S’installer au Cap-Vert, c’est entrer dans un univers où la cuisine raconte à elle seule l’histoire des îles : la colonisation portugaise, les racines ouest-africaines, les échanges avec le Brésil et l’Europe, mais aussi la dure réalité d’un archipel aride qui importe plus de 90 % de sa nourriture. Pour un expatrié, comprendre ce que l’on a dans l’assiette est l’un des raccourcis les plus rapides vers la culture locale et la fameuse morabeza, cette hospitalité chaleureuse dont les Cap-Verdiens sont si fiers.
Ce guide couvre tous les aspects pour découvrir la gastronomie locale : des plats et boissons incontournables aux codes à table, en passant par les bonnes adresses. Il inclut également des conseils pratiques pour faire son marché et cuisiner soi-même.
Comprendre la “culinária cabo-verdiana”
La cuisine cap-verdienne est une cuisine créole, née de la rencontre entre traditions ouest-africaines et influences portugaises, complétée au fil des siècles par des apports brésiliens, européens et même asiatiques. On y retrouve les grands piliers africains (maïs, haricots, racines, longues cuissons) et les signatures portugaises (bacalhau, soupes, vins, pâtisseries), le tout réinterprété avec les produits de l’Atlantique et ce que les îles peuvent produire malgré la sécheresse.
La cuisine antillaise se caractérise par des plats mijotés, nourrissants, salés et généreux, conçus pour être partagés. Les recettes se transmettent principalement oralement, ce qui conduit à des variations significatives. Il est fréquent que deux familles, voire deux îles différentes, défendent des versions distinctes d’un même plat, donnant lieu à des débats animés sur la recette authentique.
Pour un expatrié, c’est important à retenir : au Cap-Vert, il n’y a pas une seule manière « correcte » de faire une cachupa ou un caldo de peixe. Il y a des histoires de famille.
Cachupa : le plat national qui dit tout
Impossible de parler gastronomie cap-verdienne sans commencer par la cachupa, véritable emblème du pays et fil conducteur de la vie quotidienne, sur l’archipel comme dans la diaspora.
Ce qu’il y a dans une cachupa
La base est toujours la même : du maïs sec (hominy, maïs nixtamalisé), des haricots secs et une collection de racines et légumes cuits très longtemps ensemble. À cela s’ajoutent des viandes ou du poisson, selon les moyens du foyer.
On retrouve couramment, dans une version riche :
– maïs sec (grains entiers)
– au moins trois variétés de haricots secs (haricots rognons, haricots blancs, pois à œil noir, haricots « piedra », haricots Congo, etc.)
– manioc (mandioca), patate douce, igname, pomme de terre, potiron ou courge
– bananes vertes ou plantains, carottes, chou ou chou kale
– viandes salées ou fumées : chouriço, lard salé, porc, côtes, morcela (boudin), parfois bœuf ou chèvre
– morue salée (bacalhau) ou poisson frais dans certaines variantes
Les versions plus modestes remplacent les morceaux nobles par du gras de porc, se contentent d’un peu de poisson, ou même deviennent entièrement végétariennes. Dans tous les cas, la préparation commence la veille, avec trempage du maïs et des haricots, voire marinade des viandes. La cuisson s’étale ensuite facilement sur quatre à six heures, parfois en marmite à pression pour gagner du temps.
Rica, pobre, refogada : décrypter les variantes
Derrière le mot cachupa se cachent plusieurs réalités.
| Terme | Composition principale | Quand la déguster ? |
|---|---|---|
| Cachupa Rica | Stew très garni : multiples viandes, charcuteries, haricots | Week-ends, fêtes, repas de famille |
| Cachupa Pobre | Version simple : peu de viande, parfois seulement poisson ou légumes | Quotidien des foyers aux moyens limités |
| Cachupa de Marisco | Variante aux fruits de mer | Côtes très poissonneuses, restaurants |
| Cachupa Refogada / Frita | Restes de cachupa poêlés, servis au petit-déjeuner | Le lendemain d’un grand repas |
En pratique, beaucoup de restaurants distinguent à la carte cachupa rica (plus chère, avec viande) et cachupa pobre (souvent végétarienne ou au poisson). Compter environ 400 à 800 CVE pour un bol, selon l’île et l’adresse.
Les restes de cachupa peuvent être transformés en un petit-déjeuner réconfortant et énergétique, appelé « cachupa refogada » ou « frita ». Pour la préparer, faites revenir la cachupa à la poêle avec des oignons et parfois un peu de tomate. Servez-la bien chaude, accompagnée d’un œuf sur le plat et d’une saucisse ou de maquereau frit. C’est un véritable « booster » pour bien commencer la journée.
Culture et étiquette autour de la cachupa
La cachupa n’est pas seulement un plat, c’est un moment social. On la prépare souvent le mercredi ou le samedi, et tout le monde met la main à la pâte : quelqu’un s’occupe du feu, d’autres remuent la marmite, surveillent l’eau chaude, détachent les morceaux de viande pour « faire de la place ».
Deux règles implicites sont utiles pour un expatrié :
– si vous êtes invité à manger de la cachupa, refuser est mal vu, sauf vraie raison (et on attendra des explications) ;
– manger ostensiblement sans proposer de partager, surtout dans un contexte informel ou dans la rue, est considéré comme impoli.
Autrement dit, si l’on vous tend un bol ou une cuillère, acceptez au moins une bouchée, et dites un simple « Obrigado » ou « Muitu obrigada » pour marquer votre gratitude.
Un archipel de spécialités : de Santiago à Santo Antão
Chaque île a développé sa personnalité culinaire. Vivre au Cap-Vert, c’est aussi apprendre à lire ces nuances régionales.
Santiago : le cœur africain et les grands marchés
Sur Santiago, la plus grande île et berceau de la capitale Praia, la cuisine est celle qui assume le plus franchement ses racines africaines : beaucoup de maïs, de haricots, de légumes feuilles, de plats mijotés au goût robuste.
Dans les marchés du Plateau (Mercado Municipal) ou d’Assomada, on trouve des montagnes de patates douces, manioc, choux, carottes, mais aussi des bananes, mangues et papayes venues parfois d’autres îles plus vertes comme Santo Antão.
Les plats à privilégier sur Santiago :
– feijoada locale : ragoût de haricots et viandes, servi avec riz
– caldos : soupes épaisses, notamment le caldo verde adapté avec des choux locaux
– canja de galinha : soupe de poulet au riz, très populaire les jours de fatigue
– caldo de peixe : soupe de poisson entier, souvent avec bananes vertes et racines
Praia abrite aussi des restaurants emblématiques comme Quintal da Música, où l’on peut déguster une cachupa rica ou du poulpe grillé au son de morna et de funaná.
São Vicente et Mindelo : scène cosmopolite
À Mindelo, sur São Vicente, le paysage change : port ouvert sur le monde, scène culturelle bouillonnante, influence européenne plus visible dans les assiettes. On y mange autant de classiques cap-verdiens que de versions « fusion » travaillées par des chefs.
Quelques repères pour s’orienter sont fournis pour guider l’utilisateur.
| Quartier / Rue | Particularités culinaires |
|---|---|
| Rua de Lisboa | Cafés et restaurants, ambiance animée, proximité du marché |
| Avenida Marginal | Terrasses face à la mer, plats de poisson et fruits de mer |
| Marché de Mindelo | Légumes, fruits, produits venus de Santo Antão, Fogo, Santiago |
| Marché aux poissons | Arrivages du matin, idéal pour acheter du poisson à cuisiner |
À tester à Mindelo :
– pastéis de milho (galettes de maïs farcies) dans un café comme Café Criolo
– morreia frita (murène frite) servie en bafa, ces petites assiettes à partager avec un verre
– percebes (pouce-pieds) en saison, simple cuisson à l’eau salée, servis comme un trésor iodé
Mindelo est aussi un bon endroit pour suivre un cours de cuisine créole : certains ateliers commencent par une visite du marché, puis se poursuivent chez l’habitant où l’on prépare un menu complet (riz, légumes, poisson ou viande, dessert) avant de partager le repas.
Santo Antão : l’île du grogue, des jardins et des conserves
Santo Antão, verdoyante dans ses vallées, est la grande terre agricole du pays. On y cultive fruits (mangues, goyaves, papayes, bananes), légumes, haricots, canne à sucre, café, et même des oliviers. C’est aussi l’un des principaux berceaux du grogue, l’alcool national.
Les spécialités de l’île reflètent cette abondance :
– conserves de viande (porc) et de crevettes de Santo Antão, mijotées longuement
– modje (ragoûts) aux viandes et bananes vertes
– fromages de chèvre des montagnes, souvent servis avec confiture de papaye
– desserts et confitures à base de goyave, papaye, noix de coco
À Porto Novo, Ribeira Grande ou dans des villages comme Tarrafal de Monte Trigo, on peut visiter des petits alambics où la canne est pressée au trapiche avant distillation sur feu de bois. Certaines confréries locales, comme CONGROGUE, militent pour des standards de qualité, ce qui a conduit à la création d’un label « Grogue Official » destiné notamment au marché européen.
Fogo : vins volcaniques et cuisine plus épicée
Fogo est l’île du café et du vin, cultivés sur les flancs du volcan, notamment dans la caldeira de Chã das Caldeiras. Les sols volcaniques donnent des vins rouges (Chã, Brava) et un blanc rare (Sodad) très recherchés, produits en quantités limitées.
La cuisine de Fogo est réputée un peu plus relevée que sur les autres îles. On y trouve par exemple :
– frango assado com tomates : poulet rôti avec tomates, spécialité locale
– ervilhas assadas : pois cuits longuement
– une version plus épicée de la cachupa
Pour les expatriés amateurs de vin, une excursion à Chã das Caldeiras combine l’ascension du Pico do Fogo, point culminant du pays, avec une dégustation de vins.
Sal, Boa Vista, Maio : cuisine balnéaire et tourisme
Sur les îles très touristiques comme Sal ou Boa Vista, l’offre culinaire se cale en partie sur les attentes des visiteurs : beaucoup de poissons et fruits de mer grillés sur les plages, pizzas, burgers, mais aussi quelques adresses très locales.
À Santa Maria (Sal), l’alignement de restaurants en bord de mer propose :
– atum grelhado (thon grillé)
– lagosta grelhada (homard, souvent 2 500 à 4 000 CVE)
– cavala (maquereau) ou garoupa (mérou) du jour
À Boa Vista, dans des endroits comme Sal Rei ou sur la plage d’Estoril, des bars de plage servent des grillades simples, du poisson frais, des pastéis de thon, parfois accompagnés de musique live.
Sur Maio, la cuisine garde un côté plus intime : petites gargotes de plage, brochettes, poissons grillés, parfois morue et plats inspirés du Portugal, mais avec ce twist créole omniprésent.
Fruits de mer : vivre dans un pays de pêcheurs
Le poisson et les fruits de mer sont au centre de l’alimentation cap-verdienne. Chaque matin, sur de nombreuses plages, on peut voir les pêcheurs remonter leurs barques et vendre directement leur pêche.
Les espèces les plus courantes :
| Produit de la mer | Particularités culinaires |
|---|---|
| Thon (atum) | Nationalement apprécié, en steak grillé, carpaccio ou tartare |
| Cavala (maquereau) | Souvent en caldo de peixe, frit, ou grillé |
| Garoupa (mérou) | Poisson noble, très apprécié en grillade |
| Serra (espadon) | Servi grillé, parfois en ragoût |
| Poulpe (polvo) | En salade, grillé, ou version à lagareiro à l’huile et ail |
| Lulas (calmars) | En friture ou grillés |
| Lapas (moules, patelles) | Crues au citron ou légèrement cuites |
| Búzio cabra (gros bulot / conque) | En ragoût ou salade tiède |
| Percebes | Pouce-pieds, servis bouillis, très iodés |
| Homard (lagosta) | Grillé, parfois en sauce tomate (lagosta suada) |
Les plats type caldo de peixe, arroz de marisco, bafa de polvo ou lagosta grelhada sont fréquents dans les restaurants, avec des prix très raisonnables par rapport à l’Europe : un poisson grillé tourne autour de 600 CVE (environ 5 €), le homard autour de 1 500 à 4 000 CVE selon la saison et le lieu.
Savoir distinguer le poisson local de l’importé
Tout n’est pas local : la morue salée (bacalhau) est importée, tout comme une partie des crevettes et certains produits surgelés. Les Cap-Verdiens eux-mêmes recommandent une question clé au restaurant ou au marché : « És-li é peixe d’terra ? » — littéralement « Est-ce du poisson du pays ? ».
Pour compléter, quelques marqueurs de fraîcheur utiles :
– yeux clairs et brillants
– chair ferme, qui rebondit sous le doigt
– odeur de mer propre, jamais d’ammoniaque
Demander le poisson du jour, cuisiné simplement au grill avec huile, ail et citron, est rarement une mauvaise idée.
Grogue, ponche et autres boissons de caractère
Aucune découverte culinaire du pays ne serait complète sans aborder le grogue, souvent présenté comme « l’or du Cap-Vert ».
Grogue : l’âme distillée du pays
Le grogue est une eau-de-vie de canne à sucre, cousine des rhum agricoles. Distillé artisanalement, il titre en général autour de 40 %, mais peut monter jusqu’à 60 %. La canne à sucre, cultivée surtout à Santo Antão et Santiago, est pressée au trapiche pour en extraire le jus, qui fermente (souvent grâce aux levures naturelles) six à quinze jours avant distillation dans de petits alambics chauffés au feu de bois.
Une grande partie des producteurs sont des micro-distillateurs ruraux, et plus de 80 % de la canne vient de Santo Antão. Historiquement, la production a connu une période d’illégalité avant d’être régulée ; aujourd’hui, une licence est requise et l’usage de sucre raffiné importé est interdit pour préserver l’authenticité.
On distingue : – Le primaire – Le secondaire – Le tertiaire – Le quaternaire
| Type de grogue | Caractéristiques |
|---|---|
| Grogue blanc | Non vieilli, limpide, goût franc et tranchant |
| Grogue vieilli | Vieilli en fûts (parfois ex-vin rouge), plus rond |
| Grogue “médicinal” | Macéré avec herbes (rue, romarin, anis, etc.) |
Refuser un verre offert peut être perçu comme un manque de respect, surtout dans les contextes ruraux ou familiaux. Si l’on n’a pas l’habitude des alcools forts, il est possible de demander un peu d’eau ou de glace pour l’adoucir.
Ponche : la version douce
Le ponche, ou pontche, est la version lissée et sucrée du grogue. Le principe : on prend du grogue, on y ajoute de la mélasse, du sucre, parfois du miel, des agrumes, des épices, des fruits. L’alcool final tourne autour de 20 %, et la boisson se boit bien plus facilement que le grogue sec.
Quelques variantes courantes de l’expression, telles que des synonymes ou des formulations alternatives, peuvent être utilisées pour illustrer la flexibilité de la langue ou pour éviter les répétitions dans un texte.
– ponche traditionnel : grogue, jus de citron vert, mélasse noire
– ponche de coco : lait de coco non sucré, lait concentré sucré, grogue, sucre, eau et parfois noix de coco râpée
– ponche au tamarin, au café, aux herbes, selon l’inspiration de chaque producteur
Le ponche est une boisson servie froide, souvent sur des glaçons. Elle est traditionnellement associée aux célébrations et accompagne volontiers les fêtes, les mariages ainsi que les réveillons de Noël et du Nouvel An.
Bières, vins, cafés et boissons sans alcool
Outre les alcools de canne, le pays propose :
– bière Strela : principale bière locale, brassée sur Santiago depuis 2006, disponible en petites bouteilles ou fûts, exportée jusqu’en Gambie
– vins de Fogo : rouges (Chã, Brava) et un blanc rare, Sodad, issu des vignobles de Chã das Caldeiras
– cafés de Fogo : mélange d’Arabica et de Robusta, réputé pour sa puissance aromatique, souvent servi très fort, en petite tasse
Côté sans alcool, de nombreux jus et infusions :
– bissap (hibiscus), jus de tamarin (tambarina), jus de baobab (calabaceira), smoothies de papaye
– thé aux herbes (ervas), servi notamment avec le cuscuz du petit-déjeuner
Pour ceux qui n’aime pas l’alcool fort, une caipirinha locale préparée avec grogue, sucre et citron vert reste une bonne porte d’entrée, à condition de spécifier si l’on souhaite quelque chose de léger.
Sucreries, desserts et petits en-cas
Même si la cuisine cap-verdienne est plutôt orientée vers le salé, l’archipel a développé toute une palette de douceurs, souvent à base de maïs, manioc, fruits tropicaux et sucre.
Parmi les classiques à connaître :
Le Brésil offre une variété de desserts typiques, tels que le pudim de leite (proche d’un flan, à base d’œufs, lait et sucre caramélisé), le doce de papaya (confiture épaisse de papaye, souvent dégustée avec du fromage de chèvre), le doce de coco (bonbons de coco cuits longuement avec du sucre et du beurre), la goiabada (pâte de goyave servie en tranches avec du fromage), les bolinhos de mandioca com mel (petites boules de manioc sucrées au miel) et les filhoses ou fidjós (beignets de banane, très populaires dans les ateliers culinaires).
Le matin, on mange souvent du cuscuz de milho (gâteau de maïs cuit à la vapeur dans un récipient en terre cuite, le binde), tartiné de beurre ou de confiture, accompagné de café ou de thé. Dans certains villages, ce cuscuz et les fidjós sont l’équivalent du croissant et du pain au chocolat.
Manger au Cap-Vert quand on est expatrié : codes et pratiques
Au-delà des recettes, la façon de manger et de partager la nourriture fait partie intégrante de la culture. Pour s’intégrer, quelques réflexes sont utiles.
À table : ce qui se fait, ce qui ne se fait pas
Les repas sont des moments de convivialité. Il est d’usage :
– d’attendre que tout le monde soit servi, ou que l’hôte commence, avant d’attaquer son assiette
– de remercier à la fin (« Obrigado », « Obrigada », éventuellement « Estava muito bom »)
– d’accepter au moins une petite portion si l’on vous propose de goûter
Dans les maisons, il est courant d’enlever ses chaussures à l’entrée et d’attendre qu’on vous indique votre place. Refuser un plat ou une boisson sans explication peut être perçu comme impoli ; il est préférable de préciser poliment si vous avez une allergie, ne buvez pas d’alcool ou êtes déjà rassasié.
Budget et pourboires
L’un des plaisirs de la vie sur place, c’est le rapport qualité-prix :
| Type de consommation | Fourchette de prix indicative |
|---|---|
| Cachupa au restaurant local | 400 – 800 CVE |
| Poisson grillé | env. 600 CVE |
| Homard au restaurant | 1 500 – 4 000 CVE |
| Bière locale en bar | 200 – 400 CVE (jusqu’à 4 € en bar touristique) |
| Street food (pastel, bafa…) | 50 – 100 CVE la pièce |
| Repas complet (plat + boisson) | 500 – 2 000 CVE selon le lieu |
La norme de pourboire : 5 à 10 % au restaurant pour un bon service. Dans les hôtels, on donne volontiers 100 escudos aux bagagistes ou au personnel de ménage par service.
Faire ses courses : marchés plutôt que grandes surfaces
Les grandes chaînes occidentales n’existent pas sur l’archipel. Les marchés et petits commerces sont donc le cœur de la vie alimentaire. Pour un expatrié, c’est le meilleur terrain d’apprentissage : on y découvre les produits, les saisons, et on y pratique son portugais ou son kriolu.
Quelques marchés de référence :
| Marché | Île / Ville | Spécificités |
|---|---|---|
| Mercado Municipal (Plateau) | Santiago / Praia | L’un des plus grands, fruits, légumes, épices |
| Assomada Market | Santiago / Assomada | Très coloré, particulièrement animé mercredis et samedis |
| Mercado de Mindelo | São Vicente / Mindelo | Bâtiment colonial, produits de Santo Antão, Fogo… |
| Marché de Santa Maria | Sal / Santa Maria | Fort accent sur le poisson et produits tropicaux |
| Marchés de Santo Antão | Santo Antão | Fruits, légumes, remèdes à base de plantes |
| Marché de São Filipe | Fogo / São Filipe | Miel volcanique, café, produits de l’île |
Les vendeurs sont généralement chaleureux, peu agressifs. Le marchandage existe mais dans une tonalité douce ; proposer une légère négociation se fait, mais inutile de pousser à l’extrême.
À noter : compte tenu du climat, une bonne partie des produits (surtout céréales, une partie des légumes) est importée, ce qui explique certains prix élevés, en particulier pour les produits prédécoupés ou très transformés.
Se former : ateliers et cours de cuisine pour aller plus loin
Pour un expatrié, les cours de cuisine sont une formidable porte d’entrée vers la vie locale. Sur plusieurs îles, des familles, des cheffes et des guides proposent des ateliers qui combinent visite de marché, cuisine et repas partagé.
Atelier cuscuz et fidjós au départ de Praia
Sur Santiago, un circuit très apprécié commence par la visite d’une grande plantation de bananes et de cocotiers vers Santa Cruz, avec dégustation d’eau de coco fraîche et de bananes locales. On poursuit vers Orgãos où une famille accueille les participants pour un atelier :
La préparation du cuscuz de maïs dans le *binde* et la confection de fidjós (beignets de banane) sont des exemples de recettes traditionnelles. Ces plats sont souvent dégustés dans une ambiance très conviviale, accompagnés de musique créole, illustrant ainsi le lien fort entre gastronomie et convivialité dans cette culture.
Le retour se fait par une route panoramique entre rochers et vallées. Ce type d’expérience combine découverte agricole, gastronomie et rencontre humaine.
Cours de cuisine créole à Mindelo
À Mindelo, des ateliers privés conduits par des cuisinières comme Catia Sofia Andrade proposent :
– rendez-vous au centre-ville (Rua Lisboa), visite du marché principal et du marché aux poissons
– court trajet en transport public jusqu’au domicile de l’instructrice
– deux heures de cuisine en petit groupe (sans minimum ni maximum rigide)
– préparation d’un repas complet (riz, légumes, poisson ou viande, dessert), adapté aux préférences (végétarien possible)
– déjeuner ou dîner partagé, avec possibilité de repartir avec les recettes
C’est le prix en euros par personne pour des cours très bien notés pour leur authenticité et la qualité de l’échange.
Ateliers sur Santo Antão et Santiago
Sur Santo Antão, des ateliers de quatre heures mêlent traditions ancestrales et techniques modernes, souvent autour des produits phares de l’île (canne, fruits, légumes de montagne). Sur Santiago, des cours plus complets incluent :
– visite de marché (Assomada, Plateau…)
– expliquation des produits locaux
– cuisson sur un foyer traditionnel à trois pierres
– dégustation de jus de canne à sucre à différentes étapes
– repas familial avec musique de funaná ou batuque
Pour un expatrié, ce type d’activité est plus qu’un loisir : c’est un investissement dans sa compréhension du pays.
Adapter son alimentation : végétariens, restrictions et substitutions
La cuisine cap-verdienne est historiquement très centrée sur le maïs, les haricots, les racines et le poisson. Cela donne paradoxalement de bonnes bases pour qui suit un régime végétarien ou doit gérer des restrictions, même si l’offre purement vegan reste encore limitée.
Quelques pistes :
Pour un repas végétarien aux îles du Cap-Vert, demandez une cachupa sans viande (version ‘pauvre’) ou un feijão com grão uniquement aux légumes. Privilégiez les plats de base comme le djagacida, le feijão congo ou le feijão verde en demandant à retirer la charcuterie. Comptez sur l’abondance de fruits frais (mangues, papayes, bananes, goyaves) et de racines (manioc, patate douce, igname) disponibles localement.
Les cours de cuisine sérieux tiennent compte des allergies et restrictions (gluten, lactose, fruits de mer, etc.) si on les signale à l’avance. De plus en plus d’initiatives, y compris dans la diaspora, (par exemple des restaurants 100 % végétaux en Nouvelle-Angleterre), montrent que les recettes traditionnelles se prêtent bien aux adaptations.
Le Cap-Vert mise de plus en plus sur le tourisme, et l’offre culinaire s’est adaptée. Dans les zones très fréquentées, il est facile de ne voir que les versions « pour touristes » de la cuisine locale : menus multilingues, plats internationaux, cachupa revisitée façon bistronomie.
Pour garder un pied dans l’authenticité sans se couper du confort :
Pour découvrir la véritable cuisine locale, alternez entre les restaurants de plage et les *restaurantes típicos* fréquentés par les habitants. Observez les marchés pour identifier les produits de saison, qui se retrouveront naturellement dans les plats. N’hésitez pas à poser des questions simples aux serveurs, comme « Est-ce une recette de votre famille ? » ou « Est-ce du poisson d’ici ? », pour en apprendre davantage sur l’origine et l’authenticité des plats.
De nombreuses politiques publiques encouragent d’ailleurs les structures touristiques à rester entre des mains locales, justement pour éviter une uniformisation de l’offre. En tant qu’expatrié, choisir ces adresses contribue à soutenir une économie culinaire vivante.
La gastronomie, clé d’entrée dans la société cap-verdienne
En toile de fond, il faut garder en tête que le Cap-Vert est un pays qui a connu famines, migrations massives (il y a plus de Cap-Verdiens à l’étranger que sur place) et dépendance alimentaire extrême. Le fait de partager la nourriture, d’inviter spontanément un voisin ou un inconnu à goûter un plat, n’est pas un folklore ; c’est une stratégie de survie devenue valeur culturelle.
Pour un expatrié, cela signifie que : il doit s’adapter à une nouvelle culture, comprendre les différences et se familiariser avec un nouvel environnement. Cela peut inclure des défis sur le plan personnel et professionnel, ainsi que la nécessité de constituer un nouveau réseau social.
Accepter les invitations, même pour un café ou un simple morceau de cuscuz, est un geste de respect. Cuisiner soi-même des recettes locales, puis en offrir une portion aux voisins, est une manière très directe d’être adopté. Enfin, un enthousiasme sincère pour un plat, une confiture ou un grogue maison nourrit souvent des discussions passionnantes sur l’histoire familiale, l’île d’origine ou la vie dans la diaspora.
Au Cap-Vert, la gastronomie locale n’est pas qu’un décor plaisant pour touristes. C’est une langue à part entière. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut l’apprendre en mangeant.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Cap-Vert pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité relativement modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie sensiblement inférieur à la France et un environnement politique stable, avec une ouverture aux investisseurs étrangers (immobilier, tourisme, services). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour avec achat de résidence principale, coordination avec CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, intermédiaires francophones) et intégration patrimoniale globale. Ce type d’accompagnement permet de capter les économies fiscales potentielles tout en maîtrisant les risques (double imposition via convention, contrôles français, adaptation culturelle et insularité).
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