Fiscalité au Bangladesh pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière décryptés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer ou investir au Bangladesh peut être très attractif pour un expatrié, mais la fiscalité locale est loin d’être intuitive. Entre la notion de résidence fiscale, les barèmes multiples, les taxes sur la propriété et les retenues à la source, une mauvaise compréhension peut rapidement coûter cher. Cet article propose un panorama complet, en français, de l’impôt sur le revenu et de la taxe foncière au Bangladesh pour les expatriés, en s’appuyant sur les données techniques les plus récentes.

Comprendre le cadre fiscal général

Le système fiscal bangladais repose sur deux piliers essentiels pour les personnes physiques : le statut de résidence fiscale et la source des revenus. Ces deux notions déterminent à la fois ce qui est imposable et à quel taux.

Bon à savoir :

Le droit fiscal bangladais a été profondément modernisé par l’Income Tax Act 2023, remplaçant l’ordonnance de 1984. La National Board of Revenue (NBR) est chargée de la collecte, du contrôle et pilote la numérisation des procédures dans le cadre de la stratégie « Smart Bangladesh ».

Pour les expatriés, il n’existe pas de régime spécial de faveur : les règles sont globalement les mêmes que pour les résidents locaux, avec des particularités importantes selon que l’on est considéré résident ou non-résident, et selon que l’on possède ou non la nationalité bangladaise.

Résidence fiscale : la clé de voûte de l’imposition

Au Bangladesh, la résidence fiscale est déterminée exclusivement par la présence physique, indépendamment du statut dans d’autres pays. Le fait de détenir un visa de travail ou un permis de séjour ne suffit pas en soi : ce sont les jours passés sur le territoire qui comptent.

Deux tests coexistent :

CritèreConditionEffet fiscal
Test principalPrésence d’au moins 182–183 jours au cours de l’année fiscaleRésident fiscal bangladais
Test alternatifPrésence d’au moins 90 jours sur l’année ET au moins 365 jours au total sur les 4 années précédentesRésident fiscal bangladais
En deçà de ces seuilsPrésence inférieure aux deux seuilsNon-résident

La résidence est appréciée année par année. Un expatrié peut donc être résident une année, non-résident l’année suivante, selon la durée de ses séjours.

Exemple :

En pratique, cela crée trois grands profils d’expatriés : l’expatrié classique envoyé par son employeur, l’expatrié indépendant ou entrepreneur, et le retraité expatrié. Chaque profil a des motivations, des statuts juridiques et des défis spécifiques liés à l’intégration, à la fiscalité et au projet de vie.

l’étranger de passage, qui reste peu de temps et ne devient pas résident ;

l’expatrié étranger qui vit et travaille durablement au Bangladesh, et finit par être résident fiscal ;

– le Bangladeshi non-résident (NRB), citoyen vivant plus de 182 jours hors du pays, dont la fiscalité est encore différente.

Pour un étranger expatrié, c’est la frontière entre résidant et non-résidant qui va déterminer si seul le revenu de source bangladaise est imposé, ou si les revenus mondiaux doivent, au moins en théorie, être déclarés.

Ce qui est imposable pour un expatrié

La loi fiscale bangladaise distingue sept catégories de revenus : salaires, intérêts sur titres, revenus de la maison (house property), revenus agricoles, bénéfices d’entreprise ou de profession, plus-values, et revenus divers. Pour un expatrié, les catégories les plus fréquentes sont le salaire, le revenu locatif, les intérêts et dividendes, et les plus-values immobilières.

Résident fiscal étranger

Un expatrié étranger considéré comme résident est, en principe, imposable sur son revenu mondial. La pratique administrative reste toutefois plus pragmatique : les autorités se concentrent le plus souvent sur les revenus liés à un emploi ou une activité au Bangladesh, ainsi que sur les revenus étrangers versés par une source bangladaise (par exemple, une rémunération payée à l’étranger mais supportée par une entité du Bangladesh).

Dans les textes, cela signifie qu’un résident est imposé sur :

les revenus qui prennent naissance ou sont réputés naître au Bangladesh ;

les revenus reçus ou réputés reçus dans le pays ;

les revenus de source étrangère perçus ou acquis par lui pendant l’année concernée.

Non-résident étranger

Un non-résident étranger n’est imposé que sur ses revenus de source bangladaise, c’est-à-dire ceux qui :

Exemple :

Les revenus sont imposables au Bangladesh s’ils : découlent d’un emploi ou d’une prestation réalisée au Bangladesh ; proviennent d’un bien, d’un droit ou d’un capital situé au Bangladesh (par exemple un appartement loué à Dhaka) ; correspondent à la cession d’un bien immobilier ou d’un capital situé au Bangladesh ; ou sont reçus ou réputés reçus dans le pays.

Un salarié non-résident qui effectue une mission au Bangladesh est imposable sur le salaire correspondant à la période effectivement travaillée sur place, même si la paie est versée à l’étranger.

Barème de l’impôt sur le revenu : résidents et Bangladeshi non-résidents

Pour les individus résidents et les citoyens bangladais non-résidents (NRB), l’impôt est progressif, avec un barème en plusieurs tranches. Les montants évoluent avec le temps, mais le principe reste le même : une première tranche exonérée, puis des taux croissants jusqu’à un plafond de 30 %.

Pour l’exercice 2024/25, les tranches applicables aux contribuables « ordinaires » (résidents et NRB) sont les suivantes :

Tranche de revenu imposable (BDT)Taux applicable
Jusqu’à 350 0000 %
350 001 – 450 0005 %
450 001 – 850 00010 %
850 001 – 1 350 00015 %
1 350 001 – 1 850 00020 %
1 850 001 – 3 850 00025 %
Au-delà de 3 850 00030 %

Le seuil d’exonération varie selon le profil du contribuable, ce qui est important pour les expatriés résidents mariés à une citoyenne bangladaise, ou parents d’un enfant en situation de handicap, par exemple. On peut synthétiser les principaux seuils pour 2024/25 ainsi :

Catégorie de contribuableSeuil d’exonération (2024/25)
Contribuable « ordinaire »350 000 BDT
Femmes et personnes de 65 ans ou plus400 000 BDT
Personnes handicapées et contribuables de troisième genre475 000 BDT
Anciens combattants blessés (gazetted freedom fighters)500 000 BDT
Parent / tuteur légal d’une personne handicapée+ 50 000 BDT par enfant

Pour les années suivantes (2025/26 et 2026/27), les seuils augmentent légèrement, mais la structure à six tranches et le taux marginal de 30 % restent en place.

Bon à savoir :

Un expatrié étranger qui devient résident fiscal au Bangladesh est soumis au même barème progressif d’imposition que les résidents bangladais. Il bénéficie des mêmes franchises et est taxé aux mêmes taux, en l’absence de tout dispositif fiscal spécifique pour les étrangers.

Non-résidents étrangers : un taux forfaitaire de 30 %

La situation est radicalement différente pour un non-résident étranger qui n’est pas citoyen bangladais. Dans ce cas, la loi prévoit que l’intégralité de son revenu taxable de source bangladaise est imposée au taux fixe de 30 %, sans bénéfice des tranches ni des exonérations des résidents.

Le principe peut se résumer ainsi : le respect de la personne humaine doit primer sur tout autre considération.

Type de personneStatut fiscalTaux sur revenu de source bangladaise
Citoyen bangladais (résident)RésidentBarème progressif jusqu’à 30 %
Citoyen bangladais non-résident (NRB)Non-résident, citoyenBarème progressif jusqu’à 30 %
Étranger non-résident (sans citoyenneté bangladaise)Non-résidentTaux forfaitaire 30 %

Cette règle concerne aussi bien les salaires, que les revenus locatifs ou certaines plus-values de source bangladaise touchées par un non-résident étranger.

Minimum d’impôt et surtaxe sur le patrimoine

Pour les personnes dont le revenu dépasse le seuil d’exonération, un impôt minimum est exigé. Il varie en fonction de la localisation et du profil du contribuable, mais pour 2024/25, les références sont les suivantes :

5 000 BDT pour un contribuable situé dans les grandes métropoles (Dhaka Nord, Dhaka Sud, Chattogram) ;

4 000 BDT pour les autres villes disposant d’une City Corporation ;

3 000 BDT pour les zones hors municipalité ;

1 000 BDT pour un nouveau contribuable qui dépose sa première déclaration.

Dans les projets pour 2025/26, un minimum unique de 5 000 BDT est envisagé (hors nouveaux contribuables).

0

Le barème de la surtaxe sur la fortune est basé sur la valeur nette du patrimoine, visant notamment les propriétaires de biens immobiliers de grande taille.

Valeur nette du patrimoineSurtaxe sur l’impôt dû
Jusqu’à 40 millions BDT0 %
> 40 M – 100 M10 %
> 100 M – 200 M20 %
> 200 M – 500 M30 %
Au-delà de 500 M35 %

Une règle particulière vise les « gros propriétaires » : si une personne possède plus d’un véhicule ou des logements pour une surface agrégée supérieure à 8 000 pieds carrés, un minimum de 10 % de surtaxe s’applique dès que son patrimoine dépasse 40 millions BDT. Pour un expatrié très fortuné investissant dans l’immobilier haut de gamme à Dhaka ou Chattogram, ce mécanisme peut rapidement majorer le coût fiscal total.

Obligations déclaratives et pénalités

Tous les contribuables doivent obtenir un numéro d’identification fiscale électronique (e‑TIN de 12 chiffres) avant de déposer leur déclaration. Les expatriés étrangers employés dans le pays doivent en outre détenir un permis de travail et un certificat de sécurité délivré par les services de renseignement (NSI / Special Branch) dépendant du ministère de l’Intérieur. Une copie de visa de travail de type E1 ou A3 est généralement acceptée comme preuve de droit au travail.

Bon à savoir :

L’année fiscale au Bangladesh s’étend du 1er juillet au 30 juin. La déclaration d’impôt sur le revenu doit être déposée au plus tard le 30 novembre suivant la fin de l’exercice. Sur demande, une prolongation de 2 à 4 mois peut être accordée par l’administration fiscale.

Les retards ou manquements s’accompagnent de sanctions cumulatives :

Attention :

Le non-respect des obligations déclaratives et de paiement entraîne des sanctions financières significatives. Celles-ci incluent : une pénalité forfaitaire de 10 % de l’impôt de la dernière année taxée (minimum 1 000 BDT) pour absence de dépôt sans motif valable ; une pénalité supplémentaire journalière ou mensuelle en cas de retard prolongé ; des intérêts de 10 % par an (portés à 15 % pour dépôt tardif) si l’acompte est inférieur à 75 % de l’impôt dû ; et une majoration de 2 % par mois pour déclaration tardive, calculée sur le solde d’impôt restant.

En cas de départ définitif du pays, un expatrié doit déposer une déclaration de sortie couvrant la période du 1er juillet jusqu’à sa date de départ, obtenir un Tax Clearance Certificate, puis généralement clore ses comptes bancaires locaux. Des guichets fiscaux installés dans les aéroports internationaux vérifient ce certificat au moment du départ.

Numérisation : l’e-filing pour les résidents et les expatriés

La NBR a mis en place une plateforme de déclaration en ligne (etaxnbr.gov.bd) qui permet de déposer les déclarations, payer l’impôt et générer instantanément un accusé de réception et un certificat fiscal. La démarche est entièrement dématérialisée, sans dépôt de pièces justificatives, mais ces dernières doivent être conservées par le contribuable pour un éventuel contrôle dans les deux ans suivant la sélection du dossier.

Astuce :

Pour l’année fiscale 2025/26, la déclaration en ligne est obligatoire pour la plupart des contribuables individuels. Cependant, certaines catégories en sont dispensées, bien qu’elles puissent l’utiliser volontairement : les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes handicapées, les Bangladais expatriés, les étrangers travaillant au Bangladesh et les représentants légaux agissant pour le compte d’une personne décédée.

Pour les Bangladeshi vivant à l’étranger, un système d’OTP par e‑mail a été mis en place pour contourner l’obstacle du numéro de téléphone mobile local. En envoyant un dossier à une adresse dédiée avec pièces d’identité et TIN, l’expatrié peut recevoir un code et un lien pour s’enregistrer et déclarer à distance.

Double imposition et crédit d’impôt étranger

Avec 36 conventions de non-double imposition signées, dont une avec les États‑Unis, le Bangladesh s’est doté d’un réseau bilatéral destiné à éviter qu’un même revenu soit taxé deux fois. Ces accords, souvent inspirés du modèle de l’OCDE, fixent notamment :

la définition de la résidence fiscale en cas de double résidence ;

les règles de taxation des rémunérations, des bénéfices d’entreprise, des dividendes, intérêts, redevances et pensions ;

le traitement fiscal des établissements stables.

Bon à savoir :

Un résident bangladais peut imputer l’impôt sur le revenu payé à l’étranger sur son impôt dû au Bangladesh, pour un même revenu imposable dans les deux pays. Ce crédit d’impôt est limité au taux moyen d’imposition bangladais.

Le crédit maximal est donc calculé comme :

Crédit étranger maximum = Impôt bangladais total × (Revenu étranger / Revenu total)

Les entreprises étrangères qui veulent bénéficier d’un taux réduit ou d’une exonération prévue par une convention doivent demander un certificat spécifique à la NBR, délivré en principe dans les 30 jours. Sans ce certificat, les taux de retenue internes (souvent élevés) s’appliquent.

Taxe foncière et fiscalité immobilière : un système éclaté

La « taxe foncière » au sens strict n’existe pas comme un impôt unique au Bangladesh. La charge fiscale immobilière résulte plutôt d’un ensemble de taxes : taxe de détention (holding tax), taxe de développement foncier (land development tax), impôt sur le revenu locatif, plus-values, droits d’enregistrement, timbre, TVA sur certains achats, et prélèvements à la source. Pour un expatrié propriétaire, c’est la combinaison de ces mécanismes qui compte.

Holding tax et taxe municipale sur les biens bâtis

Toutes les propriétés situées au Bangladesh sont soumises à une taxe locale, généralement appelée holding tax, gérée par les municipalités ou offices fonciers locaux. Cette taxe vise à financer les services de proximité : voirie, éclairage, collecte des déchets, sécurité…

La base de calcul repose sur la « valeur annuelle » du bien, c’est-à-dire un loyer théorique raisonnable. Le taux effectif varie selon la ville et la nature du bien, mais se situe souvent entre 5 % et 10 % de cette valeur locative annuelle. Dans certains cas, on exprime aussi le prélèvement en pourcentage de la valeur au titre de propriété (deed value), avec des taux agrégés compris entre 3 % et 4 %.

Les biens situés sous la juridiction des Dhaka City Corporations ou du Cantonment Board peuvent bénéficier de taux légèrement plus faibles que dans d’autres zones.

Pour un expatrié propriétaire, cette taxe locale est due indépendamment du statut de résidence fiscale, du moment qu’il détient un bien dans le pays.

Taxe de développement foncier (land tax)

En complément de la holding tax, le propriétaire de terrains nus ou bâtis doit s’acquitter d’une taxe foncière nationale, souvent désignée comme land development tax. Son mode de calcul dépend :

du type de terrain (agricole, résidentiel, commercial) ;

de la localisation (district, zone urbaine ou rurale) ;

de la surface détenue (exprimée en bigha, decimal, etc.).

5000

Le montant médian par « decimal » de terre pour des terrains résidentiels au Bangladesh, selon le barème de référence, est de 5 000 BDT.

Un projet de loi récent prévoit d’exonérer de land development tax les individus ou familles possédant jusqu’à 25 bighas de terres agricoles exploitées.

Le calendrier de perception a été aligné sur l’année fiscale (1er juillet – 30 juin), avec des paiements dématérialisés encouragés via le portail de la NBR, les banques ou les services financiers mobiles.

TVA sur l’achat d’appartements

La TVA joue un rôle non négligeable dans le coût d’acquisition d’un bien pour un expatrié investisseur. Elle s’applique surtout aux appartements vendus par des promoteurs :

– pour les appartements de plus de 1 600 pieds carrés, la TVA atteint 4,5 % de la valeur inscrite à l’acte ;

– pour les surfaces plus petites, le taux est ramené à 2 %.

En revanche, la vente de terrain nu n’est en général pas soumise à TVA, sauf lorsque le foncier est cédé à une société immobilière pour y réaliser un projet.

Pour un propriétaire bailleur, la TVA payée à l’acquisition est considérée comme charge d’exploitation et peut, sous conditions, être déduite du revenu locatif imposable.

Droits de mutation, timbre et enregistrement

Les coûts de transaction immobilière sont significatifs au Bangladesh, en particulier pour un investisseur étranger. Sur un achat standard, l’addition pour l’acquéreur est composée de :

Frais et taxes liés à l’achat d’un bien immobilier

Principaux coûts administratifs et fiscaux à prévoir lors d’une transaction immobilière.

Droit de mutation

Taxe de transfert représentant environ 3,5 % à 4,5 % de la valeur du bien.

Droit de timbre

Droits d’enregistrement d’environ 3 % de la valeur de transaction.

Frais d’enregistrement

Coûts supplémentaires d’environ 2 % liés à l’officialisation de l’acte.

Honoraires de notaire

Rémunération du notaire, généralement comprise entre 1,5 % et 2 %.

Honoraires d’avocat

Frais légaux variant de 0,2 % à 2 %, souvent plus élevés pour les acheteurs étrangers.

Pour le vendeur, la principale charge est la commission d’agent immobilier, généralement de 5 % à 6 % du prix. En pratique, le « round-trip cost » (achat + revente) se situe fréquemment entre 10,2 % et 13,5 % de la valeur du bien, et peut monter jusqu’à 15 % pour des investisseurs étrangers.

Le gouvernement envisage par ailleurs d’augmenter certains droits d’enregistrement, notamment à Dhaka, Chattogram, Narayanganj et Gazipur, avec un taux pouvant atteindre 8 % dans des quartiers prisés comme Gulshan, Banani ou Motijheel, ou un montant plancher de 2 millions de taka.

Taxe à la source sur les loyers

Au-delà des taxes locales, le revenu tiré de la location d’un bien situé au Bangladesh est intégré dans le revenu imposable du propriétaire. Le fisc applique d’abord une retenue à la source (TDS) de 5 % sur les loyers versés, un taux qui pourrait être relevé à 10 % selon certaines propositions.

Cette retenue concerne tant les loyers de logements que :

la location de maisons et d’appartements ;

la valeur locative de terrains nus ;

la mise à disposition de machines ou d’équipements.

Pour un expatrié bailleur non-résident, cette retenue vient en principe en acompte de l’impôt dû, mais pour un étranger non-résident sans autre présence dans le pays, on se rapproche dans les faits d’un impôt libératoire, surtout quand la déclaration n’est pas déposée.

Fiscalité du revenu locatif pour les expatriés

Le régime de taxation des loyers dépend du statut :

Bon à savoir :

Pour un résident (bangladais ou étranger), le revenu foncier net est ajouté aux autres revenus et taxé selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Pour un non-résident étranger, les bénéfices locatifs sont généralement soumis à un taux forfaitaire de 30 %, avec une déduction des charges plus limitée que dans de nombreux autres pays.

Les charges admises comprennent généralement :

les primes d’assurance du bien ;

les intérêts d’emprunt contractés pour l’achat ou la construction ;

– les taxes liées au bien (holding tax, land tax) ;

– les intérêts intercalaires avant mise en location ;

– un abattement standard (25 % pour un usage non commercial, 30 % pour un usage commercial) couvrant les frais de gestion, d’entretien et de services publics.

Dans la mesure du possible, ces frais doivent être documentés pour optimiser le revenu imposable. Il faut garder à l’esprit que les services de gestion d’immeubles (sécurité, entretien des parties communes, etc.) peuvent ajouter en parallèle une « charge de service » annuelle de 500 à 2 000 dollars pour un appartement, non assimilable à un impôt mais bien à un coût global de détention.

Plus-values immobilières : régime des expatriés

La plus-value taxable est calculée comme la différence entre le prix de cession et le coût d’acquisition majoré des frais (taxes de propriété, coûts d’enregistrement, travaux, etc.). Pour les non-résidents, la règle est la suivante :

en principe, les plus-values sur cession d’un bien immobilier situé au Bangladesh sont imposées à 30 % ;

un taux réduit de 15 % s’applique si le bien a été détenu plus de cinq ans avant la vente ;

– les biens reçus par héritage sont exonérés de plus-value.

Les taxes foncières payées pendant la durée de détention sont déductibles de la base de calcul de la plus-value, ce qui réduit l’impôt final. Pour les actions de sociétés cotées, un autre jeu de règles existe, avec des taux de 10 % ou 15 % selon la nature de l’investisseur et la durée de détention.

Interaction avec la fiscalité du pays d’origine

Pour de nombreux expatriés (en particulier américains ou canadiens), l’impôt payé au Bangladesh ne met pas fin à la question : leur pays d’origine continue de taxer le revenu mondial. Dans ce contexte, les retenues bangladaises sur loyers (5 %), intérêts (10 % ou 20 %), dividendes (10 % à 30 %) ou plus-values (jusqu’à 30 %) jouent souvent le rôle de crédit d’impôt dans le pays de résidence fiscale globale.

Bon à savoir :

Pour un résident bangladais de nationalité étrangère, le pays d’origine peut reconnaître l’impôt payé au Bangladesh sous forme d’un crédit d’impôt étranger (Foreign Tax Credit), selon ses règles nationales. Ce mécanisme est souvent prévu explicitement dans les conventions de double imposition.

Les contributions au Bangladesh peuvent donc réduire, voire annuler l’impôt additionnel dans le pays d’origine, mais elles n’éliminent pas l’obligation de déclarer les revenus et parfois les comptes bancaires (FBAR, FATCA pour les Américains, formulaires T1135 et T776 pour les Canadiens, etc.).

Retenues à la source : intérêts, dividendes, services

Outre la taxe à la source sur les loyers, le système bangladais recourt largement aux retenues à la source (WHT / TDS) pour sécuriser la collecte sur de nombreux flux de revenus. Quelques taux emblématiques :

dividendes versés à un résident avec TIN : 10 % ; sans TIN : 15 % ;

– dividendes versés à un non-résident étranger : 30 % ;

– intérêts versés à un résident : 10 % (15 % sans TIN) ;

– intérêts versés à un non-résident : 20 % ;

– redevances, « technical fees », services professionnels versés à un non-résident : 20 % ;

– rémunérations salariales à un non-résident : 30 %.

Bon à savoir :

Pour les prestations numériques (publicité en ligne, services digitaux), un taux de 15 % peut s’appliquer. Certains contrats industriels, comme la sous-traitance manufacturière ou l’exploration pétrolière, sont quant à eux soumis à des taux spécifiques.

L’employeur a l’obligation de retenir l’impôt sur les salaires chaque mois, de transmettre les déclarations mensuelles de prélèvement et de déposer un état annuel détaillant les rémunérations et les retenues pour chaque salarié. En cas de défaut, il peut être tenu solidairement responsable de la dette fiscale, même si le contrat entendait mettre l’impôt à charge exclusive du salarié expatrié.

Stratégies de conformité et points d’attention pour les expatriés

Pour un expatrié qui s’installe ou investit au Bangladesh, plusieurs réflexes sont cruciaux :

Astuce :

Pour une gestion fiscale optimale au Bangladesh, anticipez le basculement en résident fiscal à l’approche des 183 jours de présence, ce qui modifie radicalement l’assiette de l’impôt. Obtenez rapidement un e‑TIN, un permis de travail et les autorisations de sécurité nécessaires pour percevoir salaires ou revenus locaux sans blocage. Documentez minutieusement toutes les dépenses liées à un bien immobilier (taxes, intérêts, travaux) afin d’optimiser l’imposition des loyers et des plus-values. Étudiez la convention fiscale entre le Bangladesh et votre pays d’origine, notamment pour les règles de résidence, les taux de retenue à la source sur dividendes et intérêts, et les possibilités de crédit d’impôt. Respectez scrupuleusement les délais de dépôt et de paiement pour éviter une cascade de pénalités et d’intérêts, qui peuvent rapidement dépasser le montant de l’impôt initial. Envisagez d’utiliser la plateforme en ligne de la NBR (National Board of Revenue), même si vous êtes dispensé, pour bénéficier d’une meilleure traçabilité et obtenir rapidement des certificats fiscaux.

Pour des montants significatifs, le recours à un conseil fiscal local est fortement recommandé, en particulier sur les sujets de plus-values, d’investissements structurés via des sociétés, ou de demandes de bénéfice des conventions de non-double imposition.

Une fiscalité immobilière en hausse probable

Les tendances décrites par les analystes et les projets de loi récents convergent vers un alourdissement progressif de la fiscalité immobilière, surtout dans les grandes agglomérations :

Attention :

Les mesures proposées incluent l’alignement des périodes de collecte sur l’année fiscale, une augmentation envisagée des droits d’enregistrement dans les zones urbaines, un ciblage plus affirmé des propriétés de luxe via la surtaxe sur la fortune, et une amélioration du suivi cadastral et des registres fonciers pour mieux détecter les sous-déclarations.

Pour les expatriés qui envisagent un investissement de long terme dans la pierre au Bangladesh, l’enjeu est donc de raisonner sur un environnement fiscal susceptible de se durcir, et non sur les seuls taux actuels.

En synthèse

La fiscalité bangladaise sur l’impôt sur le revenu et la propriété ne se laisse pas résumer en une seule formule. Elle combine : impôts directs et indirects, diverses catégories de revenus, et des exonérations spécifiques.

Bon à savoir :

Le système fiscal immobilier au Bangladesh se caractérise par un barème progressif pour les résidents et citoyens non-résidents, un taux forfaitaire de 30% pour les non-résidents étrangers, et une combinaison de taxes foncières (holding tax, land tax, AIT, TVA, droits d’enregistrement, timbre, TDS sur loyers) qui peuvent représenter une part importante des revenus. Il inclut également une surtaxe sur le patrimoine pour les biens de grande valeur.

Pour un expatrié, l’exercice consiste à intégrer ces paramètres dans une stratégie globale de mobilité et d’investissement, en tenant compte également des obligations et crédits d’impôt dans le pays d’origine. Le Bangladesh, avec sa croissance et son marché immobilier dynamique, reste une destination intéressante, à condition d’y entrer les yeux ouverts sur la complexité et le coût réel de la fiscalité locale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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