Créer une société offshore aux Bermudes ou dans un autre paradis fiscal caraïbe : que choisir en 2026 ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Monter une structure offshore dans les Caraïbes n’a jamais été aussi technique. Entre l’introduction d’un impôt sur les sociétés aux Bermudes pour certains groupes, le durcissement des règles de substance économique, les nouveaux registres de bénéficiaires effectifs et la pression du GAFI et de l’OCDE, le simple réflexe « zéro impôt, zéro paperasse » ne tient plus.

Bon à savoir :

En 2026, le choix d’une société offshore ne repose plus seulement sur le niveau d’imposition, mais sur la capacité du territoire à offrir des services bancaires solides, une conformité réglementaire et une crédibilité auprès des partenaires. Comparer les Bermudes aux autres paradis fiscaux des Caraïbes implique d’arbitrer entre coût, réglementation et réputation.

Un nouveau paysage fiscal et réglementaire caraïbe

Depuis quelques années, la région a dû s’adapter à un double choc : les standards internationaux de transparence (CRS, FATCA, registres de bénéficiaires effectifs) et le plan BEPS de l’OCDE, complété par le Pilier Deux et son impôt minimum mondial de 15 % pour les grands groupes.

Exemple :

Les Bermudes illustrent parfaitement cette nouvelle donne. Historiquement, le territoire se présentait comme entièrement « tax neutral » : pas d’impôt sur le revenu, pas d’impôt sur les sociétés, pas de taxe sur les plus-values, ni de TVA. Cette image reste vraie pour la majorité des entreprises, mais elle est désormais nuancée.

En décembre 2023, les Bermudes ont adopté un Corporate Income Tax Act instaurant un impôt sur les sociétés de 15 % pour les entités bermudiennes appartenant à un groupe multinational dont le chiffre d’affaires consolidé dépasse 750 millions d’euros. Il s’agit d’une application domestique du Pilier Deux de l’OCDE, qui aligne le territoire sur les règles GloBE et permet à l’archipel de rester dans les bonnes grâces des instances internationales.

Attention :

Les Bermudes imposent un régime de substance économique strict aux sociétés menant des activités pertinentes (banque, assurance, gestion de fonds, financement/leasing, sièges, shipping, distribution, services, propriété intellectuelle, entités de détention). Les fonctions génératrices de revenus (CIGA) doivent être exercées localement, avec des locaux, des salariés qualifiés et des dépenses suffisantes sur le territoire.

La tendance n’est pas isolée : dans de nombreux paradis fiscaux caraïbes, les IBC doivent désormais démontrer une substance minimale, souvent avec des administrateurs locaux et un suivi de conformité annuel. Le message est clair : l’ère de la coquille vide dormante est révolue.

Bermudes : une place premium, pas un « no tax » générique

Pour un entrepreneur qui envisage Créer une société offshore aux Bermudes ou dans un autre paradis fiscal caraïbe : que choisir en 2026 ?, il faut comprendre que les Bermudes sont positionnées sur un segment haut de gamme.

L’archipel est un territoire de common law avec un cadre juridique solide, un régulateur financier de premier rang (la Bermuda Monetary Authority, BMA) et une tradition d’accueil des grands groupes, notamment dans l’assurance et la réassurance. L’OCDE confirme régulièrement que le pays respecte les standards de transparence et les règles contre les régimes fiscaux dommageables.

Fiscalité bermudienne : zéro pour la plupart, 15 % pour les géants

Le nouvel impôt sur les sociétés ne concerne que les entreprises faisant partie d’un groupe multinational dépassant 750 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour ces groupes, le taux est de 15 % sur le revenu net taxable du « BCE Group », c’est-à-dire un agrégat d’entités bermudiennes appartenant au groupe. Les modalités sont pensées pour coller au Pilier Deux : acomptes, régularisation (« true-up »), déclaration centralisée.

Astuce :

Pour les autres sociétés, la fiscalité reste inchangée : pas d’impôt sur les bénéfices, ni de retenue à la source sur dividendes, intérêts ou redevances, et aucune imposition des plus-values, de la fortune ou des successions. La pression fiscale directe provient principalement de la payroll tax, des cotisations de sécurité sociale et de la taxe foncière.

Autrement dit, une PME internationale ou un family office qui ne rentre pas dans le radar des grands groupes continue de bénéficier d’un environnement de 0 % d’impôt sur les sociétés, tout en profitant de la reconnaissance internationale de la place.

Substance économique : un vrai sujet aux Bermudes

Les Bermudes ont mis en place dès 2019 un Economic Substance Act et des règlements associés, régulièrement mis à jour. Les entités exerçant une activité pertinente doivent prouver qu’elles sont réellement « gérées et dirigées » depuis l’archipel, que leurs CIGA y sont réalisées, qu’elles disposent de locaux et de salariés adéquats, et qu’elles supportent des dépenses cohérentes avec leur niveau d’activité.

Les critères sont détaillés : réunions de conseil tenues aux Bermudes, procès-verbaux conservés sur place, représentants résidents correctement mandatés, contrats et flux financiers retraçables, justification chiffrée des dépenses locales. Les déclarations de substance doivent être déposées chaque année, via un portail électronique, dans un délai déterminé à compter de la clôture des comptes.

500

Amende quotidienne maximale, en dollars, imposée par la CIT Agency pour retard de dépôt ou non-coopération.

La conséquence pour un entrepreneur est claire : une société bermudienne ne peut plus rester purement « papier ». Même si le coût de structure reste raisonnable pour un petit véhicule de détention ou une holding, il faut prévoir un budget de fonctionnement et une organisation minimale pour ne pas être considéré comme un montage artificiel.

Transparence et bénéficiaires effectifs

Sur le terrain de la transparence, les Bermudes ont franchi un cap en 2025 avec un Beneficial Ownership Act spécifique, qui consolide dans un seul texte toutes les obligations liées aux bénéficiaires effectifs. L’acte impose à presque toutes les personnes morales (sociétés, LLC, partenariats) d’identifier les individus détenant ou contrôlant au moins 25 % des droits de vote, du capital ou des intérêts, ou exerçant un contrôle effectif par d’autres moyens.

Les personnes identifiées doivent communiquer des informations détaillées (identité, adresse, nature et étendue du contrôle) et les sociétés doivent tenir un registre interne à jour, tout en transmettant les données au registre central géré par le Registrar of Companies. Ce registre n’est pas ouvert au public, mais il est accessible à certaines autorités et « persons » définis par la loi (organismes réglementaires, entités sous réglementation anti-blanchiment, etc.). Un projet d’élargissement de l’accès pour les personnes ayant un « intérêt légitime » est en voie de finalisation.

Bon à savoir :

Pour un porteur de projet, l’anonymat absolu n’est plus possible : les banques et prestataires auront accès à l’identité des bénéficiaires effectifs, et les autorités locales pourront partager ces données lors d’échanges d’informations internationaux.

Gouvernance et conformité : un cadre dense mais prévisible

Il n’existe pas de code de gouvernance unique aux Bermudes, mais le Companies Act 1981, les règlements boursiers du BSX (pour les sociétés cotées) et toute une série de codes sectoriels encadrent les obligations des administrateurs et dirigeants.

Les entités financières sont, elles, sous la férule de la BMA qui a durci ses exigences en matière de « fitness and propriety », de surveillance des fonctions de contrôle et de responsabilité des dirigeants. Les dirigeants peuvent désormais faire l’objet de sanctions individuelles en cas de manquement grave.

À cela s’ajoutent d’autres blocs réglementaires :

un régime de substance détaillé, avec déclarations annuelles via le système BOSS et les portails électroniques ;

– un Data Protection Act (PIPA) effectif depuis début 2025, imposant la désignation d’un « privacy officer », l’adoption de politiques internes et une analyse des risques liés aux données personnelles ;

– des obligations anti-blanchiment et de lutte contre le financement du terrorisme intégrées dans la réglementation sectorielle et les POCA Regulations.

Pour certains investisseurs, cette complexité est un frein ; pour d’autres, c’est un gage de sérieux qui facilite la levée de fonds et l’acceptation bancaire.

Anguilla, Bahamas, BVI, Cayman, St. Lucia… des profils très différents

Face à cette place premium qu’incarnent les Bermudes, les autres paradis fiscaux caraïbes proposent des modèles plus orientés vers la rapidité de création, le coût réduit ou une fiscalité plus catégoriquement à 0 %.

Anguilla : fiscalité neutre, coûts modérés, substance ciblée

Anguilla est l’un des exemples les plus parlants de juridiction « tax neutral » en 2026. Le territoire n’impose ni impôt sur les sociétés, ni impôt sur le revenu, ni retenue à la source sur dividendes, intérêts ou redevances, ni impôt sur les plus-values. Pour une structure offshore classique (holding, prestation de services internationale, détention d’actifs), la pression fiscale locale est donc nulle.

200

Les frais gouvernementaux d’incorporation et de renouvellement annuel pour une LLC, une Business Company ou une IBC s’élèvent à environ 200 dollars chacun.

Pour se faire une idée rapide des coûts, on peut résumer ainsi :

Postes de coûts pour une société à AnguillaMontant indicatif (USD)
Frais gouvernementaux d’incorporation~200
Agent enregistré (par an)~595
Gestion de renouvellement annuel~150
Frais gouvernementaux annuels~200
Coût récurrent total simple (LLC/BC)~945

À cela peuvent s’ajouter des services optionnels : directeurs ou actionnaires « nominees » (souvent entre 500 et 1 000 dollars par an chacun), assistance bancaire, apostilles, etc. Des offres plus complètes — intégrant accompagnement bancaire, rédaction d’accords d’exploitation, voire solutions « turnkey » avec compte crypto — peuvent monter à plusieurs milliers de dollars.

Côté réglementation, Anguilla a également adopté un régime de substance économique. Pour les sociétés exerçant une activité pertinente (au sens des recommandations internationales), il faut démontrer que les CIGA ont lieu sur place, que des dépenses sont engagées localement et que les décisions stratégiques sont prises à Anguilla. Des réunions de conseil doivent y être tenues à une fréquence adaptée, et les structures de co-working peuvent être utilisées à condition de rester cohérentes avec l’activité.

Bon à savoir :

La conformité repose sur un registre des bénéficiaires effectifs et des agents enregistrés soumis à une politique KYC stricte : passeport certifié, justificatif de domicile récent, références professionnelles, source de richesse et des fonds, CV, documents de constitution pour les actionnaires corporatifs. Pour les profils sensibles (pays à haut risque, crypto, métaux précieux), une due diligence renforcée est imposée.

Autres paradis fiscaux caraïbes : trois axes de comparaison

Pour Créer une société offshore aux Bermudes ou dans un autre paradis fiscal caraïbe : que choisir en 2026 ?, il faut raisonner autour de plusieurs paradigmes.

D’abord, la fiscalité. Le tableau ci-dessous résume la situation de quelques grandes places caraïbes en matière d’impôt sur les sociétés dans le contexte du Pilier Deux :

JuridictionTaux théorique d’ISStatut Pilier Deux / QDMTT
Bermudes0 % / 15 %*QDMTT à 15 % pour grands groupes
Bahamas0 % / 15 %*QDMTT à 15 % pour grands groupes
Anguilla0 %Aucun impôt minimum mis en place
Îles Caïmans0 %Pas de QDMTT à ce stade
Îles Vierges britanniques0 %Pas de QDMTT, 0 % effectif

* 0 % pour la plupart des sociétés, 15 % pour les multinationales dépassant 750 M€ de CA annuel.

Bon à savoir :

La plupart des juridictions sérieuses (Caïmans, BVI, Bahamas, Anguilla, Bermudes) imposent un test de substance avec déclaration annuelle (activité, employés locaux, dépenses, locaux, fonctions clés). Les petites holdings passives sont classées en « pure equity holding entities » avec exigences minimales (siège, gouvernance, registres), tandis que les structures actives doivent prouver une présence réelle.

Enfin, la transparence et le risque réputationnel. La région vit sous la pression combinée :

– des évaluations du GAFI (liste grise, liste noire) ;

– de la liste européenne des juridictions non coopératives (les Turks and Caicos, par exemple, ont été ajoutées en 2026, alors qu’Anguilla reste sous surveillance en Annexe II) ;

– des indices de type Corporate Tax Haven Index ou Financial Secrecy Index, qui classent BVI et Caïmans comme « hubs à haut risque » en matière de secret financier.

Une étude récente sur plus de 500 multinationales a montré que la présence visible dans certaines juridictions très connotées impacte plus fortement la réputation que dans d’autres, surtout lorsque ces pays sont perçus comme corrompus ou peu transparents. Pour un groupe coté ou une fintech régulée, utiliser un territoire jugé « toxique » par les régulateurs et les ONG peut compliquer l’accès aux banques correspondantes, renchérir le coût du capital et alourdir les exigences de due diligence.

Coûts de création : Bermudes versus concurrents

Sur le plan des coûts, les Bermudes sont nettement au-dessus de la moyenne régionale pour l’incorporation d’une société offshore classique.

7 000 à 10 000

Coût en dollars pour la première année d’un package complet de constitution d’une société exemptée aux Bermudes, incluant l’approbation de la BMA, l’enregistrement et les services corporatifs de base.

À titre de comparaison, certains prestataires offshore facturent :

Juridiction (offshore générique)Coût package complet (USD) – 1re année*
Anguilla~2 800
Bahamas~1 995
Belize~1 495
Bermudes~7 800

* Estimations issues de barèmes de prestataires, incluant frais gouvernementaux, agent, siège, formalités de base.

Ces chiffres doivent être pris avec recul, car ils ne couvrent ni la tenue de comptabilité, ni les services de nominé, ni l’assistance bancaire, ni les éventuelles licences sectorielles. Mais la hiérarchie des coûts est claire : les Bermudes jouent dans une autre catégorie tarifaire par rapport à Anguilla, Belize ou Bahamas.

Sécurité bancaire, conformité et accès aux marchés

En 2026, la facilité d’ouverture de compte bancaire pour une structure offshore dépend moins du taux d’IS local que de la perception globale du territoire sur trois plans : conformité AML/CTF, transparence fiscale et risque géopolitique.

Dans ce jeu, les Bermudes tirent profit de leur image de centre financier « institutionnel », très encadré, avec un régulateur reconnu et une adhésion pleine aux standards OCDE/GAFI. Les banques — qu’elles soient locales ou étrangères — regardent généralement d’un bon œil les structures bermudiennes, à condition que le dossier KYC soit solide.

Attention :

Les territoires inscrits sur la liste noire européenne ou au Financial Secrecy Index subissent des difficultés croissantes comme des demandes de documentation multipliées, des délais d’ouverture allongés ou des refus systématiques de banques internationales. L’UE précise que cette inscription peut restreindre l’accès à certains fonds, renforcer les contrôles sur les flux et imposer des mesures défensives.

Anguilla illustre un cas intermédiaire : bien que tax neutral et sous surveillance de l’UE, le territoire a renforcé ses règles AML, mis en œuvre CRS 2.0 et un registre de bénéficiaires effectifs, et s’aligne sur les directives de son Financial Services Commission. Pour une société correctement documentée, les banques restent ouvertes au dossier, mais exigeront généralement un pack EDD (Enhanced Due Diligence) : preuve d’activité commerciale réelle, structure de groupe claire, justification de la domiciliation à Anguilla plutôt que dans le pays de résidence des bénéficiaires.

Comment arbitrer : Bermudes ou autre paradis fiscal caraïbe ?

Pour répondre à la question Créer une société offshore aux Bermudes ou dans un autre paradis fiscal caraïbe : que choisir en 2026 ?, il faut intégrer au moins quatre dimensions : la taille et la nature du groupe, le profil de risque accepté, le budget et l’usage de la structure.

1. Profil du groupe : multinational ou entrepreneur international ?

Si vous dirigez un groupe dont le chiffre d’affaires consolidé approche ou dépasse les 750 millions d’euros, la logique Pilier Deux s’impose de toute façon. Que vous choisissiez les Bermudes, les Bahamas, les Caïmans ou un autre territoire qui a mis en place un QDMTT, l’impôt effectif de 15 % sera dû quelque part. Dans ce cas, le choix de juridiction se joue davantage sur :

la qualité du régulateur ;

la profondeur du marché (assurance, fonds, marchés de capitaux) ;

la stabilité juridique et politique ;

la capacité à dialoguer avec l’OCDE, l’UE et les autorités de votre pays d’origine.

Bon à savoir :

Les Bermudes présentent des arguments solides pour les secteurs de l’assurance/réassurance, les véhicules institutionnels et les structures cotées, selon les critères considérés.

Pour un entrepreneur individuel, une PME internationale, une start-up ou un family office, le seuil de 750 millions d’euros rend en pratique l’IS bermudien inexistant. Vous bénéficiez donc de la neutralité fiscale traditionnelle, avec l’avantage comparatif d’une juridiction bien vue par les régulateurs, au prix d’un surcoût administratif et financier par rapport à des territoires plus low-cost comme Anguilla ou Belize.

2. Appétence au risque réputationnel

Les analyses récentes montrent que la « marque » du territoire offshore figure désormais dans l’évaluation globale de la réputation d’un groupe. Utiliser un endroit considéré comme très opaque ou politiquement contesté a un coût : celui d’une due diligence plus lourde, de questions insistantes des partenaires institutionnels, voire d’une décote dans les valorisations.

Exemple :

Les Bermudes, ayant adopté le Pilier Deux, des registres centralisés de bénéficiaires effectifs et des normes AML alignées sur les meilleures pratiques, bénéficient d’une « prime de réputation » : une structure bermudienne ne suscite que rarement des tensions lors d’un roadshow investisseurs, contrairement à une holding située dans un État récemment black-listé par l’UE.

Pour un projet très visible — introduction en bourse, levée de dette institutionnelle, partenariats avec des banques de premier rang — cette dimension ne doit pas être sous-estimée.

3. Budget et niveau de complexité acceptable

Une société bermudienne est plus chère à constituer et maintenir, et plus lourde à gérer au quotidien qu’une IBC dans un petit territoire caraïbe. Il faut composer avec :

des frais d’incorporation élevés ;

des honoraires récurrents pour le représentant résident, le siège, l’assistance compliance ;

des déclarations de substance, de bénéficiaires effectifs, et le cas échéant des obligations spécifiques liées à l’activité (assurance, fonds, etc.).

Bon à savoir :

Pour une structure de détention modeste (portefeuille immobilier international) ou une société de services en ligne sans exposition réglementaire, un territoire moins onéreux et plus simple est rationnel. Cela implique d’accepter une vigilance accrue sur la conformité : KYC/AML, substance minimale et CRS.

4. Substance économique : êtes-vous prêt à avoir un « vrai » pied dans la juridiction ?

La substance économique est le fil rouge de la décennie. Aux Bermudes comme dans les autres centres offshores sérieux, les autorités ont une obsession : éviter d’être perçues comme hébergeant des profits sans activité réelle. Dans le cas bermudien, cela se traduit par des exigences claires : réunions de conseil locales, décision stratégique sur place, présence d’un représentant informé, dépenses cohérentes avec les revenus.

Anguilla, les Caïmans, BVI ou Bahamas suivent la même trajectoire, même si le curseur de sévérité varie et si les régimes « pure holding » conservent des exigences plus légères.

La question à se poser est donc : suis-je prêt à organiser une vraie présence (même limitée) dans la juridiction choisie ? Si la réponse est non, vous devrez réfléchir à d’autres architectures (sociétés dans des pays à fiscalité attractive mais plus traditionnels, utilisation de régimes de participation, etc.) tout en acceptant potentiellement un peu plus d’impôt formel.

Bermudes ou autre paradis fiscal caraïbe en 2026 : l’équation finale

En 2026, Créer une société offshore aux Bermudes ou dans un autre paradis fiscal caraïbe : que choisir en 2026 ? n’appelle plus une réponse binaire. Les Bermudes ne sont ni l’option « tout terrain » la moins chère, ni nécessairement l’outil fiscal le plus agressif ; elles sont en revanche l’un des environnements les plus crédibles, structurés et acceptables politiquement pour loger des activités internationales à haute valeur ajoutée.

Bon à savoir :

Les paradis fiscaux caribéens (Anguilla, Bahamas, BVI, Caïmans, St. Lucia, Antigua, Grenade) attirent toujours les entrepreneurs grâce à leur incorporation rapide, leurs faibles coûts et leur fiscalité à 0 % sans Pilier Deux pour les petites structures, mais ils restent contraints par des exigences de substance, des registres de bénéficiaires effectifs, le CRS 2.0, les règlements crypto, ainsi que les pressions de l’UE et du GAFI.

Le bon choix dépendra donc moins d’une course au taux d’IS et davantage de votre modèle économique, de votre horizon de temps, de votre exposition aux marchés de capitaux et de votre tolérance au risque réglementaire. En d’autres termes, l’optimisation réussie en 2026 n’est plus celle qui promet seulement « zéro impôt », mais celle qui trouve un équilibre durable entre neutralité fiscale, sécurité juridique et acceptabilité internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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