Expatriation avec des animaux de compagnie en Bolivie : démarches et conseils pratiques

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Bolivie avec son chien ou son chat ne s’improvise pas. Entre les formalités vétérinaires, les autorisations administratives, les contraintes des compagnies aériennes et l’adaptation à l’altitude ou au climat tropical, un déménagement mal préparé peut vite virer au casse‑tête. Pourtant, en anticipant bien, il est tout à fait possible de faire venir son compagnon dans de bonnes conditions, sans quarantaine et en restant dans les clous de la réglementation bolivienne.

Bon à savoir :

Cet article détaille toutes les étapes essentielles, de la préparation sanitaire à l’adaptation au quotidien, pour réussir l’expatriation de votre animal de compagnie en Bolivie.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le cadre général : qui décide de quoi pour les animaux en Bolivie

Avant de parler vaccins ou transport aérien, il est utile de savoir quelles autorités interviennent dans le processus. En Bolivie, les règles d’importation des chiens et des chats sont définies au niveau national et contrôlées à l’arrivée.

Le Ministère du Développement Rural et des Terres (MDRyT) fixe le cadre réglementaire global pour l’entrée des animaux de compagnie sur le territoire. C’est lui qui établit les grandes lignes : certificats sanitaires, vaccinations exigées, conditions d’importation commerciale ou non commerciale, etc.

Attention :

Le SENASAG est l’autorité qui délivre le Permis Zoosanitaire d’Importation (PZI) obligatoire pour les chiens et chats. Les demandes se font en ligne via Gran Paitití ou dans ses bureaux, et les informations sont centralisées sur le portail VUCE. Des contrôles sanitaires sont également effectués à l’arrivée des animaux.

Deux points peuvent sembler contradictoires à la lecture de diverses sources, mais se complètent en pratique :

SujetInformations principales
Rôle du MDRyTÉtablit les règlements d’importation pour les animaux de compagnie
Rôle du SENASAGDélivre les permis zoosanitaires (PZI), contrôle sanitaire à l’arrivée
Import de chiens/chats de compagniePas de permis commercial classique, mais PZI demandé par SENASAG pour l’entrée
Import commercialImportation de lots ou d’animaux à but commercial : permis obligatoire

En résumé, un particulier qui arrive avec son chien ou son chat n’a pas besoin d’un permis d’importation « commercial », mais le SENASAG exige, dans la pratique, un Permis Zoosanitaire d’Importation pour les chiens et les chats. Mieux vaut donc suivre la procédure PZI pour éviter toute mauvaise surprise à l’aéroport.

Le “pet passport” version bolivienne : un dossier, pas un livret

En Europe, le terme « passeport européen pour animal de compagnie » renvoie à un document standardisé. En Bolivie, quand on parle de « pet passport », il s’agit en réalité d’un ensemble de pièces qui, mises bout à bout, constituent un dossier conforme aux exigences boliviennes.

Ce dossier doit systématiquement inclure :

Astuce :

Pour exporter un animal vers la Bolivie, plusieurs documents sont obligatoires : une preuve de vaccination antirabique à jour, les attestations des autres vaccins recommandés, et un certificat sanitaire d’exportation émis par un vétérinaire agréé du pays d’origine. Il faut également fournir les preuves des traitements antiparasitaires internes et externes, ainsi que le numéro de puce électronique, qui doit correspondre sur tous les documents. Tous ces documents doivent être légalisés par le consulat bolivien et traduits en espagnol.

Ce « passeport » maison reste donc un jeu de documents cohérents plutôt qu’un livret unique. Pour les pays comme les États‑Unis ou le Canada, la Bolivie exige que ce certificat soit émis sur des formulaires spécifiques (APHIS Form 7001 côté américain, certificat international CFIA côté canadien), puis approuvé par les autorités sanitaires du pays d’origine et légalisé par le consulat bolivien compétent.

Vaccins, puce, antiparasitaires : préparer l’animal au départ

La partie médicale est le socle de tout projet d’expatriation avec un animal. Sans un dossier sanitaire parfaitement carré, l’entrée en Bolivie peut être refusée, voire l’animal renvoyé ou placé en quarantaine si des installations existent.

La vaccination antirabique : le pivot du dossier

Pour tous les chiens et chats âgés de plus de trois mois, la vaccination contre la rage est obligatoire. La Bolivie est très précise sur le calendrier :

– Le vaccin doit avoir été administré au minimum 30 jours avant l’arrivée.

– Il ne doit pas dater de plus de 12 mois au moment de l’entrée, même si le produit est un vaccin pluriannuel.

– Les vaccinations dites « trois ans » ne sont pas reconnues : il faut une injection datant de moins d’un an.

La preuve de vaccination peut prendre la forme d’un certificat de vaccination distinct, d’un carnet de vaccination délivré par une autorité publique, ou d’un passeport européen pour animaux. Dans tous les cas, ce document doit être signé et tamponné par le vétérinaire ayant effectué l’injection.

Bon à savoir :

Pour entrer en Bolivie, aucun test sérologique antirabique (comme le FAVN) n’est exigé. Cependant, ce test peut être requis pour un retour ultérieur dans votre pays d’origine ou un transit par certaines zones. Il est recommandé de l’effectuer avant votre départ si nécessaire.

Vaccinations complémentaires : fortement conseillées

Au‑delà de la rage, la Bolivie recommande un bouquet de vaccins additionnels, qui ne sont pas toujours listés comme obligatoires, mais qui constituent de bonnes garanties sanitaires, notamment au regard des risques locaux.

Pour les chiens, les autorités recommandent :

EspèceVaccins recommandés
ChienDistemper (maladie de Carré), Hépatite, Parvovirose, Adénovirus, Parainfluenza, Leptospirose
ChatRhinotrachéite virale féline, Calicivirus, Panleucopénie, Leucose féline

Pour les chats, le combo courant (rhinotrachéite, calicivirus, panleucopénie) est conseillé, avec en plus la vaccination contre la leucose féline. Toutes ces injections, ainsi que leurs dates, doivent apparaître sur le certificat sanitaire international qui sera présenté aux autorités boliviennes.

Traitements antiparasitaires : un passage obligé

Les textes boliviens insistent également sur les traitements contre les parasites internes et externes avant l’entrée :

Un traitement contre les parasites internes (vermifuge).

Un traitement contre les parasites externes (puces, tiques).

– Spécifiquement, un traitement ciblant les tiques et les ténias est exigé.

Attention :

Les traitements doivent être effectués avec des produits autorisés dans le pays d’origine et consignés sur le certificat de santé. Avant le départ, un contrôle vétérinaire est impératif pour vérifier l’absence de puces et de tiques, car la présence de ces parasites peut entraîner un contrôle plus strict ou un refus temporaire.

Microchip : recommandé mais pas encore obligatoire

La Bolivie ne rend pas la puce électronique obligatoire pour les chiens et les chats, mais les autorités comme les spécialistes du transport animalier la recommandent fortement. Le standard préconisé est très clair :

Puce à 15 chiffres conforme à la norme ISO 11784 ou 11785.

Fréquence de 134,2 kHz, lisible par les lecteurs internationaux.

Le microchip doit être posé par un vétérinaire ou un personnel dûment formé, à l’aide d’une aiguille hypodermique, sans chirurgie. Le plus important, côté paperasse, est que le numéro de puce apparaisse sur tous les documents : certificat sanitaire, carnet de vaccination, formulaires de transport, etc.

Si l’animal est déjà identifié avec une puce non ISO (anciennes puces à 9 ou 10 chiffres, certains modèles AVID), il est théoriquement possible de voyager, mais il faudra parfois fournir un lecteur compatible à l’arrivée. À noter que les numéros commençant par « 999 » sont considérés comme non uniques et ne sont pas acceptés dans certains systèmes.

En cas de puce illisible à la veille du voyage, il faut reposer une nouvelle puce ISO et reprendre l’ensemble des démarches d’import, ce qui implique de repartir sur un nouveau calendrier de vaccination antirabique, d’où l’intérêt de vérifier tout cela plusieurs mois avant le départ.

Le certificat de santé : document clé validé et légalisé

Le certificat de santé est la pièce maîtresse du « pet passport » bolivien. Il ne s’agit pas simplement d’une lettre de votre vétérinaire, mais d’un document rédigé sur un formulaire reconnu par les autorités du pays de départ et ensuite validé par l’État.

Contenu obligatoire du certificat

Quel que soit le pays d’origine, le certificat doit être émis par un vétérinaire agréé par l’autorité vétérinaire nationale. Il doit comporter :

L’identité complète de l’animal : espèce, race, sexe, âge.

L’identification : numéro de microchip si présent.

L’identité et les coordonnées du propriétaire : nom et adresse.

L’adresse de destination en Bolivie.

Le détail des vaccinations, avec date, type de vaccin et numéro de lot pour la rage.

Le détail des traitements antiparasitaires (internes et externes).

Une attestation indiquant que l’animal est en bonne santé, apte au voyage, exempt de maladie contagieuse et non originaire d’une zone sous restriction pour la rage.

Attention :

Le certificat doit être lisible, complet et sans rature. Toute incohérence ou information manquante peut entraîner un rejet par les autorités du pays d’origine ou par la Bolivie, bloquant ainsi le processus.

Démarches spécifiques depuis certains pays

Depuis les États‑Unis, le certificat sanitaire doit être établi sur le formulaire APHIS 7001 par un vétérinaire accrédité par l’USDA. Il doit ensuite être signé et transmis à un bureau APHIS pour endossement (endorsement). Une fois approuvé, il doit être légalisé par un consulat de Bolivie, moyennant des frais.

Depuis le Canada, la procédure repose sur un certificat international pour chiens et chats émis par l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments (ACIA/CFIA). Ce document est d’abord authentifié par Affaires mondiales Canada, puis envoyé à l’ambassade de Bolivie à Ottawa pour légalisation, avec un règlement de 50 USD (par mandat ou chèque certifié) et une enveloppe retour prépayée si l’on n’habite pas Ottawa.

Bon à savoir :

Les autorités britanniques et européennes ont leurs propres procédures et formulaires (Export Health Certificate – EHC) via leurs portails vétérinaires (APHA/DAERA). Avant toute démarche auprès du consulat bolivien, le certificat doit impérativement être validé par l’autorité vétérinaire officielle du pays d’exportation.

Traduction en espagnol et légalisation

La Bolivie exige que le certificat soit rédigé ou traduit en espagnol. En pratique, de nombreux formulaires internationaux sont bilingues, mais lorsqu’ils ne le sont pas, une traduction certifiée en espagnol est nécessaire. Après l’endossement par l’autorité vétérinaire du pays de départ, le dossier (certificat + annexes) doit être légalisé par le consulat ou l’ambassade de Bolivie compétent, qui appose un cachet officiel.

À noter aussi la question des délais : certains textes mentionnent un certificat valable s’il est émis dans les trois mois précédant l’arrivée, d’autres exigent une certification dans les dix jours précédant le départ. Pour éviter toute ambiguïté, la pratique la plus sûre est de faire établir et faire endosser le certificat dans les dix jours avant le voyage, tout en respectant le délai de 30 à 12 mois pour le vaccin antirabique.

Le Permis Zoosanitaire d’Importation (PZI) : la couche bolivienne

Une fois le volet « pays de départ » réglé, reste la partie purement bolivienne : le Permis Zoosanitaire d’Importation pour les chiens et les chats, délivré par le SENASAG.

Comment obtenir le PZI

La demande se fait avant le voyage :

Soit en ligne, via la plateforme Gran Paitití du SENASAG.

Soit en se présentant dans un bureau du SENASAG en Bolivie (solution surtout utilisée par des intermédiaires sur place).

Les informations et notices officielles sont accessibles via le portail VUCE, qui détaille les exigences et le cheminement de la demande. Pour un particulier, le plus simple est souvent de passer par un prestataire de relocation animale ou un contact local, mais il est possible de gérer seul si l’on maîtrise l’espagnol administratif.

Le dossier de demande comprend généralement : les documents requis, les informations personnelles, les justificatifs de situation, et tout autre élément nécessaire selon le type de demande.

Élément exigé pour le PZIDescription
Lettre de demande d’importationAdressée au chef de district du SENASAG
Formulaire de liquidationDocument interne utilisé pour la facturation des frais du permis
Justificatif de paiementPreuve de dépôt bancaire ou de virement
Copie du certificat sanitaire d’originePhotocopie du certificat vétérinaire légalisé

Une fois le dossier jugé complet par le service d’enregistrement et de certification zoosanitaire, le SENASAG émet le permis. Celui‑ci doit être imprimé et présenté à l’arrivée, en même temps que le certificat sanitaire original.

À l’arrivée : inspection et scénarios en cas de problème

Les animaux doivent entrer par voie aérienne via l’aéroport international d’El Alto, situé à environ 8 miles de La Paz. C’est là que les agents du SENASAG effectuent l’inspection initiale des chiens et des chats.

Le propriétaire doit être présent au moment du dédouanement, avec :

Le PZI imprimé.

L’original du certificat sanitaire et ses traductions.

Les originaux des certificats de vaccination.

Toute autre pièce justifiant les traitements antiparasitaires ou l’identification.

Bon à savoir :

Les animaux de compagnie (chiens et chats) sont examinés à l’arrivée pour vérifier l’absence de maladies transmissibles à l’homme et la conformité de leur dossier. Si ces contrôles sont satisfaisants, aucune quarantaine n’est imposée.

En cas de non‑conformité (vaccin antirabique manquant ou hors délai, documents incomplets, animal malade), plusieurs options sont possibles, toutes à la charge du propriétaire :

Mise en quarantaine, si des installations adaptées existent.

Refus d’entrée et renvoi dans le pays d’origine.

Euthanasie en dernier recours, pour des cas graves ou non régularisables.

D’où l’importance de vérifier minutieusement toutes les dates, signatures et cachets avant le départ.

Transport aérien : choisir la compagnie et la classe de voyage

Voyager avec un animal en Bolivie implique de passer par une compagnie aérienne acceptant les chiens ou les chats sur les routes concernées. Il faut distinguer trois modes de transport : cabine, soute (bagage enregistré) et fret (cargo). Chaque compagnie a ses propres règles.

LATAM Airlines : un acteur majeur en Amérique du Sud

LATAM dessert la Bolivie et accepte les chiens et chats sur ses vols, avec plusieurs options :

– En cabine : seuls les petits chiens et chats sont acceptés, dans une caisse homologuée qui doit se glisser sous le siège. L’animal doit être propre, en bonne santé, non agressif, et voyager avec un passager de 12 ans ou plus. Le service n’est accessible qu’en classes Economy et Premium Economy, jamais en Business. Le poids maximal admis en cabine est de 8 kg (animal + caisse), avec une tarification combinant un forfait jusqu’à 5 kg et un supplément par kilo au‑delà, dans la limite de 8 kg. Sur certaines routes, LATAM publie des exemples de tarifs : par exemple autour de 172–179 USD entre Bolivie/Colombie/Pérou et le reste de l’Amérique du Sud, ou 288 USD/230 EUR entre la Bolivie et l’Europe.

Bon à savoir :

Pour les animaux plus lourds, non brachycéphales et de races non dangereuses, LATAM autorise le transport en soute pressurisée et climatisée. Conditions : le vol doit être opéré entièrement par LATAM avec une correspondance maximale de moins de 7 heures. L’animal doit avoir au moins 16 semaines, être en bonne santé, ne pas être sédaté, et si c’est une femelle, elle ne doit pas être gestante ni avoir mis bas dans les 48 heures précédentes.

– En fret (cargo) : pour les animaux non accompagnés ou très volumineux, l’option cargo est possible, mais doit être organisée via le service de fret ou une société spécialisée.

Un point crucial si vous voyagez depuis ou via les États‑Unis : en raison de nouvelles règles américaines sur l’importation des chiens, LATAM a suspendu temporairement le transport de chiens entre les États‑Unis et plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont la Bolivie. Il faut donc vérifier très en amont si un trajet impliquant le territoire américain est réalisable ou s’il faut privilégier un itinéraire via d’autres hubs (Europe, autres pays latino‑américains).

Attention :

Les réservations pour animaux doivent être effectuées via le centre d’appel LATAM. Il est recommandé de le faire dès l’émission du billet du propriétaire, et impérativement au plus tard 4 heures avant le départ pour les animaux en cabine, et 48 heures à l’avance pour ceux voyageant en soute.

Copa Airlines, Wingo et Boliviana de Aviación : autres options vers la Bolivie

Copa Airlines dessert elle aussi la Bolivie et accepte les chiens et chats en cabine, dans une caisse souple homologuée de 45,7 x 28 x 28 cm. Seuls les passagers de 11 ans et plus peuvent voyager avec un animal en cabine. Il n’y a pas de transport d’animaux en bagage enregistré chez Copa : les chiens et chats plus gros doivent passer par le fret (Copa Cargo), et uniquement du lundi au jeudi. Les frais pour un animal en cabine sont de 25 USD sur les vols domestiques (pour Copa) et 125 USD sur les vols internationaux.

Wingo, low‑cost régionale, accepte les animaux uniquement en cabine, dans une caisse souple de 55 x 35 x 25 cm, pour un poids maximal animal + caisse de 10 kg. Il n’y a pas de transport en soute avec Wingo. Le nombre de places par vol est limité, et la réservation doit se faire au moment de l’achat du billet ou via le centre d’appel. Les frais débutent à 60 USD suivant les routes.

Bon à savoir :

La compagnie Boliviana de Aviación (BoA) autorise les chiens et chats de plus de trois mois en cabine, à condition que le poids total (animal + caisse) n’excède pas 8 kg. Le contenant doit mesurer au maximum 36 x 33 x 25 cm et rester sous le siège durant tout le vol. Pour les animaux plus lourds ou certains trajets, le transport peut se faire via BoA Cargo comme fret, dans une caisse homologuée IATA.

S’adapter aux règles souvent changeantes des compagnies

Chaque compagnie possède une liste plus ou moins longue de races interdites (notamment brachycéphales et chiens réputés dangereux), de routes exclues, de limites de température ou d’horaires pour le transport en soute. Certaines interdisent purement et simplement les animaux en cabine sur certains tronçons (cas d’Australie, Nouvelle‑Zélande, Royaume‑Uni, etc.).

Deux choses à garder en tête :

C’est toujours la politique de la compagnie « opérante » (celle qui fait voler l’avion) qui s’applique, même si vous avez acheté votre billet auprès d’un autre transporteur en partage de code.

En cas de correspondance avec changement de compagnie, l’animal peut devoir être récupéré, passer la douane, puis être réenregistré sur le vol suivant, avec tout ce que cela implique en termes de temps et de documentation.

À l’inverse, certaines compagnies citées dans les recherches (Lufthansa, Qatar Airways, Singapore Airlines, etc.) sont réputées pour leur sérieux dans le transport d’animaux et leur contrôle des températures en soute, mais ne desservent pas toujours directement la Bolivie, ce qui impose des correspondances.

Haute altitude, jungle tropicale : adapter le voyage au climat bolivien

S’expatrier en Bolivie avec un animal, ce n’est pas seulement gérer des papiers. C’est aussi exposer son compagnon à des environnements très différents : haute altitude sèche de l’Altiplano, climat tropical humide des basses terres, vallées tempérées au centre du pays.

L’Altiplano : air raréfié et nuits glaciales

La Paz et son aéroport d’El Alto se situent autour de 3 600 à plus de 4 000 mètres d’altitude. Des villes comme Uyuni, Potosí ou la région du lac Titicaca culminent également à plus de 3 600 mètres, avec des amplitudes thermiques marquées. En saison sèche (mai‑octobre), les températures diurnes oscillent souvent entre 10 et 16 °C, mais peuvent tomber à -10 ou -20 °C la nuit dans certaines zones.

Pour un animal, cette combinaison air raréfié + froid nocturne est un vrai stress physiologique. Avant de vous installer durablement sur l’Altiplano, il est judicieux de :

Astuce :

Avant un voyage en altitude, consultez votre vétérinaire pour vérifier l’absence d’insuffisance cardiaque ou respiratoire. Planifiez une acclimatation progressive (évitez, par exemple, de monter directement à Uyuni après un long vol, surtout en hiver). Prévoyez des équipements contre le froid (manteaux, couvertures, couchages isolants). Surveillez les premiers jours la fréquence respiratoire, l’appétit et le comportement (recherchez une fatigue intense, une intolérance à l’effort ou une toux anormale).

Basses terres et Amazonie : chaleur, humidité, moustiques

À l’opposé, les régions de Santa Cruz, Beni, Pando ou la zone amazonienne présentent un climat tropical chaud et humide, avec des températures allant typiquement de 15 à plus de 30 °C, parfois davantage, et une forte humidité.

Les risques y sont d’une autre nature :

Bon à savoir :

En été, les chiens, notamment ceux à museau court ou au pelage dense, sont exposés aux coups de chaleur. Cette saison favorise également la prolifération des parasites externes (puces, tiques) et des moustiques. Il est crucial de maintenir un protocole antiparasitaire rigoureux et d’être vigilant face aux maladies tropicales que ces insectes peuvent transmettre.

Dans ce contexte, il est crucial de :

– Offrir à l’animal des zones d’ombre et une bonne ventilation.

– Assurer un accès permanent à de l’eau propre et fraîche, notamment pendant les trajets.

– Adapter les sorties aux heures les plus fraîches.

– Renouveler fréquemment les traitements antiparasitaires externes, suivant les recommandations du vétérinaire local.

Villes de vallée : un compromis confortable

Des villes comme Cochabamba ou Sucre, situées entre 2 500 et 2 800 mètres, offrent un climat beaucoup plus clément, souvent comparé à un éternel printemps, avec des températures diurnes agréables et des nuits fraîches mais rarement extrêmes. Pour nombre d’animaux sensibles à la fois à la chaleur et à la très haute altitude, ce type de région peut constituer un compromis intéressant.

Logement et hébergements pet‑friendly en Bolivie

Que ce soit pour les premiers jours après l’arrivée ou pour une installation plus longue, on trouve en Bolivie une offre croissante d’hôtels, d’appartements et de maisons de location acceptant les animaux de compagnie.

Des plateformes comme Booking.com, Expedia ou Airbnb recensent des centaines d’hébergements « pet‑friendly » à La Paz, Santa Cruz, Cochabamba, Sucre, Uyuni, El Alto, Samaipata, Copacabana, Rurrenabaque, etc. À titre d’exemple, La Paz compte près de 490 locations de vacances répertoriées sur une plateforme, dont plus de 450 avec Wi‑Fi, et plusieurs dizaines clairement signalées comme acceptant les animaux.

9

Prix minimum par nuit pour un hébergement simple avec animaux, trouvable sur certaines plateformes.

La condition indispensable, là encore, est la transparence : prévenir l’hôte ou l’hôtel dès la réservation de la présence d’un animal, vérifier les éventuels suppléments ou règles internes (taille maximale, interdiction de laisser l’animal seul, zones non autorisées, etc.).

Sécurité, chiens errants et habitudes locales

Un aspect souvent sous‑estimé avant l’arrivée en Bolivie est la présence importante de chiens en liberté, parfois en meute, dans certaines villes ou villages. Il ne s’agit pas toujours de chiens « sans maître » : beaucoup sont « semi‑domestiques », appartenant à des familles mais circulant librement dans la rue.

Ce contexte peut poser plusieurs problèmes à un nouveau venu avec son chien tenu en laisse :

Risque de bagarres canines.

Menaces ou morsures sur les humains qui tentent de séparer les animaux.

Stress important pour des chiens peu habitués à la confrontation.

Astuce :

Dans certaines localités comme Uyuni, des meutes de chiens peuvent se montrer agressives envers d’autres animaux ou des personnes. Pour tenir à distance des chiens trop insistants de manière sécuritaire, certains voyageurs utilisent un spray non létal composé d’eau et de vinaigre. Il est important de noter que l’utilisation de sprays plus agressifs, comme le gaz poivré ou les sprays anti-ours, peut être illégale sur place.

La prudence reste la meilleure arme :

Limiter les promenades dans les villages ou quartiers où la présence de chiens de meute est connue.

Éviter les zones de dépotoirs ou de marchés où les chiens se regroupent.

– Garder son chien en laisse courte et surveiller l’environnement de loin.

– Envisager des itinéraires de balade plus calmes ou des parcs fermés, quand ils existent.

Aide professionnelle : quand faire appel à une société de relocation animale

Les démarches décrites jusqu’ici peuvent être gérées seul, mais elles demandent une solide organisation, surtout si l’on doit jongler avec des correspondances multiples ou des pays de transit ayant leurs propres règles (Union européenne, États‑Unis, etc.).

Plusieurs entreprises spécialisées dans le déménagement international des animaux desservent la Bolivie (ou plus largement l’Amérique du Sud). Certaines, installées depuis plusieurs décennies, revendiquent des milliers de relocations réussies et offrent des niveaux de service modulables :

Type de service de relocationCe que cela couvre souvent
Porte‑à‑porte (VIP)Prise en charge au domicile d’origine, formalités complètes, livraison en Bolivie
Résidence → aéroport d’arrivéeOrganisation des documents, formalités de départ, vol, remise de l’animal à l’arrivée
Aéroport → résidenceRécupération à l’aéroport, formalités d’entrée, livraison au domicile
Book & Fly (aéroport → aéroport)Réservation du fret, conseils, mais peu ou pas de services terrestres

Ces sociétés peuvent, par exemple :

Services d’Exportation Animale

Notre accompagnement complet pour l’exportation de votre animal, garantissant le respect de toutes les procédures administratives et logistiques internationales.

Identification & Traçabilité

Fournir et poser une puce électronique (microchip) conforme aux normes ISO 11784/11785, essentielle pour l’identification internationale.

Certification Sanitaire

Monter l’intégralité du dossier de certificat sanitaire et d’importation requis par le pays de destination.

Autorisation d’Exportation (PZI)

Gérer la demande de Permis Zoosanitaire International (PZI) auprès du SENASAG, autorité vétérinaire nationale.

Réservation de Transport

Réserver les trajets en cargo aérien auprès de compagnies aériennes reconnues et spécialisées dans le transport animalier.

Gestion de la Quarantaine

Superviser et organiser les éventuelles mises en quarantaine imposées par les pays de transit ou de destination.

Les coûts ne sont pas négligeables : un forfait pour un déménagement de chien ou de chat des États‑Unis vers l’Amérique du Sud peut aller de 2 500 à plus de 6 000 USD, en fonction de la taille de l’animal, des distances, des correspondances et des services retenus. Mais pour des expatriations complexes (grande meute, races sensibles, itinéraires avec escales réglementaires), cet investissement peut éviter des erreurs lourdes de conséquences.

Revenir au pays d’origine ou poursuivre ailleurs : penser au trajet retour dès le départ

Enfin, un détail souvent oublié : la Bolivie est rarement la dernière destination de toute une vie. Un jour, il faudra peut‑être rentrer dans son pays d’origine ou poursuivre vers un troisième pays. Certaines autorités, comme les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), ont renforcé leurs exigences pour les chiens revenant de pays où la rage circule.

Pour un retour vers les États‑Unis, par exemple, les principaux points à anticiper sont :

Bon à savoir :

Pour importer un chien à Maurice, celui-ci doit être identifié par micropuce et âgé d’au moins six mois. Il doit être en possession d’un récépissé CDC Dog Import Form et paraître en bonne santé à l’arrivée. Pour les chiens provenant de pays à haut risque de rage, une vaccination antirabique effectuée après la pose de la micropuce est obligatoire, et un test sérologique peut être exigé. En l’absence de sérologie valide, une quarantaine de 28 jours est imposée, avec des modalités différentes selon que l’animal est un chien de compagnie ou importé pour adoption ou vente.

Les analyses de type FAVN, si elles ne sont pas obligatoires pour entrer en Bolivie, le deviennent donc potentiellement pour en sortir. Autant en parler avec son vétérinaire avant même de partir, afin de planifier les prises de sang et d’éviter d’être coincé à la dernière minute.

En conclusion : anticiper, documenter, adapter

Préparer une expatriation avec un animal de compagnie en Bolivie, c’est jongler entre trois grandes familles de contraintes : réglementaires (MDRyT, SENASAG, certificats, PZI, légalisations), logistiques (compagnies aériennes, caisses IATA, correspondances) et sanitaires/environnementales (vaccins, parasites, altitude, climat tropical, chiens errants).

Bon à savoir :

Pour importer votre chien ou chat en Bolivie sans quarantaine et dans de bonnes conditions, il est essentiel de : consulter un vétérinaire expérimenté dans les exportations animales, se renseigner directement auprès des autorités boliviennes (SENASAG et consulat), choisir soigneusement la compagnie aérienne, et prendre en compte les particularités géographiques du pays.

La Bolivie ne publie pas de liste officielle de races de chiens interdites et se montre, dans l’ensemble, ouverte aux animaux de compagnie dès lors que la vaccination antirabique, les traitements antiparasitaires et le certificat de santé sont impeccables. Reste à vous organiser pour que votre compagnon supporte au mieux l’altitude de La Paz ou la moiteur de Santa Cruz, et pour trouver, sur place, un vétérinaire local qui prendra le relais afin de maintenir à jour son statut sanitaire dans son nouveau pays d’adoption.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :