil d’activation du taux supérieur, notamment les experts qualifiés ou cadres intermédiaires. En revanche, les dirigeants ou spécialistes très bien rémunérés devront intégrer cette nouvelle donne dans leurs simulations net / brut.

Déductions, exonérations et revenus non imposables

Derrière l’apparente simplicité du taux unique, le Kazakhstan offre un ensemble de déductions et d’exonérations qui peuvent sensiblement alléger la facture des expatriés devenus résidents fiscaux.

Le cœur du dispositif est la déduction standard mensuelle indexée sur le MCI. Pour 2025, cette déduction équivaut à 14 MCI par mois, soit 55 048 KZT, avec un plafond annuel de 660 576 KZT. Cette somme vient en diminution de la base imposable. Il existe également une déduction spécifique plus élevée (plus de 800 MCI annuels) pour certaines catégories de personnes vulnérables, comme les personnes en situation de handicap, les parents d’enfants handicapés ou les adoptants.

Bon à savoir :

Les résidents peuvent déduire leurs cotisations obligatoires à la caisse de retraite publique et à l’assurance maladie sociale, ainsi que leurs contributions volontaires à des régimes de retraite supplémentaires. Certaines primes d’assurance cumulatives souscrites individuellement sont également déductibles. Les frais médicaux justifiés sont déductibles dans la limite d’un plafond annuel en MCI, et les intérêts sur les prêts logements auprès de banques spécialisées bénéficient d’un traitement fiscal favorable.

À partir de 2025, les contribuables relevant du système de déclaration universelle pourront en outre déduire, dans leur déclaration annuelle, certaines dépenses d’éducation, des contributions de retraite facultatives et des dépenses médicales plus larges, ce qui ouvre des marges de planification intéressantes pour les familles d’expatriés installées à long terme.

Bon à savoir :

Plusieurs catégories de revenus sont expressément exonérées d’impôt pour les résidents : les intérêts sur les dépôts bancaires dans les établissements kazakhs, ainsi que les gains et intérêts issus de titres d’État kazakhs ou de certains titres cotés sur les marchés locaux (KASE et Astana International Exchange) sous conditions. Sont également exonérées les allocations familiales, les pensions alimentaires pour enfants, les indemnités de naissance et d’obsèques (dans certaines limites), et les plus-values immobilières après une détention minimale (plus d’un an pour un logement ou un véhicule).

Pour un expatrié qui achète un appartement pour y vivre ou le louer, cette règle de non‑imposition des plus‑values après un an de détention est particulièrement notable. Elle permet de réaliser une plus‑value nette d’impôt sur la revente, ce qui n’est pas le cas dans de nombreux pays.

Cotisations sociales, retraite et assurance maladie

L’impôt sur le revenu n’est qu’une partie du coût global du travail. Même si le Kazakhstan ne prélève pas de charges sociales aussi importantes que certains pays européens, l’addition des différentes contributions doit être prise en compte par les expatriés salariés et par leurs employeurs.

Bon à savoir :

Pour les salariés locaux ou étrangers titulaires d’un permis de résidence permanent, une retenue obligatoire de 10 % est prélevée sur le salaire brut pour la retraite. Cette cotisation est versée au fonds de pension unifié et est plafonnée à un multiple (jusqu’à 50 fois) du salaire minimum mensuel, limitant ainsi l’impact pour les très hauts revenus. Les ressortissants des pays de l’Union économique eurasiatique (Russie, Biélorussie, Arménie, Kirghizstan) sont également soumis à cette retenue lorsqu’ils travaillent au Kazakhstan.

Les employeurs doivent par ailleurs acquitter un « impôt social » calculé sur la masse salariale, avec un taux d’environ 9,5 %. Cette contribution n’est pas retenue sur le salaire du salarié, elle est entièrement à la charge de l’employeur. À cela s’ajoutent des cotisations d’assurance sociale versées à un fonds dédié, des contributions patronales obligatoires à un dispositif de retraite complémentaire pour les employés nés après 1975 (1,5 % du salaire en 2024, avec des hausses programmées jusqu’à 5 % en 2028), et les contributions à l’assurance maladie obligatoire.

Bon à savoir :

Le volet médical se compose d’une contribution employeur (3% du salaire brut depuis 2022) et d’une contribution employé (2% depuis 2021). La base de calcul est plafonnée à dix fois le salaire minimum mensuel. Ces contributions s’appliquent aux citoyens de l’Union eurasiatique travaillant sans permis de résidence, mais généralement pas aux expatriés sans citoyenneté ni résidence permanente, sauf exceptions.

Pour un expatrié qui reste sous contrat avec un employeur étranger et ne passe pas par un contrat local, ces prélèvements sont souvent absents, mais l’impôt sur le revenu reste dû dès lors que l’activité est exercée sur le territoire. C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux groupes internationaux préfèrent mettre en place une paie « ombrelle » via une filiale kazakhe, afin de gérer correctement retenues et contributions.

Déclarations, paiement et sanctions : un système très encadré

Pour l’impôt sur le revenu, le Kazakhstan combine un système de retenue à la source sur les salaires avec une obligation de déclaration annuelle pour les revenus qui n’ont pas été imposés directement, notamment les loyers, les dividendes étrangers, les plus‑values mobilières et les revenus professionnels indépendants.

Sur la partie salariale, l’employeur joue le rôle d’agent de l’impôt. Il calcule l’impôt dû en tenant compte des déductions applicables, le retient lors du versement du salaire, puis le reverse au Trésor au plus tard le 25 du mois suivant le paiement. Il dépose également des relevés trimestriels détaillant les montants versés et retenus.

Bon à savoir :

Les résidents percevant des revenus non soumis à la retenue à la source doivent les déclarer eux-mêmes. Le système évolue : la déclaration annuelle (formulaire 240.00) se déposait avant le 31 mars, avec paiement avant le 10 avril. Dès 2024 pour les revenus 2024, les personnes concernées par la ‘déclaration universelle’ doivent utiliser le formulaire 270.00 et le déposer avant le 15 septembre de l’année suivante, puis payer l’impôt restant dû avant le 25 septembre.

Ce système universel fonctionne en deux temps. D’abord, une « déclaration d’entrée » (formulaire 250.00) recense les actifs et passifs du contribuable au moment où il rejoint le dispositif : biens immobiliers, comptes bancaires, titres, créances, etc. Ensuite, une déclaration annuelle reprend les revenus perçus, les biens et avoirs, y compris à l’étranger. Les citoyens kazakhs, les résidents permanents, mais aussi les expatriés disposant d’un tel statut sont concernés, en particulier lorsqu’ils détiennent des comptes bancaires étrangers au‑delà d’un certain seuil (par exemple plus de 2 000 MCI de solde) ou des biens immobiliers hors du territoire.

Bon à savoir :

Les non-résidents ayant perçu des revenus de source kazakhe non taxés à la source doivent déposer une déclaration fiscale, selon les échéances en mars et avril. À leur départ du pays, ils peuvent déposer une déclaration couvrant leur période de présence, régler leur solde fiscal, puis demander leur radiation des registres.

En cas de retard ou d’omission, le régime de sanctions est loin d’être symbolique. Des intérêts de retard calculés à 1,25 fois le taux directeur de la Banque nationale par jour de retard s’ajoutent aux montants dus. Les dissimulations de revenus peuvent entraîner des amendes pouvant atteindre 200 % de l’impôt éludé, voire 300 % en cas de récidive. Le défaut de déclaration d’un compte bancaire étranger ou d’un bien immobilier à l’étranger peut également donner lieu à des amendes significatives exprimées en MCI. Dans les cas extrêmes de non‑paiement persistant, des mesures de restriction comme une interdiction temporaire de sortie du territoire peuvent être envisagées.

Revenu locatif et plus‑values immobilières : un enjeu majeur pour les expatriés investisseurs

Nombreux sont les expatriés qui profitent de leur présence au Kazakhstan pour acheter un appartement, soit pour y habiter, soit pour le louer. À ce titre, deux dimensions fiscales doivent être examinées séparément : l’imposition des loyers et celle des plus‑values lors de la revente, sans oublier la taxe foncière annuelle traitée plus loin.

Imposition des loyers

Les loyers perçus d’un bien situé au Kazakhstan sont considérés comme des revenus de source kazakhe, quel que soit le statut de résidence du propriétaire. Un non‑résident est soumis à un taux de 10 % sur ces revenus. Si le locataire est un agent de retenue de l’impôt (par exemple une société ou un entrepreneur individuel kazakh), il doit prélever et verser directement ces 10 % au fisc. Si le locataire est un particulier qui n’est pas agent de retenue, le bailleur doit déposer une déclaration annuelle et acquitter l’impôt lui‑même.

Bon à savoir :

Les propriétaires qui se déclarent comme entrepreneurs individuels peuvent bénéficier de régimes simplifiés avec des taux forfaitaires (ex. : 1% avec un « brevet » ou 3% en déclaration simplifiée, selon les seuils), mais doivent payer des contributions sociales. Depuis fin 2023, le paiement unifié pour auto‑entrepreneurs a été supprimé, obligeant les bailleurs particuliers à choisir entre le statut d’entrepreneur ou une déclaration annuelle dans le régime de droit commun.

Dans le calcul du revenu imposable, les charges de maintenance et de réparation, ou les remboursements de telles dépenses par le locataire, peuvent être déduits des loyers bruts. Cela permet de réduire l’assiette soumise au taux de 10 %.

Plus‑values immobilières

Le traitement des plus‑values immobilières est un autre point favorable. Pour les biens résidentiels et certains véhicules, la règle est simple : si le bien a été détenu et enregistré au cadastre pendant plus d’un an, le gain réalisé lors de la revente n’est pas imposable. Cette exonération est valable quel que soit le statut de résidence du vendeur.

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Taux d’imposition sur les plus-values immobilières pour les non-résidents en cas de détention inférieure à un an.

Pour les plus‑values mobilières (actions, parts sociales), le régime est plus nuancé. Les résidents doivent auto‑liquider un impôt de 10 % sur les gains provenant de titres étrangers ou de participations dans des sociétés dont la valeur provient principalement de biens kazakhs. Certaines opérations sont néanmoins exonérées, par exemple la cession de titres publics kazakhs, d’obligations d’agences, de parts de fonds ouverts locaux ou d’actions de sociétés résidentes détenues depuis plus de trois ans, dès lors qu’elles ne tirent pas l’essentiel de leur valeur d’activités dans les secteurs extractifs.

Taxe foncière au Kazakhstan : barème progressif pour les particuliers

Indépendamment de l’impôt sur le revenu, la détention d’un bien immobilier au Kazakhstan entraîne le paiement d’une taxe foncière annuelle. Pour les particuliers, cette taxe vise les appartements, maisons, garages, résidences secondaires et autres constructions, ainsi que les parts de copropriété. Elle est calculée sur la base de la valeur cadastrale, telle qu’établie par un organisme public au 1er janvier de chaque année.

Le barème applicable aux personnes physiques est progressif. Le principe combiné est celui de tranches de valeurs assorties de taux croissants, avec parfois un montant fixe auquel s’ajoute un pourcentage sur la valeur excédant le seuil de la tranche. Le tableau ci‑dessous illustre une grille typique en vigueur pour 2024/2025.

Valeur cadastrale du bien (KZT)Calcul de la taxe annuelle pour un particulier
Jusqu’à 2 000 0000,05 % de la valeur
2 000 001 à 4 000 0001 000 KZT + 0,08 % de la partie au‑delà de 2 000 000
4 000 001 à 6 000 0002 600 KZT + 0,10 % de la partie au‑delà de 4 000 000
6 000 001 à 8 000 0004 600 KZT + 0,15 % de la partie au‑delà de 6 000 000
8 000 001 à 10 000 0007 600 KZT + 0,20 % de la partie au‑delà de 8 000 000
10 000 001 à 12 000 00011 600 KZT + 0,25 % de la partie au‑delà de 10 000 000
12 000 001 à 14 000 00016 600 KZT + 0,30 % de la partie au‑delà de 12 000 000
14 000 001 à 16 000 00022 600 KZT + 0,35 % de la partie au‑delà de 14 000 000
16 000 001 à 18 000 00029 600 KZT + 0,40 % de la partie au‑delà de 16 000 000
18 000 001 à 20 000 00037 600 KZT + 0,45 % de la partie au‑delà de 18 000 000
20 000 001 à 75 000 00046 600 KZT + 0,50 % de la partie au‑delà de 20 000 000
75 000 001 à 100 000 000321 600 KZT + 0,60 % de la partie au‑delà de 75 000 000
100 000 001 à 150 000 000471 600 KZT + 0,65 % de la partie au‑delà de 100 000 000
150 000 001 à 350 000 000796 600 KZT + 0,70 % de la partie au‑delà de 150 000 000
350 000 001 à 450 000 0002 196 600 KZT + 0,75 % de la partie au‑delà de 350 000 000
Au‑delà de 450 000 0002 496 600 KZT + 2 % de la valeur dépassant 450 000 000

Pour donner un ordre de grandeur concret, un exemple de calcul réel fait apparaître, pour un petit appartement ancien d’environ 34 m² situé dans un quartier populaire d’Almaty, une valeur cadastrale autour de 1,17 million KZT. Appliqué au taux de 0,05 %, cela conduit à une taxe annuelle inférieure à 1 000 KZT, soit une somme très modeste en pratique.

Modalités de calcul, notification et paiement

Le calcul de la taxe foncière pour les personnes physiques n’est pas à la charge du contribuable. Les autorités fiscales établissent elles‑mêmes le montant dû, en s’appuyant sur les données cadastrales et les barèmes en vigueur. Ce calcul doit être finalisé avant le 1er juillet de l’année suivant l’année de référence, et une notification est adressée au propriétaire dans les dix jours ouvrables qui suivent l’établissement du rôle.

Modes d’envoi de l’avis de taxe

L’avis de taxe peut être reçu par plusieurs canaux de communication différents.

Courrier postal

Envoi traditionnel par lettre physique à l’adresse du contribuable.

Notification électronique

Avis envoyé par email ou via un portail gouvernemental en ligne.

Message SMS

Notification concise et directe sur le téléphone mobile du contribuable.

Application e‑Salyq Azamat

Réception et consultation via l’application dédiée du gouvernement.

Applications bancaires locales

Consultation via les applications des banques locales très utilisées.

Factures de services publics

Le montant de la taxe peut figurer directement sur les factures d’utilités (eau, électricité…).

Le paiement doit intervenir au plus tard le 1er octobre de l’année suivant la période imposable (par exemple, taxe 2024 à régler avant le 1er octobre 2025). Il peut être effectué via les banques commerciales, les bureaux de poste, les services de paiement en ligne ou les portails officiels. La taxe est imputée sur un code budgétaire spécifique, qui permet de la distinguer d’autres impôts.

Attention :

En cas de retard, des intérêts de retard s’accumulent et des sanctions administratives peuvent être appliquées. Dans les situations extrêmes de non‑paiement prolongé, l’administration peut imposer des contraintes supplémentaires.

Taxe foncière pour les sociétés et expatriés investisseurs via une structure

Pour les personnes morales, y compris les sociétés immobilières utilisées par certains expatriés pour structurer leurs investissements, le régime est différent. Le taux standard est de 1,5 % appliqué à la valeur comptable moyenne nette des biens immobiliers détenus sur la période. Les petites entreprises soumises à un régime simplifié peuvent bénéficier d’un taux réduit d’environ 0,5 %.

La taxe est alors payée trimestriellement, avec des échéances réparties dans l’année (généralement en février, mai, août et novembre). Contrairement aux particuliers, les sociétés doivent calculer et déclarer elles‑mêmes la taxe, sans notification préalable de l’administration.

Autres taxes liées à la propriété : foncier, véhicules, absence d’impôt sur la fortune

La fiscalité immobilière ne se limite pas à la taxe foncière sur les bâtiments. Les expatriés propriétaires d’un terrain séparé doivent aussi s’acquitter d’un impôt foncier propre aux terrains. Celui‑ci est calculé essentiellement en fonction de la surface et de la nature du terrain, mais aussi de sa localisation et de la qualité des sols, sur une base forfaitaire par hectare. La déclaration est généralement requise pour les entreprises, tandis que pour de nombreux particuliers, l’administration calcule elle‑même la taxe, qui doit être réglée avant le 31 octobre de l’année suivant la période imposable.

Bon à savoir :

La détention d’un véhicule immatriculé au Kazakhstan est soumise à une taxe de transport annuelle. Son montant varie selon le type de véhicule, sa puissance et d’autres caractéristiques techniques. Le paiement suit un calendrier spécifique, avec une échéance généralement fixée au 1er avril de l’année suivant l’année de détention du véhicule.

L’un des points qui différencient nettement le Kazakhstan d’une partie de l’Europe occidentale est l’absence d’impôt sur la fortune ou de taxe sur le patrimoine net. Aucun prélèvement spécifique n’est effectué sur la valeur globale des actifs détenus par une personne (financiers, immobiliers, etc.), en dehors des impôts sur le revenu et des taxes annuelles sur les biens immobiliers et terrains.

Double imposition internationale : rôle des conventions fiscales et du crédit d’impôt étranger

Pour un expatrié, le principal risque fiscal n’est pas tant le niveau des taux locaux que la superposition de deux systèmes d’imposition sur le même revenu. Le Kazakhstan a conclu plus d’une cinquantaine de conventions visant à éviter la double imposition, avec des pays aussi variés que la France, l’Allemagne, le Royaume‑Uni, les États‑Unis, la Chine, le Japon, la Russie, les Émirats arabes unis ou encore des partenaires européens comme l’Irlande, la Belgique ou les Pays‑Bas.

Exemple :

Les conventions fiscales bilatérales, souvent complétées par la Convention multilatérale (MLI) contre l’érosion de la base imposable, déterminent quel État a le droit d’imposer les différentes catégories de revenus (salaires, dividendes, intérêts, redevances, plus-values, pensions, etc.). Elles établissent également les conditions pour appliquer des taux réduits de retenue à la source sur les dividendes ou intérêts versés à des non-résidents.

Pour un expatrié résident fiscal au Kazakhstan qui perçoit des revenus dans un autre pays, le mécanisme clé est celui du crédit d’impôt étranger. Ce crédit permet d’imputer l’impôt payé à l’étranger sur l’impôt kazakh dû au titre du même revenu, dans la limite de ce dernier. Autrement dit, si le pays de la source impose fortement le revenu, l’impôt kazakh sera entièrement neutralisé ; si le taux étranger est inférieur au taux kazakh, le contribuable paiera la différence au Kazakhstan.

Bon à savoir :

Pour bénéficier du crédit d’impôt sur les revenus étrangers, vous devez joindre à votre déclaration annuelle un document officiel de l’administration fiscale étrangère, attestant du montant du revenu et de l’impôt payé. Ce document doit généralement être légalisé (ou apostillé), puis traduit et certifié. Le calcul du crédit s’effectue territoire par territoire : il n’est pas possible de compenser les impôts payés dans un pays avec ceux d’un autre.

Pour les expatriés qui restent fiscalement rattachés à leur pays d’origine en vertu d’un traité, le Kazakhstan peut, dans certains cas, limiter ou renoncer à l’imposition de certains revenus. Encore faut‑il fournir un certificat de résidence fiscale du pays partenaire dans les délais, pour activer ces avantages conventionnels.

Cas particulier des citoyens américains et autres pays imposant la citoyenneté

Un point souvent méconnu des expatriés est que certains pays, notamment les États‑Unis, imposent leurs citoyens sur la base de la citoyenneté, et non pas de la seule résidence. Un citoyen américain vivant et travaillant au Kazakhstan devra donc, en plus de se conformer aux obligations locales, continuer à déposer chaque année une déclaration auprès de l’Internal Revenue Service (IRS) et à déclarer ses revenus mondiaux.

Attention :

Des dispositifs fiscaux spécifiques (exclusion des revenus gagnés à l’étranger, crédit d’impôt étranger, etc.) existent pour atténuer la double imposition, mais leur application est conditionnée au dépôt d’une déclaration correcte et à l’utilisation des formulaires appropriés (2555, 1116). De plus, le dépassement de certains seuils entraîne des obligations de déclaration des comptes financiers étrangers (FBAR/FinCEN 114, formulaire 8938).

Cette double contrainte peut conduire les Russes, Américains, Britanniques, Canadiens ou ressortissants d’autres pays à la fiscalité mondiale à cumuler deux couches de règles : celles du Kazakhstan et celles de leur État de nationalité, même lorsque les conventions de non‑double imposition atténuent la charge d’impôt pur.

Tableau récapitulatif des principaux taux et seuils utiles aux expatriés

Pour donner une vue synthétique des paramètres les plus importants, le tableau suivant rassemble les principaux taux et plafonds mentionnés, tels qu’ils concernent directement les expatriés au Kazakhstan.

Éléments clésRésidents fiscauxNon‑résidents fiscaux
Base d’impositionRevenus mondiauxRevenus de source kazakhe uniquement
Impôt sur salaire (avant 2026)10 %10 % (via paie locale), 20 % dans certains cas
Barème progressif (à partir de 2026)10 % jusqu’à 8 500 MCI, 15 % au‑delàÀ préciser, mais tendance vers 15 % sur hauts revenus
Dividendes kazakhs5 %15 % (20 % si juridiction à fiscalité privilégiée)
Plus‑values immobilières (< 1 an)10 %15 %
Plus‑values immobilières (> 1 an)ExonéréesExonérées
Revenu locatif10 % (avec possibilité de régime pro)10 %
Déduction standard (2025)14 MCI/mois (55 048 KZT)Accessible si résident au sens local
Cotisation retraite obligatoire10 % du brut (plafonné)Non applicable sans résidence permanente
Taxe foncière (particuliers)0,05 % à 2 % selon la valeur cadastraleIdem
Échéance taxe foncière1er octobre année suivanteIdem

Pourquoi la planification fiscale est incontournable pour les expatriés au Kazakhstan

Dans l’ensemble, la fiscalité sur le revenu et sur la propriété au Kazakhstan reste relativement compétitive comparée à de nombreuses économies développées. Un taux de base de 10 %, des plus‑values immobilières exonérées après un an, l’absence d’impôt sur la fortune et des charges sociales plafonnées constituent des atouts indéniables. Toutefois, cette image flatteuse ne doit pas masquer la complexité croissante liée aux obligations déclaratives (déclaration universelle, reporting des actifs étrangers) et aux interactions avec les conventions fiscales internationales.

Attention :

Pour les expatriés possédant un patrimoine financier, des sociétés ou des biens immobiliers dans plusieurs pays, ou percevant des revenus divers (salaires étrangers, dividendes, loyers, plus‑values), des erreurs de procédure peuvent entraîner des redressements coûteux, des amendes importantes et une double imposition évitable.

La question centrale n’est plus seulement « combien vais‑je payer d’impôts ? », mais « comment dois‑je structurer mes revenus et mes investissements pour profiter des avantages kazakhs tout en respectant les règles de mon pays d’origine, et en évitant les chevauchements ? » Que ce soit pour choisir entre contrat local et détachement, décider d’acheter un bien en nom propre ou via une société, calibrer un plan d’épargne ou gérer des participations étrangères, un accompagnement professionnel s’avère souvent précieux.

Astuce :

Le cadre réglementaire kazakh, incluant le nouveau Code des impôts, la déclaration universelle et les taux de TVA ou d’impôt sur les dividendes vers l’étranger, évolue rapidement. Les expatriés installés doivent réexaminer régulièrement leur situation pour ajuster leurs stratégies en conséquence.

Dans ce contexte, la fiscalité kazakhe offre de vraies opportunités de planification, mais demande une vigilance accrue et une bonne compréhension des mécanismes de résidence, des bases d’imposition, des conventions de non‑double imposition et des taxes locales sur la propriété. Pour un expatrié informé et bien conseillé, le Kazakhstan peut rester une destination attractive, y compris sur le plan fiscal, à condition d’anticiper plutôt que de subir.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Kazakhstan, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Kazakhstan pour sa fiscalité proportionnelle compétitive (taux forfaitaires sur les revenus, absence d’impôt sur la fortune), son coût de vie plus bas qu’en Europe de l’Ouest (Almaty ~40 % moins cher que Paris) et sa position de hub entre Europe et Asie. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, gestion de la protection sociale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), permettant des économies fiscales significatives et une meilleure diversification géographique.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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