Les sports populaires à pratiquer au Liban

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Au Liban, le sport n’est pas qu’un spectacle télévisé ou un souvenir d’événements internationaux passés. Entre mer et montagne, stades de quartier et grandes enceintes, clubs historiques et nouvelles salles de fitness, le pays offre un terrain de jeu étonnamment riche pour qui veut bouger. Malgré une crise économique profonde, une jeunesse frappée par le chômage et un État peu présent, les Libanais continuent d’investir les terrains de football, les sentiers de randonnée, les parois rocheuses et les salles de sport.

Bon à savoir :

Cet article dresse un état des lieux des sports les plus pratiqués au Liban, en s’appuyant sur des données concrètes. Il présente les disciplines accessibles, les infrastructures disponibles, les lieux de pratique et le contexte social, au-delà du seul sport professionnel.

Sommaire de l'article masquer

Football, futsal et beach soccer : le cœur battant du sport libanais

Le football est, de loin, le sport le plus populaire au Liban. Historiquement introduit à la fin du XIXᵉ siècle dans les écoles chrétiennes, il est aujourd’hui présent dans chaque quartier, chaque village, chaque camp de réfugiés. La plupart des Libanais se reconnaissent dans un club, qu’il soit prestigieux comme Nejmeh, Ansar ou Ahed, ou plus modeste mais enraciné localement.

Pratiquer le football au quotidien

La pratique amateur du football ne nécessite que très peu de moyens : un terrain vague, une cour d’école, une plage, une balle. C’est l’un des grands atouts de ce sport dans un pays où plus de 60 % des enfants et adolescents n’atteignent pas les niveaux recommandés d’activité physique, selon les rapports libanais sur la pratique sportive des jeunes.

On trouve :

Exemple :

Le paysage sportif libanais comprend une variété d’infrastructures : des terrains municipaux ou appartenant à des clubs, des installations dans les camps palestiniens (comme Al-Nidal, Al-Somod et Al Nahda à Bar Elias), des académies privées telles que l’Advanced Soccer Academy (ASA) qui compte environ 500 membres pour un abonnement mensuel d’environ 160 dollars, et des centres multisports privés comme SportsVille ou le futur complexe Champs.

Ce maillage de structures privées et associatives compense en partie la faiblesse des programmes publics : seulement 4,5 % des élèves ont participé à des compétitions ou événements organisés par le ministère de la Jeunesse et des Sports durant l’année scolaire 2016–2017, sur près de 925 000 élèves.

Tableau – Quelques chiffres sur la pratique encadrée chez les jeunes

Indicateur (jeunes au Liban)Valeur approximative
Élèves ayant participé à un événement sportif du ministère (2016–2017)4,5 %
Enfants/ados atteignant 60 min d’activité physique/jour (≥ 5 j/sem.)20,7 %
Part des garçons atteignant ce seuil28,5 %
Part des filles atteignant ce seuil14,3 %

Ces chiffres montrent à la fois l’énorme popularité du football informel et la faiblesse des dispositifs structurés. Pour de nombreux garçons, et de plus en plus de filles, le ballon reste pourtant l’une des rares portes d’entrée vers une activité régulière.

Al Nejmeh, vitrine d’une vision plus large

Parmi les clubs phares, Al Nejmeh ne se contente plus d’aligner une équipe première. Son plan stratégique repose sur quatre piliers : rénovation de son stade (“Nejmeh Fortress”), création d’une académie de jeunes avec un parcours jusqu’à l’équipe fanion, diversification vers le futsal, le football féminin et le beach soccer, et développement de sources de revenus innovantes.

500000

Un fonds de 500 000 dollars a été monté pour moderniser le stade, améliorer les tribunes et l’accueil du public.

Futsal et beach soccer : des disciplines d’avenir

Le futsal, version en salle du football, et le beach soccer, joué sur le sable, sont identifiés comme des secteurs à fort potentiel. Dans un pays au littoral dense et aux nombreuses plages, le beach soccer pourrait facilement se développer, notamment en été. De même, le futsal offre une solution idéale dans les zones urbaines où l’espace manque, comme Beyrouth ou Tripoli.

Le projet “One Club, All Sports” d’Al Nejmeh illustre cette tendance : capitaliser sur la passion du football pour l’étendre à des formats plus variés, mieux adaptés aux contraintes locales (climat, densité urbaine, disponibilité des terrains).

Basket-ball : un sport de salle devenu phénomène de société

Le basket-ball occupe une place presque aussi centrale que le football dans la culture sportive libanaise. Introduit dans les années 1920 via les missions américaines et les étudiants de retour de l’étranger, il est aujourd’hui pratiqué dans les écoles, les clubs, les académies privées et les salles de quartier.

De la salle de quartier à la scène internationale

Le Liban a longtemps compté parmi les meilleurs pays d’Asie en basket masculin, avec une équipe nationale régulière au Championnat du monde (2002, 2006, 2010) et un rang mondial de 24ᵉ à son apogée. Cette visibilité nourrit un véritable engouement pour la pratique :

clubs professionnalisés (Al Riyadi, Sagesse, Hoops, etc.),

académies privées comme Hoops Club (fondé en 2001) ou Never Too Late,

terrains dans les écoles et universités.

Astuce :

Pour les jeunes urbains, le basket est souvent plus accessible que le football de haut niveau. En effet, il suffit d’un simple terrain de ciment et d’un ballon pour pratiquer. De nombreuses municipalités et écoles disposent de paniers de basket, y compris dans les régions périphériques, facilitant ainsi l’accès à ce sport.

Hoops, Champs et la galaxie des académies privées

Le Hoops Club illustre bien le modèle économique du basket libanais : une structure mixte combinant location de terrain, école de basket pour les jeunes, salle de sport, sponsoring d’entreprises. De son côté, le complexe Champs, porté par Fadi el-Khatib et Nader al-Jaber, est conçu comme un grand centre multisports privé sur 20 000 m², axé sur le basket et le fitness, avec une forte dimension marketing (partenariat avec la marque Aishti pour les tenues).

Attention :

Les projets confirment l’essor d’une industrie du sport ciblant les classes moyennes et supérieures, disposées à payer des abonnements, tandis que les catégories populaires dépendent davantage d’initiatives caritatives ou internationales pour y accéder.

Basket féminin : passion, obstacles et double journée

Le basket féminin progresse, mais dans un environnement très inégal. La capitaine de l’équipe nationale, Rebecca Akl, raconte avoir entendu que “le basket est un sport d’hommes” et que cela nuirait à sa féminité ou à sa carrière. Dans les faits, la quasi-totalité des joueuses doivent cumuler un travail à plein temps, parfois la maternité, et des entraînements exigeants.

Les budgets des équipes féminines sont bien inférieurs à ceux des hommes, les salaires aussi, et les compétitions bénéficient de moins de visibilité médiatique. Pourtant, les performances sont là : l’équipe féminine nationale s’est hissée parmi les meilleures d’Asie, et de nombreuses joueuses lancent des académies pour former les nouvelles générations.

Les sports de montagne : randonnée, ski, escalade, spéléologie

Le Liban offre une particularité rare : on peut y skier le matin et nager dans la Méditerranée l’après-midi, surtout au printemps. Les montagnes de la chaîne du Mont-Liban, les vallées comme la Qadisha, les réserves de cèdres et les hauts plateaux ont fait exploser la pratique des sports de plein air ces dernières années.

Randonnée : la grande mode du week-end

La randonnée est devenue l’activité fétiche de nombreux Libanais. Le Lebanon Mountain Trail (LMT), 470 km de sentier continu du nord au sud, traverse 75 villages, une vallée classée au patrimoine mondial (Qadisha), deux réserves de biosphère et plus de 100 sites patrimoniaux. Autour de ce tracé, des dizaines de clubs et d’agences ont vu le jour.

Parmi eux, on peut citer :

Lebanese Outdoor Adventure (LOA),

Wild Explorers Lebanon,

Vamos Todos,

Sport Nature,

EcoVillage Chouf,

33 North, TLB Destinations, etc.

Randonnée et Découverte

Des structures organisent des activités régulières alliant marche, culture et gastronomie, offrant une échappatoire accessible au stress urbain.

Sorties Hebdomadaires

Organisation de randonnées chaque semaine, permettant une pratique régulière et sociale.

Activités Culturelles et Gustatives

Visites culturelles, dégustations de vins ou repas en maison d’hôtes viennent compléter les sorties.

Échappatoire et Accessibilité

Une pause nature loin du stress de la ville, avec un coût volontairement maîtrisé pour les jeunes.

Ski et sports d’hiver : six stations pour tous les niveaux

Six stations de ski fonctionnent chaque hiver : les Cèdres, Faraya–Mzaar, Faqra, Zaarour, Qanat Bakish, Laqlouq. Faraya est la plus moderne et la mieux équipée, Faqra l’une des premières stations privées au monde. Ensemble, ces stations totalisent 46 remontées mécaniques et environ 80 km de pistes dans le seul domaine de Mzaar.

Les stations offrent :

ski alpin,

snowboard,

ski de fond,

raquettes,

motoneige (skidoo),

– parfois des activités estivales (piscines, VTT, tyroliennes).

La proximité des grandes villes permet aux Libanais de monter skier à la journée. Mais le coût (forfait, location du matériel, transport) en fait un sport plutôt réservé aux classes aisées, surtout dans un contexte de crise monétaire.

Escalade et spéléologie : un terrain de jeu méconnu

L’escalade a connu un développement rapide grâce à des sites comme Tannourine el Tahta (plus de 150 voies réparties sur une quinzaine de secteurs), Aqoura, Laqlouq, Beit Mery, Amchit ou Beit Chlela. Plusieurs salles d’escalade indoor ont aussi ouvert leurs portes (Bold Climbing, Sheer Climbing House, U ROCK, etc.).

Le pays compte plus de 400 grottes et gouffres, certains atteignant 600 mètres de profondeur. La plus célèbre, la grotte de Jeita, est surtout touristique, mais des associations spécialisées (Spéléo Club du Liban, Association Libanaise d’Études Spéléologiques) développent une spéléologie sportive dans de nombreux massifs.

Ces activités restent toutefois assez élitistes : elles nécessitent encadrement, matériel spécifique et déplacements jusqu’aux sites, ce qui limite leur diffusion au-delà d’un public passionné.

Les sports nautiques : plongée, surf, rafting, voile et plus encore

Avec son littoral méditerranéen et ses rivières de montagne, le Liban est particulièrement bien placé pour les sports nautiques. De la plongée au rafting, en passant par le surf et la voile, l’offre est incroyablement variée.

Plongée et snorkeling le long de la côte

Entre Beyrouth et Tripoli, de Jounieh à Batroun et au-delà vers Saïda et Tyr, la plongée sous-marine est très développée. Plusieurs centres encadrent baptêmes, formations et explorations d’épaves ou de fonds rocheux :

ATCL Scuba Diving,

Abyss Diving Club,

Narcosis Diving Facility,

Deep Sea Diving Center,

Tyre Free Diver,

Xtreme Dive Center, entre autres.

Bon à savoir :

Les eaux autour de Tyr abritent des ruines antiques submergées, permettant une plongée alliant exploration sous-marine et archéologie. Le snorkeling, quant à lui, est une activité beaucoup plus accessible et peut être pratiqué sur la plupart des plages rocheuses de la région.

Surf, kitesurf et sports de glisse

Reconnu en 2014 par la Fédération internationale de surf, le Liban s’est fait un nom dans le monde des vagues. Les spots les plus connus se trouvent à Batroun, Kfarabida, Byblos, Jiyeh ou Damour. Des clubs comme Surf Lebanon, Sun and Surf, Board’n’Surf ou Lebanon by Kite proposent locations, cours et sorties.

Les conditions de vagues ne rivalisent pas avec les grands spots mondiaux, mais la proximité de Beyrouth et l’ambiance conviviale ont créé une petite communauté de passionnés très active.

Rafting, kayak et canyoning sur les rivières

Les rivières de montagne, en particulier l’Assi dans la Bekaa nord et le Litani, sont devenues des terrains de jeux prisés pour le rafting, le kayak et le canyoning. Des clubs comme Blue River, Crazy Rafting, Wild Water Rafting ou Lebanon Rafting organisent des descentes au printemps et en été.

Ces activités attirent :

des groupes de jeunes,

des familles,

des équipes d’entreprise pour des journées de “team building”.

Elles complètent l’offre de camping, de randonnées et de gastronomie locale le long des rivières.

Voile, ski nautique et jet-ski

Côté mer, la panoplie est large : voile (Halat Sailing Club), yachting, ski nautique, wakeboard, jet-ski. Les clubs nautiques privés autour de Jounieh, Byblos, Batroun ou Damour offrent des infrastructures complètes : mise à l’eau, location, formations, restauration.

Ces sports restent cependant plus chers, et donc réservés à une minorité. Pour le grand public, la natation reste l’activité de base, pratiquée sur les plages publiques ou dans les piscines municipales, quand elles existent.

Les salles de sport et le fitness : une industrie en plein essor

Au-delà des sports traditionnels, le Liban a vu exploser le secteur du fitness. En 2016, l’industrie des clubs de santé et de remise en forme représentait déjà un chiffre d’affaires d’environ 122 millions de dollars. Même après la crise, le nombre de salles continue d’augmenter, avec plus de 20 nouvelles ouvertures en une seule année rien que dans le Nord et à Beyrouth.

Un réseau dense, mais inégalement réglementé

Les salles de sport proposent : une variété d’activités physiques, des cours collectifs, des séances de musculation, des équipements modernes, des programmes d’entraînement personnalisés, des conseils nutritionnels, des espaces de détente, des événements sportifs, des abonnements flexibles, et un encadrement professionnel.

musculation et cardio-training,

cours collectifs (zumba, yoga, aérobic, Pilates),

– parfois des piscines, saunas, hammams.

Une étude sur les salles de sport libanaises (Nord, Mont-Liban, Beyrouth, Sud) a montré qu’environ 79 % d’entre elles déclarent s’inspirer de normes internationales de sécurité (ISO-97.220). La plupart ont :

85

Plus de 85 % des installations sportives bénéficient d’une bonne ventilation et luminosité.

En revanche, il n’existe aucune loi imposant le respect de ces normes, ni système d’accréditation obligatoire. Environ 13 % des salles ne se réfèrent à aucune norme, et 8 % se basent uniquement sur l’expérience des propriétaires.

TableauSécurité et gestion dans les salles de sport libanaises (échantillon étudié)

Aspect évalué% de salles concernées
Utilisent des standards internationaux78,67 %
Ont une politique écrite d’urgence60 %
Réalisent une inspection de sécurité66,67 %
Programme de maintenance préventive84 %
Système de retrait du matériel défectueux92 %
Séparent activité physique et stockage/maintenance~100 %
Bon niveau d’aération et de lumière> 85 %

Le maillon faible : les équipements de secours

L’étude révèle un gros point noir : la présence de défibrillateurs automatiques externes (DAE). Moins de 15 % des salles en possèdent un, et environ 17 % en ont commandé un. Environ 68 % n’en ont pas et comptent sur la Croix-Rouge libanaise en cas d’urgence, en invoquant le coût de l’appareil et de la formation.

Même parmi les salles équipées, 76 % ne proposent aucune session annuelle de rappel sur l’usage du DAE. Dans un pays où les infrastructures de santé sont parfois éloignées (en moyenne 16,8 minutes de marche pour atteindre un hôpital à Beyrouth), ce manque est loin d’être anodin.

Contexte de santé publique au Liban

Des salles souvent modernes, rarement “vertes”

La majorité des salles disposent de matériel récent, d’une sonorisation calibrée (environ 59 % maintiennent le volume sonore entre 70 et 90 décibels) et d’aménagements agréables. Mais 72 % ne suivent aucune approche de “green design”, jugeant ces dispositifs trop coûteux ou peu adaptés au contexte local.

Plus de 45 % n’utilisent même pas de panneaux “Sortie”, arguant souvent qu’un seul accès existe. Quelques salles, environ 7 %, sont situées en sous-sol et souffrent d’un manque d’aération.

Le résultat : une industrie dynamique, capable de générer des emplois et de promouvoir la santé, mais reposant presque exclusivement sur l’initiative privée et des choix souvent dictés par la rentabilité immédiate plutôt que par des politiques publiques de santé.

Les organisations de terrain : sport, paix et cohésion sociale

Selon une estimation, plus de 15 000 personnes au Liban vivent du sport : coaches, dirigeants de clubs, gestionnaires de salles, arbitres, préparateurs physiques, etc. Mais derrière ces acteurs visibles, un réseau dense d’ONG et de programmes utilise le sport comme outil de cohésion sociale, d’inclusion et de soutien psychologique.

Le rôle des programmes “sport pour la paix”

Des organisations comme ANERA (via le projet “Sports For Peace”), GAME Lebanon, Right to Play, JRS, Alsama Project, PACES ou encore des clubs comme Hoops et SportsVille mènent des activités régulières :

séances hebdomadaires pour enfants et adolescents,

tournois mixtes Libanais–Syriens–Palestiniens,

ateliers de résolution de conflit,

– sorties en nature, camps sportifs.

Un projet d’ANERA a touché plus de 1 700 jeunes de 7 à 17 ans via les clubs de football de 25 localités, avec des séances basées sur le “football3” (règles centrées sur le fair-play, l’inclusion et le dialogue). Des ateliers de formation ont été organisés pour 24 entraîneurs autour de la gestion des conflits.

8 sur 10

Huit enfants sur dix déclarent avoir noué au moins deux nouvelles amitiés grâce à ces programmes.

Des chiffres qui montrent l’ampleur du mouvement

Plusieurs indicateurs donnent une idée de l’échelle de ces initiatives :

plus de 15 000 personnes vivent du sport au Liban,

plus de 100 organisations locales partenaires du programme sportif d’ANERA,

– 650 participantes dans un seul programme de sport féminin en une année,

– un projet visant à former 185 encadrants (90 coaches, 95 leaders de jeunesse) et à impliquer 4 500 garçons et filles dans des activités régulières, plus 2 400 dans des tournois.

Ces programmes interviennent particulièrement dans les zones fragiles : Bekaa (Al Masnaa, Majdal Anjar, Bar Elias), camps palestiniens de Beddawi et Nahr el-Bared, quartiers périphériques de Beyrouth, villages du Sud. Ils offrent des alternatives aux tensions communautaires, au désœuvrement et aux risques de violence.

GAME Lebanon : le street sport comme outil urbain

GAME, organisation internationale spécialisée dans les sports de rue, est active au Liban. Son objectif : rendre les sports de rue accessibles à tous et renforcer la cohésion des quartiers. GAME crée des “GAME Zones” et des “GAME Houses”, en réhabilitant des bâtiments existants avec une approche durable (réemploi des matériaux, intégration à l’architecture industrielle, coûts de construction réduits).

Attention :

Un appel d’offres (tender 2024002) a été lancé pour la construction d’un GAME House à Beyrouth. Les candidatures, en dollars US et par phases, doivent être déposées auprès du bureau de GAME Lebanon à Karantina. Le projet vise à créer un lieu de pratique libre (basket de rue, foot de rue, danse urbaine, etc.) et non une simple salle, en impliquant les communautés locales dans sa conception.

Dans un pays où l’accès à des équipements formels est très inégal, ces espaces ouverts, gratuits ou peu coûteux, peuvent jouer un rôle clef pour les adolescents, en particulier dans les quartiers sous-équipés.

Femmes et sport : entre percées historiques et inégalités criantes

Alors que les normes sociales pèsent encore lourdement sur la pratique sportive des femmes au Liban, plusieurs disciplines connaissent un tournant important : football féminin, athlétisme, haltérophilie, sports collectifs.

Des pionnières qui bousculent les codes

Plusieurs athlètes libanaises se sont illustrées sur la scène régionale ou mondiale :

Ray Bassil (tir au trap), première femme arabe à participer à deux Jeux olympiques, triple médaillée consécutive en Coupe du monde de tir, ambassadrice de bonne volonté pour la jeunesse et le genre au PNUD,

– Mahassen Hala Fattouh (haltérophilie), première haltérophile libanaise qualifiée pour les Jeux olympiques, multiple médaillée arabe et méditerranéenne,

– Gabriella Douaihy (natation), présente à Rio en 2016 et à Tokyo en 2021,

– Aziza Sbaity (sprint), championne arabe du 200 m et vice-championne du 100 m en 2023, en route vers les Jeux de Paris.

Ces parcours ne se sont pas faits sans obstacles : remarques sexistes, moqueries, manque de soutien financier, pression sociale pour se marier ou se consacrer à une “vraie” carrière. Sbaity, par exemple, raconte avoir subi des insultes racistes dans son enfance, avant de trouver dans l’athlétisme un moyen de construire sa confiance.

Football féminin : de la marginalité à l’espoir d’Asie

Le football féminin au Liban a officiellement démarré en 2005 avec la création d’un comité dédié au sein de la Fédération. La Ligue féminine a été lancée en 2008, dominée d’abord par Sadaka (sept titres de suite, puis dissolution en 2014), puis par Stars Association for Sports (SAS), qui a remporté sept des dix derniers championnats.

Exemple :

En 2019, la Fédération a mis en place un plan national spécifiquement pour les ligues et les sélections des catégories U15, U17 et U19. Cette initiative stratégique a permis d’obtenir des résultats positifs de manière rapide.

victoire de la Coupe arabe U17 en 2015,

titres WAFF U18 en 2019 et 2022,

titres WAFF U17 en 2019, 2023 et 2025,

qualification historique de l’équipe U17 pour la Coupe d’Asie 2026.

En club, Safa a remporté en 2022 le championnat ouest-asiatique des clubs féminins (WAFF), première couronne internationale pour une équipe libanaise féminine.

Pourtant, sur le terrain, la réalité quotidienne demeure dure : budgets dérisoires, ligue fonctionnant sans salaires fixes pour les joueuses, entraînements souvent relégués à des créneaux tardifs (21 h–22 h) alors que les équipes masculines occupent les horaires de fin d’après-midi, absence de politique contre l’écart salarial.

Une analyse SWOT récente du football féminin libanais souligne :

des forces : joueuses engagées, structure de ligue existante, image positive d’égalité,

des faiblesses : financement ridiculement faible, infrastructures partagées, absence de stratégie nationale,

des opportunités : partenariats avec l’UEFA et des ONG comme ABAAD, intérêt médiatique croissant, progression de la sélection nationale,

des menaces : coupes budgétaires, montée d’autres loisirs, résistances culturelles, instabilité politique.

Une pratique féminine freinée mais en croissance

Plus globalement, la participation des filles reste limitée par :

des normes culturelles sur la “réputation” et la féminité,

des inquiétudes de sécurité pour les déplacements,

le manque d’infrastructures mixtes sûres,

l’absence de politiques d’égalité dans le sport.

Mais les travaux scientifiques montrent que les motivations internes (plaisir, accomplissement) sont centrales chez les femmes comme chez les hommes, et que beaucoup de Libanaises font du sport pour se sentir en forme, améliorer leur apparence et préserver leur santé. Des académies féminines, des équipes comme Super Girls, ou des sections spécifiques dans les grands clubs commencent à renverser l’image du sport “réservé aux hommes”.

Accessibilité et urbanisme : pouvoir marcher jusqu’au terrain

Un élément souvent ignoré dans les discussions sur le sport au Liban est l’accessibilité physique des installations. Une étude menée à Beyrouth a mesuré le temps de marche nécessaire pour accéder aux écoles ou aux hôpitaux. Résultat : en moyenne, 6,79 minutes pour atteindre une école, mais 16,8 minutes pour un hôpital, avec des quartiers entiers (Zoukak el-Blatt, Saifeh, Bachoura, Marfaa) où aucun habitant n’est à moins de 10 minutes à pied d’un hôpital.

Bon à savoir :

La proximité d’infrastructures sportives (terrain, club, salle, aire de jeux) à moins de 10 minutes à pied est un facteur clé pour augmenter l’activité physique et réduire l’obésité chez les enfants, comme le montrent les études internationales. Au Liban, bien que les données soient incomplètes, les rapports de 2018 et 2022 confirment que la majorité des enfants n’ont pas une activité physique suffisante.

D’autres normes, comme les lignes directrices sur l’accessibilité des installations sportives (inspirées de l’ADA américaine ou de guides plus récents sur les équipements inclusifs), rappellent que :

les trajets accessibles doivent relier toutes les zones d’activité,

un pourcentage des vestiaires et casiers doit être adapté,

les tribunes et zones pour joueurs doivent prévoir des emplacements pour fauteuils roulants,

des rampes doivent être privilégiées par rapport aux plateformes élévatrices.

Dans un pays où aucune loi ne contraint les clubs ou les salles à respecter ces normes, l’accessibilité repose là encore sur la bonne volonté ou le financement international.

Pourquoi investir dans le sport au Liban ?

Au-delà de la passion et des exploits individuels, le développement de la pratique sportive au Liban pose une question politique et économique. Plusieurs études internationales montrent que :

les communautés disposant de plus d’installations sportives accessibles ont des taux d’obésité significativement plus faibles,

une augmentation de la pratique physique réduit les maladies chroniques et, à terme, les coûts de santé,

– le sport crée des emplois directs (entraîneurs, gestionnaires, techniciens, vendeurs d’équipement) et indirects (hôtellerie, restauration, transport, BTP),

– l’organisation d’événements (tournois régionaux, marathons, championnats) stimule le tourisme et l’économie locale.

65

Plus de 65 milliards de dollars ont été investis par les pays du Golfe dans les infrastructures sportives.

Le Liban, lui, n’a ni les mêmes moyens ni la même stratégie, mais dispose d’atouts uniques :

Atouts sportifs du territoire

Les principaux facteurs qui contribuent à la vitalité et au rayonnement sportif de cette région.

Climat polyvalent

Un climat permettant la pratique de sports d’été et d’hiver sur un territoire restreint.

Jeunesse passionnée

Une jeunesse très passionnée de sport, moteur de la dynamique sportive locale.

Diaspora influente

Une diaspora sportive influente, contribuant au prestige et aux réseaux à l’international.

Tradition d’accueil

Une solide tradition d’accueil d’événements régionaux majeurs (AFC Asian Cup 2000, Jeux de la Francophonie 2009, diverses compétitions continentales).

Pour transformer cette énergie en réelle politique publique, il faudrait :

cartographier précisément les installations existantes et les besoins,

cibler les quartiers et régions sous-dotés (Bekaa, Nord, zones rurales),

– encourager les partenariats public–privé pour la construction et la gestion d’infrastructures,

– intégrer le sport dans les plans d’urbanisme (parcs, pistes cyclables, terrains de proximité),

– garantir des règles minimales de sécurité et d’accessibilité,

– soutenir spécifiquement la pratique féminine et celle des enfants.

Conclusion : un pays où le sport se construit par le bas

Les sports populaires à pratiquer au Liban ne se limitent pas au football et au basket, même si ces deux disciplines restent centrales. Randonnée, ski, sports nautiques, fitness, sports de combat, rugby, tennis, sports traditionnels : la palette est vaste, portée par la géographie du pays et l’inventivité de ses habitants.

Bon à savoir :

L’élan sportif en France provient principalement des acteurs locaux (clubs, ONG, associations, initiatives individuelles). Bien que les grandes infrastructures et les exemples de réussite existent, il manque une vision nationale stratégique qui valoriserait le sport comme un investissement structurant pour la santé, l’économie, la cohésion sociale et l’égalité femmes-hommes.

En attendant, chaque salle de quartier, chaque terrain de foot improvisé, chaque groupe de randonneurs, chaque club de basket ou d’arts martiaux continue de jouer un rôle décisif : offrir aux Libanais, malgré tout, un espace de jeu, de liberté et d’avenir.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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