Fiscalité immobilière en Bulgarie pour les Français : comprendre la flat tax à 10 %, la convention fiscale et les plus-values

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Investir en Bulgarie attire de plus en plus de Français, séduits par des prix encore abordables, une fiscalité légère et un cadre européen rassurant. Derrière l’argument marketing de la « flat tax à 10 % », il existe pourtant un ensemble de règles assez techniques, surtout dès qu’on croise la fiscalité française, la convention fiscale et le traitement des plus-values immobilières.

Bon à savoir :

Cet article décrypte pour un lecteur français la flat tax bulgare, l’application des conventions contre les doubles impositions, et les particularités sur les plus-values, les loyers et les taxes locales lors de l’achat, la location ou la revente d’un bien en Bulgarie.

Devenir ou non résident fiscal bulgare : un point de départ décisif

Avant même de parler de loyers, de plus-values ou de convention fiscale, tout tourne autour d’une question : êtes-vous résident fiscal bulgare ou non ? La réponse change complètement votre exposition à l’impôt en Bulgarie… et en France.

Attention :

En Bulgarie, le statut de résident fiscal repose sur trois critères objectifs : présence de plus de 183 jours sur douze mois, adresse permanente, ou centre des intérêts vitaux (famille, logement, activité économique). Si aucun n’est rempli, la personne est non-résidente et n’est imposable que sur ses revenus de source bulgare.

Pour un Français qui garde sa vie familiale, son activité et son logement principal en France, tout en possédant un appartement à Sofia ou une maison sur la côte, la situation typique est de rester résident fiscal français et d’être simplement non-résident en Bulgarie. Dans ce cas, seuls les revenus issus du bien bulgare (loyers, plus-values, certains intérêts) entrent dans le champ de l’impôt bulgare.

Exemple :

Un Français s’installe durablement en Bulgarie, y séjourne plus de 183 jours par an et y centre ses intérêts économiques et personnels. Il devient résident fiscal bulgare, imposable sur ses revenus mondiaux en Bulgarie, tandis que la France applique ses règles de non-résident et la convention fiscale.

Cette distinction est fondamentale : tout ce qui suit (rente locative, régime des plus-values, possibilité d’exonération, ou application des conventions) varie selon que vous êtes résident fiscal bulgare ou non.

Le système bulgare : une flat tax à 10 % sans tranches ni quotient familial

La Bulgarie a fait le choix d’un système fiscal ultra simplifié, très différent de celui de la France. Le principe est celui d’une taxation proportionnelle, sans tranches progressives.

10

Le taux unique d’imposition sur le revenu applicable à la plupart des revenus en France est de 10 %.

La méthode de calcul est linéaire : on part du revenu brut, on déduit les cotisations de sécurité sociale obligatoires et quelques charges forfaitaires (par exemple une déduction statutaire de 10 % pour certains revenus), puis on applique le taux de 10 %. En pratique, pour un résident bulgare qui perçoit des revenus de location ou réalise une plus-value, l’impôt se calcule exactement de cette manière. Pour un non-résident, un impôt au taux de 10 % est généralement prélevé à la source, sans réel jeu de déductions, sauf dispositions spécifiques.

Les Français sont souvent surpris par la légèreté de ce système. Là où un propriétaire bailleur français peut voir ses loyers taxés à un taux marginal pouvant atteindre 45 %, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, un propriétaire en Bulgarie, résident ou non, se retrouve face à une fiscalité principale de 10 % seulement sur ses revenus locaux. C’est cette différence qui fait de la Bulgarie un « petit paradis fiscal » légal à l’échelle de l’Union européenne pour les revenus et plus-values, tant qu’on respecte les règles de résidence et les conventions internationales.

Un observateur du système fiscal

L’achat d’un bien immobilier en Bulgarie : transfert, droits locaux et TVA

Sur le plan strictement immobilier, la Bulgarie fonctionne avec un double étage fiscal : l’État gère l’impôt sur le revenu, les plus-values et la TVA, tandis que les municipalités fixent les taxes de propriété et de transfert.

Lors d’un achat, l’acquéreur est en principe redevable d’une taxe de transfert due à la commune où se situe le bien. Son taux varie entre 0,1 % et 3 % selon les municipalités. En pratique, les grandes villes se situent plutôt dans le haut de la fourchette, avec des niveaux de l’ordre de 2 % à 3 % de la valeur cadastrale ou de la valeur déclarée, la taxe se calculant sur la plus élevée des deux.

Astuce :

En Bulgarie, l’acheteur paie une taxe de transfert, des honoraires de notaire (0,1 % à 1,5 %), des frais d’enregistrement (environ 0,1 %) et d’éventuels honoraires d’agence. Ces coûts représentent quelques pourcents du prix, mais s’appliquent de la même manière aux acheteurs étrangers et bulgares.

La TVA joue un rôle particulier dans l’immobilier bulgare. La vente de la plupart des immeubles anciens est en principe exonérée de TVA, sauf option particulière. En revanche, la vente de bâtiments considérés comme « neufs » reste soumise à la TVA au taux standard de 20 %, ce qui peut renchérir sensiblement le coût total pour un investisseur. Les transactions avec le terrain, selon leur nature, peuvent aussi être touchées par la TVA quand elles sont réalisées par un assujetti. Pour les achats d’un particulier à un autre, la TVA ne constitue pas le point central mais, pour des opérations réalisées avec des promoteurs ou au travers de sociétés, elle peut devenir un enjeu important, surtout si l’investisseur dépasse certains seuils et tombe dans le champ de la TVA en Bulgarie.

Fiscalité bulgare

La Bulgarie ne taxe pas la fortune, ni pour les particuliers ni pour les sociétés. Découvrez les principaux avantages fiscaux.

Absence d’impôt sur la fortune

Il n’existe aucun impôt sur la fortune des personnes physiques ni des sociétés en Bulgarie, contrairement à l’IFI français.

Patrimoine immobilier non imposé

La détention de biens immobiliers, même importants, n’est pas soumise à un impôt annuel sur le capital. Seules les taxes foncières locales s’appliquent.

Taxe foncière et charges récurrentes : un poids généralement modéré

Une fois le bien acquis, le propriétaire français devient soumis à la taxe foncière bulgare. Il s’agit d’un impôt annuel local, assis sur la valeur fiscale du bien (valeur cadastrale ou valeur définie par la municipalité). Les communes ont une grande latitude : le taux de la taxe foncière peut se situer dans une fourchette allant d’environ 0,01 % à 0,45 % de la valeur de référence.

Bon à savoir :

Pour les biens résidentiels, les grandes municipalités bulgares fixent généralement le taux entre 0,15 % et 0,30 %, tandis que les zones rurales ou petites villes appliquent parfois des taux encore plus bas. Au total, la taxe foncière bulgare reste nettement inférieure à celle de la France, où les impôts fonciers peuvent atteindre 1,5 à 3 % d’une base locative majorée.

À cette taxe s’ajoute une redevance municipale pour la collecte des déchets. Son calcul dépend beaucoup de la commune : certaines la fixent en pourcentage de la valeur fiscale, d’autres en fonction des volumes de poubelles ou de contrats de collecte. Dans les grandes villes, cette redevance reste un poste non négligeable mais sans commune mesure avec les prélèvements obligatoires français sur la détention immobilière.

Par ailleurs, dans les immeubles en copropriété ou dans les résidences avec services, des charges de maintenance viennent se rajouter. Elles ne relèvent pas strictement du fisc, mais elles pèsent sur la rentabilité de l’investissement, qu’il s’agisse de résidences en bord de mer, de complexes skiables ou d’immeubles urbains modernes.

L’addition annuelle (taxe foncière + redevance déchets) reste dans la plupart des cas modérée, même pour un investisseur étranger, surtout si l’on la met en regard de ce qu’il aurait payé en France pour un bien de valeur similaire.

Fiscalité des loyers : un régime simple et plutôt doux pour les Français

En matière de location, la Bulgarie applique un schéma cohérent avec sa philosophie de flat tax. Les loyers perçus par un particulier propriétaire sont imposables au taux de 10 %, à la fois pour les résidents et pour les non-résidents, mais avec des nuances sur le mode de calcul et la possibilité de déductions.

Pour un résident bulgare qui met en location un appartement ou une maison, les loyers bruts constituent un revenu imposable. La loi prévoit une déduction forfaitaire de 10 % représentant des charges présumées (entretien courant, petites réparations, frais divers). Le revenu imposable correspond donc à 90 % du loyer brut, et ce montant est taxé à 10 %. En réalité, la charge fiscale directe sur le loyer brut revient ainsi à 9 %, avant prise en compte d’éventuelles cotisations sociales ou d’autres contributions spécifiques. L’impôt est payé par acomptes trimestriels pour les trois premiers trimestres de l’année, puis régularisé avec la déclaration annuelle.

Bon à savoir :

Pour un Français non-résident fiscal en Bulgarie, les loyers d’un bien bulgare sont soumis à une retenue à la source de 10 % sur le montant brut, sans déduction forfaitaire de 10 %. Si le locataire est une entreprise, il retient et reverse cette somme. Si c’est un particulier, le principe reste une imposition finale de 10 % du loyer brut en Bulgarie.

La question essentielle pour le Français est alors : quid de la France ? La convention fiscale conclue entre la France et la Bulgarie suit, en matière de revenus immobiliers, la logique classique des conventions inspirées du modèle de l’OCDE. Le droit d’imposer les revenus tirés d’un immeuble est attribué par priorité à l’État où se situe le bien. Autrement dit, pour une location en Bulgarie, la Bulgarie a le pouvoir d’imposer les loyers selon son propre droit.

Bon à savoir :

Les résidents fiscaux français doivent déclarer leurs revenus bulgares, mais la convention fiscale évite la double imposition : un crédit d’impôt égal à l’impôt bulgare prélevé est accordé en France, évitant une double taxation réelle, bien que ces revenus puissent influencer le taux moyen appliqué aux autres revenus français.

En pratique, la flat tax bulgare à 10 % sur les loyers reste donc un avantage compétitif pour un bailleur français, d’autant que la pression fiscale française sur les revenus fonciers peut être très lourde (barème progressif et prélèvements sociaux). L’investisseur français doit cependant bien anticiper les obligations déclaratives en France, y compris l’utilisation des formulaires adéquats pour déclarer ses revenus de source étrangère et bénéficier du jeu de la convention fiscale.

Exemple chiffré simplifié

Prenons un appartement loué 12 000 € par an en Bulgarie par un Français non-résident en Bulgarie mais résident fiscal en France. En Bulgarie, une retenue de 10 % s’applique sur le loyer brut, soit 1 200 € d’impôt. En France, ces 12 000 € doivent être déclarés comme revenus fonciers étrangers. La convention permet d’imputer l’impôt bulgare sur l’impôt français correspondant ou de neutraliser la double imposition via un crédit d’impôt. Le gain net dépendra de la tranche marginale française du contribuable, de la structure de ses autres revenus et de la mécanique précise du crédit d’impôt. Mais dans la plupart des cas, la charge globale reste largement inférieure à celle d’un investissement équivalent en France taxé à plein régime.

Plus-values immobilières : le 10 % bulgare, les exonérations et l’articulation avec la France

Le traitement des plus-values constitue le cœur de nombreuses stratégies d’investissement en Bulgarie. La règle de base est simple : la plus-value sur la vente d’un bien immobilier situé en Bulgarie est imposée à 10 %. Mais derrière cette simplicité se cachent plusieurs subtilités, notamment en ce qui concerne le calcul du gain, les exonérations de long terme, la position des non-résidents et l’application de la convention franco-bulgare.

Pour un résident bulgare, la plus-value réalisée lors de la cession d’un immeuble se détermine en prenant la différence positive entre le prix de vente et le prix d’acquisition documenté, puis en appliquant une déduction forfaitaire de 10 % pour frais présumés. Cette base nette est imposée au taux de 10 % dans le cadre de la déclaration annuelle. Les dépenses d’acquisition ou de vente dûment justifiées (frais de notaire, commissions d’agence, travaux de modernisation importants) viennent également réduire le gain imposable.

Bon à savoir :

Un résident bulgare ou d’un État membre de l’UE/EEE peut vendre sa résidence principale détenue depuis plus de 3 ans sans imposer la plus-value. Il peut aussi vendre jusqu’à 2 autres biens détenus depuis plus de 5 ans avec exonération totale. Les biens reçus par héritage sont également exonérés de plus-value lors de la revente, quelle que soit la durée de détention.

Pour un non-résident, par exemple un Français qui n’est pas résident fiscal en Bulgarie, la logique est un peu différente. La Bulgarie considère la plus-value de source bulgare et applique un impôt final de 10 % sur le gain réalisé. Là encore, la base correspond au prix de vente diminué du prix d’acquisition, avec application d’une déduction statutaire de 10 % pour frais, et possibilité de tenir compte de certains coûts documentés. L’impôt a la nature d’une retenue à la source définitive : le vendeur non-résident s’acquitte de ce prélèvement en Bulgarie, qui clôt, du point de vue bulgare, toute obligation supplémentaire sur cette plus-value.

Bon à savoir :

La Bulgarie taxe les plus-values immobilières à 10 % via sa flat tax, car l’immeuble s’y trouve. La France, en tant qu’État de résidence du vendeur, peut aussi imposer ce gain mais doit éviter la double imposition par un crédit d’impôt ou une exonération. L’investisseur français doit déclarer la plus-value en France et bénéficie d’un crédit d’impôt égal à l’impôt bulgare, dans la limite de l’impôt français dû.

Ce mécanisme permet de sécuriser l’investissement : l’impôt bulgare à 10 % est bel et bien pris en compte par l’administration française, ce qui évite un cumul punitif des fiscalités. Toutefois, le niveau exact de l’économie d’impôt dépendra de la situation individuelle, du montant de la plus-value, de la durée de détention et du régime français applicable aux plus-values immobilières étrangères. L’enjeu pratique pour un investisseur averti est de combiner intelligemment les exonérations bulgares de long terme (3 ans pour une résidence principale, 5 ans pour deux autres biens, héritages exonérés) et le jeu du crédit d’impôt français.

Calcul de la plus-value : un schéma concret

Pour mieux comprendre, imaginons la vente d’un appartement acheté 80 000 € et revendu 120 000 € par un Français non-résident en Bulgarie. Le gain brut est de 40 000 €. La loi bulgare permet d’appliquer une déduction forfaitaire de 10 % sur ce gain, soit 4 000 €, ce qui ramène la base taxable à 36 000 €. L’impôt de 10 % s’élève à 3 600 €. Si des frais importants sont documentés (travaux structurants, gros travaux, commissions), ils peuvent réduire la base encore davantage.

Bon à savoir :

En France, la plus-value sur un bien situé à l’étranger est déclarée selon les règles françaises, avec possibles abattements. La convention fiscale avec la Bulgarie permet un crédit d’impôt de 3 600 € pour neutraliser la double imposition, évitant de payer deux fois l’impôt.

Comparaison Bulgarie / France : un écart de pression fiscale considérable

Pour mesurer l’intérêt d’un projet immobilier bulgare, il est utile de mettre côte à côte quelques grands paramètres des systèmes français et bulgare. Sans détailler l’ensemble des règles françaises, le contraste apparaît nettement sur plusieurs points clefs : impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, TVA et charges sociales.

10%

En Bulgarie, le taux d’imposition sur le revenu est fixe, s’appliquant à tous les niveaux de revenus.

Sur le plan de l’impôt sur les sociétés, la Bulgarie applique un taux forfaitaire de 10 % sur les bénéfices, tandis que la France a stabilisé son taux aux alentours de 25 %. Là encore, la différence est significative pour un investisseur qui choisirait de loger son opération dans une société bulgare. Les dividendes distribués à des personnes physiques subissent en Bulgarie un prélèvement de 5 % seulement, alors qu’en France les dividendes sont généralement concernés par un prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème.

47

Le niveau des cotisations sociales obligatoires en France avoisine 47 % du salaire brut pour un salarié typique, contre environ 33 % en Bulgarie.

Sur la TVA, les deux pays partagent un taux nominal de 20 %, même si la Bulgarie prévoit un taux réduit à 9 % pour certaines prestations (hébergement hôtelier, livres, produits pour bébés). Ce n’est donc pas la TVA qui crée l’avantage bulgare, mais bien la combinaison d’une flat tax sur le revenu, d’un impôt sur les sociétés réduit, de faibles prélèvements sur le capital et d’une fiscalité immobilière spécifique sur les loyers et les plus-values.

Rôle central de la convention fiscale pour les Français

Toute stratégie immobilière transfrontalière repose sur la bonne compréhension de la convention fiscale liant les deux États. Entre la France et la Bulgarie, le texte suit la logique habituelle des conventions modernes : il répartit les droits d’imposer, évite les doubles impositions et contient des clauses anti-abus pour limiter les montages purement fiscaux.

Pour les revenus immobiliers, la convention confirme que la Bulgarie a la priorité pour taxer les loyers d’un bien situé sur son territoire, ainsi que les plus-values issues de la vente de ce bien. La France, en tant qu’État de résidence du contribuable, tient compte de ces revenus et de ces plus-values, mais elle doit, selon les articles pertinents, neutraliser la double imposition par un mécanisme de crédit d’impôt ou d’exemption avec prise en compte dans le taux effectif.

En pratique, un résident fiscal français percevant des loyers bulgares ou réalisant une plus-value en Bulgarie va :

payer l’impôt correspondant en Bulgarie, au taux de 10 % (voire moins si des exonérations s’appliquent) ;

déclarer ces revenus en France, via les formulaires prévus pour les revenus étrangers ;

– bénéficier d’un crédit d’impôt français à hauteur de l’impôt payé en Bulgarie (ou à concurrence de l’impôt français sur ces mêmes revenus), ce qui évite un cumul intégral de la fiscalité.

Il est important de souligner que le crédit d’impôt n’est généralement pas un remboursement de l’impôt bulgare, mais une imputation venant réduire l’impôt français. Le résultat concret dépend donc de la capacité du crédit d’impôt à couvrir tout ou partie de l’imposition française supplémentaire.

Bon à savoir :

La Bulgarie offre un taux d’imposition de 10 % sur les loyers, des exonérations totales possibles sur certaines plus-values à long terme et une fiscalité locale légère sur la détention. Pour un Français soumis aux tranches supérieures d’imposition, cela permet une optimisation significative de la pression fiscale globale, même après application du crédit d’impôt.

Synthèse comparative en tableau

Pour mieux visualiser l’écart entre les deux pays sur quelques postes clés, voici un tableau récapitulatif, dans l’optique d’un investisseur particulier.

ÉlémentBulgarieFrance
Impôt sur le revenu (personnes physiques)Taux unique 10 % (flat tax)Barème progressif 11 % à 45 %
Impôt sur les sociétés10 %25 % environ
Impôt sur les loyers (particulier)10 % sur le brut (non-résident), environ 9 % effectif pour un résident après déduction forfaitaireBarème progressif + 17,2 % prélèvements sociaux
Impôt sur la plus-value immobilière (Bulgarie)10 %, avec déduction statutaire de 10 % et exonérations sous conditionsTaxation en France selon régime des plus-values immobilières françaises si applicable
Taxe foncière0,01 % à 0,45 % de la valeur fiscale1,5 % à 3 % de la valeur locative (ordre de grandeur)
TVA (taux standard)20 %20 %
Impôt sur la fortuneAucunIFI pour certains patrimoines immobiliers

Ce tableau illustre que, pour un Français, la Bulgarie est fiscalement attractive à chaque niveau de la chaîne : achat, détention, revenus, cession. Reste à bien régler l’articulation avec la fiscalité française via la convention pour ne pas perdre le bénéfice de cet avantage.

Quelques points d’attention pratiques pour un investisseur français

Même si l’environnement fiscal bulgare est séduisant, plusieurs éléments méritent une vigilance particulière lors d’un projet immobilier.

Attention :

Un Français qui passe involontairement de non-résident à résident bulgare devient imposable en Bulgarie sur ses revenus mondiaux, ce qui exige une refonte totale de sa stratégie patrimoniale.

Ensuite, la documentation des coûts et des prix d’acquisition est essentielle pour le calcul des plus-values. La Bulgarie exige, pour la détermination du prix d’acquisition, des justificatifs solides : actes notariés, factures de travaux, contrats d’agence. L’absence de ces pièces peut conduire à des méthodes de reconstitution moins favorables et à une imposition plus lourde sur la plus-value.

Bon à savoir :

Les non-résidents ne bénéficient pas des mêmes déductions forfaitaires que les résidents et subissent un prélèvement brut de 10 % sur les loyers. En contrepartie, la retenue à la source simplifie les démarches en finalisant la déclaration fiscale.

Enfin, il convient de surveiller les seuils de chiffre d’affaires susceptibles de déclencher une obligation d’immatriculation à la TVA, notamment pour un investisseur qui se lancerait dans des opérations de promotion ou de revente répétées. Au-delà d’un certain volume (mesuré en lev bulgares puis converti en euros), l’investisseur bascule dans un univers fiscal plus complexe, avec déclaration de TVA, droit à déduction sur certains coûts, mais aussi obligations renforcées de facturation et de comptabilité.

Conclusion : un cadre fiscal attractif, à manier avec méthode

La fiscalité immobilière bulgare, vue depuis la France, combine plusieurs atouts majeurs : une flat tax à 10 % sur la plupart des revenus, des plus-values immobilières traitées de manière favorable avec des exonérations de longue durée, une taxe foncière modérée et l’absence totale d’impôt sur la fortune. À cela s’ajoute un impôt sur les sociétés très bas et un prélèvement de 5 % seulement sur les dividendes versés aux particuliers.

Bon à savoir :

La convention fiscale franco-bulgare permet d’éviter une double imposition sur les loyers et plus-values bulgares. L’impôt payé en Bulgarie est pris en compte, mais les revenus bulgares peuvent augmenter le taux d’imposition effectif en France.

Un projet immobilier en Bulgarie devient ainsi un instrument possible d’optimisation patrimoniale pour un Français, à condition d’être soigneusement structuré : choix du mode de détention (direct ou via société), anticipation de la résidence fiscale, bonne compréhension des exonérations de long terme sur les plus-values et maîtrise des obligations déclaratives des deux côtés de l’Europe. Avec ces précautions, la promesse de la flat tax à 10 %, de la convention fiscale et d’une fiscalité clémente sur les plus-values peut se traduire en un avantage très concret pour l’investisseur français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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