Rendement locatif au Japon : que peut vraiment rapporter un appartement à Tokyo en 2026 ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Tokyo reste, en 2026, le marché immobilier le plus scruté du Japon. Les prix d’achat ont enchaîné les records, les loyers continuent de grimper, et les investisseurs étrangers se demandent la même chose : combien rapporte concrètement un appartement mis en location dans la capitale, une fois les frais, la fiscalité et le risque pris en compte ?

3,5

Le rendement locatif brut moyen d’un appartement à Tokyo dans les 23 arrondissements est de 3,5 %.

Pour comprendre ce que rapporte réellement un appartement à Tokyo en 2026, il faut regarder trois paramètres en même temps : le niveau des loyers, le prix d’achat au mètre carré et la structure des coûts (charges de copropriété, fiscalité, gestion, vacance). Et surtout accepter une vérité centrale : Tokyo est davantage un marché de valorisation patrimoniale qu’un marché de cash-flow élevé.

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Combien se loue un appartement à Tokyo en 2026 ?

La première question, avant même de parler de rendement, est celle du loyer. En 2025–2026, les loyers résidentiels dans les 23 arrondissements ont atteint des plus hauts historiques. La hausse n’est pas anecdotique : les loyers annoncés dans les 23 arrondissements ont progressé d’environ 8 % sur un an au troisième trimestre 2025, et les indices spécialisés montrent une dynamique similaire pour 2026.

Niveaux moyens de loyer par type de logement

Les données disponibles pour début 2026 montrent des niveaux moyens de loyer mensuel suivants dans les 23 arrondissements, pour des baux de longue durée :

Type de logementSurface typiqueLoyer moyen mensuel (23 arrondissements)
Studio / 1R15–22 m²65 000 – 90 000 ¥
1K / 1DK20–30 m²80 000 – 110 000 ¥ (moyenne ville)
1LDK35–45 m²120 000 – 160 000 ¥ (moyenne ville)
2LDK50–60 m²≈ 270 000 ¥
3LDK70–80 m²≈ 350 000 ¥

Ces fourchettes moyennes masquent de fortes disparités entre arrondissements centraux et périphériques. Les quartiers de prestige – Minato, Shibuya, Chiyoda, Chuo – tirent les prix vers le haut ; les arrondissements extérieurs – Adachi, Edogawa, Katsushika, Itabashi – offrent des loyers bien plus abordables, pour les locataires comme pour les investisseurs.

L’écart frappant entre centre et périphérie

Les données 2025–2026 permettent de dresser un panorama relativement précis, notamment pour les 1K, format très représentatif de l’investissement locatif (studio avec cuisine séparée, 18 à 25 m²) :

Arrondissement (1K ~25 m², non meublé)Loyer moyen mensuel
Minato (central / premium)130 000 – 180 000 ¥
Shibuya (central / tendance)120 000 – 160 000 ¥
Shinjuku (central / très dense)110 000 – 150 000 ¥
Chiyoda (business)120 000 – 160 000 ¥
Bunkyo (proche centre)100 000 – 130 000 ¥
Meguro (résidentiel aisé)100 000 – 135 000 ¥
Setagaya (familial, mi-ville)90 000 – 120 000 ¥
Toshima (Ikebukuro)85 000 – 110 000 ¥
Koto (baie, mi-ville)85 000 – 110 000 ¥
Nerima (extérieur résidentiel)75 000 – 95 000 ¥
Itabashi (extérieur abordable)72 000 – 90 000 ¥
Adachi (extérieur à budget)65 000 – 80 000 ¥
Edogawa (extérieur à budget)65 000 – 82 000 ¥
Katsushika (extérieur à budget)62 000 – 78 000 ¥

Pour un même format 1K, un locataire paiera donc facilement plus du double à Minato par rapport à Adachi. Et pour un investisseur, cette différence s’accompagne de niveaux de prix au mètre carré eux aussi très contrastés, ce qui explique le profil de rendement par zone.

Situer Tokyo par rapport aux autres grandes villes japonaises

Les données de comparaison nationale rappellent que Tokyo est la ville la plus chère du pays en loyer comme en prix d’achat.

Ville (appart. 1R/1K)Loyer mensuel moyen (approx.)Coût de la vie mensuel (approx.)
Tokyo (23 arrond.)95 000 – 111 000 ¥170 000 – 280 000 ¥
Osaka66 000 – 103 000 ¥140 000 – 240 000 ¥
Kyoto62 000 – 99 000 ¥110 000 – 180 000 ¥
Nagoya~56 000 ¥~200 000 ¥
Fukuoka~60 000 ¥~180 000 ¥
Sapporo~57 000 ¥~207 000 ¥

Tokyo domine en niveau absolu de loyers, mais le rapport loyer / salaire reste, selon plusieurs analyses, moins délirant que dans New York ou Londres, notamment parce que les taux d’intérêt japonais restent bas et que les salaires locaux s’ajustent lentement. Pour un investisseur, cela se traduit par des loyers solides, une très forte demande, mais un rendement brut comprimé par des prix d’achat qui ont explosé depuis 2015.

Prix d’achat et rendement brut : le cœur de l’équation

Le rendement locatif brut se calcule de façon simple : loyer annuel divisé par le prix d’achat, multiplié par 100. À Tokyo, ce ratio se situe en moyenne à environ 3,5 % pour un appartement standard dans les 23 arrondissements, avec un intervalle typique de 3,0 % à 4,2 % selon le quartier et le type de bien.

Combien coûte un appartement à Tokyo en 2026 ?

Les données de 2025–2026 montrent un coût au mètre carré dans les 23 arrondissements compris entre 1 050 000 et 1 400 000 ¥ pour un condominium standard, soit des prix de 30 à plus de 200 millions de yens selon la surface et la localisation.

Les tableaux de rendement par arrondissement illustrent bien la réalité du marché, en particulier pour les petits lots (studio / 1K), très prisés des investisseurs.

Studios et 1K : la classe d’actifs reine pour le rendement

Zone / ArrondissementPrix achat typique studio / 1KLoyer mensuel typiqueRendement brut estimé
Minato35 – 70 M¥110 000 – 200 000 ¥3,0 – 4,5 %
Chiyoda35 – 65 M¥110 000 – 180 000 ¥3,0 – 4,0 %
Chuo25 – 55 M¥90 000 – 160 000 ¥3,5 – 4,5 %
Shibuya28 – 55 M¥100 000 – 170 000 ¥3,5 – 4,5 %
Shinjuku20 – 40 M¥80 000 – 140 000 ¥4,0 – 5,5 %
Bunkyo18 – 35 M¥75 000 – 120 000 ¥4,5 – 5,5 %
Meguro22 – 40 M¥85 000 – 140 000 ¥4,0 – 5,0 %
Shinagawa18 – 38 M¥75 000 – 130 000 ¥4,5 – 5,5 %
Koto14 – 28 M¥65 000 – 100 000 ¥5,0 – 6,5 %
Sumida13 – 25 M¥60 000 – 95 000 ¥5,0 – 6,5 %
Kita12 – 22 M¥58 000 – 90 000 ¥5,5 – 7,0 %
Toshima14 – 26 M¥65 000 – 100 000 ¥5,0 – 6,5 %
Itabashi10 – 20 M¥55 000 – 85 000 ¥5,5 – 7,0 %
Adachi8 – 16 M¥50 000 – 75 000 ¥6,0 – 8,0 %
Edogawa9 – 17 M¥52 000 – 78 000 ¥6,0 – 7,5 %
Nerima9 – 18 M¥53 000 – 80 000 ¥6,0 – 7,5 %
Ota12 – 22 M¥60 000 – 90 000 ¥5,5 – 6,5 %

On voit se dessiner nettement trois profils :

Bon à savoir :

Les arrondissements ultra-centraux (Minato, Chiyoda, Chuo, Shibuya) offrent des rendements bruts modestes de 3 à 4,5 % mais une forte plus-value. La ceinture résidentielle centrale (Shinjuku, Bunkyo, Meguro, Shinagawa) atteint 4,5 à 5 % sur les petits lots. Les arrondissements extérieurs (Koto, Kita, Adachi, etc.) proposent des rendements de 5,5 à 8 % sur les studios, avec un risque de vacance et de liquidité plus élevé.

Pour un petit investisseur, ces chiffres expliquent pourquoi les studios et 1K sont en tête en termes de rendement : on cumule un ticket d’entrée raisonnable avec une demande de location très profonde (étudiants, jeunes actifs, célibataires, expatriés solos). Les 1LDK, 2LDK et 3LDK offrent en général des rendements bruts plus faibles, même si la durée moyenne de location y est plus longue.

Les grands appartements : moins de rendement, plus de stabilité

Les logements familiaux (2LDK–3LDK) génèrent, en moyenne, des rendements bruts plus faibles mais bénéficient de locataires plus stables et de taux de rotation plus bas.

Zone (2LDK–3LDK, 50–80 m²)Prix d’achat typiqueRendement brut typique
Minato / Shibuya / Chiyoda80 – 200 M¥2,5 – 3,5 %
Shinjuku / Bunkyo / Shinagawa45 – 90 M¥3,0 – 4,0 %
Koto / Sumida / Kita30 – 60 M¥4,0 – 5,0 %
Arrondissements extérieurs20 – 40 M¥4,5 – 6,0 %

Un 3LDK moyen dans les 23 arrondissements se loue autour de 350 000 ¥ par mois, mais son prix d’achat dépasse souvent 80–100 millions de yens dans les zones centrales. Le rendement brut sera donc rarement supérieur à 3 % dans les arrondissements de prestige, au mieux 4–5 % dans les quartiers périphériques moins chers.

Du brut au net : ce qu’il reste vraiment dans la poche

Les annonces et portails japonais mettent volontiers en avant la « surface yield » (hyōmen rimawari), c’est-à-dire le rendement brut. Pourtant, ce n’est pas ce chiffre qui compte pour l’investisseur, mais le rendement net, une fois déduits l’ensemble des frais récurrents, la fiscalité et la vacance.

L’expérience du marché japonais montre que, dans la pratique, le rendement net se situe typiquement 1,5 à 2,5 points en dessous du rendement brut, ou encore à 55–70 % de ce dernier. Autrement dit :

– un bien à 3 % brut dans le centre de Tokyo produit souvent 1,7 à 2,1 % net ;

– un bien à 5 % brut en ville régionale tourne autour de 2,8 à 3,5 % net ;

– un bien à 7 % brut en banlieue ou dans un immeuble ancien tournera plutôt à 3,9 à 4,9 % net, au prix d’un risque accru (vacance, maintenance).

Les principaux postes de coûts

Pour un condominium loué en longue durée à Tokyo, les postes suivants grignotent le rendement :

Frais et charges liés à un investissement locatif au Japon

Principaux postes de dépenses à prévoir pour un propriétaire bailleur au Japon : charges de copropriété, gestion, taxes, assurances, vacance locative et entretien courant.

Charges de copropriété et fonds travaux

En moyenne 27 000 ¥ par mois (324 000 ¥ par an), absorbant 13–14 % d’un loyer à 200 000 ¥, et 25–30 % d’un loyer 1K à 90 000 ¥.

Frais de gestion locative

4 à 6 % du loyer mensuel, soit 8 000 à 12 000 ¥ par mois pour un loyer de 200 000 ¥.

Taxe foncière et d’urbanisme

Environ 0,25 à 0,45 % de la valeur de marché par an, soit 250 000 à 450 000 ¥ pour un bien à 100 M¥.

Assurance propriétaire

Entre 20 000 et 60 000 ¥ par an selon la couverture (incendie, séisme, etc.).

Vacance locative

Prévoir une réserve de 5 à 8 % des loyers bruts pour 1 à 2 mois de vacance tous les quelques années (taux d’occupation > 96 % à Tokyo).

Entretien courant

1 à 2 % du loyer annuel pour réparations, petits travaux et remplacements (climatisation, électroménager).

En agrégeant ces items, les guides d’investissement locaux recommandent d’appliquer une règle simple : rendement net ≈ rendement brut × 0,55–0,70. C’est un ordre de grandeur qui colle bien aux données 2025–2026 pour Tokyo.

Cas de figure : un 1K à Shinjuku et un 1K à Adachi

Pour mesurer ce que rapporte concrètement un appartement, on peut comparer deux cas stylisés, en s’appuyant sur les fourchettes de prix et de loyers observées :

1. 1K standard à Shinjuku (quartier central, forte demande)

Prix d’achat : 30 M¥ (dans la fourchette 20–40 M¥ pour un 1K à Shinjuku)

Loyer mensuel : 120 000 ¥ (milieu de fourchette 80 000–140 000 ¥)

– Loyer annuel brut : 1 440 000 ¥

Rendement brut : 1 440 000 ÷ 30 000 000 = 4,8 %

Astuce :

En appliquant la règle 0,55–0,70 pour passer au net.

Rendement net estimé : entre 2,6 % et 3,4 %

Dans un scénario médian à 0,6 :

– Rendement net ≈ 4,8 % × 0,6 = 2,9 %

Ce niveau peut paraître modeste, mais il s’accompagne d’une vacance très faible (quartier hyper central) et d’une bonne liquidité à la revente.

2. 1K dans Adachi (arrondissement extérieur, plus risqué mais plus rentable)

Prix d’achat : 12 M¥ (dans la fourchette 8–16 M¥)

Loyer mensuel : 65 000 ¥ (milieu de 50 000–75 000 ¥)

Loyer annuel brut : 780 000 ¥

Rendement brut : 780 000 ÷ 12 000 000 = 6,5 %

En appliquant la même règle :

Rendement net estimé : entre 3,6 % et 4,5 %

Même avec une petite vacance supplémentaire et quelques travaux, on reste, dans ce profil extérieur, au-dessus du rendement net typique d’un 1K central, au prix d’un risque de revente plus élevé et d’une clientèle un peu plus fragile.

Tokyo face au reste du Japon : rendement contre valorisation

Au niveau national, les études de 2025 fixent le rendement locatif brut moyen du Japon aux alentours de 4,3–4,5 %, tandis que Tokyo tourne autour de 3,3–3,6 % seulement. Certaines villes régionales, comme Fukuoka ou Sapporo, affichent des rendements bruts de près de 5 % sur le résidentiel, pouvant monter à 6–8 % sur des immeubles multi-logements en structure bois.

Autrement dit, Tokyo n’est pas l’endroit où l’on obtient le rendement brut le plus élevé, loin de là. Mais c’est là qu’on trouve :

la meilleure liquidité à la revente,

la vacance la plus faible,

– et surtout, la plus forte dynamique de prix sur les dix dernières années.

30

Les prix des condominiums neufs à Tokyo ont augmenté d’environ 30 % en 12 mois sur la période 2025-2026.

Pour un investisseur, cela signifie que le rendement locatif n’est qu’une partie de l’équation. Tokyo rémunère la patience par :

un flux de loyers relativement sûr, même si peu spectaculaire en pourcentage,

un potentiel d’appréciation du capital non négligeable, encore jugé « modéré mais solide » pour les prochaines années.

Comment la hausse des taux et des prix rebat les cartes

Un élément clé du contexte 2026 est la remontée graduelle des taux d’intérêt et des rendements obligataires au Japon. Le rendement de l’obligation d’État à 10 ans s’est hissé à 2,7 % au printemps 2026, un niveau inédit depuis des décennies. Dans le même temps, les cap rates (taux de capitalisation) de l’immobilier prime – bureaux comme résidentiel – restent, pour l’instant, autour de 3–3,5 %.

Attention :

Historiquement, les investisseurs exigeaient un surcroît de rendement de 170 à 200 points de base par rapport aux obligations d’État pour un bureau de catégorie A à Tokyo. En 2026, cette prime s’est fortement comprimée, certains segments résidentiels ou de bureaux se négociant à des rendements proches de l’OAT japonaise.

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les investisseurs continuent pourtant de se positionner :

afflux massif de capitaux vers le marché japonais, jugé « refuge » en Asie ;

fondamentaux locatifs solides (vacance très faible, croissance des loyers au-dessus de l’inflation dans certains segments) ;

attentes d’inflation légèrement plus élevées à moyen terme, qui soutiennent les hausses de loyers.

30 %

Augmentation des prix des appartements neufs dans les 23 arrondissements de Tokyo et à Osaka sur les douze mois achevés en mars 2026

Cette envolée des prix a complètement renversé l’arbitrage achat vs location pour les ménages. Les calculs récents montrent que, en 2026, louer coûte en moyenne 40 % moins cher que de rembourser un crédit immobilier pour le même logement dans les 23 arrondissements. Cette situation nourrit la demande locative et pousse les loyers à la hausse, tout en comprimant davantage le rendement brut pour les nouveaux acheteurs.

Où chercher du rendement dans Tokyo en 2026 ?

Si l’on se place du point de vue d’un investisseur dont l’objectif principal est le cash-flow, certaines zones de Tokyo sont nettement plus attractives que d’autres.

Studios et petits 1K : le meilleur rapport rendement / demande

Toutes les analyses convergent : les studios, 1R, 1K et petits 1LDK sont la catégorie qui offre, à Tokyo, les meilleurs rendements bruts, en particulier dans les quartiers :

à forte concentration d’étudiants (Bunkyo, Shinjuku autour de Waseda/Takadanobaba),

disposant de grands hubs de transport (Ikebukuro à Toshima, Shinagawa),

– ou dans les arrondissements périphériques bien desservis (Adachi près de Kita-Senju, Katsushika, Edogawa, Itabashi).

Les studios et 1 chambre atteignent typiquement 3,5–4,2 % de rendement brut dans la plupart des quartiers, tandis que les 2 chambres se situent vers 3,2–3,8 %, et les 3 chambres retombent souvent entre 2,8 et 3,5 %.

En net, sur un investissement bien structuré, cela signifie :

2-3

Le rendement net pour un studio ou 1K dans les zones centrales est d’environ 2 à 3 %.

Les arrondissements « sweet spot » : Koto, Sumida, Kita, Itabashi

Parmi les 23 arrondissements, certains combinent encore, en 2026, un niveau de prix raisonnable, une demande locative robuste et un rendement brut respectable :

Koto : fortes infrastructures (Toyosu, Shinonome), nombreuses lignes de transport, rendements bruts de 5–6,5 % pour les studios / 1K ;

Sumida : bonne desserte, loyers encore abordables, rendements comparables à Koto ;

Kita : amélioration des transports, position de « value play », rendements pouvant atteindre 7 % sur les petits lots ;

Itabashi : prix bas, bons trains vers le centre, mais trajet plus long ; rendements 5,5–7 % bruts.

Ces secteurs se situent au croisement recherché par les investisseurs orientés cash-flow : rendements supérieurs à 4–5 %, vacance contenue grâce à la proximité de lignes importantes, et liquidité raisonnable à la revente.

Haute rentabilité, haut risque : Adachi, Katsushika, Edogawa, Nerima

Les arrondissements extérieurs comme Adachi, Katsushika, Edogawa et Nerima affichent régulièrement des rendements bruts de 6 à 8 % sur les studios et 1K. Les loyers y restent ancrés par des liaisons ferroviaires vers le centre, tandis que les prix d’achat demeurent considérablement plus bas que dans la ceinture centrale.

Attention :

Ces secteurs sont cités comme zones de rendement élevé dans plusieurs études, mais les mises en garde suivantes reviennent systématiquement.

vacance plus fréquente, surtout dans les immeubles anciens ou éloignés de la gare ;

– pouvoir d’achat des locataires plus fragile ;

revente plus difficile en cas de retournement de marché ou de baisse de la population.

Pour un investisseur étranger débutant, la recommandation la plus souvent avancée est de ne pas courir immédiatement après les 7–8 % bruts, mais de se concentrer sur un 1R / 1K ou petit 1LDK dans un arrondissement de ceinture (Koto, Toshima, Bunkyo, Shinagawa, Meguro) à 5–6 % brut quand c’est possible, ou autour de 3,5–4 % brut dans un arrondissement central très liquide.

Quel profil de rendement attendre en 2026 ?

En agrégeant toutes les données de 2025–2026, on peut esquisser des ordres de grandeur réalistes pour un appartement à Tokyo, selon la zone et le type de bien.

Profils types de rendement brut et net

Profil de bien (Tokyo 23 arr.)Rendement brut typiqueRendement net typique (approx.)
Studio / 1K en arrondissement prestige (Minato, Shibuya, Chiyoda)3,0 – 4,0 %1,7 – 2,5 %
Studio / 1K en ceinture résidentielle centrale (Shinjuku, Bunkyo, Meguro, Shinagawa)4,0 – 5,5 %2,2 – 3,5 %
Studio / 1K en arrondissement moyen / mid-ring (Koto, Sumida, Kita, Toshima, Itabashi)5,0 – 6,5 %2,8 – 4,3 %
Studio / 1K en arrondissement extérieur haut rendement (Adachi, Katsushika, Edogawa, Nerima)6,0 – 8,0 %3,3 – 4,8 %
2LDK–3LDK en centre prime2,5 – 3,5 %1,5 – 2,2 %
2LDK–3LDK en ceinture / extérieur3,5 – 5,5 %2,0 – 3,5 %

Ces chiffres supposent une gestion via une agence (4–6 % de frais), des charges de copropriété dans la moyenne tokyoïte, une vacance limitée à quelques semaines tous les deux ou trois ans, et une fiscalité neutre (sans levier ni optimisation extrême).

Central vs périphérique : une question de stratégie, pas seulement de pourcentage

Il est tentant de répondre à la question « combien rapporte un appartement à Tokyo en 2026 » par un simple chiffre de rendement. Mais en réalité, la réponse dépend du compromis accepté entre :

rendement courant (cash-flow locatif),

sécurité locative (vacance, niveau de loyer résilient),

potentiel de plus-value,

liquidité à la revente.

3-3,5

Les rendements bruts dans les quartiers centraux de Tokyo descendent entre 3 et 3,5 % sur les petits lots.

En périphérie, un studio peut afficher 6–7 % brut, voire plus dans un immeuble ancien ; mais la probabilité de rester plusieurs mois sans locataire, ou de devoir baisser le loyer pour remplir, est plus élevée. Et la revente peut se révéler lente, particulièrement si la démographie locale se dégrade.

Et pour un investisseur étranger : que reste-t-il après impôts ?

À la mécanique japonaise des charges s’ajoute, pour un non-résident, la question cruciale de la fiscalité. Un propriétaire non-résident qui loue un appartement à Tokyo est soumis, en principe, à une retenue à la source de 20,42 % sur les loyers bruts (20 % d’impôt national + 0,42 % de surtaxe de reconstruction), lorsque le locataire est une société ou lorsqu’un gestionnaire perçoit les loyers pour son compte.

Exemple :

Cette retenue est prélevée avant déduction des charges. Elle peut être régularisée via une déclaration annuelle pour récupérer une partie de l’impôt selon les dépenses réelles (charges de copropriété, intérêts d’emprunt, travaux, taxe foncière, frais de gestion, amortissement). Tant que la déclaration n’est pas faite, le cash-flow mensuel est amputé d’un cinquième.

Deux nuances importantes :

Bon à savoir :

La retenue de 20,42 % ne s’applique pas si le locataire est un particulier occupant le logement comme résidence personnelle ; le propriétaire perçoit alors l’intégralité du loyer et doit déclarer l’impôt. Les résidents fiscaux au Japon, y compris les étrangers titulaires d’un titre de séjour, sont également exonérés de cette retenue et déclarent leurs revenus fonciers dans leur déclaration globale, avec des taux progressifs pouvant dépasser 40 % pour les plus hauts revenus.

En pratique, pour un petit investisseur non-résident, l’effet combiné des charges et de la fiscalité conduit souvent à un rendement net final de l’ordre de 5–15 % du revenu net, une fois la retenue remboursée partiellement via la déclaration. Rapporté au prix d’achat, cela ramène le rendement net après impôt dans une fourchette de 2 à 3 % pour un appartement moyen à Tokyo, parfois un peu plus dans les arrondissements extérieurs.

Comment Tokyo devrait évoluer après 2026 ?

Les projections pour 2026–2030 décrivent un marché en phase de polarisation plutôt que de ralentissement brutal. D’un côté, les arrondissements centraux et les grandes métropoles régionales continuent d’attirer les capitaux, avec des loyers et des prix qui grimpent encore, mais à un rythme plus modéré que la flambée 2024–2025. De l’autre, les banlieues vieillissantes et les zones rurales sans moteur économique voient leur parc vacant s’alourdir, ce qui pèse sur les valeurs et les loyers.

Pour Tokyo, plusieurs éléments jouent en faveur d’une poursuite de la hausse des loyers :

Marché locatif à Paris : facteurs clés

Les éléments structurels qui soutiennent la demande et limitent l’offre dans la capitale

Offre neuve limitée

Les mises en chantier de condos dans les 23 arrondissements restent inférieures à la moyenne historique, avec une baisse anticipée de l’offre en 2026.

Taux de vacance bas

La vacance résidentielle oscille entre 3 et 5 %, avec des taux d’occupation frôlant les 97 %.

Flux migratoires internes

Paris attire actifs et étudiants depuis le reste du pays, soutenant la demande locative, surtout sur les petits logements.

Politique monétaire accommodante

Malgré la hausse, les taux restent très bas en termes réels comparés à de nombreuses économies occidentales.

Les projections de plusieurs cabinets indiquent que les loyers dans les cinq arrondissements centraux (C5W) devraient croître de 5 à plus de 6 % par an dans les prochaines années, tandis que le reste des 23 arrondissements verrait une progression plus modérée mais positive.

Bon à savoir :

Dans les zones prime, les rendements bruts sont attendus en légère compression car les prix d’achat montent plus vite que les loyers. Dans les arrondissements moyens et extérieurs, la hausse des loyers peut améliorer les rendements pour les biens achetés avant 2024-2025, mais les nouveaux acheteurs subiront des prix d’acquisition ajustés à la hausse.

En résumé : combien rapporte un appartement à Tokyo en 2026 ?

Si l’on cherche à donner des ordres de grandeur concrets, on peut résumer de la façon suivante ce que rapporte, typiquement, un appartement loué en longue durée dans les 23 arrondissements :

Appartement petit (studio / 1K / 1LDK) dans un arrondissement central de prestige Rendement brut : 3–4 % Rendement net avant impôt : 1,7–2,5 % Profil : faible vacance, forte liquidité, bonne perspective de plus-value, flux de loyers modeste.

Petit appartement dans un arrondissement de ceinture résidentielle centrale (Shinjuku, Bunkyo, Meguro, Shinagawa, Toshima, Koto) Rendement brut : 4–6 % selon la micro-localisation Rendement net avant impôt : 2,5–3,8 % Profil : compromis équilibré entre rendement, demande locative et liquidité.

Petit appartement dans un arrondissement périphérique à haut rendement (Adachi, Katsushika, Edogawa, Nerima, Itabashi) Rendement brut : 6–8 % Rendement net avant impôt : 3,5–5 % Profil : bon cash-flow potentiel, mais vacance plus risquée, revente plus incertaine, dépendance aux transports.

2,5–4,5

Le rendement brut pour un appartement familial dans les 23 arrondissements varie entre 2,5 et 4,5 % selon la zone.

Pour un investisseur qui regarde au-delà de la seule année 2026, la question n’est donc pas uniquement : « combien rapporte mon appartement cette année ? », mais plutôt : quel couple rendement immédiat / valorisation du capital suis-je prêt à accepter ? Dans Tokyo, le rendement locatif pur est modéré, parfois faible ; en revanche, la combinaison de loyers en hausse, de vacance basse et de perspectives de prix encore positives fait de la capitale japonaise un marché avant tout patrimonial, sur lequel la discipline financière et la sélection fine de la localisation font la différence entre un investissement simplement « correct » et un actif capable de bien traverser la prochaine décennie.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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