Le Cap-Vert attire de plus en plus d’expatriés, de retraités actifs, de professionnels du secteur touristique ou humanitaire, mais aussi quelques familles de diplomates et de cadres de multinationales. Très vite, une question cruciale se pose à ceux qui s’y installent avec des enfants : quelles sont les meilleures écoles internationales au Cap-Vert, et que peut-on réellement attendre du système scolaire local lorsqu’on vient de l’étranger ?
Derrière l’image de carte postale, le Cap-Vert offre un paysage éducatif très différent de destinations comme le Portugal. L’archipel ne compte qu’une poignée d’écoles internationales, souvent de petite taille et presque toutes francophones ou lusophones. Aucune école primaire ou secondaire ne propose un curriculum formel en anglais. Cette réalité réduite est un élément décisif à considérer pour les familles envisageant un séjour de plusieurs années.
Cet article propose un tour d’horizon détaillé des meilleures écoles internationales au Cap-Vert, en s’appuyant sur les données disponibles, les agréments officiels et les retours de terrain d’expatriés, tout en replaçant ces établissements dans le contexte plus large du système éducatif capverdien.
Le cadre éducatif capverdien : un socle public solide mais sous contrainte
Avant de zoomer sur les écoles internationales, il est utile de comprendre le fonctionnement général de l’éducation au Cap-Vert. L’enseignement primaire est obligatoire pour tous les enfants de 6 à 14 ans, et gratuit entre 6 et 12 ans. L’organisation du système suit un schéma relativement classique : une petite enfance non obligatoire (3-5 ans), un primaire de 6 ans, un secondaire inférieur (13-15 ans), puis un secondaire supérieur (16-18 ans), avant l’université.
Environ 90 % des enseignants au Cap-Vert ont bénéficié d’une formation continue en service.
Malgré ces avancées, le système est confronté à des difficultés structurelles : manque de ressources matérielles, répétitions de classe importantes (plus de 16 % de redoublements en 2e année du primaire, environ 8 % de moyenne), disparités entre zones urbaines et rurales ou entre îles, et forte pression sur les quelques établissements d’enseignement supérieur existants. L’Initiative pour les Droits Humains estime d’ailleurs que le Cap-Vert n’atteint qu’environ 82 % de son « potentiel » éducatif compte tenu de ses ressources, avec un meilleur score pour le primaire que pour le secondaire.
Les écoles internationales ne visent pas à remplacer le système éducatif local, mais à offrir une continuité de parcours dans un cadre pédagogique étranger (principalement français ou portugais) à un public restreint, essentiellement composé d’expatriés ou de personnes aisées.
Pourquoi les familles d’expatriés se tournent-elles vers les écoles internationales ?
Les profils qui s’installent au Cap-Vert avec enfants sont variés : diplomates, cadres de compagnies aériennes ou du secteur touristique, salariés d’ONG, entrepreneurs étrangers, mais aussi quelques familles mixtes, dont un des parents est capverdien. Toutes ne font pas le même choix : certaines préfèrent la scolarisation dans le système national, d’autres optent pour l’école à distance ou l’internat à l’étranger. Néanmoins, beaucoup se tournent vers les écoles internationales locales lorsqu’elles existent, pour plusieurs raisons récurrentes.
Un élève inscrit dans une école française au Cap-Vert peut poursuivre sa scolarité dans n’importe quel établissement homologué par l’AEFE dans le monde, notamment en France. Cette fluidité est permise par l’harmonisation des programmes et des méthodes d’enseignement au sein du réseau, évitant ainsi une rupture dans le parcours éducatif.
La deuxième raison est la langue d’enseignement. Pour des enfants qui ne parlent ni portugais ni créole, l’intégration dans l’école publique peut être complexe. À l’inverse, une école française propose un cadre linguistique familier aux francophones, tout en introduisant progressivement le portugais et l’anglais. Pour des lusophones, une école portugaise offre le même type de continuité.
Les écoles internationales se distinguent par des classes à effectif réduit, un suivi personnalisé, de meilleures infrastructures et une offre périscolaire étoffée. Certaines garantissent également des taux d’accès à l’université avoisinant les 100%, un argument rassurant pour les parents.
Enfin, l’aspect social et psychologique est central. Pour un enfant qui change de pays, intégrer une communauté scolaire où se côtoient différentes nationalités, où les enseignants ont l’habitude des élèves mobiles, et où l’on valorise le bilinguisme ou le plurilinguisme peut réduire le choc culturel. Des professionnels installés sur place, comme la psychologue et bénévole Gloria Dalc à l’École internationale de Sal, insistent sur cette dimension de soutien émotionnel et de création de repères.
Une offre extrêmement limitée : trois ou quatre écoles à l’échelle du pays
Contrairement à des pays voisins ou à des destinations européennes où l’on compte des dizaines d’écoles internationales, le Cap-Vert n’en abrite que trois ou quatre véritables, selon les sources. Toutes n’acceptent pas nécessairement le terme « internationale » au sens strict (avec accréditations IB, GCSE, etc.), mais elles se distinguent par l’utilisation d’un curriculum et d’une langue d’enseignement étrangers, et par l’accueil d’un public multinational.
Le tableau ci-dessous résume les établissements principaux clairement identifiés dans les informations disponibles.
Principales écoles internationales au Cap-Vert
| École | Île / Ville | Type / Langue principale | Curriculum de référence | Niveau couvert (approx.) |
|---|---|---|---|---|
| École Internationale Les Alizés | Santiago / Praia | Française, enseignement en français | Programme français + CNED | Maternelle à lycée (direct en primaire, CNED au secondaire) |
| Escola Internacional de Sal (EIS) | Sal / Murdeira | Bilingue français-portugais | Programme français + programme capverdien, homologué AEFE | Maternelle / primaire, extension vers collège |
| École Française de Boa Vista | Boa Vista / Sal Rei | Française, enseignement en français | Programme français, homologation AEFE | Maternelle à collège |
| École portugaise du Cap-Vert | Santiago / Praia | Portugaise, enseignement en portugais | Programme officiel portugais | Primaire et secondaire |
| Colégio International (Praia) | Santiago / Praia | Lusophone, dimension internationale limitée | Programme portugais | Primaire et/ou secondaire |
À ces structures s’ajoutent quelques acteurs périphériques : un American Learning Centre qui proposait surtout des cours d’anglais sans véritable curriculum, un projet de crèche/jardin d’enfants anglophone à Santa Maria (Sal), ou encore une école anglophone à Mindelo ouverte par d’anciens volontaires du Corps de la Paix – mais aucune de ces initiatives n’a, à ce stade, le statut ni la structuration pédagogique d’une école internationale complète.
Un paysage par île : où se trouvent les écoles internationales ?
On peut schématiser la répartition géographique comme suit.
| Île | Écoles internationales identifiées | Particularités |
|---|---|---|
| Santiago | Les Alizés, École portugaise, Colégio International | Capitale (Praia), offre la plus fournie mais uniquement en français ou portugais |
| Sal | Escola Internacional de Sal (EIS) | Seule école internationale de l’île, petite structure bilingue FR-PT |
| Boa Vista | École Française de Boa Vista | Petite école française à Sal Rei, jusqu’au collège |
| São Vicente (Mindelo) | Écoles ou cours d’anglais informels | Pas de véritable école internationale structurée, présence de cours d’anglais |
Pour un expatrié, ce découpage a une conséquence directe : le choix de l’île de résidence ne peut se faire sans tenir compte de la scolarisation. Vivre à Boa Vista ou à Sal avec des enfants scolarisés en français est envisageable grâce aux écoles locales, mais dès qu’il s’agit d’un cursus portugais ou d’une vraie filière anglophone, les options se réduisent drastiquement.
Zoom sur l’École Internationale Les Alizés à Praia
Parmi les meilleures écoles internationales au Cap-Vert, Les Alizés occupe une place centrale. Située à Praia, dans le quartier d’Achada Santo António, cette école française a été créée au début des années 1990 par des parents désireux de voir leurs enfants suivre le système éducatif français sans quitter l’archipel. Elle est aujourd’hui homologuée par le ministère français de l’Éducation nationale, via l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).
Statut, accréditation et gouvernance
L’école fonctionne sous la forme d’une association de parents (EPA) qui en assure la gestion quotidienne, sous le contrôle pédagogique de l’AEFE. L’homologation couvre directement les classes de primaire ; pour le collège et le lycée, l’établissement s’appuie sur les cours du CNED (Centre national d’enseignement à distance), avec un accompagnement sur place.
Des audits réguliers du ministère français viennent vérifier la conformité des enseignements et des résultats. Ce lien institutionnel fort fait de l’école une option privilégiée pour les familles françaises ou francophones, mais aussi pour celles qui souhaitent accéder ensuite au système universitaire français.
– Coordonnées utiles (à vérifier avant tout contact, car elles peuvent évoluer) :
– Adresse postale : C.P. 395, Praia, Cap-Vert
– Téléphone : (+238) 261 43 69
– E-mails mentionnés dans les sources : ecolelesalizes@cvtelcom.cv, direction@lesalizes-cv.com
– Site web : https://www.lesalizes-cv.com/
Langues d’enseignement et profil des élèves
La langue principale d’enseignement est le français, de la maternelle au lycée. Le portugais est introduit dès la maternelle comme langue de l’environnement local, et l’anglais à partir du CE1 (environ 7 ans). Ce trilinguisme progressif constitue un atout important pour les familles qui envisagent soit une poursuite d’études en Europe, soit une intégration plus profonde au Cap-Vert.
Environ deux tiers des élèves de l’établissement sont de nationalité capverdienne.
Forces et limites selon les retours de terrain
Les Alizés sont souvent citée comme « l’unique vraie école internationale du pays », ce qui reflète autant sa centralité que la faiblesse de l’offre globale. Les points positifs mis en avant sont la cohérence avec le système français, la présence de professeurs qualifiés, l’environnement plurilingue, et la reconnaissance officielle par Paris.
Mais des familles expatriées mentionnent aussi des limites : changements fréquents dans l’équipe de direction, classes jugées parfois trop chargées, application inégale des programmes. Certaines ont choisi le retrait de leurs enfants, en se tournant vers des solutions en ligne ou en renonçant à la destination. Il ne s’agit pas d’un tableau uniforme — beaucoup d’élèves y suivent leur scolarité sans difficulté majeure — mais ces témoignages rappellent que même « la meilleure » école internationale locale reste une petite structure, soumise aux aléas de recrutement et de gestion.
Escola Internacional de Sal (EIS) : une petite école au cœur de Murdeira
Sur l’île de Sal, qui accueille le gros du tourisme balnéaire de l’archipel, l’Escola Internacional de Sal (EIS) est la principale référence pour les familles en recherche d’une scolarisation internationale. Fondée en 2009 par une association de parents, l’école est implantée à Murdeira, à mi-chemin entre l’aéroport d’Espargos et la station balnéaire de Santa Maria.
Double programme : français et capverdien
L’EIS se distingue par sa structure bilingue : elle suit à la fois le programme français, homologué par l’AEFE, et le programme national capverdien. Cette double appartenance permet à la fois de préparer les élèves à une poursuite d’études dans le réseau français, et de conserver une articulation avec le système local, ce qui peut être important pour des familles mixtes ou des élèves susceptibles de rester au Cap-Vert sur le long terme.
Le français et le portugais sont les deux langues de travail, avec un cadre pédagogique axé sur le bilinguisme. L’établissement compte environ une cinquantaine d’élèves, ce qui permet de constituer des groupes réduits et d’assurer un suivi individualisé.
Enseignants et encadrement
Comme Les Alizés, l’Escola Internacional de Sal est soumise à des audits réguliers du ministère français de l’Éducation, via l’AEFE. Ses enseignants sont qualifiés et recrutés en France, épaulés par des expatriés locaux pour les tâches de soutien et d’administration. Cette combinaison de compétences pédagogiques françaises et d’ancrage local est souvent citée comme un point fort.
Souligne l’attention portée aux aspects émotionnels de l’expatriation et du bilinguisme. Pour les enfants arrivant en cours de parcours, cet accompagnement peut faire la différence.
Bénévole psychologue, spécialiste en apprentissage et mémoire
– Coordonnées usuelles :
– Localisation : Murdeira, île de Sal
– Site : https://www.eis-capvert.com
– E-mail : escolainternacionalsal@gmail.com (variante orthographique parfois relevée dans les sources)
Un choix pertinent, mais sans alternative anglophone
Pour les familles qui souhaitent vivre sur Sal tout en bénéficiant d’un cadre scolaire structuré et reconnu, l’EIS est clairement l’option principale. En revanche, ceux qui recherchent un enseignement en anglais avec un curriculum anglo-saxon n’ont, à ce jour, aucune solution formelle sur l’île. Certaines familles optent pour l’école à distance, parfois couplée à un temps partiel à l’EIS, d’autres considèrent des internats à l’étranger.
L’École Française de Boa Vista : une petite structure de proximité
Sur l’île de Boa Vista, très orientée vers le tourisme également, l’École Française de Boa Vista complète la carte des meilleures écoles internationales au Cap-Vert pour les jeunes enfants. Ouverte en 2010 à Sal Rei, cette école se consacre aux classes de maternelle et de collège, en accueillant des élèves de toutes nationalités.
Établissement scolaire géré par une association de parents, suivant le programme français et homologué par l’AEFE.
Suit le programme scolaire français dans le cadre d’une homologation par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).
École gérée par une association de parents d’élèves, assurant un lien étroit avec la communauté familiale.
Effectifs restreints et échelle locale pour une ambiance conviviale et un suivi personnalisé des élèves.
Ne couvre pas l’intégralité du parcours lycéen ; offre une partie de la scolarité du secondaire.
– Coordonnées mentionnées dans les sources :
– Téléphone : (+238) 251 19 29
– E-mail : efdebv@gmail.com
– Site : https://ecolefrancaiseboavista.wordpress.com/
Pour les familles dont les enfants doivent ensuite poursuivre un cursus de lycée, un transfert vers Les Alizés, une autre école française à l’étranger ou un enseignement à distance via le CNED est généralement envisagé.
Les écoles portugaises et le cas du Colégio International à Praia
À côté des écoles françaises, Praia abrite deux autres acteurs clés pour qui recherche une scolarisation de bon niveau dans une langue autre que le français : l’école portugaise du Cap-Vert et le Colégio International.
École portugaise du Cap-Vert : une extension du système lisboète
L’école portugaise du Cap-Vert, présente à Praia et également citée sur l’île de São Vicente, s’inscrit dans le réseau d’écoles portugaises à l’étranger. Soutenue par le gouvernement de Lisbonne, elle applique le programme officiel du Portugal, avec un enseignement en portugais et un certain nombre d’heures d’anglais.
Pour des familles lusophones (Portugal, Brésil, Angola…) ou des Capverdiens qui veulent offrir à leurs enfants une scolarité alignée sur le système portugais, cette école est une alternative naturelle. Elle n’a pas le label « international » au sens de l’IB, mais elle fonctionne comme une école nationale transplantée, reconnue par les autorités portugaises.
– Les informations opérationnelles mentionnent par exemple :
– E-mail de contact : info@epcv.cv
– Téléphone : +238 356 06 11
Colégio International : une école discrète mais réputée
Le Colégio International, également situé à Praia, est souvent cité dans les discussions d’expatriés comme une des rares écoles privées « sérieuses » de la ville. Il suit le programme portugais, avec des enseignants qualifiés, et accueille des élèves du primaire et du secondaire.
L’établissement n’a pas de site web officiel identifié, ne communique pas d’adresse e-mail au public et le personnel parle peu ou pas anglais au téléphone. Pour un nouvel expatrié, cette quasi-absence numérique complique la prise de contact et la recherche d’informations à distance.
Un intervenant expérimenté décrit néanmoins le Colégio International, l’école portugaise et Les Alizés comme les trois seuls établissements disposant d’un curriculum pleinement développé et d’un corps enseignant professionnel. Pour une famille francophone ou lusophone résidant à Praia, ce trio constitue donc le cœur des options sérieuses.
Une absence notable : aucune école primaire ou secondaire à curriculum officiel en anglais
L’un des points les plus surprenants pour les familles habituées à trouver partout des écoles internationales anglophones est l’absence totale, au Cap-Vert, d’écoles primaires ou secondaires qui proposent un enseignement structuré en anglais avec un curriculum formel (britannique, américain, IB, etc.).
Plusieurs éléments en découlent :
Les structures locales proposent uniquement des cours d’anglais pour enfants, sans programme scolaire complet. Des initiatives privées existent mais restent limitées. Pour un véritable curriculum en anglais, les familles doivent recourir à l’enseignement à distance ou à l’internat à l’étranger.
Le seul cursus vraiment structuré en anglais répertorié dans le pays se situe… à l’université : l’Université du Cap-Vert propose un programme de licence en quatre ans entièrement dispensé en anglais. Une solution qui ne concerne évidemment que les étudiants majeurs, mais qui montre un début d’ouverture vers l’international anglophone au niveau supérieur uniquement.
Admissions, frais et sélectivité : ce que l’on peut raisonnablement attendre
Les informations disponibles sur les procédures d’admission et les frais au Cap-Vert sont moins détaillées que celles publiées par de grandes écoles internationales d’autres pays, mais l’on peut dégager plusieurs tendances en se basant sur les pratiques du secteur.
Les écoles internationales du pays ont des capacités limitées, souvent de quelques dizaines à quelques centaines d’élèves. Les classes sont plus petites que dans le public, mais l’espace manque parfois, notamment à Praia. Il en résulte une admission sélective, avec :
L’admission dans ces établissements est soumise à plusieurs contraintes importantes : le nombre de places est limité par niveau, une inscription plusieurs mois à l’avance est nécessaire (surtout pour les niveaux charnières comme le CP, la 6e et la 2de), et le dossier scolaire ainsi que le niveau de langue des enfants font l’objet d’un examen attentif.
Les frais de scolarité ne sont pas publiés systématiquement. On sait qu’ils sont jugés « élevés » par rapport aux standards locaux, mais restent généralement inférieurs à ceux des grandes capitales africaines comme Johannesburg. Ils comprennent souvent :
– des droits d’inscription non remboursables ;
– une scolarité payée mensuellement ou trimestriellement ;
– éventuellement des frais supplémentaires pour le transport, la cantine, les activités extra-scolaires.
À cela s’ajoute, pour les familles étrangères, le coût des démarches de visas d’étude si nécessaire, même si au Cap-Vert, les enfants d’expatriés sont en pratique souvent rattachés au statut de leurs parents.
Enjeux pédagogiques et psychologiques : l’école comme pivot de l’expatriation familiale
Au-delà des questions de programme ou de langue, le choix entre les meilleures écoles internationales au Cap-Vert implique aussi de réfléchir à la manière dont les enfants vont vivre leur expatriation. Plusieurs éléments ressortent assez clairement des témoignages recueillis.
Pour les plus jeunes, une petite école francophone comme Les Alizés, l’EIS ou l’École Française de Boa Vista peut offrir un cadre protecteur, où l’entrée dans un nouvel environnement se fait en douceur. La possibilité de parler sa langue maternelle en classe, tout en apprenant le portugais et en s’exposant au créole, facilite l’intégration progressive.
En revanche, pour des adolescents déjà engagés dans un parcours anglophone ou qui visent directement une université nord-américaine ou britannique, le manque de filières anglophones structurées au Cap-Vert peut provoquer une forme de « décrochage » stratégique : obligation de changer de système au moment d’arriver, difficultés à faire reconnaître certains niveaux, etc. Dans ce cas, certaines familles préfèrent scolariser leurs enfants à distance ou dans un autre pays, quitte à vivre une expatriation familiale « éclatée ».
Le facteur communautaire est également clé. Dans une petite école internationale où se côtoient quelques nationalités, les enfants tissent rapidement des liens, mais les possibilités de renouvellement sont plus limitées que dans un grand établissement international. Il faut être prêt à ce que le cercle d’amis de son enfant soit restreint, mais souvent très soudé.
Enseignants : un marché de l’emploi quasi fermé pour les étrangers
Le faible nombre d’écoles internationales a une conséquence directe sur le marché de l’emploi pour les enseignants expatriés : il est extrêmement réduit. Un intervenant habitué du pays résume la situation en expliquant qu’il n’y a « que trois ou quatre » écoles privées internationales à l’échelle de tout le Cap-Vert, ce qui laisse peu de positions à pourvoir, et encore moins de renouvèlements fréquents.
Dans le secteur public, les postes d’enseignant sont réservés à des enseignants francophones lusophones parfaitement à l’aise en portugais, issus de filières universitaires locales ou reconnues, et affectés par le gouvernement. Pour un professeur étranger ne maîtrisant pas la langue, les perspectives y sont quasiment nulles.
Dans les écoles françaises homologuées, les professeurs titulaires viennent majoritairement de France, recrutés par l’AEFE ou sous contrat local avec exigence de diplôme et d’expérience. Des expatriés déjà installés peuvent parfois trouver des postes de soutien, de remplacement ou d’assistant pédagogique, mais il ne s’agit pas d’un marché structuré et ouvert comme dans les grands hubs internationaux.
Comment choisir entre les meilleures écoles internationales au Cap-Vert ?
Face à une offre restreinte, la tentation peut être de choisir simplement « ce qui existe » sur l’île où l’on souhaite vivre. Pourtant, quelques critères peuvent aider à faire un choix éclairé et, parfois, à arbitrer différemment la destination ou la durée de séjour.
Il est crucial d’évaluer l’alignement entre la langue d’enseignement de l’école et le projet éducatif de la famille. Pour une famille francophone, les établissements comme Les Alizés, l’EIS ou l’École Française de Boa Vista sont des choix naturels. Une famille lusophone se dirigera plutôt vers l’école portugaise ou le Colégio International. Pour les anglophones, la décision est plus complexe : il faut alors considérer l’acceptation d’une scolarisation en français ou en portugais, envisager l’école à distance, ou encore réévaluer la durée de l’expatriation, éventuellement en la limitant à la période préscolaire.
Ensuite vient la cohérence du curriculum avec l’après Cap-Vert. Si l’on prévoit d’inscrire l’enfant en France, au Portugal ou dans un autre pays francophone ou lusophone, un établissement homologué (AEFE ou système portugais) offre une passerelle plus fluide. Si l’on vise un retour vers un bac international anglophone, il faudra prévoir des ajustements.
Lors de visites ou d’entretiens, il est important d’évaluer la taille de l’école et des classes, la qualité perçue de la direction et la stabilité de l’équipe pédagogique. Des commentaires sur des changements fréquents de direction ou des classes jugées trop chargées doivent être mis en perspective avec des observations directes sur place.
Enfin, la dimension sociale compte fortement : quel est le profil des familles fréquentant l’école ? Quelle est la place donnée aux langues, aux activités artistiques, au sport ? Comment l’établissement accompagne-t-il les élèves en situation de bilinguisme ou de transition culturelle ?
Un système en mouvement, mais une réalité à ne pas sous-estimer
Les meilleures écoles internationales au Cap-Vert offrent à une minorité d’enfants des parcours tout à fait honorables, souvent solides, parfois remarquablement personnalisés. Les liens avec l’AEFE, avec le système portugais ou avec des universités nationales montrent une ouverture réelle vers l’extérieur.
Mais l’archipel n’est pas encore une destination « mature » en matière d’offre scolaire internationale. L’absence de filières anglophones structurées, le faible nombre d’écoles, l’hétérogénéité des pratiques d’un établissement à l’autre, et la difficulté parfois de collecter des informations à distance imposent de la prudence dans la préparation de toute expatriation familiale.
Pour les familles prêtes à accepter certaines contraintes et à envisager des solutions mixtes (école locale + enseignement en ligne, transitions à l’adolescence), plusieurs établissements offrent des options solides. Les écoles comme Les Alizés, l’Escola Internacional de Sal, l’École Française de Boa Vista, l’école portugaise de Praia ou le Colégio International combinent un ancrage local, une ouverture internationale et un accompagnement humain, dans un pays réputé pour son accueil.
Pour les autres, le Cap-Vert demeure une destination charmante à découvrir, mais qui nécessite, lorsqu’on a des enfants d’âge scolaire, une réflexion en profondeur sur la faisabilité éducative du projet – réflexion où le choix parmi les rares meilleures écoles internationales du pays s’avère, plus que dans beaucoup d’autres destinations, absolument central.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Cap-Vert pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité modérée, son coût de vie inférieur à la France, son environnement stable et son régime favorable aux retraités étrangers. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’une résidence principale, organisation de la couverture santé locale et internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, intermédiaires francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en gérant les risques de double imposition via la convention FR–CV.
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