Entre ciel bleu quasi permanent, îles volcaniques, musique omniprésente et coût de la vie encore abordable, le Cap-Vert attire de plus en plus de retraités, de télétravailleurs, d’investisseurs et de familles en quête d’un quotidien plus doux. Mais derrière l’image de carte postale se cachent aussi une administration lente, un système de santé limité et des choix d’îles très structurants pour la qualité de vie.
Ce guide pratique couvre les aspects essentiels pour une installation durable au Cap-Vert, incluant le climat, les différentes îles, les formalités de visa, le logement, le système de santé, les écoles, la sécurité, les opportunités de travail, les investissements immobiliers et une estimation du coût de la vie.
Comprendre le Cap-Vert : archipel, culture et climat
Le Cap-Vert est un archipel de dix îles principales (neuf habitées) et quelques îlots, situé à environ 600 à 700 kilomètres au large du Sénégal et de la Mauritanie, dans l’Atlantique. La capitale, Praia, se trouve sur l’île de Santiago, centre politique et économique du pays. La population tourne autour de 525 000 à 600 000 habitants, majoritairement d’origine créole, et l’État est réputé pour sa stabilité politique, rare en Afrique de l’Ouest.
La langue officielle est le portugais, utilisée dans l’administration, la justice, l’enseignement et les médias. Dans la vie quotidienne, le créole capverdien (Kriolu) est majoritairement parlé, avec des variantes selon les îles. L’anglais est peu répandu (environ 8% de locuteurs), bien que le personnel des hôtels des îles de Sal et Boa Vista parle souvent plusieurs langues. Pour s’intégrer, travailler, gérer sa santé et ses démarches administratives, il est préférable de pouvoir se débrouiller en portugais.
Le climat est l’un des atouts majeurs du pays : tropical sec, avec une température annuelle oscillant globalement entre 21 °C et 30 °C et plus de 4 000 heures de soleil par an. L’année se découpe entre une longue saison sèche et une courte saison des pluies.
On peut résumer les saisons ainsi :
| Période approximative | Saison | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Novembre – juin | Saison sèche | Très peu de pluie, ciel dégagé, idéal pour randos et télétravail |
| Juillet – octobre | Saison des pluies | Pluies irrégulières, parfois intenses, chaleur plus lourde |
| Déc.–février | Harmattan possible | Brume sèche venant du Sahara, poussières, visibilité réduite |
Les alizés de nord-est soufflent surtout de novembre à mai et rafraîchissent l’air, ce qui explique le succès des sports de glisse (windsurf, kitesurf) sur les îles plates comme Sal et Boa Vista. La mer reste baignable toute l’année, avec une eau entre environ 21 °C et 28 °C.
La culture capverdienne, riche d’influences africaines, portugaises et caribéennes, se caractérise par l’importance de la musique, de la famille et d’une hospitalité proverbiale (la ‘morabeza’). En contrepartie, le rythme de vie y est très lent, ce qui peut allonger considérablement le temps nécessaire pour les démarches administratives ou la conclusion des accords.
Choisir son île : où vivre au Cap-Vert en tant qu’expatrié ?
Toutes les îles n’offrent pas les mêmes infrastructures ni le même style de vie. Le choix de l’île est probablement la décision la plus importante de votre projet d’installation.
Santiago : pour ceux qui veulent l’urbanité et l’administration
Santiago est l’île la plus peuplée et la plus vaste. Praia concentre les ministères, les grandes administrations, une partie des opportunités d’emploi formel, l’université publique et les meilleurs hôpitaux publics. L’offre de commerces, de services et de transports y est la plus dense.
L’île mélange plages, zones semi-désertiques et montagnes verdoyantes à l’intérieur, avec des villages traditionnels et des sites historiques comme Cidade Velha, ancienne capitale coloniale classée à l’UNESCO. Pour un expatrié qui veut à la fois un accès à l’administration, des écoles et une vie relativement urbaine, Santiago, et plus particulièrement Praia, est un choix logique.
Sal : la vitrine balnéaire et touristique
Sal est l’île la plus touristique, spécialisée dans le “soleil et plage” avec de longues étendues de sable blanc, comme Santa Maria Beach, et de très bonnes conditions pour le kitesurf et la plongée. La vie quotidienne se concentre autour de Santa Maria et Espargos.
Les expatriés bénéficient de supermarchés convenables, de services touristiques, d’espaces de coworking et d’une large communauté étrangère. Cependant, la dépendance aux importations rend la vie plus chère qu’aux îles agricoles comme Santiago ou Santo Antão.
Boa Vista : calme, dunes et plages infinies
Surnommée parfois “l’île cosy”, Boa Vista est prisée pour son ambiance paisible et ses plages spectaculaires, idéales pour la farniente, le kitesurf, la plongée ou l’observation des tortues marines (juin–octobre). La petite ville de Sal Rei regroupe la plupart des services de base.
L’infrastructure y est plus limitée qu’à Sal ou Santiago, mais suffisante pour une vie simple centrée sur la mer. C’est une bonne option pour les retraités ou télétravailleurs qui acceptent un environnement plus isolé.
São Vicente (Mindelo) : capitale culturelle et vie nocturne
Mindelo, sur l’île de São Vicente, est considérée comme la capitale culturelle du pays. Son centre historique compact se parcourt à pied, avec bars, restaurants, musique live, marina et ambiance cosmopolite. Carnival et le festival de musique de Baía das Gatas y attirent du monde.
Pour les expatriés recherchant une vie urbaine plus intimiste que Praia, Mindelo offre un bon compromis avec une scène artistique dynamique et des liaisons en ferry vers Santo Antão. La ville dispose également de l’un des hôpitaux les mieux équipés du pays.
Santo Antão : paradis des randonneurs et vie rurale
Santo Antão est l’île des canyons, vallées vertes et sentiers escarpés. C’est un paradis pour les randonneurs, avec un climat plus humide en altitude et une agriculture plus présente que sur les îles plates. L’ambiance y est extrêmement tranquille, les services plus rudimentaires, et il n’y a pas d’aéroport – l’accès se fait en ferry depuis São Vicente.
Pour une installation long terme, il faut accepter la simplicité des infrastructures (santé, éducation, commerces) et l’isolement relatif, mais en échange on gagne en authenticité et en nature.
Fogo, Maio, São Nicolau, Brava : îles de niche
Fogo offre des paysages volcaniques spectaculaires autour du Pico de Fogo (2 829 m), des villages dans le cratère et une tradition viticole. São Filipe, sa principale ville, garde un charme colonial. C’est une destination séduisante pour ceux qui aiment la montagne et les ambiances rurales.
Maio et São Nicolau sont les deux îles du Cap-Vert offrant un mode de vie très lent et les coûts de logement les plus bas de l’archipel.
Brava, petite et isolée, n’a pas d’aéroport. Comme Santo Antão, cela pose des limites importantes en cas d’urgence médicale. Elle conserve toutefois une identité forte et un grand calme pour ceux qui s’y installent.
Pour un repérage sérieux, il est judicieux de louer un logement meublé pour un à trois mois sur une ou deux îles ciblées afin de tester au quotidien le climat local, l’internet, les transports, les prix et l’ambiance sociale.
Visas, résidence et télétravail : comprendre les options
Le Cap-Vert offre plusieurs types de visas adaptés aux profils variés : touristes longue durée, retraités, investisseurs, salariés, télétravailleurs.
Entrée sur le territoire et formalités préalables
La plupart des ressortissants étrangers doivent soit obtenir un visa, soit bénéficier d’une exemption pour de courts séjours. Même en cas d’exemption, la préinscription en ligne est généralement obligatoire via la plateforme EASE (www.ease.gov.cv), jusqu’à cinq jours avant le départ, avec paiement d’une Taxe de Sécurité Aéroportuaire (TSA).
Cette taxe s’élève à 3 400 CVE (environ 30,8 €) pour les vols internationaux et 150 CVE (environ 1,36 €) pour les vols intérieurs. Les Capverdiens, certains de leurs conjoints et descendants, les enfants de moins de deux ans et les personnes en mission officielle sont exemptés.
Un passeport valable au moins six mois est vivement recommandé. En l’absence de préinscription, il faut effectuer la procédure à l’arrivée, ce qui rallonge considérablement les contrôles.
Les principaux types de visa
Les catégories les plus utiles aux expatriés sont les suivantes :
| Type de visa | Durée d’usage / de séjour | Public concerné / usage principal |
|---|---|---|
| Visa touristique | Utilisable sous 60 jours, séjour 90 j (+ renouvelable) | Voyages de loisir, repérages, croisières |
| Visa temporaire | Valable 180 j, séjour jusqu’à 180 j (simple) ou 90 j/an (multiple) | Séjours culturels, affaires, missions courtes, soins, famille |
| Visa de résidence | Séjour initial 6 mois, prolongeable en attendant la carte | Installation durable (emploi, études > 1 an, famille, retraite, investissement) |
| Visa transit | 4 jours, renouvelable une fois | Escales courtes vers un autre pays |
| Visa officiel/diplomatique | Séjour 30 j, entrées multiples | Missions officielles |
| Visa Remote Work (digital nomad) | 6 mois renouvelables une fois | Télétravailleurs étrangers justifiant un certain niveau de revenus |
Le visa touristique classique est suffisant pour un séjour d’exploration pouvant aller jusqu’à 90 jours, prolongeables de 90 jours supplémentaires sur place. Au-delà, il faut envisager un visa de résidence, un visa temporaire spécifique, ou le programme pour télétravailleurs si l’on remplit les conditions.
Télétravail et visa “Remote Work”
Le Cap-Vert a mis en place un dispositif dédié aux travailleurs à distance permettant de résider et travailler pour un employeur étranger pendant six mois, renouvelables une fois. Ce visa offre notamment :
Découvrez les principaux allègements et exonérations applicables pour optimiser votre situation.
Bénéficiez de frais de traitement réduits, d’environ 20 €, pour vos démarches administratives.
Une taxe de sécurité aéroportuaire standard d’environ 34 € est appliquée pour vos voyages.
Exonération d’impôt sur les revenus perçus à l’étranger, sous certaines conditions.
Les demandeurs doivent prouver un solde bancaire moyen minimum sur les six derniers mois : 1 500 € pour une personne seule et 2 700 € pour une famille. Une assurance santé internationale incluant rapatriement est obligatoire, ce qui représente souvent entre 100 € et 200 € par mois.
Obtenir un visa de résidence et une autorisation de séjour
Pour s’installer durablement, le parcours classique passe par un visa de résidence, puis une “autorização de residência” (carte de résident). Deux régimes existent : résidence temporaire (à renouveler annuellement) et résidence permanente (à renouveler tous les cinq ans depuis 2002).
Les conditions générales pour le visa de résidence incluent :
Liste des pièces justificatives essentielles à fournir pour une demande de visa de résidence au Portugal.
Entrée légale sur le territoire portugais avec un passeport valide pour toute la durée du séjour.
Justificatifs de moyens financiers suffisants et preuve de logement (bail, attestation d’hébergement ou titre de propriété).
Certificat médical, carnet de vaccinations internationales et casier judiciaire du pays d’origine traduit en portugais, sans condamnation grave.
Documents justifiant le motif de la résidence (contrat de travail, investissement, inscription à un cursus d’études, regroupement familial, etc.).
La demande de carte de résident se fait en principe auprès de la police, avec un dossier souvent conséquent et des délais pouvant atteindre deux ans. Les pièces couramment demandées incluent : formulaire de demande, relevés ou attestations bancaires locaux, certificats de résidence délivrés par la mairie (au moins six mois), casiers judiciaires étranger et capverdien, certificat médical, bail ou acte de propriété, copie intégrale du passeport avec un visa “permanente”, photos d’identité. Les renouvellements se traitent également via la police, avec paiement des frais en banque et tampon de la direction des impôts ou de la mairie.
Résidence par investissement immobilier
Le Cap-Vert propose un programme de résidence par investissement adossé à l’achat immobilier, parfois présenté comme “Green Card”. Les seuils sont fixés à :
– 80 000 € dans une zone à PIB par habitant inférieur à la moyenne
– 120 000 € dans une zone au-dessus de la moyenne
Cet investissement, réalisé en une seule opération via une banque capverdienne, donne accès à des droits de résidence permanents pour le titulaire et sa famille, avec avantages fiscaux. Après cinq ans de résidence habituelle, il est possible de demander la citoyenneté. Les demandes passent par le ministère du Tourisme et des Transports.
Travailler, entreprendre ou télétravailler au Cap-Vert
Le marché de l’emploi local est modeste, avec un chômage important et des salaires moyens autour de 30 000 CVE par mois (environ 211 $). En pratique, ce revenu ne couvre qu’une faible fraction du coût de la vie, ce qui explique l’importance des transferts de la diaspora et des emplois orientés vers le tourisme.
Trouver un emploi salarié
Pour travailler légalement, un expatrié doit obtenir une autorisation de travail et un titre de séjour correspondant. En règle générale, l’employeur doit démontrer qu’aucun Capverdien n’est disponible pour le poste. La maîtrise du portugais est presque toujours indispensable, surtout dans les secteurs publics, les services et l’administration.
Les opportunités se concentrent sur :
Au Cap-Vert, les opportunités d’emploi se concentrent principalement dans trois secteurs. Le tourisme, l’hôtellerie et la restauration sont particulièrement dynamiques sur les îles de Sal et Boa Vista, ainsi que dans certaines zones de Praia et Mindelo. Ensuite, les services liés aux investissements et à la construction offrent un autre bassin d’emploi significatif. Enfin, quelques postes qualifiés sont à pourvoir dans des domaines spécialisés comme la santé, l’éducation privée, l’ingénierie ou les télécommunications.
Plusieurs cabinets de recrutement internationaux couvrent l’Afrique et listent parfois des postes pour le Cap-Vert, mais les annonces restent rares. Le réseautage local, les groupes Facebook d’expatriés et les candidatures spontanées auprès des hôtels, resorts et entreprises spécialisées dans les excursions jouent un rôle déterminant.
Créer son activité ou investir
Compte tenu des salaires locaux, beaucoup d’étrangers préfèrent créer leur propre activité : agence touristique, location saisonnière, restauration, services aux expatriés, conseil, etc. Les étrangers disposent en principe des mêmes droits de propriété que les citoyens, sans limitation de nombre ou de type de biens acquis (logements, commerces, terrains). Le droit est d’inspiration portugaise et relativement protecteur, à condition de se faire accompagner par un avocat local.
La fiscalité comprend, entre autres : impôts, taxes, contributions et droits.
Seuil d’exonération de l’impôt sur le revenu pour les revenus annuels inférieurs à 220 000 escudos cap-verdiens.
Pour des activités tournées vers l’export ou le tourisme, le pays cherche à attirer les investisseurs, notamment via le programme de résidence par investissement immobilier.
Télétravail : une option réaliste ?
Avec un réseau mobile correct et des offres internet fixe en fibre dans les principales villes (Praia, Mindelo, Sal, Boa Vista), le télétravail est envisageable, surtout si l’on choisit un quartier bien desservi. Des espaces de coworking existent, comme SoLuz Coworking & Networking à Praia, GoHub Coworking (plusieurs îles) ou Prime Coworking à Mindelo et Praia, avec des abonnements mensuels généralement compris entre 100 € et 250 €.
Pour un télétravailleur, les enjeux sont :
– Vérifier la qualité de la connexion dans le logement lors de la visite (test de débit sur place)
– Prévoir un plan B avec un forfait data mobile
– Souscrire une assurance santé internationale couvrant les soins et le rapatriement
– Se mettre en conformité avec le visa Remote Work, qui clarifie la situation fiscale et migratoire
Se loger : locations, achats et réalité du marché immobilier
Le logement est l’un des postes de dépenses les plus variables, selon l’île, la proximité de la plage et le standard recherché.
Location : fourchettes de prix et conseils
Les tarifs moyens pour les locations longue durée se situent à un niveau encore attractif pour un expatrié disposant de revenus étrangers, avec de fortes disparités entre îles touristiques et zones ordinaires.
On peut résumer quelques repères comme suit :
| Type de logement / Zone | Fourchette indicative mensuelle |
|---|---|
| Studio 45 m² meublé, quartier normal | ≈ 45 000–50 000 CVE |
| 1 chambre centre-ville (Praia/Mindelo) | ≈ 30 000–43 000 CVE |
| 1 chambre hors centre | ≈ 18 000–28 000 CVE |
| 3 chambres centre-ville | ≈ 35 000–59 000 CVE |
| 3 chambres hors centre | ≈ 25 000–38 000 CVE |
| 1 chambre standard européen (Sal/Boa Vista) | ≈ 500–1 500 € |
| Maison rurale non meublée | ≈ 170–220 € |
Sur les îles ultra-touristiques comme Sal ou Boa Vista, les biens aux normes “européennes” près de la plage se louent fréquemment au prix de résidences de vacances, avec beaucoup de locations saisonnières. Pour une installation, il est souvent plus rentable de s’éloigner légèrement du front de mer ou de rechercher dans des villes comme Espargos ou Sal Rei plutôt qu’en plein Santa Maria Beach.
À Praia et Mindelo, les baux longue durée classiques sont courants. Avant de signer, il est essentiel de bien clarifier avec le propriétaire plusieurs points clés : le montant et les conditions de restitution du dépôt de garantie, les modalités d’indexation du loyer, les charges incluses (comme l’eau, l’électricité et l’internet), les règles de la copropriété, ainsi que les politiques concernant les animaux de compagnie et les invités de passage.
Acheter au Cap-Vert : opportunités et vigilance
Le marché immobilier est en plein développement, porté par le tourisme et l’intérêt d’investisseurs étrangers. Dans des zones comme Sal, Boa Vista ou certaines parties de Santiago et São Vicente, la hausse annuelle des prix dans les segments les plus demandés est estimée autour de 10 à 15 %.
Les gammes de prix typiques sont les suivantes :
| Type de bien | Fourchette de prix approximative |
|---|---|
| Petit appartement | À partir d’environ 30 000–40 000 € |
| Appartement standard | Autour de 80 000 € en moyenne |
| Appartements / villas de standing | Jusqu’à 250 000–300 000 € voire plus |
| Construction neuve (coût par m²) | ≈ 1 000–1 500 €/m² |
Le processus d’achat est assez formalisé et comprend généralement :
L’achat d’un bien au Portugal suit une procédure spécifique : après la recherche et les visites, un accord de réservation est signé avec un dépôt (souvent 3 000 € ou 5%, non remboursable). Une vérification juridique approfondie par un avocat est essentielle. Ensuite, un contrat-promesse de vente est signé avec un acompte de 10 à 30%. L’acheteur doit obtenir un numéro fiscal (NIF) et ouvrir un compte bancaire local. La transaction se finalise par la signature de l’acte définitif devant notaire, suivi de son enregistrement au registre foncier.
Les frais annexes représentent en général 5 à 7 % du prix :
– Honoraires d’avocat : environ 600–1 000 €
– Taxe de transmission (IUP sur la transaction) : 1,5 à 3 %
– Frais de notaire et de registre : quelques centaines d’euros
– Droits de timbre : environ 0,5 à 0,8 %
– Éventuels frais de traduction et de procuration (notamment si l’on signe par mandataire depuis l’étranger)
L’impôt foncier récurrent (IUP annuel) est relativement modéré. Pour un bien de 100 000 €, on paie souvent autour de 250–300 € par an, généralement en deux échéances.
Les banques locales sont prudentes avec les prêts aux étrangers : apports élevés (30–40 %), taux autour de 7–9 % et procédures longues. De nombreux acheteurs financent donc comptant ou via des solutions de refinancement dans leur pays d’origine.
Santé : système médical, assurances et réalités sur place
Le système de santé du Cap-Vert a beaucoup progressé depuis l’indépendance, mais reste loin des standards d’Europe ou d’Amérique du Nord. Il combine un secteur public, piloté par le ministère de la Santé, et un secteur privé en développement.
Hôpitaux publics et cliniques privées
Plus de 80 % de la population vit à moins de 30 minutes d’un établissement de santé, mais la qualité varie fortement selon les îles. Les deux pôles principaux sont :
– Hospital Dr. Agostinho Neto à Praia (Santiago)
– Hospital Dr. Baptista de Sousa à Mindelo (São Vicente)
D’autres hôpitaux régionaux existent à Assomada (Santiago), Sal, Boa Vista, Fogo, Santo Antão, mais avec des plateaux techniques plus limités. Les îles de Brava et Santo Antão ne disposent pas d’aéroport, ce qui exclut toute évacuation aérienne directe et complique les cas graves.
Les cliniques privées, principalement situées à Praia, Mindelo et Sal, offrent des services généralement plus rapides et personnalisés. Des établissements comme Cardiomed (à Praia et Espargos), Clínica Santa Maria, CliniTur ou Clinica Boa Esperança pratiquent des tarifs raisonnables pour un expatrié, avec une consultation spécialisée coûtant environ 20 à 30 €.
Néanmoins, pour des interventions lourdes, des traitements complexes ou certaines pathologies, l’évacuation vers le Portugal ou un autre pays reste fréquente. L’État finance chaque année plusieurs centaines d’évacuations à un coût global de plusieurs centaines de millions de CVE.
Assurance santé : un impératif pour les expatriés
Pour un résident étranger, compter uniquement sur le système public est très risqué. Les recommandations convergent :
– Souscrire une assurance santé internationale couvrant : soins courants, hospitalisation, évacuation et rapatriement
– Vérifier que le Cap-Vert figure bien dans la zone de couverture
– Examiner les exclusions (conditions préexistantes, sports à risque) et les plafonds
– Budgéter environ 100–200 € par mois pour une couverture de bonne qualité
Pour certains titres de séjour, comme le visa Remote Work, une assurance santé avec rapatriement est une condition obligatoire.
À l’arrivée, il est utile de se déclarer auprès d’une clinique ou d’un médecin de référence, ne serait-ce que pour être enregistré dans leur système en cas d’urgence.
Médicaments, risques sanitaires et prévention
Les pharmacies des grandes villes et zones touristiques sont en général bien fournies en médicaments courants. En revanche, certains traitements spécialisés ou marques spécifiques peuvent être difficiles ou coûteux à obtenir. Si vous suivez un traitement au long cours, mieux vaut venir avec une réserve de médicaments (dans l’emballage d’origine, avec l’ordonnance).
Bien que le paludisme ait été éradiqué, des maladies comme la dengue, Zika ou le chikungunya peuvent circuler, notamment sur les îles de Santiago, Fogo et Brava. Il est conseillé d’utiliser un répulsif, de porter des vêtements couvrants le soir et d’utiliser des moustiquaires pour se protéger des piqûres de moustiques.
Les vaccinations recommandées incluent au minimum : DTP, MMR, hépatites A et B, typhoïde. Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune peut être exigé si vous arrivez d’une zone où la maladie est endémique.
Enfin, le climat sec et les épisodes de brume saharienne (Harmattan) peuvent incommoder les personnes souffrant d’affections respiratoires. Sur Fogo, l’altitude et les randonnées autour du volcan demandent une bonne condition physique.
Éducation : un vrai sujet pour les familles expatriées
Le système éducatif capverdien a fait des progrès significatifs, avec une scolarité obligatoire de 6 à 14 ans et un taux d’alphabétisation estimé entre 75 et 80 %. L’enseignement public se fait en portugais, alors que la majorité des élèves parle principalement le créole à la maison, ce qui peut créer des difficultés.
Pour les familles expatriées, le point sensible est le manque d’écoles internationales, en particulier anglophones. L’offre se concentre sur quelques établissements francophones :
– L’École Internationale Les Alizés à Praia (curriculum français, sections primaires sur place et secondaire via le CNED)
– Une école internationale à Murdeira (Sal), homologuée AEFE, également de programme français
– Une petite structure internationale à Boa Vista, également francophone
Le coût mensuel moyen d’une maternelle privée locale au Cap-Vert, soit un peu plus de 140 euros.
Pour des enfants qui ne parlent ni français ni portugais, l’intégration scolaire peut être délicate. Nombre de familles optent pour :
– La scolarisation à distance via des programmes en ligne (par exemple français, britanniques ou IB), complétés par du tutorat local
– Le homeschooling à plein temps
– Ou encore l’internat à l’étranger à partir du secondaire
Pour les jeunes enfants, une immersion dans une école locale privée en portugais reste envisageable, mais il faut mesurer les enjeux linguistiques et académiques.
Coût de la vie : à quoi s’attendre concrètement ?
Globalement, le coût de la vie au Cap-Vert est inférieur à la moyenne mondiale (environ 1,17 fois moins cher) et nettement plus bas que dans la plupart des pays occidentaux, surtout pour le logement hors zones ultra-touristiques. En revanche, il est nettement plus élevé que celui de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie du Sud-Est.
Les estimations moyennes indiquent :
– Environ 133 000 CVE par mois pour une personne seule
– Près de 279 000 CVE pour une famille de quatre personnes
Un budget mensuel réaliste pour un expatrié au Cap-Vert, variant selon l’île et le style de vie.
Panorama synthétique des principaux postes de dépense
| Poste de dépense | Ordre de grandeur (capitale / moyenne) |
|---|---|
| Repas simple au restaurant | 500–550 CVE (≈ 5 $) |
| Menu “business” | ≈ 700 CVE |
| Repas pour deux, milieu de gamme | 4 500–5 000 CVE |
| Loyer 1 ch. centre-ville | 30 000–43 000 CVE |
| Loyer 1 ch. hors centre | 18 000–28 000 CVE |
| Loyer studio 45 m², quartier normal | ≈ 45 000–50 000 CVE |
| Charges (85 m², 2 personnes) | ≈ 12 000–17 000 CVE (eau, électricité) |
| Internet fixe haut débit | 5 000–5 300 CVE |
| Forfait mobile 10+ Go | ≈ 2 300 CVE |
| Ticket de bus local | 88–100 CVE |
| Abonnement mensuel transports | 2 700–2 800 CVE |
| Taxi (prise en charge) | ≈ 200 CVE |
| Essence (1 litre) | ≈ 145–160 CVE |
| Crèche privée / mois | ≈ 15 600 CVE |
| École primaire internationale / an | 240 000–282 000 CVE |
| Consultation privée | ≈ 2 500 CVE |
Le logement reste le principal facteur d’écart. Sur Sal et Boa Vista, un appartement standard européen proche de la plage peut facilement coûter 1 000 € ou plus, alors que sur São Nicolau, une maison simple se louera parfois à 150–300 €.
Les produits locaux (poisson, certains fruits comme papayes ou bananes) sont globalement bon marché et de bonne qualité. À l’inverse, tout ce qui est importé (fromages, produits transformés, marques occidentales, matériel électronique) est souvent sensiblement plus cher qu’en Europe à cause des frais de transport et des taxes.
Vie quotidienne, intégration et sécurité
Vivre au Cap-Vert, c’est accepter un rythme beaucoup plus lent que dans la plupart des grandes métropoles occidentales. Les démarches administratives prennent du temps, les réponses par email sont aléatoires, et il faut souvent se déplacer physiquement pour faire avancer un dossier.
Les Capverdiens sont généralement chaleureux, curieux et ouverts, surtout si vous faites l’effort de dire quelques mots en portugais ou en créole. La notion de “morabeza” – mélange d’hospitalité, de convivialité et d’accueil – se ressent dans les petits gestes du quotidien.
En revanche, il existe peu de clubs formels d’expatriés. La plupart des échanges passent par des groupes en ligne (Facebook, forums spécialisés) ou des rencontres informelles : cafés, bars, coworkings, associations. Sur Sal, par exemple, une communauté néerlandaise dynamique s’est constituée, et des groupes comme “CapeVerdeLife” ou “CaboVerdeWithLove” servent de plateforme d’entraide.
Pour un nouvel arrivant, se faire connaître, participer à des événements, fréquenter les marchés et les lieux de vie locaux est la meilleure façon de se créer un réseau, y compris pour accélérer certaines démarches.
Sécurité : une vigilance raisonnable
Le Cap-Vert est souvent présenté comme l’un des pays les plus stables d’Afrique. Le niveau global de criminalité est relativement bas, mais les grandes villes et les sites touristiques connaissent leur lot de petits vols. La prudence est surtout de mise à Praia (certains quartiers, marchés comme Sucupira), dans des zones isolées ou mal éclairées et sur certaines plages peu fréquentées.
Les recommandations de base restent valables :
– Éviter d’afficher bijoux, montres de luxe, grosses liasses de billets
– Garder passeport et objets de valeur dans un coffre ou un endroit sécurisé
– Ne pas se promener seul la nuit dans des zones isolées ou sur les escaliers reliant certains quartiers en hauteur
– Prendre des taxis officiels, surtout le soir
– Ne pas résister en cas d’agression
Les numéros d’urgence sont les suivants : 130 pour l’hôpital, 131 pour les pompiers, 132 pour la police. Les secours peuvent mettre du temps à arriver, en particulier hors des grandes villes, et il n’existe pas de service de sauvetage en mer structuré à l’européenne.
Conduite et transports
Les visiteurs peuvent conduire avec leur permis national pendant six mois. Pour obtenir un permis local, il faut fournir un certificat médical, le permis d’origine, une pièce d’identité et s’acquitter de frais administratifs. La conduite se fait à droite, les routes sont parfois étroites, mal éclairées ou en mauvais état, et il n’existe pas d’assistance routière d’urgence.
Les ‘aluguers’ (minibus collectifs) sont le moyen le plus économique pour se déplacer sur une île. Pour voyager entre les îles, les ferries sont l’option la moins chère, mais ils peuvent être annulés en cas de mer agitée. Les vols intérieurs sont plus rapides, mais aussi plus coûteux.
Culture, loisirs et environnement
Le pays offre un large éventail d’activités : randonnées (Santo Antão, Fogo, São Nicolau, Santiago), sports de glisse (Sal, Boa Vista), plongée et snorkeling, observation des baleines (Boa Vista, surtout en mars-avril) ou des tortues marines en ponte (juin–octobre sur plusieurs îles).
Les festivals sont des moments forts de la vie locale : Carnaval à Mindelo, festival de Baía das Gatas, Gamboa à Praia, fêtes patronales sur chaque île. Ces événements mêlent musique, danse, processions religieuses et fêtes de rue.
Le revers de la médaille, ce sont les défis environnementaux : sécheresses récurrentes, risques d’inondations et de glissements de terrain en saison des pluies, houle forte et courants dangereux sur certaines côtes, poussières sahariennes l’hiver. Quelques années ont vu des épisodes de pluies intenses causant des dégâts notables, comme sur Sal et Boa Vista.
Pour qui le Cap-Vert est-il adapté – et pour qui l’est-il moins ?
Le Cap-Vert convient particulièrement à certains profils :
– Retraités en bonne santé cherchant une vie simple, ensoleillée, avec un budget maîtrisé
– Télétravailleurs et indépendants pouvant compter sur un revenu étranger stable
– Investisseurs immobiliers prêts à s’impliquer dans la durée
– Amateurs de nature, de randonnée, de sports nautiques et de vie communautaire
En revanche, l’archipel peut être plus difficile pour :
Plusieurs catégories de personnes pourraient trouver l’installation au Cap-Vert complexe : les personnes atteintes de pathologies lourdes nécessitant un suivi médical très spécialisé, qui pourraient faire face à des limitations dans l’offre de soins ; les familles avec enfants scolarisés ne parlant ni français ni portugais, qui exigent un système scolaire international étoffé, alors que l’offre peut être restreinte ; les individus supportant mal la lenteur administrative, les imprévus logistiques ou un certain niveau d’approximation dans les services ; et enfin, les personnes cherchant un marché de l’emploi salarié dynamique et très qualifié, ce qui ne correspond pas nécessairement à la réalité économique locale.
Pour limiter les mauvaises surprises, la démarche la plus sage consiste à venir d’abord pour un séjour de un à trois mois, louer un logement dans le quartier ou l’île envisagés, tester l’internet, les coûts réels, l’ambiance, le climat, puis ajuster son projet (changement d’île, de budget, de type de visa) avant de s’engager dans un achat ou une procédure de résidence lourde.
S’installer au Cap-Vert, c’est accepter une part de lenteur et d’incertitude, mais aussi gagner en soleil, en temps pour soi, en musique et en relations humaines. Avec un bon niveau d’information, une préparation administrative sérieuse et un budget réaliste, l’archipel peut offrir une qualité de vie singulière, bien différente des grandes métropoles, mais riche à sa manière.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour s’installer au Cap-Vert, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue consiste à cibler le Cap-Vert pour son régime fiscal favorable aux revenus étrangers, son coût de vie plus faible qu’en France et son environnement stable et francophile. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du titre de séjour avec achat ou location longue durée d’une résidence principale, organisation de la couverture santé (CPAM, assurance privée), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale internationale.
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