S’installer à l’étranger, c’est régler les démarches administratives, trouver un logement, une école… et surtout s’assurer que l’on pourra se faire soigner correctement en cas de besoin. Les soins de santé pour les expatriés en Slovaquie reposent sur un système d’assurance obligatoire, des règles assez strictes et un équilibre parfois délicat entre secteur public et cliniques privées. Pour un étranger, le tableau peut sembler complexe, surtout si l’on ne parle pas slovaque.
Ce guide couvre le fonctionnement du système, les différences entre public et privé, les conditions d’accès selon le statut d’expatrié, les coûts typiques, la gestion des urgences et des pharmacies, ainsi que l’utilisation des cartes européennes. Il fournit des repères concrets pour anticiper et éviter les mauvaises surprises.
Un système d’assurance maladie obligatoire, mais pas totalement gratuit
En Slovaquie, la santé est un service payant, même si la couverture est universelle pour les résidents qui cotisent. Le système repose sur une assurance maladie obligatoire, distincte de l’assurance sociale, et pilotée par le ministère de la Santé. Tout résident – y compris étranger – doit être assuré, et la preuve d’assurance fait partie intégrante du dossier de demande de séjour temporaire.
Le modèle décrit est celui d’un système de santé reposant sur un ‘panier de soins de base’ financé par des contributions obligatoires. Il est complété par une offre privée étendue. Concrètement, la plupart des consultations, hospitalisations et examens sont pris en charge pour les personnes assurées. Cependant, ce système inclut une série de tickets modérateurs, par exemple pour les visites aux urgences, pour certains médicaments et pour une partie importante des soins dentaires.
Les compagnies d’assurance publique
Trois compagnies d’assurance santé gèrent les fonds publics à l’échelle nationale :
| Compagnie d’assurance | Type juridique | Particularités mentionnées |
|---|---|---|
| Všeobecná zdravotná poisťovňa (VšZP) | Assurance publique | Plus grande caisse, gère aussi de nombreux cas spécifiques |
| Dôvera | Assurance privée dans le système public | Offre souvent des services supplémentaires |
| Union | Assurance privée dans le système public | Appartenance capital étranger (néerlandais), forte présence en assurance commerciale |
La loi impose à ces trois assureurs la même couverture de base. En revanche, chacun ajoute ses propres “bonus” (programmes de prévention, remboursements additionnels, services en ligne, etc.). Les assurés ont le droit de changer d’assureur, mais seulement une fois par an, en déposant leur demande avant le 30 septembre pour un changement effectif au 1er janvier suivant.
Qui paie quoi ?
La cotisation dépend du statut :
| Situation de l’assuré | Qui paie la cotisation ? | Taux ou principe clé |
|---|---|---|
| Salarié | Employé + employeur | Environ 14 % du salaire brut (4 % salarié, 10 % employeur) |
| Travailleur indépendant | L’assuré lui‑même | Pourcentage appliqué sur la base de revenus déclarés |
| Étudiant slovaque à temps plein | L’État | Cotisation intégralement prise en charge |
| Demandeur d’emploi enregistré | L’État | Cotisation intégralement prise en charge |
| Allocataire de certaines prestations sociales | L’État | Cotisation intégralement prise en charge |
| Boursiers éligibles (programme national, CEEPUS, Erasmus+, etc.) | L’État | Cotisation intégralement prise en charge, sous conditions |
Point important : la personne assurée n’est pas toujours le payeur. Un expatrié salarié n’a, en théorie, aucune démarche financière à faire : son employeur s’occupe de la déclaration et des versements. En revanche, un indépendant étranger ou un résident sans activité devra se charger lui‑même de son affiliation et du paiement.
Qui a droit à l’assurance publique quand on est expatrié ?
La règle de base est simple : toute personne disposant d’une résidence permanente en Slovaquie doit être affiliée à l’assurance publique, sauf si elle est déjà soumise au régime de santé d’un autre pays (par exemple parce qu’elle travaille à l’étranger). Pour les étrangers sans résidence permanente, l’éligibilité dépend de la situation professionnelle, du type de séjour ou de certains statuts particuliers.
Conditions typiques d’accès à l’assurance publique
Parmi les principaux cas qui permettent de rejoindre le régime public sans avoir la résidence permanente, on retrouve :
Plusieurs situations permettent d’être couvert par le régime public de santé en Slovaquie. Cela inclut notamment : être salarié d’un employeur local avec un salaire minimum de 750 € (2024), exercer une activité indépendante autorisée, être étudiant (UE/EEE ou pays tiers via accord), être boursier de programmes spécifiques (National Scholarship Programme, CEEPUS, Erasmus+…) pour plus d’un mois, être un mineur dont un parent est assuré localement, être demandeur d’asile ou réfugié, ou être détenu sur le territoire slovaque.
Une fois l’une de ces conditions remplie, l’intéressé dispose de huit jours pour se déclarer auprès de la compagnie d’assurance choisie. L’employeur effectue généralement cette démarche pour ses salariés, mais un indépendant, un étudiant ou un boursier doit le faire lui-même.
Cas d’exonération pour résidents slovaques
À l’inverse, certaines personnes résidant de façon permanente en Slovaquie sont dispensées d’assurance publique parce qu’elles sont déjà couvertes dans un autre pays. C’est le cas, par exemple, d’un Slovaque qui travaille à plein temps en Allemagne et cotise au système allemand, ou d’un conjoint “ayant droit” d’un assuré d’un autre État membre et soumis à la législation de cet État.
Pour un expatrié, le pays compétent en matière de protection sociale n’est pas librement choisi. Il est déterminé par la situation professionnelle et le lieu de résidence effective, et non par la nationalité de la personne.
Assurance commerciale obligatoire pour ceux qui n’entrent pas dans le public
Tous les étrangers ne remplissent pas les conditions pour intégrer l’assurance publique slovaque. Dans ce cas, la loi impose la souscription d’une assurance commerciale (privée), souvent exigée dès la demande de visa ou de permis de séjour (notamment pour regroupement familial, séjour pour activité spéciale, recherche, etc.).
Qui doit impérativement recourir à une assurance privée ?
Plusieurs catégories se retrouvent dans ce cas :
– étudiants de pays tiers qui ne sont pas couverts par un accord international ;
– chercheurs et enseignants étrangers travaillant sur bourse ou projet, mais sans contrat de travail local ;
– résidents temporaires qui ne travaillent pas encore (par exemple conjoint d’expatrié, certains travailleurs en attente de démarrer un contrat) ;
– ressortissants de pays tiers non couverts par un accord bilatéral de sécurité sociale.
Les assurances peuvent être souscrites auprès de compagnies slovaques ou étrangères. Pour être valables en Slovaquie, le contrat doit explicitement mentionner la couverture sur le territoire slovaque. S’il est émis à l’étranger, une traduction certifiée par un traducteur assermenté en slovaque est obligatoire.
Exemple notable : Union propose des produits spécialement conçus pour les étrangers, avec plusieurs niveaux (couverture complète, couverture urgente uniquement), et une offre spéciale pour les citoyens ukrainiens. Les prix varient selon l’âge, l’état de santé et l’étendue de la couverture, avec des primes journalières pouvant se situer, pour certaines offres, entre 0,8 et 4 euros.
Public vs. privé : ce que couvre vraiment chaque solution
On peut résumer les grandes différences ainsi :
| Type d’assurance | Public (obligatoire) | Commerciale (privée) |
|---|---|---|
| Base légale | Loi n° 580/2004, n° 577/2004 | Contrat libre avec l’assureur |
| Bénéficiaires typiques | Résidents, salariés, indépendants, étudiants protégés, boursiers éligibles | Étudiants de pays tiers non couverts, chercheurs sans contrat, résidents temporaires |
| Étendue géographique | Slovaquie (avec mécanismes UE pour soins transfrontaliers) | Souvent zones plus larges (Schengen, Europe, monde…) |
| Niveau de prise en charge | Soins “nécessaires” ou “intégrals”, hôpital, médecine générale et spécialités | Variable : parfois soins urgents seulement, parfois soins complets, rapatriement, etc. |
| Mode de paiement | Tiers payant chez les prestataires conventionnés, avec ticket modérateur | Paiement direct par le patient puis remboursement par l’assureur |
| Obligation légale | Oui pour les personnes éligibles | Oui pour les étrangers non éligibles au public |
Dans la pratique, beaucoup d’expatriés combinent les deux : assurance publique dès qu’ils deviennent salariés, mais maintien d’une assurance internationale privée pour couvrir l’évacuation, les soins à l’étranger ou l’accès facilité au secteur privé.
Cartes européennes, formulaires S1/S2 et soins transfrontaliers
Pour les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse, un dispositif spécifique simplifie l’accès aux soins pendant un séjour temporaire en Slovaquie : la carte européenne d’assurance maladie (CEAM, ou EHIC en anglais).
La carte européenne d’assurance maladie (CEAM)
La CEAM, délivrée par la caisse d’assurance maladie du pays d’origine, permet d’être soigné en cas de maladie ou d’accident pendant un séjour temporaire en Slovaquie, dans les mêmes conditions que les assurés slovaques. Elle couvre :
En Slovaquie, les soins considérés comme ‘médicalement nécessaires’ et qui ne peuvent être reportés au retour dans votre pays d’origine sont pris en charge. Cela inclut les maladies aiguës, l’aggravation d’une affection chronique ou les soins liés à la grossesse. Ces traitements doivent être dispensés dans le cadre du système public de santé, par des médecins et des établissements hospitaliers conventionnés avec au moins une caisse d’assurance maladie slovaque.
En revanche, elle ne couvre pas :
– les soins dispensés par des prestataires 100 % privés sans contrat avec un assureur slovaque ;
– le rapatriement médical ;
– les séjours organisés dans le but principal de recevoir un traitement (tourisme médical programmé).
Lors de la consultation, le patient doit présenter sa CEAM (ou un certificat provisoire de remplacement) et une pièce d’identité, et indiquer avec quelle caisse slovaque il souhaite être pris en charge. Les éventuels tickets modérateurs qu’un Slovaque paierait sont également à sa charge.
Formulaires S1 et S2, travailleurs frontaliers et résidents UE
Les règlements européens prévoient d’autres formulaires utiles pour les expatriés :
Le formulaire S1 couvre les personnes assurées dans un pays mais résidant dans un autre (ex. : un travailleur français installé en Slovaquie restant assuré en France), leur donnant droit à des soins complets dans le pays de résidence. Il sert aussi pour les travailleurs frontaliers dont la famille réside dans un autre pays de l’UE, ouvrant des droits aux ayants droit dans ce pays. Le formulaire S2 (ex-E112) est requis pour les soins programmés à l’étranger et doit être obtenu avant le départ auprès de l’organisme d’assurance du pays d’origine.
La directive 2011/24/UE ouvre également la voie au remboursement de soins reçus dans un autre État membre hors dispositif S2, à certaines conditions (souvent paiement d’avance puis demande de remboursement à sa caisse d’origine).
Accéder aux soins au quotidien : généralistes, spécialistes, hôpitaux
Pour un expatrié, la première étape concrète est l’inscription auprès d’un médecin généraliste (“všeobecný lekár”) et d’un dentiste. Sans cette inscription, l’accès aux soins non urgents dans le public est très limité.
Inscription chez le médecin traitant
Le médecin généraliste est la porte d’entrée du système :
– il tient le dossier médical ;
– assure le suivi des maladies courantes et chroniques ;
– délivre les ordonnances ;
– fournit la plupart des certificats médicaux ;
– oriente vers les spécialistes via des lettres de référence.
Légalement, un médecin généraliste de votre secteur doit accepter votre inscription si vous avez une assurance publique ou un statut de protection temporaire. Cependant, en pratique, certains cabinets peuvent être complets et refuser de nouveaux patients. Il est donc conseillé de commencer vos recherches tôt, en vous renseignant auprès de vos voisins, collègues ou via les sites internet des caisses d’assurance maladie qui publient des listes de médecins conventionnés.
Pour prendre rendez‑vous, il faut généralement appeler le cabinet à l’avance. Les consultations sans rendez‑vous existent mais se limitent souvent aux cas urgents.
Spécialistes et hôpitaux
L’accès aux spécialistes (cardiologue, neurologue, rhumatologue, etc.) se fait le plus souvent sur orientation du généraliste, via un “bon d’échange”. Certaines spécialités, comme la gynécologie, l’ophtalmologie ou la psychiatrie, sont accessibles sans référence.
Les délais pour un rendez-vous spécialisé peuvent atteindre plusieurs semaines dans les hôpitaux publics.
Les hospitalisations urgentes (accidents, infarctus, pathologies aiguës) sont assurées 24h/24 dans les hôpitaux publics. Pour une hospitalisation non urgente, une lettre de référence est requise.
Urgences, ambulances et coûts à prévoir
En cas de danger immédiat pour la vie ou la santé, il faut composer le 155 (service médical d’urgence) ou le 112, numéro d’urgence européen. Les opérateurs sont formés et peuvent répondre en anglais. L’ambulance est en principe bien équipée, mais son rôle premier est le transport rapide vers un hôpital.
Même pour les assurés, certains frais restent à la charge du patient :
| Service ou situation | Règle de facturation principale |
|---|---|
| Consultation aux urgences (service d’urgence) | Forfait généralement entre 2 € et 10 €, même pour les assurés |
| Ambulance (patients assurés) | Gratuite en cas d’urgence médicale couverte |
| Ambulance (patients non assurés) | Environ 120 € facturés pour l’intervention |
| Transport sanitaire non urgent | Environ 0,10 € par km, avec plusieurs exemptions (dialyse, cancer, handicap lourd, etc.) |
| Accompagnant à l’hôpital | 3,30 € par jour, avec exemptions (mère allaitante, enfant < 3 ans, mineur en traitement oncologique) |
Certaines situations entraînent automatiquement la gratuité des services d’urgence (pas de ticket modérateur) : accident grave (hors cas liés à la consommation de substances), séjour aux urgences de plus de deux heures, hospitalisation à l’issue du passage aux urgences, ou encore statut particulier (donneurs de sang décorés, par exemple).
À noter enfin : la prise en charge des secours en montagne et de certains transports spéciaux n’est pas couverte par le régime public. Pour un expatrié adepte de ski ou de randonnée dans les Tatras, une assurance privée incluant le secours en montagne est fortement recommandée.
Médicaments et pharmacies : un maillage dense, des règles strictes
La Slovaquie compte un réseau très dense de pharmacies (“lekáreň”), signalées par une croix verte sur fond blanc. On n’y vend pas seulement les médicaments sur ordonnance, mais aussi tous les produits en vente libre : aucun médicament ne peut être légalement vendu en supermarché ou dans d’autres commerces, contrairement à certains pays voisins.
Horaires et pharmacies de garde
La plupart des pharmacies ouvrent du lundi au vendredi, typiquement de 8h à 18h, avec des horaires réduits le samedi. Le dimanche et les jours fériés, seules des pharmacies de garde assurent le service. Chaque ville doit disposer d’au moins une pharmacie de garde 24h/24.
Aucune pharmacie n’est ouverte toute la nuit en Slovaquie au-delà de 22h. Il est donc nécessaire d’anticiper ses besoins en médicaments. Pour trouver la pharmacie de garde la plus proche, consultez le site ou l’application Otvorenalekaren.sk, ou les affichages à l’entrée des pharmacies.
Coûts des médicaments et remboursements
Les médicaments sur ordonnance sont, en grande partie, pris en charge par les caisses publiques, avec un système de prix de référence et des génériques largement utilisés. Certains points clés :
– un petit forfait administratif (0,17 € par ordonnance ou bon) est prélevé, sauf exceptions ;
– la part à charge du patient dépend du médicament (certains sont entièrement remboursés, d’autres seulement partiellement) ;
– les retraités bénéficient souvent de (taux de participation réduits).
Le premier générique doit être au moins 45 % moins cher que l’original, le deuxième 10 % de moins que le premier, et le troisième encore 5 % de moins. Les médecins doivent prescrire la substance active, et non une marque, pour laisser le choix au patient et au pharmacien.
Les ordonnances ont une durée de validité limitée :
| Type de prescription | Durée de validité en Slovaquie |
|---|---|
| Ordonnance classique | 7 jours |
| Ordonnance délivrée aux urgences | 1 jour |
| Antibiotiques | 5 jours |
| Prescription émise dans un autre État de l’UE | Valable selon les règles du pays de délivrance, mais soumise aux délais de dispensation locaux |
Sans assurance publique slovaque, le patient paie le prix complet en pharmacie et ne pourra demander un éventuel remboursement qu’à sa propre compagnie (assurance voyage, assurance internationale, etc.).
Médicaments en vente libre et particularités
La plupart des antalgiques, antitussifs, anti‑rhumes, anti‑histaminiques légers ou crèmes antifongiques peuvent être obtenus sans ordonnance, mais toujours en pharmacie. Les prix des médicaments en vente libre sont, selon certaines études, parmi les plus bas d’Europe, même si pour un expatrié habitué à acheter ses antalgiques au supermarché, l’obligation de passer par la pharmacie peut sembler restrictive.
Les pharmacies offrent aussi des services de conseil : le pharmacien peut recommander des traitements simples ou orienter vers un médecin en cas de symptômes inquiétants.
Soins dentaires et optiques : points forts du pays, mais pas toujours remboursés
La Slovaquie s’est fait un nom en Europe centrale pour ses soins dentaires et certaines interventions ophtalmiques, notamment dans le cadre du tourisme médical. Pour un expatrié, c’est un atout, à condition de bien comprendre ce que couvre – ou non – l’assurance publique.
Dentistes : prévention prise en charge, le reste souvent payant
Dans le régime public, une visite de prévention annuelle chez le dentiste est prise en charge (deux pour les femmes enceintes). Toutefois, si cette visite de contrôle n’est pas effectuée, certaines prises en charge l’année suivante peuvent être refusées, et l’assuré devra payer l’intégralité de certains actes.
Les soins réellement remboursés par le régime de base restent limités :
– certains soins d’urgence (traitement d’une douleur aiguë, extraction d’une dent en cas d’infection) ;
– certains actes chirurgicaux (par exemple : extraction de dents de sagesse incluses) ;
– utilisation de matériaux “standards” pour des obturations simples.
Les traitements esthétiques, les matériaux haut de gamme (céramiques, implants, facettes), l’orthodontie et la plupart des prothèses dentaires sont majoritairement à la charge du patient, que ce soit dans le secteur public ou privé. Cela explique la popularité des cliniques dentaires privées spécialisées, qui attirent également des patients du Royaume-Uni et d’autres pays grâce à des tarifs bien inférieurs à ceux pratiqués en Europe de l’Ouest.
Optique : lunettes de base couvertes, chirurgie surtout privée
Pour la vue, les caisses publiques couvrent un niveau de base, incluant une paire de lunettes simple ou certains verres standards, ainsi que des interventions indispensables comme la chirurgie de la cataracte avec lentille monofocale. Toutefois, la plupart des interventions de chirurgie réfractive (LASIK, PRK, etc.) et des lentilles multifocales relèvent du secteur privé.
Les opticiens sont nombreux, souvent ouverts jusque tard le soir. Les premières consultations peuvent être gratuites, mais les interventions chirurgicales privées représentent un coût significatif, même si elles restent souvent moins chères qu’en Europe occidentale.
Public sous tension, privé attractif : quel choix pour un expatrié ?
De nombreux rapports signalent que les hôpitaux publics slovaques souffrent de sous‑financement, de pénurie de personnel et de matériel parfois obsolète. Les temps d’attente sont plus longs que la moyenne européenne et certains spécialistes manquent, ce qui pousse une partie de la population – expatriés compris – à se tourner vers le privé ou vers des systèmes voisins, notamment en Autriche ou en Allemagne.
Dans les grandes villes slovaques (Bratislava, Košice, etc.), le secteur privé de la santé propose des cliniques modernes avec des équipements récents, des médecins formés à l’étranger et des services multilingues. L’accueil y est plus confortable et les délais d’attente plus courts. Cependant, les coûts peuvent être significativement plus élevés, en particulier sans une assurance santé internationale.
En pratique, beaucoup d’expatriés adoptent une stratégie mixte :
– utiliser le système public pour la médecine générale, les soins de routine, les prescriptions, les analyses simples et les urgences ;
– recourir au privé pour les opérations programmées, les bilans complets, la dentisterie avancée, la chirurgie esthétique ou certains examens de haute technologie, en s’appuyant sur une assurance privée internationale ou en payant de leur poche.
Cas particuliers : étudiants, chercheurs, Britanniques, Ukrainiens…
Les soins de santé pour les expatriés en Slovaquie varient sensiblement selon le motif de séjour et la nationalité. Plusieurs groupes bénéficient de règles spécifiques.
Étudiants et boursiers internationaux
Tous les étudiants étrangers doivent disposer d’une couverture maladie pendant leurs études.
– Un étudiant de l’UE/EEE/Suisse, déjà assuré dans son pays, utilise généralement sa carte européenne d’assurance maladie pour les soins nécessaires pendant son séjour. Pour un séjour long avec inscription en résidence, il peut aussi rejoindre le système slovaque selon sa situation.
– Certains étudiants de pays tiers, inscrits dans des programmes résultant d’accords internationaux (par exemple, certaines bourses gouvernementales, Erasmus+ dans les conditions prévues par la loi), bénéficient de l’assurance publique payée par l’État slovaque. Ils doivent toutefois se faire enregistrer auprès d’une caisse dans les huit jours suivant le début de leurs études.
– Les autres étudiants de pays tiers doivent souscrire une assurance commerciale, souvent exigée pour l’obtention du visa.
Depuis le 1er janvier 2023, les boursiers séjournant plus d’un mois dans le cadre de programmes répertoriés par le ministère de l’Éducation bénéficient d’une assurance maladie publique intégrale, entièrement financée par le gouvernement.
Chercheurs et enseignants
Les chercheurs et enseignants étrangers sans contrat de travail local doivent eux aussi être couverts :
– s’ils viennent d’un pays de l’UE/EEE/Suisse et restent affiliés à leur caisse nationale, la CEAM suffit généralement pour les séjours temporaires ;
– s’ils ne relèvent pas de l’assurance publique slovaque, ils doivent s’assurer via une police privée qui couvre au minimum les soins urgents et l’hospitalisation.
Les institutions académiques slovaques aident souvent à ces démarches mais il reste prudent de vérifier sa couverture avant le départ.
Britanniques après le Brexit
Pour les citoyens britanniques, la situation est désormais alignée sur celle des ressortissants de pays tiers, avec toutefois quelques mécanismes spécifiques :
Pour un séjour temporaire (tourisme, études courtes, détachement), la carte GHIC ou une CEAM britannique donne accès aux soins nécessaires dans le public. Pour une installation durable, il faut soit entrer dans le régime public slovaque (via un emploi, un titre de séjour, etc.), soit présenter un formulaire S1 émis par le Royaume-Uni (pour les retraités publics par exemple). Une preuve de cette couverture santé est exigée pour toute demande de visa ou de permis de séjour.
Une fois un S1 britannique enregistré en Slovaquie, le résident bénéficie d’une carte d’assurance slovaque et peut aussi obtenir une carte GHIC/CEAM pour ses voyages.
Ukrainiens et bénéficiaires de protection
Les personnes fuyant l’Ukraine bénéficient de plusieurs mesures spécifiques :
– les citoyens ukrainiens entrant en Slovaquie ont droit à des soins urgents gratuits pendant 30 jours, ou jusqu’au dépôt d’une demande de protection internationale ou de protection temporaire ;
– les personnes à qui la protection temporaire est accordée ont droit à des soins complets comparables à ceux des citoyens slovaques (à l’exception des cures thermales) ;
– les enfants ukrainiens de moins de 18 ans sous protection temporaire ou bénéficiant de l’asile ont droit à la totalité des soins de santé ;
– des offres d’assurance commerciale spécifiques, à prix réduits, sont également proposées par certains assureurs (par exemple Union), notamment pour les ressortissants ukrainiens qui ne rempliraient pas encore les conditions d’accès au régime public.
Se préparer concrètement en tant qu’expatrié
Pour un nouvel arrivant, le paysage peut paraître touffu. En pratique, quelques démarches structurantes permettent de sécuriser sa situation médicale.
Avant le départ
– Vérifier si l’on sera éligible rapidement à l’assurance publique (contrat de travail slovaque, bourse, programme d’échange, etc.) ou s’il faudra compter sur une assurance privée pendant plusieurs mois.
– Souscrire, dans tous les cas, une assurance internationale incluant au minimum les soins d’urgence, l’hospitalisation, le rapatriement et, idéalement, le secours en montagne si l’on compte pratiquer des sports de plein air.
– Pour les ressortissants de l’UE/EEE/Suisse, demander et emporter sa carte européenne d’assurance maladie.
– Préparer un dossier médical en anglais (ou en allemand) : antécédents, examens, listes de médicaments, allergies. La traduction de documents clés peut être utile, car la responsabilité de la transmission des données médicales d’un pays à l’autre revient au patient.
Une fois sur place
– S’inscrire, dès que possible, auprès d’une caisse d’assurance publique si l’on y a droit (employé, indépendant, étudiant éligible, boursier…) et conserver le certificat d’affiliation en attendant la carte.
– Choisir un médecin généraliste et un dentiste ayant un contrat avec sa caisse. L’inscription précoce facilite grandement l’accès aux soins.
– Identifier les hôpitaux et services d’urgences les plus proches, ainsi que la pharmacie de garde de sa ville.
– Noter les numéros d’urgence (112, 155) et vérifier que l’on peut expliquer sommairement en anglais (ou idéalement en slovaque) la nature d’une urgence.
– Se renseigner sur les éventuels tickets modérateurs pour les services que l’on est susceptible d’utiliser (consultations d’urgence, transports, documents médicaux, etc.).
Ce qu’il faut retenir
Les soins de santé pour les expatriés en Slovaquie reposent sur un système d’assurance obligatoire qui donne accès à un large éventail de services, mais pas à la gratuité totale. L’accès aux soins dépend de son statut (salarié, étudiant, chercheur, retraité, demandeur de protection…), et l’on passe, selon les cas, par l’assurance publique, par des produits commerciaux, ou par une combinaison des deux.
Le système public français est accessible mais peut être soumis à des délais d’attente et des infrastructures vieillissantes, tandis que le secteur privé offre plus de confort et de rapidité à un coût plus élevé. Pour les expatriés, il est crucial de souscrire une assurance santé adaptée à leur profil et de bien comprendre le fonctionnement pratique : le rôle de la Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM), les démarches d’inscription chez un médecin généraliste, les procédures en cas d’urgence et les modalités de remboursement des médicaments.
En prenant le temps de s’informer et d’anticiper avant même son arrivée, il est possible de transformer un système qui semble opaque en un dispositif lisible et relativement fiable, capable de répondre aux besoins de santé d’une vie quotidienne en expatriation, tout en évitant les factures surprises et les failles de couverture au pire moment.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers la Slovaquie pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Bulgarie), la stratégie retenue cible la Slovaquie, combinant taux d’imposition modéré, absence d’impôt sur la fortune, coût de vie plus faible que Paris (Bratislava ~30–40 % moins cher) et accès plein à l’UE et à la zone euro. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’une résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors de France, centre des intérêts économiques), recours à un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en s’appuyant sur la convention fiscale France–Slovaquie pour limiter la double imposition.
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