Soleil permanent, ambiance « no stress », archipel volcanique posé au large de l’Afrique de l’Ouest… Le Cap-Vert fait rêver de plus en plus d’expatriés, retraités et télétravailleurs. Mais derrière les plages et les villages colorés se cache une question très concrète : combien coûte vraiment la vie au Cap-Vert, et à quelles conditions un expatrié peut-il y vivre confortablement ?
Ce nombre correspond aux principales îles du Cap-Vert pour lesquelles des données sur le coût de la vie sont analysées : Sal, Boa Vista, São Vicente, Santiago, Santo Antão et Fogo, avec Praia comme capitale.
Comprendre le niveau général des prix
Avant d’entrer dans les détails, il faut situer le Cap-Vert par rapport aux autres pays où s’installent souvent les expatriés.
En moyenne, le coût de la vie pour une personne seule est estimé autour de 973 $ par mois logement compris, et environ 2 100 $ pour une famille de quatre personnes. Hors loyer, on tourne autour de 489 $ pour une personne seule et 1 389 $ pour une famille de quatre.
En comparaison internationale, plusieurs indicateurs donnent une bonne idée de l’échelle des prix.
| Indicateur | Valeur approximative |
|---|---|
| Rang mondial coût de la vie | 98ᵉ sur 197 pays |
| Coût vs. moyenne mondiale | ~1,17 fois moins cher que la moyenne mondiale |
| Écart vs États-Unis (hors loyer) | –37,6 % |
| Écart vs États-Unis (avec loyer) | –51,4 % |
| Loyer vs États-Unis | –79,3 % |
| Écart vs Portugal (avec loyer) | Portugal ~33 % plus cher |
| Écart vs France (avec loyer) | France ~46 % plus chère |
Autrement dit, le Cap-Vert est globalement moins cher que l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord, surtout à cause de loyers très inférieurs. Mais ce tableau flatteur cache deux réalités essentielles pour les expatriés :
Le salaire net moyen est faible, entre 211 et 400 $ par mois, ce qui est souvent insuffisant face au coût de la vie réel. De plus, les conditions de vie varient considérablement d’une île à l’autre, avec un contraste marqué entre les centres touristiques comme Santa Maria (Sal) ou Sal Rei (Boa Vista) et les villes à la vie plus locale comme Praia, Mindelo ou Santo Antão.
Pour un expatrié vivant de revenus étrangers (pension, salaire à distance, épargne ou entreprise), le Cap-Vert peut être abordable voire avantageux. Pour quelqu’un qui compte sur un salaire local, c’est une autre histoire.
Praia, la capitale, comme référence de calcul
Praia, sur l’île de Santiago, sert souvent de base de comparaison. La ville compte environ 150 000 habitants, un climat chaud et sec toute l’année, et concentre institutions, services, université, hôpitaux, ainsi qu’une partie des emplois tertiaires.
D’après les données agrégées, un expatrié à Praia peut s’attendre aux ordres de grandeur suivants pour son budget, couvrant des postes de dépenses comme le logement, la nourriture et les transports.
| Profil | Coût mensuel estimé (avec loyer) |
|---|---|
| Personne seule | ~835 à 1 466 $ |
| Couple | ~2 111 $ |
| Famille de quatre personnes | ~1 897 à 3 026 $ |
| Nomade digital | ~1 881 $ |
| Expatrié (profil moyen) | ~1 173 $ |
| Local (profil moyen) | ~686 $ |
Ces fourchettes reflètent deux styles de vie : un mode « budget » à partir d’environ 745 $ par mois logement compris pour une personne seule, et un niveau « confortable / haut de gamme » qui peut grimper vers 3 000 $ ou plus.
Loyer et logement : la grande variable de l’équation
Le poste logement est celui qui crée les plus gros écarts entre les profils, mais aussi entre les îles.
Praia et les grandes villes « locales »
À Praia, les loyers restent modestes comparés à l’Europe ou à l’Amérique du Nord, surtout si l’on reste dans des quartiers moyennement centraux et que l’on accepte un confort local.
Les chiffres moyens donnent ceci pour la capitale :
| Type de logement (Praia) | Loyer mensuel moyen (approx.) |
|---|---|
| Studio / T1 40 m² centre-ville | ~419 $ (30 000–60 000 CVE) |
| Studio / T1 40 m² hors centre | ~295 $ |
| T3 80–85 m² centre-ville | ~758 $ (35 000–110 000 CVE) |
| T3 80–85 m² hors centre | ~463 $ |
| 85 m² meublé en zone chère (Praia ou équivalent) | ~96 631 CVE |
| 85 m² meublé en zone « normale » | ~69 119 CVE |
Dans d’autres villes dites plus « locales » :
Aperçu des fourchettes de loyers pour des appartements ou maisons dans différentes villes et îles du Cap-Vert.
Un T1 en centre-ville coûte environ 300–450 $ par mois. En périphérie, les prix sont autour de 200–300 $.
Les loyers sur l’île de Fogo se situent généralement entre 250 et 400 € par mois.
Sur cette île, les loyers peuvent être plus abordables, entre 150 et 300 € mensuels.
Des maisons non meublées sont parfois disponibles à la location pour 170–220 € par mois.
Sur ce type d’îles, un expatrié qui adopte une vie locale, en louant unfurnished (non meublé) et en s’équipant progressivement, peut considérablement réduire ses dépenses.
Îles touristiques : Sal et Boa Vista
Sur les îles balnéaires, fréquentées par les tours opérateurs européens, les loyers changent de catégorie, d’autant plus si l’on exige des standards « européens » ou un confort de type résidence avec piscine.
Sur Sal (Santa Maria) et Boa Vista (Sal Rei), les moyennes observées sont de cet ordre :
| Île / zone | Loyer mensuel T1 typique |
|---|---|
| Santa Maria (Sal) | 500–1 000 € (studio ou T1 bien placé) |
| Sal Rei (Boa Vista) | 350–600 € |
| Appart. standard touristique (Sal/Boa Vista) | 500–1 500 € selon standing |
| Semi-meublé chez particulier | à partir de 300 € |
À ces niveaux de prix, un couple ou une famille qui choisit un logement type « résidence touristique » peut facilement dépasser un budget global de 1 500 à 2 000 $ par mois, même sans extravagances.
Achat immobilier et rendement pour un investisseur
Pour ceux qui envisagent l’achat plutôt que la location, les prix d’acquisition restent très inférieurs à ceux de nombreuses destinations européennes.
Les prix moyens par mètre carré se situent autour de :
| Localisation | Prix moyen d’achat (par m²) |
|---|---|
| Appartement centre-ville (Praia) | ~1 148–1 154 $ |
| Maison / appartement en banlieue | ~939–941 $ |
Pour un investisseur, ces niveaux sont intéressants, d’autant que le Cap-Vert propose un programme de résidence par investissement (« Green Card ») à partir de 80 000 € ou 120 000 € selon la zone (en dessous ou au-dessus du PIB/habitant moyen). Mais il faut garder en tête les coûts élevés d’énergie et d’eau, surtout dans les zones touristiques alimentées par dessalinisateurs privés.
Charges et services : l’électricité, poste sensible
L’électricité est l’un des coûts les plus élevés du pays, ce qui surprend souvent les nouveaux arrivants. Le prix au kWh avoisine régulièrement 0,30–0,40 $, avec des tarifs résidentiels officiels autour de 17 CVE/kWh au-delà de 40 kWh mensuels. Pour un expatrié habitué à la climatisation ou aux appareils énergivores, l’addition grimpe vite.
Données typiques :
| Poste de dépense (mensuel) | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Électricité + eau + ordures, appart. 85 m² | 100–150 $ (≈ 6 000–20 000 CVE) |
| Facture « utilités » pour 85 m² (moyenne) | ~12 939 CVE |
| Utilités pour petit studio (≈45 m²) | ~13 471 CVE |
| Internet illimité 50–60 Mbps | ~45–70 $ (≈ 5 000–6 250 CVE) |
| Forfait mobile avec appels + ≥10 Go | 2 300–2 700 CVE (~24–100 $) |
Plusieurs opérateurs (CV Móvel, Unitel T+) et des fournisseurs comme Alou proposent des offres Internet fixe. Dans les grandes villes, on trouve des packages triple play (Internet + téléphone + TV) entre 40 et 80 € par mois, et des offres fibre (40–100 Mbps) pour 40–60 €.
Budget mensuel réaliste pour les charges courantes d’un ménage expatrié habitué au confort, pouvant dépasser 200 € avec une climatisation régulière.
Manger au Cap-Vert : bon marché… si l’on mange local
Le poste alimentation est plus nuancé. Deux facteurs pèsent lourdement :
1. Le pays importe une grande partie de ce qu’il consomme. 2. Certaines îles (Sal, Boa Vista) quasi-désertiques dépendent presque totalement des cargaisons arrivant par bateau.
En pratique, la clé pour maîtriser son budget nourriture consiste à distinguer produits locaux et produits importés.
Prix de quelques produits du quotidien
Les données agrégées donnent un panier de base assez représentatif :
| Produit (supermarché) | Prix approximatif |
|---|---|
| 1 L de lait entier | 136 CVE (~1,39 $) |
| Pain blanc 0,5 kg | 155–172 CVE (~1,52 $) |
| 1 kg de riz | ~161–205 CVE (~2,05 $) |
| 12 œufs | ~226–238 CVE (~2,46 $) |
| 1 kg de poulet (filets) | ~749 CVE (~9,15 $) |
| 1 kg de bœuf (rumsteck) | ~1 801 CVE (~17,4 $) |
| 1 kg de pommes | ~286 CVE (~3,92 $) |
| 1 kg de bananes | ~2,79 $ |
| 1 kg de tomates | ~4,14 $ |
| 1,5 L d’eau en bouteille | ~111 CVE (~0,89 $) |
| Bière locale 0,5 L (supermarché) | ~182 CVE (~1,81–2,5 $) |
| Bouteille de vin moyen de gamme | ~800–1 195 CVE (~9,14 $) |
Sur le long terme, un couple qui cuisine la majorité de ses repas peut tabler sur 200 à 400 $ de courses mensuelles, avec un budget plus bas sur les îles agricoles (Santiago, Santo Antão, Fogo, São Nicolau) et plus élevé sur Sal ou Boa Vista.
Les prix des fruits et légumes locaux baissent considérablement pendant leur saison de récolte. Sur les îles comme Santo Antão, Fogo ou dans l’intérieur de Santiago, les marchés regorgent de produits frais à des prix très attractifs. En revanche, sur les îles de Sal ou Boa Vista, les produits comme le lait, les yaourts, les légumes et les fruits (à l’exception du poisson) sont souvent presque aussi chers, voire plus, qu’en Europe.
Manger dehors : du « prato do dia » aux restaurants touristiques
Côté restaurants, les écarts sont tout aussi marqués entre cuisine locale et établissements touristiques.
Quelques repères :
| Type de repas | Prix typique |
|---|---|
| Repas dans un petit restaurant local | ~500 CVE (5–7 $) par personne |
| Menu midi simple (quartier d’affaires) | ~696 CVE (~6,7 $) |
| Menu McDonald’s ou fast-food équivalent | ~450–650 CVE (5,5–6 $) |
| Dîner pour deux dans resto moyen de gamme | ~5 000 CVE (35–45 $) |
| Bière pression locale (0,5 L, bar) | ~280–330 CVE (2–2,5 $) |
| Cappuccino | ~199 CVE (1,5–1,8 $) |
Dans les zones très touristiques (Santa Maria, Sal Rei), un plat principal dans un restaurant « pour touristes » grimpe facilement à 15–20 € l’assiette, quand le « prato do dia » dans un boui-boui local reste à 4–6 €.
Un expatrié qui cuisine chez lui, fréquente les marchés locaux et réserve les restaurants touristiques aux occasions spéciales peut garder une facture mensuelle nourriture très raisonnable. En revanche, une famille qui veut retrouver son régime alimentaire européen, à base de produits importés, verra son budget exploser.
Se déplacer : transports bon marché, carburant cher
L’archipel étant dispersé, la mobilité a un coût. Il faut distinguer les déplacements au quotidien sur une île et les trajets inter-îles.
Dans les villes et sur les îles
Sur une base quotidienne, les transports publics et partagés restent bon marché.
| Moyen de transport (local) | Coût indicatif |
|---|---|
| Ticket de bus urbain (Praia/Santiago) | ~44–100 CVE (0,7–1 $) |
| Abonnement mensuel transport | ~2 685–2 752 CVE (~29–30 $) |
| Trajet en taxi (en ville, journée) | ~100–250 CVE selon distance |
| Départ compteur taxi (tarif officiel) | 80–150 CVE, mais souvent négocié |
| Trajet 8 km en taxi | ~13 $ |
| Aluguer (minibus partagé, trajet long) | Quelques € (1–5 € selon distance) |
| Essence, 1 litre | ~145 CVE (~1,5–1,6 $) |
Les « alugueres » – minibus ou pick-up partagés – constituent la colonne vertébrale des transports sur les îles : peu chers, ils relient villes, villages et plages. Ils partent généralement quand ils sont pleins, ce qui exige un peu de patience, mais le coût reste imbattable.
L’essence, en revanche, est chère : environ 1,5–1,6 $ le litre, soit plus que dans de nombreux pays européens ou nord-américains. Louer une voiture à la journée tourne autour de 50–70 € selon l’île et le type de véhicule (4×4 recommandé sur certaines îles comme Boa Vista, Santo Antão ou certaines parties de São Nicolau).
Voyages inter-îles
Pour changer d’île, deux options principales : l’avion ou le ferry.
Les vols domestiques au Cap-Vert, opérés par des compagnies comme BestFly Cabo Verde, coûtent environ 50 € par trajet simple. Cependant, les prix augmentent significativement pour les voyages multi-destinations ou en haute saison. Un pass aérien est disponible pour les passagers arrivant avec la compagnie nationale, mais les économies réalisées sont limitées.
Les ferries, eux, sont moins chers mais plus lents et sujets aux retards, surtout en saison de vent et de houle. Un aller-retour São Vicente – Santo Antão coûte environ 30 €. Certains trajets de nuit entre îles plus éloignées ne sont assurés que quelques fois par semaine.
Pour un expatrié qui ne change pas d’île tous les quatre matins, cette ligne budgétaire reste modeste, mais elle pèse pour les nomades digitaux qui veulent « island-hop » régulièrement.
Santé : des soins abordables mais à compléter par une assurance
Le système de santé cap-verdien mélange structures publiques et cliniques privées. Les indicateurs globaux sont plutôt bons (espérance de vie autour de 75–76 ans, faible mortalité infantile par rapport à la région), mais l’offre reste limitée et inégale selon les îles.
Coût des soins courants
Pour des actes médicaux simples, les tarifs restent relativement modestes, en particulier dans le secteur privé qui attire la majorité des expatriés.
| Prestation | Prix approximatif |
|---|---|
| Consultation privée courte | ~2 528 CVE (25–30 €) |
| Visite chez un médecin généraliste | ~25–28 $ |
| Boîte d’antibiotiques | ~1 038 CVE |
| Médicament pour rhume (1 semaine) | ~335 CVE (~3,4 $) |
| Coupe de cheveux simple homme | ~250 CVE (~2,5 $) |
Les médicaments de base sont disponibles dans la plupart des pharmacies, mais pour des traitements chroniques ou spécifiques, il est recommandé d’arriver avec ses prescriptions et une réserve suffisante, car les ruptures de stock ne sont pas rares.
Assurance santé : un poste à ne pas négliger
Le vrai coût pour un expatrié ne se situe pas tant dans la consultation quotidienne que dans la couverture du risque grave : hospitalisation, chirurgie, évacuation sanitaire vers le Portugal ou les Canaries.
Estimation du coût mensuel moyen d’une assurance santé internationale pour un adulte, selon l’âge, les garanties et les franchises.
Compte tenu du fait qu’une évacuation médicale peut coûter entre 15 000 et 30 000 €, ce budget mensuel est difficilement compressible si l’on veut vivre sereinement sur le long terme.
Éducation et frais de scolarité pour les familles
Pour les familles expatriées, la question de l’école change complètement la donne du coût de la vie.
Le système public, en portugais, est gratuit pour le primaire (6–12 ans), mais implique de scolariser les enfants dans la langue locale, avec des ressources parfois limitées selon les îles. De nombreux expatriés préfèrent donc l’école privée.
Les grandes masses de coûts sont les suivantes :
| Type d’établissement | Coût moyen |
|---|---|
| Crèche / maternelle privée (par mois) | ~10 000–20 000 CVE (79–146 $) |
| École internationale primaire (par an) | ~108 000–500 000 CVE (≈3 000 $) |
| École privée locale (enseignement portugais) | ~200 $ par mois environ |
Les écoles internationales sont rares et pour la plupart francophones (comme l’École Internationale Les Alizés à Praia ou l’EIS à Murdeira sur Sal). Il n’existe pas encore de véritable école internationale anglophone couvrant tout le primaire et le secondaire avec un cursus complet.
Face à cette offre limitée, de nombreux expatriés se tournent vers : les alternatives disponibles.
– la scolarisation à distance (CNED ou autres programmes),
– le homeschooling, qui n’est pas réellement encadré par la loi mais toléré pour les étrangers.
Pour un couple avec deux enfants en école internationale, la facture annuelle peut facilement dépasser 6 000–10 000 €, ce qui modifie radicalement l’attrait financier du pays.
Style de vie, loisirs et dépenses « invisibles »
Au-delà des postes structurants (logement, alimentation, transport, santé, école), une série de coûts plus discrets finissent par peser dans le budget d’un expatrié.
Les chiffres disponibles donnent, par exemple :
| Poste de dépense | Coût approximatif |
|---|---|
| Abonnement salle de sport (mois) | ~2 500–3 000 CVE (26–50 $) |
| Place de cinéma | ~500–600 CVE (~5–6 $) |
| Cocktail dans un bar / club | ~670 CVE (~6–7 $) |
| Dîner simple pour deux dans un pub | ~2 436 CVE |
| Paquet de Marlboro | ~268–500 CVE (4–4,5 $) |
| Pair de jeans de marque | ~60 $ |
| Baskets de marque | ~72–80 $ |
Les activités de plein air – plage, randonnée, baignade, exploration des villages – restent généralement gratuites. Mais toutes les activités organisées (sorties en bateau, plongée, excursions) sont facturées à des tarifs clairement pensés pour les touristes européens :
– randonnée guidée : 15–30 € par jour,
– excursion en bateau demi-journée : 40–80 €,
– plongée bouteille : 60–100 € la sortie,
– snorkeling : 20–40 €.
Pour un expatrié, le budget loisirs peut varier considérablement. Adopter un mode de vie de « touriste permanent » (activités touristiques fréquentes) entraîne une multiplication rapide des dépenses. En revanche, adopter les habitudes locales (comme aller à la plage, se balader, profiter de musique live dans les bars ou participer aux fêtes de quartier) permet de dépenser beaucoup moins.
Différences massives entre îles : choisir son implantation
Un des pièges fréquents pour les nouveaux arrivants est de considérer le coût de la vie comme homogène d’une île à l’autre. Or la réalité est tout l’inverse : l’archipel fonctionne quasiment comme plusieurs pays distincts sur le plan budgétaire.
Quatre profils d’îles, quatre budgets
On peut grossièrement distinguer quatre catégories :
1. Îles touristiques balnéaires (Sal, Boa Vista) Prix de l’immobilier, des courses et des restaurants tirés vers le haut par les complexes hôteliers et les résidents saisonniers. Le recours massif à la désalinisation rend l’eau et l’électricité particulièrement coûteuses. Les produits importés (presque tout, à part le poisson) sont au prix européen, voire plus.
– Budget mensuel « confortable » pour un expat seul : 1 500–2 000 $.
– Budget pour un couple avec logement de bon standing : souvent > 2 000 $.
Les îles de Santiago, São Vicente et Fogo offrent un équilibre entre vie locale et tourisme. L’offre de produits locaux y est plus importante, notamment à Santiago et Fogo, permettant de réduire significativement le budget alimentaire. Les loyers y sont également bien inférieurs à ceux des îles plus touristiques comme Sal ou Boa Vista.
– Budget confortable pour une personne seule à Praia ou Mindelo : 1 000–1 500 $.
– Budget pour une famille de quatre : souvent 1 900–3 000 $ selon école, logement, loisirs.
3. Îles très locales et agricoles (Santo Antão, São Nicolau, parfois Maio) Rares expatriés permanents, très peu de tourisme de masse, coût du logement extrêmement bas, abondance de produits agricoles locaux. En contrepartie, choix limité de restaurants, d’activités payantes, d’écoles internationales et d’infrastructures de santé avancées.
– Budget possible pour un mode de vie frugal : 600–900 $ par mois pour une personne seule.
– Budget confortable pour un couple : 800–1 200 €.
Les îles dites « hybrides » comme Fogo et certaines parties de Santiago connaissent un développement mixte. Elles combinent une activité agricole traditionnelle avec l’émergence du tourisme et l’implantation de projets innovants comme des espaces de coworking ou de coliving. Cette diversification économique s’accompagne de coûts de vie intermédiaires et d’une montée progressive des prix dans certains secteurs, illustrant une transition économique.
Internet et télétravail : un coût à intégrer
Pour les nomades digitaux, l’accès Internet est un poste stratégique. Globalement :
– La vitesse moyenne à Praia tourne autour de 12–17 Mbps, avec des pointes bien supérieures sur certains spots fibre.
– Des espaces de coworking existent à Praia (Prime Coworking, Workin’ CV), Mindelo (Prime, packs coworking à l’hôtel Don Paco), Sal (GoHub), Boa Vista (GoHub Sal Rei) et Fogo (GoHub Fogo Innovation Lab).
– Les abonnements coworking se situent autour de 100–150 € par mois pour un hot desk, jusqu’à 190–250 € pour un poste premium sur les îles touristiques.
Sur les îles plus reculées comme São Nicolau ou certaines zones de Santo Antão, les expatriés misent désormais beaucoup sur Starlink, malgré un coût d’installation autour de 373 $ et un abonnement d’environ 48 $ par mois, ce qui s’ajoute au budget Internet classique.
Pouvoir d’achat local vs revenus étrangers
Un aspect essentiel pour comprendre le coût de la vie au Cap-Vert est l’écart entre salaires locaux et dépenses moyennes.
Les chiffres se recoupent : un salaire net moyen mensuel se situe autour de 211 à 400 $, quand le coût de la vie pour une personne seule avec loyer dépasse sans difficulté les 900 $. Les dépenses mensuelles représentent ainsi environ 4,6 fois le salaire moyen.
Pour un expatrié vivant d’un revenu étranger (salaire à distance, pension, dividendes, etc.), les écarts de coût de la vie et de taux de change peuvent se traduire par un pouvoir d’achat important. La condition principale est d’accepter de s’adapter au niveau de vie local et de gérer son budget en conséquence de ces différences économiques.
– consommer une part significative de produits locaux,
– vivre dans des quartiers « mixtes » plutôt que dans les bulles touristiques,
– ajuster ses attentes en matière de confort et de services.
Pour un salarié étranger payé au niveau cap-verdien, en revanche, le budget est beaucoup plus serré et laisse peu de marge pour les extras (voyages inter-îles, loisirs payants, école privée, etc.).
Estimer un budget réaliste selon son profil
En rassemblant l’ensemble de ces données, on peut dessiner quelques scénarios types, en restant sur des ordres de grandeur.
Personne seule à Praia, profil « expat standard »
En imaginant un T1 correct dans un quartier moyen, des courses en partie locales, quelques sorties et un abonnement Internet :
– Loyer + charges : 450–600 $
– Nourriture (courses + quelques restos) : 250–350 $
– Transport local (bus, taxis) : 30–60 $
– Internet + mobile : 50–80 $
– Loisirs, vêtements, divers : 100–200 $
– Assurance santé internationale : 100–150 €
On obtient un budget global dans une fourchette 1 000–1 500 $, avec une composante en euros pour l’assurance santé.
Couple télétravailleur à Mindelo ou Praia
En partageant certaines dépenses, l’économie d’échelle est réelle :
– Loyer T2/T3 : 500–800 $
– Charges : 120–180 $
– Nourriture : 350–500 $
– Transport : 40–80 $
– Internet fixe + 2 mobiles : 70–120 $
– Loisirs, restaurants, sorties : 150–300 $
– Assurances santé (2 adultes) : 200–300 €
Budget mensuel global estimé, en dollars, pour un niveau de confort déjà très correct.
Famille de quatre à Praia avec école internationale
C’est le scénario le plus coûteux :
– Logement T3 confortable : 700–900 $
– Charges : 150–200 $
– Nourriture : 500–700 $
– Transport (bus, taxis, éventuellement petite voiture) : 80–150 $
– Internet, mobiles : 80–120 $
– Loisirs (enfants inclus) : 150–250 $
– Scolarité internationale (2 enfants) : ~6 000–10 000 € par an (soit 500–800 € par mois et par enfant en moyenne)
– Assurances santé pour toute la famille : 300–500 € par mois selon les contrats
Résultat : même en vivant « local » sur le reste, le budget total peut dépasser facilement 3 000–3 500 € par mois dès lors que l’on ajoute deux écoles internationales et une vraie couverture santé.
Une vie moins chère… si l’on accepte de vivre vraiment local
Pour un expatrié prêt à adopter la culture cap-verdienne – manger local, fréquenter les marchés, vivre dans un quartier mixte, utiliser les « alugueres », oublier certains produits importés et accepter une offre de consommation plus restreinte –, le Cap-Vert peut offrir un excellent rapport qualité de vie / coût de la vie, surtout en comparaison avec le Portugal ou la France.
Reproduire à l’identique un mode de vie européen à Maurice, avec logement haut de gamme, produits importés, école internationale et voyages fréquents, peut s’avérer aussi coûteux que dans de nombreuses destinations méditerranéennes, voire plus.
La clé, au fond, tient en trois questions simples que tout candidat à l’expatriation devrait se poser :
– Sur quelle île suis-je prêt à vivre, et dans quel type de quartier ?
– Jusqu’où suis-je disposé à « localiser » mon quotidien (alimentation, transport, loisirs) ?
– Quel budget mensuel suis-je prêt à consacrer à la santé et à l’éducation, si j’ai des enfants ?
Les réponses à ces questions feront la différence entre un Cap-Vert abordable, voire très économique, et un Cap-Vert aussi cher qu’une station balnéaire européenne – avec, il est vrai, bien plus de soleil et beaucoup moins de stress.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour son cadre fiscal avantageux pour les retraités étrangers, son coût de vie nettement inférieur à la France, son environnement stable et son ancrage avec l’Europe (accords avec l’UE, liaisons aériennes régulières). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, coordination couverture santé (France/Cap-Vert), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocats, spécialistes immigration, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), pour profiter des opportunités tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux, double imposition, adaptation culturelle).
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