Histoire du pays au Cameroun : des royaumes anciens à l’État moderne

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Longtemps avant que le nom même de « Cameroun » n’apparaisse sur les cartes, le territoire actuel était déjà un carrefour humain, politique et commercial. Des civilisations sahéliennes du nord aux chefferies des Grassfields en passant par les peuples de la forêt et les royaumes côtiers, l’histoire du pays au Cameroun est celle d’une mosaïque patiemment façonnée, puis violemment bousculée par la colonisation allemande, le partage entre Français et Britanniques, les guerres d’indépendance et la longue construction d’un État marqué par un centralisme autoritaire.

Raconter cette histoire, c’est suivre un fil qui part des premiers peuplements préhistoriques, traverse l’expansion bantoue, les djihads peuls, le commerce atlantique et les plantations allemandes, puis s’enfonce dans les maquis de l’UPC avant de déboucher sur la réunification, le parti unique et les tensions anglophones contemporaines.

Des premiers peuplements aux grands royaumes

Bien avant l’ère des empires et des frontières coloniales, le territoire du Cameroun est occupé par des groupes humains depuis des dizaines de milliers d’années. Les fouilles archéologiques menées à Shum Laka, dans l’actuelle région du Nord-Ouest, ont révélé une présence humaine d’au moins 30 000 ans, tandis que dans les forêts du sud les traces d’occupation remontent à environ 7 000 ans. Les ancêtres des Baka, souvent associés aujourd’hui aux « Pygmées » de la forêt, sont attestés dans la zone dès le VIIIe millénaire avant notre ère.

Les hauts plateaux de l’Ouest – le pays dit des Grassfields – sont densément occupés depuis au moins 4 000 ans. Plusieurs recherches linguistiques et archéologiques convergent pour situer dans la région des hautes terres de Bamenda, à la frontière avec le Nigeria actuel, l’un des foyers probables de l’expansion bantoue. De là, à partir d’environ 1000 avant notre ère, de grands mouvements de populations bannies se déploient vers le sud et l’est, portant avec eux des langues, des techniques agricoles et, probablement, la métallurgie du fer. Vers 200 avant notre ère, des groupes bantouphones sont installés dans les zones forestières méridionales et orientales.

Au fil de ces migrations, les populations de chasseurs-cueilleurs plus anciennes – les groupes apparentés aux Baka – sont repoussées vers les massifs forestiers denses et marginalisés. Parallèlement, d’autres flux arrivent du nord (parlers tchadiques, influence du futur Kanem-Bornou), du couloir soudanais et, plus tard, de l’espace arabo-sahélien.

Les civilisations sahéliennes : Sao, Kanem-Bornou et Mandara

Au nord, autour du lac Tchad, se développe l’une des plus anciennes civilisations de la région : la culture Sao. Réputée pour ses sculptures en terre cuite et en bronze et pour ses agglomérations circulaires fortifiées, elle s’épanouit grosso modo entre le dernier millénaire avant notre ère et la fin du premier millénaire de notre ère, avec un apogée entre le IXe et le XVe siècle. Peu à peu, les Sao sont absorbés ou refoulés par la montée du Kanem, puis du Bornou, ensemble connu sous le nom d’empire du Kanem-Bornou.

Bon à savoir :

Islamisé au plus tard au XIe siècle, cet empire devient une grande puissance régionale à partir du XIIIe siècle. Il contrôle alors l’essentiel du Tchad actuel et étend son influence sur le nord du Cameroun. Son économie repose en partie sur la traite esclavagiste, alimentée par des razzias vers le sud, ainsi que sur l’exploitation du sel.

Plus à l’ouest, dans les monts Mandara, un royaume centralisé se consolide à partir de la fin du XVe siècle. Avec pour capitale la ville de Dulo, le royaume de Mandara entreprend des relations conflictuelles et parfois vassaliques avec le Bornou. Après avoir brièvement pris le dessus à la fin du XVIIIe siècle, percevant des tributs sur des villages voisins, il est progressivement fragilisé par les offensives des Peuls et par la longue rivalité avec le Bornou. La conquête peule de 1893 achève de transformer son statut, sans faire disparaître totalement ses structures politiques.

Djihad peul et formation de l’émirat d’Adamawa

L’islam atteint les confins sahéliens du Cameroun grâce aux échanges transsahariens après la conquête musulmane de l’Afrique du Nord au VIIIe siècle. Mais c’est l’expansion des Peuls, pasteurs et guerriers, qui bouleverse durablement la carte politique du nord camerounais. Une première présence peule est attestée aux alentours du lac Tchad dès la fin du XVIe siècle, mais c’est surtout au tournant du XIXe siècle que leur rôle devient décisif.

Exemple :

Inspiré par la réforme d’Usman dan Fodio, un djihad est lancé depuis le nord du Nigeria pour renverser les pouvoirs jugés impies et étendre un ordre islamique. Usman confie cette mission à Modibbo Adama, qui mène la guerre sainte vers l’est et le sud. Cette campagne aboutit à la création de l’émirat d’Adamawa, intégré au califat de Sokoto et s’étendant sur une grande partie du nord du Cameroun.

En quelques décennies, la majorité des populations non musulmanes de cette zone sont soit soumises, soit refoulées vers les montagnes et les forêts. Des sultanats peuls structurent durablement l’espace politique et économique : islamisation, hiérarchies sociales rigides, organisation de la traite et pastoralisme à grande échelle marquent le paysage humain. Cette configuration pèsera ensuite lourd dans les équilibres ethniques et politiques de l’État postcolonial.

Grassfields, Bamoun et Bamileke : chefferies et royaumes de l’Ouest

Dans les hauts plateaux de l’Ouest, entre XIVe et XVIIe siècles, se constituent des ensembles politiques puissants : royaumes bamoun, bamileke, Nso’, Bafut, Kom, Bandjoun et bien d’autres. Ces sociétés, souvent qualifiées de « chefferies » ou de « fondoms », sont loin d’être de simples micro-pouvoirs : elles disposent de systèmes politiques élaborés, d’institutions rituelles complexes et de cultures matérielles raffinées.

Attention :

Fondé par le prince tikar Nshare, avec Foumban pour capitale, le royaume bamoun a étendu son influence par la guerre, le commerce et les alliances. Son expansion s’est poursuivie sous le roi Mboumbouo Mandù à la fin du XVIIIe siècle. Au tournant du XXe siècle, le sultan Ibrahim Njoya a marqué son règne par la création d’une écriture syllabaire, le shu-mom, pour transcrire la langue bamoun, et par la modernisation de la cour via l’ouverture aux influences islamiques et européennes.

Les sociétés bamileke, pour leur part, développent une forte stratification lignagère, une culture politique du consensus encadrée par la chefferie, et une économie agricole et artisanale diversifiée (textiles en raphia, bronze, bois sculpté). Cette densité sociale et économique leur permettra, plus tard, de jouer un rôle majeur dans la vie politique, dans l’économie marchande et dans la contestation anticoloniale.

Forêts et côtes : peuples sans État et royaumes intermédiaires

Au sud et le long du littoral, des sociétés comme les Bassa, Bakweri, Bakoko, Duala et bien d’autres vivent de pêche, de chasse-cueillette et d’agriculture sur brûlis (igname, plantain, mil). Beaucoup sont organisées en clans, sans État centralisé, mais avec des structures de pouvoir reposant sur les aînés, des sociétés secrètes et le culte des ancêtres.

Sur la côte, les Duala prennent une importance particulière à partir de l’ouverture atlantique. Ils deviennent les intermédiaires incontournables entre l’intérieur et les marchands européens : esclaves, ivoire, huile de palme, puis caoutchouc et autres produits passent par leurs comptoirs. Les lignages royaux duala, comme Akwa ou Bell, tirent de cette situation un prestige et une richesse considérables, mais aussi une exposition directe aux pressions coloniales à venir.

Commerce atlantique, missions chrétiennes et premiers Européens

La façade maritime du Cameroun entre dans les récits européens dès le XVe siècle. En 1472, le navigateur portugais Fernão do Pó longe la côte et remonte l’estuaire du Wouri. Impressionné par l’abondance de crustacés, il baptise le cours d’eau « Rio dos Camarões », le « fleuve des crevettes » : de cette appellation naîtra plus tard « Cameroon », puis « Cameroun ».

Astuce :

Pendant plusieurs siècles, la présence européenne (Portugais, Néerlandais, Britanniques, Français et Allemands) fut principalement commerciale, marquée par l’installation de factoreries côtières sans conquête territoriale majeure. La côte, notamment via des ports comme Bimbia ou Douala, servit de maillon clé dans la traite atlantique, exportant des captifs provenant de l’intérieur des terres, en particulier des régions bamileke et bamoun.

À partir du début du XIXe siècle, le vent tourne. Le Royaume-Uni abolit la traite dans son empire en 1807 et mobilise sa marine pour la réprimer sur la côte ouest-africaine. La pression britannique, conjuguée à la fin de l’importation légale d’esclaves aux États-Unis la même année, provoque un net recul du commerce négrier. Le centre de gravité des échanges se déplace alors vers les « produits légitimes » : huile de palme, caoutchouc, ivoire, bois, puis cacao et café.

Bon à savoir :

À partir de 1845, des missions chrétiennes s’établissent sur la côte. Les baptistes anglais (Alfred Saker) fondent des stations à Douala et Limbé, suivis par les presbytériens américains en 1871. Ces missions attirent des esclaves affranchis de diverses régions et introduisent écoles, hôpitaux et une nouvelle vision du monde, contribuant à former les premières élites lettrées.

Pendant ce temps, la côte reste dans une forme de « protectorat informel » britannique, sans annexion formelle mais sous forte influence commerciale et missionnaire. C’est cette situation ambiguë que l’Allemagne va brutalement remettre en cause au moment de la « course au clocher » coloniale.

La colonisation allemande : du protectorat de Kamerun à la révolte

La « ruée sur l’Afrique » des années 1880 voit les puissances européennes se précipiter pour transformer leurs comptoirs en colonies. À Douala, les grandes maisons de commerce allemandes, notamment C. Woermann puis Jantzen & Thormählen, sont déjà solidement implantées depuis les années 1860‑1870. Elles ont acheté de vastes terrains aux chefs locaux, monté des plantations de bananes et développé leur propre flotte reliant Hambourg à la côte camerounaise.

Craignant d’être devancées par le Royaume-Uni, ces firmes font pression sur Berlin. Adolph Woermann, porte-parole des intérêts commerciaux ouest-africains, convainc finalement le chancelier Otto von Bismarck d’abandonner sa réticence à l’égard de l’aventure coloniale. En 1884, Gustav Nachtigal, explorateur et consul, est dépêché sur place avec pour mission de signer des traités de « protection » avec les chefs duala. Le 5 juillet 1884, les premiers accords sont conclus, ouvrant la voie à la proclamation d’un protectorat allemand sur le Kamerun.

La diplomatie allemande obtient la reconnaissance de sa souveraineté sur le littoral du Rio del Rey à Campo, au détriment des influences française et britannique, surprenant Londres. L’appareil administratif colonial se met rapidement en place : un consul est nommé dès 1884, un gouverneur en 1885, la capitale est installée à Buea puis transférée à Yaoundé après la création d’un poste dans les montagnes par l’explorateur Georg Zenker.

Diplomatie allemande à la Conférence de Berlin (1884‑1885)

Un projet économique avant tout

La colonisation allemande du Kamerun obéit clairement au principe résumé par Bismarck : « d’abord le commerçant, ensuite le soldat ». Dans un premier temps, Berlin délègue une large part de l’administration aux grandes compagnies concessionnaires. Celles-ci obtiennent des milliers d’hectares pour y développer des plantations de bananes, de caoutchouc, de palmier à huile et de cacao.

Pour alimenter cette économie d’exportation et les grands chantiers d’infrastructure, le régime impose le travail forcé. Des milliers d’hommes sont réquisitionnés pour ouvrir des routes, poser les rails, défricher les plantations. Deux lignes ferroviaires principales relient progressivement Douala à l’intérieur : une ligne du Nord d’environ 160 kilomètres vers les monts Manengouba, et une ligne d’environ 300 kilomètres vers Makak sur le Nyong. Des ponts spectaculaires, comme celui de 160 mètres sur un bras de la Sanaga, symbolisent cette modernisation contrainte. Un réseau postal et télégraphique est mis en place, et un cabotage fluvial organisé par l’administration permet de joindre la côte à l’hinterland.

Pour mieux saisir ce tournant, on peut schématiser quelques traits de la période allemande dans un tableau comparatif :

AspectSituation avant 1884Période allemande (1884‑1916)
Statut politiqueInfluence informelle britannique, chefferiesProtectorat puis colonie allemande (Kamerun)
Acteurs dominantsChefs côtiers, firmes britanniques/portugaisesGrandes compagnies allemandes, administration impériale
Économie principaleCommerce de traite, huile, ivoirePlantations (banane, caoutchouc, cacao, huile)
TravailEsclavage interne, travail libre forcé par dettesTravail forcé systématisé pour plantations et chantiers
Infrastructures modernesTrès limitéesChemins de fer, routes, postes, télégraphes

Violences coloniales et résistances locales

Derrière cette façade de modernisation se cache une brutalité extrême. Sous le gouvernorat de Jesko von Puttkamer (1895‑1906), la politique de répression atteint un paroxysme : mutilations (mains, organes génitaux, yeux crevés), décapitations, flagellations à grande échelle, massacres de villages entiers. Les colonies allemandes d’Afrique sont affublées du surnom de « colonies du fouet ».

Attention :

Les populations locales sont soumises au travail forcé et à de violentes répressions. Le refus des réquisitions ou de l’impôt entraîne des sanctions, parfois collectives. Des expéditions punitives, comme celles menées par Hans Dominik, aboutissent à des massacres de civils, des noyades d’enfants et des campagnes de ‘terre brûlée’, notamment contre les Duala suspectés de collusion avec l’ennemi.

Face à cette violence, les réactions indigènes oscillent entre collaboration intéressée, résistance ouverte et stratégies intermédiaires. Des figures comme Rudolf Duala Manga Bell et Martin Paul Samba tentent, au début du XXe siècle, de contester légalement les expropriations foncières et les abus de pouvoir. Leurs pétitions sont ignorées, et tous deux sont finalement exécutés en 1914 pour « haute trahison », devenant des symboles précoces du nationalisme camerounais.

Exemple :

Certains rois des Grassfields, comme Njoya des Bamoun, concluent des pactes avec les autorités coloniales allemandes. Ils fournissent des guerriers et servent de consultants en échange d’une protection contre des ennemis locaux, mais ces alliances sont souvent instrumentalisées par les Allemands pour réprimer d’autres formes de résistance.

Plusieurs facteurs limitent la possibilité d’une résistance unifiée : dispersion des villages, rivalités inter-ethniques, absence de conscience nationale partagée, manque de soutien extérieur (la conférence de Bruxelles de 1890 scellant une entente européenne pour la « lutte contre la traite » permet aussi de marginaliser les résistants africains au nom du « progrès »).

Expansion territoriale et Première Guerre mondiale

Au plan géopolitique, l’Allemagne cherche à agrandir son Kamerun. Après des négociations avec la France, le traité de Fès de 1911 met un terme à la crise d’Agadir : Berlin renonce à ses prétentions sur le Maroc en échange de près de 300 000 km² pris sur l’Afrique équatoriale française. Ce « Neukamerun » (Nouveau Cameroun) prolonge la colonie vers le sud et l’est (actuels Gabon, Congo, République centrafricaine, Tchad), tandis qu’une petite bande au Tchad est cédée à Paris.

Mais cette expansion reste de courte durée. Dès août 1914, au déclenchement de la Première Guerre mondiale, les forces franco‑britanniques (et belges) envahissent le Kamerun. Malgré une résistance acharnée, des victoires locales comme les premières batailles de Garoua, puis le repli stratégique vers l’intérieur montagneux, les troupes allemandes sont submergées par la supériorité numérique alliée. En février 1916, après la reddition du dernier fort de Mora et la fuite d’une partie du contingent vers la Guinée espagnole, la colonie tombe entièrement.

Le partage franco-britannique : mandats, assimilation et indirect rule

La défaite allemande ouvre une nouvelle phase de l’histoire du pays au Cameroun. En 1919, le traité de Versailles entérine le démantèlement des colonies allemandes. Le dispositif de la Société des Nations (SDN), créé par l’article 22 de son Pacte, prévoit que les territoires « incapables de se diriger eux-mêmes » soient administrés par des puissances mandataires au nom d’une « mission sacrée de civilisation ». Ces territoires, arrachés aux vaincus de la Première Guerre mondiale, ne peuvent être annexés officiellement, mais leur gestion reste fortement coloniale.

Le Kamerun est classé en mandat de type B, censé exiger un encadrement plus étroit que les mandats de type A (principalement au Moyen-Orient) mais sans être totalement assimilé au territoire national du mandataire comme les mandats de type C. Le mandat interdit notamment la création de bases militaires ou navales sur le territoire, mais confère à l’administration des pouvoirs étendus.

Deux Cameroun au sein du système des mandats

La SDN confie environ quatre cinquièmes du territoire à la France (432 000 km² et environ deux millions d’habitants), et un cinquième au Royaume-Uni (88 000 km² et environ 500 000 habitants). Cette partition suit une ligne provisoire dite « Picot », coupant sans ménagement des ensembles ethniques, familiaux, linguistiques et commerciaux.

Bon à savoir :

Après la Première Guerre mondiale, la partie française du Cameroun est administrée depuis Yaoundé selon un modèle assimilationniste : interdiction du bilinguisme (l’allemand est banni au profit du français), imposition du système scolaire français, centralisation administrative et exploitation économique par de grandes sociétés métropolitaines. Les propriétés allemandes sont largement redistribuées à des entreprises françaises, comme la Société financière des Caoutchoucs, qui domine le secteur des plantations.

La partie britannique, appelée « British Cameroons », n’est pas gérée comme une colonie distincte, mais rattachée administrativement au Nigeria, d’abord de facto dès 1916 puis officiellement sous mandat de la SDN en 1922. Le Royaume-Uni y applique sa politique classique d’« indirect rule » : les autorités coloniales gouvernementales appuient leur pouvoir sur les chefs locaux, les sultanats et, dans le cas des zones de plantations du Sud, sur les anciens propriétaires allemands, qui récupèrent souvent leurs domaines lors des enchères d’après-guerre. L’anglais remplace l’allemand comme langue officielle, mais assez peu de moyens sont réellement investis dans cette « bande oubliée » où l’on parle fréquemment d’une administration de négligence.

Comparaison des zones économiques

Un tableau synthétique pour visualiser l’ampleur de la divergence entre les deux zones économiques.

Zone économique A

Caractérisée par une croissance modérée et une inflation maîtrisée.

Zone économique B

Marquée par une expansion rapide et des tensions inflationnistes.

ÉlémentCameroun français (mandat SDN, puis tutelle ONU)Cameroons britannique (mandat SDN, puis tutelle ONU)
Puissance mandataireFranceRoyaume-Uni
Statut administratifTerritoire distinct, capitale à YaoundéRattaché au Nigeria, administré depuis Lagos
Politique colonialeAssimilation, centralisation, administration directeIndirect rule, appui sur chefs locaux et structures existantes
Langue officielleFrançaisAnglais
Sort des plantationsReprises par firmes françaisesMajoritairement rachetées par les anciens propriétaires allemands
Investissement infrastructureRoutes, chemins de fer, grands chantiers publicsLimité, priorité au Nigeria

En 1946, la Société des Nations disparaît. Ses mandats sont transférés au système onusien de « territoires sous tutelle ». Le Cameroun français et le Cameroun britannique deviennent des territoires sous tutelle de l’ONU, administrés respectivement par Paris et Londres sous un contrôle international théoriquement plus rigoureux, mais dans les faits assez faible.

Nationalismes, UPC et guerre d’indépendance

La Seconde Guerre mondiale et la création de l’ONU changent la donne. La rhétorique des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, le discrédit du colonialisme après les horreurs du conflit et l’exemple d’indépendances en Asie nourrissent les revendications africaines. Au Cameroun français, la question prend rapidement une tournure explosive.

En 1948, à Douala, des militants syndicalistes et intellectuels créent l’Union des populations du Cameroun (UPC). Parmi eux, Ruben Um Nyobè, Félix‑Roland Moumié, Ernest Ouandié, Abel Kingué. Leur programme est clair : indépendance immédiate, réunification des Cameroun français et britannique, et orientation politique socialiste. Um Nyobè porte à plusieurs reprises (1952, 1953, 1954) la cause camerounaise devant l’Assemblée générale des Nations unies, dénonçant la répression française et les ambiguïtés du système de tutelle.

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Nombre officiel de morts lors de la répression des manifestations de mai 1955 au Cameroun, bien que des rapports internes français suggèrent un bilan plus lourd.

Le 13 juillet 1955, Paris interdit l’UPC. Près de 800 militants sont arrêtés, beaucoup torturés. Les dirigeants entrent dans la clandestinité. À partir du 18 décembre 1956, les maquis se structurent, notamment dans les zones Bassa (Sanaga-Maritime) et Bamileke à l’Ouest. Les guérilleros de l’UPC, regroupés au sein du Comité national d’organisation puis de l’Armée de libération nationale du Kamerun (ALNK), multiplient les actions, malgré un armement limité.

plusieurs centaines de milliers

Les estimations des victimes de la guerre d’indépendance camerounaise varient de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers.

L’UPC obtient un soutien symbolique de figures du nationalisme africain comme Gamal Abdel Nasser en Égypte ou Kwame Nkrumah au Ghana, mais cela ne compense pas son isolement militaire. À l’ONU, l’affaire camerounaise est portée par plusieurs délégations, dont l’Inde, la Syrie ou l’URSS, qui dénoncent la violence de la tutelle française.

Vers l’indépendance : Ahidjo, l’ONU et la marginalisation des maquis

Paradoxalement, c’est dans ce contexte de guerre que se met en place le calendrier institutionnel menant à l’indépendance. En 1957, une « Statut du Cameroun » fait du territoire français un « État associé » à l’Union française, avec une citoyenneté camerounaise distincte et une Assemblée législative dotée de pouvoirs étendus, mais toujours sous la tutelle du Haut-commissaire français. André-Marie Mbida en devient le premier Premier ministre.

Bon à savoir :

En février 1958, sous l’influence de la France, André-Marie Mbida est contraint à la démission. Il est remplacé par Ahmadou Ahidjo, un ancien télégraphiste peul formé dans l’administration et chef de l’Union camerounaise. Ahidjo incarne une ligne modérée, prônant une indépendance négociée, le maintien des liens économiques et militaires avec la France, et le rejet de la radicalité de l’UPC.

En septembre 1958, Ruben Um Nyobè est tué dans une opération de l’armée française près de Boumnyebel. Son corps est secrètement inhumé pour éviter qu’il ne devienne un lieu de pèlerinage. D’autres dirigeants de l’UPC, dont Félix‑Roland Moumié, seront éliminés à l’étranger par les services français (Moumié meurt empoisonné à Genève en 1960). La décapitation politique du mouvement facilite l’affirmation d’Ahidjo comme interlocuteur privilégié.

Bon à savoir :

En 1958, l’Assemblée législative camerounaise demande officiellement l’indépendance. Paris reconnaît ce droit et saisit l’ONU, qui envoie une mission d’enquête. En mars 1959, l’Assemblée générale de l’ONU adopte une résolution actant la fin de la tutelle au jour de l’indépendance. La République du Cameroun est finalement proclamée le 1er janvier 1960, devenant ainsi la deuxième colonie d’Afrique subsaharienne francophone à accéder à la souveraineté, après la Guinée.

Le nouveau président, Ahmadou Ahidjo, élu par l’Assemblée après référendum constitutionnel, maintient des liens étroits avec la France. Les conseillers, les officiers et les entreprises françaises restent omniprésents dans tous les secteurs clés. Dans le même temps, la guerre contre les maquis de l’UPC se poursuit, cette fois conduite par une armée désormais « camerounaise » mais encore encadrée par Paris. La rébellion est progressivement écrasée ; le dernier grand chef militaire est capturé en 1970, et le conflit ne prendra officiellement fin qu’en 1971.

Le casse-tête de la réunification : British Cameroons entre Nigeria et Yaoundé

Pendant que le Cameroun français négocie son indépendance, le sort du Cameroun britannique reste en suspens. Placé, lui aussi, sous tutelle de l’ONU mais administré depuis Lagos, ce territoire est divisé en deux entités : Northern Cameroons (majoritairement musulman, lié aux émirats haoussa‑fulani) et Southern Cameroons (majoritairement chrétien, orienté vers les Grassfields, Buea, Bamenda).

Exemple :

Dans les années 1950 au Southern Cameroons, deux partis principaux s’opposent sur l’avenir du territoire. Le Kamerun National Congress (KNC) du Dr E.M.L. Endeley défend l’intégration au Nigeria indépendant. En 1955, une scission donne naissance au Kamerun National Democratic Party (KNDP) de John Ngu Foncha, qui milite pour la séparation d’avec le Nigeria et la réunification avec le Cameroun francophone. La victoire du KNDP aux élections de janvier 1959 renforce cette perspective de rapprochement avec Yaoundé.

Sous pression de l’ONU, un plébiscite est organisé le 11 février 1961 dans les deux régions britanniques. Fait déterminant : l’option de l’indépendance pure et simple est exclue du bulletin. Les électeurs doivent choisir entre rattachement au Nigeria ou au Cameroun. Au Nord, la majorité opte pour le Nigeria, choix entériné par l’Assemblée générale des Nations unies. Au Sud, la population vote pour la réunification avec la jeune République du Cameroun. Sur environ 331 000 suffrages valides, près de 233 000 voix se prononcent pour le Cameroun contre moins de 98 000 pour le Nigeria.

Il reste à définir les modalités de cette union. Une conférence constitutionnelle se tient à Foumban en juillet 1961, réunissant la délégation de Southern Cameroons conduite par Foncha et celle de la République du Cameroun emmenée par Ahidjo. Les discussions débouchent sur un projet de constitution fédérale inspiré largement du texte déjà en vigueur à Yaoundé, qui ménage toutefois une autonomie substantielle aux deux États fédérés : Cameroun oriental (ex‑français) et Cameroun occidental (ex‑Southern Cameroons).

Le 1er octobre 1961, date devenue jour de l’Unification, la tutelle britannique prend fin et la Fédération de la République du Cameroun est proclamée. Yaoundé devient capitale fédérale et capitale de l’État de l’Est, tandis que Buea retrouve un statut de capitale, cette fois de l’État de l’Ouest. Ahmadou Ahidjo est président fédéral, John Ngu Foncha cumule les fonctions de Premier ministre du Cameroun occidental et de vice‑président de la fédération.

Du fédéralisme à l’État unitaire : centralisation et frustrations anglophones

La fédération camerounaise telle qu’instituée en 1961 repose sur un équilibre fragile. D’un côté, les élites anglophones souhaitent préserver un haut degré d’autonomie, notamment en matière de système juridique (common law), d’éducation et d’organisation administrative. De l’autre, Ahidjo voit dans le fédéralisme une étape transitoire et plaide pour un État plus intégré, au nom de la « construction nationale » et de la lutte contre le tribalisme.

Attention :

À partir de 1966, sous prétexte de la guerre contre l’UPC, le régime d’Ahidjo instaure un État centralisé et autoritaire. Des mesures d’exception (détentions arbitraires, censure, restrictions des libertés) sont mises en place. Tous les partis politiques sont dissous et fusionnés de force dans un parti unique, l’Union nationale camerounaise (UNC), présidée par Ahidjo, concentrant tous les pouvoirs à Yaoundé malgré la structure fédérale formelle.

Le 20 mai 1972, un référendum est organisé pour remplacer le système fédéral par un État unitaire. La consultation, dont les résultats officiels affichent plus de 99 % de « oui », transforme la Fédération en « République unie du Cameroun ». Les deux États fédérés disparaissent, remplacés quelques années plus tard par un découpage en provinces administratives. Pour beaucoup d’anglophones, cette réforme est vécue comme une trahison des accords de Foumban, une assimilation forcée et le début du « problème anglophone ».

Bon à savoir :

La modification du drapeau en 1975, où deux étoiles ont été remplacées par une seule étoile centrale, vise à symboliser l’unité nationale retrouvée et consacre visuellement la centralisation de l’État. Cependant, cette change est également perçue par la communauté anglophone comme la dilution de sa spécificité au sein d’un État majoritairement francophone.

Ahidjo puis Biya : autoritarisme, stabilité et crises

Sur le plan politique, Ahmadou Ahidjo dirige le pays d’une main de fer de 1960 à 1982. En s’appuyant sur l’armée, les services de sécurité et un parti unique qui intègre une grande partie des élites régionales, il maintient un ordre autoritaire présenté comme garant de la paix ethnique et de la modernisation. Les opposants sont marginalisés, emprisonnés ou, dans le cas de l’UPC, éliminés. Des élections plébiscitaires (100 % des voix en 1970, avec 99,4 % de participation officielle) légitiment périodiquement sa présidence.

Bon à savoir :

Après l’indépendance, la politique économique repose sur un « libéralisme planifié », combinant initiative privée et contrôle étatique. L’économie est d’abord dominée par l’agriculture de rente (cacao, café, coton). À partir de la fin des années 1970, la découverte du pétrole offshore transforme radicalement l’économie, faisant des hydrocarbures la principale source de PIB, de recettes publiques et d’exportations. Cette croissance est structurée par des plans quinquennaux, avec d’importants investissements dans les infrastructures, l’énergie hydraulique et l’éducation.

Cette réussite apparente masque cependant une corruption croissante, une gestion opaque, en particulier des revenus pétroliers – placés sur des comptes « hors budget » à l’étranger, selon plusieurs sources – et une dépendance structurelle vis-à-vis des matières premières. Elle est aussi achetée au prix d’un verrouillage politique complet, notamment dans les régions anglophones où toute contestation du modèle unitaire est réprimée.

En novembre 1982, contre toute attente, Ahidjo annonce sa démission pour raison de santé et désigne son Premier ministre, Paul Biya, comme successeur constitutionnel. Ce dernier est un haut fonctionnaire originaire du groupe beti‑pahuin (sous-groupe bulu), chrétien du Sud, parfaitement intégré dans l’appareil d’État. Son accession à la présidence est d’abord interprétée comme une transition maîtrisée, voire l’ouverture d’un « renouveau » démocratique : quelques élections internes au parti sont autorisées, un discours plus libéral est affiché.

Mais très vite, une lutte de pouvoir oppose le président en exercice à son prédécesseur, resté à la tête du parti unique, alors rebaptisé Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). En 1983, Ahidjo est poussé à la démission, s’exile en France puis au Sénégal et, en 1984, un coup d’État mené par la Garde républicaine, largement composée de soldats originaires du Nord, tente de renverser Biya. L’échec du putsch (70 morts, plus d’un millier d’arrestations, dizaines d’exécutions) renforce la méfiance du nouveau régime, qui renoue avec des méthodes autoritaires. Le nom du pays est modifié : en 1984, il redevient « République du Cameroun », reprenant l’intitulé de la seule ex‑colonie française – un symbole qui ravive le ressentiment anglophone, certains y voyant une négation de la composante britannique.

Démocratisation contrôlée et résurgence du problème anglophone

La vague de transitions démocratiques qui traverse l’Afrique au tournant des années 1990 atteint le Cameroun. Sous la pression de mouvements étudiants, syndicaux et de partis clandestins, le pouvoir légalise le multipartisme en 1990. Des figures comme John Fru Ndi, fondateur du Social Democratic Front (SDF) à dominante anglophone, deviennent les visages d’une opposition plurielle.

Les premières élections pluralistes ont lieu en 1992 pour la présidentielle et les législatives. Biya est déclaré vainqueur du scrutin présidentiel avec environ 40 % des voix, contre 36 % pour Fru Ndi, dans un contexte marqué par des accusations massives de fraude et d’intimidation. Les observateurs internationaux jugent le scrutin loin des standards démocratiques. Le RDPC conserve la main sur l’Assemblée nationale, même lorsqu’il doit pactiser avec de petites formations pour garder une majorité.

Bon à savoir :

Une révision en 1996 introduit l’État « unitaire décentralisé », crée un Sénat et des conseils régionaux, fixe le mandat présidentiel à 7 ans renouvelable et désigne le président du Sénat comme successeur constitutionnel. Cependant, ces réformes sont restées largement théoriques pendant plus de 15 ans : le Sénat n’est établi qu’en 2013, les conseils régionaux tardent à être mis en place, et le pouvoir exécutif demeure très concentré entre les mains du président.

Sur le plan identitaire, la question anglophone réapparaît avec force. De nombreux ressortissants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dénoncent la marginalisation de leur langue, de leur système juridique et de leurs régions, ainsi que la non-application de l’esprit de la fédération de 1961. Des mouvements comme le Southern Cameroons National Council (SCNC) réclament d’abord un retour au fédéralisme, puis, pour certains courants, la sécession pure et simple. L’État répond par l’interdiction de ces organisations, des arrestations et des procès, sans offrir de réponse politique de fond.

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Nombre de personnes tuées lors de la répression des protestations dans les régions anglophones du Cameroun entre octobre 2016 et février 2017.

Le 1er octobre 2017, date symbolique d’unification, des leaders séparatistes proclament l’indépendance des régions anglophones sous le nom de « République fédérale d’Ambazonie ». Des groupes armés comme les Ambazonia Defence Forces (ADF) s’engagent dans une guérilla contre les forces de sécurité. L’État lance une vaste offensive militaire. Le conflit, désormais connu comme la « crise anglophone », fait des milliers de morts, plus de 900 000 déplacés internes et environ 60 000 réfugiés à l’étranger. Malgré une tentative de « dialogue national » en 2019 et l’octroi d’un « statut spécial » aux deux régions anglophones en 2020, les combats se poursuivent et la méfiance demeure.

Une histoire longue qui pèse encore sur le présent

L’histoire du pays au Cameroun n’est pas une simple succession de dates et de régimes. C’est un enchevêtrement de couches : d’anciens empires sahéliens et djihads peuls qui ont structuré le nord ; des chefferies des Grassfields et des royaumes bamoun et bamileke dont les logiques politiques continuent de façonner les solidarités locales ; une côte marquée par l’intermédiation commerciale duala et les premières expériences missionnaires ; une colonisation allemande brutale mais modernisatrice sur le plan des infrastructures ; un partage franco-britannique qui a imposé une fracture linguistique durable ; une guerre d’indépendance longtemps occultée mais déterminante dans la construction de l’État postcolonial ; enfin, une réunification inachevée, source de tensions politiques majeures.

Bon à savoir :

Les longues périodes de régime autoritaire sous Ahidjo et Biya ont apporté une stabilité et une croissance économique, mais ont également engendré un système politique verrouillé, une corruption endémique et une forte centralisation. Ces facteurs ont alimenté les frustrations régionales. Les crises contemporaines, comme la contestation anglophone, l’insurrection de Boko Haram dans l’Extrême-Nord et les vulnérabilités économiques, sont directement liées à cet héritage historique.

Dans ce contexte, la mémoire des grandes figures de l’histoire camerounaise – Ruben Um Nyobè, Ahmadou Ahidjo, John Ngu Foncha, mais aussi des milliers d’anonymes tombés dans les maquis ou les prisons coloniales et postcoloniales – reste un enjeu de débat. Entre réhabilitation partielle des héros de l’indépendance, reconnaissance encore timide des violences coloniales et exigence d’un nouveau contrat politique plus inclusif, la société camerounaise continue de négocier avec son passé pour tenter de dessiner un avenir commun.

Bon à savoir :

L’histoire du Cameroun n’est pas un récit clos mais un champ de forces toujours actif, marqué par d’anciennes fractures qui se rejouent : entre centre et périphéries, héritages français et britanniques, mémoire officielle et mémoires subalternes. Comprendre cette histoire implique de mesurer comment les choix passés (djihads peuls, traités de protectorat, réformes constitutionnelles de 1961 et 1972) pèsent encore puissamment sur le Cameroun contemporain.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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