Archipel de dix îles perdues dans l’Atlantique, à plusieurs centaines de kilomètres des côtes du Sénégal, le Cap-Vert est souvent résumé à « soleil et plages ». C’est vrai, mais terriblement réducteur. Entre volcans actifs, vallées tropicales sculptées en terrasses, villes coloniales classées à l’UNESCO, déserts de dunes, réserves marines et capitales bouillonnantes de musique, les sites touristiques incontournables au Cap-Vert composent un véritable puzzle, où chaque île apporte une pièce différente.
Le Cap-Vert bénéficie d’un climat doux toute l’année et d’une riche culture métisse, mêlant influences africaines et portugaises. L’accueil chaleureux des habitants, appelé « morabeza », est un trait caractéristique. Pour bien profiter du séjour, il est essentiel de connaître les spécificités et les sites à ne pas manquer sur chaque île de l’archipel.
Comprendre l’archipel avant de choisir ses sites incontournables
Avant d’entrer dans le détail des lieux à voir, il faut se rappeler que le Cap-Vert est un pays volcanique composé de dix îles principales, divisées en deux groupes : au nord, les îles au vent (Barlavento : Sal, Boa Vista, São Vicente, Santo Antão, São Nicolau, Santa Luzia) ; au sud, les îles sous le vent (Santiago, Fogo, Brava, Maio). Cette géographie conditionne tout : paysages, activités, ambiance, même la météo.
Certaines îles de l’archipel, comme Sal ou Boa Vista, bénéficient de près de 350 jours d’ensoleillement par an.
L’intérêt touristique se concentre sur quelques grandes familles de lieux incontournables :
– Sites naturels spectaculaires (volcans, montagnes, déserts, réserves marines)
– Plages et baies emblématiques
– Villes et villages historiques
– Capitales culturelles et lieux de musique
– Parcs naturels et réserves protégées (terrestres et marines)
– Espaces dédiés à l’observation de la faune (tortues, baleines, oiseaux)
Pour mieux visualiser les forces de chaque île, il est utile de comparer leurs principaux atouts touristiques.
| Île | Atout principal | Sites phares (exemples) |
|---|---|---|
| Sal | Plages & sports nautiques | Santa Maria, Pedra de Lume, Buracona, Shark Bay |
| Boa Vista | Dunes & longues plages | Santa Monica, désert de Viana, épave Cabo Santa Maria |
| Santiago | Histoire & nature | Praia, Cidade Velha (UNESCO), Serra Malagueta, Tarrafal |
| Santo Antão | Randonnée & paysages de montagne | Vallée de Paúl, Cova, Ponta do Sol – Cruzinha, Fontainhas |
| São Vicente | Culture & musique | Mindelo, Laginha, Monte Verde, Baía das Gatas |
| Fogo | Volcan & terroir | Pico do Fogo, Chã das Caldeiras, São Filipe |
| Maio | Plages sauvages & calme | Vila do Maio, Porto Inglês, Ponta Preta, salines |
| São Nicolau | Randonnées & villages traditionnels | Monte Gordo, Ribeira Brava, Praia Branca – Carbeirinho |
| Brava | Île fleurie & villages perchés | Vila Nova Sintra, Fajã de Agua |
| Santa Luzia | Réserve marine | Île inhabitée, snorkeling (pas d’infrastructure touristique) |
À partir de cette grille, on peut plonger dans les sites les plus marquants de l’archipel.
Sal, l’île-vitrine entre plages, sel et mer d’un bleu fluorescent
Sal concentre l’essentiel des arrivées internationales, via l’aéroport Amílcar Cabral. Beaucoup de visiteurs y passent quelques jours, voire tout le séjour. Et pour cause : l’île, plate et désertique, aligne certaines des plus belles plages du pays et offre un large éventail d’activités nautiques.
Santa Maria : la grande plage carte postale
Au sud de l’île, Santa Maria est LA station balnéaire cap-verdienne. Son immense ruban de sable blond bordé d’hôtels, de bars de plage et de restaurants constitue l’un des sites touristiques les plus photographiés du Cap-Vert. Ici, l’eau reste autour de 22 à 27°C selon la saison, parfaite pour se baigner presque toute l’année.
Outre le farniente, Santa Maria est aussi un point de départ pratique pour de nombreuses excursions : sorties snorkeling vers Murdeira Bay, balades à cheval sur le sable, croisières en catamaran, baptêmes de plongée pour explorer épaves et récifs.
Pedra de Lume : flotter dans un ancien cratère volcanique
Au nord-est de Sal, Pedra de Lume est un site emblématique : un ancien cratère volcanique transformé en salines. Les bassins, teintés de blanc, de rose ou de gris selon la lumière et la concentration en sel, dessinent un paysage presque lunaire.
Le cratère de Pedra de Lume, au Cap-Vert, offre aux visiteurs l’expérience de flotter facilement dans ses eaux en raison de leur forte salinité, similaire à celle de la mer Morte. Ce site ludique témoigne également de l’histoire économique de l’île de Sal, autrefois centrée sur l’exportation du sel. Aujourd’hui, il est intégré dans des projets de tourisme durable, avec des initiatives visant à améliorer la gestion de l’eau et des déchets sur place.
Buracona et l’« Olho Azul » : un œil bleu au cœur de la roche
Sur la côte nord-ouest, Buracona offre un autre décor spectaculaire : une côte volcanique noire battue par l’Atlantique, creusée de piscines naturelles. Lorsque le soleil est bien placé, un trou dans la roche laisse apparaître l’« Olho Azul », ce fameux « œil bleu » formé par la lumière qui se reflète dans une cavité marine.
Même en dehors de son célèbre effet optique, Buracona vaut le détour pour la beauté brute de sa côte, ses piscines naturelles propices à la baignade par mer calme, et l’impression unique d’être au bout du monde.
Shark Bay et les autres visages marins de Sal
Sur la côte est, Shark Bay est réputée pour permettre l’observation, dans très peu d’eau, de requins citron juvéniles. Accompagné d’un guide, on marche dans l’eau jusqu’aux genoux, tandis que les silhouettes des animaux tournent autour de vous. Expérience impressionnante, qui doit être encadrée pour ne pas perturber la faune.
À cela s’ajoutent d’autres lieux comme Kite Beach, haut lieu mondial du kitesurf lorsque les alizés soufflent de novembre à avril, ou encore Palmeira, petit port de pêche qui rappelle que l’île ne se limite pas aux resorts. Le contraste entre désert intérieur (Terra Boa et ses mirages) et lagons turquoise en bord de mer fait de Sal une carte de visite idéale du Cap-Vert pour une première approche.
Boa Vista, l’île des dunes infinies et des baleines
Plus au sud, Boa Vista prolonge le décor désertique de Sal, mais dans une version encore plus sauvage. Longues plages quasi vides, dunes qui coulent jusqu’à la mer, villages clairsemés : l’île est devenue un pôle majeur du tourisme balnéaire tout en gardant de vastes espaces intouchés.
Santa Monica, Chaves et les plages sans fin
Santa Monica Beach est régulièrement présentée comme une des plus belles plages de l’archipel : bande de sable quasi ininterrompue, vagues puissantes, absence quasi totale de constructions. Plus au nord, Praia de Chaves étire ses dunes blanches jusqu’à un rivage animé par quelques beach clubs.
La plage de Cabo Santa Maria est marquée par l’épave rouillée d’un navire échoué, devenue le symbole visuel de l’île de Boa Vista. Avec d’autres plages de l’île, c’est un site incontournable pour ceux qui recherchent l’isolement au bord de l’Atlantique.
Désert de Viana : l’autre Sahara
À l’intérieur des terres, le désert de Viana aligne des dunes pouvant atteindre une cinquantaine de mètres, modelées par les vents venus du Sahara. On y vient en 4×4 pour marcher sur le sable, s’essayer au sandboard ou simplement contempler ce paysage irréel où l’on oublie qu’on est sur une île.
Dans une perspective de tourisme durable, Boa Vista fait l’objet de nombreuses études : comment accueillir un nombre croissant de visiteurs sans dégrader ses écosystèmes fragiles, notamment les zones de ponte de tortues marines et les côtes exposées à l’érosion ?
Tortues marines et baleines à bosse : un sanctuaire à ciel ouvert
Boa Vista est l’un des principaux sites de ponte des tortues caouannes au monde : le Cap-Vert arrive en troisième position mondiale pour cette espèce, derrière quelques régions des États-Unis et d’Oman. La saison de ponte s’étale de juillet à octobre, avec une période privilégiée pour voir les bébés émerger plutôt autour d’août et septembre.
De février à mai, les baleines à bosse viennent se reproduire au large de Boa Vista. Des sorties d’observation encadrées sont organisées pour les approcher, mais elles doivent strictement respecter des règles visant à limiter le dérangement des animaux.
Ces richesses naturelles ont conduit à la création de réserves marines et à l’émergence de structures engagées dans la conservation, comme certains hébergements tournés vers la protection des tortues. Boa Vista illustre ainsi l’articulation, parfois délicate, entre tourisme de masse (les grands resorts all-inclusive) et protection des milieux.
Santiago, cœur historique, politique et paysan du pays
Santiago est la plus grande île du Cap-Vert, la plus peuplée et celle qui concentre les fonctions administratives. Mais elle est surtout un condensé de l’histoire et de la diversité paysagère du pays : villes, montagnes, forêts, vallées agricoles, plages et villages de pêcheurs s’y côtoient.
Praia : capitale vivante et porte d’entrée vers l’intérieur
Praia, la capitale, s’étage sur des plateaux dominant l’océan. Son centre historique, le Plateau, aligne bâtiments publics, marchés, places et cafés. On y trouve le Musée ethnographique, la Bibliothèque nationale et une dense vie quotidienne, loin de l’image d’une station balnéaire.
Les plages urbaines de Quebra Canela et Prainha, plus à l’ouest, offrent une respiration en ville, tandis que la plage de Gamboa, en contrebas du centre, reste davantage un décor que le meilleur spot de baignade. Praia est aussi un carrefour culturel où musique, bars et restaurants de cuisine cap-verdienne (comme Quintal da Música) permettent de goûter à l’ambiance locale.
Cidade Velha : berceau colonial classé à l’UNESCO
À une vingtaine de minutes de route de Praia, Cidade Velha est incontournable à l’échelle du pays. Première implantation portugaise dans les tropiques au XVe siècle, ancien pivot du commerce d’esclaves, la ville est aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
On se promène dans la Rua Banana, l’une des plus anciennes rues d’Afrique, on monte jusqu’à la forteresse de São Filipe qui domine la baie, on découvre les vestiges d’édifices religieux. Au-delà des ruines, le site raconte cinq siècles d’histoire coloniale, d’échanges atlantiques et de métissages forcés.
Serra Malagueta et Pico d’Antónia : la montagne en toile de fond
Le nord de Santiago change totalement d’atmosphère. Le Parc naturel de Serra Malagueta, qui couvre plus de 8 000 hectares, est un haut lieu de randonnée, avec des sentiers balisés traversant forêts, crêtes et petits villages. On y croise des espèces endémiques, notamment des oiseaux comme le faucon ou des passereaux propres à l’archipel.
Découvrez le point culminant de l’île, près de 1400 m, à travers un réseau de sentiers aménagés pour une randonnée sécurisée et accessible.
Le village de Rui Vaz est le point de départ privilégié pour les belles randonnées vers le sommet.
Les chemins sont intégrés dans un vaste réseau pensé pour le tourisme de randonnée, avec une signalisation adaptée.
Ces aménagements s’inscrivent dans le cadre de programmes nationaux dédiés à la promotion de la marche.
Tarrafal : plage, histoire et ambiance de bout du monde
Tout au nord, Tarrafal est connu pour sa plage bordée de cocotiers, considérée comme la plus belle de Santiago. Atmosphère calme, petites pensions, restaurants en bord de mer : l’endroit attire ceux qui souhaitent combiner baignade, musique live et découverte d’une ville à taille humaine.
Tarrafal est également marqué par son ancien camp pénitentiaire, vestige douloureux du temps colonial, même si l’accent touristique est davantage mis sur la plage et l’ambiance que sur la mémoire carcérale. Pour de nombreux voyageurs, c’est un excellent point de chute pour explorer le nord de l’île et rayonner vers Serra Malagueta.
Santo Antão, paradis absolu des randonneurs
Deuxième île du pays par la taille, Santo Antão est souvent présentée comme la plus spectaculaire. Aucune autre île de l’Atlantique sud n’offrirait une telle concentration de vallées vertes, de reliefs acérés, de gorges vertigineuses. C’est la destination « montagne » par excellence du Cap-Vert.
Vallée de Paúl et cratère de Cova : la randonnée emblématique
Le duo Cova–vallée de Paúl est probablement l’itinéraire de randonnée le plus célèbre de l’archipel. On démarre dans un ancien cratère volcanique aujourd’hui couvert de cultures, avant de plonger par un chemin pavé dans une vallée exubérante, sculptée en terrasses plantées de canne à sucre, de bananiers, de caféiers ou de manioc.
Cette randonnée présente un dénivelé d’environ 1000 mètres, offrant un spectacle paysager et un aperçu du quotidien des habitants qui cultivent manuellement de petites parcelles. Au terme de la descente, Vila das Pombas (ou Cidade das Pombas), située au fond de la vallée au bord de l’océan, sert souvent de base pour les randonneurs.
Ponta do Sol – Fontainhas – Cruzinha : un balcon au-dessus de l’Atlantique
Sur la côte nord, la petite ville de Ponta do Sol est le point de départ d’un sentier côtier devenu mythique : on passe rapidement au-dessus du village de Fontainhas, accroché à flanc de montagne, avant de longer des falaises abruptes, traverser de minuscules hameaux, et rejoindre finalement le village de pêcheurs de Cruzinha.
Ce chemin suspendu, parfois pavé à même la roche, est régulièrement cité comme l’une des plus belles randonnées côtières du pays. Il exige un pied sûr mais ne requiert pas de technique particulière, ce qui en fait un incontournable pour de nombreux visiteurs en quête de paysages vertigineux.
Un réseau de sentiers structuré et valorisé
Contrairement à l’image parfois anarchique des sentiers de montagne, Santo Antão a fait l’objet d’un important travail de structuration : des dizaines de kilomètres de pistes ont été réhabilités et balisés, des panneaux d’information et flèches directionnelles installés, et un réseau cohérent de plus de 300 km de sentiers a été cartographié et mis en ligne sur plusieurs plateformes numériques.
Cet investissement dans le tourisme de randonnée vise à sécuriser la pratique, mieux répartir les marcheurs et générer des retombées économiques pour les villages. Les randonneurs peuvent contribuer en s’arrêtant dans les bars, gîtes, pensions et distilleries de grogue (rhum local).
Topo de Coroa, Pico da Cruz et villages isolés
Au-delà des « grands classiques », Santo Antão offre une multitude d’itinéraires plus sauvages, comme l’ascension du Topo de Coroa, point culminant de l’île, ou le cheminement depuis les vallées intérieures jusqu’aux villages côtiers presque inaccessibles comme Monte Trigo. Dans ces zones, l’accompagnement par un guide est recommandé, autant pour la sécurité que pour la compréhension du territoire.
São Vicente, Mindelo et la vie culturelle au bord de la mer
São Vicente est une petite île par la taille, mais immense par son rayonnement culturel. Sa capitale, Mindelo, est le cœur battant de la musique cap-verdienne, ville natale de Cesária Évora, souvent décrite comme une « petite Rio » par sa vie nocturne et ses carnavals.
Mindelo, capitale de la morna et des festivals
La baie de Mindelo, encadrée de collines arides, abrite un port naturel qui a longtemps servi de relai aux navires britanniques. Aujourd’hui, ses quais et son centre-ville dessinent un décor colonial, avec façades pastels, places animées et cafés de trottoir. Le front de mer, la plage de Laginha, les marchés (dont le marché aux poissons) et les bars à musique composent l’essentiel du circuit pour les visiteurs.
Le CNAD (Centre national d’arts, d’artisanat et de design) est réputé pour présenter l’excellence de l’artisanat local et des créations contemporaines. L’offre culturelle est complétée par le musée Cesária Évora et le Centre culturel de Mindelo.
Mindelo vibre au rythme d’événements majeurs : carnaval très réputé, festivals de musique comme celui de Baía das Gatas organisé sur la plage du même nom, ou encore Mindelact, grand rendez-vous théâtral qui attire des troupes de tout le continent.
Monte Verde, Baía das Gatas et São Pedro : escapades nature
Pour prendre un peu de hauteur, le Monte Verde, plus haut sommet de l’île, offre un panorama sur Mindelo et les îles voisines, lorsque la visibilité le permet. L’ascension peut se faire en véhicule jusqu’à proximité du sommet, puis à pied sur un court tronçon.
Baía das Gatas, près de Mindelo, est un lagon naturel idéal pour la baignade par mer calme et accueille un célèbre festival musical en août. De l’autre côté de l’île, São Pedro offre une plage réputée pour le windsurf et le kitesurf, profitant de vents réguliers une grande partie de l’année.
Fogo, l’île noire dominée par un volcan
Difficile de parler de sites touristiques incontournables au Cap-Vert sans mentionner Fogo. Cette île, noircie par les coulées de lave, est dominée par un immense cratère au centre duquel se dresse le Pico do Fogo, plus haut sommet du pays, toujours actif.
Pico do Fogo et Chã das Caldeiras : l’ascension mythique
Monter au Pico do Fogo est un rêve pour de nombreux randonneurs. Le départ se fait depuis le village de Chã das Caldeiras, installé à l’intérieur même de la caldeira, à près de 1 700 m d’altitude. La montée, exigeante, cumule plus de 1 000 m de dénivelé positif sur un terrain de cendres et de roches volcaniques.
Au sommet, la vue plonge sur le cratère, les champs de lave récents (la dernière éruption remonte à 2014) et, par temps clair, sur les flots de l’Atlantique. La descente, souvent en « surf » dans la cendre, laisse des souvenirs durables. La présence d’un guide est fortement recommandée ici, autant pour la sécurité que pour la lecture du paysage volcanique.
Vignobles, café et villes coloniales
Fogo ne se résume pas à son volcan. Les pentes de la caldeira accueillent des vignobles qui produisent des vins remarqués, dont certains portent le nom de la région (par exemple des cuvées issues de Chã). Les habitants cultivent aussi du café, réputé parmi les meilleurs de l’archipel. Ces activités agro-touristiques s’intègrent de plus en plus dans les circuits de visite.
Sur la côte ouest, la ville de São Filipe conserve un remarquable ensemble de maisons coloniales à balcons, les « sobrados », témoignant de la richesse passée de l’île. Plus au nord, la région de Mosteiros mêle plantations, villages en terrasse et vues sur la mer.
Maio, l’île paisible des longues plages et des salines
Souvent éclipsée par Sal et Boa Vista, Maio est pourtant l’une des îles les plus attachantes pour qui cherche la tranquillité. Située dans le groupe des Sotavento, elle aligne de longues plages peu fréquentées, des villages modestes et une atmosphère presque figée dans le temps.
Plages de Porto Inglês et Ponta Preta, salines et tortues
Autour de la petite ville de Vila do Maio (parfois appelée Porto Inglês), des plages de sable clair invitent à la promenade et à la baignade, loin des foules. Ponta Preta et d’autres criques isolées rendent l’île particulièrement attractive pour ceux qui veulent se couper du monde.
L’île de Maio abrite d’anciennes salines, témoignant de l’importance historique de l’exploitation du sel dans l’archipel. Elle fait également partie, avec Boa Vista et Sal, des sites privilégiés pour observer les tortues marines, particulièrement pendant leur saison de ponte.
Dans une stratégie nationale visant à diversifier l’offre touristique au-delà des pôles massifs de Sal et Boa Vista, Maio est régulièrement citée comme candidate à un développement plus doux, misant sur la nature, la pêche artisanale et l’accueil chez l’habitant.
São Nicolau, la discrète aux montagnes verdoyantes
Moins accessible que d’autres îles à cause de l’irrégularité de ses liaisons aériennes et maritimes, São Nicolau est une destination pour voyageurs patients et curieux. En contrepartie, elle offre une combinaison séduisante de montagnes, de villages traditionnels et d’agriculture durable.
Monte Gordo et parc naturel
Le Monte Gordo, qui culmine à plus de 1 300 m, est protégé par un parc naturel. Des sentiers descendent à travers forêts, cultures en terrasses et vallons encaissés. Le climat plus humide que sur les îles sableuses permet une végétation généreuse, et les projets d’agriculture durable qui y sont menés sont souvent mis en avant comme modèle.
Ribeira Brava et villages côtiers
La petite ville de Ribeira Brava, ancienne capitale insulaire, rassemble maisons colorées, église, places ombragées. Plus loin, des randonnées comme celle reliant Praia Branca à Carbeirinho montrent une côte sculptée et des formations rocheuses étonnantes. São Nicolau fait partie de ces îles « coups de cœur » pour randonneurs et voyageurs en quête d’authenticité, loin des circuits classiques.
Brava, l’île fleurie au bout de la ligne
Brava est la plus petite île habitée de l’archipel, accessible uniquement par bateau depuis Fogo. Surnommée « île aux fleurs », elle est réputée pour ses jardins, ses bougainvilliers, ses hibiscus et ses ruelles ombragées.
Vila Nova Sintra et Fajã de Agua
Vila Nova Sintra, capitale perchée sur les hauteurs, est souvent présentée comme l’un des plus beaux bourgs du pays, avec ses maisons soignées, ses jardins et même une réplique en pierre de la caravelle de Christophe Colomb. À l’ouest, le village de Fajã de Agua, coincé entre montagne et océan, offre un paysage de bout du monde, avec une petite baie, des piscines naturelles et une ambiance hors du temps.
L’île de Brava est une destination qui récompense les visiteurs acceptant une logistique complexe, incluant des traversées en ferry peu fréquentes et des infrastructures limitées.
Santa Luzia, la nature protégée sans infrastructure
Dernière île du groupe des Barlavento, Santa Luzia est inhabitée et classée réserve, notamment pour sa faune marine. Il n’y a ni routes, ni villages, ni hébergements. Quelques sorties privées y mènent pour du snorkeling ou de l’observation, mais l’absence d’infrastructures en fait plus un territoire de conservation qu’un site touristique classique.
Le Cap-Vert a choisi de protéger des zones spécifiques en créant de grandes réserves de biosphère. Ces réserves couvrent une part importante de la surface terrestre et marine du pays, comme l’illustre cette île.
Réserves, parcs et biodiversité : le Cap-Vert côté nature protégée
En dehors des îles elles-mêmes, certains sites naturels méritent une mention spéciale, car ils concentrent à la fois richesse écologique et potentiel touristique.
Serra Malagueta, Monte Gordo, Cova-Paul : des parcs à la croisée des enjeux
Les parcs naturels de Serra Malagueta (Santiago), Monte Gordo (São Nicolau) et Cova-Paul (Santo Antão) forment un triptyque représentatif des montagnes cap-verdiennes. On y trouve une flore endémique menacée, des oiseaux propres à l’archipel, et des paysages de terrasses agricoles spectaculaires.
Des initiatives d’aide internationale visent à développer un tourisme de randonnée respectueux dans ces zones. Les actions incluent la mise en place d’un balisage, la formation de guides locaux, la création de belvédères et un soutien aux villages traversés par les itinéraires.
Réserves marines : de Sal à Santa Luzia
Côté mer, plusieurs réserves marines protègent les fonds, notamment autour de Sal (riche en tortues marines, dauphins et baleines à bosse), de Boa Vista et de Santa Luzia. Ces espaces constituent des terrains de jeux pour la plongée sous‑marine et le snorkeling, mais font l’objet de réglementations de plus en plus précises : limitation de l’ancrage sauvage, encadrement des sorties, sensibilisation à la protection des coraux et des herbiers.
Sites culturels, musées et grandes fêtes : une culture omniprésente
Les sites incontournables au Cap-Vert ne sont pas tous naturels. Certains lieux culturels et événements méritent d’être intégrés à tout itinéraire sérieux.
Mindelo et Praia : musées, centres culturels, mémoire vivante
À Praia, le Musée ethnographique et les archives historiques retracent l’histoire du pays, de la traite négrière à l’indépendance, en passant par la vie rurale et les premières villes. À Mindelo, outre le CNAD et les galeries, les rues elles-mêmes sont un musée vivant de la musique, avec bars où résonnent mornas, funaná ou batuque, artères où se déroulent les grands défilés de carnaval, places où se tiennent marchés artisanaux et petits concerts.
Cidade Velha et São Filipe : patrimoine colonial
On l’a vu, Cidade Velha est une clé de lecture de tout l’Atlantique africain, tandis que São Filipe, sur Fogo, offre une version plus intimiste de ce patrimoine colonial, avec ses maisons à balcons, ses ruelles en pente, ses points de vue sur la mer. Ces deux villes complètent la dimension « paysages » du pays par une plongée dans son histoire.
Certains événements sont eux-mêmes devenus des « sites » à part entière, tant ils attirent de visiteurs : carnaval de Mindelo, festival de Baía das Gatas sur la plage du même nom, Kriol Jazz Festival à Praia, Gamboa Music Festival, grands rassemblements autour de la morna ou du batuku. Ils transforment momentanément places, plages et rues en scènes géantes, ajoutant une couche festive aux lieux déjà incontournables.
Pendant le carnaval de Mindelo ou le festival de Baía das Gatas, les hébergements sont très demandés, les disponibilités limitées et les prix augmentent. Il est conseillé de réserver bien à l’avance.
Tourisme, environnement et développement : l’envers des cartes postales
Voir les sites touristiques incontournables au Cap-Vert, c’est aussi prendre conscience des questions qu’ils posent. Le tourisme représente aujourd’hui près d’un cinquième du PIB du pays, et l’archipel a récemment franchi le cap symbolique du million de visiteurs annuels. Or les écosystèmes, qu’il s’agisse des dunes de Boa Vista, des vallées de Santo Antão ou des récifs coralliens, restent fragiles.
Pourcentage d’énergies renouvelables visé d’ici quelques décennies sur les îles touristiques de Sal et Boa Vista.
Ce cadre se décline très concrètement sur le terrain : signalisation de sentiers pour limiter l’érosion, accompagnement des villages de montagne pour accueillir les marcheurs, création de fonds de soutien social et environnemental alimentés par le secteur touristique, ou encore élaboration de guides pour un tourisme sous‑marin responsable.
Pour le visiteur, cela se traduit par des recommandations simples sur les sites : emporter ses déchets, respecter les sentiers, ne pas déranger les tortues pendant la ponte, éviter de toucher les coraux, privilégier les structures qui emploient des locaux et investissent dans des dispositifs sobres en eau et en énergie.
Comment organiser son itinéraire autour des sites incontournables
Face à la richesse de l’archipel, la tentation est grande de vouloir tout voir. Mieux vaut pourtant accepter de choisir. Une manière pratique d’organiser son voyage consiste à combiner, sur une à deux semaines, une « île de plage », une « île de montagne » et une « île de culture ».
Voici un exemple de répartition des rôles par île, du point de vue des sites emblématiques :
| Thème principal | Île recommandée | Sites clés |
|---|---|---|
| Plages & farniente | Sal / Boa Vista / Maio | Santa Maria, Pedra de Lume, Santa Monica, Chaves, Porto Inglês |
| Randonnée & montagnes | Santo Antão / Santiago / São Nicolau | Vallée de Paúl, Cova, Serra Malagueta, Monte Gordo |
| Volcan & terroir | Fogo | Pico do Fogo, Chã das Caldeiras, São Filipe |
| Culture & musique | São Vicente / Santiago | Mindelo, CNAD, Plateau de Praia, grandes fêtes musicales |
| Histoire coloniale | Santiago / Fogo | Cidade Velha (UNESCO), São Filipe |
| Nature sauvage | Boa Vista / Santo Antão / Santa Luzia | Désert de Viana, Topo de Coroa, réserves marines |
L’important reste d’accepter de prendre son temps. Les liaisons inter‑îles (avions domestiques, ferries) existent mais peuvent être capricieuses, à l’exception notable du ferry Mindelo–Porto Novo pour rejoindre Santo Antão, considéré comme fiable. Sur place, les déplacements se font en taxi, en voitures de location ou grâce aux « aluguers », ces minibus partagés qui relient même les villages reculés.
Conclusion : un archipel de sites, pas un seul « spot »
Les sites touristiques incontournables au Cap-Vert ne se résument ni à une seule île, ni à un seul type de décor. Entre les plaines désertiques de Sal, les dunes de Boa Vista, les vallées vertes de Santo Antão, les plateaux volcaniques de Fogo, les rues coloniales de Cidade Velha, les places musicales de Mindelo ou les plages tranquilles de Maio, l’archipel fonctionne comme un archipel de mondes.
La diversité du Cap-Vert est à l’origine de son succès touristique, mais elle présente aussi des défis pour préserver la fragilité de ses paysages et de ses ressources en eau. Pour contribuer à la durabilité de cette destination unique dans l’Atlantique, il est conseillé de choisir soigneusement ses étapes, de privilégier les structures d’accueil locales et de respecter scrupuleusement les milieux naturels traversés lors de son séjour.
Au bout du compte, qu’on vienne pour gravir le Pico do Fogo, randonner dans la vallée de Paúl, flotter dans les salines de Pedra de Lume, marcher sur les plages vides de Santa Monica ou écouter une morna un soir à Mindelo, on repart avec la sensation que l’essentiel du pays ne tient pas seulement dans ses paysages, mais dans la façon dont ils sont habités, racontés et partagés.
Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Cap-Vert afin d’optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a été le Cap-Vert pour sa fiscalité modérée, son coût de vie nettement inférieur à la France, sa stabilité politique et son environnement lusophone/africain attractif. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence via achat de résidence principale ou visa de long séjour, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, intermédiaires bilingues) et intégration patrimoniale globale (analyse et éventuelle restructuration).
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