Le marché des propriétés de luxe au Guatemala : entre croissance soutenue et niches d’exception

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché des propriétés de luxe au Guatemala s’est imposé comme l’un des plus dynamiques d’Amérique centrale. Tiré par la solidité macroéconomique du pays, l’essor du tourisme, la montée d’une classe moyenne aisée et l’arrivée continue d’investisseurs étrangers, il offre aujourd’hui un mélange singulier de demeures coloniales, de villas au bord d’un lac volcanique et de tours résidentielles haut de gamme dans la capitale. Loin de l’image d’un marché « exotique » marginal, il s’agit désormais d’un véritable segment structuré, à la fois compétitif, rentable et dense en opportunités – à condition d’en comprendre les spécificités.

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Un contexte économique et immobilier favorable aux biens haut de gamme

Le Guatemala est la plus grande économie d’Amérique centrale, avec un PIB qui oscille autour de 86 à plus de 90 milliards de dollars américains et une croissance moyenne d’environ 3,2 % par an sur la dernière décennie. Les projections tablent sur un rythme de 3,5 à 4 % par an au moins jusqu’en 2028, tandis que l’inflation reste relativement contenue autour de 4 %. Cette stabilité macroéconomique, soutenue par des envois de fonds massifs (environ 16 milliards de dollars de remises annuelles de la diaspora), crée un socle solide pour l’investissement immobilier, et notamment pour le segment premium.

9.5

Il s’agit du taux de croissance annuel composé prévu pour le marché national de la construction entre 2025 et 2030.

Dans ce contexte, l’immobilier résidentiel affiche une appréciation régulière. Depuis 2010, les prix des logements ont progressé en moyenne de 3 à 5 % par an jusqu’en 2015, puis de 6 à 8 % entre 2016 et 2019. Après une phase plus modérée entre 2020 et 2022 (4 à 6 % par an), la courbe s’est à nouveau tendue, avec des hausses estimées entre 6 et 9 % ces dernières années et une progression moyenne de 5 % pour la seule année 2024. Sur la période 2020‑2025, les prix nominaux des logements auraient ainsi bondi de près de 60 %.

Bon à savoir :

Le marché immobilier de luxe au Guatemala bénéficie de moteurs distincts : une clientèle moins sensible aux cycles économiques, un financement majoritairement par capitaux propres, la rareté des emplacements prestigieux, et une demande concentrée sur des pôles précis comme Guatemala City, Antigua Guatemala et la région du lac Atitlán.

Guatemala City : vitrine du luxe vertical et moteur des prix

Capitale, centre économique et hub financier, Guatemala City concentre l’essentiel des projets résidentiels de standing. La ville, souvent réduite à une mauvaise réputation de pollution et d’insécurité, abrite pourtant plusieurs zones résidentielles très aisées, caractérisées par leur sécurité, leurs services haut de gamme et leurs immeubles de dernière génération.

Zones 10, 14, 15 et 16 : le cœur du haut de gamme urbain

Les zones 10, 14, 15 et 16 constituent le noyau dur du marché de luxe de la capitale. Zones 10 et 14 sont considérées comme les quartiers résidentiels et commerciaux les plus prestigieux, avec une forte densité de tours résidentielles, de bureaux, de centres commerciaux premium et de restaurants haut de gamme. Zone 15, plus résidentielle, et la très exclusive zone 16 complètent ce quatuor, réputé pour ses quartiers fermés et ses vastes villas habitées par diplomates, grands patrons et élite politique.

500000

Le prix d’un acre de terrain dans les emplacements les plus prisés de Conakry peut atteindre 500 000 dollars.

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu des fourchettes de prix par mètre carré dans la capitale, selon le niveau de gamme :

Zone de Guatemala CityType de bienPrix indicatif au m² (USD)Budget total typique (USD)
Zones 10 & 14Appartement de luxe1 800 – 2 500250 000 – 500 000
Zones 15 & 16Appartement milieu/haut de gamme1 200 – 1 800150 000 – 250 000
Zones 9 & 13Appartement entrée de gamme900 – 1 200100 000 – 150 000

Les rendements locatifs restent attractifs pour un marché aussi développé : les appartements de luxe loués sur le long terme peuvent générer 7 à 8 % de rendement brut annuel, tandis que les biens bien situés en centre‑ville atteignent parfois plus de 9 %.

Nouvelles tours et concepts mixtes : un luxe de plus en plus intégré

Le marché de Guatemala City se distingue également par la densité de projets neufs haut de gamme. Plusieurs développements emblématiques misent sur un positionnement résolument luxueux, avec des finitions haut de gamme, des services mutualisés et une forte composante de vie communautaire.

Exemple :

Des projets comme Tiffany Novena, Sekkei en zone 14, Bosco 23 Avenida ou Maranta Oakland se distinguent par des designs contemporains et des équipements modernes (balcons végétalisés, grands halls, espaces de co‑working, gyms). D’autres, à l’image de Siena San Isidro, privilégient une approche ‘nature en ville’ avec de vastes espaces verts privés, des sentiers de course, des zones d’observation des oiseaux, des piscines chauffées, des terrains de sport et de grandes aires de jeux pour enfants.

Les projets mixtes (résidentiel + bureaux + commerces) se multiplient également, à l’image de Granat en zone 4, Airali en zone 10, Narama en zone 13 ou MODRA à Cuatro Grados Norte. Ils incarnent une tendance de fond : vivre, travailler et consommer dans un même ensemble urbain, avec un fort accent sur la sécurité, la mobilité piétonne et les services.

Attention :

Le projet Diagoseis, situé en zone 10, illustre la sophistication des développements immobiliers actuels. Sur 38 000 m², il combine appartements, bureaux et commerces, avec des services premium (lobby, piscine, salle de sport, terrasse pet-friendly). Il intègre également des critères de durabilité comme la ventilation naturelle, des vitrages à double isolation et des planchers techniques pour les bureaux. Ce type de projet répond aux attentes du segment urbain premium : confort, image, sécurité et rendement.

Une demande portée par les élites locales et les expatriés

Dans la capitale, la demande pour ces biens haut de gamme provient essentiellement de Guatémaltèques à hauts revenus (chefs d’entreprise, cadres, professions libérales) et d’une population expatriée en croissance. Les zones 10 à 16 attirent également diplomates et personnel d’organisations internationales, à la recherche de bâtiments sécurisés, proches des principaux axes et des meilleures écoles privées.

Les loyers se situent à des niveaux élevés pour la région, mais restent compétitifs comparés à d’autres capitales latino‑américaines. En centre‑ville, un appartement d’une chambre bien situé se loue souvent entre 570 et 900 dollars par mois, tandis qu’un trois chambres de standing peut dépasser largement 1 500 dollars dans les meilleurs immeubles. Le tout dans un contexte de vacance maîtrisée et de plus‑value potentielle estimée entre 5 et 7 % par an dans les zones premium à moyen terme.

Antigua Guatemala : le graal colonial du marché de luxe

Antigua Guatemala occupe une place à part dans le marché du luxe national. Ancienne capitale coloniale, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville combine un patrimoine architectural exceptionnel, une vie culturelle intense, une scène gastronomique dynamique et un environnement naturel spectaculaire dominé par les volcans. C’est le marché le plus emblématique pour les résidences de caractère et les opérations de location touristique haut de gamme.

Un marché mature, rare et très recherché

Le marché immobilier d’Antigua est à la fois mûr et en forte tension. Les propriétés coloniales authentiques du centre historique sont en quantité limitée, soumises à des règles de préservation très strictes, ce qui crée une rareté structurelle. Depuis 2020, les prix y ont progressé de 4 à 6 % par an en moyenne, avec des hausses d’environ 7 % dans le cœur historique ces dernières années.

Les valeurs au mètre carré reflètent ce caractère unique : une maison coloniale restaurée dans le centre se négocie généralement entre 2 000 et 3 000 dollars le mètre carré, pour des budgets oscillant entre 400 000 et plus d’un million de dollars. Les propriétés de prestige, particulièrement bien situées ou de grande surface, dépassent fréquemment les 750 000 dollars ; certaines listes de biens atteignent ou dépassent les 2 millions d’euros pour des maisons qui cumulent vaste terrain, finitions d’exception et vue sur les volcans.

1500

Le prix au mètre carré des maisons modernes proches du centre historique d’Antigua, en dollars.

Le tableau suivant résume les ordres de grandeur pour Antigua et ses environs :

Zone d’Antigua GuatemalaType de bienPrix indicatif au m² (USD)Budget total typique (USD)
Centre historique (UNESCO)Maison coloniale restaurée2 000 – 3 000400 000 – 1 000 000+
Périphérie procheMaison/appartement moderne1 500 – 2 000250 000 – 500 000
Lotissements fermés périphériquesMaison en communauté fermée1 000 – 1 500200 000 – 350 000
Corridor sud (Hacienda del Comendador, Antigua Gardens, etc.)Terrain + maison moderneVariable (lots de 41 000 à 185 000 USD et maisons jusqu’à 450 000 USD)285 000 – 775 000 (maisons neuves à Antigua Gardens)

Qui achète à Antigua et pourquoi ?

La clientèle d’Antigua est très diversifiée, mais structurée. Environ 60 % des acheteurs sont des Guatémaltèques, souvent originaires de Guatemala City, qui recherchent une résidence secondaire pour le week‑end, un lieu de retraite ou une maison pour la famille. Les 40 % restants sont des étrangers, principalement des Nord‑Américains, suivis par des Européens (notamment espagnols) et des Canadiens. S’y ajoutent une population croissante de nomades numériques et de retraités étrangers, séduits par le climat tempéré, la richesse culturelle et le coût de la vie plus bas qu’en Amérique du Nord ou en Europe.

Ce mélange a un impact direct sur la structure du marché : forte demande pour des maisons avec cour intérieure, terrasses, jardins et vues sur les volcans, mais aussi pour des appartements modernes faciles à louer, bien connectés et sécurisés. Les condos et petites résidences avec piscine, salle de sport et sécurité 24 h/24 ont gagné du terrain, même si le prestige ultime reste la maison coloniale authentique à quelques minutes à pied du parc central.

Short term rentals, rendements et Airbnb : l’autre moteur du luxe

Antigua s’est affirmée comme un marché extrêmement porteur pour la location de courte durée. Le tourisme au Guatemala croît de 7 à 9 % par an, et Antigua est l’un des principaux pôles de visite du pays. Les logements en location saisonnière y affichent des performances remarquables : un Airbnb typique est occupé environ 197 nuits par an, avec un taux d’occupation médian autour de 54 % et un revenu annuel d’environ 12 000 dollars, certaines estimations portant ce chiffre entre 13 000 et plus de 15 000 dollars pour les propriétés mieux gérées.

7

Le marché de la location de courte durée a progressé d’environ 7 % en 2024 par rapport à l’année précédente.

Les chiffres suivants permettent de situer les performances locatives d’Antigua par rapport aux autres pôles de luxe guatémaltèques :

Marché de luxeType de location dominanteRendement brut typique (%)Appréciation annuelle attendue (5 ans)
Guatemala City (appartements de luxe)Long terme7 – 85 – 7
Antigua (maisons coloniales)Location vacances Airbnb6 – 9 (jusqu’à 12 %)6 – 8
Lac Atitlán (villas, maisons)Location vacances7 – 107 – 9
Côte Pacifique (projets balnéaires)Location saisonnière / mixte4 – 88 – 10

Pour les investisseurs, Antigua combine donc trois atouts : plus‑value attendue autour de 6 à 8 % par an, rendement locatif souvent supérieur à 7 % pour un bon produit, et valeur patrimoniale forte liée à un site UNESCO à l’offre foncière limitée.

Gated communities autour d’Antigua : le luxe sécurisé à la campagne

L’essor d’Antigua a entraîné la multiplication de communautés fermées dans son orbite. Au début des années 2000, on comptait une dizaine de lotissements sécurisés dans et autour de la ville ; on en recense aujourd’hui plus de quarante. Ces ensembles, souvent situés à quelques minutes en voiture du centre, associent sécurité 24 h/24, contrôle des accès, rues larges, espaces verts, aires de jeux, clubhouses, piscines, courts de tennis et, parfois, héliports.

Astuce :

Ces résidences offrent un environnement sécurisé et maîtrisé, avec un esprit de communauté et des règles de voisinage (heures de silence, entretien des façades), ainsi que des infrastructures de loisirs. Cependant, les propriétés y coûtent en moyenne jusqu’à 25 % de plus que les maisons hors communauté, et des charges mensuelles (70 à 200+ dollars) s’ajoutent. Les règlements peuvent aussi restreindre la détention d’animaux ou l’usage de plateformes comme Airbnb, un point crucial pour les investisseurs locatifs.

Une propriété emblématique illustre le haut du panier de ce segment : une vaste villa située dans le lotissement Bosques de Antigua, à quelques minutes de la ville. Édifiée sur un terrain d’environ 1 956 m², avec 1 100 m² construits et une architecture signée Franklin Contreras, elle offre quatre chambres avec salle de bain privée et climatisation, multiples salons, ascenseur, grande cuisine, espaces repas, zone barbecue, piscine avec jacuzzi et une suite parentale avec salle de bain jacuzzi donnant sur les volcans. Ce type de bien se positionne clairement sur le créneau « ultra‑luxe » destiné à une clientèle fortunée locale ou internationale.

Le lac Atitlán : luxe discret et rendement éco‑touristique

Le lac Atitlán, entouré de volcans et de villages indigènes, est devenu l’autre grand pôle de propriétés de luxe au Guatemala. Situé sur les hauts plateaux, il attire retraités, étrangers en quête d’un cadre de vie plus alternatif, acteurs de l’éco‑tourisme et investisseurs qui misent sur une destination en pleine montée en gamme.

Des prix encore attractifs pour un site de renommée mondiale

Les maisons en bord de lac dans des lieux comme Panajachel ou Santa Catarina Palopó se vendent entre 1 300 et 2 200 dollars le mètre carré, pour des investissements compris entre 300 000 et 800 000 dollars selon la taille du terrain, la qualité de la construction et la proximité immédiate de l’eau. Plus en hauteur, avec vue sur le lac sans accès direct, les prix descendent entre 1 000 et 1 500 dollars le mètre carré, voire 800 à 1 200 dollars pour des maisons de montagne dans des villages plus isolés, avec des tickets d’entrée autour de 120 000 à 250 000 dollars.

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Le prix d’un acre de terrain destiné à la construction de villas ou de petits complexes touristiques varie de 50 000 à 250 000 dollars.

Les perspectives d’appréciation sont jugées très favorables : les valeurs augmentent de 3 à 7 % par an à mesure que l’infrastructure touristique se densifie, et les projections sur cinq ans suggèrent des hausses annuelles comprises entre 7 et 9 %. Côté exploitation locative, les rendements bruts des propriétés bien positionnées varient généralement de 7 à 10 %, avec des pointes plus élevées pour les villas de charme ciblant une clientèle internationale à hauts revenus.

Communautés fermées et projets structurés sur les rives du lac

Si une grande partie du marché autour du lac Atitlán reste marquée par des transactions plus informelles et des maisons individuelles, quelques communautés fermées structurées se détachent pour la clientèle haut de gamme.

Bon à savoir :

Ce développement ancien et réussi est idéalement situé sur un promontoire, avec un accès facile depuis Guatemala City et Antigua via l’axe côtier pacifique. Il offre une sécurité permanente, un héliport, des espaces de stockage pour bateaux, une rampe de mise à l’eau et des plages privées. Seules trois maisons bénéficient d’un front de lac direct, ce qui en fait des propriétés exceptionnellement rares.

Un autre projet, composé de huit unités de type condo‑villas sur la route de Mansion Road au‑delà de Santa Catarina Palopó, illustre l’émergence de petites copropriétés de luxe. Situé à moins de sept kilomètres de Panajachel, il offre vue panoramique sur trois volcans et sur les couchers de soleil du lac, piscine commune de nage, jacuzzi, cascades artificielles, sécurité 24 h/24 et frais de fonctionnement réduits. La combinaison de frais mensuels bas, d’impôts fonciers limités et de perspectives de location saisonnière en fait un produit particulièrement attractif pour des investisseurs à la recherche d’un pied‑à‑terre rentable.

Côte pacifique, villes secondaires et nouveaux pôles d’intérêt

Si Guatemala City, Antigua et le lac Atitlán concentrent l’essentiel du marché de luxe, d’autres zones gagnent progressivement en visibilité.

Côte pacifique : un potentiel balnéaire encore sous‑exploité

La côte pacifique guatémaltèque, avec des localités comme Monterrico ou Puerto San José, n’offre pas encore la même densité de projets que les rivieras mexicaines ou le Costa Rica, mais commence à attirer des investissements haut de gamme. Les propriétés en front de mer ou dans des resorts se vendent généralement entre 1 200 et 2 000 dollars le mètre carré, pour des budgets compris entre 200 000 et 600 000 dollars.

Bon à savoir :

Les prévisions de croissance des prix dans les zones de développement prioritaire sont de 8 à 10 % par an sur cinq ans, dépassant la moyenne nationale du luxe. Cependant, pour les étrangers souhaitant investir sur le littoral, le cadre juridique est complexe en raison de restrictions constitutionnelles. Il nécessite des montages via des sociétés guatémaltèques et des baux avec l’agence publique OCRET pour les parcelles situées dans les bandes riveraines protégées.

Villes secondaires : diversification et montée en gamme progressive

Des villes comme Quetzaltenango (deuxième agglomération du pays), Cobán ou Jalapa attirent progressivement des investisseurs, notamment dans l’agro‑business, la logistique ou l’éco‑tourisme. Les prix y demeurent nettement inférieurs à ceux des zones premium : entre 700 et 1 100 dollars le mètre carré pour un appartement ou une maison de ville à Quetzaltenango, soit des budgets totaux allant de 100 000 à 220 000 dollars.

4 à 6

Appréciation annuelle potentielle des marchés immobiliers secondaires au Guatemala sur cinq ans.

Un cadre légal globalement favorable mais qui exige de la rigueur

L’un des atouts majeurs du Guatemala, comparé à certains pays voisins, est l’égalité de traitement juridique entre nationaux et étrangers en matière de propriété. La Constitution protège explicitement le droit de propriété, et les étrangers bénéficient, en principe, des mêmes droits d’achat, de détention, de vente et de location que les Guatémaltèques. Il n’existe pas de seuil minimal d’investissement immobilier imposé par la loi simplement pour acheter un bien.

Restrictions de localisation : frontières, côtes, rivages

Les principales limitations concernent l’emplacement du bien. La législation interdit la propriété directe par des étrangers dans certaines zones sensibles : bandes près des frontières internationales (environ 15 km) et des littoraux (3 km de la mer, 50 km de bande côtière selon certains cadres), ainsi que les rives immédiates des lacs et rivières navigables (200 m autour des lacs, 100 m le long des rivières navigables, 50 m autour des sources alimentant des populations). Les terrains situés dans ces bandes sont considérés comme réserves de l’État et gérés par l’OCRET.

Attention :

Pour acquérir une propriété dans les zones concernées, les investisseurs doivent généralement passer par la création d’une société guatémaltèque de type S.A., qui peut détenir le bail. Les concessions OCRET sont des locations à long terme à redevance modique (souvent < 100$/an), mais le non-paiement strict entraîne la confiscation.

Processus d’achat : rôle central du notaire et coûts à anticiper

L’acquisition d’un bien de luxe au Guatemala suit un schéma relativement standard, mais exige une forte implication d’un avocat/notaire local. Le processus, pour un achat au comptant, peut se boucler en 30 à 60 jours, mais la préparation en amont (vérification des titres, recherche de charges, contrôle de la situation cadastrale et municipale) est cruciale, surtout pour les propriétés haut de gamme où les enjeux sont importants.

En pratique, les coûts de transaction côté acheteur représentent habituellement entre 5 % et 7 % du prix d’achat. Ces frais comprennent, entre autres, un impôt de mutation d’environ 3 % de la valeur déclarée pour les biens de seconde main (ou une TVA de 12 % pour les constructions neuves), des honoraires de notaire et d’avocat pouvant totaliser 2 à 5 % de la valeur, des droits d’enregistrement autour de 0,15 %, des taxes de timbre, et la TVA sur les services professionnels.

Exemple :

Le tableau suivant illustre la structure typique des coûts pour un bien haut de gamme de 200 000 dollars. Cette structure est proportionnelle et peut être appliquée pour des montants d’investissement plus élevés.

Poste de coûtTaux approximatifMontant estimatif sur 200 000 USD
Impôt de transfert3 %6 000 USD
Honoraires de notaire1 – 3 %2 000 – 6 000 USD
Honoraires juridiques1 – 2 %2 000 – 4 000 USD
Droit d’enregistrement0,15 %300 USD
Taxe de timbre0,3 %600 USD
TVA sur services (12 %)sur honoraires240 – 720 USD
Total estimatif5 – 7 %10 000 – 14 000 USD

À l’usage, l’impôt foncier (IUSI) est modeste par rapport à d’autres pays : il suit un barème progressif entre 0,2 % et 0,9 % de la valeur cadastrale, avec une exonération sur les très faibles valeurs. Les plus‑values sont taxées à 10 %, et les revenus locatifs sont soumis à des retenues ou régimes forfaitaires (5–7 % sur le brut pour les résidents, 15 % sur le brut pour les non‑résidents).

Financement : un marché encore largement dominé par le cash

Pour les propriétés de luxe, les transactions se font très majoritairement au comptant. On estime qu’environ 85 % des acquisitions par des étrangers sont financées sans recours au crédit local. Les raisons sont multiples : accès difficile aux prêts immobiliers pour les non‑résidents, exigences de garanties élevées, taux d’intérêt plus élevés que dans les pays développés et complexité administrative.

Lorsque des financements existent, ils proviennent ou bien des banques locales, avec des apports de 35 à 40 % et des taux pouvant varier de 7,5 à 12 %, ou bien des promoteurs eux‑mêmes qui proposent des schémas de crédit sur 20 à 30 ans, généralement autour de 7,5 à 10 % pour le marché résidentiel haut de gamme. Le crédit vendeur (seller financing) reste également répandu dans les segments de prix élevés.

Profils d’investisseurs, motivations et rendements

Le marché des propriétés de luxe au Guatemala attire une mosaïque de profils : familles aisées guatémaltèques, expatriés de longue durée, retraités étrangers, entrepreneurs de l’éco‑tourisme, investisseurs purement financiers et nomades numériques en quête de base plus permanente.

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Rendement brut maximal visé par les investisseurs dans les zones touristiques comme Antigua et le lac Atitlán lors des périodes de haute demande.

Les données globales laissent penser que les propriétés haut de gamme situées dans les principaux pôles touristiques ont vu leurs valeurs augmenter d’au moins 12 % en 2024, tirées par l’explosion des locations de courte durée et la montée continue du tourisme international. Dans le même temps, l’essor des projets durables (panneaux solaires, récupération d’eau de pluie, matériaux à faible empreinte carbone) a stimulé un segment de niche : en 2023, la demande pour les projets éco‑responsables a bondi de 25 %, une tendance qui touche autant les villas au bord du lac que les résidences neuves de la capitale.

Risques, défis et stratégies de mitigation

Malgré un potentiel évident, le marché du luxe au Guatemala n’est pas dépourvu de risques. Les enjeux de sécurité, de gouvernance, de qualité des titres fonciers et d’exposition aux aléas naturels (séismes, activité volcanique, phénomènes climatiques) doivent être pris au sérieux.

Dans certaines régions rurales ou sur les littoraux, l’historique des titres peut être incomplet, avec des chevauchements de droits, des conflits communautaires ou des servitudes mal enregistrées. La corruption, bien documentée au niveau national, impose une vigilance accrue dans le choix des intermédiaires (agents, avocats, notaires). Les investisseurs expérimentés recommandent systématiquement de remonter au moins 30 ans dans les recherches de titres, de réaliser un bornage sur le terrain et, lorsque c’est possible, de souscrire une assurance‑titre.

Astuce :

L’investissement dans l’immobilier de luxe présente des défis spécifiques. La revente peut être longue, surtout en dehors des marchés les plus dynamiques, en raison d’une liquidité moindre. De plus, les pratiques de sous-déclaration des valeurs, encore courantes pour réduire la fiscalité, comportent des risques. Elles exposent non seulement à des poursuites légales, mais compliquent aussi le calcul des plus-values et la justification des prix d’acquisition auprès des administrations fiscales du pays d’origine de l’investisseur.

Face à ces enjeux, plusieurs stratégies de mitigation s’imposent : privilégier les zones déjà structurées pour les expatriés et le tourisme (Antigua, lac Atitlán, zones 10–16 de la capitale), recourir à des agences reconnues, travailler avec des avocats rompus aux transactions internationales, déclarer la valeur réelle des opérations et intégrer une marge de 10 à 17 % du prix d’achat pour les coûts d’acquisition (frais, taxes, honoraires).

Perspectives : un marché de luxe appelé à se renforcer

À l’échelle régionale, le Guatemala se distingue aujourd’hui par un rapport qualité‑prix particulièrement intéressant pour les propriétés de luxe. Les prix restent globalement inférieurs à ceux du Costa Rica ou de Panama pour un niveau de confort et de rendement comparable, voire supérieur, notamment dans les segments de location saisonnière adossés au tourisme culturel et naturel.

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Il s’agit du taux d’appréciation annuel moyen prévu pour les propriétés haut de gamme à Antigua et sur la côte pacifique en développement, illustrant le potentiel significatif du marché immobilier de luxe.

Le marché guatémaltèque reste toutefois un marché « d’initiés », où l’information est moins transparente que dans les pays disposant de MLS et de régulations très normées. Réussir dans le segment du luxe suppose donc d’accepter une part de complexité : multiplier les visites, tester les biens pendant la saison des pluies pour détecter les problèmes d’infiltration, dialoguer avec les voisins, croiser les sources, et, surtout, s’entourer d’experts locaux solides.

Bon à savoir :

Ce marché de niche offre un patrimoine colonial unique, des paysages volcaniques spectaculaires et des rendements locatifs élevés. Il se caractérise par une fiscalité relativement douce et des prix d’entrée encore raisonnables comparés aux grands marchés régionaux. Les meilleures opportunités nécessitent patience, sélectivité et une bonne connaissance du terrain.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie au Guatemala
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Guatemala pour chercher du rendement locatif et une exposition au quetzal/dollar via des locataires étrangers. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Antigua Guatemala, Guatemala Ciudad, Lac Atitlán), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle ou une petite villa dans une zone touristique ou résidentielle en croissance, par exemple à Antigua ou au bord du lac Atitlán, combinant rendement locatif brut cible de 10 %plus le rendement est grand, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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