Les quartiers les plus prisés par les expatriés au Cap-Vert

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Entre Atlantique et Afrique de l’Ouest, le Cap-Vert attire de plus en plus d’expatriés, d’investisseurs et de télétravailleurs à la recherche de soleil, de stabilité politique et de « morabeza », cette hospitalité chaleureuse devenue une véritable signature nationale. Mais une fois la destination choisie, une question revient systématiquement : dans quels quartiers s’installer concrètement pour vivre au quotidien, travailler à distance, scolariser ses enfants ou investir dans la pierre ?

Bon à savoir :

Certains quartiers des principales villes et îles se distinguent par leur sécurité, leurs services, la présence d’une communauté internationale et leur qualité de vie. Le choix doit se baser sur des critères précis : infrastructures disponibles, coût de la vie, accès aux soins de santé, qualité de la connexion internet, ambiance locale et potentiel d’investissement immobilier.

Sommaire de l'article masquer

Praia, capitale politique et nerveuse de l’archipel

Praia, sur l’île de Santiago, concentre les fonctions politiques et administratives du pays, mais aussi une grande partie de l’activité économique. Pour un expatrié, c’est la ville la plus « complète » en termes d’infrastructures : meilleurs hôpitaux, écoles, coworkings, services publics, banque centrale… et aussi la circulation dense, le bruit et les contrastes sociaux d’une grande capitale africaine.

Quatre quartiers dominent l’attention des étrangers qui s’y installent : Plateau, Palmarejo, Achada Santo António et Várzea. Chacun a son profil, ses avantages et ses limites.

Plateau, le cœur historique et administratif de Praia

Plateau, souvent appelé « Platô », est le centre historique perché au-dessus de la baie. C’est le visage carte postale de Praia : bâtiments coloniaux en couleur pastel, rues pavées, petites places ombragées, vue dégagée sur l’océan.

On y trouve des marchés, des cafés, des librairies, des restaurants, mais aussi des espaces de coworking comme Workin’ CV ou une antenne de Prime Coworking. Cette concentration de services explique en grande partie pourquoi Plateau est plébiscité par les expatriés qui souhaitent tout faire à pied et rester au cœur de l’animation culturelle.

Exemple :

Le quartier accueille de nombreux événements culturels comme des concerts de morna ou de coladeira, des performances de batuque et des expositions. Cette offre renforce son attrait pour les personnes sensibles à la vie culturelle. L’ambiance y est plus urbaine et européenne que dans d’autres zones de la capitale, bien que le créole reste omniprésent dans la rue.

En contrepartie, la demande locative est élevée. Les loyers y sont parmi les plus chers de Praia, surtout pour des appartements rénovés avec vue mer ou des immeubles sécurisés.

Palmarejo, le quartier résidentiel « standard expat »

À quelques minutes en voiture de Plateau, Palmarejo incarne l’image typique du quartier résidentiel prisé par les expatriés : immeubles récents, avenues plus larges, cafés modernes avec Wi-Fi fiable, restaurants internationaux, proximité de la mer et présence d’espaces verts.

Palmarejo et sa partie basse, Palmarejo Baixo, concentrent plusieurs atouts clés pour les étrangers :

une offre importante d’appartements modernes, souvent avec fibre optique, eau et électricité relativement stables ;

– la présence d’un Prime Coworking partenaire du programme Remote Work de Cabo Verde, ce qui rassure les télétravailleurs ;

– une communauté étrangère bien visible, avec des étudiants, des diplomates, des entrepreneurs, des retraités européens ou africains ;

– une réputation de quartier relativement sûr à l’échelle de la ville.

Attention :

À Praia, les secteurs de Palmarejo et Plateau se caractérisent par des loyers nettement supérieurs à la moyenne nationale. Cette réalité s’explique par une qualité de vie perçue comme supérieure, qui en est la contrepartie.

Pour donner un ordre d’idée, à Praia dans son ensemble, un appartement d’une chambre en centre-ville se loue en moyenne entre 400 et 600 dollars par mois, avec des pointes plus élevées dans les secteurs haut de gamme comme Palmarejo ou Plateau. En périphérie, les loyers peuvent tomber sous les 300 dollars, mais au prix de concessions sur les services.

Achada Santo António, le « quartier des ambassades »

Achada Santo António, souvent désigné comme le « quartier diplomatique » de Praia, concentre de nombreuses ambassades, organisations internationales et ONG. Cette vocation institutionnelle explique logiquement un niveau de sécurité renforcé et la présence de restaurants raffinés, de cafés élégants et de petits hôtels de charme.

L’ambiance y est plus feutrée que sur Plateau : on croise des diplomates, des cadres et des familles bénéficiant souvent de contrats d’expatriés. Les rues offrent parfois une vue dégagée sur la mer, et certains logements permettent d’accéder à la plage à pied.

Astuce :

Ce quartier de Praia est prisé pour son environnement calme et bien surveillé, tout en restant connecté à la ville. Il se caractérise par des résidences de standing, souvent dotées de gardiens et de parkings souterrains, ce qui se traduit par des prix plus élevés que dans d’autres zones de la capitale.

Várzea, le poumon commercial et universitaire

Várzea, à proximité du centre, est un carrefour commercial où se côtoient petits commerces, enseignes plus modernes, restaurants bon marché et grandes surfaces. On y trouve également plusieurs établissements d’enseignement, ce qui donne au quartier un visage plus jeune et cosmopolite.

Pour les expatriés, Várzea attire ceux qui souhaitent s’immerger davantage dans le quotidien local : acheter au marché, fréquenter les mêmes cafés que les étudiants cap-verdiens, bénéficier d’un bon compromis entre prix et accessibilité. Le cadre de vie est plus animé, parfois chaotique, avec du trafic, du bruit et une densité humaine importante.

Les loyers, en revanche, sont généralement plus accessibles que dans Palmarejo ou Plateau, tout en conservant un bon niveau de services : supermarchés, pharmacies, transports publics.

Quartiers de Praia : sécurité, services et coût de la vie

Praia reste la ville la plus touchée par la petite criminalité de type vols à la tire ou agressions opportunistes, surtout la nuit. Les quartiers privilégiés par les expatriés jouent cependant la carte de la surveillance (caméras du programme « Safe City », présence policière accrue, gardiennages privés).

Pour comparer les quatre principaux quartiers attractifs, on peut synthétiser leurs caractéristiques de cette façon :

QuartierProfil généralSécurité perçue*Niveau de loyerServices & coworking
PlateauCentre historique, administratif, festifÉlevée (centre)ÉlevéWorkin’ CV, Prime Coworking
Palmarejo / Palmarejo BaixoRésidentiel moderne, « expat-friendly »ÉlevéeÉlevé à très élevéPrime Coworking, cafés connectés
Achada Santo AntónioQuartier diplomatique, calmeTrès élevéeÉlevéCafés, hôtels, services
VárzeaCommercial, étudiant, animéMoyenne à bonneMoyenneServices de proximité

Sécurité perçue : comparaison relative au reste de Praia. Niveau de loyer : basé sur la fourchette 400–600 USD en centre-ville pour 1 chambre.

Mindelo, capitale culturelle sur l’île de São Vicente

Si Praia est le centre politique, Mindelo sur l’île de São Vicente est la vitrine culturelle du pays. C’est la ville de Cesária Évora, des bars avec musique live, des festivals comme le Carnaval de Mindelo ou le Mindelact, des galeries d’art et du CNAD (Centre National d’Art, d’Artisanat et de Design).

Pour un expatrié, Mindelo a un avantage décisif : c’est une petite ville très compacte. En quelques minutes à pied, on passe du centre historique au front de mer, des marchés populaires aux terrasses branchées, de la marina au coworking.

Centre-ville de Mindelo, entre colonial et bohème

Le centre de Mindelo concentre l’essentiel des immeubles anciens, des places à arcades, des cafés et des petites pensions. L’architecture rappelle clairement l’héritage portugais, avec des façades colorées, des balcons en fer forgé et un plan urbain relativement rationnel.

Vie au centre-ville

Le cœur animé de la ville, idéal pour les expatriés en quête de vie sociale, de divertissement et d’espaces de travail flexibles.

Ambiance et vie nocturne

Soirées en musique, bars avec concerts, et cafés fréquentés par artistes et voyageurs au long cours pour une vie sociale riche.

Port de plaisance

Un point central pour les loisirs et la détente, ajoutant au charme maritime et à l’atmosphère décontractée du quartier.

Offre de coworking

L’offre la plus fournie, avec des espaces comme Prime Coworking, pour travailler efficacement dans un environnement inspirant.

Hôtels adaptés au télétravail

Des établissements comme le Don Paco proposent des formules spéciales pour les travailleurs à distance, alliant hébergement et productivité.

Les loyers y restent plus abordables que dans les quartiers haut de gamme de Praia ou dans les stations balnéaires de Sal, tout en offrant un confort correct. Selon les données disponibles, un appartement d’une chambre dans le centre de Mindelo se situe autour de 300 à 450 dollars par mois, avec des options plus modestes en périphérie.

Laginha, la plage urbaine très convoitée

À quelques pas du centre, la plage de Laginha figure parmi les endroits les plus recherchés par les expatriés à Mindelo. C’est une baie en arc de cercle, de sable clair, avec vue sur les reliefs volcaniques environnants. On y court, on s’y baigne, on y discute au coucher du soleil.

Quelques

C’est le nombre de minutes nécessaires pour se rendre à la plage depuis le secteur de Laginha, un atout majeur pour les télétravailleurs.

Là encore, cette popularité se répercute sur les loyers : les appartements avec vue directe sur la baie se négocient plus cher que les logements anciens du centre. Mais globalement, Mindelo reste considéré comme plus accessible que Sal ou Boa Vista pour un niveau de confort similaire voire supérieur.

Mindelo côté pratique : budget et services

Mindelo dispose d’un hôpital important (Hospital Baptista de Sousa), de pharmacies bien fournies, de cliniques privées, de banques, de salles de sport et de commerces variés. La ville est aussi reliée par ferry à Santo Antão, l’île voisine, très appréciée des randonneurs.

Pour mesurer l’écart de budget avec d’autres îles, les estimations pour un célibataire indiquent un coût de vie mensuel d’environ 1 000 à 1 500 euros à Mindelo, contre 1 500 à 2 000 euros sur Sal. À Mindelo, le poste logement pèse toutefois moins lourd qu’à Santa Maria, ce qui explique une partie de la différence.

Santa Maria, épicentre balnéaire de l’île de Sal

Sal, dont le nom renvoie aux salines qui ont fait sa richesse, est l’île la plus tournée vers le tourisme de masse. Et Santa Maria, à l’extrémité sud, en est le cœur battant. Plages de sable blanc à perte de vue, eau turquoise, hôtels all inclusive, clubs de kitesurf : le décor est posé.

Pour les expatriés, Santa Maria est à la fois un eldorado balnéaire et un lieu de vie relativement cher, avec une très forte orientation touristique. On y croise des retraités européens, des saisonniers, des instructeurs de sports nautiques, des investisseurs immobiliers et de plus en plus de télétravailleurs.

Le centre de Santa Maria, entre plage et animation permanente

Le centre de Santa Maria se structure autour de la place principale et du célèbre ponton en bois où les pêcheurs débarquent encore leur prise du jour. Dans un rayon de quelques rues, les restaurants, bars, boutiques de souvenirs et agences de tourisme se succèdent.

La grande force du centre pour un expatrié tient dans cette proximité : quasiment tout est accessible à pied, y compris la plage, souvent à moins de 5 à 10 minutes. La communauté internationale est très visible, qu’il s’agisse de touristes de passage ou de résidents étrangers installés pour plusieurs mois.

Mais ce succès a un prix. Les loyers, en particulier pour les appartements bien situés ou avec prestations « standard européen », sont parmi les plus élevés de l’archipel :

– pour un appartement d’une chambre à Santa Maria, les montants couramment observés se situent entre 500 et 1 000 euros par mois ;

– les unités de standing en front de mer ou dans des complexes avec piscine peuvent dépasser largement ces niveaux ;

– en cherchant directement auprès de propriétaires locaux et en acceptant un logement plus simple, il est possible de trouver des studios autour de 300 euros, mais la demande reste intense.

À cela s’ajoute un coût de la vie au-dessus de la moyenne nationale : sur Sal, la quasi-totalité des fruits, légumes et produits frais est importée, ce qui renchérit les courses. En revanche, l’offre de produits internationaux est plus large qu’ailleurs.

Santa Maria, hub des nomades digitaux

La ville a su capter une nouvelle clientèle : les télétravailleurs venus profiter à la fois du climat et des infrastructures touristiques. On y trouve plusieurs espaces de coworking, comme GoHub Sal, ainsi que des cafés bien équipés, tel Ocean Café, qui proposent Wi-Fi rapide et atmosphère dédiée au travail.

Bon à savoir :

L’île Maurice bénéficie d’une bonne connectivité grâce à des câbles sous-marins internationaux et de la fibre optique dans les zones urbaines. Les forfaits internet illimités (incluant téléphone et TV) coûtent entre 40 et 80 € par mois. Pour les zones isolées ou les besoins plus exigeants, le service Starlink est disponible pour environ 373 $ d’équipement et 48 $ par mois.

Espargos, l’autre visage de Sal

Espargos, au centre de l’île, est la capitale administrative de Sal. L’ambiance y est beaucoup plus « cap-verdienne » que touristique, avec des rues animées, des bâtiments colorés, des commerces moins orientés vers les visiteurs étrangers.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, la ville d’Espargos offre des loyers généralement inférieurs à ceux de Santa Maria et permet une immersion plus marquée dans la vie locale. Elle dispose également de services de santé privés, comme Cardiomed (également présent à Praia), et de commerces modernes.

En revanche, la mer n’est pas à la porte de chez soi, et il faut accepter une esthétique urbaine plus brute, loin des resorts soignés du sud de l’île.

Sal et Santa Maria : budget, plage et « bulle touristique »

En guise de synthèse, Sal est la destination idéale pour les expatriés en quête de soleil, de sports nautiques et de vie balnéaire, avec un niveau de service élevé et une large diffusion de l’anglais. Mais il faut prévoir un budget en conséquence : pour un célibataire, on estime souvent un coût de vie global entre 1 500 et 2 000 euros par mois à Santa Maria, logement inclus.

Du point de vue purement immobilier, Santa Maria reste aussi l’un des lieux les plus dynamiques pour les achats. Les biens vont du studio à 40 000 euros à la villa de plusieurs centaines de milliers d’euros, avec un potentiel locatif élevé du fait de la fréquentation touristique constante.

Sal Rei et Boa Vista, la version « désert de sable et lagunes »

Boa Vista, littéralement « belle vue », est une autre île très touristique, connue pour ses dunes, ses plages infinies comme Santa Monica ou Varandinha, mais aussi pour une ambiance plus paisible que Sal. Les expatriés qui choisissent Boa Vista le font souvent pour ce calme, loin des foules, tout en gardant le confort des infrastructures touristiques.

Sal Rei, petit port devenu pôle d’attraction

Sal Rei, la capitale de l’île, concentre la plupart des services : restaurants, bars, commerces, banques, clinique privée (Clinica Boa Esperança), coworking GoHub Boa Vista. La communauté expatriée y est plus restreinte qu’à Santa Maria, mais bien présente, avec des profils variés : hôteliers, kitesurfeurs, retraités, freelances cherchant le grand calme.

300

Le loyer mensuel minimum pour un appartement à Sal Rei, pouvant descendre jusqu’à ce montant pour des logements simples trouvés via des propriétaires locaux.

Le coût global de la vie reste cependant élevé par rapport à des îles plus agricoles comme Santiago, Fogo ou Santo Antão : Boa Vista importe une grande partie de ses denrées alimentaires et de ses produits de consommation.

Boa Vista : nature préservée, infrastructures limitées

Le revers de la médaille, pour les expatriés, se situe principalement au niveau de la santé : les équipements médicaux sur Boa Vista sont limités. En cas de problème sérieux, une évacuation vers Sal ou Santiago est généralement indispensable. Cela rend l’île peu adaptée aux personnes souffrant de pathologies chroniques ou nécessitant un suivi médical lourd.

Exemple :

Pour les jeunes, les personnes en bonne santé ou les retraités aventuriers acceptant certains risques, l’île de Boa Vista offre un cadre de vie exceptionnel. Elle propose notamment des dunes de sable similaires à un désert, des ciels étoilés remarquables, l’observation saisonnière des tortues marines, la pratique de sports nautiques et des randonnées dans le désert de Viana.

Les autres pôles de vie appréciés des expatriés

Au-delà des grands classiques que sont Praia, Mindelo, Santa Maria et Sal Rei, plusieurs îles et villes séduisent une niche d’expatriés en quête d’authenticité, de nature et de coûts de vie plus doux.

São Filipe et l’île de Fogo, entre vignobles volcaniques et ville coloniale

Fogo, dominée par le spectaculaire volcan Pico do Fogo (2 829 m), attire des amateurs de nature, de café et de vin locaux, mais aussi des télétravailleurs à la recherche d’un environnement original.

La ville principale, São Filipe, offre un cadre colonial préservé avec ses « sobrados » (maisons à étages colorées), des vues imprenables sur la mer et une ambiance provinciale tranquille. On y trouve le GoHub Fogo Innovation Lab, qui offre un espace de travail connecté pour entrepreneurs et freelancers.

Bon à savoir :

Les loyers sont nettement plus accessibles que dans les grandes villes côtières, avec un logement correct entre 250 et 400 euros par mois. Le coût de vie général est également plus bas, notamment grâce à la production locale d’une partie des denrées comme le café, le vin, les fruits et le fromage.

En revanche, la connectivité internet est variable, surtout dans la caldeira (Chã das Caldeiras), et l’accès médical est plus limité. Fogo ne dispose pas d’un grand hôpital équivalent à ceux de Praia ou Mindelo, et l’évacuation vers Santiago peut s’avérer nécessaire en cas d’urgence.

Santo Antão, le paradis des randonneurs

Santo Antão, accessible en ferry depuis São Vicente, est l’île vedette des amateurs de trekking. Vallées profondes, villages accrochés à la montagne, cultures en terrasses : le paysage y est spectaculaire.

Pour les expatriés, l’île attire une petite communauté de passionnés de marche, d’agriculture ou de tourisme rural. On trouve des guesthouses et quelques hébergements longue durée, avec des loyers souvent compris entre 300 et 500 euros par mois pour un logement simple.

Attention :

L’île présente des contraintes majeures pour une installation durable : absence d’aéroport et de grands hôpitaux, desserte maritime aléatoire, connexion internet inégale selon les vallées. Elle est recommandée pour les longs séjours, mais déconseillée pour les familles avec enfants ou les personnes ayant des besoins médicaux spécifiques.

São Nicolau, Brava et Maio, refuges d’ultra-tranquillité

São Nicolau propose un mélange de montagnes, de villages tranquilles et de prix locatifs très bas (souvent entre 150 et 300 euros par mois pour une maison). L’île est encore peu touchée par le tourisme et attire des expatriés en quête d’isolement, mais la connectivité (internet, transports) reste limitée, de même que l’offre de coworking.

Brava, surnommée « l’île aux fleurs », et Maio, connue pour ses plages désertes, offrent une expérience encore plus radicale : tranquillité absolue, vie communautaire, peu de voitures. Ce sont des destinations qui séduisent un micro-groupe d’expatriés, souvent des retraités ou des artistes prêts à accepter le manque d’infrastructures en échange d’une vie simple et authentique.

Coût de la vie et loyers : où les quartiers expats se situent-ils ?

Les chiffres agrégés à l’échelle du pays montrent que le Cap-Vert reste, dans l’absolu, plus abordable que la plupart des pays occidentaux : coût de la vie environ 34 % plus bas que celui des États‑Unis (hors loyer), loyers près de 80 % inférieurs à ceux observés aux États‑Unis, restaurants environ 50 % moins chers.

Mais ces moyennes masquent de fortes disparités entre îles et, à l’intérieur des villes, entre quartiers. Les zones les plus prisées par les expatriés – Palmarejo, Plateau, centre et Laginha à Mindelo, Santa Maria, Sal Rei – se situent clairement dans la tranche haute du marché local.

Les loyers moyens en CVE pour les appartements, toutes îles confondues

Ce chiffre représente le loyer mensuel moyen, exprimé en escudos cap-verdiens, pour un appartement au Cap-Vert, en prenant en compte l’ensemble des îles de l’archipel.

Type de logementLoyer moyen (CVE)Fourchette observée (CVE)
Appartement 1 chambre, centre-ville (national)~43 38230 000 – 60 000
Appartement 1 chambre, hors centre~26 10018 000 – 38 527
Appartement 3 chambres, centre-ville~59 17335 000 – 110 000
Appartement 3 chambres, hors centre~37 50925 000 – 80 000

Dans les quartiers expats « premium », on se situe le plus souvent dans le haut de ces fourchettes, voire au‑delà pour les biens de standing ou très bien situés (vue mer, résidence sécurisée, piscine).

À ces loyers s’ajoutent les dépenses courantes, illustrées ci‑dessous :

Poste de dépensePrix moyen (CVE)Commentaire
Repas simple au restaurant500250 – 1 100 selon l’établissement
Repas pour 2 dans un resto moyen5 0003 000 – 15 104
Cappuccino~19970 – 425
Ticket de transport local (aller simple)~8943 – 100
Essence (1 gallon)~560507 – 719
Électricité/eau pour 85 m² (par mois)~12 9396 000 – 20 000
Internet 60 Mbps (par mois)~5 3365 000 – 6 250

En pratique, pour un expatrié seul, les budgets indicatifs par île – logement compris – donnent une idée de l’écart entre les grands pôles :

Île / Ville principaleBudget mensuel estimé pour un célibataire
Sal (Santa Maria)1 500 – 2 000 €
Boa Vista (Sal Rei)1 400 – 1 800 €
Santiago (Praia)1 200 – 1 800 €
São Vicente (Mindelo)1 000 – 1 500 €
Fogo (São Filipe)800 – 1 200 €
Santo Antão800 – 1 200 €
São Nicolau600 – 900 €

On voit nettement que les quartiers « expats » les plus en vue se situent dans les îles touristiques (Sal, Boa Vista) et les deux grandes villes (Praia, Mindelo), qui sont aussi les plus coûteuses.

Santé, éducation, internet : des critères décisifs pour choisir son quartier

Au-delà des loyers et du cadre de vie, trois facteurs pèsent lourd dans le choix d’un quartier pour les expatriés : la santé, l’accès à une scolarité adaptée et la qualité de la connexion internet.

Santé : Praia et Mindelo en tête

Pour les étrangers, le système de santé cap-verdien reste jugé « basique » par rapport aux standards occidentaux. Les meilleurs équipements se trouvent à Praia (Hospital Agostinho Neto) et à Mindelo (Hospital Baptista de Sousa), complétés par des cliniques privées plus réactives et souvent avec personnel parlant anglais ou français.

Les quartiers les plus prisés dans ces villes (Palmarejo, Plateau, centre de Mindelo, Laginha) ont l’avantage d’être à quelques minutes en voiture ou en taxi de ces établissements, ce qui rassure nombre d’expatriés, notamment les familles ou les retraités.

Sur Sal et Boa Vista, l’offre médicale existe mais reste beaucoup plus limitée, surtout pour les cas lourds : l’évacuation vers Santiago ou à l’étranger est alors indispensable. Sur les îles sans aéroport (Brava, Santo Antão), la contrainte est encore plus forte.

100-200

Le coût mensuel d’une bonne police d’assurance pour un expatrié, recommandée avec rapatriement sanitaire.

Éducation : Praia, quasi seul véritable pôle international

Sur l’ensemble du pays, l’offre scolaire internationale est très réduite. Trois établissements seulement proposent un enseignement dans une langue étrangère, tous en français. Le principal, L’école internationale les Alizés, se trouve à Praia et suit le programme français. Il accueille plus de 200 élèves de 20 nationalités différentes.

Pour une famille expatriée, cela signifie concrètement que les quartiers de Praia proches de cette école – Palmarejo, Plateau, Achada Santo António, Várzea – sont les plus adaptés si l’on souhaite une scolarité internationale sur place. Des petites structures francophones existent également sur Sal et Boa Vista, mais de manière limitée.

Beaucoup de familles optent pour des solutions hybrides : école locale en portugais, enseignement en ligne complémentaire, ou internat à l’étranger pour les plus grands. Dans ce contexte, nombre de parents préfèrent s’installer dans les quartiers urbains bien desservis, proches des écoles et des transports.

Internet et coworking : avantage aux centres urbains

Pour les télétravailleurs, la qualité de la connexion est un critère cardinal. Le Cap-Vert est relié par plusieurs câbles sous-marins internationaux, et un réseau de fibre optique se déploie progressivement dans les grandes villes.

Les quartiers suivants sont clairement mieux lotis que la moyenne :

– à Praia : Palmarejo, Plateau, Achada Santo António, Quebra Canela, desservis par la fibre et dotés de multiples espaces de coworking (Prime Coworking, Workin’ CV, SoLuz Coworking, TechPark CV) ;

– à Mindelo : centre-ville et zone de Laginha, avec Prime Coworking Mindelo, hôtels-coworkings (Don Paco) et quelques cafés bien connectés ;

– à Santa Maria : centre et nouveaux ensembles comme Vila Verde, desservis par GoHub et divers bars/cafés équipés ;

– à Sal Rei : centre-ville, avec GoHub Boa Vista.

En dehors de ces pôles, la 4G couvre une grande partie de la population, mais avec des débits plus variables et des coupures possibles. Depuis 2024, Starlink offre toutefois une alternative pour les installations isolées. Les télétravailleurs les plus exigeants se concentrent de fait dans ces quartiers urbains disposant à la fois de fibre et de coworkings.

Immobilier : où les expatriés achètent-ils ?

La combinaison stabilité politique, climat attractif et développement touristique a propulsé le marché immobilier cap-verdien parmi les plus dynamiques de la région. Les étrangers peuvent acheter au même titre que les locaux, avec un cadre juridique inspiré du droit civil portugais.

Les zones les plus demandées pour l’achat sont également celles qui concentrent les expatriés :

Exemple :

Au Cap-Vert, le marché immobilier de prestige se concentre sur certaines zones côtières et urbaines spécifiques. Sur l’île de Sal, la zone de Santa Maria et ses résidences balnéaires sont très recherchées. À Boa Vista, les investissements se portent sur les complexes et lotissements autour de la ville de Sal Rei. Sur l’île de São Vicente, certains secteurs de Mindelo, notamment ceux offrant une vue sur la baie et le quartier de Laginha, sont prisés. Enfin, dans la capitale Praia, sur l’île de Santiago, les quartiers huppés comme Palmarejo et le Plateau attirent une clientèle aisée.

Les prix varient fortement selon l’île et le type de bien. À titre d’illustration, les fourchettes observées pour des appartements et maisons sont les suivantes :

Île / RégionFourchette de prix observée pour un bien résidentiel
Sal40 000 – 350 000 €
Boa Vista55 000 – 250 000 €
São Vicente100 000 – 200 000 € (appartements)
São Nicolau60 000 – 250 000 €
Brava100 000 – 300 000 €
Moyenne nationale~80 000 € pour un appartement, jusqu’à 250 000 € pour une villa

Pour les investisseurs, le secteur locatif de moyen et long terme est particulièrement intéressant dans les quartiers où se croisent tourisme et expatriation : Santa Maria et Sal Rei bien sûr, mais aussi les beaux quartiers de Praia et de Mindelo. Le gouvernement pousse en outre l’investissement immobilier via des dispositifs comme la « Green Card » de résidence permanente, accessible à partir de 80 000 à 120 000 euros d’investissement selon la zone.

Comment choisir son quartier quand on s’expatrie au Cap-Vert ?

Face à cette mosaïque de villes et de quartiers, chaque profil d’expatrié va privilégier des critères différents. Un retraité européen qui souhaite le moins de tracas possible n’aura pas la même grille d’analyse qu’un jeune développeur en télétravail ou qu’une famille avec deux enfants en âge scolaire.

En simplifiant, on peut tracer quelques profils types et voir quels quartiers leur correspondent le mieux :

Où s’installer au Cap-Vert ?

Guide par profil pour choisir la ville ou l’île qui correspond le mieux à votre projet de vie.

Le télétravailleur connecté

Pour un budget maîtrisé, privilégiez Palmarejo ou Plateau à Praia, ou le centre/Laginha à Mindelo pour la ville, une bonne connexion et des espaces de coworking.

L’amateur de plage & sports nautiques

Avec un bon pouvoir d’achat, Santa Maria (Sal) ou Sal Rei (Boa Vista) sont idéales. À noter : coût de la vie plus élevé et offre médicale limitée.

La famille expatriée

Praia reste le choix le plus adapté, offrant une école internationale, des hôpitaux et des quartiers résidentiels sécurisés.

L’investisseur locatif

Le meilleur potentiel de rendement se trouve dans les zones touristiques de Santa Maria, Boa Vista et certains secteurs de Praia ou Mindelo.

En quête d’authenticité

Pour un couple ou un célibataire avec un budget limité, découvrez São Filipe (Fogo), Ribeira Grande ou Paul à Santo Antão, ou certaines zones de São Nicolau.

Au bout du compte, les quartiers les plus prisés par les expatriés au Cap-Vert ne sont pas seulement ceux qui ont la plus belle plage ou la vue la plus spectaculaire. Ce sont surtout ceux qui parviennent à réunir quatre éléments clés : une sensation de sécurité, des services modernes (santé, éducation, commerces), une connectivité internet fiable et une communauté, locale et étrangère, dans laquelle il est possible de s’intégrer.

Entre le charme colonial de Plateau, la vie résidentielle de Palmarejo, l’énergie culturelle de Mindelo, l’effervescence balnéaire de Santa Maria ou le calme sablonneux de Sal Rei, l’archipel offre une palette de cadres de vie étonnamment variée pour un pays de 600 000 habitants. À chacun d’identifier le quartier qui correspond le mieux à son projet de vie… et à sa manière personnelle d’habiter cette « Caraïbe de l’Afrique de l’Ouest » baignée de soleil et de « morabeza ».

Archipel du Cap-Vert
Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Cap-Vert pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et rester lié à la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Cap-Vert), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité relativement modérée sur les revenus, ses régimes incitatifs pour les investisseurs étrangers, son coût de vie plus faible qu’en France et son environnement stable, lusophone et tourné vers l’international. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’un bien au Cap-Vert, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, relais francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), afin de réduire la pression fiscale tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition, adaptation culturelle insulaire).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :