Créer son entreprise à l’étranger quand on est expatrié : le cas particulier d’un projet en Mongolie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Installer et développer une entreprise en Mongolie n’a rien d’un caprice exotique. Le pays est aujourd’hui l’un des marchés frontières les plus prometteurs d’Asie, avec une croissance soutenue, une démographie jeune, une économie qui se diversifie et un cadre légal de plus en plus structuré pour les investisseurs étrangers. Pour un expatrié, c’est à la fois une opportunité rare… et un terrain qui exige une préparation méticuleuse.

Bon à savoir :

Cet article détaille les étapes clés pour créer une entreprise en Mongolie : le choix de la structure juridique, les procédures administratives, le régime fiscal et les contraintes de change. Il aborde également les codes culturels et l’écosystème des start-ups, permettant d’évaluer le potentiel du pays et de structurer un projet réaliste en tant qu’expatrié.

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Comprendre le terrain de jeu économique et culturel

Avant de parler formulaires et capital social, il est essentiel de situer votre projet dans son environnement économique et humain. En Mongolie, la logique des chiffres cohabite avec celle des relations et des traditions.

La Mongolie est un vaste pays enclavé entre la Russie et la Chine, avec une population d’environ 3,5 millions d’habitants, très concentrée dans la capitale Ulaanbaatar. Plus de 60 % des habitants ont moins de 35 ans, ce qui en fait une société jeune, relativement bien éduquée et de plus en plus technophile. L’économie, longtemps fondée sur l’élevage et l’agriculture, est désormais portée par les ressources minières (charbon, cuivre, or, terres rares…) et des services en forte progression, notamment dans le tourisme, les télécoms, la finance et l’IT.

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Taux de croissance annuel moyen visé par les autorités pour les prochaines années, soutenu par des projets miniers, des infrastructures et des politiques stratégiques.

Sur le plan culturel, vous entrez dans une société à la fois moderne et très attachée à son héritage nomade. Les relations personnelles, la patience dans les négociations, le respect des aînés et des hiérarchies restent des clés. Il faut accepter que le changement soit ici progressivement adopté, qu’un échec entache durablement la réputation, et que la confiance se construit sur la durée, souvent autour d’un thé, d’un dîner ou d’un voyage dans la steppe, plus que dans une salle de réunion climatisée.

Un cadre légal de plus en plus accueillant pour les expatriés

La Mongolie a adopté en 2013 une loi sur l’investissement qui a profondément clarifié le jeu pour les capitaux étrangers. L’esprit du texte est d’ouvrir largement le marché, d’éviter la discrimination entre investisseurs locaux et étrangers et d’offrir de la prévisibilité fiscale, notamment via des certificats de stabilisation d’impôt.

Bon à savoir :

Un investisseur étranger peut entrer sur le marché sans autorisation préalable, soit en créant une nouvelle entité, soit en achetant des parts dans une société existante. Les règles sont les mêmes que pour un entrepreneur local, sauf dans quelques secteurs spécifiques comme les mines stratégiques, les médias, certaines activités financières ou les entreprises publiques étrangères dépassant certains seuils.

Le système juridique est de type civiliste (droit continental), ce qui peut rassurer des entrepreneurs européens : prééminence de la loi écrite, importance des contrats, et possibilité de recourir à l’arbitrage international. En pratique, nombre d’investisseurs insèrent des clauses d’arbitrage dans leurs contrats, même si l’exécution effective de ces décisions demande parfois de la pédagogie auprès de certaines administrations.

Le rôle des différentes autorités

Pour créer et faire vivre votre entreprise, vous aurez affaire à plusieurs institutions clés :

InstitutionRôle principal pour l’entrepreneur étranger
General Authority for State Registration (GAIPSR / LERO / GASR)Enregistrement des sociétés, branches, bureaux de représentation
General Tax Authority (GTA)Attribution du numéro fiscal, contrôle et collecte des impôts
Social Insurance Authority (ASI)Enregistrement employeur, cotisations sociales
Ministry of FinanceNormes comptables, supervision du système fiscal et monétaire
Bank of Mongolia (banque centrale)Règles de change, réserves de devises, licences bancaires
Financial Regulatory CommissionSupervision des institutions financières non bancaires et des marchés de capitaux
Invest Mongolia / Ministry of Economy and DevelopmentPolitique d’investissement, information aux investisseurs

S’ajoutent des autorités sectorielles (mines, énergie, médias, etc.) et, pour les zones franches, l’administration du Free Economic Zone concerné.

Choisir la bonne structure : LLC, bureau de représentation, succursale…

Pour un expatrié qui souhaite exploiter une activité commerciale, la forme reine reste la société à responsabilité limitée de droit privé, souvent qualifiée de LLC (Private Limited Liability Company). Mais ce n’est pas la seule option.

La LLC à capitaux étrangers : l’outil principal

La LLC est la structure la plus répandue en Mongolie, pour les investisseurs locaux comme pour les étrangers. Elle combine une grande souplesse dans l’organisation interne, une responsabilité limitée des associés et une bonne acceptabilité bancaire et administrative.

Bon à savoir :

Une société est considérée comme à investissement étranger si un investisseur étranger détient au moins 25 % de son capital. De plus, cet investisseur doit justifier d’un investissement minimal de 100 000 USD dans la société. Cet investissement qualifiant peut prendre diverses formes, comme un apport en numéraire, en équipements ou en propriété intellectuelle, et n’est pas nécessairement du capital social bloqué.

CritèreLLC localeLLC avec investissement étranger
Propriété étrangèreNon (0–24 % max)Oui (≥ 25 % par investisseur étranger)
Minimum d’investissement exigéAucun en pratique100 000 USD par investisseur étranger
Nb d’associés1 à 501 à 50
Propriété à 100 % par un étrangerNon (au-delà de 24 %, requalifiée)Oui, possible
Obligation de partenaire localNonNon

Ce seuil de 100 000 USD par investisseur étranger est l’un des principaux écueils pour les petits projets d’expatriés. Il faut l’intégrer très tôt dans la structuration : deux étrangers qui montent ensemble une LLC devront apporter chacun au moins 100 000 USD d’investissement qualifiant.

Bureau de représentation : pour « être présent » sans facturer

Le Representative Office permet à une entreprise étrangère d’avoir une antenne en Mongolie, sans créer de personne morale distincte. Il peut réaliser des actions de représentation, de marketing, de prospection ou de liaison, mais ne peut pas exercer légalement d’activité génératrice de revenus sur place.

Astuce :

L’ouverture d’une succursale est une solution utile pour tester un nouveau marché, recruter une petite équipe commerciale ou technique, ou gérer un portefeuille clients régional sans avoir besoin d’une facturation locale. Il est important de noter que le certificat d’enregistrement de cette entité est généralement valable pour une durée de 1 à 2 ans et qu’il doit être renouvelé à l’expiration de cette période.

Succursale et établissement stable : alternatives moins fréquentes

La succursale reproduit tout ou partie des fonctions de la maison mère, mais reste juridiquement rattachée à celle-ci. En Mongolie, son enregistrement est possible mais peu utilisé en pratique. Fiscalement, elle constitue en général un établissement stable.

L’établissement stable, au sens fiscal, désigne une présence fixe (chantier, bureau, personnel dépendant…) au travers de laquelle une société non résidente exerce des activités en Mongolie. Si vous opérez via un contrat de services de durée et de nature significatives sans créer de société locale, vous devrez peut-être enregistrer un établissement stable auprès de l’administration fiscale.

Les exigences de capital et d’investissement : un filtre majeur

Pour les entités purement locales, la loi ne fixe pas, en règle générale, de capital social minimum significatif. À l’inverse, pour une LLC avec investisseur étranger, un niveau d’investissement minimal est clairement posé.

ÉlémentDétail
Seuil de qualification « investisseur étranger »Capital total ≥ 100 000 USD, avec au moins 25 % détenus par un ou plusieurs étrangers
Minimum par investisseur étranger dans une LLC100 000 USD (ou équivalent en MNT)
Formes de l’investissementEspèces, biens mobiliers, propriété intellectuelle, etc.
Blocage des fondsDépôt sur compte bancaire temporaire lors de la création, mais utilisables pour l’activité par la suite

Ce montant, converti en Tugrik (environ 360 millions MNT), doit être justifié par des relevés bancaires, contrats d’apport en nature ou autres pièces au moment de l’enregistrement. Il convient donc de planifier un calendrier de versements compatible avec votre budget, tout en respectant l’exigence de preuve à la constitution.

Exemple :

Pour un expatrié solo ou un couple d’entrepreneurs s’installant en Mongolie, plusieurs montages hybrides sont envisageables. Ces options incluent une participation minoritaire dans une structure locale existante, la création d’une joint-venture avec un partenaire local, ou la structuration via une société étrangère mère qui investit directement dans une filiale mongole. Ces modèles permettent de s’adapter au cadre juridique et économique local tout en préservant les intérêts de l’investisseur étranger.

Créer juridiquement sa société : étapes, délais et documents

La procédure de création d’une LLC en Mongolie est relativement rapide comparée à d’autres pays, mais elle implique plusieurs administrations et une rigueur documentaire, en particulier pour les étrangers.

Le déroulé type de l’enregistrement

En pratique, il faut compter de deux à quatre semaines pour aller de la réservation du nom à l’obtention du numéro fiscal et à l’ouverture du compte bancaire définitif. Certains dossiers complexes peuvent s’étendre jusqu’à un mois et demi ou deux mois.

Les grandes étapes sont les suivantes :

Attention :

L’immatriculation d’une entreprise en Mongolie requiert une séquence d’étapes administratives précises, incluant la réservation du nom, la préparation de documents notariés, le dépôt d’un capital initial, et des enregistrements successifs auprès du GASR, des impôts (sous 14 jours) et de la sécurité sociale, avant l’ouverture des comptes bancaires opérationnels.

Les principaux documents à préparer

Pour une LLC à investissement étranger, l’autorité d’enregistrement demande un jeu de pièces assez standardisé, auquel s’ajoutent des formulaires spécifiques sur l’actionnariat effectif.

Document cléContenu ou particularité
Formulaire de demande (UB-03-II)Demande d’enregistrement de la personne morale
Certificat de réservation de nomPreuve que le nom (en cyrillique) est disponible et réservé
Décision de créationRésolution ou procès-verbal de l’assemblée des fondateurs
Statuts (Charter)Règles de gouvernance, capital, pouvoirs du directeur, etc.
Accord d’actionnairesRecommandé si plusieurs partenaires
Justificatif d’adresseBail commercial ou titre de propriété des locaux
Preuve de l’investissementRelevé bancaire, contrat d’apport en nature, etc.
Copies de passeportsAssociés, bénéficiaires effectifs (UBOs), directeur exécutif
Documents des sociétés fondatricesCertificat d’immatriculation, statuts de la société mère
Formulaire UB-12Déclaration des bénéficiaires effectifs
« F register »Informations émises par l’immigration mongole pour les directeurs étrangers
Justificatif des frais de timbrePaiement de la redevance d’enregistrement

La plupart des documents étrangers doivent être traduits en mongol et notariés. Le coût de traduction et de légalisation est à intégrer dans votre budget initial.

Coûts administratifs et honoraires

Le coût purement administratif de l’enregistrement reste modéré en comparaison du ticket d’investissement.

PosteMontant indicatif
Droit d’enregistrement LLC à investissement étranger750 000 MNT (environ 220–310 USD selon le taux)
Enregistrement d’une succursale ou d’un bureau de représentation1 100 000 MNT (approximativement 323–450 USD)
Redevance pour vérification de nom500 MNT, payés sur un compte dédié
Frais de dépôt fiscal (GTA)Environ 10 USD
Honoraires de cabinets (création complète)À partir de ~3 900 USD, avec un coût « tout compris » la première année pouvant avoisiner 9 000–10 000 USD

Pour un expatrié, le recours à un cabinet local (avocats, consultants) est fortement recommandé, ne serait-ce que pour gérer les traductions, la relation avec les différentes administrations et, parfois, la présence physique auprès de la banque au moment de l’ouverture de compte.

Banques, devise nationale et règles de change : un cadre spécifique

L’économie mongole fonctionne autour du Tugrik (souvent noté MNT ou Togrog), seule monnaie autorisée pour la tarification et le règlement des opérations domestiques. Cela a un impact direct sur la manière dont vous facturerez, payerez vos fournisseurs ou rapatrierez vos profits.

Tout ce qui est domestique doit passer par le Tugrik

La règle est simple : tout prix de biens, de services ou de travaux sur le territoire mongol doit être libellé en MNT. Les transactions entre entités enregistrées en Mongolie doivent être réglées en MNT, de même que les paiements au budget de l’État ou des collectivités locales, les commissions légalement fixées, les taxes, droits, etc.

Il est interdit de publier des prix, de faire de la publicité ou de régler des transactions en devises étrangères sans l’autorisation de la Banque de Mongolie (Banque centrale). Un ancien « trou juridique » permettant de réaliser des transactions intérieures dans d’autres monnaies a été refermé en 2009.

En tant qu’expatrié, cela signifie qu’un contrat local avec un client mongol sera en MNT. Vous pouvez toutefois indexer certains montants sur une devise dans le cadre de contrats internationaux (ex. export, prestations avec entités étrangères), en respectant les restrictions en matière de change et de contrôle des devises.

Gérer les devises et les transferts internationaux

Le cadre de change mongol est paradoxal : très libéral sur les sorties de capitaux et les transferts de devises liés à l’investissement, mais avec une réglementation assez détaillée des flux et obligations de change des résidents.

Bon à savoir :

Plusieurs points essentiels à connaître.

– La Banque de Mongolie fixe chaque jour un taux de change officiel du MNT par rapport aux principales devises, sur la base des transactions interbancaires en devises scripturales.

– Ce taux officiel sert de référence obligatoire pour le calcul de la valeur en douane, les revenus imposables, la conversion en MNT pour la comptabilité.

– Les résidents permanents qui reçoivent des revenus en devises (en espèces ou non) doivent, dans un délai de 60 jours, soit conserver ces montants sur un compte dans une banque autorisée en Mongolie, soit les vendre à la banque.

Attention :

Pour les investisseurs étrangers, le rapatriement des capitaux et des dividendes est libre, sans contrôle de change à la sortie, à condition que les obligations fiscales soient remplies. Le gouvernement facilite la circulation des fonds. Une exception : les comptes en dollars portant intérêt détenus par des non-résidents sont soumis à une retenue de 20 %.

Le système bancaire et ses limites

Le secteur bancaire est dominé par quelques grandes banques commerciales. Celles-ci peuvent :

recevoir des dépôts,

gérer des comptes en MNT et en devises,

effectuer des règlements interbancaires via la Banque de Mongolie,

acheter et vendre des devises,

octroyer des crédits en MNT ou en devises,

émettre certains instruments financiers de court terme.

Mais il existe aussi des limites pratiques qui impactent un entrepreneur étranger :

les lettres de crédit sont jugées difficiles à obtenir ;

– les établissements ont parfois peu d’expérience des montages financiers internationaux complexes ;

– la législation bancaire est encore incomplète sur certains volets (accès à certains types de capitaux étrangers).

Cela renforce l’importance de choisir avec soin sa banque (Khan Bank, Golomt Bank sont souvent cités comme « expatriate friendly ») et, pour les opérations sophistiquées, de se faire accompagner par un conseil financier ou un cabinet spécialisé.

Fiscalité des sociétés et des expatriés : ce qu’il faut vraiment intégrer

La Mongolie a réformé récemment une grande partie de son système fiscal, en introduisant des mesures inspirées du projet BEPS de l’OCDE (lutte contre l’érosion de la base fiscale), des règles anti-abus générales et des régimes spéciaux pour certains secteurs.

L’impôt sur les sociétés : progressif mais avec des taux spécifiques

Les sociétés résidentes (entités de droit mongol ou entités étrangères dont le lieu de direction effective se trouve en Mongolie) sont imposées sur leur revenu mondial. Les non-résidentes ne paient des impôts que sur leurs revenus de source mongole, soit via un établissement stable, soit par retenue à la source.

Le barème de l’impôt sur les bénéfices se présente globalement ainsi :

Assiette / Type de revenuTaux standard
Revenu net annuel jusqu’à 6 milliards MNT10 %
Part du revenu net > 6 milliards MNT25 %
Petites entreprises (chiffre d’affaires ≤ 300 millions MNT)1 % du chiffre d’affaires (sous conditions, hors mines, pétrole, alcool, tabac)

En complément, certains revenus sont taxés à des taux forfaitaires, sur une base brute ou spécifique :

Nature du revenuTaux et base
Dividendes, intérêts, redevances (pour un résident)10 % sur le montant brut
Dividendes, intérêts, redevances versés à un non-résident20 % de retenue à la source, modulable par convention fiscale
Gains sur la vente de droits (licences, droits miniers, etc.)10 % sur le gain net, ou 30 % dans certains cas spécifiques de transferts de licences stratégiques par donation / héritage
Produit de la vente d’immeubles2 % sur le prix total de vente
Revenus de loterie40 % sur le revenu net
Rémunération de services fournis par un non-résident en Mongolie (sans établissement stable)20 % de retenue à la source, sauf réduction par traité

Les pertes fiscales peuvent être reportées sur quatre exercices, dans la limite de 50 % du bénéfice imposable de chaque année. Il n’existe pas de mécanisme de report en arrière des déficits.

TVA, taxes locales et incitations

La TVA standard est de 10 % et s’applique aux ventes de biens et services réalisés en Mongolie ainsi qu’aux importations. L’immatriculation à la TVA devient obligatoire dès que le chiffre d’affaires dépasse un seuil relativement bas (10 millions MNT selon certaines sources, 50 millions MNT selon d’autres). De nombreuses entreprises choisissent de s’enregistrer volontairement pour récupérer la TVA sur leurs investissements, notamment si elles injectent au moins 2 millions USD.

6 à 12

Les délais de remboursement des crédits de TVA peuvent prendre de 6 mois à un an, pesant sur la trésorerie des jeunes entreprises.

En complément, divers autres impôts peuvent s’appliquer en fonction de votre secteur : taxes sur les véhicules, taxes foncières, redevances minières, droits d’accises, etc. Pour un expatrié dans les services (IT, conseil, commerce, coworking…), la plupart de ces taxes resteront marginales par rapport à l’impôt sur les sociétés et à la TVA.

Bon à savoir :

La loi sur l’investissement permet aux investisseurs s’engageant financièrement (à partir de 30 milliards MNT, et plus pour une durée de 10 à 18 ans) d’obtenir des certificats de stabilisation. Ces certificats garantissent des taux d’imposition figés sur l’impôt sur les sociétés (CIT), la TVA, les droits de douane et les redevances minières pour une longue période, sécurisant ainsi les conditions fiscales de leur projet.

Par ailleurs, les zones économiques franches offrent des exonérations partielles sur l’impôt sur les sociétés, la TVA, les droits de douane et certains impôts locaux, notamment pour les infrastructures, les activités industrielles ou touristiques orientées export.

Impôt sur le revenu des expatriés

Les personnes physiques résidentes sont imposées sur leur revenu mondial, avec un barème progressif :

Tranche de revenu annuel (MNT)Taux appliqué
0 – 120 millions10 %
120 – 180 millions (sur la part supérieure à 120 M)15 %
> 180 millions (sur la part supérieure à 180 M)20 %

Les non-résidents, eux, sont imposés à 20 % sur leurs revenus de source mongole. Les dividendes, intérêts et loyers sont généralement taxés à 10 % pour les résidents et 20 % pour les non-résidents.

Les salaires versés par un employeur mongol donnent lieu à une retenue à la source par l’entreprise. S’y ajoutent des cotisations de sécurité sociale obligatoires, dues à la fois par l’employeur et le salarié.

Pour un expatrié dirigeant sa propre structure, il faut donc arbitrer entre rémunération salariale (soumise à PIT et cotisations) et dividendes (soumis à l’impôt sur les distributions, éventuellement à la TVA dans certains cas d’honoraires). Les conventions de non double imposition conclues avec de nombreux pays (26 traités de ce type sont en vigueur) permettent souvent d’éviter une double imposition intégrale sur les mêmes revenus.

Travailler et résider légalement en Mongolie en tant qu’entrepreneur

Créer une entreprise ne suffit pas à vous autoriser à séjourner et travailler. Le pays dispose d’un système de visas assez sophistiqué, avec plusieurs catégories pour les investisseurs, dirigeants et salariés.

Panorama des visas utiles à un entrepreneur

Le système de visas comporte neuf grands types et 64 sous-catégories. Pour un expatrié qui crée ou dirige une entreprise, trois catégories sont particulièrement pertinentes :

Visa Investisseur (type B/T) : pour les actionnaires étrangers, leurs représentants mandatés, les dirigeants de sociétés à investissement étranger, ainsi que les responsables de bureaux de représentation. Des sous-catégories existent pour les membres de famille.

Visa de travail (catégorie C ou HG) : pour les salariés étrangers employés par une entité mongole. Nécessite un parrainage de l’employeur et un quota.

Visa d’affaires (type B ou K1 à court terme) : pour venir en mission, rencontrer des partenaires, participer à des salons, sans exercer d’emploi au sens strict.

La Mongolie a également temporairement libéralisé les entrées touristiques pour de nombreux pays (dont certains États occidentaux), avec des séjours sans visa jusqu’à 30 jours, mais cela ne permet pas d’exercer une activité professionnelle sur place.

Obtenir un visa investisseur

Pour un expatrié qui structure son projet à travers une LLC ou une filiale mongole, le visa investisseur constitue souvent la solution la plus logique. L’entreprise invitante doit d’abord obtenir une « permission de visa » auprès du Ministère des Affaires étrangères et des services d’immigration.

Les pièces typiquement exigées comprennent :

une lettre de demande émise par l’entreprise mongole ;

une copie du certificat d’immatriculation de la société et, le cas échéant, des licences sectorielles ;

– une copie du passeport de l’investisseur ou du dirigeant ;

– une lettre de référence de l’investisseur émise via le portail « Invest in Mongolia » ;

– les pièces d’identité et procurations de la personne qui dépose le dossier ;

– la preuve du paiement des droits de timbre.

Pour un titre de séjour de type « investisseur », les autorités regardent non seulement le statut juridique, mais aussi l’investissement effectivement réalisé, la création d’emplois et la situation fiscale de la société (déclarations, paiements). Une fois arrivé, le titulaire du visa doit demander une carte de résident (« Alien Card ») dans les 21 jours, sous peine de pénalités journalières.

Astuce :

Le titre de séjour initial est accordé pour une durée d’un an. Il est ensuite renouvelable et peut être prolongé jusqu’à une durée totale de trois ans. Cependant, ce titre est révocable à tout moment si l’investisseur ne respecte pas ses obligations, notamment s’il n’exerce aucune activité économique ou s’il cherche à éviter le paiement des impôts dus.

Employer des salariés étrangers

Si votre projet inclut le recrutement d’expatriés, vous devrez obtenir, pour chacun, une autorisation préalable d’emploi auprès de l’administration du travail (GALWS). Cette autorisation sert ensuite de base à la demande de visa de travail.

La procédure comporte notamment :

une requête officielle de l’employeur ;

les justificatifs d’enregistrement de la société et de paiement des cotisations sociales ;

un contrat de travail avec traduction notariale en mongol ;

la preuve du paiement des frais administratifs.

Après délivrance de la permission d’emploi, l’employeur sollicite une validation de visa auprès de l’immigration, puis le salarié se voit délivrer un visa dans un consulat ou à une frontière autorisée. Une fois sur place, l’employeur dispose d’une fenêtre d’environ 10 jours pour déposer le dossier complet de permis de travail.

L’employeur doit également payer une redevance mensuelle pour chaque salarié étranger, correspondant à deux fois le salaire minimum. Certaines exemptions sont possibles pour des projets d’envergure nationale ou financés par l’État.

S’installer et opérer à Ulaanbaatar : infrastructures, coworking, coût de la vie

La réalité quotidienne d’un entrepreneur expatrié se joue surtout à Ulaanbaatar, cœur politique, économique et culturel de la Mongolie. La ville concentre la majorité des sièges sociaux, des administrations et de l’écosystème start-up.

Une capitale en mutation, mais encore fragile

Ulaanbaatar compte environ 1,4 million d’habitants. On y trouve un mélange de quartiers modernes, de tours de bureaux, de centres commerciaux et de zones de yourtes plus informelles. Les services de base se développent, mais certaines faiblesses persistent : qualité variable des infrastructures routières, hivers extrêmement rigoureux, épisodes récurrents de forte pollution de l’air en saison froide.

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Le débit moyen de la 4G dans la capitale est d’environ 20 Mbps.

Le coût de la vie reste nettement inférieur à celui des grandes villes occidentales. Un entrepreneur solo peut vivre confortablement avec un budget mensuel autour de 1 000 à 1 500 USD, logement compris, même si les standards internationaux (logements haut de gamme, écoles internationales, restaurants occidentaux) renchérissent la facture.

Coworking et écosystème entrepreneurial

La ville s’est dotée d’un réseau de espaces de coworking et d’incubateurs qui changent progressivement la culture du travail. Pour un expatrié, ces lieux constituent des points d’entrée précieux pour se constituer un réseau, recruter, organiser des événements et trouver des partenaires locaux.

Quelques exemples emblématiques :

Espaces de coworking et hubs d’innovation à Oulan-Bator

Découvrez les principaux lieux de travail collaboratif et d’accompagnement pour start-up dans la capitale mongole.

CLUB coworking

Situé au cœur du quartier d’affaires dans l’ICC Tower, avec vue sur la place centrale. Lieu de travail et de rencontres pour des start-up comme Brainstorm, UB Passport et Happy Home. Offre Wi-Fi haut débit, salles de réunion, espaces événements, cuisine et cabines téléphoniques.

Workcentral Mongolia

Franchise d’un espace singapourien située dans l’immeuble ProOne. Accueille des événements comme Startup Grind et divers programmes de formation pour entrepreneurs.

Hubs d’innovation divers

UB LAB, NomadiCo, Startup Terminal et d’autres hubs offrent des bureaux partagés, des salles de formation et un accompagnement dédié aux jeunes pousses mongoles.

Les tarifs varient beaucoup : certains espaces proposent des formules journalières très abordables (quelques milliers de MNT, soit quelques dollars), d’autres des abonnements mensuels intermédiaires, et de vrais « serviced offices » se positionnent sur un segment plus premium.

Pour un créateur d’entreprise expatrié, ces lieux permettent aussi de tester le marché avant d’engager un bail classique, et d’éviter de se heurter trop vite à la culture mongole du « bureau privé » comme symbole de statut, encore très prégnante.

S’adapter à la culture d’affaires mongole

Au-delà des structures et des lois, la réussite d’un projet entrepreneurial en Mongolie repose largement sur la capacité à naviguer dans un environnement relationnel très spécifique.

Relations, confiance et négociations

La Mongolie est une culture profondément orientée vers la relation. Concrètement, cela se traduit par plusieurs réflexes à adopter :

prendre le temps du small talk au début de chaque rencontre, s’intéresser à la famille, au parcours, à la fierté nationale, avant d’entrer dans le vif du sujet ;

accepter que les décisions importantes se prennent souvent hors des réunions formelles, après consultation en interne ;

– éviter les confrontations directes en public, surtout avec des personnes hiérarchiquement supérieures ou plus âgées ;

– comprendre que des expressions polies comme « ce sera difficile » ou « nous verrons plus tard » peuvent parfois signifier un refus.

Bon à savoir :

Lors de premières visites ou d’occasions festives en Mongolie, il est apprécié d’offrir des cadeaux modestes, typiques de votre pays d’origine, qui démontrent une sincérité perçue. Il est essentiel que ce geste reste éloigné de toute logique de pot-de-vin.

Communication et langue

Le mongol khalkha est la langue officielle et dominante. Dans les affaires, certains interlocuteurs, surtout les plus jeunes ou ceux qui ont étudié à l’étranger, parlent l’anglais. Le russe reste utilisé dans certains milieux. Mais en dehors des grandes entreprises ou des cabinets internationaux, il ne faut pas compter sur une maîtrise généralisée des langues étrangères.

Pour des négociations importantes, le recours à un interprète professionnel est fortement conseillé. Les documents clés (contrats, statuts, accords de partenariat) doivent de toute façon être traduits en mongol pour être opposables aux autorités.

Bon à savoir :

La communication au travail va au-delà des mots. Il est important de maintenir un contact visuel, d’utiliser des gestes modérés et de respecter l’espace personnel. Par ailleurs, certaines règles de politesse inspirées du bouddhisme s’appliquent aussi en contexte professionnel, comme éviter de toucher la tête d’une personne et manipuler les objets avec les deux mains.

Management et travail en équipe

Les descriptions de la hiérarchie mongole sont parfois contradictoires, mais on peut dégager une réalité nuancée : les entreprises traditionnelles fonctionnent souvent sur un mode top-down, avec une forte centralisation de la décision au niveau des dirigeants ou des propriétaires, tandis que les start-up et structures plus « occidentalisées » tendent à encourager davantage la participation et le débat.

Pour un entrepreneur expatrié, l’enjeu est de trouver l’équilibre entre :

clarté des décisions et des responsabilités, très attendue ;

ouverture aux initiatives, pour capter l’énergie d’une jeunesse éduquée et ambitieuse ;

– respect des formes, en particulier vis-à-vis des seniors et des autorités.

Opportunités de secteurs pour un expatrié

Même si les mines dominent les statistiques d’exportation, l’éventail d’opportunités pour un entrepreneur expatrié est bien plus large.

Services numériques, fintech et éducation

La transformation digitale du pays, avec une forte pénétration des smartphones et des solutions de paiement mobile, ouvre des brèches dans la fintech, les plateformes en ligne, l’e-commerce ou les services B2B numériques. Le gouvernement pousse une initiative « Digital Nation », incluant des efforts importants de formation à l’IA et aux technologies.

L’écosystème start-up, bien que encore immature, a déjà vu émerger des acteurs dans :

la fintech (leaders en termes de revenus parmi les start-up) ;

– l’edtech ;

– l’analyse de données, l’IA ;

– le marketing et la publicité digitale.

La faiblesse de l’offre en formation de qualité dans certains domaines (STEM, coding, business) crée aussi un espace pour des écoles privées, des bootcamps ou des plateformes d’apprentissage en ligne, à condition de bien s’adapter au pouvoir d’achat local.

Agriculture, agroalimentaire et chaîne de valeur pastorale

Avec plus de 70 millions de têtes de bétail, d’immenses pâturages et une renommée mondiale dans la laine de cachemire, la Mongolie recèle un potentiel considérable dans :

Secteurs clés de production

Les principales filières agricoles et agroalimentaires, mettant en valeur la transformation et les produits de qualité.

Transformation de la viande

Modernisation des abattoirs, développement de la surgélation et renforcement des capacités d’exportation.

Produits laitiers

Production et valorisation de produits laitiers de haute qualité.

Laine et cachemire

Élaboration de produits à haute valeur ajoutée autour de la laine et du cachemire.

Grandes cultures

Production de fourrages, de céréales et de cultures adaptées aux conditions climatiques locales.

Des entrepreneurs locaux, souvent soutenus par des microfinanciers ou des programmes de développement, ont déjà développé des exemples inspirants dans les confitures, les souvenirs artisanaux, la couture, etc. Un expatrié peut se positionner sur la structuration de filières, le design de produits adaptés aux marchés étrangers, le marketing international ou la logistique.

Tourisme, hospitalité, expériences

La Mongolie se positionne comme une destination d’aventure, encore largement « hors des sentiers battus ». Les séjours en yourtes, les circuits équestres, le désert de Gobi, les parcs nationaux ou les grands festivals comme Naadam constituent autant d’atouts.

650000

C’est le nombre de touristes étrangers qui ont visité la destination en 2023.

camps touristiques écologiques ;

hébergements de standing intermédiaire ou élevé ;

agences spécialisées sur des niches (photo, trek, birdwatching, etc.) ;

services pour nomades digitaux (logements, coworking en région, circuits « travail & voyage »)

est encore loin d’être saturée, même si la saisonnalité très marquée et la vulnérabilité aux chocs extérieurs (comme la pandémie) exigent des modèles économiques prudents.

Énergies renouvelables et infrastructures

Le potentiel solaire et éolien de la Mongolie est exceptionnel, avec un nombre très élevé de jours ensoleillés par an et d’importantes ressources de vent. Le pays s’est fixé des objectifs ambitieux pour porter la part des renouvelables à 30 % de son mix énergétique d’ici 2030.

Pour un expatrié, il est difficile de jouer en solo sur de grands projets énergétiques, mais des opportunités existent dans :

l’ingénierie et le conseil en efficacité énergétique ;

les solutions de micro-grids pour les communautés isolées ;

les technologies de stockage, de monitoring, ou de maintenance ;

les services aux grands projets (logistique, formation, digitalisation).

Défis à anticiper et bonnes pratiques pour réussir

Créer sa société en Mongolie en tant qu’expatrié ne s’improvise pas. Plusieurs obstacles reviennent dans les retours d’expérience.

Parmi les plus importants :

Astuce :

Plusieurs obstacles majeurs doivent être pris en compte pour investir en Mongolie. Le seuil d’investissement minimal de 100 000 USD pour les LLC à capital étranger exclut les projets modestes, nécessitant une stratégie pour l’atteindre, par exemple en mutualisant les fonds entre partenaires ou en utilisant d’autres structures juridiques. La langue et la complexité administrative représentent un défi, avec des formulaires en mongol, l’obligation de traduire et notarier les documents, et des démarches auprès de multiples organismes (GAIPSR, GTA, ASI, Immigration, etc.). Il faut également composer avec une instabilité réglementaire relative, notamment dans les secteurs de la finance, des mines ou des devises, sujets à des modifications fréquentes. Enfin, l’accès au financement local reste difficile pour les start-up et PME, qui peinent souvent à lever des fonds au-delà de l’épargne personnelle et familiale, malgré l’émergence timide d’un marché du capital-risque.

Face à ces défis, quelques bonnes pratiques se dessinent :

travailler dès le début avec un cabinet juridique local doté d’une solide expérience en investissement étranger ;

s’appuyer sur les structures d’appui existantes (Chambres de commerce, Business Council of Mongolia, associations d’investisseurs étrangers) ;

– prévoir une marge de temps et de budget suffisante pour les démarches administratives ;

– investir dans la relation de confiance avec vos partenaires, employés, fournisseurs et administrations ;

– éviter de sous-estimer les contraintes climatiques, logistiques et infrastructurelles dans la conception de votre modèle d’affaires.

Conclusion : un marché à fort potentiel, mais qui exige lucidité et enracinement local

La Mongolie n’est ni un eldorado facile, ni un environnement fermé. C’est un pays en mouvement rapide, porté par ses ressources, sa jeunesse et son ouverture aux investissements, mais qui reste marqué par son héritage nomade, ses réseaux de confiance, ses hivers rudes et ses institutions en construction.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, la création d’entreprise en Mongolie peut prendre diverses formes (filiale, services numériques, agroalimentaire, etc.). Il est essentiel de comprendre le cadre légal, d’intégrer le coût d’entrée (notamment le seuil de 100 000 USD pour les sociétés à investissement étranger), de maîtriser les règles de change et de fiscalité, et de tisser un réseau local solide.

La Mongolie offre de l’espace, au sens propre comme au figuré, à ceux qui sont prêts à conjuguer ambition entrepreneuriale, patience, et respect sincère d’une culture vieille de plusieurs siècles. Pour un expatrié prêt à s’engager dans la durée, c’est probablement l’un des terrains les plus stimulants d’Asie aujourd’hui.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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