S’implanter aux Bermudes fait rêver de nombreux entrepreneurs internationaux : pas d’impôt sur les bénéfices pour la plupart des structures, pas de TVA, pas de retenue à la source sur les dividendes… Mais derrière l’image de paradis fiscal se cache une réalité beaucoup plus prosaïque : créer et faire vivre une société offshore aux Bermudes en 2026 représente un budget conséquent, très loin d’une simple « boîte aux lettres » à bas coût.
Le coût de constitution d’une société aux Bermudes en 2026 varie considérablement, du simple au triple, selon la structure choisie et le niveau de substance locale requis. Ce coût dépend de données chiffrées détaillées, de barèmes officiels et des offres de prestataires spécialisés. Il est essentiel de budgétiser chaque poste de dépense en fonction de ces facteurs, car l’écart peut être très important.
Les grandes familles de structures et leurs coûts moyens
Avant même de parler de montants, il faut distinguer les principaux types d’entités utilisés aux Bermudes, car les coûts globaux ne sont pas les mêmes selon la forme juridique retenue et l’objectif de l’investisseur.
Aux Bermudes, plusieurs véhicules coexistent :
Les principales structures de sociétés disponibles dans la juridiction bermudienne, selon leur usage et leur marché cible.
Forme la plus utilisée pour les opérations offshore internationales.
Souvent employée pour des activités domestiques ou des structures soumises à la résidence fiscale.
Destinée au marché interne bermudien.
Inclut les limited partnerships, adaptés aux investissements et coentreprises.
Succursale de société étrangère opérant aux Bermudes.
Forme spécifique pour certaines activités réglementées ou restreintes.
Un tableau de coûts moyens consolidés permet d’avoir un premier ordre de grandeur. Ces montants incluent en général l’incorporation, l’ouverture de compte bancaire, la gestion du projet et les frais gouvernementaux de base.
| Type d’entité bermudienne | Coût moyen global d’engagement (US$) |
|---|---|
| Société exemptée (exempt company) | 21 110 |
| Succursale de société étrangère (branch) | 23 580 |
| Société locale | 18 980 |
| Partenariat exempté | 18 950 |
| LLC tax resident (indication moyenne) | 18 980 |
| Permit company | 23 580 |
| Renouvellement annuel moyen (toutes entités) | 16 458 |
Ces chiffres ne sont pas des barèmes légaux, mais des moyennes de packages « clé en main » vendus par de grands prestataires (incluant souvent un accompagnement bancaire et une partie des services de secrétariat). Ils donnent toutefois une idée claire : créer une société offshore aux Bermudes coûte rarement moins de 15 000 à 20 000 US$ la première année lorsqu’on inclut tous les services indispensables.
Les frais « nus » d’incorporation : ce que facture l’État bermudien
Pour comprendre d’où viennent ces montants globaux, il faut d’abord regarder les frais purement gouvernementaux – ceux payés au Registrar of Companies et à la Bermuda Monetary Authority (BMA). Ils sont nettement plus modestes que les packages tout compris, mais ne couvrent qu’une petite partie de la dépense totale.
Société exemptée : l’ossature de la plupart des montages offshore
La société exemptée reste l’outil phare pour les opérations internationales. Sur le plan strictement légal, l’enregistrement initial est relativement abordable.
Les données les plus couramment citées indiquent qu’en 2026 :
– les frais de constitution d’une exempted company tournent autour de 1 995 BMD (soit environ 1 995 US$, le dollar bermudien étant à parité avec le dollar américain) pour la partie « enregistrement + certificat d’incorporation » auprès du Registrar ;
– ce montant couvre la dépôt des documents constitutifs et la délivrance du certificat d’incorporation.
Certains barèmes détaillent la répartition des montants ou des taux spécifiquement pour une société classique, en précisant les différentes catégories ou postes concernés.
| Poste (société exemptée) | Montant approximatif (BMD) |
|---|---|
| Frais d’enregistrement + certificat | 1 995 |
| Réservation de nom (hors package) | 85 |
| Dépôt des statuts (Articles/Memorandum) | 400 |
| Certificat d’incorporation (hors forfait) | 125 |
Ces frais administratifs restent donc limités – de l’ordre de quelques milliers de dollars – tant que l’on parle uniquement de l’acte de constitution. Ce qui renchérit la note, ce sont les honoraires des intermédiaires, les services obligatoires annexes (siège, représentant résident, secrétariat) et, dès la deuxième année, la batterie de frais de renouvellement.
LLC bermudienne : légèrement moins cher en frais gouvernementaux
La Limited Liability Company (LLC) est souvent présentée comme une alternative un peu plus souple et parfois moins coûteuse qu’une société exemptée, notamment en termes de gouvernance. Côté gouvernement, les chiffres de base sont les suivants :
Le montant total des frais d’enregistrement d’une LLC aux Bermudes, incluant la réservation de nom, le dépôt des documents et le certificat de formation, est d’environ 1 750 BMD.
De manière générale, les textes indiquent que : les informations doivent être précises et bien structurées pour assurer une compréhension optimale.
– la constitution d’une société exemptée peut se faire en environ une semaine ;
– la constitution d’une LLC prend en moyenne deux semaines.
Dans les deux cas, la capitalisation minimale peut théoriquement se limiter à 1 US$ et la responsabilité limitée des associés est garantie. L’absence d’impôt sur les bénéfices (hors grandes multinationales soumises au régime de 15 %) vaut pour les deux formes.
Sociétés locales : barème distinct
Les sociétés dites « locales », tournées vers le marché bermudien et souvent détenues majoritairement par des résidents, fonctionnent avec un barème différent :
| Poste (société locale) | Montant (BMD) |
|---|---|
| Demande de consentement au Registrar | 320 |
| Dépôt du Memorandum of Association | 95 |
| Frais de dépôt de l’Annual Return of Shareholdings | 50 |
| Droit de timbre sur le Memorandum (0,5 % du capital suggéré, ex. 0,50 BMD pour 100 BMD de capital) | variable |
| Frais annuels de base | 685 (342 si formation après le 31 août) |
On voit donc que, sur le plan strictement « Registrar », les Bermudes ne sont pas plus chères que beaucoup de places offshore concurrentes. Le fossé vient ensuite des obligations de service et de substance.
Combien coûte un package complet pour une société offshore aux Bermudes ?
L’investisseur étranger ne se contente jamais de payer les frais d’enregistrement à l’État. Il doit obligatoirement passer par un Corporate Service Provider (CSP) licencié, disposer d’un siège social local, d’un représentant/bureau résident, et souvent d’un secrétaire de société bermudien. Ce sont ces services qui expliquent les packages à 5 chiffres.
Indications de prix pour une exempted company
Les offres du marché sont nombreuses, mais donnent une fourchette cohérente pour 2026.
Plusieurs sources mentionnent notamment :
Comparez les différentes offres packagées pour la constitution d’une société exemptée ou aux Bermudes, avec frais officiels et services inclus.
Package complet à 10 700 US$ incluant tous les frais gouvernementaux, d’enregistrement, les droits, et une première année de services de base.
Offre packagée à environ 7 807 US$ pour une société aux Bermudes, couvrant les frais officiels et les services standard.
Enregistrement à 6 925 US$ avec préparation des documents juridiques, enregistrement, paiement des impôts et frais de constitution, et adresse légale pour un an.
Forfait premium à 18 890 US$ pour l’année 1, avec une année 2 à partir de 9 800 US$.
On trouve aussi des offres en livres sterling pour des sociétés exemptées :
| Composant d’un package en £ (exemple) | Montant indicatif |
|---|---|
| Forfait de constitution Exempt Company (incl. démarches BMA, rédaction des statuts, etc.) | 6 400 £ |
| Administration & Registered Office (obligatoire) | 1 800 £ |
| Company Secretary résident bermudien (obligatoire) | 3 000 £ |
Autrement dit, même dans des versions « économiques » vendues par des prestataires internationaux, il est rare de descendre sous les 7 000 US$ – 8 000 US$ all inclusive pour la première année, et de nombreux acteurs annoncent plutôt 10 000 US$ à 20 000 US$ pour un montage bien accompagné.
LLC : formation affichée autour de 10 000 US$
Les données disponibles laissent entendre que la formation d’une LLC bermudienne tout compris (hors banque, licences spécifiques, capital initial et divers tiers) se situe vers :
Coût moyen d’engagement total pour une LLC considérée fiscalement résidente, incluant gestion, conformité et services bancaires.
À noter que les frais indiqués dans ces packages excluent systématiquement plusieurs postes lourds : directeurs résidents, licences pour activités régulées (assurance, banque, digital assets…), mise en place effective de la substance (bureaux, salariés), ouverture de comptes dans certaines banques locales, etc.
Les frais annuels récurrents : l’addition cachée
Une fois la société créée, le coût le plus négligé par les porteurs de projet est celui des renouvellements annuels – non seulement les frais gouvernementaux, mais surtout les prestations obligatoires de secrétariat, siège, conformité et substance.
Frais gouvernementaux annuels pour sociétés exemptées et LLC
Pour une société exemptée classique, plusieurs couches de frais se cumulent chaque année :
1. Frais de licence/fee gouvernemental annuel basés sur le capital ou l’assessable capital. 2. Frais réglementaires corporatifs (Registar of Companies Act) applicables depuis 2024. 3. Frais d’enregistrement et de dépôt (annual return, etc.).
Les barèmes les plus fréquemment cités pour une exempted company sont les suivants (assessable capital) :
| Capital imposable (exempted company) | Frais gouvernementaux annuels (BMD) |
|---|---|
| 0 – 12 000 | 2 095 |
| 12 001 – 120 000 | 4 275 |
| 120 001 – 1 200 000 | 6 590 |
| 1 200 001 – 12 000 000 | 8 780 |
| 12 000 001 – 100 000 000 | 10 980 |
| 100 000 001 – 500 000 000 | 19 605 |
| Au-delà de 500 000 000 | 32 676 |
À cela s’ajoute, à partir de 2024, un frais réglementaire corporatif supplémentaire :
– 500 US$ par an pour les entités non locales (exempted et permit companies, overseas companies, exempted LLC, partnerships non locales) ;
– 150 US$ pour les entités locales (local companies, local LLC, limited partnerships locales).
Dans certains montages, les textes évoquent aussi : les émotions des personnages.
Ce montant représente les frais annuels d’administration gouvernementale pour une exempted company de base.
En résumé, un socle de 2 000 à 4 000 BMD de frais publics par an est courant pour une société exemptée standard avec capital modeste. Ce socle peut grimper bien au-delà pour des structures très capitalisées ou des entités de type permit company.
Sur le plan privé, les CSP facturent une série de services obligatoires pour toute société offshore aux Bermudes.
Plusieurs grilles de prix permettent de cerner un ordre de grandeur pour 2026 :
| Service annuel récurrent (exemple) | Montant indicatif |
|---|---|
| Siège social + corporate secretarial (local company) | min. 2 000 BMD |
| Siège + secrétariat (exempted/LLC, autre prestataire) | min. 2 750 – 3 500 US$ |
| Secrétaire/agent résident bermudien (exempted company) | souvent 3 000 £ |
| Provision de directeur (par directeur) | dès 1 250 US$/an |
| Représentant résident (package séparé) | environ 1 500 US$/an |
Dans certains packages « tout compris », un prestataire indique :
– 10 700 US$ par an pour tous les services corporatifs + frais gouvernementaux d’une société exemptée ou LLC, facturés chaque mois de janvier (avec une première année parfois proratisée, autour de 8 500 US$) ;
– ailleurs, des formules de renouvellement à 9 850 US$ par an sont proposées, quel que soit le package de départ (Basic, Standard ou Premium).
Des offres en livres sterling mentionnent encore :
| Composant de renouvellement (exemple en £ + US$) | Montant indicatif |
|---|---|
| Corporate & Registered Office | 1 800 £ |
| Company Secretary résident | 3 000 £ |
| Government licence fee (ex. 1 994 US$ ≈ 1 425 £) | inclus ou refacturé à part |
| Maintenance registre des directeurs | 175 £ |
En agrégeant gouvernements + services, un budget annuel compris entre 10 000 US$ et 20 000 US$ est tout à fait courant pour une société bermudienne correctement tenue, ce qui rejoint les estimations globales qui situent le « run rate » bermudien dans la fourchette 10 000 – 20 000 US$/an.
Autres coûts récurrents incontournables
Au-delà des paquets siège + secrétariat, d’autres dépenses viennent gonfler le budget annuel :
Les entreprises doivent prévoir entre 5 000 et 15 000 BMD par an pour l’audit et la comptabilité, avec un audit obligatoire au-delà d’environ 500 000 US$ de revenus. Les frais de conformité KYC/AML et de substance économique varient, certains prestataires facturant 200 US$ par demande et 200 à 250 US$ par déclaration. L’agent résident coûte 1 500 à 3 000 BMD par an pour les exempted companies. L’ouverture de comptes bancaires ou de courtage est facturée au minimum 750 US$, avec des frais mensuels de 50 à 200 BMD hors transactions.
Au total, en combinant tous ces postes, il est facile de comprendre comment les estimations moyennes de 16 458 US$ de renouvellement annuel peuvent être atteintes, voire dépassées, en particulier dès que la société a un minimum de substance locale (bureau, personnel, systèmes).
La dimension « substance » : la ligne budgétaire qui change tout
Une société purement « papier » est désormais difficilement défendable aux Bermudes dès lors qu’elle réalise des activités pertinentes au sens du régime d’economic substance (assurance, banque, gestion de fonds, financement et leasing, headquarters, shipping, IP, distribution et services, holding pur, etc.). Les textes encadrant la substance imposent :
– une présence physique adéquate ;
– des salariés bermudiens ou résidents en nombre suffisant et qualifiés ;
– des dépenses d’exploitation locales « adéquates » ;
– des activités génératrices de revenus clé (CIGA) réalisées aux Bermudes par du personnel effectivement présent.
Tout cela a un prix, souvent bien supérieur aux frais de constitution et de secrétariat. Les chiffres disponibles donnent un ordre de grandeur réaliste.
Immobilier, bureau et infrastructure
Les loyers dans les quartiers d’affaires (par exemple à Hamilton) sont élevés :
– 50 à 80 BMD par pied carré et par an pour des bureaux de bonne qualité ;
– soit, pour un bureau de 500 pieds carrés, un coût de 25 000 à 40 000 BMD par an.
Coût initial moyen, en BMD, pour l’installation d’un système de communication sécurisé et robuste dans une structure internationale.
Les abonnements internet business haut débit se négocient entre 200 et 500 BMD par mois.
Ces chiffres montrent qu’une substance réelle – même modeste – implique immédiatement des dépenses à cinq chiffres en plus des coûts purement juridiques.
Les Bermudes sont une juridiction chère en matière de main-d’œuvre :
– un employé de bureau qualifié coûte généralement 50 000 à 80 000 BMD par an ;
– les postes de management dépassent facilement 150 000 BMD par an ;
– l’employeur doit contribuer à la sécurité sociale et à l’assurance santé à hauteur d’environ 10 % du salaire.
À cela s’ajoutent les effets du système fiscal local basé sur la payroll tax (taxe sur la masse salariale) :
Le taux maximal combiné (employeur et employé) de la payroll tax s’applique aux rémunérations comprises entre 500 001 et 1 million de BMD pour les années fiscales 2025-2026.
Même si ces charges ne sont pas des « impôts sur les sociétés » au sens classique, elles constituent une dépense quasi-fiscale importante, que doivent intégrer les groupes cherchant à démontrer une présence économique réelle aux Bermudes.
Assurance, marketing, déplacements
D’autres coûts, parfois négligés, complètent le tableau :
– assurance professionnelle : entre 3 000 et 10 000 BMD par an selon l’activité ;
– voyages d’affaires : coûts variables mais élevés pour des allers-retours fréquents vers l’Amérique du Nord ou l’Europe ;
– marketing et représentation : budgets significatifs pour bâtir une présence internationale crédible.
Un conseil récurrent dans les analyses spécialisées est de distinguer deux « couches » de budget :
– une couche de mise en place (incorporation, premières démarches, banque) ;
– une couche annuelle (agent, substance, comptabilité, conformité, conseil).
Pour les Bermudes, cette seconde couche peut rapidement représenter plusieurs dizaines de milliers de dollars pour une structure opérationnelle avec bureaux et personnel.
Fiscalité : 0 % pour la plupart, 15 % pour les très grands groupes
Historiquement, les Bermudes se caractérisent par l’absence d’impôts directs classiques :
– pas d’impôt sur le revenu des personnes ;
– pas de corporate income tax (CIT) pour la quasi-totalité des sociétés ;
– pas de taxe sur les plus-values ;
– pas de retenue à la source sur dividendes et intérêts ;
– pas de TVA ni de sales tax.
En 2023, toutefois, les Bermudes ont adopté la Corporate Income Tax Act 2023 (CITA 2023) dans le cadre du projet OCDE Pillar Two, avec une entrée en vigueur pour les exercices ouverts à compter de 2025. Cette loi introduit :
[GOODTOKnow title= »CIT de 15% pour grands groupes multinationals aux Bermudes » description= »Les entités bermudiennes appartenant à des groupes multinationals dont le chiffre d’affaires consolidé excède 750 millions d’euros sont soumises à un taux de CIT de 15%. Ce mécanisme repose sur le calcul du taux effectif d’imposition (Pillar Two) et, si nécessaire, une top-up tax est appliquée pour atteindre ce seuil de 15%. »]Les informations précisent que :
Les sociétés exemptées sous le seuil de 750 M€, les sociétés locales et la plupart des structures de fonds restent à 0 % d’impôt sur les sociétés (CIT), préservant ainsi la majorité des entités offshore détenues par des investisseurs privés ou des groupes de taille moyenne. Pour les groupes soumis au CIT, l’impôt est déclaré et payé en BMD (parité avec l’USD), avec une déclaration annuelle et des acomptes ; le solde doit être versé au plus tard le 15e jour du 10e mois suivant la fin de l’exercice.
Ce nouveau régime fiscal ne vient donc pas renchérir directement le coût d’installation d’une société classique (non MNE > 750 M€), mais il change clairement la donne pour les grandes multinationales qui utilisaient les Bermudes comme centre de profit sans substance significative.
Impact des règles d’« Economic Substance » sur le budget
L’autre grande réforme qui pèse sur le coût total d’une structure offshore aux Bermudes est celle de l’Economic Substance Act 2018 et ses règlements. Elle impose aux entités exerçant certaines activités de :
– être dirigées et gérées depuis les Bermudes ;
– réaliser sur place leurs core income generating activities (CIGA) ;
– maintenir une présence physique adéquate ;
– avoir un nombre suffisant d’employés à plein temps et des dépenses locales « en rapport » avec leurs revenus.
Les textes précisent notamment que :
Les CIGA ne peuvent pas être sous-traitées hors des Bermudes pour satisfaire au test de substance. Les décisions stratégiques et la supervision doivent avoir lieu sur l’île, avec des réunions de conseil documentées. Les entités doivent déposer chaque année une déclaration de substance économique (ESD) dans les six mois suivant la fin de leur exercice.
Ne pas respecter ces obligations entraîne : la mise en œuvre de sanctions, pouvant aller jusqu’à des poursuites judiciaires.
En cas de premier échec au test de substance, une amende initiale d’environ 25 000 BMD est infligée. Si la non-conformité persiste une deuxième année consécutive, l’amende est portée à 250 000 BMD. De plus, la société risque la radiation du registre, avec notification aux autorités fiscales partenaires, notamment via l’OCDE et les dispositifs d’échange automatique.
En parallèle, les pénalités pour non-dépôt de la déclaration ou non-respect des délais peuvent se chiffrer en amendes journalières de 100 à 500 US$ par jour de retard, s’ajoutant aux pénalités forfaitaires (par exemple 10 000 BMD, puis 100 000 BMD et risque de dissolution en cas de persistance).
En clair, ne pas budgéter la mise en place de substance et la conformité liée peut coûter beaucoup plus cher à terme que les économies réalisées sur la structure initiale.
Comparaison avec quelques autres juridictions offshore
Les chiffres comparatifs publiés par divers prestataires montrent que les Bermudes se situent dans le haut de la fourchette de coût, surtout lorsque l’on intègre substance et services de qualité.
Par exemple, des tableaux de coûts annuels indiquent :
| Juridiction | Coût annuel de fonctionnement (approx.) |
|---|---|
| BVI | 1 500 – 4 000 US$ |
| Cayman Islands | 5 000 – 12 000 US$ |
| Jersey | 15 000 – 30 000 US$ |
| Guernsey | 12 000 – 25 000 US$ |
| Bermudes | 10 000 – 20 000 US$ |
| EAU (free zone) | 8 000 – 20 000 US$ |
Sur le volet strictement fiscal, d’autres places affichent également un taux de 0 % sur les bénéfices étrangers (BVI, Cayman, Nevis, etc.), mais avec des coûts d’incorporation souvent plus bas :
| Juridiction | Coût de constitution (ordre de grandeur US$) |
|---|---|
| Belize | ~1 495 |
| Nevis LLC | ~1 685 |
| Dubaï (RAK, Ajman…) | à partir de 3 290 |
| Suisse (SARL/LLC) | à partir de 5 490 |
| Royaume-Uni Ltd (basic) | env. 2 200 |
| Bermudes (package) | 7 000 – 10 700+ |
Les Bermudes ne jouent donc pas sur le terrain du « low cost », mais plutôt sur un positionnement haut de gamme, apprécié des assureurs, fonds d’investissement, MNE de taille importante et patrimoines privés recherchant une combinaison de stabilité, de réputation et de cadre réglementaire robuste.
En pratique : combien prévoir pour une société offshore « standard » aux Bermudes en 2026 ?
En agrégeant toutes les données chiffrées, on peut dessiner un scénario type pour une société exemptée sans substance lourde (holding ou véhicule d’investissement simple), hors MNE > 750 M€.
Budget de constitution (année 1)
Un montage classique inclurait au minimum :
– frais d’enregistrement gouvernementaux : environ 1 995 BMD ;
– frais BMA et autorisations : en pratique, autour de 2 000 US$ lorsque l’on ajoute l’application à la BMA et quelques frais annexes ;
– frais de nom, statuts, certificats : environ 600 BMD (réservation de nom, dépôt des statuts, certificat d’incorporation) – souvent inclus dans un forfait ;
– honoraires du Corporate Service Provider pour l’incorporation, le conseil, la préparation et le dépôt des documents : de 3 250 US$ (minimum indiqué dans un barème) à 4 750 US$ ou plus selon la complexité ;
– mise en place du siège, secrétaire, représentant résident pour la première année : fréquemment 2 000 – 3 500 US$ pour les services de base ;
– ouverture d’un compte bancaire ou de courtage : au moins 750 US$, parfois davantage si l’intermédiaire fournit un accompagnement renforcé.
En pratique, ces éléments convergent vers les packages déjà évoqués :
– 6 900 – 7 800 US$ pour des formules relativement basiques ;
– 8 500 – 10 700 US$ pour des offres plus complètes intégrant la plupart des services standard et les frais gouvernementaux ;
– jusqu’à 18 000 US$ et plus pour des montages personnalisés, impliquant des conseils juridiques avancés ou des éléments complexes (multi-actionnaires, chaînes de détention, etc.).
Il est réaliste, pour 2026, de retenir une fourchette de 7 000 à 20 000 US$ de budget de constitution pour une société offshore aux Bermudes, la plupart des structures « sérieuses » se situant entre 10 000 et 15 000 US$.
Budget de fonctionnement annuel (à partir de l’année 2)
Pour une société exemptée relativement simple, sans bureau physique ni personnel local significatif, le budget récurrent typique inclut :
Frais gouvernementaux annuels minimums (licence, réglementaires et dépôts) en BMD pour une société aux Bermudes, avant coûts supplémentaires liés au capital.
En agrégeant ces éléments, on retombe très largement sur les forfaits de renouvellement annoncés par plusieurs prestataires :
– 9 800 – 10 700 US$ par an pour les offres « tout compris » ;
– des coûts globaux évalués autour de 10 000 – 20 000 US$ pour une société bermudienne avec un minimum de substance et de support professionnel.
Dès que la société installe un bureau physique, recrute du personnel, souscrit des assurances professionnelles et investit dans des infrastructures, il devient réaliste de parler d’un budget global annuel à six chiffres, au moins pour les structures opérationnelles dimensionnées.
Conclusion : un paradis fiscal… mais pas un paradis des petits budgets
Créer une société offshore aux Bermudes en 2026 reste attractif pour trois raisons majeures :
1. Absence d’impôt sur les bénéfices pour la très grande majorité des entreprises en dessous du seuil de 750 M€ de revenus consolidés. 2. Régime sans retenue à la source et sans TVA, particulièrement apprécié pour les holdings, les sociétés de financement et les véhicules d’investissement. 3. Environnement juridique et réglementaire solide, reconnu par les grandes institutions financières, ce qui en fait une place de choix pour l’assurance, la réassurance et les structures de fonds sophistiquées.
Mais cette attractivité a un prix. Les données disponibles montrent clairement que : les coûts liés à cette attractivité peuvent être élevés et avoir des impacts significatifs sur les ressources et l’environnement.
La constitution d’une société offshore coûte le plus souvent entre 7 000 et 20 000 US$, avec des packages clé en main autour de 10 000 US$ pour une exempted company. Les coûts annuels de renouvellement et de services se situent généralement entre 10 000 et 20 000 US$, même pour une entité simple. De plus, la mise en place d’une substance réelle, exigée par l’Economic Substance Act pour certaines activités, implique des investissements massifs en bureaux, personnel, systèmes et fiscalité sur la masse salariale, ce qui peut porter la facture globale au niveau de juridictions onshore réputées coûteuses.
Les Bermudes ne sont donc pas la destination idéale pour un entrepreneur cherchant à monter une petite structure offshore à moindre coût. Elles s’adressent plutôt à des groupes et des investisseurs prêts à assumer un budget annuel significatif en échange d’un cadre juridique fiable, d’une fiscalité ultra-compétitive pour la plupart des structures et d’une image de place financière régulée.
Pour tout projet sérieux, il est indispensable d’élaborer un budget en deux temps, afin de prévoir et d’ajuster les ressources nécessaires avec précision.
– une projection détaillée des coûts de setup (frais gouvernementaux, CSP, banque, conseil) ;
– une projection réaliste des coûts annuels, intégrant la substance, la conformité et la fiscalité sur la masse salariale, sous peine de découvrir trop tard que « l’absence d’impôt sur les bénéfices » s’accompagne d’un coût de structure élevé et durable.
En 2026, c’est cette réalité budgétaire, plus que le seul taux de 0 % d’impôt, qui doit guider le choix d’implanter ou non une société offshore aux Bermudes.
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