Archipel de volcans, d’alizés réguliers et de lumière quasi permanente, le Cap-Vert est devenu en quelques années un véritable terrain de jeu à ciel ouvert. Du basket urbain aux trails vertigineux de Santo Antão, des spots de kitesurf mondialement connus de Sal et Boa Vista aux volcans de Fogo, le pays offre une palette de sports étonnamment riche pour un territoire de moins de 500 000 habitants. Pratiquer un sport au Cap-Vert, c’est à la fois profiter de conditions naturelles exceptionnelles et plonger dans une culture où la convivialité – la fameuse morabeza – fait partie intégrante de l’expérience.
Le basket, deuxième sport national en pleine ascension
Longtemps dominée par le football, la scène sportive capverdienne a vu le basket s’imposer progressivement comme deuxième sport national. Introduit au milieu du XXᵉ siècle via les écoles, missions et clubs de quartier, il décolle vraiment après l’indépendance en 1975. Dans les années 1980 et 1990, les clubs et compétitions se structurent, et le basket commence à incarner une certaine idée de la jeunesse capverdienne : discipline, ambition et fierté nationale.
Aujourd’hui, les terrains publics de Praia ou Mindelo ne désemplissent pas. On y retrouve ce mélange de jeu sérieux et d’ambiance de quartier, avec un style athlétique – vitesse, détente, coordination – qui convient parfaitement au basket moderne.
Une fédération structurée et un championnat à l’ancienne
L’organe qui chapeaute la discipline est la Federação Caboverdiana de Basquetebol (FCBB), fondée en 1986 et affiliée à la FIBA en 1988. Son siège est installé au Gimnodesportivo Vava Duarte, dans le quartier de Chã das Areias à Praia, un complexe qui abrite aussi les fédérations de volley et d’athlétisme. À sa tête, la présidente Kitana Cabral pilote un réseau d’environ 11 associations régionales réparties sur différentes îles.
Le pays comptait déjà, en 2015, 43 équipes de basket, pour plus de 1 600 joueurs licenciés et environ 2 000 pratiquants non enregistrés. À l’échelle du Cap-Vert, ce volume illustre un ancrage réel du sport dans le tissu local.
Le championnat national de basket est organisé par île ou zone régionale. Les champions (et parfois les finalistes) de chaque ligue locale se qualifient pour le tournoi national, dans un esprit de compétition entre régions. Le système traditionnel de montée et descente, typique des ligues professionnelles, est ici marginal.
Un aperçu de la structuration basket par îles illustre bien ce maillage :
| Élément | Donnée approximative / statutaire |
|---|---|
| Année de création de la FCBB | 1986 |
| Affiliation FIBA | 1988 |
| Nombre d’associations régionales | ≈ 11 |
| Équipes recensées (2015) | 43 |
| Joueurs licenciés (2015) | 1 620 |
| Joueurs non licenciés estimés | ≈ 2 000 |
Les îles dotées de ligues ou championnats de basket incluent Boa Vista, Brava, Fogo, Maio, Sal, Santiago, Santo Antão (Nord et Sud), São Nicolau et São Vicente. Sur Santiago et Santo Antão, les ligues sont même scindées en deux zones (Nord/Sud), une organisation en vigueur depuis le début des années 2000.
Clubs emblématiques et atmosphère des salles
Autour du pays, certains clubs sont devenus des noms familiers pour les amateurs : ABC da Praia, AD Bairro (souvent appelé ADESBA), Académica do Mindelo, Desportivo da Praia, Seven Stars, Spartak d’Aguadinha, Palmarejo Bulls, GS Castilho ou encore Académica do Mindelo figurent parmi les formations les plus citées.
Les résultats nationaux montrent d’ailleurs une vraie concurrence entre îles. Seven Stars a remporté le championnat en 2011 ; AD Bairro a enchaîné deux sacres en 2012 et 2015 ; Académica do Mindelo, basée à São Vicente, a décroché le titre en 2014. La rivalité entre Praia et Mindelo, déjà très forte en football, se décline ainsi sur le parquet.
Les rencontres de basket au Cap-Vert se déroulent dans des infrastructures comme le Gimnodesportivo Vava Duarte à Praia ou le Polidesportivo do Mindelo. L’atmosphère, familiale, est rythmée par des percussions de *batuque* et des chansons en créole depuis les tribunes, tandis que les enfants courent autour des gradins. Le basket y est autant une compétition qu’une fête de quartier.
Des ligues pros en quête de stabilité
Le pays a tenté ces dernières années d’entrer dans une nouvelle ère professionnelle. En 2021, la première ligue pro, la Praia Basketball League, est lancée à l’initiative d’António de Pina, ancien joueur pro capverdien installé aux États-Unis. La compétition démarre avec des équipes de la capitale – Achada Grande Volcano, Achada Panthers, CB Cidadela, Palmarejo Sharks, Plateau Warriors, Ponta d’Água Gorrillas – puis devient en 2022 la Cabo Verde Basketball League (CVBL), ouverte à des équipes d’autres îles comme Mindelo Monstro (São Vicente) ou Sal Turtles.
La CVBL ne dépasse cependant pas sa deuxième saison : la dernière édition se joue en 2022, puis les comptes officiels disparaissent et plus aucun événement n’est organisé. Une nouvelle structure, la Capeverdean Basketball League (CBL), prend ensuite le relais avec une ambition très claire : devenir l’une des meilleures ligues d’Afrique et une référence mondiale parmi les ligues estivales.
Cette nouvelle ligue s’appuie sur un sponsor majeur, la Cape Verde Basketball Association (CVBA), dont l’objectif est de soutenir les joueurs capverdo-américains et de créer des passerelles entre la diaspora et l’archipel. La CVBA revendique une base de données de 100 joueurs, dont une centaine intégrés à un programme élite, 10 passés professionnels et 20 ayant obtenu des bourses grâce au basket.
Héros nationaux et exploits internationaux
La dynamique interne s’accompagne de succès à l’international. Le cas le plus emblématique est celui de Walter “Edy” Tavares, pivot géant formé au Cap-Vert puis drafté en NBA en 2013, devenu ensuite une star du basket européen. Autre figure majeure, Ivan Almeida, élu meilleur joueur du championnat capverdien en 2009‑2010 et 2010‑2011, puis désigné “Mejor Baloncesta Caboverdiano” (meilleur basketteur capverdien) pour la saison 2010‑2011.
Le Cap-Vert est devenu la plus petite nation jamais qualifiée à la Coupe du monde FIBA en 2023.
Basket, diaspora et projets éducatifs
Le basket capverdien se nourrit fortement de sa diaspora. L’Associação Cabo Verdiana de Basquetbol (ACVB), basée aux États-Unis (Boston et Brockton), illustre cette connexion transatlantique. Elle organise une ligue communautaire, des cliniques de basket à dimension thérapeutique pour la jeunesse, et mobilise le sport comme outil de transmission de la langue, de la musique et de l’histoire capverdiennes. Les jeunes y découvrent non seulement le jeu, mais aussi des métiers autour du sport : reporter, commentateur, cadreur.
Des missions humanitaires vers les îles, des dons d’équipements et des ateliers sont régulièrement organisés. L’idée centrale est simple : transformer le panier en prétexte pour parler de fierté culturelle, de réussite scolaire et de construction personnelle. Sur place, le besoin de renforcer les infrastructures (plus de salles couvertes, développement des académies, formation d’entraîneurs) est clairement identifié comme la prochaine étape pour consolider la croissance du basket.
Football, passion nationale omniprésente
Impossible de parler de sports populaires au Cap-Vert sans évoquer le football, véritable ciment social de l’archipel. On retrouve des terrains sommaires partout : sur les plages de Sal, aux pieds des montagnes de Santo Antão, dans les quartiers de Praia ou de Mindelo. Longtemps pratiqué sur terre battue faute de gazon et d’eau, le foot bénéficie désormais de 15 terrains synthétiques répartis sur les îles, fruits d’un effort commun du gouvernement et de la FIFA.
L’équipe nationale du Cap-Vert, gérée par la FCF depuis 1982 et membre de la FIFA depuis 1986, est passée d’un classement FIFA proche de la 180ᵉ place vers l’an 2000 à un historique 27ᵉ rang mondial en 2014. Elle a marqué la CAN en atteignant les quarts de finale dès sa première participation en 2013, puis de nouveau en 2023.
L’archipel s’est même offert une première qualification pour la Coupe du monde 2026, en terminant en tête de son groupe de qualifications et en devenant l’un des plus petits pays de l’histoire à décrocher un ticket mondial. Cette réussite repose pour beaucoup sur la diaspora : de nombreux internationaux sont nés ou formés au Portugal, aux Pays-Bas, en France, au Luxembourg ou aux États-Unis, avant de choisir les couleurs capverdiennes.
Le système sportif cap-verdien, inspiré du modèle du basket-ball, repose sur des championnats régionaux organisés par île ou zone, dont les vainqueurs s’affrontent ensuite pour le titre national.
Chaque île (parfois divisée en zones Nord/Sud) organise son propre championnat. Les champions de ces compétitions régionales se qualifient pour la phase nationale décisive.
Plus de 100 clubs de football sont répartis sur l’archipel, avec des clubs historiques dominant leurs régions respectives.
CS Mindelense est le club le plus titré de l’île de São Vicente, avec 48 titres régionaux et 12 titres nationaux à son palmarès.
Sur l’île de Santiago, des clubs majeurs comme Sporting Praia et Boavista Praia s’imposent comme des forces dominantes du championnat.
L’île de Sal compte des clubs prestigieux tels qu’Académico do Aeroporto et Académica do Sal, qui sont des acteurs réguliers de l’élite nationale.
Le tableau suivant donne un aperçu de cette organisation originale :
| Aspect | Particularité au Cap-Vert |
|---|---|
| Structure des ligues | 11 divisions insulaires / zonales sur 9 îles |
| Accès au national | Champions insulaires (ou vice-champion dans certains cas) |
| Clubs de football | > 100 clubs dans tout l’archipel |
| Terrains en gazon synthétique | 15 terrains répartis sur les îles |
| Clubs ayant joué en Afrique | Sporting Praia, Mindelense, FC Derby, Boavista Praia, Travadores |
Au-delà de la haute performance, le football est devenu un outil éducatif. Le programme Football for Schools, lancé à Praia avec la participation de 36 éducateurs venus de toutes les îles, vise à intégrer le ballon rond dans le système scolaire, en partenariat avec la FCF, le ministère de l’Éducation et la FIFA. Des ONG comme Delta Cultura ou BD Sport Active utilisent également le foot pour des projets sociaux, allant de la scolarisation au nettoyage de quartiers en passant par l’animation de centres pour enfants.
Kitesurf, windsurf, surf : un paradis des sports de glisse
Avec ses alizés réguliers, ses eaux tièdes (21 à 24 °C) et son climat sec, le Cap-Vert s’est gagné une réputation mondiale dans les sports de glisse. Les mois de novembre à juin constituent la grande saison des vents, avec un pic de régularité et de puissance entre novembre et avril. Le vent souffle en régime d’alizé de nord-est, généralement entre 15 et 25 nœuds sur Sal et Boa Vista, et parfois jusqu’à 35–40 nœuds sur São Vicente.
Sal et Boa Vista, capitales du kitesurf
Sal et Boa Vista sont les épicentres du kitesurf capverdien. Sur Sal, la petite ville de Santa Maria concentre écoles, locations et vie nocturne. À quelques minutes de taxi (environ 5 €) se trouve Kite Beach, aussi appelée Cabeça de Salinas, un grand plan d’eau venté en side-onshore, très prisé des écoles pour sa sécurité. Les débutants y apprennent les bases dans un lagon relativement dégagé, tandis que les riders intermédiaires y enchaînent les bords de freeride.
Plus au nord de Santa Maria, Ponta Leme, Ponta Sino, Canoa ou Ali Baba offrent un mélange de clapot, vagues et reef plus technique. Mais la star incontestée de l’île, c’est Ponta Preta : une droite puissante, propre, mondialement connue, réservée aux kitesurfeurs très expérimentés. Le vent y est souvent offshore, la moindre erreur se paye cher, mais la récompense – un mur bleu turquoise déroulant sur le reef – en fait l’un des spots les plus impressionnants de la planète. Ce n’est pas un hasard si une étape du GKA Kite-Surf World Cup s’y est tenue en 2018.
Description des spots de kitesurf de l’île de Santa Maria
Sur Boa Vista, l’ambiance est plus sauvage et étalée : de Sal Rei (Praia Carlota, Estoril, baie de Sal Rei) à Praia das Gatas Lagoon ou Ponta Antonia, on trouve une combinaison de lagunes, dunes et vagues de l’Atlantique ouvert. Les downwinds y sont mémorables, avec parfois l’impression de glisser en bord de désert.
Une synthèse rapide des principaux spots aide à se repérer :
| Île | Spot principal | Profil du spot | Niveau conseillé |
|---|---|---|---|
| Sal | Kite Beach | Grande baie, vent side-onshore | Débutant à confirmé |
| Sal | Ponta Preta | Vague de reef, vent souvent offshore | Expert uniquement |
| Boa Vista | Praia Carlota/Estoril | Eau relativement plate, vent régulier | Débutant à intermédiaire |
| Boa Vista | Varandinha / Santa Monica | Vagues et paysages sauvages | Intermédiaire à expert |
| São Vicente | Salamansa, Baía das Gatas | Vent fort, houle fréquente | Intermédiaire à expert |
Les écoles – ION CLUB, Kite & Tonic, KiteWorldWide, entre autres – proposent des cours multilingues (portugais, anglais, français, allemand, italien, espagnol, néerlandais, créole), avec un matériel récent (Duotone, F-One, Fanatic…). On estime qu’un débutant a besoin d’environ 12 heures de cours pour devenir autonome. Les packs incluent généralement combinaison (3 mm conseillée de décembre à mars), harnais, casque, gilet et, souvent, assurance casse.
Windsurf et wingfoil : le vent comme moteur
Le windsurf a précédé le kitesurf au Cap-Vert et reste très populaire, notamment sur Sal. Là encore, Santa Maria et Ponta Leme servent de base. Les centres spécialisés – comme le Sal Windsurf Centre – opèrent depuis deux emplacements : l’un sur la plage principale pour l’initiation (eau plus plate, peu de courant), l’autre à Ponta Leme pour les intermédiaires et experts, avec des plans d’eau permettant aussi bien le freestyle sur flat que le wave riding sur les jours de houle.
La saison de pratique s’étend généralement de mi-octobre à fin mai, avec une période idéale entre janvier et avril. Pour le choix du matériel, les volumes des flotteurs varient d’environ 80 à 156 litres, permettant de s’adapter aux gabarits légers comme aux navigateurs plus lourds. Pour progresser, des stages avec analyse vidéo sont parfois proposés et sont particulièrement recommandés pour les pratiquants avancés.
Dans le sillage de ces deux disciplines, le wingfoil s’est installé naturellement. Sur Sal, des leçons pour débutants sont proposées à Santa Maria, tandis que les niveaux intermédiaires et avancés explorent Ponta Leme, profitant du vent régulier et des petites houles.
Surf et stand up paddle : l’autre visage de la houle capverdienne
Si le Cap-Vert s’est fait un nom en kitesurf, les surfeurs y trouvent aussi leur compte. De décembre à avril, les houles de nord et nord-ouest alimentent régulièrement les côtes, en particulier sur Sal. Ponta Preta, encore elle, est un spot de surf mythique : une longue droite rapide, tubulaire par gros swell. D’autres spots autour de l’île proposent des vagues plus accessibles pour les intermédiaires, et les écoles de Santa Maria louent planches et proposent des cours.
Le stand up paddle (SUP) permet, lui, de profiter des journées de vent plus faible ou des baies abritées. Pagayer dans la baie de Santa Maria ou dans les lagunes de Boa Vista est une manière douce d’explorer criques, rochers, et parfois de croiser tortues ou raies en contrebas.
Plongée, pêche sportive et observation de la vie marine
Les eaux entourant le Cap-Vert, oscillant entre 23 et 26 °C, abritent un écosystème marin spectaculaire. Situé sur des routes de migration de grands pélagiques, l’archipel est bordé de tombants profonds très proches de la côte, nourris par des courants riches en nutriments.
Plongée et snorkeling : reliefs volcaniques et faune abondante
Les fonds capverdiens combinent formations volcaniques, grottes et récifs coralliens. On y rencontre une grande diversité d’espèces : poissons perroquets, barracudas, mérous, vivaneaux, murènes, raies, tortues marines, mais aussi, à certaines périodes, baleines, dauphins et mantas. Des centres comme CaboVerdeDiving encadrent sorties et formations, du baptême de plongée aux certifications plus avancées.
Les îles du Cap-Vert offrent de nombreux spots de snorkeling, notamment autour de Sal (épaves, récifs près de Santa Maria, Buracona “Œil Bleu”), Boa Vista (récifs proches de la côte, îlots au large de Sal Rei) et São Vicente. La visibilité y est souvent excellente, permettant d’apprécier pleinement la richesse des fonds marins.
Pêche au gros : le royaume du marlin bleu
Le Cap-Vert est également considéré comme un “paradis du marlin bleu”, l’un des meilleurs spots mondiaux pour la pêche sportive de cette espèce. Les grands marlins bleus sont présents toute l’année, avec une haute saison généralement située entre mars et juillet, et une période où les prises sont moins nombreuses mais souvent plus lourdes de juillet à octobre.
D’autres espèces attirent les pêcheurs : thon jaune, thon albacore, wahoos, dorados (lampugas/mahi-mahi), sériole (amberjack), espadons voiliers, requins divers, sans oublier les espèces de fond (mérous, vivaneaux…) pêchées en jigging ou à la palangrotte.
Les principales bases de départ pour la pêche sportive sont situées à Mindelo (São Vicente), Sal, Boa Vista et Santiago. Des bateaux spécialement équipés avec sondeurs et fauteuils de combat proposent des sorties à la journée ou des mini-croisières de plusieurs jours. Les tarifs, variables selon la durée, la taille du bateau et la saison, incluent généralement les licences, le carburant, le matériel et l’équipage.
La plupart des sorties s’inscrivent aujourd’hui dans une logique de catch & release (capture et remise à l’eau), notamment pour les grands marlins. Certains opérateurs collaborent avec des programmes de marquage scientifique, afin de mieux suivre les migrations et l’état des stocks, dans une perspective de durabilité.
Randonnée, trek et trail : un archipel taillé pour la marche
Au-delà des sports de glisse, le Cap-Vert est devenu une destination de référence pour la randonnée et le trail. L’archipel compte dix îles volcaniques principales, offrant un dégradé de paysages allant du désert de dunes aux vallées tropicales, des falaises océaniques aux cratères lunaires. Le climat, chaud mais modéré, avec environ 350 jours de soleil par an, rend la marche agréable de novembre à juin, période la plus sèche et la plus fraîche.
Santo Antão, “île des montagnes” et paradis des randonneurs
Santo Antão, deuxième plus grande île du pays, s’est imposée comme la Mecque de la randonnée au Cap-Vert, et l’un des hauts lieux du trekking en Afrique. Son relief est spectaculaire : crêtes dentelées, gorges profondes, vallées verdoyantes sur le versant nord-est, plateaux arides et vallons encaissés côté sud.
Cet exemple illustre un chemin typique de l’île, suivant un ancien sentier muletier pavé. L’itinéraire commence dans la caldeira volcanique de Cova, descend par des lacets serrés à flanc de montagne, et débouche dans la vallée agricole luxuriante de Paul. Le paysage traversé est représentatif de la diversité de l’île, avec des cultures en terrasses de bananiers, caféiers, canne à sucre, ignames et orangers.
Le spectaculaire sentier côtier entre Ponta do Sol et Cruzinha, en balcon au-dessus de l’Atlantique, permet de traverser des villages accrochés à des pentes vertigineuses, dont l’iconique Fontainhas, souvent cité parmi les plus beaux villages du monde. La randonnée y est à la fois sportive et profondément culturelle : chaque hameau est l’occasion d’échanges, d’un verre de grogue (rhum local) ou d’un plat de poisson grillé.
L’accès à l’île se fait par ferry depuis Mindelo (São Vicente), en un peu plus d’une heure pour un coût modeste. Sur place, les aluguers (minibus collectifs) desservent les principaux villages, et de nombreuses maisons d’hôtes et petites pensions accueillent les marcheurs.
Fogo, l’ascension d’un volcan actif
Sur Fogo, toute l’île est dominée par le Pico do Fogo, point culminant du pays à 2 829 m d’altitude. L’ascension depuis le village de Chã das Caldeiras, installé dans le cratère principal, est une expérience physique et sensorielle : montée raide sur des scories volcaniques, vues panoramiques sur l’océan et les coulées de lave, descente ludique en “surf” sur les cendres.
L’ascension du volcan est exigeante (environ 1000 m de dénivelé positif, 4 à 5 heures de montée). Un guide est vivement recommandé pour la sécurité et pour les explications sur la géologie et l’histoire du village reconstruit après l’éruption. L’île propose également d’autres itinéraires moins connus, comme les traversées entre Mosteiros et Chã das Caldeiras ou les balades dans les grandes forêts du nord.
Santiago, São Nicolau, Brava, São Vicente : trek, culture et vues panoramiques
Santiago, l’île la plus peuplée et politique du pays, combine montagnes, vallées, plages et histoire. Dans le parc naturel de Serra Malagueta, les sentiers grimpent à travers une biodiversité riche d’espèces endémiques, avec des parcours de difficulté modérée. L’ascension du Pico da Antónia, point culminant à 1 394 m, est une belle randonnée de niveau soutenu. Les vallées autour de Cidade Velha, première ville coloniale du pays et site classé à l’UNESCO, permettent des balades plus douces, entre histoire de l’esclavage et paysages agricoles.
Le sommet du Monte Gordo, à 1312 mètres d’altitude, offre une vue panoramique sur plusieurs îles de l’archipel du Cap-Vert.
Brava, surnommée “île aux fleurs” pour sa végétation luxuriante, et São Vicente, connue surtout pour son ambiance culturelle à Mindelo, proposent elles aussi de beaux itinéraires : montée au Monte Verde au-dessus de Mindelo, sentiers côtiers, descentes vers des criques isolées.
Pour les plus sportifs, l’agenda des courses de trail s’étoffe rapidement :
| Événement | Île / Lieu | Distances (trail) |
|---|---|---|
| Santo Antão Triangle Trail | Santo Antão | 47,9 km, 85 km + marche 21 km |
| Boavista Ultramarathon | Boa Vista | 42 km, 75 km |
| Cabo Verde Ribeira Trail | São Vicente / Mindelo | 50 km, 98 km |
| Treg Cabo Verde Trail | Santo Antão | 40 km, 80 km, 120 km |
| Fogo Vulcan Trail | Fogo | 4,4 km à 35 km + marche 8,2 km |
| São Nicolau Trail | São Nicolau | 6 km, 14 km, 28 km |
| Boa Vista Ultra Trail | Boa Vista | 150 km, 75 km, 42 km |
Le Treg Cabo Verde Trail, par exemple, propose un séjour aventure de dix jours entre Santo Antão et São Vicente, avec trois courses (40, 80 et 120 km) et un dénivelé pouvant atteindre près de 7 000 m positifs sur l’ultra. L’organisation prend en charge transferts, hébergements, repas, balisage GPS, balises de sécurité et assurance, faisant de ces épreuves une porte d’entrée structurée dans le monde du trail capverdien.
Volleyball, beach-volley et sports de plage
Le volley fait partie des sports collectifs bien implantés au Cap-Vert. Une fédération nationale, la Federação Cabo‑verdiana de Voleibol, supervise les sélections et les compétitions. Sur le plan international, la sélection masculine a déjà croisé des équipes africaines majeures (Égypte, Nigeria, Maroc, Cameroun, Algérie), tandis que la sélection féminine de beach-volley a pris part à la Coupe Continentale CAVB 2018‑2020.
Financement en dollars du programme Volleyball Empowerment de la FIVB pour développer le beach-volley sur un an.
Les paires Janice & Ludmila Varela (dames) et Admilson & Ivan (messieurs) se sont distinguées : participation à la Coupe Continentale en Afrique, podiums aux Jeux de la Lusophonie, top 16 sur le Beach Pro Tour Futures de Maricá (Brésil) avec, à la clé, des points au classement mondial.
Dans les faits, le beach-volley se pratique surtout sur les grandes plages de sable : Santa Maria à Sal, Gamboa à Praia (Santiago), les étendues infinies de Boa Vista. Les terrains sont parfois permanents, parfois montés pour des tournois, mais l’esprit reste détendu : matchs amicaux au coucher du soleil, tournois locaux organisés par des associations ou des hôtels, et un mélange constant entre locaux et visiteurs.
Arts martiaux, sports de combat et capoeira
À côté des sports collectifs et des activités de nature, les sports de combat connaissent une progression sensible, dopée à la fois par les structures locales et la diaspora.
La boxe, le judo et le karaté bénéficient de programmes de formation pour arbitres et coachs, portés par l’Institut du sport et de la jeunesse (IDJ). Des maîtres de karaté de haut grade, comme Luís Gonçalves (6ᵉ dan, plus de 50 ans de pratique), animent des stages nationaux. Des équipes capverdiennes participent à des championnats internationaux, par exemple en judo ou en karaté (JKS Cape Verde en championnat du monde de Shoto au Japon).
Aux Jeux de Paris 2024, le boxeur capverdien David Pina a remporté le premier combat olympique de l’histoire de son pays en boxe. Il s’est hissé jusqu’en quarts de finale dans la catégorie des 51 kg, devenant un symbole fort pour sa petite fédération nationale, actuellement en pleine phase de structuration.
Même si elle appartient historiquement au Brésil, la capoeira trouve aussi un écho particulier au Cap-Vert, notamment sur des îles comme Boa Vista, marquées par des migrations et une forte influence afro-brésilienne. Art martial mêlant danse, acrobaties, musique et philosophie de résistance, la capoeira met en scène la ronde (roda), le jeu (jogo), le balancement caractéristique (ginga) et les chants accompagnés par le berimbau. En tant que pratique de la diaspora africaine, elle entre en résonance avec l’histoire capverdienne et s’inscrit parfois au programme d’associations culturelles ou de clubs de fitness.
Politique sportive, infrastructures et sport-tourisme
Pour un petit État insulaire classé parmi les plus vulnérables au monde, le Cap-Vert affiche une ambition claire : faire du sport un pilier de son développement, à la fois social, économique et touristique. Dans son plan stratégique de développement durable (PEDS II), le gouvernement se fixe plusieurs objectifs : transformer le pays en “plateforme sportive internationale”, construire au moins dix infrastructures sportives de qualité certifiée à l’horizon 2026, développer des écoles de sport sur l’ensemble du territoire et professionnaliser les acteurs du secteur (entraîneurs, arbitres, gestionnaires) afin d’atteindre 90 % d’agents qualifiés.
Le Cap-Vert mise sur ses atouts naturels pour développer le sport-tourisme, visant un public international avec des activités comme le kitesurf, la plongée ou le trail. Le pays ambitionne aussi de devenir un pôle sportif crédible, avec un projet de laboratoire antidopage accrédité AMA sur l’île de Santiago, ce qui en ferait le deuxième en Afrique après l’Afrique du Sud.
Les grandes lignes de cette volonté peuvent se résumer ainsi :
| Axe stratégique | Objectifs annoncés |
|---|---|
| Infrastructures | 10 équipements sportifs certifiés d’ici 2026 |
| Écoles de sport | 10 infrastructures scolaires sportives |
| Professionnalisation | +40 % d’agents qualifiés pour atteindre 90 % d’ici 2026 |
| Sport-tourisme | Plateforme internationale, focus nautisme et plein air |
| Anti-dopage | Création d’un labo AMA sur Santiago |
L’enjeu est aussi de mieux répartir les bénéfices du tourisme : aujourd’hui, ce secteur représente près d’un quart du PIB, mais seulement 10 % des emplois. Le développement de produits “actifs” (séjours kitesurf, semaines de trek, camps de basket ou de volley, compétitions internationales) peut contribuer à créer des emplois qualifiés, notamment pour la jeunesse très nombreuse, tout en s’appuyant sur la diaspora estimée à 1,5 million de personnes.
Pratiquer un sport au Cap-Vert : quelques repères pratiques
Pour le visiteur, l’archipel est relativement simple à apprivoiser. L’aéroport international principal se trouve sur l’île de Sal (Amílcar Cabral International), mais d’autres plateformes – Praia (Santiago), São Vicente, Boa Vista – accueillent également des vols internationaux ou des liaisons régionales. Depuis l’Europe, le voyage dure en moyenne six heures en vol direct, parfois plus avec escale.
Les déplacements inter‑îles se font en avion ou en ferry. Sur chaque île, on circule principalement en taxi, aluguer (minibus collectif) ou voiture de location. Les coûts restent raisonnables pour des trajets courts (par exemple, une vingtaine de minutes de taxi entre l’aéroport de Sal et Santa Maria).
Pour les activités sportives spécifiques (plongée, kitesurf, trail…), souscrivez une assurance voyage adaptée. L’eau du robinet n’étant pas potable, consommez uniquement de l’eau en bouteille. Avec plus de 350 jours de soleil par an, protégez-vous systématiquement avec de la crème solaire, un chapeau ou une casquette, et hydratez-vous régulièrement, en particulier lors des activités en journée.
Les infrastructures sportives touristiques (centres de kitesurf, écoles de plongée, clubs de trek) offrent généralement encadrement, matériel et, souvent, service de sauvetage (bateau de sécurité pour les sports nautiques). Pour la randonnée, les services de guides locaux sont particulièrement précieux sur les îles montagneuses comme Santo Antão ou Fogo, où le relief peut être très engagé.
Un terrain de jeu complet pour sportifs et curieux
Qu’on vienne au Cap-Vert pour rider les vagues de Ponta Preta, grimper les sentiers pavés de Santo Antão, jouer au basket dans une salle surchauffée de Praia, participer à un ultra-trail dans les dunes de Boa Vista ou simplement taper dans un ballon sur une plage de sable blanc, l’île propose un rapport unique entre effort physique, rencontres humaines et découverte culturelle.
Les sports les plus pratiqués (basket, football, sports de glisse, randonnée, trail, pêche sportive, volley, arts martiaux) sont plus que des activités : ils reflètent la société cap-verdienne, marquée par la mobilité, la diaspora et la résilience. Dans cet archipel aux paysages marins et montagneux, le sport est un excellent moyen de comprendre le pays, ses défis et son énergie.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité modérée sur les revenus étrangers, un coût de vie inférieur à la France et un cadre de vie stable dans un pays lusophone tourné vers le tourisme et les services. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, rattachement à la couverture santé locale et internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agences immobilières) et intégration patrimoniale pour réduire de plus de 50 % la charge fiscale globale tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôles français.
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