La sécurité au Cap-Vert : conseils pour une expatriation sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Cap-Vert fait rêver : climat doux, ambiance décontractée, habitants chaleureux, coût de la vie encore raisonnable, possibilités pour le télétravail et les projets professionnels… Mais avant de poser ses valises dans l’archipel, la question de la sécurité – au sens large – est incontournable : délinquance, santé, risques naturels, système médical, démarches administratives, assurances.

Bon à savoir :

Ce guide, basé sur des données officielles et des témoignages d’expatriés, offre une vision nuancée de la sécurité dans le pays. Son objectif est de fournir des conseils pratiques pour préparer une expatriation en toute sérénité, en évitant à la fois la naïveté et la paranoïa.

Sommaire de l'article masquer

Un pays globalement sûr, mais classé en « vigilance renforcée »

Sur le plan politique et social, le Cap-Vert est souvent cité comme l’un des pays les plus stables d’Afrique. La corruption y est relativement limitée, les institutions fonctionnent, et l’atmosphère quotidienne est décrite comme calme et accueillante. Le concept de morabeza, cette hospitalité détendue et chaleureuse, est au cœur de la culture locale.

Les indicateurs internationaux confirment cette relative sécurité, tout en rappelant que l’archipel n’est pas un paradis hors du monde.

Indicateurs de sécurité : où se situe le Cap-Vert ?

Plusieurs chiffres permettent de situer le niveau de risque général.

IndicateurValeur Cap-VertCommentaire
Indice de criminalité32,5 / 100Proche de la moyenne de l’UE (31,8), nettement inférieur à la moyenne africaine (58,2)
Indice de paix globale (GPI)Score 1,676 – rang 79 mondialPays perçu comme relativement pacifique
Taux d’homicide11,6 pour 100 000 habitantsSupérieur à la plupart des pays européens, mais loin des zones les plus violentes du continent
PopulationEnviron 550 000 habitantsMajoritairement concentrée sur Santiago

Les autorités françaises classent toutefois l’ensemble du territoire en “zone de vigilance renforcée”. Cela signifie que :

Attention :

Bien que le pays ne soit pas déconseillé aux voyageurs ou résidents, la situation sécuritaire nécessite une vigilance particulière dans les grandes villes, lors de randonnées isolées, de sorties nocturnes et d’activités nautiques.

Cette nuance est essentielle pour un projet d’expatriation : le Cap-Vert est globalement sûr, mais pas exempt de risques, surtout si l’on transpose sans filtre ses habitudes européennes.

Délinquance : comprendre les risques réels

Pour un expatrié, la sécurité quotidienne se joue moins dans les statistiques que dans le rapport avec la petite criminalité et l’environnement urbain. Là aussi, l’image d’archipel “sans problème” mérite d’être nuancée.

Criminalité de rue : le vrai sujet du quotidien

Les violences graves visant les étrangers restent décrites comme rares. En revanche, la délinquance opportuniste est bien présente, notamment :

vols à la tire dans les marchés et les rues animées ;

arrachages de sacs ou de téléphones ;

cambriolages d’habitations et de voiliers ;

agressions visant des personnes isolées à pied, de jour comme de nuit.

Les objets le plus souvent visés sont ceux qui se revendent facilement : smartphones, bijoux, appareils photo, espèces. Les porteurs de bijoux en or (chaînes, alliances voyantes) sont particulièrement ciblés, le prix du métal ayant fait flamber ce type de larcin.

Attention :

Les témoignages et les mises en garde officielles convergent pour identifier les personnes à pied, particulièrement lorsqu’elles sont seules et portent des objets visibles, comme les plus exposées aux risques.

Par ailleurs, les autorités signalent une recrudescence des agressions sexuelles, avec un risque accru pour les femmes voyageant seules. Cela ne signifie pas que les expatriées sont constamment en danger, mais que certaines situations (retours nocturnes isolés, consommation d’alcool, lieux peu fréquentés) appellent une grande prudence.

Où la vigilance doit-elle être maximale ?

Tous les îlots de l’archipel n’offrent pas le même profil de risques. La sécurité est très locale : ce qui est vrai dans un quartier de Praia ne s’applique pas forcément à Santa Maria ou à Santo Antão.

Île / VilleNiveau de risque global (délinquance)Particularités à connaître
Santiago – PraiaPlus élevé que la moyenneCapitale, poches de criminalité, agressions armées en hausse dans certains quartiers
Santiago – TarrafalVigilance accrueCas de vols et agressions, vigilance sur les sentiers de randonnée
São Vicente – MindeloModéréPickpockets au marché et en période de festivals, vols nocturnes possibles
Sal – Santa MariaFaibleZone balnéaire très encadrée, forte présence touristique et policière
Boa Vista – Sal ReiFaible à modéréHôtels sécurisés, mais incidents possibles sur les plages isolées et dans les dunes
Fogo – São FilipeFaible (criminalité), risque volcanSécurité quotidienne correcte, danger lié au Pico do Fogo et aux randonnées
Santo AntãoTrès faibleÎle réputée très sûre, vigilance surtout en randonnée (chutes, isolement)
São Nicolau – TarrafalVigilance accrueCambriolages de bateaux signalés
Maio, BravaVariablesFaible criminalité mais services médicaux limités

Dans Praia, plusieurs quartiers demandent une attention particulière le soir : Plateforme (Plateau), Achada Santo António, Tira Chapéu, Safenda, Castelão, Fazenda. De jour, ces secteurs sont fréquentés, mais la nuit, de nombreuses rues se vident et l’éclairage est inégal.

Astuce :

À Mindelo, les vols à la tire sont particulièrement fréquents sur les marchés, aux abords du port et dans les zones festives, notamment pendant la période du carnaval. Il est conseillé d’être particulièrement vigilant dans ces endroits.

Sur Boa Vista et Santiago, des agressions ont été relevées sur certains sentiers de randonnée en moyenne montagne et dans les dunes isolées. Les cambriolages violents à bord de voiliers à l’ancre ou au mouillage ont également été signalés, notamment à Praia, Tarrafal, Mindelo, São Filipe et Tarrafal de São Nicolau.

Conseils concrets pour limiter le risque

L’immense majorité des expatriés vivent sans incident majeur, à condition d’intégrer quelques réflexes de base.

SituationRecommandation pratique
Déplacements nocturnesÉviter de marcher à pied ; privilégier les taxis officiels
Promenades en villeNe pas se déplacer seul·e dans les zones excentrées ou mal éclairées
Argent et objets de valeurSortir avec le minimum ; laisser passeports et gros montants au coffre
Sacs et accessoiresBannir les bananes ventrales visibles ; utiliser un sac en bandoulière discret
BijouxÉviter or apparent et montres ostentatoires, surtout en ville
Randonnées (Santiago, Boa Vista, Fogo, Santo Antão)Partir accompagné, idéalement avec un guide local, signaler son itinéraire
Agression ou volNe pas résister, remettre ce qui est demandé, déposer plainte ensuite
Voilier au mouillageVerrouiller les accès, installer un bon éclairage, rester vigilant la nuit

Pour les femmes, surtout si elles vivent seules, ces conseils valent double. L’archipel est considéré comme l’une des destinations africaines les plus agréables pour les voyageuses solo, mais cela n’exclut pas le harcèlement de rue (sifflements, appels insistants) ni les situations plus tendues en soirée. S’habiller de manière relativement sobre hors zones balnéaires, éviter de rentrer seule la nuit et s’appuyer sur des réseaux d’expatriées ou sur les guides locaux sont de bons garde-fous.

Risques naturels : un archipel volcanique, sec et battu par les vents

La sécurité au Cap-Vert ne se résume pas aux agressions. La géographie même de l’archipel – îles volcaniques, climat semi-aride, océan puissant – implique d’autres types de risques, à prendre très au sérieux pour quelqu’un qui compte s’y installer.

Volcan, séismes, pluies diluviennes

Le Cap-Vert est posé sur une zone tectoniquement active. Les îles les plus occidentales (Brava, Santo Antão, São Vicente) enregistrent régulièrement des séismes de faible amplitude. Ils sont rarement destructeurs, mais rappellent que le sous-sol bouge.

Le Pico do Fogo, sur l’île de Fogo, est un volcan actif. Sa dernière grande éruption remonte à 2014. L’ascension du sommet (près de 2 830 m) est spectaculaire… et exigeante. Elle demande une excellente condition physique et reste déconseillée aux enfants. Un détail qui a du poids en matière de sécurité : il n’y a pas d’hélicoptère de secours au Cap-Vert. En cas d’accident sérieux, l’évacuation vers São Filipe, puis éventuellement Praia ou même l’étranger, peut être très longue.

1

Une tempête tropicale en 2025 a déversé en quelques heures l’équivalent de plus d’un an de précipitations sur les îles de São Vicente et Santo Antão.

Mer, courants et absence de secours en mer

Pour un expatrié, les risques maritimes sont parfois les plus sous-estimés. L’Atlantique autour du Cap-Vert est puissant : vents soutenus, houle importante, courants forts. Or l’archipel ne dispose d’aucun véritable service public de secours en mer et la plupart des plages ne sont pas surveillées.

Concrètement, pour la baignade comme pour les sports nautiques (surf, kitesurf, planche à voile, plongée, voile) :

– les noyades ne sont pas rares, notamment sur certaines plages de Praia ou de Sal ;

– les clubs de plongée doivent intégrer le fait qu’il n’existe pas de caisson de décompression dans le pays ;

– la météo peut rapidement se dégrader, avec des creux importants et des vents violents.

Astuce :

Pour une navigation sécurisée et responsable, les plaisanciers doivent adopter une approche professionnelle. Cela inclut de signaler systématiquement ses mouvements à la capitainerie et d’y renseigner le nombre de personnes à bord. Il est également crucial d’informer ses proches de la route prévue avant le départ. L’embarquement d’un moyen de communication performant (comme une balise, une VHF, ou un téléphone satellite pour la navigation au large) est essentiel. Enfin, il convient de solidement assurer son bateau contre les risques de cambriolage.

Vents de sable, sécheresse et épisodes extrêmes

Autre dimension à intégrer au quotidien : le climat semi-aride et l’exposition accrue au changement climatique.

– La saison sèche dure de 8 à 9 mois, avec des années sans pluie quasiment totale sur certaines îles.

– Le harmattan, vent chaud chargé de poussière saharienne, souffle de mi-décembre à fin mars, réduisant parfois fortement la visibilité et perturbant le trafic aérien.

– Des épisodes de “bruma seca” (brume de sable) peuvent aussi survenir en hiver, gênant la respiration des personnes sensibles.

Les modèles climatiques prévoient une hausse possible des températures jusqu’à +4 °C d’ici 2100 et une baisse des précipitations pouvant atteindre 20 %. À l’échelle d’un expatrié, cela signifie :

des problèmes d’approvisionnement en eau réguliers sur certaines îles ;

– une facture d’eau et d’énergie à surveiller ;

– une vigilance accrue pour les feux de brousse ou de forêt dans les zones sèches, notamment dans les pinèdes introduites très inflammables.

Santé et système médical : l’enjeu majeur d’une expatriation sereine

Longtemps, la sécurité a été envisagée sous l’angle des agressions. Pour un expatrié, le risque sanitaire est au moins aussi important : accès aux soins, évacuation possible, coût des traitements, maladies présentes sur place.

Un système de santé en progression mais encore fragile

Le Cap-Vert a mis en place un système de santé public structuré en trois niveaux (postes et centres de santé, hôpitaux régionaux, hôpitaux centraux), piloté par le ministère de la Santé. Le pays consacre un peu plus de 5 % de son PIB à la santé et près de 10 % du budget national, et a développé la télémédecine pour soutenir les îles isolées.

Dans les faits, la qualité et la disponibilité des soins sont très inégales :

– les plateaux techniques les plus complets se trouvent à Praia (hôpital Agostinho Neto) et Mindelo ;

– certaines îles ne disposent que de dispensaires offrant des soins de base ;

– pour des spécialités ou des urgences lourdes, un transfert inter-îles, voire vers un autre pays, est souvent nécessaire.

Le nombre de personnels infirmiers et sages-femmes est encore faible (environ 1,29 pour 1 000 habitants), et de nombreux professionnels formés à l’étranger sont difficiles à retenir.

Pour un expatrié, il faut retenir que : la capacité d’adaptation est essentielle.

Bon à savoir :

Les cas graves (traumas importants, infarctus, grandes brûlures, pathologies lourdes) ne sont pas toujours pris en charge localement. Les transferts entre les îles peuvent être retardés par la météo ou des problèmes logistiques. Le paiement comptant est la règle : sans garantie de paiement, l’accès à certains soins ou évacuations peut être refusé.

Maladies présentes et vaccinations recommandées

Aucun vaccin spécifique n’est exigé pour entrer au Cap-Vert, sauf si vous arrivez d’une zone où la fièvre jaune est endémique (dans ce cas, certificat de vaccination obligatoire). En revanche, plusieurs vaccinations sont vivement conseillées :

rappels de base : diphtérie–tétanos–polio, rougeole–oreillons–rubéole, parfois BCG ;

hépatites A et B, typhoïde, en particulier pour des séjours longs ou des repas fréquents dans des contextes peu touristiques ;

méningites (A, C, Y, W135) selon le profil ;

rage pour les séjours “aventuriers” ou les personnes en contact possible avec des animaux.

Trois familles de maladies vectorielles doivent particulièrement retenir l’attention :

– 1. Paludisme

Transmission sporadique, essentiellement sur l’île de Santiago.

– Risque surtout pendant la saison des pluies (août–novembre).

– Les autorités recommandent une protection anti-moustique stricte (sprays, vêtements longs le soir, moustiquaires) et, selon le profil, un traitement prophylactique sur avis médical.

– 2. Dengue

– En 2024, 847 cas recensés, principalement à Santiago.

– Symptômes proches d’une grosse grippe, avec fortes fièvres et douleurs.

– Pas de traitement spécifique, uniquement symptomatique ; les anti-inflammatoires sont déconseillés.

– La prévention repose exclusivement sur la lutte contre les piqûres de moustiques.

Attention :

Des épisodes sporadiques de Zika surviennent, notamment sur les îles de Sotavento en saison des pluies. Ce virus présente un risque majeur pour les femmes enceintes en raison d’atteintes neurologiques possibles chez le fœtus. La prévention des piqûres de moustiques est la seule mesure efficace.

À cela s’ajoutent des risques de gastro-entérites bactériennes (Shigella notamment) et de fièvre typhoïde, ce qui impose une hygiène alimentaire rigoureuse : eau en bouteille, fruits pelés, aliments bien cuits, méfiance vis-à-vis des glaces et glaçons, éviction des produits crus ou peu cuits dans les contextes douteux.

Eau, alimentation et hygiène : des réflexes non négociables

La règle générale est simple : ne jamais considérer l’eau du robinet comme potable par défaut. Il est conseillé de :

boire de l’eau minérale capsulée ou de l’eau filtrée/traitée ;

– éviter les glaçons dont la provenance est incertaine ;

– laver soigneusement fruits et légumes, ou les éplucher soi-même ;

– privilégier les aliments bien cuits, éviter les buffets tièdes, les coquillages crus et certains snacks de rue.

Cela ne signifie pas qu’il soit impossible de manger local – bien au contraire. Mais pour un expatrié fraîchement arrivé, laisser à l’organisme le temps de s’habituer et repérer les établissements fiables fait partie des bonnes pratiques de sécurité sanitaire.

Assurance santé et évacuation : l’angle mort de nombreux projets

C’est l’un des points les plus critiques : sans couverture d’assurance adaptée, un problème médical sérieux peut se transformer en catastrophe financière et humaine.

Bon à savoir :

Il est essentiel de prendre en compte et d’intégrer quelques réalités fondamentales pour une compréhension complète du sujet.

l’État français ne prend pas en charge les frais de santé ni les évacuations sanitaires de ses ressortissants à l’étranger ;

– le coût d’une évacuation aérienne peut se chiffrer entre 15 000 et 30 000 dollars, voire davantage selon la destination et la gravité du cas ;

– les hôpitaux exigent souvent un paiement immédiat ou une garantie solide avant d’engager certaines procédures.

Pour un séjour de longue durée, plusieurs combinaisons sont possibles :

affiliation à la sécurité sociale cap-verdienne, complétée par une mutuelle locale ;

adhésion à la Caisse des Français de l’étranger (pour les Français), avec complément par une assurance privée internationale ;

– contrats d’assurance “au 1er euro” couvrant directement les soins dans le pays de résidence et les évacuations.

Il est indispensable de vérifier :

le plafond de prise en charge pour l’évacuation et le rapatriement ;

la couverture des activités à risque pratiquées (plongée, kitesurf, randonnées en altitude, etc.) ;

– les obligations de paiement sur place (frais avancés à demander ensuite en remboursement) ;

– la gestion des soins dans un autre pays (Portugal, France, Sénégal…) en cas de transfert.

Sans ce volet solidement verrouillé, la sécurité de votre expatriation au Cap-Vert reste très relative.

Cadre juridique, criminalité et relations avec les autorités

En parallèle de la délinquance de rue, il est utile de maîtriser quelques éléments de droit local et de fonctionnement institutionnel, qui participent eux aussi à la “sécurité juridique” d’un expatrié.

L’appareil sécuritaire : police, numéros d’urgence, consulat

Sur le terrain, la présence policière est visible dans les zones touristiques, notamment à Sal et Boa Vista. Plusieurs services peuvent être utiles :

ServiceNuméro / Contact
Police / urgence générale132
Pompiers131
Police touristique800 11 12
Hôpital Agostinho Neto (Praia)+238 260 36 50
Ligne COVID / information800 11 12

Pour les ressortissants français, la section consulaire de l’ambassade de France à Praia est le point d’entrée en cas de difficulté majeure (accident grave, agression violente, crise). Elle dispose toutefois de moyens limités et renvoie, pour beaucoup de démarches administratives (passeports, état civil…), à la compétence du consulat général à Dakar.

Il est recommandé de :

enregistrer les numéros utiles dans son téléphone dès l’arrivée ;

garder une copie (papier et numérique) de ces contacts dans un autre endroit que le téléphone principal ;

– s’inscrire sur les portails d’inscription des Français à l’étranger ou équivalents pour d’autres nationalités.

Drogues, alcool, conduite : les règles à ne pas ignorer

Le cadre légal est strict sur certains points :

Attention :

La vente et la consommation d’alcool sont interdites aux mineurs de moins de 18 ans. La conduite en état d’ivresse, délit malheureusement répandu les jours de fête, est sévèrement réprimée. La consommation et le trafic de stupéfiants sont quant à eux lourdement sanctionnés, avec des peines pouvant atteindre 8 ans de prison.

Le Cap-Vert est par ailleurs connu comme zone de transit de réseaux de trafic international de drogue, notamment entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Cela ne touche pas directement le quotidien des expatriés, mais explique une partie de l’arsenal répressif et des opérations ponctuelles des services de sécurité.

La prudence minimale consiste à :

éviter tout contact avec le milieu de la drogue, y compris pour de “simples” consommations festives ;

– se tenir éloigné des soirées ou lieux connus pour ces pratiques ;

garder en tête que les sanctions peuvent être sans commune mesure avec ce qui se pratique en Europe.

Sécurité des mobilités : routes, ferries, taxis, déplacements inter-îles

Un autre volet de la sécurité quotidienne concerne la mobilité. Routes de montagne, éclairage imparfait, ferries irréguliers, taxis plus ou moins officiels : tous ces éléments pèsent sur la vie d’un expatrié.

Conduire au Cap-Vert : opportunité ou fausse bonne idée ?

Les grands axes routiers sont généralement en bon état, asphaltés ou pavés. En revanche :

les pistes rurales peuvent devenir quasi impraticables en saison des pluies ;

– la nuit, l’éclairage est souvent insuffisant ;

les animaux en divagation (chèvres, chiens, bovins) ne sont pas rares sur la chaussée.

Pour un expatrié motorisé, quelques points-clés :

Astuce :

La conduite se fait à droite. Le permis de conduire français est reconnu pendant les 185 premiers jours suivant l’entrée sur le territoire ; passé ce délai, il doit être échangé contre un permis cap-verdien auprès de l’administration compétente. Il n’existe aucun service structuré d’assistance routière d’urgence : en cas de panne grave ou d’accident, il faut compter sur ses propres contacts. En cas d’accident impliquant des blessés ou des dégâts matériels, il est impératif d’attendre sur place l’arrivée de la police pour établir un constat officiel avant de déplacer les véhicules.

Louer un véhicule peut être intéressant sur Sal, Boa Vista, Santiago ou São Vicente, surtout pour les expatriés installés en périphérie. Un 4×4 est souvent préférable pour explorer les zones rurales ou montagneuses. Mais il est indispensable de vérifier :

la qualité de l’assurance (au minimum tiers, idéalement tous risques) ;

l’état des pneus, des freins, des feux ;

les conditions de prise en charge en cas d’accident.

Taxis, “aluguers” et bus : comment se déplacer en sécurité ?

Les transports interurbains ne reposent pas sur un réseau public formel mais sur des taxis collectifs privés, parfois appelés aluguers. Globalement en bon état, ils peuvent toutefois :

circuler à vive allure ;

être surchargés ;

manquer de ceinture de sécurité.

En ville, les taxis officiels sont l’option la plus sûre, surtout la nuit. Il est conseillé de :

Astuce :

Pour un trajet en taxi en toute sécurité, il est recommandé de : repérer le logo ou la signalétique officielle du véhicule ; noter, voire photographier, la plaque d’immatriculation avant de monter à bord ; et éviter de partager le taxi avec des inconnus, particulièrement en soirée tardive.

À Praia, des lignes de bus urbains existent et sont réputées correctes ; dans les zones moins denses, les horaires peuvent être aléatoires.

Ferries et vols inter-îles : sécurité et prévisibilité

Tous les expatriés finissent par s’y frotter : pour changer d’île, il faut soit voler, soit embarquer sur un ferry.

– Les vols intérieurs sont généralement le moyen le plus sûr et le plus fiable, même si le harmattan ou les tempêtes de sable peuvent entraîner retards et annulations.

– Les liaisons maritimes relient les principales îles, mais les temps de trajet peuvent être longs et les conditions de mer difficiles. Des annulations de dernière minute ne sont pas rares.

Pour limiter les mauvaises surprises :

éviter de programmer des rendez-vous importants immédiatement après une traversée en ferry ;

se renseigner sur les conditions météo avant le départ ;

choisir des compagnies reconnues et des navires en bon état apparent.

Sécurité numérique et cybersécurité : un volet à ne pas négliger pour les télétravailleurs

Le Cap-Vert cultive l’ambition de devenir un hub numérique régional. Pour les télétravailleurs et autres nomades digitaux, c’est une bonne nouvelle : l’internet est globalement fiable dans les principales villes (Praia, Mindelo, Santa Maria), avec présence de fibre optique, de co‑workings modernes et de bons débits pour la visioconférence.

Cette transformation s’accompagne cependant de nouveaux risques : attaques informatiques, vols de données, vulnérabilités des infrastructures.

Un État déjà ciblé par des cyberattaques

En 2020, le réseau informatique de l’État cap-verdien (RTPE) a été frappé par une attaque de type rançongiciel (WannaCry), paralysant de nombreux services administratifs. Depuis, le gouvernement a pris plusieurs mesures :

Bon à savoir :

L’État renforce la sécurité de ses systèmes d’information par un investissement dédié. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie globale de gouvernance numérique incluant un volet spécifique sur la cybersécurité. De plus, il participe à des programmes régionaux de formation, comme le projet OCWAR-C, pour lutter contre la cybercriminalité en Afrique de l’Ouest.

Le Cap-Vert a par ailleurs adhéré à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité et travaille à un arsenal juridique proche de celui de l’Union européenne en matière de protection des données.

Pour un expatrié, ces éléments indiquent un environnement numérique en progrès, mais encore en construction.

Bonnes pratiques de cybersécurité au quotidien

Construire sa propre “bulle” de sécurité numérique est indispensable, d’autant plus si vous travaillez à distance pour une entreprise ou gérez un projet en ligne.

Quelques réflexes à adopter :

Astuce :

Pour protéger vos données lors de vos déplacements, utilisez systématiquement un VPN fiable, surtout sur les Wi-Fi publics (cafés, hôtels, co‑workings). Privilégiez les points d’accès sécurisés des co‑workings ou de votre domicile pour les opérations sensibles (banque en ligne, documents professionnels). Évitez de laisser des ordinateurs ou téléphones sans surveillance dans les espaces partagés. Activez l’authentification à deux facteurs pour les services clés (messagerie, comptes pro, stockage cloud). Enfin, désactivez l’itinérance de données avant votre arrivée et achetez une SIM ou eSIM locale (les offres 4G restent abordables, autour de 6 Go pour moins de 15 €).

Dans un pays où la sécurité physique et la sécurité numérique se combinent, ces mesures sont autant une protection de vos données que de votre tranquillité juridique avec votre employeur ou vos clients.

Cadre administratif, assurances et formalités : sécuriser son statut d’expatrié

La sécurité, c’est aussi celle de votre statut légal et de vos droits sur place. Vivre en règle, avec des papiers à jour et une situation administrative claire, réduit considérablement les risques de mauvaises surprises.

Entrée sur le territoire et pré‑enregistrement obligatoire

Pour la majorité des ressortissants européens, dont les Français, un séjour touristique de moins de 30 jours ne nécessite pas de visa. En revanche, deux points sont incontournables :

– le passeport doit être valide au moins six mois après la date prévue de fin de séjour ;

– tous les non‑résidents (hors passeports diplomatiques ou résidents déjà titulaires d’une carte) doivent effectuer une pré‑inscription en ligne au moins cinq jours avant l’arrivée sur la plateforme officielle du gouvernement (www.ease.gov.cv), avec paiement d’une taxe de sécurité aéroportuaire d’environ 3 400 escudos (un peu plus de 30 €).

Ne pas respecter ce délai peut conduire à devoir payer une seconde fois sur place, avec une procédure de remboursement ultérieure complexe.

Bon à savoir :

Pour les séjours prolongés (travail, études, retraite), il est nécessaire d’obtenir un visa spécifique, puis une carte de résidence. Celle-ci est d’abord valable un an, renouvelable pour deux ans, puis pour cinq ans.

En cas de perte ou de vol de passeport

Ce scénario, fréquent en contexte de délinquance opportuniste, mérite d’être anticipé :

– la plupart des ambassades européennes à Praia ne délivrent pas de passeport sur place ;

– pour les Français, l’ambassade peut émettre un laissez-passer permettant un retour direct en France, mais pas voyager ailleurs ni rester longtemps sur place ;

– la procédure nécessite un dépôt de plainte local, une photo d’identité, un justificatif d’identité et le billet retour ; elle prend plusieurs jours et implique des frais payables en espèces.

D’où l’importance de :

Bon à savoir :

Scanner ses documents importants (passeport, cartes) et les stocker dans un espace sécurisé en ligne. Conserver des photocopies séparément des originaux. Limiter les sorties du passeport aux démarches où il est réellement nécessaire.

Sécurité sociale, conventions et assurances

Le Cap-Vert et la France ont signé une convention de sécurité sociale. Pour un Français en mission temporaire, cela peut faciliter la prise en charge de certains soins, sous conditions et sur une durée limitée. Mais cela ne remplace en aucun cas une assurance santé internationale robuste.

Les grands principes à garder en tête :

un expatrié n’est plus automatiquement couvert par la Sécurité sociale française ; il doit soit cotiser à la CFE, soit s’affilier localement, soit souscrire à un contrat privé, souvent un mix des trois ;

la prise en charge des soins imprévus à l’étranger par la caisse française reste exceptionnelle et à l’appréciation des services, sur présentation de factures détaillées payées sur place ;

– les assurances privées exigent des justificatifs très précis (factures nominatives, prescriptions), sous peine de refus de remboursement.

Préparer ce volet en amont, choisir un assureur habitué au Cap-Vert et bien comprendre les conditions de prise en charge, fait pleinement partie de la sécurité de votre projet d’expatriation.

Vie quotidienne, intégration et sécurité “sociale”

Enfin, la sécurité ne tient pas qu’aux chiffres et aux procédures. La manière dont vous serez perçu, intégré, entouré, influencera énormément votre sentiment de sécurité et votre exposition réelle aux problèmes.

Choisir son île, son quartier, son logement

Pour un premier ancrage, beaucoup d’expatriés optent pour :

Sal ou Boa Vista : très touristiques, plages surveillées, forte présence policière, infrastructures privées (cliniques, hôtels sécurisés). Idéal pour une installation “en douceur”, en particulier en famille.

Santiago – Praia : plus “capitale africaine”, plus d’opportunités professionnelles, mais aussi plus de contrastes sociaux et de poches de délinquance.

São Vicente – Mindelo : ville culturelle, ambiance plus “européenne”, bonne offre de services, risque modéré mais réel dans certains quartiers la nuit.

Santo Antão : paradis des randonneurs, très sûr sur le plan criminel, mais réseau médical limité.

Astuce :

Dans tous les cas, il est utile de : rassembler les informations et documents nécessaires avant de formuler votre demande, afin de la rendre aussi complète et précise que possible.

privilégier, au départ, un logement dans un quartier réputé sûr, quitte à payer un peu plus cher ;

– demander aux voisins, collègues ou propriétaires quelles zones éviter le soir ;

– vérifier la qualité des serrures, des grilles, de l’éclairage extérieur ;

s’assurer que l’accès à l’immeuble est contrôlé (interphone, gardien, portail…).

Tisser un réseau : la meilleure assurance sécurité

Un expatrié isolé est plus vulnérable. Inversement, un expatrié inséré dans un réseau local (voisins, collègues, commerçants, guides, associations, co‑workings) :

sera plus vite alerté des endroits à éviter, des arnaques du moment ;

– pourra compter sur un soutien en cas de pépin (coup de fil, trajet d’urgence, hébergement de secours) ;

– apprendra plus rapidement les codes sociaux et les non‑dits culturels.

Bon à savoir :

Pour renforcer votre sécurité à l’étranger, il est conseillé de tisser un réseau social local. Les forums et groupes d’entraide d’expatriés (comme Expat.com), les associations locales, ainsi que la participation à des événements culturels ou sportifs sont des moyens efficaces pour créer ce maillage, qui constitue un facteur de protection direct.

Culture locale et “morabeza” : une ressource à cultiver

Le Cap-Vert est profondément marqué par une culture de la convivialité, du respect et de la fête. La musique (morna, coladeira, funaná, batuque), la danse et les rassemblements rythment la vie sociale.

Entrer dans ce “code” local, c’est aussi renforcer sa sécurité :

un bonjour souriant, un “bom dia” ou un “boa tarde” bien placé ouvre plus de portes qu’on ne croit ;

apprendre quelques mots de créole et de portugais facilite grandement les interactions et diminue les malentendus ;

– montrer du respect pour les usages locaux (tenue correcte hors plage, discrétion sur l’alcool, respect des aînés) évite bien des tensions inutiles.

En retour, cette insertion sociale crée un filet de sécurité informel mais extrêmement efficace : on veille davantage sur quelqu’un que l’on connaît que sur un étranger anonyme.

En résumé : une expatriation sereine au Cap-Vert, à condition d’être préparé

Vivre au Cap-Vert peut offrir un cadre de vie privilégié : climat tempéré, douceur de vivre, population accueillante, potentiel économique dans le tourisme, les services, le numérique, les énergies renouvelables. Mais une expatriation réussie suppose de regarder la réalité en face :

Bon à savoir :

Le pays est globalement sûr pour un Européen, mais il faut être vigilant face à la criminalité de rue dans certaines zones comme Praia et lors d’activités. Les risques naturels (volcan, mer forte, sécheresse, vents de sable) influencent le quotidien et les choix de logement ou d’activités. Le système de santé, bien qu’en progrès, reste limité, rendant une assurance santé et rapatriement robuste indispensable. La sécurité juridique (papiers, résidence, fiscalité) est cruciale à anticiper. Enfin, une bonne intégration sociale et culturelle est un facteur clé pour se sentir en sécurité.

Avec ces éléments en tête, une préparation sérieuse et quelques réflexes éprouvés, il est tout à fait possible de vivre au Cap-Vert dans un climat de confiance, en profitant pleinement de la morabeza cap-verdienne sans perdre de vue les réalités d’un petit État insulaire exposé aux chocs économiques, climatiques et sécuritaires du monde contemporain.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer au Cap-Vert, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité modérée, son coût de vie inférieur à la France et son environnement stable, lusophone et tourné vers l’Europe. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat ou location longue durée de résidence principale, couverture santé (CFE/CPAM + assurance locale), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, notaire, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire, y compris immobilier locatif au Cap-Vert).

Ce type d’accompagnement permet à ce futur retraité de bénéficier d’économies fiscales significatives, de revenus potentiels via l’immobilier touristique cap-verdien, tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition, différence de normes juridiques et culturelles) et en alignant cette mobilité sur une stratégie globale de diversification patrimoniale internationale.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :