Le processus d’achat immobilier pour les étrangers au Guatemala

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un bien immobilier à l’étranger est toujours un mélange d’opportunités et d’inquiétudes. Le Guatemala ne fait pas exception : le pays attire de plus en plus d’investisseurs pour ses prix encore accessibles, ses rendements locatifs intéressants et son coût de la vie inférieur à celui de l’Amérique du Nord ou de l’Europe. Mais le marché repose sur un système juridique de droit civil, des registres parfois incomplets et des restrictions géographiques complexes que les étrangers doivent absolument comprendre avant de signer quoi que ce soit.

Bon à savoir :

Cet article détaille le processus étape par étape pour les étrangers souhaitant acheter un bien immobilier au Guatemala. Il fournit les dernières données juridiques, fiscales et de marché pour servir de base solide à un dialogue avec des professionnels locaux et éviter les pièges courants. Il ne remplace pas un avocat, mais vise à préparer et informer l’acheteur.

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Peut-on vraiment acheter en tant qu’étranger au Guatemala ?

Pour un investisseur étranger, la première bonne nouvelle est simple : la loi guatémaltèque autorise les non-résidents à acheter et détenir la plupart des types de biens immobiliers. Il n’est pas nécessaire d’être résident, ni citoyen, ni même de séjourner longtemps dans le pays pour devenir propriétaire. Un simple passeport en règle et un numéro fiscal local (NIT) suffisent pour figurer légalement au registre de la propriété.

Astuce :

Au Guatemala, les étrangers bénéficient des mêmes droits de propriété que les citoyens nationaux. Cela inclut le droit de vendre, louer, hypothéquer, développer un terrain et de le transmettre par héritage. Il n’existe pas de seuil minimal d’investissement imposé par l’État pour l’achat d’un bien immobilier, et la législation ne distingue pas les acheteurs en fonction de leur pays d’origine.

En revanche, posséder un logement au Guatemala n’ouvre pas automatiquement la porte à la résidence. Propriété et immigration sont deux régimes séparés : on peut détenir un immeuble sans jamais obtenir de carte de séjour, et inversement être résident sans être propriétaire.

Les grandes restrictions géographiques : frontières, côtes et bords de l’eau

Derrière ce principe très libéral se cachent des limites lourdes, souvent mal comprises par les acheteurs étrangers. La Constitution guatémaltèque, complétée par la Loi sur les zones de réserve territoriale de l’État (Décret 126-97), protège plusieurs bandes de territoire stratégiques où la propriété étrangère directe est interdite ou fortement encadrée.

Zones frontalières et côtières

La règle générale peut se résumer ainsi : un étranger ne peut pas posséder directement un terrain situé trop près des frontières internationales ou du littoral. Les textes et les sources évoquent plusieurs rayons, mais la logique est constante : protéger les zones sensibles.

On retrouve notamment l’idée d’une bande interdite dans un rayon de 3 km le long des frontières internationales et d’une zone de 50 km à partir des côtes. Dans ces secteurs, un étranger ne peut pas figurer personnellement comme propriétaire direct au registre. Pour y investir, il doit s’appuyer sur une structure locale (société guatémaltèque) ou sur des mécanismes particuliers.

Propriétés en bord de mer, de lac ou de rivière : le rôle d’OCRET

Les restrictions sont encore plus strictes pour les terrains donnant sur des plans d’eau, gérés dans le cadre de la « réserve territoriale de l’État ». Sont visés :

3, 200, 100, 50

Ces chiffres représentent, en mètres, les rayons de protection réglementaires le long des côtes océaniques, des lacs, des rivières navigables et autour des sources d’eau potable.

Dans ces zones, le principe est clair : la propriété privée classique est écartée au profit d’un régime de contrôle public. L’organisme OCRET (Oficina de Control de Áreas de Reserva Territorial del Estado) administre ces terrains. Concrètement, un étranger ne peut pas les acheter et en détenir le titre en son nom propre ; tout au plus peut-il signer un contrat de location de longue durée (arrendamiento) avec OCRET.

Attention :

La location de terrains dans la réserve territoriale implique une redevance annuelle modeste (souvent < 100 USD), mais un non-paiement peut entraîner la confiscation du droit d'usage par l'État. Pour les acheteurs de maisons les pieds dans l'eau (lac Atitlán, océan Pacifique), il est crucial de vérifier si le terrain relève de cette réserve.

Utiliser une société guatémaltèque (S.A.) pour contourner les limites

Face à ces restrictions, la pratique courante consiste à recourir à une société locale, la célèbre Sociedad Anónima (S.A.). Sur le plan juridique, il s’agit d’une personne morale guatémaltèque, autorisée à posséder des biens même dans des zones où l’étranger, en tant qu’individu, ne le pourrait pas directement.

La création d’une S.A. coûte en général entre 1 000 et 1 800 USD et prend quelques semaines. Au-delà de l’accès à certaines zones, cette structure offre aussi des avantages de responsabilité limitée et peut faciliter l’organisation d’un portefeuille de plusieurs biens ou d’activités locatives.

Cet outil n’est toutefois pas une baguette magique : s’il permet de tenir le titre dans des zones restreintes, certaines bandes de réserve gérées directement par OCRET restent, en pratique, soumises à des baux et non à une pleine propriété. Là encore, seul un avocat local expérimenté peut confirmer ce qui est réellement possible pour un terrain donné.

Acheter ne donne pas la résidence : comment les deux mondes se croisent

L’achat d’un appartement à Guatemala City ou d’une maison coloniale à Antigua ne déclenche, à lui seul, aucun statut de résident. Pour rester au-delà de la durée d’un visa touristique (en général 90 jours), il faut s’inscrire dans un autre cadre : regroupement familial, visa de retraité (Pensionado), de rentier (Rentista), contrat de travail, ou encore résidence d’investisseur.

Bon à savoir :

Le pays propose un programme de résidence temporaire renouvelable via un investissement d’au moins 100 000 USD dans un actif productif (immobilier, entreprise, obligations d’État, etc.), et non un achat pour usage personnel. Après environ cinq ans de résidence légale effective, il est possible d’obtenir la résidence permanente puis la nationalité.

Pour les personnes qui envisagent le Guatemala comme projet de vie à long terme, il est essentiel d’aborder très tôt, avec un avocat spécialisé en immigration, la question du type de résidence adapté, plutôt que de supposer qu’un acte de propriété suffira.

Les acteurs clés : agent, avocat, notaire

Le système immobilier guatémaltèque est beaucoup moins structuré qu’en Amérique du Nord ou en Europe. Il n’existe pas de MLS national ni de standardisation stricte des pratiques d’agent. De ce fait, la qualité du réseau de professionnels autour de l’acheteur est déterminante.

Le rôle de l’agent immobilier

Les agences et les agents ne sont pas coordonnés par une base de données unique. Chacun gère ses propres annonces, en mandat exclusif la plupart du temps. Il est donc courant de devoir contacter plusieurs agences pour obtenir une vision fidèle du marché dans un quartier donné. Mieux vaut privilégier des agences établies de longue date, actives dans les zones prisées par les expatriés (Antigua, zones 10, 14, 15 de Guatemala City, lac Atitlán, etc.).

Exemple :

Dans une transaction immobilière, la commission (généralement de 3 à 6 % du prix) est habituellement payée par le vendeur, rendant l’agent théoriquement gratuit pour l’acheteur. Cependant, cela implique que l’agent reste juridiquement le mandataire du vendeur. Un acheteur étranger a donc intérêt à ne pas se fier exclusivement à cet agent, particulièrement pour les vérifications juridiques et fiscales, et devrait envisager un conseil indépendant.

L’avocat et le notaire : la pièce maîtresse

Au Guatemala, tout transfert immobilier doit passer par un notaire public (notario), qui est nécessairement un avocat. Cette double casquette prête parfois à confusion pour les étrangers : la personne qui rédige l’acte final, authentifie les signatures et procède aux formalités d’enregistrement est presque toujours un juriste diplômé.

L’avocat-notaire intervient à toutes les étapes critiques :

Services de transaction immobilière

Ensemble des démarches juridiques et administratives essentielles pour sécuriser l’achat d’un bien au Mexique.

Vérification légale

Examen de la chaîne de titres au Registre général de la propriété et contrôle des hypothèques, gages, servitudes et arriérés d’impôts locaux.

Rédaction des actes

Préparation du contrat de promesse de vente et de l’escritura pública (acte de vente définitif).

Gestion fiscale

Calcul et paiement des taxes de transfert applicables à la transaction.

Enregistrement

Dépôt de l’acte définitif au registre et suivi de son inscription officielle.

Mise à jour administrative

Actualisation des informations auprès des autorités fiscales (SAT) et de la mairie.

Les honoraires juridiques se situent généralement autour de 1 à 2 % de la valeur du bien pour l’ensemble du processus, auxquels peuvent s’ajouter des frais fixes (recherches, certifications, traductions). Souvent, l’acheteur choisit et rémunère le notaire. Dans des cas complexes ou lorsque la confiance est limitée, il n’est pas rare que chaque partie ait son propre conseil et que les deux notaires coopèrent pour boucler l’acte.

Pour un acheteur qui ne parle pas espagnol, la présence d’un traducteur assermenté est obligatoire au moment de la signature afin que le notaire puisse certifier que le contenu de l’acte a été clairement expliqué et compris.

Les documents indispensables pour acheter

Au-delà du passeport, la documentation exigée pour un achat immobilier est dense. Elle répond à la fois à des impératifs de droit civil et à des obligations fiscales et de lutte contre le blanchiment.

L’acheteur devra notamment fournir :

un passeport valide

un numéro d’identification fiscale guatémaltèque (NIT), que l’avocat peut obtenir auprès de la SAT

– un pouvoir notarié, apostillé si signé à l’étranger, lorsqu’il n’est pas présent lors de la signature

– parfois des justificatifs de revenus ou de provenance des fonds (exigences bancaires et anti-blanchiment)

Côté bien immobilier, le dossier complet inclut au minimum : les informations nécessaires sur le bien, les diagnostics immobiliers, les documents juridiques, les attestations fiscales et les contrats de location le cas échéant.

Documents de propriété et cadastre

Documents essentiels pour vérifier la situation légale et fiscale d’un bien immobilier, nécessaires lors d’une transaction.

Titre de propriété actuel

Document inscrit au Registre général de la propriété attestant de la titularité du bien.

Certificat de titre récent

Confirme l’absence ou la présence d’hypothèques et de charges sur le bien.

Déclarations fiscales

Fournissent la valeur cadastrale du bien et l’historique des taxes payées.

Certificat de solvabilité municipale

Atteste de l’absence d’arriérés d’impôts locaux pour le bien.

Certificat cadastral

Rappelle les limites officielles et la superficie exacte de la parcelle.

Dans certaines régions, la modernisation des registres reste incomplète, surtout en zone rurale. Une recherche de titres approfondie, sur 30 ans d’historique ou plus, est fortement recommandée pour détecter des ventes antérieures irrégulières, des héritiers oubliés ou des empiètements de frontières.

Les grandes étapes du processus d’achat

Même si chaque transaction a ses particularités, le schéma général d’un achat immobilier au Guatemala suit une logique assez stable, que l’on peut découper en plusieurs phases.

1. Sélection du bien et négociation

La première phase consiste à identifier la propriété, souvent avec l’aide d’un agent ou via des sites d’annonces. Dans les zones les plus demandées (Antigua, zones 10 et 14 de la capitale, lac Atitlán, Cayalá), on trouve une offre allant de l’appartement moderne à la maison coloniale ou à la villa avec vue.

Les négociations sont fréquentées marquées par une certaine méfiance culturelle envers les étrangers. Les prix affichés sont souvent négociables : les données de marché montrent que des biens sur le marché depuis plus de six mois peuvent se vendre 25 à 30 % en dessous du prix demandé initialement. Le paiement comptant, très courant (environ 85 % des transactions impliquant des étrangers), offre un pouvoir de négociation supplémentaire.

2. Contrat de promesse et dépôt

Une fois l’accord de principe trouvé, avocat et notaire rédigent un contrat préliminaire, souvent appelé Promesa de Compra-Venta ou Contrato de Promesa. Ce document fixe :

le prix et la devise de paiement (souvent USD, même si la monnaie officielle est le quetzal)

les délais de signature de l’acte définitif

– les conditions suspensives (obtention d’un financement, absence de charges, régularisation de tel document, etc.)

– la répartition des taxes et frais

À cette étape, un dépôt, généralement autour de 10 % du prix, est versé. Dans un schéma sécurisé, il est placé sur un compte d’escrow ou un compte de fiducie géré par l’avocat, plutôt que directement chez le vendeur. Le contrat prévoit en principe ce qui arrive à ce dépôt si l’une des parties se retire sans motif légitime.

3. Due diligence juridique, technique et fiscale

Pendant la période entre promesse et acte, l’avocat déploie une due diligence complète, clé de voûte de la sécurité de l’opération. Elle comprend notamment :

Astuce :

Avant d’acquérir un terrain, plusieurs vérifications légales et techniques sont cruciales. Il faut d’abord rechercher les titres de propriété au registre pour confirmer l’identité du propriétaire, les limites exactes du bien et l’absence d’hypothèques non déclarées. Ensuite, contrôler la situation fiscale, incluant le paiement de la taxe foncière (IUSI), d’éventuels arriérés, et la correspondance entre la valeur cadastrale et la valeur déclarée. Il est impératif de vérifier que le terrain n’est pas de type ejido (terre communale indigène non privatisable) ou régi par un titre informel non reconnu. Il faut également contrôler les zonages en vigueur, les autorisations d’urbanisme et, le cas échéant, la validité des licences de construction existantes. Enfin, réaliser un relevé cadastral ou un nouveau bornage est nécessaire pour s’assurer que les limites indiquées sur les documents correspondent précisément au terrain physique.

Sur le plan physique, inspecter le bien, idéalement pendant la saison des pluies (de mai à octobre), permet de détecter infiltrations, défauts de drainage ou risques d’érosion qu’une visite en saison sèche ne révèle pas.

4. Signature de l’acte (Escritura Pública) et paiement

Lorsque toutes les vérifications sont satisfaisantes, le notaire prépare l’acte public. Celui-ci reprend l’ensemble des informations légales : description du bien, prix, identité des parties, origine de propriété, mode de paiement, déclarations fiscales, etc.

La signature a lieu devant le notaire, en présence d’un traducteur assermenté si nécessaire. Le paiement du solde doit être parfaitement coordonné : souvent, les fonds sont transférés sur un compte en fiducie et débloqués dès que l’acte est signé et que les documents requis pour l’enregistrement sont remis.

À ce moment, l’acheteur et/ou le notaire s’acquittent des taxes de transfert, des frais de registre et des honoraires.

5. Enregistrement au Registre général de la propriété

L’acte signé n’a plein effet opposable qu’une fois inscrit au Registro General de la Propiedad. Le notaire dépose l’escritura, qui est examinée puis transcrite officiellement. Cette inscription est l’étape qui fait de l’acheteur le propriétaire reconnu par le système public.

15 à 30

Le délai d’enregistrement standard est généralement de 15 à 30 jours, pouvant s’étendre en cas de dossier complexe ou de registre engorgé.

Une fois l’inscription effectuée, l’acheteur reçoit une copie certifiée de l’acte portant la mention d’enregistrement, qui constitue la preuve ultime de sa propriété.

6. Mise à jour fiscale et administrative

Après l’enregistrement, il reste plusieurs démarches administratives :

signaler le changement de propriétaire à la SAT (Superintendencia de Administración Tributaria) pour l’impôt foncier IUSI

– mettre à jour les registres municipaux pour les services (eau, collecte des déchets, éventuellement sécurité privée)

transférer les contrats d’électricité, d’eau, de gaz ou d’internet au nom du nouvel occupant

Ces formalités, souvent perçues comme secondaires, sont pourtant cruciales : des taxes foncières ou redevances de services non payées peuvent générer des pénalités et des intérêts, voire des procédures de saisie à long terme.

Combien coûte réellement un achat immobilier ?

Le prix d’achat n’est qu’une partie de l’équation. L’acquéreur étranger doit intégrer dans son budget l’ensemble des impôts, taxes et honoraires dus au moment du transfert, puis les coûts récurrents de détention.

Les principaux coûts de transaction

Le tableau suivant résume les principaux postes, tels qu’ils ressortent des textes et des pratiques usuelles :

Poste de coûtQui paie ?Base de calculTaux / ordre de grandeur
Taxe de transfert (revente) / Timbres fiscauxAcheteurValeur déclarée du bien (revente)En pratique ~3 % pour un bien de seconde main
TVA sur bien neufAcheteurValeur du bien neuf (1ère vente)12 %
Frais d’enregistrement au registreAcheteurValeur déclaréeEnviron 0,15 %
Honoraires de notaire et avocatAcheteurValeur du bienEnviron 1 à 3 % (souvent autour de 1–2 %)
Droit de timbre complémentaireAcheteurValeur déclaréeEnviron 0,3 %
Commission d’agent immobilierVendeur (en général)Prix de vente3 à 6 %

Sur un exemple simple de maison de revente à 100 000 USD, certaines analyses chiffrent le coût global de transfert autour de 4 150 USD (environ 4,15 %) dans un cas standard. Pour un bien neuf au même prix, l’application de la TVA de 12 % fait bondir la facture proche de 13 150 USD, soit plus de 13 %.

Les estimations plus globales, tenant compte des diverses configurations, font varier le coût total d’acquisition pour l’acheteur entre environ 2,5 % et jusqu’à 17 % du prix, selon la nature du bien (neuf ou ancien), la structure utilisée et la hauteur des honoraires.

Impôts récurrents : IUSI et autres charges

Une fois propriétaire, le principal impôt à considérer est l’IUSI (Impuesto Único Sobre Inmuebles), une taxe foncière annuelle basée sur la valeur cadastrale, généralement inférieure à la valeur de marché (souvent 50 à 80 % du prix réel).

Exemple :

Un exemple concret d’application du barème progressif de l’IUSI, dont les taux vont de 0 % à 0,9 %, est celui d’une maison d’une valeur de marché d’environ 100 000 USD. Pour cette propriété, l’impôt annuel dû se situe généralement entre 600 et 900 USD, selon la valeur cadastrale spécifique qui est retenue pour le calcul.

À cela peuvent s’ajouter de petites redevances municipales pour la collecte des déchets ou d’autres services locaux, souvent dans une fourchette de 6,50 à 39 USD par an selon la commune.

En cas de non-paiement, des pénalités démarrent à 2–5 % le premier mois, avec un intérêt additionnel mensuel de 1 à 2 %. Au bout de deux à trois ans d’arriérés, la municipalité peut inscrire une hypothèque légale sur le bien et, à terme, engager une procédure de saisie. Des plans d’échelonnement sont parfois négociables.

Fiscalité de la location et de la revente

Pour les investisseurs, deux autres volets fiscaux sont décisifs : l’impôt sur les loyers et la taxation de la plus-value.

Sur les revenus locatifs, le traitement diffère selon que le propriétaire est résident fiscal guatémaltèque ou non-résident.

Sources fiscales guatémaltèques

– pour un non-résident, imposition typique de 15 % du loyer brut (dans certains textes, 25 % du revenu net après déductions documentées pour des résidents)

– les résidents peuvent choisir entre une imposition simplifiée sur le revenu brut (5 % à 7 %) ou 25 % sur le revenu net, sous conditions et justificatifs

La TVA de 12 % s’applique en outre sur les loyers (notamment en location commerciale ou professionnelle), calculée sur le loyer brut et les éventuels frais financiers.

Pour les plus-values, la règle est plus simple : la différence entre le prix de vente et le coût d’acquisition (augmenté des travaux d’amélioration documentés) est taxée à un taux fixe de 10 %, payé par le vendeur. Il est possible de constater une perte en capital et de l’imputer sur des gains futurs sur une période allant jusqu’à deux ans.

Financer son achat : mission quasi impossible ou simple formalité ?

L’une des surprises pour les étrangers habitués aux marchés très bancarisés est la rareté du crédit hypothécaire accessible aux non-résidents. Historiquement, la majorité des transactions au Guatemala se font au comptant, et cela reste très vrai pour les acheteurs étrangers.

Crédits bancaires locaux : conditions et obstacles

Quelques grandes banques guatémaltèques – Banco Industrial, Banco G&T Continental, Banco de los Trabajadores – acceptent parfois de financer des étrangers, mais aux conditions suivantes :

Bon à savoir :

Pour obtenir un crédit immobilier au Guatemala, il faut généralement un apport personnel représentant 30 à 50 % du prix du bien. Les taux d’intérêt se situent entre 6 et 12 %, selon la durée et le profil de l’emprunteur, pour des maturités courtes, comprises entre 10 et 20 ans. Les banques exigent une preuve de revenus stables, un historique de crédit satisfaisant (parfois dans le pays d’origine), une résidence légale au Guatemala et, fréquemment, un identifiant local (DPI).

Le processus inclut souvent une phase d’instruction de l’ordre de huit jours ouvrables après dépôt du dossier complet, puis la réalisation d’une expertise professionnelle du bien, à la charge de l’emprunteur.

Face à ces exigences, nombre d’étrangers se voient refuser un crédit, ou jugent les conditions trop contraignantes.

Alternatives : financement vendeur, crédit à l’étranger, achat comptant

Les solutions de remplacement sont donc très fréquentes :

Modes de financement pour l’immobilier à l’étranger

Différentes solutions pour financer l’acquisition d’un bien immobilier à l’étranger, adaptées aux contextes locaux et aux projets des acheteurs.

Financement vendeur

Fréquent dans les zones touristiques, le vendeur accepte un paiement échelonné avec une hypothèque en sa faveur.

Financement promoteur

Pour les projets neufs, avec des plans de paiement étalés sur plusieurs années.

Crédit ou HELOC d’origine

Mobilisation d’un crédit ou d’une ligne de crédit (type HELOC) dans le pays d’origine, garanti par une résidence principale ou un portefeuille.

Achat comptant

Très apprécié des vendeurs, cet achat sans financement extérieur peut parfois être récompensé par de fortes remises.

Cette prédominance du cash explique en partie pourquoi les délais de transaction peuvent être relativement courts : lorsque le financement n’est pas à assembler, le cycle complet, de l’offre à l’inscription, se situe souvent entre 6 et 10 semaines.

Où acheter ? Zoom sur les grandes zones recherchées

Même si ce guide est centré sur le processus plutôt que sur la « chasse aux bonnes affaires », il est utile de situer les principaux marchés où se concentrent les acheteurs étrangers.

Parmi les zones phares :

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Taux d’occupation médian des logements Airbnb à Antigua Guatemala, générant jusqu’à 12 000 USD de revenus annuels pour certains propriétaires.

Les rendements locatifs bruts, selon diverses sources, oscillent entre 4 et 6 % à Guatemala City, 5 à 7 % à Antigua, et peuvent monter jusqu’à 8,4 % pour des locations de vacances bien gérées au lac Atitlán.

Risques et erreurs fréquentes : ce que les acheteurs étrangers regrettent le plus

Malgré un potentiel réel, le Guatemala n’est pas un marché immobilier « plug and play ». Certains risques sont structurels, et beaucoup de problèmes rencontrés par les étrangers reviennent aux mêmes erreurs.

Titres incomplets, cadastre imparfait, litiges

Le système de registre foncier a été modernisé (avec la création du Registro de Información Catastral, RIC), mais une grande partie du pays, surtout en zone rurale, a longtemps fonctionné avec des titres informels ou des arrangements coutumiers. Il en résulte :

des dossiers où une portion de terrain a été vendue plusieurs fois

des cas où des héritiers absents contestent une vente réalisée sans leur accord

des divergences entre les limites physiques et les plans cadastraux

Les tribunaux guatémaltèques sont régulièrement saisis de litiges fonciers. Les procédures peuvent durer des années. La prévention, à travers une due diligence rigoureuse, coûte bien moins cher que la guérison.

Sous-estimer les formalités et survoler la fiscalité

Une autre erreur fréquente consiste à ne pas accorder d’importance à la structuration fiscale, en particulier pour les investisseurs locatifs. Mal comprendre la différence entre TVA sur bien neuf, taxe de transfert sur revente, retenues sur loyers, et impôt sur les plus-values peut conduire à des surprises désagréables au moment de la déclaration ou de la revente.

Attention :

Il est tentant de sous-déclarer la valeur d’un bien dans l’acte pour réduire les taxes de transfert et d’IUSI. Bien que cette pratique soit assez courante localement, elle comporte des risques légaux et peut augmenter la plus-value imposable en cas de revente.

Penser pouvoir se passer d’un avocat

Enfin, s’appuyer uniquement sur un agent ou sur le notaire du vendeur, voire signer des documents en espagnol sans les comprendre pleinement, est une recette quasi garantie pour multiplier les ennuis. Un avocat indépendant, familier des transactions avec des étrangers, constitue une forme de « police d’assurance » indispensable, surtout dans un système de droit civil où la forme et la rédaction des actes ont une importance considérable.

Acheter depuis l’étranger : possible, mais pas sans précautions

Une particularité appréciable du Guatemala est la possibilité de mener à bien un achat sans jamais mettre un pied dans le pays, grâce au pouvoir notarié. Un étranger peut signer une procuration dans son pays d’origine (devant notaire local, avec légalisation ou apostille), autorisant un avocat guatémaltèque à signer en son nom tous les documents nécessaires, jusqu’à l’escritura.

Bon à savoir :

Bien que la loi permette toutes les étapes à distance (visite virtuelle, signature électronique, etc.), cette pratique comporte des risques. Sans visite physique et inspection indépendante, vous pourriez découvrir après l’achat des défauts majeurs comme un environnement bruyant, un accès difficile, des problèmes de voisinage ou des vices structurels.

La bonne approche consiste à utiliser la flexibilité du système (procurations, signatures électroniques de contrats préliminaires, échanges de documents scannés) pour simplifier le processus, tout en prenant le temps de se rendre sur place au moins une fois pour valider le bien et rencontrer son équipe de professionnels.

Conclusion : un marché prometteur, à aborder avec méthode

Le Guatemala combine plusieurs ingrédients recherchés par les investisseurs étrangers : économie en croissance, urbanisation rapide, rendements locatifs solides, propriétés encore abordables dans les zones touristiques, régime de propriété relativement ouvert aux étrangers. La perspective d’une valorisation annuelle de 3 à 7 %, couplée à des revenus locatifs entre 5 et plus de 8 % selon les régions, a de quoi attirer.

Bon à savoir :

L’attractivité du marché immobilier s’accompagne d’un cadre juridique et administratif rigoureux. Il faut anticiper les restrictions foncières en zones littorales et lacustres, la gestion spécifique des terres par l’OCRET, l’état parfois incomplet des registres, la difficulté d’accès au crédit pour les non-résidents et la complexité du système fiscal.

Un étranger qui réussit son investissement au Guatemala suit en général quelques principes simples :

Astuce :

Pour un achat réussi en Italie, vérifiez d’abord si le bien est en zone réglementée (frontière, littoral, réserve). Entourez-vous d’un avocat-notaire indépendant et compétent pour les clients internationaux. Réalisez une due diligence complète sur les titres de propriété, les limites, la fiscalité et le zonage avant tout paiement important. Intégrez tous les coûts (taxes de transfert, TVA sur le neuf, IUSI, honoraires, commissions, frais bancaires) dans votre budget. Enfin, ne signez jamais un document que vous ne comprenez pas et faites-vous accompagner par un traducteur assermenté si nécessaire.

Abordé avec rigueur et réalisme, le processus d’achat immobilier pour les étrangers au Guatemala peut aboutir à des opérations solides, qu’il s’agisse d’un pied-à-terre à Antigua, d’un appartement locatif en zone 10, ou d’un projet de petites locations saisonnières sur les hauteurs du lac Atitlán. Dans tous les cas, la clé est de considérer l’avocat et le notaire non comme un coût supplémentaire, mais comme le cœur de la stratégie de protection de son capital.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie au Guatemala
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Guatemala pour rechercher du rendement locatif et une exposition au quetzal et au dollar (baux souvent indexés). Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Guatemala Ciudad, Antigua, Quetzaltenango), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison dans un quartier sécurisé d’une zone en forte demande locative, comme Zona 10/14 à Guatemala Ciudad ou le centre d’Antigua, combinant un rendement locatif brut cible de 8 à 10 %plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, abogado, fiscaliste), choix de la structure (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin de maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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