Partir au Cap-Vert, c’est souvent l’assurance de décrocher vraiment : dix îles, des plages désertes, des vallées perdues, un rythme de vie plus lent qu’en Europe. Mais même au bout de l’Atlantique, on a besoin de donner des nouvelles, de rassurer la famille, de gérer quelques obligations pro ou simplement de partager des photos de plages et de volcans. Rester joignable depuis au Cap-Vert demande un minimum d’organisation, car les réseaux ne sont pas aussi homogènes qu’en Europe, les tarifs d’itinérance explosent vite, et certaines îles restent peu couvertes.
Cet article répertorie tous les moyens pratiques pour communiquer depuis l’archipel : options de réseaux mobiles et Wi-Fi, utilisation des eSIM et cartes SIM locales, conseils sur les horaires d’appel vers l’Europe, applications et services VoIP recommandés, et même l’envoi de cartes postales. L’objectif est de vous aider à établir un plan de communication clair, réaliste et adapté à votre budget avant votre départ.
Comprendre la connectivité au Cap-Vert avant de partir
Le Cap-Vert est un archipel de dix îles au large de l’Afrique de l’Ouest. Côté télécommunications, le pays est plutôt bien équipé pour sa taille, mais reste en retrait par rapport à l’Europe ou à l’Amérique du Nord. Il n’existe pas encore de réseau 5G grand public pour les voyageurs : tout repose sur la 3G et surtout la 4G/LTE.
C’est le débit moyen en Mbps de l’internet mobile 4G dans les grandes villes et îles touristiques du Cap-Vert.
Le soir et le week-end, les réseaux ont tendance à se charger : les débits baissent, la vidéo pixelise, les appels gèlent plus souvent. En revanche, la perte totale de signal reste rare dans les zones habitées. Là où vous trouverez un village, vous trouverez en général du réseau voix, même si la data est plus lente.
Deux opérateurs dominent le marché : CV Móvel (marque de Cabo Verde Telecom, aussi appelée Alou ou Netmóvel) et Unitel T+. Il n’existe pas de MVNO grand public notable. CV Móvel revendique la couverture la plus étendue, environ 85 % des zones peuplées, avec un avantage sur les îles de Santiago, São Vicente, Sal et Boa Vista. Sur les îles de Santo Antão, Maio ou Brava, la couverture devient plus irrégulière en dehors des agglomérations.
Pour les voyageurs, cela se traduit par une réalité simple : avec un minimum de préparation (SIM locale, eSIM ou Wi-Fi fiable), vous pouvez rester en contact sans trop de stress, à condition d’accepter des zones blanches sur certaines randonnées ou plages reculées.
Choisir comment se connecter : roaming, SIM locale, eSIM ou Wi-Fi
Depuis l’Europe, le premier réflexe est souvent de garder sa carte SIM habituelle et d’activer l’itinérance. C’est très simple… et très cher. Certains opérateurs, comme SMARTY au Royaume-Uni, facturent par exemple 1 £ par Mo de data au Cap-Vert et 2,50 £ la minute d’appel vers la France, le Royaume-Uni ou même vers des numéros capverdiens. Une poignée de photos envoyées sans réfléchir et la note explose. Même quand des packs « monde » ou « Amérique » existent, comme chez MEO, ils restent coûteux si vous comptez utiliser un peu de data tous les jours.
Pour éviter ces mauvaises surprises, quatre solutions se dégagent vraiment : la carte SIM locale physique, l’eSIM internationale, le Wi-Fi (hôtels, cafés, aéroports) et, plus marginalement, le routeur de poche (Pocket WiFi).
La carte SIM locale : le meilleur rapport quantité/prix
Acheter une carte SIM locale au Cap-Vert est généralement l’option la plus économique, surtout si vous restez au moins une semaine ou davantage. CV Móvel et Unitel T+ vendent des cartes prépayées avec des forfaits data très abordables.
En pratique, on trouve des SIM :
– dans les aéroports internationaux (Sal – Amílcar Cabral, Praia – Nelson Mandela, Boa Vista – Aristides Pereira, selon les sources),
– dans les boutiques officielles des opérateurs,
– dans certains supermarchés, magasins d’électronique,
– parfois à la réception des hôtels dans les zones touristiques,
– dans des petites boutiques affichant les logos des opérateurs.
Un passeport est généralement requis pour l’enregistrement d’une carte SIM au Cap-Vert, il est donc préférable de l’avoir sur soi. Le prix d’une carte SIM varie habituellement entre 100 et 500 escudos capverdiens (CVE), soit environ 1 à 5 USD. Il existe parfois des offres promotionnelles où la SIM est offerte lors de l’achat d’un forfait.
Ensuite, tout se joue sur les forfaits de données. La structure des offres montre à quel point les prix restent raisonnables pour un voyageur :
| Opérateur | Nom du plan | Volume / Validité | Prix (CVE) | Equiv. approx. |
|---|---|---|---|---|
| CV Móvel | Netmóvel Mensal Light | 1 Go / 30 jours | 490 | ~5 USD |
| CV Móvel | Netmóvel Mensal | 3 Go / 30 jours | 850 | ~8,5 USD |
| CV Móvel | Net N@ Mon Premium | 5 Go / 30 jours | 1 250 | ~12,5 USD |
| Unitel T+ | Internet 1 Go / 30 jours | 1 Go / 30 jours | 500 | ~5 USD |
| Unitel T+ | Internet 5 Go / 30 jours | 5 Go / 30 jours | 1 250 | ~12,5 USD |
Un autre exemple cité évoque un pack de 6 Go pour environ 10 € incluant les appels illimités vers les numéros CVMovel. On est très loin des tarifs itinérance des opérateurs européens.
Certaines offres plus techniques de CV Móvel permettent aussi de transformer le crédit de recharge en mégas via « Recarga Megas », avec des paliers de quelques centaines de CVE donnant jusqu’à plusieurs dizaines de Go. Pour un séjour touristique, ce niveau de détail n’est pas indispensable, mais il montre que la data reste bon marché.
Un voyageur moyen consomme entre 1,5 et 3 Go par semaine pour la messagerie, les cartes et un peu de réseaux sociaux. Concrètement, un pack de 3 à 5 Go pour 30 jours suffit largement à garder le contact en continu.
Le principal inconvénient de la SIM locale : il faut que votre téléphone soit désimlocké, et l’activation peut demander quelques minutes, voire une configuration manuelle de l’APN. Certaines boutiques ont des horaires restreints et, en dehors des zones touristiques, la barrière de la langue complique parfois les explications. Mais une fois la carte en place, recharger son crédit est simple (kiosques, supermarchés, boutiques d’opérateurs ou même en ligne).
L’eSIM : la solution confort pour court séjour ou voyage d’affaires
Si vous avez un smartphone récent compatible eSIM (iPhone XR et suivants, Samsung S20 et plus, ou certains modèles Huawei, Oppo, Xiaomi, Sony…), l’eSIM est une alternative très pratique. Il s’agit d’un profil numérique que vous installez via un QR code, sans changer physiquement de carte.
Avantages concrets :
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Achetez avant votre départ, en euros ou dollars, avec des prix clairement affichés.
Aucune formalité locale et pas besoin de présenter votre passeport.
Mettez votre SIM en service en moins de deux minutes dès votre atterrissage.
Gardez votre SIM d’origine active pour recevoir SMS bancaires et appels importants.
De nombreux fournisseurs se positionnent sur le Cap-Vert, avec des dizaines de plans. Les exemples suivants donnent un ordre d’idée des tarifs :
| Fournisseur | Plan | Données / Validité | Prix approx. | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| Roafly | 1 Go | 7 jours | 12,90 USD | Réseaux CV Móvel + Unitel |
| Roafly | 3 Go | 30 jours | 34,90 USD | Couverture double réseau |
| Airalo | 1 Go | 7 jours | 9,50 USD | Réseau Unitel uniquement |
| Yesim | Illimité | 1 à 15 jours | 22 – 110 USD | Data illimitée, bridage possible |
| GlobaleSIM | 10 Go | 30 jours | dès ~88 | Options de minutes voix (+1) |
| Roamify | 1 Go + 10 appels + 50 SMS | 30 jours | ~35 USD | Numéro avec indicatif +33 |
Les prix varient beaucoup, surtout sur les options avec numéro local ou minutes incluses. La plupart des forfaits sont « data-only » : parfaits pour WhatsApp et les applis, mais pas pour recevoir des SMS locaux. Certains, comme GlobaleSIM ou Roamify, ajoutent tout de même un numéro virtuel (souvent en +1 ou +33) pour des appels entrants / sortants.
L’eSIM est idéale si vous venez pour un séjour court, si vous arrivez tard le soir quand les boutiques sont fermées, ou si vous ne voulez pas passer du temps en formalités. Pour un mois ou plus, la SIM locale garde cependant l’avantage prix.
Le Wi-Fi : pratique, mais pas suffisant seul
Au Cap-Vert, le Wi-Fi gratuit est très répandu dans les hôtels, de nombreux restaurants, cafés, centres commerciaux, mais aussi dans certains espaces publics. Les aéroports gérés par Cabo Verde Airports offrent par exemple un Wi-Fi gratuit illimité, fourni par VINCI Airports, accessible simplement avec une adresse e-mail.
Dans les villes et villages, des hotspots gouvernementaux existent, mais la connexion peut être lente dans les hôtels aux heures de pointe. Certains établissements fréquentés par les touristes, comme des cafés, n’offrent parfois aucun accès Wi-Fi.
Pour localiser des réseaux ouverts, des applications comme WiFi Map ou Wiman sont utiles. WiFi Map, par exemple, fonctionne sur un modèle communautaire : les utilisateurs ajoutent les hotspots connus, avec parfois les mots de passe. Il propose des cartes hors ligne et un mode « Data Saver ».
S’appuyer uniquement sur le Wi-Fi pour rester en contact avec vos proches reste possible si vous êtes très peu connecté, mais vous serez dépendant des horaires d’ouverture, des coupures de courant (pas rares lors de fortes chaleurs ou d’orages) et de la qualité aléatoire des réseaux. Un petit forfait data mobile, même modeste, reste un filet de sécurité précieux pour appeler en cas de besoin, vérifier un horaire de ferry ou envoyer un message urgent.
Pocket WiFi et satellite : pour les cas particuliers
Les routeurs Wi-Fi de poche (Pocket WiFi) permettent de partager une connexion 3G/4G avec plusieurs appareils, mais ils sont peu disponibles en location directement au Cap-Vert. Il faut généralement les réserver à l’étranger avant de partir. Avantage : aucun souci de compatibilité de téléphone, et toute la famille se connecte dessus. Inconvénients : coût de location quotidien, nécessité de le recharger, contraintes de récupération / retour.
Pour les séjours très isolés (lodges reculés sur Santo Antão, maisons sur São Nicolau ou villas en brousse), le pays commence aussi à utiliser Starlink, un service internet par satellite. Le matériel coûte plusieurs dizaines de milliers de CVE, et l’abonnement mensuel tourne autour de 5 000 CVE, ce qui est surtout pertinent pour les hébergeurs, les télétravailleurs longue durée ou les entreprises, pas pour le touriste lambda.
Garder le lien sans exploser son budget : organisation et bonnes pratiques
Une fois connecté (SIM locale, eSIM ou Wi-Fi fiable), l’essentiel pour rester en contact tient à quelques réflexes simples : couper l’itinérance de votre SIM d’origine, utiliser des applis adaptées, surveiller votre consommation et anticiper les décalages horaires.
Couper l’itinérance de votre SIM d’origine
Pour éviter les mauvaises surprises, le réflexe de base est de désactiver les données mobiles et l’itinérance sur votre carte SIM européenne avant même d’atterrir. Certains choisissent même de passer le téléphone en mode avion et de ne réactiver que le Wi-Fi, ou les données de la SIM locale/eSIM. C’est le moyen le plus sûr de ne pas se retrouver avec quelques Mo facturés au prix fort parce qu’une application s’est mise à synchroniser en arrière-plan.
Si vous utilisez l’opérateur SMARTY, achetez des « Out of plan add-ons » avant votre départ pour conserver la possibilité de passer des appels ou SMS d’urgence avec votre SIM d’origine. Le crédit non utilisé reste valable, mais les tarifs sont élevés. Il est donc préférable de privilégier une SIM locale ou une eSIM comme solution principale.
Utiliser les bonnes applications : WhatsApp en tête
Au Cap-Vert, comme dans une large partie du monde, WhatsApp est la référence pour la communication quotidienne. L’application fonctionne sans restrictions particulières dans le pays, et la qualité des appels dépend simplement de la force du signal 3G/4G ou du Wi-Fi. D’autres services courants — Messenger, Telegram, Viber, Skype, FaceTime, Google Voice — fonctionnent également sans blocage.
Ces outils ont deux grands avantages pour rester en contact avec vos proches :
– les échanges (messages, photos, audio, vidéo, appels) sont gratuits côté application ;
– ils fonctionnent sur n’importe quel réseau internet (Wi-Fi ou data).
Le seul coût réel, c’est donc votre connexion. Pour profiter pleinement de WhatsApp et consorts pendant votre séjour, quelques astuces méritent d’être mises en place avant le départ :
Avant de partir à l’étranger, prenez ces précautions pour éviter les désagréments : installez et validez WhatsApp avec votre numéro habituel avant de quitter votre pays, car l’activation nécessite un SMS ou un appel, plus difficile à recevoir après un changement de carte SIM. Activez la vérification en deux étapes pour sécuriser votre compte contre un éventuel détournement. Paramétrez le téléchargement des médias (photos, vidéos) uniquement en Wi-Fi pour économiser votre data mobile. Apprenez à utiliser WhatsApp Web ou l’application ordinateur pour échanger confortablement depuis un laptop relié à votre compte. Enfin, vérifiez les autorisations microphone et caméra de l’application pour ne pas bloquer un appel important par inadvertance.
L’autre bonne pratique consiste à enregistrer les numéros de vos proches au format international dans vos contacts (avec l’indicatif +33, +32, +41, etc.). Idem pour votre numéro capverdien, que vous donnerez à vos proches : il doit inclure le préfixe +238 s’ils souhaitent vous appeler en direct.
Surveiller sa consommation de data
Même si les forfaits capverdiens sont bon marché, mieux vaut garder un œil sur ce que vous consommez, surtout avec des petits packs eSIM (1 ou 2 Go). Les appels vidéo HD, les mises à jour automatiques d’applications en 4G et les sauvegardes de photos vers le cloud peuvent faire fondre les gigas.
Pour connaître votre solde data, composez les codes USSD spécifiques à votre opérateur (ex: #707# ou #450# chez Unitel). Vous pouvez également configurer le compteur de données intégré à votre téléphone pour définir une période de suivi et programmer une alerte à mi-forfait, vous aidant ainsi à adapter votre utilisation (limiter les vidéos, privilégier les messages).
Télécharger à l’avance des cartes hors connexion (Google Maps, par exemple) pour les îles que vous comptez visiter est très utile. Une fois la carte enregistrée, la navigation consomme très peu de données, ce qui vous laisse plus de marge pour les appels et messages.
Bien choisir ses horaires pour appeler l’Europe, l’Amérique ou l’Asie
Même avec beaucoup de data, un appel vidéo raté parce que tout le monde dort à l’autre bout du monde reste frustrant. Le Cap-Vert a l’avantage d’un fuseau unique pour tout l’archipel : l’heure capverdienne (CVT ou CVST), avec un décalage de -1 par rapport à l’UTC. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’existe pas d’heure d’été : l’horaire reste identique toute l’année sur place. La mauvaise, c’est que ce n’est pas le cas chez la plupart de vos proches.
Appeler la France, la Belgique, le Royaume-Uni ou le Portugal
Globalement, le Cap-Vert est en retard sur l’heure de l’Europe de l’Ouest. En pratique :
– par rapport à la France métropolitaine, le Cap-Vert a 2 heures de moins la plupart du temps ;
– même chose pour l’Espagne ou l’Italie ;
– le Royaume-Uni a généralement 2 heures d’avance sur le Cap-Vert ;
– la Belgique (Putte, par exemple) suit les mêmes décalages que la France, avec un fuseau CET/CEST.
Depuis le Cap-Vert, le décalage horaire avec l’Europe est de +1 à +3 heures. Par exemple, s’il est 10h30 à Praia, il sera entre 12h30 et 13h30 dans les grandes villes européennes. Il est recommandé de tenir compte de ce décalage pour planifier vos appels vers la France ou le Royaume-Uni.
| Depuis au Cap-Vert | Heure en France / Belgique (indicative) | Commentaire pratique |
|---|---|---|
| 9 h – 16 h | 11 h – 18 h | Fenêtre idéale pour la plupart des familles |
| 5 h – 21 h | 7 h – 23 h | Fenêtre élargie, mais tôt / tard pour certains |
Dans l’autre sens, si vos proches en Europe veulent vous joindre, viser 10 h – 16 h au Cap-Vert facilite les choses : ni trop tôt, ni trop tard pour vous.
Appeler l’Amérique du Nord
Le Cap-Vert se trouve généralement en avance sur le continent américain. Quelques repères à garder en tête :
– par rapport à l’heure de New York (EST), le Cap-Vert est environ 4 heures en avance en hiver, 3 heures en avance en été ;
– pour Chicago ou Dallas (Central Time), comptez une heure de plus d’écart ;
– pour Denver (Mountain Time) ou Los Angeles (Pacific Time), l’avance du Cap-Vert grimpe à 6 ou 7 heures selon la saison ;
– avec le Canada, les décalages suivent ceux des États-Unis pour les provinces voisines.
Un exemple concret : quand il est midi à Praia, il est souvent 8 h à New York en hiver, ou 9 h en été. Pour un appel familial, la tranche 17 h – 22 h au Cap-Vert correspond aux milieux d’après-midi ou de soirée dans une bonne partie de l’Amérique du Nord, ce qui reste pratique.
Appeler l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Asie
Les contacts en Australie ou en Nouvelle-Zélande sont les plus délicats à caler. Le Cap-Vert accuse un retard massif :
– environ 11 heures de retard par rapport à Sydney en hiver australien (AEST), 12 heures pendant l’heure d’été australienne (AEDT) ;
– environ 9 heures de retard sur Perth ;
– environ 13 heures de retard sur la Nouvelle-Zélande.
Ainsi, quand il est 10 h à Praia, il peut déjà être 21 h à Sydney. Cela signifie souvent que vous devrez accepter de passer certains appels tôt le matin ou tard le soir pour croiser les horaires raisonnables de vos proches dans le Pacifique.
Pour ne pas vous tromper, utiliser un site de conversion horaire (WorldTimeServer, Spacetime.am, ou tout simple « world clock » sur votre smartphone) est la méthode la plus sûre, surtout pour des appels répétés ou des réunions professionnelles.
Appels internationaux : quand les applis ne suffisent pas
Même avec WhatsApp et consorts, certaines situations imposent encore de téléphoner vers un numéro fixe ou mobile qui n’utilise pas ces applications : personnes âgées, administrations, certains prestataires, banques, etc. Là encore, mieux vaut éviter de composer directement avec votre SIM en roaming. C’est là qu’entrent en scène les services de VoIP et les applications de « cartes téléphoniques 2.0 ».
VoIP et « calling apps » : Yolla, BOSS Revolution, Localphone, etc.
Plusieurs services spécialisés proposent des appels internationaux à des tarifs bien inférieurs à ceux des opérateurs mobiles traditionnels. Le principe est le même : vous rechargez un compte en ligne ou via une application, puis vous appelez le numéro de destination ; le service se charge de passer l’appel sur le réseau le moins cher tout en conservant une qualité correcte.
Quelques exemples d’offres vers le Cap-Vert mettent en lumière les différences de prix entre les compagnies aériennes, les périodes de voyage ou les classes de réservation, illustrant ainsi l’importance de comparer les options avant de réserver un vol.
| Service | Destination visée | Tarif indicatif |
|---|---|---|
| Yolla | Mobiles au Cap-Vert | à partir de ~0,336 USD/min |
| Yolla | Fixes au Cap-Vert | à partir de ~0,228 USD/min |
| SIPNET | Mobiles au Cap-Vert | ~0,338 à 0,712 USD/min |
| SIPNET | Fixes au Cap-Vert | ~0,166 à 0,712 USD/min |
| BOSS Revolution | Fixes au Cap-Vert | ~0,18 USD/min |
| BOSS Revolution | Mobiles au Cap-Vert | ~0,277 USD/min |
| Rebtel | Cap-Vert (global) | ~0,299 USD/min |
Ces plateformes (Yolla, SIPNET, BOSS Revolution, Talk360, Pingo, Localphone, etc.) se distinguent par :
– des tarifs plus transparents que la plupart des opérateurs mobiles,
– la possibilité de créditer de petits montants (Localphone accepte des recharges dès 1 USD, Pingo à partir de 5 USD),
– l’absence de frais cachés au-delà du prix à la minute,
– parfois des bonus de bienvenue ou des systèmes de parrainage (Yolla offre jusqu’à 50 USD de crédit via des invitations, BOSS Revolution un bonus de 2 USD à l’inscription, etc.).
Les tarifs avantageux mentionnés ne s’appliquent que si l’appel est passé en utilisant une connexion internet (Wi-Fi ou données mobiles locales). En dehors de cette condition, les appels sont soumis aux frais d’itinérance standards, qui peuvent être élevés.
Quand utiliser la VoIP plutôt que WhatsApp
En pratique, vous aurez besoin d’un service de ce type lorsque votre interlocuteur :
– ne peut pas installer ou utiliser une application de messagerie (absence de smartphone, méfiance, problèmes techniques) ;
– travaille dans une administration, une banque ou une entreprise qui ne gère que les appels vers des numéros classiques ;
– veut reconnaître votre numéro, par exemple un numéro français ou européen virtuel, plutôt qu’un indicatif +238 inconnu.
Certains services, comme Yolla, permettent d’afficher votre propre numéro habituel au destinataire, malgré le passage par internet. C’est un argument supplémentaire pour s’en servir pour des appels importants (assurances, dossiers officiels, clients).
Le bon vieux courrier : envoyer des cartes postales depuis au Cap-Vert
Rester en contact ne passe pas uniquement par le numérique. Pour certains proches — parents, grands-parents, collectionneurs — une carte postale du Cap-Vert a plus de valeur qu’un énième message WhatsApp. Le système postal du pays fonctionne, mais avec ses particularités.
Le rôle de Correios de Cabo Verde
Le service postal national s’appelle Correios de Cabo Verde (CCV). Il gère les services classiques de courrier (y compris le service prioritaire « Correio Azul »), des services express comme l’EMS, ou encore un service d’acheminement urgent « Estafeta » pour des colis jusqu’à 5 kg. Il propose aussi des services de transfert d’argent type MoneyGram.
Une caractéristique importante : le courrier n’est pas distribué directement aux domiciles. Les habitants louent des boîtes postales dans les bureaux de poste pour recevoir leurs lettres. Pour un touriste, ce n’est pas un problème si vous envoyez des cartes vers l’étranger, mais c’est à garder en tête si vous cherchez à faire livrer un colis sur place.
Où trouver cartes et timbres
L’expérience varie selon les îles. À Mindelo, sur São Vicente, on trouve plusieurs bureaux de poste et des magasins de souvenirs avec des cartes postales. Les timbres, en revanche, semblent se trouver uniquement au bureau de poste ; les boutiques touristiques n’en vendent pas toujours. L’affluence peut être forte, avec un système de ticket d’attente dès l’entrée.
À Porto Novo sur l’île de Santo Antão, le bureau de poste ne dispose pas de boîte aux lettres extérieure : il faut remettre le courrier directement au guichet. Une alternative pratique existe au terminal du ferry : une boutique vend cartes et timbres au même prix qu’à la poste, sans attente, et met à disposition une boîte postale pour le dépôt.
Sur certaines petites localités comme São Pedro (São Vicente), aucun bureau de poste ni magasin de timbres n’est présent. En revanche, l’aéroport international Cesária Évora dispose d’une boîte aux lettres, ce qui permet de poster vos cartes juste avant de décoller.
C’est le tarif indicatif en escudos cap-verdiens pour envoyer une carte postale à l’étranger depuis le Cap-Vert.
Quelques précautions pour le courrier
Pour augmenter les chances que votre courrier arrive à bon port :
– ÉCRIVEZ L’ADRESSE DU DESTINATAIRE EN LETTRES CAPITALES LISIBLES, AVEC LE NOM DU PAYS EN ANGLAIS OU EN FRANÇAIS SUR LA DERNIÈRE LIGNE ;
– laissez une marge suffisante pour le timbre ;
– ÉVITEZ DE GLISSER DES OBJETS (PIÈCES, SOUVENIRS) DANS LA CARTE : cela alourdit et peut être interdit ;
– si vous attendez un envoi important vers vous au Cap-Vert, vérifiez bien l’adresse fournie (certaines livraisons internationales exigent une adresse de rue, pas une boîte postale).
Les règles d’envoi de colis vers le Cap-Vert sont strictes : les espèces, métaux précieux, bijoux, certains aliments, médicaments et batteries sont souvent interdits ou très encadrés. Pour un simple lien affectif, la carte postale reste donc le moyen le plus simple et le plus sûr.
Adapter sa stratégie selon son profil de voyageur
Les besoins d’un simple vacancier d’une semaine à Sal ne sont pas les mêmes que ceux d’un télétravailleur sur plusieurs mois à Praia ou d’un randonneur solitaire à Santo Antão. Les solutions pour rester en contact depuis au Cap-Vert s’ajustent donc facilement.
Un couple en vacances balnéaires sur Sal ou Boa Vista pourra se contenter :
Pour une connexion optimale lors de vos voyages, combinez plusieurs solutions : optez pour une eSIM avec un petit forfait de 3 Go valable 7 à 15 jours, ou pour une SIM locale de 3 à 5 Go pour un mois. Utilisez le Wi-Fi de l’hôtel pour les transferts de données lourdes comme l’envoi de nombreuses photos. Privilégiez WhatsApp pour communiquer avec vos proches et recourez occasionnellement à un service VoIP pour les rares appels vers des lignes fixes.
Un voyageur au long cours sur plusieurs îles aura plutôt intérêt à : planifier son itinéraire en fonction des connexions entre les îles, apporter des provisions pour les trajets plus longs, et prendre en compte les spécificités culturelles de chaque lieu. Il est aussi conseillé de s’informer sur les conditions météorologiques pour éviter les désagréments.
– acheter une SIM locale CV Móvel ou Unitel T+ avec un forfait data mensuel généreux (5 à 10 Go ou plus),
– télécharger des cartes hors connexion et surveiller son usage de data,
– vérifier la qualité du Wi-Fi avant de réserver des hébergements pour du travail à distance.
Un backpacker alternant rando sur Santo Antão et repos à Mindelo devra accepter des zones sans réseau, mais pourra :
Pour rester joignable lors de déplacements en zone isolée, il est conseillé de prévenir ses proches des périodes d’indisponibilité. Dès qu’une connexion Wi-Fi ou 4G est retrouvée, envoyer un message récapitulatif. Pour des appels vidéo stables en montagne, privilégier un hébergement équipé de Starlink.
Dans tous les cas, le point commun reste le même : en combinant intelligemment data locale, applications de messagerie et un minimum de planification horaire, rester en contact avec ses proches depuis au Cap-Vert devient simple, peu coûteux et compatible avec l’esprit de déconnexion que l’on vient chercher dans l’archipel.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Cap-Vert pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité relativement modérée, son coût de vie inférieur à la France et son environnement politique stable, avec un accès facilité à l’Europe via les liaisons aériennes régulières. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour avec achat ou location longue durée de résidence principale, coordination avec les organismes de santé et banques, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).
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