Les erreurs courantes lors de l’achat de biens immobiliers au Guatemala

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter une maison, un appartement ou un terrain au Guatemala peut sembler une formidable opportunité : prix plus bas que dans de nombreux pays occidentaux, marché en croissance, zones touristiques très dynamiques comme Antigua ou le lac Atitlán, fiscalité relativement légère. Mais derrière cette image séduisante, le pays présente un environnement juridique, administratif et culturel très spécifique. De petites négligences au début peuvent se transformer en gros problèmes plus tard.

Bon à savoir :

Cet article identifie les erreurs fréquentes, notamment pour les acheteurs étrangers, lors de l’acquisition d’un bien immobilier au Guatemala. Il explique comment les éviter en s’appuyant sur les données, les lois et les pratiques locales décrites dans un rapport de recherche spécifique.

Négliger les spécificités juridiques du Guatemala

Ignorer le cadre légal local est sans doute la racine de la plupart des erreurs commises par les acheteurs. Le système guatémaltèque n’a rien à voir avec celui de nombreux pays de common law. Ici, le droit civil, influencé par le modèle espagnol, structure l’ensemble du processus.

Attention :

Au Guatemala, le notaire public est la pierre angulaire de la transaction immobilière. Il ne se limite pas à authentifier, mais rédige l’acte de vente, vérifie le titre de propriété, calcule les impôts et effectue l’inscription au registre. Négliger ce rôle, par exemple en voulant tout gérer avec un agent immobilier, constitue une erreur structurelle majeure.

Autre particularité : l’absence de Multiple Listing Service (MLS). Chaque agence dispose de ses propres annonces, sans base de données centralisée. Cela signifie que les informations sont fragmentées et que le marché est beaucoup moins transparent. Croire qu’un seul agent permet d’avoir une vision complète de l’offre est illusoire et expose à acheter au mauvais prix ou au mauvais endroit.

Enfin, la distinction entre propriété privée dûment titrée et terres communales ou mal enregistrées est fondamentale. Le Guatemala porte une histoire lourde de conflits fonciers, de réformes agraires et de litiges non résolus. Acquérir un terrain sans avoir vérifié sa nature juridique exacte peut aboutir à se retrouver au milieu d’un conflit communautaire ou d’un procès interminable.

Mal comprendre les restrictions pour les étrangers

Beaucoup d’étrangers arrivent au Guatemala avec une idée simple : « si je peux payer, je peux acheter ». C’est inexact. La Constitution guatémaltèque fixe des limites claires, particulièrement sur les zones sensibles pour la souveraineté nationale.

Deux niveaux de restrictions reviennent constamment dans les textes :

impossibilité pour un étranger de posséder directement des terres situées dans une bande de 3 kilomètres le long des frontières internationales ;

interdiction de propriété directe dans une frange de 50 kilomètres le long des côtes.

Astuce :

Dans les zones protégées du Guatemala, un achat direct au nom d’un individu est inconstitutionnel. La seule méthode légale est de créer une société guatémaltèque (Sociedad Anónima, S.A.) pour détenir le bien. Négliger cette structure ou la mettre en place après l’acquisition expose à des risques de nullité de l’acte, à des difficultés d’enregistrement et à des contestations judiciaires sur la validité de l’achat.

À cela s’ajoute un second type de restriction, plus méconnu encore : la gestion publique des rivages via l’OCRET (Oficina de Control de Áreas de Reserva del Estado). Personne, ni Guatémaltèque ni étranger, ne peut être pleinement propriétaire de terrains situés :

dans une bande de 3 km des océans,

à 200 mètres des lacs,

ou à 100 mètres des rivières navigables.

Bon à savoir :

Ces terres appartiennent au domaine de l’État et sont uniquement disponibles via un bail longue durée avec l’OCRET. Il ne s’agit pas d’un achat en pleine propriété, mais d’un droit de location soumis à un loyer annuel (souvent < 100 USD). Vérifiez toujours que le bail est à jour et évitez de croire que vous pourrez revendre le bien comme une propriété, sous peine de sérieuses déconvenues.

Sous-estimer l’importance du notaire et de l’avocat local

Tout au long des textes analysés, une recommandation revient comme un mantra : sans avocat local compétent, le risque juridique explose. Beaucoup d’acheteurs, désireux d’économiser quelques milliers de dollars, tentent de réduire au minimum ce poste de dépense. C’est l’une des erreurs les plus coûteuses à long terme.

Au Guatemala, l’avocat et le notaire sont souvent la même personne (abogado y notario). Cette double casquette peut dérouter un étranger habitué à une stricte séparation des fonctions. Pourtant, c’est bien ce professionnel qui :

Exemple :

Lors de l’achat d’un bien immobilier, le notaire effectue plusieurs vérifications et démarches essentielles. Il consulte d’abord les titres de propriété au Registro General de la Propiedad pour s’assurer de la validité des droits du vendeur. Ensuite, il vérifie qu’il n’existe pas d’hypothèques, de saisies ou de servitudes non déclarées sur le bien. Il prépare ensuite l’acte authentique (escritura pública). Avant la signature, il calcule et collecte les taxes liées au transfert de propriété. Enfin, après la signature, il dépose l’acte au registre pour obtenir l’inscription définitive du nouveau propriétaire, sécurisant ainsi la transaction.

Ne pas engager ce type de professionnel, ou en choisir un sans expérience des transactions avec des étrangers, c’est s’exposer à acheter un bien grevé de dettes, à signer un contrat déséquilibré, ou à se retrouver sans inscription au registre – et donc sans protection réelle de la propriété.

Les honoraires d’un notaire ou d’un avocat pour l’accompagnement de la transaction et la due diligence varient généralement autour de 1 % du prix du bien, avec un coût global souvent compris entre 1 000 et 3 000 dollars selon la complexité. Comparé au risque de perdre la totalité de l’investissement pour cause de titre frauduleux ou contesté, ce montant apparaît modeste.

Négliger la vérification du titre et des antécédents de la propriété

Les registres immobiliers guatémaltèques sont loin d’être parfaits. Les études citées soulignent des registres incomplets, des données obsolètes, des parcelles rurales jamais correctement enregistrées au début des années 2000. Le pays a tenté d’améliorer la situation avec la loi sur le Registre d’Information Cadastrale (RIC) en 2005, mais les litiges restent nombreux.

L’une des erreurs les plus graves consiste à se fier uniquement à ce que dit le vendeur (ou l’agent) sans pousser la recherche sur au moins 30 ans d’historique de propriété. Les risques sont multiples :

titres en double,

successions inachevées,

divisions de parcelles non enregistrées,

ventes antérieures non correctement inscrites,

conflits de limites ou de servitudes.

L’absence quasi totale d’assurance-titres au Guatemala renforce encore l’importance de cette investigation préalable. En cas de problème, c’est le tribunal local qui tranchera, et les procédures peuvent durer des années. Acheter sans examen approfondi du titre, c’est accepter de jouer à la loterie judiciaire.

Conseil aux investisseurs immobiliers au Guatemala

Exemples de documents qu’un acheteur prudent fait systématiquement vérifier

Même si la loi n’en fait pas toujours une liste standard, plusieurs pièces ressortent comme incontournables dans les pratiques sérieuses :

Bon à savoir :

Avant d’acheter un bien immobilier, il est crucial de demander et vérifier plusieurs documents officiels. Il faut notamment obtenir : l’extrait de propriété (Registro General de la Propiedad) indiquant le propriétaire et les éventuelles charges ; le certificat de solvabilité de l’impôt foncier (IUSI) prouvant qu’aucune taxe n’est en retard ; un justificatif de solvabilité municipale attestant de l’absence de dettes locales (eau, ordures, etc.) ; et enfin, les plans cadastraux ou rapports d’arpentage pour confirmer que la surface cadastrale correspond bien à la réalité.

Ne pas exiger ces documents, ou les accepter sans les faire relire par un professionnel, est une imprudence majeure.

Surestimer l’information en ligne et acheter sans inspection physique

Avec la multiplication des annonces en ligne, certains acquéreurs pensent pouvoir tout faire à distance : repérage, négociation, signature par procuration. Le cadre guatémaltèque permet effectivement de mener une transaction à distance grâce à une procuration notariée et apostillée. Mais confondre possibilité juridique et bonne pratique est une erreur.

Le Guatemala est un pays où le relief, le climat et les infrastructures locales modèlent fortement la valeur réelle d’un bien. Les rapports insistent notamment sur l’importance de visiter pendant la saison des pluies (mai à octobre). Sans cette visite, on peut passer à côté de problèmes pourtant cruciaux :

Attention :

Les systèmes de drainage insuffisants peuvent transformer le terrain en bourbier et provoquer des glissements de terrain, une érosion accrue en zone montagneuse, le ruissellement d’eaux usées et rendre les routes impraticables une partie de l’année.

Certaines zones connaissent jusqu’à 200 jours de pluie par an. Un terrain magnifique en saison sèche peut devenir un cauchemar logistique une fois les pluies arrivées. Limiter son analyse à des photos ensoleillées ou à une visite en saison sèche est donc une faute de jugement.

De plus, l’accès effectif (servitudes de passage, voirie, raccord discrètement privé, etc.) ne se voit pas toujours sur plan. Une visite avec un technicien local, un ingénieur ou un inspecteur expérimenté permet de vérifier :

qualité de la construction,

état des réseaux électriques et de plomberie,

résistance aux intempéries,

conformité apparente aux règles locales.

Ne pas prévoir ce budget d’inspection – alors que le coût reste modeste par rapport au prix du bien – est typiquement l’économie mal placée.

Oublier la question des services publics et des raccordements

Un piège fréquent consiste à vérifier uniquement que « la zone a de l’eau et de l’électricité », sans regarder si la parcelle elle-même est raccordée, et à quel coût. Les données du rapport sur la pauvreté et les services modernes montrent clairement que l’accès reste très inégal.

Selon l’enquête ENCOVI 2000 :

ServiceCouverture nationaleUrbainRural
Électricité73 %95 %56 %
Eau courante69 %88 %54 %
Raccordement égouts38 %76 %9 %
Ligne téléphonique fixe15 %31 %3 %
Téléphone portable10 %18 %3 %

Ces chiffres, certes anciens, dessinent une réalité qui reste pertinente : une grande partie des zones rurales n’est pas entièrement équipée. Et même lorsqu’un village est alimenté, il peut manquer la « dernière ligne » jusqu’au terrain convoité.

Une erreur classique revient à confondre :

disponibilité zonale (il y a une ligne électrique dans la route),

– et connexion effective (le compteur est installé sur la parcelle, avec autorisation formelle).

plusieurs centaines de mètres

La distance de ligne électrique à tirer, pouvant aller jusqu’à plusieurs kilomètres, qui peut remettre en cause la rentabilité d’un projet de construction.

L’eau potable est un autre point critique. Dans certaines municipalités, la facturation est très faible, voire symbolique, et de nombreux foyers ne payent pas réellement le service. Mais la contrepartie est une qualité parfois insuffisante, au point de devoir systématiquement acheter de l’eau en bouteille. Un investisseur qui compte exploiter un hébergement touristique doit intégrer cette réalité dans ses charges d’exploitation.

Sous-estimer les coûts totaux d’acquisition et la fiscalité

Les prix affichés des biens au Guatemala paraissent souvent attractifs comparés à l’Amérique du Nord ou à l’Europe. Nombre d’acheteurs commettent alors l’erreur de se concentrer presque exclusivement sur le montant du prix et d’oublier les frais annexes, qui peuvent être élevés.

Les études de la Banque interaméricaine de développement ont même classé le Guatemala parmi les pays où les coûts de clôture sont les plus forts d’Amérique latine, pouvant grimper jusqu’à 17 % de la valeur du bien dans certains cas. En pratique, les éléments majeurs sont les suivants :

Type de bienTaxe principale à l’achatCoût total estimé côté acheteur*
Bien neuf12 % de TVA≈ 13,15 % du prix
Bien de revente3 % de droit de timbre≈ 4,15 % du prix

– en incluant environ 1 % d’honoraires d’avocat/notaire et 0,15 % de frais d’enregistrement, hors variations locales.

À cela s’ajoutent :

500

Frais minimum pratiques pour l’enregistrement de la propriété, pouvant atteindre 1000 dollars.

Sur le long terme, l’imposition reste toutefois relativement modérée. L’IUSI, l’impôt foncier, est calculé sur la valeur cadastrale (généralement 50 à 80 % de la valeur de marché) et suit une échelle progressive entre 0,2 % et 0,9 % selon la valeur. Le taux effectif est donc très inférieur à ce qu’on observe dans beaucoup de pays occidentaux.

Bon à savoir :

La revente d’un bien est soumise à un impôt sur les plus-values de 10 %. Pour la location, les propriétaires non-résidents sont assujettis à un impôt sur le revenu de 25 % sur le revenu net ou un prélèvement de 15 % sur le revenu brut, auquel s’ajoute une TVA de 12 % sur les loyers.

Enfin, les variations du taux de change entre le dollar américain et le quetzal (GTQ) influencent fortement le coût réel pour un acheteur étranger. Le rapport montre que le quetzal s’est apprécié de 0,32 % en 2023 puis de 0,75 % sur le premier semestre 2024 face au dollar. Ce sont des mouvements modestes, mais sur un montant de plusieurs centaines de milliers de dollars, ils peuvent représenter des milliers d’unités de monnaie. Se contenter du taux de change du jour sans aucune stratégie, ni recours à des spécialistes du change, est une autre erreur récurrente.

Croire que le financement local sera simple

Beaucoup d’investisseurs étrangers présument qu’ils pourront obtenir un crédit hypothécaire sur place, comme ils le feraient dans leur pays. Dans la pratique, le financement bancaire au Guatemala est très difficile d’accès pour un non-résident. Les banques exigent généralement :

7.5-12

Les taux d’intérêt appliqués, souvent entre 7,5 % et 12 %, sur des durées ne dépassant pas 15 ans.

Ignorer cette réalité conduit certains acheteurs à faire des promesses d’achat en comptant sur un financement qui ne viendra jamais. La norme, pour environ 85 % des achats de terrains par des étrangers, reste le paiement comptant. Les solutions alternatives – financement par le vendeur ou prêt immobilier dans le pays d’origine en utilisant d’autres actifs comme collatéral – demandent une préparation en amont. Ne pas monter ce plan de financement clairement avant de signer est une imprudence majeure.

Fermer les yeux sur les lenteurs bureaucratiques

Miser sur un calendrier d’acquisition « à l’européenne » ou « à l’américaine » est une autre source d’erreur. Au Guatemala, la bureaucratie est lourde et les délais sont souvent plus longs que prévu.

Les données officielles évoquent :

226

Jours maximum pour obtenir certains permis de construire, plaçant le pays parmi les plus lents de la région.

S’y ajoutent des retards informels liés à la surcharge des administrations, aux problèmes de coordination entre municipalités, MARN (ministère de l’Environnement), CONAP ou INAB pour les zones protégées et forestières, et parfois à la corruption, décrite comme une réalité « à tous les niveaux ». Les acheteurs qui bâtissent un projet sur des délais trop optimistes – notamment pour des développements touristiques ou immobiliers – prennent un risque sérieux sur leurs projections financières.

Ignorer le zonage, l’environnement et les permis

Le Guatemala n’est pas un « Far West » sans règles, même si l’image peut parfois en circuler. Entre le Code de Développement Urbain, les plans d’occupation des sols, les lois environnementales et les règles spécifiques de villes comme Antigua, la réglementation est dense. L’erreur consiste à supposer qu’un terrain constructible « en théorie » l’est forcément « en pratique ».

Dans la capitale, Guatemala Ciudad, mais aussi à Antigua ou dans les zones naturelles sensibles, plusieurs niveaux d’autorisations peuvent intervenir :

Bon à savoir :

Pour un projet au Guatemala, il est essentiel de contacter les autorités suivantes selon le domaine : la municipalité pour le zonage et le permis de construire ; le MARN (Ministère de l’Environnement) pour les études d’impact environnemental, qui classe les projets en catégories de risques (A, B1, B2, C, CR) ; le CONAP pour les projets dans les aires protégées (parcs nationaux, réserves écologiques) ; l’INAB pour tout changement d’usage des sols forestiers ; et parfois des autorités spécifiques comme le Conseil national pour la protection d’Antigua Guatemala pour les bâtiments historiques.

Construire ou rénover sans ces autorisations, ou en dehors du cadre donné par le permis, peut mener à :

des amendes élevées,

des ordres d’arrêt de chantier,

voire des démolitions de structures non conformes.

Un acheteur qui projette de transformer un bâtiment colonial à Antigua en hôtel, par exemple, doit vérifier simultanément :

la classification de la parcelle dans le plan d’occupation des sols local,

la compatibilité de l’usage hôtelier,

l’obligation éventuelle d’étude d’impact environnemental,

le respect des normes architecturales imposées par le statut UNESCO.

Négliger cette cascade de contraintes, souvent perçue comme « secondaire » en phase d’achat, revient à courir vers un mur réglementaire.

Se tromper sur la demande locative et les dynamiques de marché

Le rapport de recherche montre un marché dynamique, mais très contrasté selon les régions. Les zones comme Antigua, le lac Atitlán ou certains quartiers de Guatemala City (notamment Zona 10 et Zona 14) concentrent une forte demande, tant résidentielle que touristique. Cependant, même dans ces marchés porteurs, les acheteurs commettent des erreurs de jugement.

À Antigua, par exemple, la location de courte durée via des plateformes type Airbnb est très développée. Les chiffres cités indiquent :

Statistiques Airbnb à Hawaï

Aperçu des performances du marché locatif Airbnb à Hawaï, basé sur les données de septembre 2024.

Annonces répertoriées

Environ 1 598 annonces étaient actives sur la plateforme en septembre 2024.

Taux d’occupation médian

Le taux d’occupation médian des logements se situe autour de 54 %.

Nuitées louées par an

Un logement type est loué en moyenne 197 nuitées par an.

Revenu annuel moyen

Un hôte type génère un revenu annuel moyen proche de 12 000 dollars.

Ces données peuvent facilement nourrir des attentes irréalistes : certains investisseurs extrapolent ces moyennes à tous les biens et reçoivent une rude surprise lorsqu’ils réalisent que les performances varient fortement selon l’emplacement précis, la qualité de la rénovation, la gestion et la saisonnalité.

Astuce :

Dans certaines cultures, une marge de négociation significative est attendue. Les études montrent que les biens immobiliers en vente depuis plus de six mois peuvent parfois être achetés de 25 à 30 % en dessous du prix initialement affiché. Proposer d’emblée le prix demandé, sans tenir compte de la durée d’exposition du bien sur le marché, expose donc l’acheteur à un risque réel de surpayer.

Le même biais affecte les projections de plus-values. Les estimations évoquent une appréciation annuelle des valeurs immobilières entre 3 % et 7 % dans de nombreuses zones, et une croissance du secteur de la construction autour de 7,87 % par an sur la période 2024-2029. Ce sont des perspectives intéressantes, mais elles restent des moyennes : certaines zones peuvent stagner, d’autres décrocher après des phénomènes comme des éruptions volcaniques ou des changements de réglementation. Ne pas tenir compte de ces risques locaux, qu’ils soient environnementaux, politiques ou infrastructurels, revient à surestimer la sécurité de l’investissement.

Omettre l’impact du taux de change et du risque de change

Un autre angle mort fréquent chez les investisseurs étrangers leur coût réel en devise d’origine. La plupart des ventes se négocient en dollars américains ou en quetzals, mais la valeur patrimoniale est souvent suivie en euros, en dollars canadiens ou dans une autre monnaie. Le rapport rappelle que :

– le quetzal a globalement été stable, oscillant entre 7,5 et 8 GTQ pour 1 dollar,

– il s’est néanmoins légèrement apprécié en 2023 et au premier semestre 2024.

Attention :

Pour une acquisition à 500 000 dollars, une variation de quelques pourcents du taux de change entre la promesse d’achat et le paiement final peut engendrer un coût équivalent aux frais juridiques ou aux taxes. Il est stratégique d’utiliser les outils disponibles (contrats à terme, planification des changes, experts en FX), surtout pour les investissements de montant élevé.

Mal préparer l’usage de la propriété pour des objectifs de résidence

Certains acheteurs imaginent encore qu’acheter un bien immobilier au Guatemala leur ouvrira automatiquement les portes de la résidence permanente ou de la citoyenneté. Ce n’est pas le cas. La loi est claire : la propriété, en soi, ne confère aucun droit de séjour.

Il existe bien un dispositif de visa investisseur basé sur un investissement d’au moins 100 000 dollars dans l’immobilier ou des projets d’affaires. Mais plusieurs conditions doivent être réunies :

Bon à savoir :

L’investissement doit être actif (ex: location, développement) et non un simple terrain en friche. La procédure suit les règles normales d’immigration avec contrôles et renouvellements. La résidence permanente n’est accessible qu’après une période de résidence temporaire (généralement 2 ans). L’accès à la citoyenneté requiert environ 5 ans de résidence légale, un examen d’espagnol et un test de connaissances civiques.

Ainsi, acheter uniquement pour « obtenir un passeport » sans comprendre cette temporalité et ces conditions est une erreur de stratégie personnelle.

Gérer mal les flux financiers et la sécurité des paiements

Enfin, un domaine où les mauvaises pratiques abondent est celui des paiements. Le Guatemala est un pays où la corruption est régulièrement évoquée, et où la confiance dans les professionnels de l’immobilier n’est pas toujours totale – tant du côté des Guatémaltèques que des étrangers.

Bon à savoir :

Pour les transactions importantes au Guatemala, évitez les virements directs sur un compte privé. Privilégiez un mécanisme sécurisé comme un compte séquestre (escrow) ou un compte de fiducie, géré par une institution financière ou un cabinet d’avocats. Bien que moins standardisés qu’en Amérique du Nord, ces contrats existent et sont reconnus comme des opérations fiduciaires par les banques locales.

Ne pas :

prévenir sa banque de la réalisation d’un gros virement international,

vérifier les contraintes de lutte contre le blanchiment,

– et s’assurer de l’identité exacte du bénéficiaire

peut engendrer des blocages de fonds, voire des pertes en cas d’escroquerie. Là encore, le recours à un avocat local réputé, à un notaire expérimenté et à un établissement financier fiable diminue considérablement le risque.

Conclusion : transformer un marché complexe en opportunité maîtrisée

Le marché immobilier guatémaltèque offre de réelles perspectives : prix bas comparés aux grandes métropoles du Nord, croissance démographique urbaine soutenue, développement des infrastructures (8,5 milliards de quetzals budgétés pour les travaux en 2024), attrait touristique marqué pour des destinations comme Antigua ou le lac Atitlán, fiscalité foncière douce.

Mais ces atouts s’accompagnent de spécificités fortes : restrictions constitutionnelles pour les étrangers près des frontières et des côtes, rôle omniprésent du notaire, registres fonciers encore imparfaits, lenteurs administratives, poids du zonage et de l’environnement, disparités d’accès aux services publics, et risque de change latent pour tout investisseur international.

Bon à savoir :

Les erreurs les plus fréquentes lors d’une implantation à l’étranger sont de négliger la due diligence, sous-estimer les coûts, faire confiance sans vérification, vouloir tout gérer à distance, ou ignorer les règles locales de zonage et de fiscalité. Elles proviennent souvent d’une transposition naïve des habitudes de son pays d’origine à un contexte radicalement différent.

À l’inverse, ceux qui :

s’entourent d’un avocat-notaire aguerri aux transactions avec des étrangers,

prennent le temps d’étudier le cadastre, les servitudes, les services publics et le zonage,

– prévoient un budget réaliste incluant taxes, honoraires, traductions et maintenance,

– inspectent physiquement le bien, y compris en saison des pluies,

– et anticipent la dimension monétaire (taux de change, fiscalité locale et dans le pays d’origine)

peuvent transformer un environnement complexe en opportunité maîtrisée. Au Guatemala plus qu’ailleurs, la clé n’est pas d’éviter tout risque – ce qui est illusoire –, mais de ne pas rajouter, par négligence, des risques parfaitement évitables à ceux inhérents à tout investissement immobilier.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Guatemala pour chercher du rendement locatif et une exposition au quetzal et au dollar (via les loyers indexés). Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (ville de Guatemala, Antigua, Quetzaltenango, zones touristiques du lac Atitlán), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle ou un petit immeuble dans un quartier en croissance de la capitale ou d’Antigua, combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation lié au tourisme et à l’urbanisation, pour un ticket global d’environ 500 000 dollars (acquisition + frais + travaux légers).

La mission a inclus : sélection de la ville et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, abogado, conseiller fiscal), choix de la structure (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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