Fiscalité des expatriés au Surinam : impôt sur le revenu et taxe foncière, ce qu’il faut vraiment savoir

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Surinam pour y travailler ou y investir dans l’immobilier peut sembler attractif : coût de la vie modéré, fiscalité encore en construction, opportunités dans l’énergie, les mines ou le tourisme. Mais pour un expatrié, ignorer les règles locales en matière d’impôt sur le revenu et de taxes liées à la propriété immobilière est le meilleur moyen de transformer un projet prometteur en casse-tête fiscal.

Bon à savoir :

Le système fiscal surinamais, d’origine néerlandaise, repose sur plusieurs impôts : un impôt progressif sur le revenu, un impôt sur le patrimoine, une taxation de la valeur locative des immeubles et divers droits de timbre. Le régime applicable dépend de votre statut : résident ou non-résident fiscal, salarié ou investisseur immobilier, et opérant en tant que particulier ou via une société.

Cet article propose une vue d’ensemble structurée, pensée pour un public d’expatriés francophones, en se concentrant sur deux blocs centraux : l’impôt sur le revenu et la fiscalité immobilière (taxe foncière au sens large, taxe de valeur locative, impôt sur la fortune et droits de mutation).

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Comprendre le cadre fiscal général du Surinam

Le Surinam fonctionne avec un ensemble de lois fiscales anciennes mais régulièrement amendées : loi sur l’impôt sur le revenu de 1922, loi sur l’impôt sur le patrimoine de 1944, loi sur l’impôt sur les dividendes de 1973, loi sur la taxe de valeur locative de 1995, auxquelles se sont ajoutées plus récemment la TVA et des ajustements de barèmes.

Attention :

L’administration fiscale surinamaise (Belastingdienst) fonctionne sous l’autorité du ministère des Finances et du Plan. Elle applique le principe de « Self Assessment », obligeant chaque contribuable (personne physique ou société) à calculer, déclarer et payer lui-même ses impôts. Le rôle de l’administration se limite principalement au contrôle et au redressement en cas d’erreur ou de fraude.

Pour un expatrié qui découvre ce système, il est crucial de bien maîtriser deux notions : la résidence fiscale, qui détermine l’étendue de l’imposition, et la nature des revenus ou des biens qui tombent dans le champ de l’impôt surinamais.

Résident ou non-résident : un choix de centre d’intérêts, pas de visa

Au Surinam, la résidence fiscale ne dépend ni du type de visa, ni de la durée de séjour prise isolément. Ce qui compte, c’est l’endroit où se situe le « centre des intérêts vitaux », c’est-à-dire le cœur de vos attaches économiques et personnelles.

Si votre emploi principal est au Surinam, que votre famille y réside, que vous y possédez votre logement principal et que vos activités économiques s’y concentrent, vous serez considéré comme résident fiscal, même en l’absence de permis de résidence formel. À l’inverse, si vos liens économiques et familiaux restent ailleurs et que vous ne faites qu’y travailler ponctuellement, vous demeurerez non-résident.

Astuce :

Cette distinction est déterminante pour un expatrié : elle impacte directement ses droits, ses obligations fiscales et son statut juridique dans le pays d’accueil. Il est essentiel de la comprendre et de la clarifier avant tout départ pour éviter des complications administratives ou légales.

le résident est imposé sur son revenu mondial (salaires, bénéfices professionnels, revenus de capitaux, loyers et plus-values immobilières, qu’ils proviennent du Surinam ou de l’étranger) ;

le non-résident n’est imposé que sur certains revenus de source surinamaise (notamment salaires pour un travail effectué dans le pays et revenus immobiliers provenant d’immeubles situés au Surinam).

En pratique, un étranger qui arrive pour travailler au Surinam est très souvent soumis à l’impôt dès le premier jour de travail, sans exonération « de courtoisie » type 183 jours qui existe dans d’autres pays. Le fait qu’il ne dispose pas encore de permis de séjour ne le protège en rien de la fiscalité.

Impôt sur le revenu des particuliers : une progressivité forte, peu de niches pour les non-résidents

L’impôt sur le revenu au Surinam est annuel, progressif et s’applique à la somme des revenus nets des différentes catégories (activité indépendante, salaires, revenus fonciers, capitaux mobiliers). Les taux marginaux culminent à 38 % pour les revenus les plus élevés.

Barème progressif récent : où se situent les expatriés ?

Les barèmes ont été fréquemment ajustés ces dernières années, notamment pour tenir compte de la dévaluation du dollar surinamais (SRD). Pour illustrer la structure actuelle, voici les tranches en vigueur pour l’année se terminant au 31 décembre 2025 :

Tranche de revenu annuel (SRD)Taux d’imposition
Jusqu’à 108 0000 %
108 000 – 150 0008 %
150 000 – 192 00018 %
192 000 – 234 00028 %
Au-delà de 234 00038 %

Le même schéma de cinq tranches s’observait déjà pour 2023 et 2022, mais avec des seuils plus bas. La structure reste donc stable : un large « zéro » en bas de barème, un palier marginal maximal de 38 % en haut.

Un élément à ne pas perdre de vue pour un expatrié : résidents et non-résidents sont soumis aux mêmes taux. La différence se joue sur l’assiette imposable et l’accès aux abattements et déductions.

Avantages fiscaux de base : à qui profitent-ils vraiment ?

Le système prévoit plusieurs mécanismes d’allègement pour les particuliers :

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Montant de la franchise de base (SRD) exonérée d’impôt sur le revenu pour les résidents.

À cela s’ajoutent, pour les résidents, tout un ensemble de déductions personnelles : intérêts d’emprunt immobilier principal, dépenses de peinture extérieure de la résidence principale (tous les trois ans maximum), primes d’assurance retraite ou invalidité (dans la limite de 10 % du revenu), soutien financier à des proches dans le besoin, frais médicaux dépassant 10 % du revenu, prise en compte de certains enfants majeurs à charge ou d’enfants handicapés.

Exemple :

Les non-résidents ne bénéficient que d’une partie des avantages fiscaux accordés aux résidents. Ils ont droit à la réduction mensuelle de 50 SRD et à la déduction forfaitaire de 4 % sur le salaire brut, mais sont exclus des déductions liées à la vie personnelle ou à la résidence principale. Cette différence de régime explique pourquoi, à revenu brut égal, leur charge fiscale effective est plus élevée.

Revenus concernés pour les expatriés non-résidents

Un expatrié non-résident est imposé uniquement sur un ensemble bien circonscrit de revenus de source surinamaise. On y retrouve notamment :

Revenus imposables au Surinam

Les revenus suivants sont soumis à l’impôt sur le revenu au Surinam, conformément à la législation fiscale locale.

Rémunérations du travail

Salaires, primes et avantages en nature perçus pour un travail effectué au Surinam, que l’employeur soit local ou étranger avec un établissement stable dans le pays.

Mandats sociaux

Rémunérations perçues en qualité de directeur ou d’administrateur d’une société établie au Surinam.

Revenus immobiliers

Revenus tirés de biens immobiliers situés au Surinam : loyers, valeur locative fictive et, dans certains cas, intérêts de créances hypothécaires.

Bénéfices d’activité

Bénéfices d’une activité professionnelle ou commerciale rattachés à un établissement stable au Surinam.

Cette liste signifie concrètement qu’un expatrié qui travaille à distance pour un employeur étranger, sans lien économique structuré avec le territoire, pourrait rester en dehors de l’impôt surinamais pour ses salaires. A l’inverse, dès lors qu’il exerce physiquement son emploi sur le territoire pour un employeur local ou un établissement stable, il devient imposable, même pour un séjour court.

Pas d’« effet 183 jours » pour les salariés de droit commun

Dans de nombreux pays, les traités fiscaux ou la loi interne prévoient une tolérance : un non-résident exerçant une activité salariée pendant moins de 183 jours n’est pas imposable localement, sous certaines conditions. Le Surinam ne connaît pas d’exonération générale de ce type dans son droit interne.

Pour le salarié expatrié, la conséquence est claire : dès le premier jour de travail surinamais, les salaires deviennent imposables au Surinam, sans période de grâce, sauf si un traité de non-double imposition applicable prévoit un régime plus favorable sur un cas précis.

Impôt sur le revenu et retenue à la source : le rôle central de l’employeur

Le Surinam applique un système classique de retenue à la source sur les salaires, appelé « wage tax ». C’est un élément clé pour les expatriés salariés, car l’employeur – y compris un établissement stable d’un groupe étranger – devient le premier interlocuteur de l’administration fiscale.

L’employeur doit calculer l’impôt dû chaque mois selon un barème progressif proche de celui de l’impôt sur le revenu, appliquer les abattements autorisés (franchise pour les résidents, réduction mensuelle, déduction forfaitaire de 4 %), retenir l’impôt sur le salaire net et le reverser au fisc à la date fixée.

Bon à savoir :

Pour les salariés n’ayant qu’un seul employeur et aucune autre source de revenus, le prélèvement à la source peut constituer l’impôt définitif. Cependant, une déclaration annuelle reste obligatoire en cas d’autres revenus (immobilier, activité indépendante, revenus de capitaux) ou de cumul d’emplois, afin de procéder à une régularisation.

Les délais sont stricts : dépôt d’une déclaration provisoire en cours d’année, paiement fractionné en quatre acomptes sur la base de cette estimation, puis dépôt de la déclaration finale dans les quatre mois qui suivent la fin de l’exercice (soit le 30 avril pour un exercice calendaire). Le non-respect de ces obligations ouvre la voie à des redressements assortis de pénalités et d’intérêts de retard.

Expatriés et charges sociales : une particularité favorable

Le Surinam a mis en place un socle de sécurité sociale (pension publique, assurance maladie de base, assurance accidents du travail). Les cotisations sont principalement prélevées via la paie et déclarées simultanément à l’impôt sur les salaires.

Attention :

Pour les salariés résidents, l’employeur doit retenir une cotisation vieillesse publique de 4% sur le salaire, une obligation qui ne s’applique pas aux expatriés. Ces derniers restent couverts par l’assurance accidents du travail (prime entièrement à la charge de l’employeur) et, généralement, par une assurance santé de base dont au moins la moitié de la prime est supportée par l’employeur.

Pour un étranger, cela se traduit par un coût de main-d’œuvre légèrement moindre à revenu brut égal, mais aussi par une moindre protection vis-à-vis du système de retraite public local. Il est donc fréquent que les expatriés complètent ce dispositif par des solutions de retraite ou d’assurance privées, parfois éligibles à une déduction fiscale dans certaines limites si le contribuable est résident.

Patrimoine et immobilier : un paysage fiscal en plusieurs couches

Pour un expatrié qui investit dans la pierre ou qui devient propriétaire de sa résidence au Surinam, il ne suffit pas de regarder l’impôt sur le revenu. Trois autres composantes doivent être apprivoisées : l’impôt sur la fortune, la taxe sur la valeur locative des immeubles et le droit de timbre sur les transactions immobilières. À cela s’ajoute le traitement de l’éventuel revenu locatif.

Impôt sur la fortune : une pression symbolique, mais à ne pas négliger

Le Surinam maintient un impôt sur le patrimoine, applicable aux personnes physiques, qu’elles soient résidentes ou non-résidentes.

Pour les résidents, l’assiette couvre le patrimoine net mondial, sous réserve de certaines exclusions ciblées. Pour les non-résidents, elle se limite principalement aux biens immobiliers situés au Surinam. Le dispositif est allégé par des abattements conséquents : SRD 100 000 pour les célibataires, SRD 200 000 pour les personnes mariées.

Au-delà de ce seuil, le taux est très faible : 0,003 %, soit 3 pour mille. L’effet budgétaire peut donc paraître marginal, mais il impose tout de même aux expatriés propriétaires de déclarer leurs actifs immobiliers locaux et d’acquitter l’impôt correspondant. Ignorer cet impôt en se concentrant uniquement sur l’impôt sur le revenu expose à des régularisations.

Taxe de valeur locative (taxe foncière au sens strict)

La principale taxe annuelle directement liée à la détention d’un bâtiment est la taxe sur la valeur locative, qui joue dans les faits le rôle de taxe foncière sur les constructions.

Elle fonctionne sur un principe d’imposition de la « valeur locative imputée » du bien, c’est-à-dire ce qu’il pourrait raisonnablement rapporter en loyer sur le marché, indépendamment de sa mise en location effective ou de son occupation par le propriétaire. Le taux est de 6 % de cette valeur locative, avec plusieurs garde-fous :

un seuil d’exonération de SRD 50 000 sur la valeur taxable ;

un minimum de cotisation de SRD 20 par an.

La particularité du système surinamais est que le redevable légal n’est pas nécessairement seulement le propriétaire : la loi prévoit que la taxe peut être due soit par le propriétaire, soit par le locataire, selon les modalités fixées contractuellement ou par la pratique administrative. Pour un expatrié, il est donc indispensable de vérifier, dans tout contrat de location (comme bailleur ou comme locataire), qui supportera cette taxe.

Un tableau récapitulatif permet de visualiser ces principaux paramètres.

ÉlémentRègle principale
AssietteValeur locative imputée du bâtiment
Taux6 %
Seuil d’exonérationSRD 50 000
Montant minimum de taxeSRD 20
Redevable légalPropriétaire ou locataire (selon cas)

Pour un expatrié propriétaire occupant sa résidence principale, cette taxe représente une charge annuelle récurrente qu’il faut intégrer au coût global de détention, en plus d’éventuels frais municipaux ou de copropriété.

Droit de timbre sur les transactions immobilières

L’acquisition d’un bien immobilier au Surinam implique le paiement d’un droit de timbre (souvent assimilé à un droit de mutation ou taxe de transfert). Ce droit est prélevé au moment de la signature de l’acte chez le notaire, sur la base de la valeur du bien.

7 à 8

Il s’agit du taux usuel, exprimé en pourcentage de la valeur du bien, représentant le coût d’entrée significatif pour l’achat d’un bien immobilier.

Pour un expatrié qui envisage un investissement locatif, ces frais initiaux peuvent peser fortement sur la rentabilité nette et doivent être intégrés dans les calculs de retour sur investissement, au même titre que les coûts de financement ou de rénovation.

Revenus locatifs et imposition au Surinam

Un expatrié propriétaire qui met son bien en location se retrouve à la croisée de plusieurs dispositifs :

Bon à savoir :

Les revenus locatifs sont soumis à deux impositions distinctes : les loyers perçus sont taxés dans le cadre de l’impôt sur le revenu, tandis que le bien immobilier lui-même reste assujetti à la taxe foncière, calculée sur une valeur locative théorique du marché et non sur les loyers réellement facturés.

Pour un non-résident, l’impôt sur le revenu ne s’applique que sur les revenus directement liés à l’immobilier situé au Surinam. Les loyers constituent donc une base imposable locale classique, potentiellement soumise aux taux progressifs allant jusqu’à 38 %, après prise en compte de certaines charges déductibles (frais de gestion, entretien, assurances, intérêts d’emprunt dans certains cas).

En parallèle, le bien entre dans le champ de l’impôt sur le patrimoine pour sa valeur nette, et de la taxe de valeur locative. Ce « triple étage » peut sembler redondant, mais l’impôt sur la fortune est à un taux symbolique, tandis que la taxe de valeur locative se fonde sur un loyer théorique.

Pour les expatriés, un point d’attention est la coordination avec la fiscalité du pays de résidence ou d’origine. Un résident fiscal d’un autre État qui perçoit au Surinam des revenus fonciers devra, dans la plupart des cas, les déclarer également dans son pays de résidence, avec à la clé un crédit d’impôt ou une exonération selon les conventions applicables.

Cas particulier : non-résidents, patrimoine immobilier et impôt sur le revenu

Pour les non-résidents, les biens immobiliers situés au Surinam sont au cœur de la fiscalité locale. Ils sont pris en compte :

– au titre de l’impôt sur la fortune (uniquement les immeubles locaux, au-delà des abattements de 100 000/200 000 SRD) ;

– au titre de la taxe de valeur locative (6 % de la valeur locative imputée) ;

– au titre de l’impôt sur le revenu (loyers et certains revenus financiers associés au bien, comme les intérêts de créances hypothécaires sur l’immeuble).

Bon à savoir :

Au Surinam, les particuliers ne sont généralement pas soumis à un impôt spécifique sur les plus-values lors de la revente d’un bien immobilier. Les gains de cession ne sont donc pas systématiquement taxés. Cependant, une taxation peut s’appliquer si l’activité est considérée comme une entreprise ou si la transaction s’inscrit dans le cadre d’une activité commerciale.

Pour les sociétés détenant de l’immobilier, la logique diffère : les gains de cession d’actifs sont alors considérés comme des bénéfices ordinaires soumis à l’impôt sur les sociétés.

Impôt sur les sociétés : un outil à manier avec précaution pour les expatriés investisseurs

Pour un expatrié qui souhaite structurer ses investissements (immobiliers ou professionnels) via une entité, la fiscalité des sociétés au Surinam pèse lourd dans le choix :

les sociétés résidentes, définies comme les entités de droit surinamais ou les sociétés étrangères dont la direction effective est au Surinam, sont imposées sur leur bénéfice mondial ;

– les non-résidentes sont imposées sur leurs bénéfices provenant d’un établissement stable ou d’immeubles situés au Surinam.

36

Le taux de base de l’impôt sur les sociétés au Suriname est de 36 %.

Pour un expatrié qui investirait dans l’immobilier via une société, l’arbitrage entre détention en direct et via une entité doit tenir compte de ces éléments :

Bon à savoir :

L’investissement via une société est soumis à l’impôt sur les sociétés sur les bénéfices locatifs et les plus-values. Pour l’actionnaire non-résident, les dividendes peuvent être soumis à une retenue à la source, sauf disposition contraire d’une convention fiscale. Enfin, la personne physique résidente à l’étranger peut être imposée dans son pays de résidence, avec un crédit d’impôt pour les taxes déjà payées au Surinam.

L’absence de retenue à la source sur les intérêts, les redevances et certains frais de gestion ou d’assistance technique facilite en revanche les financements intragroupe et la rémunération de services transfrontaliers.

Double imposition : comment les conventions peuvent aider les expatriés

Le réseau conventionnel du Surinam reste limité, mais il s’est étoffé au fil des années avec quelques accords clés, notamment avec les Pays-Bas, l’Indonésie, les Émirats arabes unis et, plus récemment, Curaçao, avec une clause d’extension potentielle à Aruba et Sint Maarten.

Ces conventions ont deux effets majeurs pour les expatriés :

elles répartissent le droit d’imposer entre États pour différents types de revenus (salaires, dividendes, revenus immobiliers, intérêts, redevances) ;

elles prévoient des mécanismes d’élimination de la double imposition (méthode d’exonération ou de crédit d’impôt).

Bon à savoir :

Pour un salarié expatrié, le salaire est généralement imposé dans le pays où le travail est effectué. Une exception peut s’appliquer pour des séjours de courte durée (souvent moins de 183 jours), à condition que l’employeur n’ait pas d’établissement stable dans le pays d’accueil. Cette règle conventionnelle peut atténuer le droit interne surinamais, qui n’accorde pas une telle exonération.

Pour un expatrié investisseur immobilier, la plupart des conventions confirment systématiquement le droit de l’État de situation de l’immeuble (ici, le Surinam) d’imposer les revenus et, souvent, les gains en capital liés à cet immeuble. Le pays de résidence de l’investisseur doit alors accorder une exonération ou un crédit d’impôt.

Il revient à chaque expatrié de vérifier la convention applicable entre le Surinam et son État de résidence, et de la faire valoir si nécessaire via les formulaires ou procédures prévus, afin d’éviter une double imposition durable.

Calendrier et conformité : un piège récurrent pour les nouveaux arrivants

Pour les expatriés, l’une des difficultés majeures n’est pas tant le niveau des taux que la gestion simultanée :

des obligations déclaratives et de paiement au Surinam (impôt sur le revenu, taxe de valeur locative, impôt sur le patrimoine, éventuellement TVA pour une activité économique) ;

des obligations résiduelles dans le pays d’origine ou de résidence (déclarations des revenus étrangers, déclarations d’actifs à l’étranger, etc.).

Au Surinam, le calendrier type d’un contribuable personne physique se résume ainsi :

ObligationÉchéance indicative
Déclaration provisoire d’IRmi-avril (année en cours)
Paiement des 4 acomptes d’IRmi-avril, mi-juillet, mi-octobre, fin décembre
Déclaration finale d’IRfin avril (année suivante)
Déclaration de patrimoineen même temps que l’IR
Paiement taxe de valeur locativeselon avis de l’administration

Le non-respect de ces délais donne lieu à des impositions d’office, souvent assorties d’amendes et d’intérêts. Les pénalités peuvent grimper significativement en cas de retard répété ou de mauvaise foi avérée.

Astuce :

Pour les sociétés, le processus de déclaration et de paiement de l’impôt suit un calendrier spécifique. Une déclaration provisoire doit être déposée avant la mi-avril ou dans les 2,5 mois suivant le début de l’exercice comptable. Des paiements trimestriels sont ensuite effectués. Enfin, la déclaration définitive doit être soumise dans les six mois suivant la clôture de l’exercice.

Pour un expatrié qui gère en parallèle des obligations fiscales dans son pays d’origine (comme un citoyen américain contraint déclarer ses revenus mondiaux, y compris loyers et salaires perçus au Surinam), la situation devient rapidement complexe. D’où l’importance de structurer sa situation dès l’arrivée, avec un suivi rigoureux des documents (contrats de travail, baux, relevés bancaires, factures, attestations fiscales surinamaises).

Stratégies pratiques pour les expatriés : réduire le risque sans chercher l’optimisation agressive

Le système fiscal surinamais n’offre pas de régime « expatrié » spécifique avec abattements massifs comme dans certains pays européens. L’objectif pour un étranger n’est donc pas d’y chercher des montages sophistiqués mais plutôt d’éviter les pièges classiques et d’utiliser intelligemment les règles existantes.

Parmi les réflexes prudents et utiles :

Astuce :

Pour une expatriation fiscale réussie, il est crucial de clarifier son statut de résident ou non-résident dès le départ en examinant son centre d’intérêts économiques et familiaux. Négociez dans le contrat de travail la prise en charge par l’employeur de certaines obligations (assurance accidents, santé, assistance fiscale, voire une clause de « tax equalization »). Vérifiez systématiquement, pour une location ou acquisition, qui supporte la taxe de valeur locative et comment sont gérés les droits de mutation et frais de notaire. Tenez une comptabilité détaillée des dépenses liées à un bien locatif (entretien, réparations, assurance, intérêts) pour justifier les déductions fiscales. Enfin, coordonnez-vous avec un conseiller fiscal dans le pays d’origine pour synchroniser les déclarations et assurer l’application correcte des crédits d’impôt ou exonérations prévues par les conventions.

Sur un marché émergent comme le Surinam, où les règles évoluent dans le cadre d’un programme de stabilisation économique et de réformes soutenues par le FMI, la meilleure protection pour un expatrié reste une bonne information et un accompagnement professionnel local, plutôt que des montages improvisés.

En résumé : une fiscalité encore raisonnable, mais exigeante sur la conformité

Le Surinam offre aux expatriés un cadre fiscal à la fois classique et particulier. Classique par sa structure : impôt progressif sur le revenu, retenue à la source sur les salaires, impôt symbolique sur le patrimoine, taxation annuelle de la valeur locative des immeubles, droits de mutation sur les transactions. Particulier par certaines spécificités : absence d’exonération de 183 jours pour les salariés non-résidents, maintien d’un impôt sur la fortune, combinaison d’une taxe de valeur locative et d’une imposition sur les loyers, réseau conventionnel encore restreint.

Bon à savoir :

Pour un salarié étranger, l’obligation fiscale naît dès le premier jour de travail, sans nécessité d’un visa de résidence. Pour un investisseur immobilier, la rentabilité doit être évaluée sur le long terme, en tenant compte de la taxe de valeur locative, du droit de timbre à l’acquisition, de l’impôt sur le revenu des loyers et, dans une moindre mesure, de l’impôt sur le patrimoine.

Dans tous les cas, la coordination avec la fiscalité du pays d’origine ou de résidence reste incontournable. Loin d’être un paradis fiscal opaque, le Surinam se situe plutôt dans la catégorie des juridictions en transition, qui renforcent progressivement leurs outils de collecte et de contrôle. Un expatrié informé et bien accompagné peut y optimiser sa situation en toute légalité, à condition d’accepter la discipline que ce système exige.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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