Trouver un logement au Cap-Vert : conseils pratiques et chiffres clés pour bien s’installer

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Trouver un logement au Cap-Vert ne se résume pas à choisir une belle vue sur l’océan. Entre la diversité des îles, un marché locatif très lié au tourisme, des règles juridiques spécifiques et un coût de la vie parfois sous-estimé, il est facile de se tromper si l’on arrive sans préparation. Que vous veniez pour quelques semaines, plusieurs mois en télétravail ou avec un projet d’installation durable, comprendre le terrain de jeu immobilier est indispensable.

Bon à savoir :

Cet article détaille les aspects essentiels pour un achat immobilier à Paris : les prix par quartier, les types d’hébergement disponibles, les démarches administratives nécessaires, les pièges courants à éviter et les leviers de négociation à utiliser. Toutes ces informations sont basées sur les données les plus récentes.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le contexte du logement au Cap-Vert

Le Cap-Vert est un archipel volcanique de 10 îles principales et 5 îlots, situé à plus de 500 km au large de l’Afrique de l’Ouest. Environ 600 000 personnes y vivent, principalement sur Santiago (où se trouve la capitale Praia), São Vicente, Sal, Boa Vista et Santo Antão.

Attention :

Malgré une image de douceur de vivre, le marché du logement présente une réalité contrastée : offre large mais prix très variables selon les îles, forte influence du tourisme, législation protectrice pour les locataires, et infrastructures (eau, électricité, Internet) encore coûteuses et parfois fragiles.

Coût de la vie et poids du loyer dans le budget

Les estimations globales montrent qu’un·e expatrié·e dépense en moyenne entre 1 200 et 2 000 dollars par mois selon l’île et le niveau de confort recherché. Pour un·e local·e, le budget moyen est plus bas (autour de 674 dollars) mais les salaires suivent : le salaire net moyen tourne autour de 30 000 CVE, soit à peine plus de 200 dollars, et ne couvre théoriquement que 0,2 mois de dépenses standard pour un mode de vie « expatrié ».

Exemple :

Dans de nombreuses villes touristiques, les prix de l’immobilier, bien que perçus comme abordables par les visiteurs internationaux, restent inaccessibles pour la population locale. Cette situation crée des inégalités socio-économiques et oriente une part importante du marché locatif vers la satisfaction de la demande touristique et des investisseurs étrangers, au détriment des résidents.

Le logement pèse lourd dans le budget mensuel. Les chiffres ci-dessous donnent une première idée.

Ordres de grandeur nationaux

Les données issues de plateformes comme Numbeo et de bases de données immobilières indiquent les fourchettes suivantes pour un logement moyen :

Type de logementEmplacementLoyer moyen mensuel (CVE)Fourchette courante (CVE)
Appartement 1 chambreCentre-ville43 38130 000 – 60 000
Appartement 1 chambreHors centre26 10018 000 – 38 526
Appartement 3 chambresCentre-ville59 17235 000 – 110 000
Appartement 3 chambresHors centre37 50925 000 – 80 000
Studio 45 m² meubléQuartier « normal »45 441
Appartement meublé 85 m²Quartier « normal »69 119

À ces montants s’ajoutent les charges. Pour un 85 m², les factures d’électricité, eau et gaz pour deux personnes tournent autour de 12 000 à 17 000 CVE par mois. Pour un studio de 45 m², on trouve un niveau similaire (environ 13 471 CVE), l’électricité restant l’un des postes les plus chers du pays, avec un tarif moyen autour de 0,34 dollar par kWh, parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne.

Choisir son île et son quartier : où chercher un logement ?

L’un des pièges classiques est de parler du « marché du logement au Cap-Vert » comme s’il était homogène. En pratique, chaque île a son ambiance, son niveau de prix, ses infrastructures, ses facilités médicales et sa connectivité Internet. Votre choix de logement dépendra d’abord du type de vie que vous recherchez.

Santiago et Praia : services, administrations et vie urbaine

Santiago est la plus grande île et abrite la capitale, Praia. C’est l’option la plus « urbaine » : administrations, banques, universités, meilleurs hôpitaux, coworkings, écoles internationales.

Dans Praia, plusieurs quartiers se distinguent pour les expatriés ou les nomades :

Plateau : centre historique, bâtiments coloniaux, cafés, marchés, co-working, et une ambiance plus animée.

Palmarejo et Palmarejo Baixo : zones résidentielles modernes, villas, appartements récents, restaurants, accès à la mer ; Palmarejo Baixo est l’un des quartiers les plus exclusifs.

– Achada Santo António : quartier diplomatique, plus calme, avec ambassades et sécurité renforcée.

– Várzea : cœur commercial, avec un mélange de boutiques locales et de marques internationales.

37000-55000

C’est le loyer mensuel en CVE pour un appartement d’une chambre en centre-ville à Praia, pouvant dépasser ce montant dans les quartiers haut de gamme.

São Vicente et Mindelo : culture et ambiance portuaire

Mindelo, sur São Vicente, est la capitale culturelle du pays : musique, bars, carnaval, lagune, marina. Le coût de la vie y est légèrement inférieur aux îles très touristiques.

On y trouve des quartiers prestigieux pour la location longue durée :

Alto Fortim Hills : quartier sur les hauteurs, vue panoramique, villas et maisons de standing.

Santa Filomena : zone résidentielle en plein essor, avec biens haut de gamme.

São Pedro : proche de la mer, avec de belles villas, parfois construites en pierre locale.

Ici, un appartement 1 chambre en centre-ville coûte en général entre 300 et 450 dollars par mois, et 200 à 300 dollars en périphérie. Pour vivre confortablement, un budget mensuel de 1 000 à 1 500 dollars est une bonne base, logement inclus.

Sal et Santa Maria : le cœur du tourisme balnéaire

Sal est l’île la plus développée pour le tourisme. Santa Maria concentre hôtels, resorts, appartements en résidence, beach clubs et activités nautiques. Les prix y sont, sans surprise, parmi les plus élevés du pays.

Logements à Santa Maria

Aperçu des loyers et des types de résidences disponibles pour un appartement d’une chambre à Santa Maria, au Cap-Vert.

Fourchette de loyers

Les loyers pour un appartement d’une chambre oscillent généralement entre 500 et 1 000 € par mois. Ils peuvent être bien plus élevés pour un logement en front de mer ou dans une résidence avec services hôteliers.

Résidences avec services

Exemples de résidences proposant studios, T1 ou T2 : Porto Antigo, Vila Verde Resort, Tortuga Beach Resort, Melia Dunas, Leme Bedje.

Équipements et services

Ces résidences offrent souvent des équipements comme des piscines, une sécurité 24h/24, des restaurants et parfois des services de gestion locative.

Sur Sal, un budget global de 1 500 à 2 000 dollars (ou plus) par mois est fréquent pour les expatriés, notamment si l’on ajoute les coûts d’activités, de restauration et de coworking (environ 250 euros par mois pour un bureau premium à GoHub, par exemple).

Boa Vista : plages sauvages, tourisme plus discret

Boa Vista, renommée pour ses dunes et ses plages, reste plus calme que Sal, tout en restant très orientée vers le tourisme balnéaire. Les loyers d’un appartement d’une chambre se situent souvent entre 350 et 600 euros par mois.

Astuce :

L’île dispose de moins de services que Praia ou Sal, mais attire ceux qui souhaitent une vie plus tranquille, à condition d’accepter une dépendance forte aux importations.

Santo Antão, Fogo, São Nicolau : nature, volcan et vie rurale

Santo Antão : paradis des randonneurs, vallées vertes, villages perchés. Peu ou pas de coworkings, Internet variable. Les pensions et maisons locales se louent parfois 20 à 50 euros la nuit, avec la possibilité de négocier des loyers mensuels autour de 300 à 500 euros en restant sur place.

– Fogo : dominée par le volcan Pico do Fogo, avec la petite ville de São Filipe. Les loyers y sont assez abordables (250 à 400 euros pour un appartement), tandis que les prix alimentaires sont un peu modérés grâce à la production agricole locale.

– São Nicolau : île encore très peu touristique, à la vie paisible. Les loyers pour une maison locale se situent souvent entre 150 et 300 euros par mois. En revanche, trouver un logement à distance est compliqué ; mieux vaut être sur place.

Dans ces îles plus rurales, un budget total compris entre 600 et 1 200 euros suffit souvent, mais au prix d’une offre médicale limitée, de l’absence de coworking structuré et d’une connexion parfois aléatoire.

Quels types de logements sont disponibles ?

La palette d’hébergements au Cap-Vert est large, allant du studio en résidence au penthouse dans un quartier chic, en passant par les villas de plage ou les chambres chez l’habitant.

Logements pour courts séjours et nomades digitaux

Pour quelques semaines ou quelques mois, de nombreux visiteurs se tournent vers des plateformes comme Airbnb, Flatio ou Expedia. On y trouve :

Studios et T1 meublés en résidence avec piscine.

Appartements de 2 ou 3 chambres pour colocation.

Appart’hôtels et aparthotels (avec services de ménage, réception).

Villas en bord de mer dans les resorts type Melia, Riu, Morabeza, etc.

Bon à savoir :

Les tarifs sont généralement calculés à la nuitée, avec une moyenne annuelle d’environ 119 dollars. Ils varient fortement selon la saison, de 67 dollars en basse saison à plus de 150 dollars en été. Pour les séjours de plus d’un mois, il est souvent possible de négocier un tarif mensuel, parfois sans dépôt de garantie, notamment sur des plateformes comme Flatio ou via les offres « long stay » d’Airbnb.

Hébergements pour installation plus longue

Pour ceux qui restent plusieurs mois ou années, l’option la plus logique est de signer un bail classique, soit pour un appartement, soit pour une maison ou une villa.

On trouve :

Bon à savoir :

Les appartements meublés sont idéaux pour les premiers mois, évitant l’achat de meubles, avec des loyers plus élevés compensés par la flexibilité. Les appartements non meublés conviennent mieux à une installation de longue durée, avec des loyers plus faibles mais nécessitent de s’équiper. Les villas et maisons, prisées sur les îles balnéaires ou dans les quartiers résidentiels de Praia et Mindelo, ont des prix plus élevés mais offrent souvent jardin, vue mer, piscine ou accès direct à la plage.

Sur Sal, Boa Vista ou dans certains quartiers exclusifs de Praia (Palmarejo Baixo) ou Mindelo (Alto Fortim, Santa Filomena), on entre dans la catégorie des biens de haut standing, parfois aussi pensés pour l’investissement locatif. Les villas de luxe peuvent se louer très cher à la semaine à des touristes, et générer des revenus annuels conséquents pour leurs propriétaires.

Louer ou acheter ? Repères de prix et rendement

Même si cet article se concentre sur la location, beaucoup de personnes qui cherchent un logement au Cap-Vert ont un œil sur l’achat éventuel. Là aussi, les données existent, même si le pays ne publie pas de statistiques officielles complètes sur les prix immobiliers.

Prix à l’achat : comparatif centre / périphérie

Les chiffres moyens au niveau national montrent un écart significatif entre centre-ville et périphérie :

IndicateurCentre-villeHors centre
Prix moyen au m² (achat appartement)*≈ 8 800 CVE / sq ft≈ 6 500 CVE / sq ft
Ratio prix/loyer11,7813,06
Rendement locatif brut estimé8,49 %7,66 %

*Les valeurs sont données par pied carré (sq ft) dans les sources ; le rapport centre / hors centre reste valable même si l’on convertit en m².

13688

Sur l’île de Sal, le prix au mètre carré d’un appartement peut atteindre l’équivalent de 13 688 escudos cap-verdiens par pied carré.

Investissement et rendements

Le Cap-Vert est souvent présenté comme une destination prometteuse pour l’investissement locatif : climat stable, absence de saison morte marquée, progrès des infrastructures, et possibilité de louer toute l’année. Des données de rendement brut de l’ordre de 8 à 9 % dans les centres urbains viennent confirmer cet intérêt, même si les résultats réels dépendent énormément du gestionnaire, de la qualité du bien et de la fréquence d’occupation.

Pour un locataire, ces chiffres sont surtout utiles pour comprendre la logique des propriétaires : sur les îles très touristiques, beaucoup préfèrent le court terme via plateformes plutôt que le bail longue durée. Sur Santiago ou São Vicente, la location longue durée est plus courante.

Budgéter son logement : loyers, charges, Internet, transport

Une fois l’île et le type de logement choisis, il reste à faire ses comptes. L’erreur fréquente consiste à ne regarder que le loyer sans intégrer correctement le reste : électricité, Internet, eau, transport, santé.

Loyer + charges : combien prévoir ?

Les estimations suivantes donnent une vue d’ensemble pour une personne seule ou un couple dans un appartement 1 chambre « standard » :

Poste de dépenseEstimation mensuelle typique
Loyer 1 chambre (hors île très chère)30 000 – 45 000 CVE
Loyer 1 chambre île balnéaire (Sal/Boa Vista)50 000 – 110 000 CVE ou 500 – 1 000 €
Électricité + eau + déchets6 000 – 20 000 CVE
Internet fixe (40–60 Mbps)4 700 – 5 400 CVE
Mobile (voix + 10 Go data)1 000 – 3 000 CVE
Transports locaux2 700 CVE (abonnement) ou plus en taxi

Un studio meublé de 45 m² en zone « normale » se trouve autour de 45 441 CVE, auquel il faut ajouter environ 13 471 CVE de charges. Un 85 m² meublé en quartier normal coûte environ 69 119 CVE, plus 12 000 à 17 000 CVE de charges, selon la consommation.

Internet et connectivité : un critère clé pour les télétravailleurs

La vitesse Internet moyenne nationale se situe autour de 12 Mbps, mais c’est trompeur : dans les centres urbains (Praia, Mindelo, Santa Maria, Sal Rei), les opérateurs proposent des offres fibre ou ADSL 40–100 Mbps dans une fourchette de 40 à 60 euros par mois.

Attention :

Un forfait Internet illimité d’au moins 60 Mbps coûte en moyenne un peu plus de 5 300 CVE. Pour les télétravailleurs, il est indispensable de tester la connexion lors de la visite d’un logement, et une solution combinée est souvent privilégiée.

Ligne fixe + routeur Wi-Fi.

SIM locale avec 10 Go ou plus (environ 2 300 CVE en moyenne).

– Parfois, Starlink pour les zones plus isolées, avec un coût de matériel autour de 373 dollars et un abonnement à une cinquantaine de dollars par mois.

En pratique, dans les zones touristiques et les grandes villes, la couverture mobile est bonne et le Wi-Fi largement disponible dans cafés, hôtels et coworkings, mais les coupures de courant restent un risque. Un onduleur (UPS) ou une grosse batterie externe peut sauver une journée de travail.

Procédure de location : comment s’y prendre concrètement ?

La recherche de logement au Cap-Vert suit globalement les mêmes étapes qu’ailleurs, mais la pratique locale présente quelques particularités. Les textes de loi encadrant les locations sont surtout issus du Code civil et d’une loi spécifique sur le bail urbain (RGAU).

Étape 1 : définir un budget réaliste

Avant de contacter des agences ou d’explorer les plateformes, il est utile de poser noir sur blanc :

Budget maximal loyer hors charges.

Budget charges (électricité, eau, Internet, mobile).

Niveau de confort attendu : meublé ou non, proximité de la plage, vue mer, piscine, sécurité, etc.

Besoins professionnels : débit Internet, proximité coworking, transports pour se rendre à Praia ou Mindelo si nécessaire.

Les loyers moyens mentionnés plus haut donnent une base. Sur cette base, il faut ajouter au minimum 15 000 à 25 000 CVE pour charges et connectivité, plus la santé, les transports, la nourriture.

Étape 2 : chercher via agences, plateformes et réseau local

Plusieurs canaux coexistent :

Comment trouver un logement au Cap-Vert

Différentes méthodes pour trouver un logement de moyen terme (1 à 6 mois) au Cap-Vert, adaptées selon vos besoins.

Plateformes internationales

Idéales pour les séjours de 1 à 3 mois et pour évaluer les prix par quartier. Certains biens proposent des locations au mois avec tarif dégressif. Exemples : Airbnb, Flatio, Expedia.

Agences locales spécialisées

Elles connaissent les bons quartiers, les prix réels du marché et peuvent filtrer les biens douteux. Exemples : Nôs Ilhas, Simply Cape Verde, sal4rent.com, et les agences sur Sal et Boa Vista.

Réseaux sociaux et groupes d’expats

Utiles pour trouver des sous-locations, des colivings ou pour bénéficier de retours d’expérience sur les propriétaires et les immeubles.

Sur les îles moins touristiques (Santo Antão, São Nicolau, certaines zones de Fogo ou Maio), l’offre en ligne est limitée et la prospection sur place, via cafés, épiceries et bouche-à-oreille, reste le meilleur moyen de trouver un logement à prix local.

Étape 3 : organiser des visites et vérifier les points sensibles

Pendant les visites, il ne faut pas hésiter à prendre son temps et à vérifier plusieurs aspects concrets :

État général du logement : murs, plafonds, traces d’humidité, état des sanitaires, des fenêtres, de la cuisine.

– Installation électrique : prises, tableau, puissance disponible ; la cherté de l’électricité rend important le bon état des appareils.

Pression et qualité de l’eau : essentiel dans un pays où l’eau est chère et parfois rationnée.

– Connexion Internet : test pratique avec un smartphone, questions sur le fournisseur et le débit réel.

– Sécurité : porte d’entrée, serrures, éventuels bars aux fenêtres, éclairage du quartier, présence d’un gardien ou de caméras dans les résidences.

– Voisinage et bruit : parler avec les voisins, vérifier la proximité de bars, de chiens bruyants, ou de chantiers en cours.

Les visites sont aussi le moment de clarifier ce qui est inclus dans le loyer : charges, Internet, services de ménage, parking, stockage, etc.

Étape 4 : négocier le loyer et les conditions

Au Cap-Vert, comme ailleurs, il est habituel de négocier. La clé est de rester factuel et respectueux. Quelques leviers courants :

S’appuyer sur les prix du marché : confronter le loyer demandé avec des offres similaires dans le même quartier.

– Proposer une durée de bail plus longue (12 à 24 mois) en échange d’un loyer légèrement réduit.

– Proposer un paiement d’un ou plusieurs mois d’avance (dans le respect de la loi) pour sécuriser le propriétaire.

– Mettre en avant sa fiabilité : revenus stables, références, historique de bonne conduite locative.

Les négociations ne portent pas seulement sur le montant du loyer, mais aussi sur :

La prise en charge de certaines réparations ou améliorations.

L’inclusion des charges ou de l’Internet.

Une flexibilité sur la date d’entrée ou de sortie.

La possibilité d’avoir des animaux domestiques.

Tout accord doit figurer noir sur blanc dans le bail. Les accords oraux n’ont quasiment aucune valeur juridique en cas de litige.

Le cadre légal : ce qu’un locataire doit savoir

Le droit capverdien encadre précisément la location d’habitation. Même si, dans la pratique, beaucoup de locations informelles ne respectent pas à la lettre le cadre, connaître les règles officielles permet d’éviter les abus.

Types de contrats et durée

Les contrats se répartissent en plusieurs catégories (loyer libre, loyer contrôlé ou subventionné), mais pour un·e expatrié·e, il s’agira presque toujours d’un contrat à loyer libre.

Quelques points essentiels :

Un contrat écrit est fortement recommandé. En théorie, il faut établir au moins trois originaux : propriétaire, locataire, services fiscaux.

– Le contrat doit spécifier les parties, l’adresse du bien, la durée, le montant du loyer, la date de début, ainsi que la répartition des charges et l’état du logement.

– Si aucune durée n’est indiquée, la loi prévoit par défaut une durée de six mois, renouvelable tacitement.

– Dans la pratique, beaucoup de baux résidentiels sont signés pour 12 mois, avec renouvellement automatique si aucune des parties ne donne congé.

Loyer, augmentation et dépôt de garantie

Sur ces points, le droit capverdien est relativement protecteur pour le locataire :

Bon à savoir :

Le loyer est dû mensuellement au plus tard le 8, sauf stipulation contraire. Les augmentations sont encadrées : elles ne sont possibles qu’après cinq ans si le contrat est silencieux, avec un plafond annuel et un préavis de 30 jours. Le coefficient d’augmentation pour 2025 était de 2,16 %. Le dépôt de garantie est limité à un mois de loyer et sert à couvrir les dégradations. Il doit être restitué si le logement est rendu en bon état.

Résiliation et expulsion : des procédures encadrées

Pour les locataires, la loi offre une certaine sécurité :

Attention :

Un propriétaire ne peut pas expulser un locataire de son propre chef. Il doit obligatoirement obtenir une décision de justice, une procédure qui peut durer plusieurs mois, voire plus d’un an en cas de recours. Les motifs légaux sont limités (comme le non-paiement du loyer ou une sous-location non autorisée) et certaines situations (force majeure, maladie grave) l’interdisent. Pour récupérer le logement pour y habiter ou réaliser des travaux, le propriétaire doit remplir des conditions strictes et verser une indemnité au locataire.

De leur côté, les locataires peuvent mettre fin au bail en respectant les délais de préavis, qui varient selon la durée totale du contrat (de 60 à 120 jours pour les contrats d’un an et plus).

En pratique, ces protections expliquent pourquoi certains propriétaires préfèrent les locations de courte durée, jugées plus simples à gérer et plus rentables.

Sécurité, santé, infrastructures : à prendre en compte dans son choix de logement

Chercher un logement, c’est aussi évaluer la sécurité, le système de santé local, l’accès à l’eau et à l’électricité, surtout si l’on s’installe en dehors des zones les plus développées.

Criminalité et sécurité domestique

Le Cap-Vert est globalement considéré comme sûr, y compris pour les femmes et les familles, à condition de respecter des règles de prudence élémentaires. Les principales menaces restent les petits vols (pickpockets, sacs arrachés, cambriolages), plus fréquents à Praia et sur les îles très touristiques (Sal, Boa Vista).

À garder en tête pour le logement :

Toujours verrouiller portes et fenêtres, même en journée.

Utiliser le coffre-fort de l’hôtel ou de la résidence si disponible.

– Privilégier les immeubles ou résidences avec gardien, contrôle d’accès ou vidéosurveillance dans les quartiers les plus exposés.

– Éviter les quartiers périphériques mal éclairés la nuit, surtout seul·e.

Bon à savoir :

Les chambres d’hôtes, petits hôtels et résidences de confiance informent systématiquement leurs clients sur les règles à respecter et fournissent des recommandations spécifiques à leur quartier.

Système de santé : importance de la localisation

Le niveau des infrastructures hospitalières varie fortement d’une île à l’autre :

Praia (Santiago) et Mindelo (São Vicente) concentrent les meilleurs hôpitaux publics.

– Sal et Boa Vista ont des cliniques privées, utiles pour les soins courants, mais limitées pour les cas graves.

– Sur les petites îles, l’offre médicale est rudimentaire ; pour des urgences sérieuses, il faut souvent être évacué vers Praia, Mindelo ou même le Portugal ou les Canaries, ce qui est cher et prend du temps.

Pour un séjour long, il est donc recommandé : prévoir un budget suffisant, organiser son emploi du temps, faire une liste des essentiels à emporter et se renseigner sur la culture locale.

De choisir son île en tenant compte de son état de santé et de ses besoins médicaux.

De souscrire une assurance santé internationale incluant l’évacuation médicale.

De se renseigner sur l’hôpital ou la clinique la plus proche de son futur logement.

Eau, électricité et services : des coûts élevés et quelques aléas

L’archipel importe 80 à 90 % de sa nourriture et 84 % de son énergie. L’eau potable provient en grande partie du dessalement, ce qui explique des prix élevés pour l’électricité et l’eau. Le pays affiche un taux d’électrification de 97 %, mais les coupures, même brèves, restent fréquentes.

Astuce :

Lors de la recherche d’un logement, il est recommandé d’adopter certaines bonnes pratiques. Celles-ci incluent de bien définir son budget et ses critères de recherche, de commencer les recherches suffisamment à l’avance, de visiter plusieurs biens pour comparer, de vérifier attentivement l’état des lieux et le contrat de bail, et de se renseigner sur le quartier et les transports.

Demander au propriétaire les factures moyennes d’électricité et d’eau des précédents locataires.

– Vérifier si la résidence dispose de réservoirs d’eau ou de groupes électrogènes.

– Savoir qui contacte le fournisseur en cas de problème (ELECTRA ou ses sociétés filles, gestionnaire de copropriété, propriétaire).

Dans les villes et zones touristiques, les démarches pour ouvrir un compteur ou transférer un contrat sont généralement simples, mais certains préfèrent recourir à des services spécialisés facturant un forfait pour activer électricité, eau, gaz, Internet et TV dès l’emménagement.

Arriver au Cap-Vert : formalités d’entrée et installation progressive

Avant même de signer un bail longue durée, il faut préparer son entrée sur le territoire et sa phase d’installation.

Autorisation électronique de voyage et visas

Pour des séjours touristiques de moins de 30 jours, beaucoup de nationalités n’ont pas besoin de visa classique, mais doivent obtenir une autorisation électronique (EASE ou ETA), valable un an pour plusieurs entrées.

Cette demande se fait en ligne et nécessite :

Un passeport valide avec plusieurs pages libres.

Les informations de vol (dates, numéro).

– Une preuve d’hébergement (réservation d’hôtel, Airbnb, lettre d’invitation).

– Une assurance voyage couvrant les frais médicaux.

– Le paiement de frais de traitement, ainsi qu’une taxe de sécurité aéroportuaire (autour de 30–34 euros).

Pour une installation plus longue (travail, retraite, investissement), il faut se tourner vers un visa de résidence, de travail ou de business, ou encore le programme de Résidence par Investissement et le programme Remote Working pour les nomades digitaux. Ces démarches sont plus lourdes et impliquent des preuves de revenus ou d’épargne, ainsi qu’une assurance santé solide.

Période de transition : pourquoi le court terme d’abord ?

Dans un contexte où :

Bon à savoir :

Le marché locatif en Polynésie française est segmenté par île et par quartier. Il est important de noter que la qualité réelle d’un logement (niveau de bruit, relations de voisinage, fiabilité des services) ne peut être pleinement évaluée qu’en y vivant. Une fois le bail signé, le locataire bénéficie d’une protection forte grâce au droit locatif local.

Beaucoup d’expatriés choisissent une approche progressive :

1. Réserver 1 à 3 mois en appartement meublé (Airbnb, Flatio, appart’hôtel) dans la ville ou l’île visée. 2. Profiter de ce temps pour visiter d’autres quartiers, parler avec des locaux, comparer les prix, tester coworkings et Internet. 3. Signer un bail d’un an seulement une fois sûr de son choix, en ayant éventuellement visité plusieurs fois le bien.

Cette méthode limite le risque de se retrouver bloqué dans un contrat insatisfaisant, surtout quand on ne connaît pas encore bien la réalité quotidienne de l’île.

Conseils pratiques pour réussir sa recherche de logement

En regroupant les données et retours de terrain, quelques lignes directrices se dégagent pour éviter les mauvaises surprises.

1. Anticiper les coûts « cachés »

Au-delà du loyer affiché :

Intégrer les charges (souvent élevées), surtout si la climatisation fonctionne beaucoup.

– Demander si l’Internet est inclus et, si oui, avec quel débit et quel opérateur.

– Vérifier les événements frais de gestion de résidence (sécurité, piscine, jardins).

– Garder une marge pour la santé et les déplacements inter-îles, plus chers que prévu.

2. Protéger sa santé et ses biens

Lors du choix d’un logement :

Évaluer l’accès aux soins : combien de temps jusqu’à l’hôpital ou la clinique ?

Vérifier la sécurité du quartier, notamment si l’on rentre tard à pied ou en taxi.

Prévoir une assurance voyage ou santé robuste, incluant les évacuations.

À l’intérieur du logement :

Utiliser de l’eau en bouteille ou bouillie pour boire.

Prévoir des multiprises et adaptateurs (prises de type C/F, 220–240 V).

Investir dans un petit coffre personnel si le logement n’en propose pas.

3. Bien gérer la relation avec le propriétaire

Une bonne relation propriétaire–locataire facilite tout : réparations, renouvellement du bail, ajustements de loyer. Pour cela :

Bon à savoir :

Documentez l’état des lieux d’entrée avec des photos datées. Pour toute communication importante avec le propriétaire ou l’agence, privilégiez les écrits (email, WhatsApp) afin de conserver une trace. Signalez sans délai tout problème technique (fuite, panne, infiltration). Enfin, payez votre loyer dans les délais prévus et conservez les preuves de paiement (relevés bancaires, reçus).

En cas de conflit sérieux, le premier réflexe doit rester la discussion et, si possible, la médiation. Les recours juridiques existent, mais ils peuvent être longs et coûteux.

4. Ne pas sous-estimer la barrière de la langue

Le portugais est la langue officielle, le créole capverdien la langue de tous les jours, et seulement une petite partie de la population maîtrise l’anglais. Beaucoup de propriétaires ne parlent ni français ni anglais.

Concrètement :

Utiliser un agent ou une personne de confiance bilingue peut faire la différence lors de la signature du bail.

Faire traduire le contrat avant de le signer permet d’éviter les incompréhensions majeures.

– Apprendre quelques bases de portugais ou de créole fluidifie grandement les relations quotidiennes.

5. Rester flexible et ouvert

Enfin, l’un des atouts majeurs du Cap-Vert est aussi son côté imprévisible : retard d’avion à cause d’une brume de sable, coupure d’électricité au moment d’un appel professionnel, route coupée par une averse. Ce « no stress » vanté dans les brochures n’est pas qu’un slogan marketing, c’est aussi une stratégie de survie.

Astuce :

Pour réussir votre recherche de logement et votre installation, il est conseillé d’accepter une part d’imperfection et de garder une certaine flexibilité dans vos attentes. Prévoyez également des solutions de secours, comme un backup pour Internet, un chargeur solaire et un budget de sécurité, pour vous adapter aux exigences et aux mutations constantes du pays et ainsi en profiter pleinement.

Trouver un logement au Cap-Vert demande donc un mélange de rigueur (budgétaire et juridique) et d’adaptation à un environnement insulaire où les contraintes structurelles se font parfois fortement sentir. En connaissant les prix, les quartiers, les règles de location et les réalités d’infrastructure, il devient cependant possible de transformer ce défi en une installation réussie, que ce soit pour quelques mois de télétravail au soleil ou pour un projet de vie à long terme.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Cap-Vert pour rechercher du rendement locatif et une exposition à une zone touristique en croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs îles (Sal, Boa Vista, Santiago), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou petite villa dans une zone balnéaire en développement, proche des complexes hôteliers internationaux, combinant un rendement locatif brut cible de 8–10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + ameublement + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection de l’île et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, comptable), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et intégration de cet actif dans une stratégie patrimoniale globale, en tenant compte des risques juridiques, fiscaux et locatifs spécifiques au Cap-Vert.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :