Gérer le mal du pays en Slovaquie : transformer la nostalgie en nouvelle vie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Slovaquie, que ce soit pour étudier, travailler ou suivre un·e partenaire, c’est souvent un mélange grisant d’excitation et de vertige. On débarque dans un pays de 5,4 millions d’habitants, au cœur de l’Europe, réputé très sûr, avec une culture chaleureuse, des montagnes spectaculaires et une vie sociale riche. Et pourtant, une fois les valises posées, le silence de l’appartement et les notifications des proches restés au pays peuvent réveiller une émotion bien connue : le mal du pays.

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Jusqu’à 90 % des expatriés ressentent le mal du pays au cours de leur première année à l’étranger.

Comprendre le mal du pays pour mieux le gérer en Slovaquie

Le mal du pays n’est ni une faiblesse, ni un signe de fragilité mentale. Les psychologues le rapprochent même d’un processus de deuil : on a perdu – au moins temporairement – un cadre familier, un réseau, une langue, une météo, des odeurs, des sons. L’esprit compare sans cesse « avant » et « maintenant », idéalise le pays d’origine et occulte les difficultés qu’on y a laissées.

Bon à savoir :

Plusieurs éléments peuvent accentuer le sentiment d’isolement : la barrière de la langue slovaque (complexe), des codes sociaux initialement formels et une distance culturelle variable. Bien que l’anglais soit répandu chez les jeunes dans les grandes villes, ne pas comprendre les conversations environnantes peut renforcer ce sentiment.

Les symptômes sont multiples : tristesse, anxiété, irritabilité, difficulté à se concentrer, insomnies, perte d’appétit ou au contraire grignotage, retrait social. Il est essentiel de les reconnaître pour ne pas les confondre d’emblée avec une dépression lourde. La différence clé : dans le mal du pays, la tristesse est très liée à la distance d’avec « chez soi » et fluctue avec le sentiment d’intégration. Mais les frontières sont poreuses : si la souffrance se prolonge, elle peut glisser vers une dépression ou un trouble anxieux. D’où l’importance de ne pas « tenir bon » en silence trop longtemps.

Le contexte slovaque : un pays accueillant… mais différent

Pour apprivoiser le mal du pays, il est utile de comprendre le décor dans lequel il s’exprime. La Slovaquie est une république parlementaire, membre de l’UE et de la zone euro, connue pour sa sécurité (elle figure parmi les pays les plus sûrs au monde) et ses paysages de montagne. La population est légèrement majoritairement féminine, assez âgée en moyenne, et encore très marquée par l’importance de la famille, des traditions et de la vie communautaire.

Astuce :

Les Slovaques peuvent paraître réservés lors d’une première rencontre. Il est de coutume de se saluer par une poignée de main, d’utiliser le titre et le nom de famille jusqu’à ce que l’on vous propose de passer au prénom, et de faire preuve de modestie. Évitez les impairs courants comme interrompre une personne, ne pas saluer ou garder ses chaussures en entrant chez quelqu’un. Une fois la glace rompue, la loyauté et la fiabilité dans l’amitié sont des qualités très appréciées.

La vie sociale se concentre beaucoup autour des cafés, bars, restaurants, mais aussi des activités de plein air : randonnée, ski, vélo. Dans les villes universitaires, on compte plus de 90 universités et près de 800 000 étudiant·es au niveau national : un environnement propice pour se créer un réseau, mais qui peut aussi faire peur quand on arrive sans connaître personne.

Quand le choc d’arrivée se transforme en solitude

Le récit d’un Britannique installé à Bratislava illustre bien cette phase. Après l’euphorie des premiers jours, il décrit une période de 6 à 12 mois de grande solitude : difficultés à discuter de manière spontanée à cause du slovaque, soirées passées à errer dans la capitale sans vraiment se sentir à sa place, sentiment d’être « perdu » malgré un cadre de vie objectivement attractif.

Exemple :

Ce genre de trajectoire est typique. Les premières semaines, on se focalise sur la logistique : trouver un logement, ouvrir un compte, comprendre les transports. Puis vient un creux : le quotidien s’installe, les amis sont loin, les collègues restent des connaissances, on ne comprend pas les blagues au bureau, et les réseaux sociaux renvoient l’image d’un « chez soi » où tout le monde semble continuer sa vie sans vous. Le mal du pays s’engouffre dans cette brèche.

L’expérience de ce nouvel arrivant montre aussi que le tournant vient souvent d’un acte volontaire, parfois anodin. Dans son cas, c’est un vendredi soir dans un pub irlandais pour regarder un match de foot. Il s’assoit près de touristes, engage la conversation, puis, plus tard, rejoint un groupe Facebook « foreigners of Bratislava », propose un rendez-vous, crée un groupe WhatsApp. Tout ne dure pas – certains amis repartent – mais ce premier noyau suffit à fissurer l’isolement.

Installer du familier dans un pays nouveau

Lorsque tout est nouveau, le cerveau cherche désespérément du familier. Une manière puissante de calmer le mal du pays en Slovaquie est de recréer des îlots de familiarité.

Aménager son logement avec des photos, un plaid, des objets de décoration ou même une bougie à l’odeur de chez soi transforme un simple studio à Bratislava ou Košice en espace de refuge. Les neurosciences montrent que l’odorat est un déclencheur particulièrement fort de souvenirs : une épice, un thé, un gel douche peuvent suffire à faire baisser la tension.

La nourriture joue aussi un rôle essentiel. La cuisine slovaque est très riche et roborative – bryndzové halušky, kapustnica, goulash, pirohy – mais il est légitime de chercher aussi les saveurs de son pays d’origine. Dans les grandes villes, on trouve des supermarchés internationaux et de nombreux restaurants étrangers, ce qui permet d’alterner découverte locale et plats « réconfort ». Certains expatriés racontent avoir tenu leurs premiers mois grâce à un simple stock de thé, de céréales ou de chocolat importé.

Conseil pour expatriés en Slovaquie

Cette envie de familiarité n’est pas contradictoire avec l’intégration. Au contraire, avoir un « petit chez soi » stable aide à avoir l’énergie nécessaire pour sortir, explorer et rencontrer du monde.

Rester connecté à ses proches sans se coincer dans le passé

Les outils numériques sont une bénédiction pour qui vit loin. En Slovaquie, l’internet est largement répandu : plus de 90 % de la population utilise le réseau, avec des débits rapides aussi bien sur mobile que sur connexion fixe. On estime qu’environ 3,9 millions d’identités utilisent les réseaux sociaux, soit plus de 70 % de la population.

Tout est donc en place pour maintenir des liens étroits avec la famille et les amis par vidéo, messagerie et réseaux sociaux. Les recherches montrent que 72 % des étudiant·es internationaux sont plus satisfaits de leur expérience lorsqu’ils communiquent régulièrement avec leur famille. En même temps, les psychologues préviennent : des appels quotidiens en pleurs ou un défilement compulsif des publications du pays peuvent entretenir la nostalgie au lieu de l’apaiser.

Attention :

Pour maintenir le lien, il est conseillé d’établir un rythme régulier, comme un appel vidéo hebdomadaire à heure fixe, complété par des messages légers. Envoyer des objets physiques (colis, lettres) redonne une matérialité précieuse à la relation.

Un piège fréquent est de comparer son quotidien slovaque avec le fil Instagram de ses amis restés au pays. Il faut garder en tête que ces images sont hautement filtrées et qu’elles ne reflètent pas la réalité complète. Si les réseaux sociaux déclenchent systématiquement des coups de blues, il peut être sain d’en limiter l’usage un temps.

Construire un nouveau réseau en Slovaquie : sortir de sa zone de confort

Le meilleur antidote au mal du pays reste la création de relations significatives sur place. Or, cette étape ne se fait pas toute seule. Il faut accepter une part de démarche proactive, surtout dans un pays où les relations mettent parfois un peu de temps à se réchauffer.

Vie sociale et activités en Slovaquie

Découvrez les principales opportunités pour rencontrer du monde et vous intégrer, notamment dans les grandes villes slovaques.

Plateformes populaires

Utilisez des sites comme InterNations, Meetup ou Eventbrite pour trouver des événements dédiés aux expatriés, des sorties culturelles, des randonnées et des soirées linguistiques.

Activités à Bratislava

Rejoignez des groupes comme « Events in Bratislava » pour des visites guidées de la vieille ville, des soirées internationales dans des hôtels ou des cafés linguistiques en slovaque ou allemand.

Escapades et nature

Profitez d’activités organisées comme des excursions de deux jours dans les magnifiques montagnes des Hautes Tatras.

L’idée est de transformer la ville en terrain de jeu : tester un cours de danse latine, rejoindre un club de randonnée, une chorale, un club de foot international, un groupe de théâtre en anglais, un cours de yoga en anglais, un club de jeux de société. Ces lieux partagés créent des occasions naturelles de parler, sans la pression du « rendez-vous amical » figé.

Le tableau ci-dessous illustre quelques options typiques existant à Bratislava et dans le pays pour élargir son cercle social :

Type d’activitéExemples concrets en Slovaquie / BratislavaIntérêt principal pour le mal du pays
Réseaux d’expatsInterNations, « Internationals in Slovakia », The Expat Connection BratislavaRencontrer des personnes qui vivent les mêmes défis
Sorties culturelles organisées« Bratislava Discovery », musées, concerts, théâtre (SND, Aréna, Romathan, Thália…)Explorer la culture locale en bonne compagnie
Sports & plein airClubs de rando, ski dans les Tatras, clubs de foot/rugby internationaux, yoga, Krav MagaLibérer le stress, créer de la camaraderie
Cafés linguistiques & cours de slovaqueSlovak Language Café, écoles de langues, centres IOM, plateformes e-slovak / slovake.euGagner en autonomie et comprendre mieux la société
Groupes d’intérêt spécifiquesGroupes Facebook (badminton, natation, rando), ateliers photo, improvisation théâtraleTisser des liens à partir de passions communes
Lieux communautaires & associatifsCentres culturels (A4, Nová Cvernovka), ONG (Mareena, IOM MIC, Caritas, etc.)S’impliquer, se sentir utile, rencontrer locaux et étrangers

Même si l’on est timide ou fatigué, la clé est la répétition : retourner plusieurs fois au même club ou au même événement permet de transformer des visages croisés en connaissances, puis en amis.

Apprendre le slovaque : un levier puissant contre le sentiment d’exclusion

Beaucoup de nouveaux arrivants se disent au début qu’ils vivront en anglais, surtout dans une ville comme Bratislava. Sur le papier, c’est possible : une partie significative des jeunes et des professionnel·les des secteurs IT, tourisme ou services parlent un anglais très correct. Mais sur le terrain, cette stratégie entretient un fossé invisible et alimente souvent le mal du pays.

Comprendre les annonces dans le tram, les blagues en pause-café, lire un menu sans traduction, échanger quelques mots au marché, tout cela crée des micro-moments de satisfaction qui s’additionnent. Les recherches sur l’adaptation à l’étranger montrent que la maîtrise, même partielle, de la langue locale réduit le sentiment d’impuissance et augmente la perception de contrôle sur sa vie.

En Slovaquie, l’offre de cours de langue est fournie. Plusieurs écoles privées proposent des classes de tous niveaux, souvent deux fois par semaine, centrées sur l’expression orale et la vie pratique. Les universités et des organismes comme l’Organisation internationale pour les migrations (via ses centres d’information pour migrants) offrent également des cours intensifs, parfois gratuits selon le statut de résidence. Des plateformes en ligne comme slovake.eu ou e-slovak permettent de travailler de chez soi jusqu’au niveau intermédiaire.

S’ajoutent les cafés linguistiques en présentiel ou sur Zoom, où l’on discute en slovaque/anglais/allemand autour d’un café. Ces formats informels dédramatisent la pratique et permettent de rencontrer d’autres apprenants – donc des personnes qui, comme vous, sont en train de se refaire une vie dans le pays.

S’immerger dans la culture slovaque pour se sentir moins étranger

En parallèle de l’apprentissage linguistique, la culture est un formidable antidote à la nostalgie. Plus on comprend l’endroit où l’on vit, plus il cesse d’être un décor anonyme et plus on peut y projeter une histoire personnelle.

La Slovaquie offre de multiples portes d’entrée : festivals de folklore, marathons, concerts, expositions, marchés de Noël, fêtes de quartier. Les villes comme Bratislava et Košice ont des calendriers culturels extrêmement riches : marathons de la paix, festivals de jazz, nuits blanches, grands festivals d’été comme Pohoda ou Grape, soirées de cuisine internationale, journées dédiées aux cultures minoritaires.

Bon à savoir :

Participer aux événements locaux permet de s’imprégner de la culture, marquée par une hospitalité généreuse souvent symbolisée par le partage de nourriture et d’eau-de-vie maison. Lorsqu’on est invité, il est important de respecter certains codes : retirer ses chaussures, apporter une petite attention (fleurs, chocolat) et saluer chaque personne individuellement.

Cette immersion culturelle ne signifie pas renoncer à sa propre identité. La politique d’intégration slovaque parle d’un processus « à double sens » : les étrangers apportent leur culture et leurs compétences, la société d’accueil s’adapte aussi. De nombreux événements célèbrent d’ailleurs les cultures étrangères, notamment dans les grandes villes.

S’appuyer sur la force du numérique pour ne pas rester seul

La Slovaquie est un pays très connecté : plus de 90 % des habitants ont accès à internet, et on compte plusieurs millions de comptes sur YouTube, Facebook, Instagram, TikTok ou LinkedIn. Mais au-delà des grands réseaux, ce sont les communautés spécialisées qui font la différence pour un expatrié en mal du pays.

Les groupes Facebook d’expatriés (par exemple « foreigners in Bratislava » ou « Internationals in Slovakia ») sont des mines d’informations pratiques et de rencontres. On y discute logement, démarches administratives, bonnes adresses, mais aussi coups de blues, incompréhensions culturelles, coups de cœur. On y trouve souvent des annonces de colocs, de covoiturages vers les Tatras, de soirées jeux, de pique-niques au bord du Danube.

Bon à savoir :

Des applications comme Boo (basée sur la personnalité), Wooh (qui propose un·e ami·e potentiel·le par semaine), Tinder ou Bumble peuvent servir à se faire des amis, pas uniquement pour des rencontres amoureuses. Pour une première rencontre, il est essentiel de choisir un lieu public et de communiquer clairement ses attentes.

Les données sur l’usage des réseaux sociaux en Slovaquie montrent une forte présence des 14–24 ans en ligne (plus de 90 % sont actifs), mais aussi une adoption grandissante chez les adultes. Un bon réflexe, lorsqu’une connexion virtuelle semble prometteuse, est de proposer une activité concrète : assister à un concert, faire une petite randonnée, rejoindre un événement Meetup. Cela permet de faire passer la relation du « tout écran » au réel.

Créer des routines et prendre soin de soi

Le mal du pays s’enracine plus facilement dans le vide : journées sans structure, heures passées à scroller, horaires de sommeil décalés. À l’inverse, des routines même simples redonnent du cadre et réduisent l’angoisse : se lever à heure fixe, prendre un café dans le même établissement, s’accorder un moment de sport, réserver un créneau pour apprendre le slovaque, pour cuisiner.

Bon à savoir :

Les psychologues soulignent que l’exercice régulier améliore le sommeil et réduit l’anxiété. En Slovaquie, les nombreuses opportunités (parcs urbains, bords du Danube, sentiers de montagne) rendent la marche, le vélo ou la randonnée accessibles à tous niveaux, offrant un moyen simple de se changer les idées.

Une autre stratégie puissante consiste à tenir un journal. Y noter ses émotions, ses petites victoires (avoir réussi une phrase en slovaque, s’être rendu à un événement même si on avait envie d’annuler, avoir parlé à un voisin) aide à objectiver les progrès. Certaines personnes aiment tenir aussi un « journal de gratitude », pour se rappeler chaque jour trois choses positives vécues sur place.

La gestion du temps d’écran est un autre volet essentiel des soins à soi. Si chaque pause se transforme en plongée dans les souvenirs de chez soi, il peut être utile de se fixer des limites (par exemple, pas de réseaux sociaux avant une certaine heure ou après une certaine heure, ou un seul créneau par jour pour consulter les actualités du pays d’origine).

Quand le mal du pays devient trop lourd : se faire aider

Même avec tous ces outils, il arrive que le mal du pays s’aggrave. Le sommeil reste perturbé pendant des semaines, l’appétit chute ou explose, les larmes montent sans prévenir, on se replie complètement sur soi, le travail ou les études en souffrent. Dans ces cas, il est crucial de sortir du réflexe « je dois m’en sortir seul ».

La bonne nouvelle, c’est qu’en Slovaquie l’offre de soutien psychologique s’est fortement structurée ces dernières années. Le pays a adopté une stratégie nationale de santé mentale et de prévention du suicide, mis en place un Conseil gouvernemental dédié, et renforcé les services de crise, y compris à distance.

Plusieurs lignes d’écoute gratuites et anonymes existent, la plupart accessibles 24 h/24 :

Service / Ligne d’aidePublic cibléCoordonnées principales et langue
IPčko – Krízová linka pomociAdultes en crise0800 500 333 / 0800 500 888, chat, e‑mail, slovaque
Nezábudka – Ligue pour la santé mentaleTout public0800 800 566 (24/7), slovaque
Pomoc obetiamVictimes de violences0800 212 212, slovaque
Linka detskej istoty (116 111)Enfants et adolescents24/7, slovaque

Pour les étrangers ne parlant pas ou peu slovaque, l’accès n’est pas toujours simple, mais plusieurs structures privées offrent des consultations en anglais, parfois en ligne. Des cabinets comme Pro Care Psychological Services, Open Mind ou des plateformes de psychothérapie à distance proposent un accompagnement individuel ou de couple en anglais, précisément adapté au contexte d’expatriation.

Bon à savoir :

Plusieurs ONG (Caritas, People in Peril, Ligue pour la santé mentale, IPčko, TENENET, Mareena, Croix-Rouge slovaque, Slovak Humanitarian Council) proposent un soutien psychosocial, parfois avec interprétation, notamment pour les personnes déplacées et les migrants. Même sans statut de réfugié, les contacter peut permettre d’être orienté vers une aide adaptée.

Un indicateur clair qu’il est temps de chercher de l’aide : quand le mal du pays ne se contente plus de vous attrister, mais vous empêche de fonctionner normalement, ou s’accompagne d’idées noires, de pensées suicidaires ou d’un sentiment de désespoir persistant. Demander de l’aide n’est pas un aveu d’échec, c’est une preuve de lucidité et de courage.

Intégrer la Slovaquie sans se perdre soi-même

Une tentation fréquente lorsqu’on souffre du mal du pays est de se réfugier dans une « bulle d’expats ». On fréquente exclusivement des étrangers, on mange dans les mêmes cafés internationaux, on évite la langue locale. À court terme, cela apaise : on retrouve des codes connus, des références communes. Mais à long terme, cela peut renforcer le sentiment de ne jamais vraiment « habiter » la Slovaquie, et donc de rester en transit permanent.

L’autre extrême consiste à vouloir s’assimiler totalement, au point de rejeter sa propre culture, de s’interdire de parler sa langue ou de célébrer ses fêtes. Cette posture est tout aussi épuisante : elle crée un conflit intérieur et peut nourrir un ressentiment silencieux envers le pays d’accueil.

Exemple :

La voie la plus durable pour un expatrié en Slovaquie consiste à créer un nouvel étage identitaire, en préservant ses racines tout en développant de nouvelles branches. Cela se concrétise par des actions comme alterner la célébration de Noël entre la tradition slovaque une année et un retour au pays d’origine l’année suivante, cuisiner un plat traditionnel de son pays une fois par semaine pour des amis slovaques, ou apprendre des chansons locales tout en continuant à écouter la musique de son pays d’origine.

La politique officielle d’intégration parle de « mutuelle adaptation » : les étrangers contribuent à la culture commune, et la société majoritaire respecte leur diversité. En pratique, ce sont souvent les initiatives locales et individuelles qui donnent chair à ce principe : écoles qui organisent des journées interculturelles, centres culturels qui accueillent des ateliers de cuisine du monde, ONG qui créent des tandems linguistiques, groupes de voisins qui partagent des repas.

Donner du temps… et se donner du temps

Peut-être l’un des conseils les plus importants pour qui débarque en Slovaquie avec le mal du pays au ventre est de ne pas tirer de conclusions hâtives. Les études sur l’adaptation montrent que les premiers mois sont rarement représentatifs de l’expérience sur la durée. Beaucoup d’expatriés rapportent que leur deuxième déménagement à l’étranger a été plus facile que le premier : ils avaient appris que les sentiments de décalage et de solitude, aussi puissants soient-ils, finissent par s’estomper si l’on reste actif et ouvert.

Bon à savoir :

L’intégration peut être ralentie par une barrière linguistique et un style relationnel initialement réservé. Cependant, le pays offre de nombreux atouts : un haut niveau de sécurité, un large accès au numérique, une offre culturelle riche, des paysages propices à la contemplation et à l’aventure, ainsi qu’une tradition de convivialité autour de la table.

Au fil des mois, quelque chose se renverse souvent discrètement. Ce qui, au départ, n’était qu’une affectation temporaire ou une parenthèse d’études commence à ressembler à une vie possible. On se surprend à avoir ses habitudes de quartier, son café préféré, ses chemins de balade, ses rendez-vous fixes avec des amis rencontrés sur place. Le mal du pays ne disparaît jamais complètement : il peut ressurgir à Noël, un jour d’anniversaire, à l’occasion de nouvelles au pays. Mais il perd son pouvoir de tout envahir.

Bon à savoir :

Il ne s’agit pas de choisir entre rentrer ou oublier ses origines, mais de créer un équilibre dynamique. Cela implique de maintenir les liens avec son pays d’origine, de s’investir dans la vie locale, de demander de l’aide si nécessaire et d’accepter cette phase de transition. Avec du temps, des rencontres, l’apprentissage de la langue et de l’indulgence envers soi-même, la nostalgie peut se transformer en une marque positive d’une identité désormais plurielle.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Slovaquie pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Slovaquie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Slovaquie pour son régime d’imposition compétitif sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, l’appartenance à la zone euro et un coût de vie inférieur à celui de Paris (Bratislava ~30–40 % moins cher selon le mode de vie), tout en restant au cœur de l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, gestion CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, coordination avec un réseau local (avocat, immigration, notaire) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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