Société Hong Kong 2026 : porte d’entrée Asie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Au moment où la Chine ouvre un nouveau chapitre avec son 15ᵉ plan quinquennal, Hong Kong aborde 2026 avec une ambition claire : redevenir, et surtout se redéfinir, comme la plateforme centrale des capitaux, des talents, de la logistique, de la culture et de l’innovation entre la Chine et le reste du monde. Derrière les slogans officiels de « super‑connecteur » et de « super value‑adder », une transformation profonde est en cours, qui touche à la fois l’économie réelle, les infrastructures, la fiscalité, la démographie et le paysage culturel.

Bon à savoir :

Singapour évolue d’un centre financier régional vers une plateforme centrale pour les flux asiatiques (marchandises, données, touristes, artistes, start-ups et investissements), dans un contexte de tensions géopolitiques et de reconfiguration du commerce mondial.

Une économie qui se stabilise et se réoriente autour de l’Asie

Après plusieurs années heurtées, la dynamique conjoncturelle s’est nettement redressée. Le produit intérieur brut a crû de 3,5 % en 2025, après 2,6 % en 2024, porté par un rebond combiné du commerce extérieur, de l’investissement et d’un redémarrage graduel de la consommation.

Les projections pour 2026 restent prudentes mais solides : le gouvernement anticipe une progression du PIB comprise entre 2,5 % et 3,5 %, tandis que l’Université de Hong Kong et la Chambre générale de commerce convergent sur une fourchette de 2,5–3 %. À plus long terme, la trajectoire annoncée est d’environ 3 % de croissance réelle annuelle en moyenne entre 2027 et 2030, avec une inflation maîtrisée (1,7 % sous‑jacente en 2026, proche de 2 % ensuite).

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En 2025, les exportations de marchandises ont bondi de 12 %, tirées par la demande d’équipements électroniques liés à l’intelligence artificielle.

Le tableau ci‑dessous résume plusieurs indicateurs macroéconomiques structurants pour 2025–2026.

Indicateur202420252026 (prévisions)
Croissance du PIB réel2,6 %3,5 %2,5–3,5 %
Croissance exportations de biens+12,0 %+8–9 % (prévisions HKTDC)
Croissance importations de biens+12,6 %
Croissance exportations de services+6,3 % T3 (g.a.)
Consommation privée (volume)+1,7 %modérée, soutenue par le tourisme
Investissement global+4,3 %poursuite de la reprise
Inflation sous‑jacente1,1 %1,7 %

Cette dynamique repose sur un repositionnement assumé : Hong Kong n’essaie plus de concurrencer les bases manufacturières à bas coûts, mais se spécialise comme juridiction‑plateforme pour des modèles d’affaires intensifs en capital, en propriété intellectuelle et en interconnexions transfrontalières. Autrement dit, un lieu où l’on structure des deals, des véhicules d’investissement, des chaînes de valeur numériques ou des hubs logistiques à haute valeur ajoutée, plutôt que des usines.

Une porte d’entrée financière à la fois classique et numérique

Les chiffres confirment que la place reste l’un des pôles majeurs de la finance mondiale. Dans l’édition 39 du Global Financial Centres Index, Hong Kong conserve la troisième place mondiale, immédiatement derrière New York et Londres, mais réduit fortement l’écart de notation. Elle domine l’Asie‑Pacifique et se classe première au monde pour l’offre fintech, ainsi que pour la banque, la finance et l’assurance.

En 2025, la Bourse a renoué avec un cycle vigoureux de levées de capitaux : 119 introductions en bourse y ont levé plus de 280 milliards de HK$, un volume qui place Hong Kong en tête mondiale. L’indice Hang Seng a grimpé d’environ 28 % sur l’année, tandis que le volume moyen quotidien des transactions s’envolait de près de 90 % pour approcher 250 milliards de HK$.

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Les flux nets vers les fonds autorisés domiciliés à Hong Kong ont dépassé 380 milliards de HK$ sur les onze premiers mois de 2025.

Hong Kong reste par ailleurs le principal centre offshore pour le renminbi, avec le plus grand réservoir de liquidité en RMB hors Chine continentale, le premier marché d’obligations en devise chinoise à l’étranger, et l’un des premiers marchés des changes de la planète.

Le tableau suivant illustre quelques ordres de grandeur financiers récents.

Indicateur financier cléValeur / Rang
Classement GFCI 39 (centre financier global)3ᵉ mondial, 1ᵉʳ en Asie‑Pacifique
Score GFCI 39765 points (écart minimal avec New York, Londres)
IPO 2025119 opérations, >280 Mds HK$ levés
Hausse Hang Seng en 2025+27,8 %
Dépôts bancaires totaux (2025)19,4 billions HK$ (+12 %)
Part de la finance dans le PIB (2023)24,9 %
Nombre de family offices (fin 2025)>3 380

Ce socle classique se combine à une accélération réglementaire dans les actifs numériques et la tokenisation. Un régime de licences pour plateformes centralisées d’actifs virtuels est en vigueur depuis 2023, tandis que le superviseur des marchés (SFC) a lancé une feuille de route ASPIRE et un cadre LEAP pour les actifs tokenisés, avec un accent initial sur les obligations vertes et les titres adossés à des actifs réels.

Attention :

Les autorités préparent un cadre de licences spécifique pour les cryptoactifs et étendent les régimes fiscaux préférentiels aux actifs digitaux et au private credit. L’objectif est de faire de Hong Kong un laboratoire mondial pour la finance ‘on-chain’ réglementée, s’appuyant sur une infrastructure juridique de common law et une monnaie ancrée au dollar US.

Un pivot stratégique vers le Belt and Road et la Grande Baie

L’autre pilier de la stratégie de « porte d’entrée Asie » tient au repositionnement de la ville dans l’Initiative la Ceinture et la Route (BRI). Hong Kong n’y est plus seulement un simple participant, mais entend devenir un « value‑chain enhancer », un nœud qui assemble financement, expertise juridique, gestion des risques, ingénierie, normes ESG et talents internationaux autour de projets dispersés en Eurasie, au Moyen‑Orient, en Afrique ou en Amérique latine.

Les chiffres de l’investissement direct donnent la mesure de ce rôle. En 2024, Hong Kong a reçu le troisième plus grand flux d’IDE au monde, tout en figurant au cinquième rang des émetteurs. La quasi‑totalité des groupes chinois qui s’internationalisent passent par Hong Kong, devenu à la fois premier réceptacle et principale source d’IDE pour la Chine continentale : le stock d’investissements directs chinois dans la RAS atteignait 1 750 milliards de dollars US fin 2023, soit près de 60 % du stock total à l’étranger.

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Les échanges commerciaux avec les pays de la BRI ont dépassé 300 milliards de dollars US en 2024.

Cet ancrage s’appuie sur une architecture institutionnelle dense : accord‑cadre signé en 2017 avec la Commission nationale du développement et de la réforme, mécanisme de conférence conjointe depuis 2018, groupe de travail dédié au sein du comité de pilotage sur l’intégration au développement national, série d’accords d’investissement bilatéraux et de traités de libre‑échange, ainsi qu’un réseau de conventions de non‑double imposition couvrant plus de 50 juridictions – dont près de 60 % sont des pays BRI.

Une extension vers l’ASEAN, le Golfe et au‑delà

Le repositionnement ne se limite pas aux flux sino‑BRI. Les enquêtes de la Chambre générale de commerce révèlent que plus de 40 % des entreprises interrogées envisagent d’augmenter leurs investissements en ASEAN en 2026, et plus d’un quart ciblent le Moyen‑Orient. C’est cohérent avec la diplomatie économique conduite par le gouvernement, qui multiplie les missions dans les pays du Golfe, au Kazakhstan, en Hongrie, en Asie du Sud‑Est ou encore en Amérique latine, avec à la clé des mémorandums de coopération sur la finance verte, l’innovation et les infrastructures.

Bon à savoir :

Pour les investisseurs étrangers, Hong Kong sert désormais de double interface : vers la Chine et la Grande Baie d’une part, et vers les corridors de la BRI et les marchés émergents d’autre part. Le modèle « Hong Kong plus continent » se développe via des structures à deux entités, associant une base juridique et financière à Hong Kong à des plateformes opérationnelles en Chine continentale (comme le Guangdong), en Asie du Sud-Est ou au Moyen-Orient.

Logistique et maritime : consolider le rôle de hub régional

La vocation de porte d’entrée serait vide de sens sans une infrastructure logistique de premier plan. Portuaire, aérien, ferroviaire, routier : l’appareil de transport hongkongais se redéploie pour rester compétitif face à la montée de ports voisins de la Grande Baie et de hubs d’Asie du Sud‑Est.

Un port en mutation, entre concurrence régionale et verdissement

Historiquement, le port de Hong Kong faisait partie des tout premiers mondiaux en volume de conteneurs. Les chiffres montrent toutefois un déclin de long terme : de 23,1 millions d’EVP en 2012 à 16,7 millions en 2025. En 2024, le trafic conteneurisé s’établissait à 13,7 millions d’EVP, dont 10,4 millions via les terminaux de Kwai Tsing et 3,3 millions sur les installations mid‑stream ou autres quais. Une bonne part de ce trafic – environ 60 % – correspond à du transbordement, ce qui confirme la nature de hub régional.

Astuce :

Pour renforcer sa compétitivité face à des ports comme Shenzhen ou Singapour, Hong Kong mise sur un plan d’action stratégique axé sur la spécialisation, et non sur la course au volume. Ce plan, structuré autour de dix grandes stratégies et 32 mesures, vise à développer des services maritimes à haute valeur ajoutée tels que la gestion de flotte, l’assurance maritime, le financement de navires, l’arbitrage, la logistique intelligente et les carburants verts.

Les moyens déployés sont multiples. Un Port Community System (PCS) a été mis en place, interconnecté au système Guangdong e-Port, permettant de suivre en temps réel les flux de fret par mer, terre et air ; plus de 3 000 entreprises y sont déjà enregistrées. Le temps moyen d’escale des porte‑conteneurs y est nettement inférieur à la moyenne mondiale (un jour contre près de deux pour les grands ports), ce qui reste un avantage tangible pour les armateurs.

Bon à savoir :

À partir de 2026, une réforme étendra le taux d’impôt réduit de 8,25% aux traders de commodités et aux principaux acteurs du shipping. Parallèlement, l’ordonnance sur l’immatriculation sera modifiée pour autoriser la double immatriculation et digitaliser les procédures, renforçant ainsi l’attractivité du Hong Kong Shipping Register.

Sur le front environnemental, la ville veut se positionner comme hub de soutage pour les carburants maritimes verts – méthanol notamment – avec des réductions de droits portuaires pour les navires propulsés ou transportant des carburants propres, une enveloppe d’environ 34 millions de HK$ de subventions et la création de zones de mouillage dédiées via des amendements législatifs. Début 2025, près de 800 navires avaient déjà bénéficié du Green Incentive Scheme, couvrant plus d’un tiers de la flotte hongkongaise éligible de plus de 5 000 tonneaux.

L’aérien, pilier discret de la porte d’entrée

Si les projecteurs se concentrent souvent sur le port, la véritable colonne vertébrale des flux de valeur reste l’aérien. Hong Kong International Airport a traité environ 4,9 à 5,07 millions de tonnes de fret en 2024‑2025, ce qui en fait un des tout premiers aéroports cargo au monde. Plus de 140 compagnies desservent plus de 200 destinations, et le trafic passagers de pointe est revenu à des niveaux pré‑pandémiques.

Exemple :

Le gouvernement de Hong Kong développe un « Airport City » intégrant logistique, événements, bureaux, tourisme d’affaires et un écosystème culturel. Ce projet inclut l’extension d’AsiaWorld-Expo (phase 2 pour 2028), la construction de l’Airport City Link (liaison autonome), l’ouverture d’une marina et de nouveaux commerces vers 2028, ainsi qu’un parc logistique à Dongguan connecté à l’aéroport.

Dans la même logique d’intégration multimodale, la ville travaille à une extension du régime d’exemption pour le fret en transbordement aérien vers des schémas mer‑mer et mer‑air, afin de fluidifier les flux combinant rail, mer, rivière et air à l’échelle de la Grande Baie et au‑delà. C’est une manière de capitaliser sur sa position dans les corridors Asie–Europe, Asie–Amériques, dans un contexte où les détours par le cap de Bonne‑Espérance et les bouleversements du trafic en mer Rouge modifient profondément les chaînes d’approvisionnement.

Un effort massif d’infrastructures et de reconfiguration urbaine

Pour continuer à jouer le rôle de plateforme asiatique, Hong Kong mise sur une vague d’investissements publics inédite. Les dépenses annuelles en travaux publics doivent dépasser 100 milliards de HK$ dans les prochaines années, avec un pic au‑delà de 120 milliards sur deux à trois exercices. Le volume total de la production de construction grimpera vers 300 milliards de HK$ annuels.

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La Northern Metropolis est un projet de développement d’environ 300 km² au nord de Hong Kong, intégré à la planification de la Grande Baie.

Parallèlement, le San Tin Technopole, le Hetao Shenzhen‑Hong Kong Science and Technology Innovation Co‑operation Zone (dont la partie hongkongaise est entrée en service fin 2025), de nouveaux quartiers à Hung Shui Kiu/Ha Tsuen, ou encore des extensions de lignes de métro et de routes structurantes (Route 6, lien ferroviaire occidental Hong Kong–Shenzhen, Northern Link, prolongement de lignes existantes) redessinent profondément la carte urbaine et logistique.

Sur le front énergétique et environnemental, la ville prépare un plan de certification de l’hydrogène pour 2027, déploie une feuille de route de transition verte pour les bus et taxis (avec la subvention à l’achat d’environ 600 bus électriques et 3 000 taxis électriques) et investit massivement dans les bornes et parkings équipés en recharge (objectif d’environ 200 000 places équipées à horizon 2027).

Innovation, IA et « nouvelle industrialisation » : la société technologique de la porte d’entrée

La transformation de Hong Kong ne se joue pas uniquement sur les infrastructures physiques. Elle passe aussi par une réorientation assumée vers l’innovation et la technologie, définie dans le Hong Kong Innovation and Technology Development Blueprint. La vision : devenir un centre international d’innovation, capable de contribuer à l’autonomie technologique de la Chine tout en s’ouvrant largement aux talents et capitaux mondiaux.

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Plusieurs enveloppes de 10 milliards de HK$ chacune ont été lancées pour accélérer la commercialisation des recherches, soutenir la nouvelle industrialisation et créer un fonds pour la deeptech.

Les grandes priorités sectorielles sont clairement identifiées : technologies de la vie et de la santé, intelligence artificielle et robotique, microélectronique et architectures ouvertes type RISC‑V, énergies nouvelles, industrie aérospatiale, technologies quantiques et nouveaux matériaux. Hong Kong a déjà accueilli plus de 500 entreprises de pointe ou à fort potentiel dans ces domaines depuis 2023, tandis que le nombre de start‑ups a été multiplié par presque cinq en une décennie, pour atteindre environ 4 700 en 2024.

5000

La puissance de calcul totale de la ville atteindrait désormais 5 000 petaFLOPS, dopée par un centre de supercalcul dédié à l’IA.

Cette montée en gamme technologique s’accompagne d’un dispositif de formation et de reconversion : l’Employees Retraining Board se transforme en « Upskill Hong Kong » avec des modules d’IA pour les travailleurs, un effort d’enseignement supérieur intensifié, et des exigences de formation à l’IA pour les fonctionnaires, alors que 91 % des entreprises interrogées par la chambre de commerce américaine jugent l’intégration de l’IA « essentielle » à leurs opérations.

Fiscalité, régulation, climat des affaires : une plateforme juridique singulière

Pour les investisseurs internationaux, une grande partie de l’attrait de Hong Kong réside dans un environnement légal et fiscal spécifique, à la fois aligné sur les standards internationaux et distinct du reste de la Chine.

Bon à savoir :

Le système fiscal de Hong Kong est territorial : seuls les profits réalisés localement sont imposés. Le taux standard pour les sociétés est de 16,5 %, avec un régime à deux étages (8,25 % sur les premiers 2 millions de HK$ de bénéfice). Il n’y a ni TVA ni impôt sur les plus-values. Cependant, l’adoption du Pilier 2 de l’OCDE (taux minimal effectif de 15 % pour les grands groupes) est en cours et devrait générer environ 15 milliards de HK$ de recettes supplémentaires annuelles à partir de 2027–2028.

Pour soutenir ménages et entreprises dans une conjoncture mondiale incertaine, le budget 2026‑27 prévoit des remises d’impôt de 100 % sur l’impôt sur les bénéfices et l’impôt sur le revenu 2025‑26, plafonnées à 3 000 HK$ par cas, ainsi que des allègements temporaires sur les taxes foncières et des versements supplémentaires pour les prestations sociales. Le message est double : maintenir une pression fiscale moyenne très basse, tout en ciblant les soutiens sur des secteurs jugés stratégiques.

Bon à savoir :

Un Advisory Committee on Tax Policy sera créé pour évaluer en permanence l’attractivité du système fiscal, avec la possibilité de réduire de moitié les taux d’imposition (jusqu’à 5%) pour certaines activités prioritaires. Par ailleurs, la réforme de 2025 sur le redomiciliation permet désormais aux entreprises étrangères de transférer leur siège à Hong Kong sans procédure de liquidation, renforçant ainsi son rôle de port d’attache pour les holdings asiatiques.

Enfin, la signature de conventions de non‑double imposition (51 en vigueur début 2025, 52 fin mai selon un autre relevé, et 18 en négociation) complète l’arsenal, tout comme un vaste filet de traités d’investissement et d’accords de libre‑échange couvrant l’ASEAN, plusieurs pays latino‑américains, des partenaires européens et des économies BRI.

Tourisme, culture et industries créatives : le volet « soft power » de la porte d’entrée

L’image de « Société Hong Kong 2026 : porte d’entrée Asie » ne repose pas uniquement sur les chiffres de la Bourse ou sur les rendements logistiques. Elle se joue aussi dans les musées, les festivals, les défilés de mode, les marathons, les expositions de jouets d’art et les salons d’art contemporain.

En 2025, le secteur du voyage et du tourisme représentait environ 13,6 % du PIB, soit quelque 56,4 milliards de dollars US, et soutenait près de 587 000 emplois. Les arrivées de visiteurs ont atteint 49,9 millions, en hausse de 12 % par rapport à 2024, dont environ 76 % en provenance de Chine continentale. Les deux premiers mois de 2026 confirment un rebond marqué, avec près de 10 millions de visiteurs sur la période (+18 %), tirés par un bond de plus de 20 % des arrivées en provenance du continent.

Le tableau ci‑dessous met en perspective la trajectoire de la fréquentation touristique récente.

Indicateur touristique2018 (pic pré‑crise)201920252026 (prévisions)
Arrivées de visiteurs (millions)65,3~5649,9 (+12 % vs 2024)53,8 (+8 % vs 2025)
Part de visiteurs du continent chinois76 % (~37,8 M)~79 % sur janv‑fév (tendance)
Longueur moyenne de séjour (nuits)3,33,1légère baisse attendue
Niveau de satisfaction (note /10)8,9maintien visé

Malgré le rebond, les dépenses des visiteurs étrangers restent encore environ 15 % en deçà de 2018, et celles des voyageurs d’affaires près de 17 % en retard. Dans le même temps, Singapour et Macao ont déjà dépassé leurs niveaux de dépenses touristiques pré‑COVID. C’est dans ce contexte que le gouvernement et le Hong Kong Tourism Board repositionnent l’offre : davantage d’événements phares, une diversification des marchés sources (villes intérieures de Chine, ASEAN, Moyen‑Orient, Inde), une montée en gamme des segments ciblés et un repositionnement de la ville comme destination « multi‑dimensionnelle » où la gastronomie, le patrimoine, les festivals et les expériences de quartier prennent le pas sur le shopping pur.

1600000000

L’enveloppe budgétaire dédiée au tourisme pour 2026‑27, destinée à financer des événements culturels, un nouveau spectacle lumineux et le renforcement de l’offre MICE.

Un écosystème culturel structuré et financé

Au‑delà du tourisme, les arts, la culture et les industries créatives constituent un pan croissant de l’économie. En 2023, ces secteurs employaient environ 226 000 personnes pour une valeur ajoutée totale de l’ordre de 134,5 milliards de HK$, soit près de 4,6 % du PIB. Les seules « industries créatives » au sens gouvernemental (publicité, architecture, design, entertainment numérique, cinéma, musique, édition‑impression, télévision) comptaient plus de 31 000 établissements et quelque 133 000 actifs, générant environ 66 milliards de HK$ (2,3 % du PIB).

7.3

Les dépenses publiques annuelles pour la culture à Hong Kong atteignent plus de 7,3 milliards de HK$ en 2024‑25, soit une augmentation d’environ 76 % sur dix ans.

L’infrastructure suit : le West Kowloon Cultural District, l’un des plus grands districts culturels intégrés au monde, abrite déjà Freespace, le Xiqu Centre, le musée de culture visuelle M+ et le Hong Kong Palace Museum, qui ont totalisé à eux deux près de 9,7 millions de visiteurs depuis leur ouverture jusqu’à l’automne 2024. Le Lyric Theatre Complex doit venir compléter le dispositif autour de 2026. La Leisure and Cultural Services Department gère pour sa part 15 musées, deux centres d’arts visuels et 16 salles de spectacle réparties sur le territoire.

2026

Année prévue pour le deuxième Sommet culturel international et de grandes rencontres régionales des arts vivants à Hong Kong.

Culture, tourisme et Asie : un triangle stratégique

Cette effervescence culturelle n’est pas qu’un exercice de branding local. Elle s’inscrit dans la stratégie nationale qui fait d’Hong Kong un « centre de l’échange culturel international entre l’Orient et l’Occident » dans le cadre du 14ᵉ plan quinquennal. Elle nourrit aussi sa fonction de « super‑connecteur » avec des marchés asiatiques clés : coproductions cinématographiques dans la région, tournées de spectacles dans les pays BRI, participation renforcée à des fashion weeks et design weeks en Chine continentale, en ASEAN et au‑delà, programmes d’échanges autour du patrimoine immatériel ou des créateurs de jouets d’art.

En pratique, cela se traduit par des séries de showcases de produits créatifs consacrés à l’héritage intangible, aux art toys, à la mode ou aux produits lifestyle, avec des éditions étalées de fin 2025 à fin 2026 ; par l’organisation de foires comme Ani‑Com & Games Hong Kong, qui rassemblent artistes, studios, fans et acheteurs de toute l’Asie ; ou encore par la montée en puissance de la ville comme hub de négoce d’art et de pièces de collection, en complément de foires comme Art Basel Hong Kong ou Art Central.

Démographie, main‑d’œuvre et société : une porte d’entrée sous tension démographique

La dimension « Société Hong Kong 2026 : porte d’entrée Asie » ne peut être comprise sans regarder la question démographique. La population de la RAS stagne et commence à décliner : autour de 7,38 millions d’habitants en 2026, contre environ 7,49 millions en 2020. Les projections officielles tablent sur un recul continu pour atteindre environ 7,25 millions en 2030, 6,82 millions en 2040 et à peine un peu plus de 6 millions en 2050.

Attention :

La population sud-coréenne connaît une contraction doublée d’un vieillissement prononcé, avec un taux de fécondité extrêmement bas (0,68 enfant/femme en 2022) et une part des 65 ans et plus qui devrait presque doubler d’ici 2033. L’âge médian dépasse 48 ans et la population active se réduit, créant des tensions sur le marché du travail et une dépendance accrue à l’immigration de talents.

Pour compenser le solde naturel négatif – en 2025, on a compté environ 31 000 naissances pour 50 000 décès, soit un déficit naturel de près de 19 000 personnes – le gouvernement s’appuie sur des programmes d’attraction de talents et d’importation de main‑d’œuvre. Ce sont ces flux migratoires nets qui expliquent la légère augmentation de population observée entre fin 2024 et fin 2025, malgré la baisse des naissances.

Attention :

La réalité démographique impose de faire de Hong Kong un hub pour les talents asiatiques (chercheurs en IA, ingénieurs, etc.) et de ré-orienter la main-d’œuvre locale via des formations pour éviter que l’automatisation et l’IA ne génèrent un chômage structurel, potentiellement à 3.9% en 2026 selon la Chambre de commerce.

Géopolitique, chaînes d’approvisionnement et risques : une porte d’entrée sous contraintes

Être une porte d’entrée implique aussi d’absorber les chocs externes. Hong Kong évolue dans un environnement commercial particulièrement chahuté : tensions sino‑américaines, reconfigurations de chaînes de valeur, hausse des droits de douane aux États‑Unis sur une grande partie des importations, conflits en mer Rouge, détours maritimes massifs, pressions sur les capacités aériennes sur certains corridors.

Attention :

Plus de la moitié des entreprises hongkongaises déclarent en 2025 être affectées négativement. La stratégie officielle pour y répondre inclut la diversification des marchés (ASEAN, Moyen-Orient, Amérique latine, Afrique), le renforcement des synergies avec la Chine continentale et la Grande Baie, et le positionnement de Hong Kong comme plateforme de restructuration des chaînes de valeur, notamment pour les entreprises cherchant à réduire leur exposition concentrée aux États-Unis ou au dollar.

Les autorités misent aussi sur l’innovation réglementaire – par exemple autour des monnaies digitales de banques centrales, avec la participation au projet m‑CBDC Bridge avec la Thaïlande, les Émirats arabes unis et la Banque populaire de Chine – pour faciliter des paiements transfrontaliers BRI plus efficaces, moins dépendants des canaux traditionnels. De même, des partenariats sont noués avec de grandes institutions comme la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, qui ouvre un bureau à Hong Kong en 2026, ou avec le Silk Road Fund pour cofinancer des projets d’infrastructures verts.

92

Selon l’American Chamber of Commerce, 92 % des grands groupes n’envisagent pas de déplacer leur siège de Hong Kong dans les trois prochaines années.

Vers une « Société Hong Kong 2026 » plus intégrée à l’Asie

En agrégeant ces différentes dimensions – finances, logistique, innovation, culture, tourisme, démographie, géopolitique – l’image qui se dessine de Société Hong Kong 2026 : porte d’entrée Asie est celle d’un territoire qui ne cherche pas à revenir au statu quo ante, mais à se redéfinir comme une plateforme d’agrégation et de réallocation des ressources pour toute l’Asie‑Pacifique.

Astuce :

La stratégie officielle de Hong Kong repose sur le développement de quatre pôles d’excellence (finance, shipping, commerce, innovation) complétés par un rôle de hub. Cette vision intègre désormais les fonctions de « super‑connecteur » et de « super value‑adder » dans les initiatives nationales majeures, telles que la Belt and Road Initiative (BRI) ou le développement de la Grande Baie. Concrètement, cela signifie que Hong Kong doit non seulement consolider ses secteurs traditionnels, mais aussi amplifier sa valeur et ses connexions pour servir de pont stratégique dans ces grands projets.

canaliser des capitaux internationaux vers des projets asiatiques complexes, en combinant finance traditionnelle, actifs numériques, assurances‑risques et finance verte ;

– organiser la circulation de marchandises, de données, de services et de personnes à travers un système logistique multimodal maillé avec le delta de la rivière des Perles et les routes maritimes intercontinentales ;

– servir de base arrière pour des entreprises asiatiques et occidentales qui veulent innover, breveter, lever des fonds, structurer des joint‑ventures ou développer des propriétés intellectuelles culturelles ;

– projeter une identité culturelle de « centre d’échange Est‑Ouest » qui attire à la fois touristes, créateurs, chercheurs, étudiants et classes moyennes aisées de la région.

Bon à savoir :

Malgré des défis comme le vieillissement, la concurrence régionale et une image internationale contrastée, Hong Kong se transforme. Soutenue par de solides données économiques, d’importants programmes d’infrastructures, une réforme fiscale et le dynamisme de ses industries créatives et technologiques, la ville vise à devenir bien plus qu’une porte d’entrée vers la Chine, mais un carrefour central pour l’Asie de demain.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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