Au Surinam, le sport n’est pas seulement une affaire de médailles ou de podiums. C’est un langage commun qui traverse les quartiers de Paramaribo, les villages de l’intérieur, les berges de rivière et les plages de sable blond. Jouer, courir, nager, pagayer ou combattre, c’est affirmer une identité, tisser des liens entre communautés et célébrer un pays où la diversité culturelle se reflète directement dans la diversité des disciplines.
Le Surinam propose une palette d’activités sportives très variée, allant des sports collectifs classiques comme le football et le basket-ball à des pratiques plus singulières comme le kayak sur les grands fleuves, la natation de haut niveau, les arts martiaux d’inspiration afro-maronne et même les compétitions de chant d’oiseaux. Cette richesse en fait une destination intéressante pour les habitants comme pour les voyageurs.
Une culture sportive bouillonnante
Au Surinam, le sport fait partie du quotidien. Les écoles et les clubs servent de pépinière à de nombreux talents, et dix-sept fédérations sont réunies sous la bannière du Surinaams Olympisch Comité. Dans la capitale comme dans les petites villes, les terrains multi-sports, salles couvertes, piscines de clubs et espaces de quartier sont occupés jusque tard le soir. On y joue, on s’y entraîne, mais surtout on s’y retrouve.
Le Suriname présente une effervescence sportive très diversifiée, allant des sports olympiques et collectifs aux arts martiaux, sports nautiques et pratiques traditionnelles comme les concours de chant d’oiseaux. Cet engagement local compense largement les moyens financiers limités et les infrastructures inégales en dehors de la capitale, Paramaribo.
Un calendrier sportif qui rythme l’année
Le calendrier sportif national structure l’année entière. De janvier à mars, routes et stades se remplissent de tournois de football et de courses sur route. D’avril à juin, ce sont plutôt les compétitions scolaires et les ligues en salle qui dominent. L’été austral, de juillet à septembre, marie saisons de pêche, festivals sportifs communautaires et activités en plein air. La fin d’année, d’octobre à décembre, est marquée par des « city runs », des finales de championnats et des matches de gala, souvent organisés comme de grandes fêtes populaires.
Pour les visiteurs, assister à une finale de football à Paramaribo, participer à une course urbaine ou passer un dimanche matin à un concours de chant d’oiseaux sont des expériences qui permettent de saisir la place du sport dans la société surinamaise, au même titre que l’exploration de la vieille ville inscrite au patrimoine de l’UNESCO.
Football : la passion numéro un
Impossible de parler de sports au Surinam sans commencer par le football. Le « voetbal » est de loin la discipline la plus suivie du pays, avec plus de la moitié de la population identifiée comme fan. Des terrains poussiéreux des quartiers populaires aux pelouses mieux entretenues des grands clubs, le ballon rond occupe les week-ends et anime les conversations.
Du football de quartier à la Suriname Major League
Longtemps, le football surinamais s’est structuré en ligues amateur ou semi-pro. Un tournant a été pris avec le lancement du premier championnat professionnel, la Suriname Major League, soutenue par le programme de développement de la FIFA. Cette montée en gamme vise à améliorer le niveau de jeu local et à renforcer la sélection nationale, connue sous le nom de « Natio ».
Présentation du système national de football au Suriname, incluant ses divisions, ses compétitions majeures et ses clubs historiques.
Le championnat national s’organise en plusieurs échelons : l’Eerste Divisie (première division), la Tweede Divisie et la Derde Divisie.
Les principales coupes nationales sont la Beker van Suriname (Coupe du Suriname) et la President’s Cup.
SV Robin Hood, Transvaal et Inter Moengo Tapoe sont des clubs emblématiques, centraux dans la formation des jeunes et l’animation de leurs communautés.
| Élément | Détail principal |
|---|---|
| Ligue professionnelle | Suriname Major League (SML) |
| Instance dirigeante | Surinaamse Voetbal Bond (SVB) |
| Coupes majeures | Beker van Suriname, President’s Cup |
| Clubs emblématiques | SV Robin Hood, Inter Moengo Tapoe, Transvaal |
| Popularité estimée | Environ 55 % de la population fan de football |
Natio, symbole national
Sur le plan international, la sélection masculine a connu des hauts et des bas, mais reste un puissant symbole identitaire. Membre fondateur de la CONCACAF en 1961, le Surinam s’est illustré en remportant le championnat de la Caraïbe (CFU Championship) à la fin des années 1970 et a signé des campagnes solides en éliminatoires de Coupes du Monde sans encore décrocher une qualification.
Ces dernières années, la sélection surinamaise a montré une nette progression, confirmée par des résultats marquants en qualifications pour la Gold Cup ou la Coupe du Monde. Cette amélioration est notamment due à l’introduction d’un « passeport sportif », qui a permis d’intégrer des professionnels de la diaspora surinamaise évoluant en Europe, renforçant ainsi le niveau global de l’équipe.
Pour l’amateur de football de passage, assister à un match de Natio au Franklin Essed Stadion ou à l’André Kamperveenstadion, c’est vivre un concentré de ferveur locale : tambours, chants en sranantongo, stands de nourriture, et une proximité avec les joueurs rarement retrouvée dans les grands championnats européens.
Basket, volley, cricket : l’autre visage des sports collectifs
Si le football domine, il ne règne pas seul. Le paysage sportif surinamais est étonnamment diversifié en sports collectifs : basketball, volleyball, cricket, mais aussi hockey, softball ou baseball ont leur public et leurs structures.
Basketball : l’énergie des villes
Le basketball est l’un des sports les plus visibles dans les zones urbaines. Les terrains de quartier à Paramaribo, souvent installés à proximité des écoles ou dans les complexes multi-sports, se remplissent en fin de journée. La vitesse du jeu, les dribbles spectaculaires et les dunks collent bien à l’énergie de la jeunesse surinamaise.
Année de fondation de la Surinaamse Basketbal Bond, l’ancêtre de l’actuelle fédération de basket-ball du Suriname.
| Aspect | Situation au Surinam |
|---|---|
| Instance dirigeante | Suriname Basketball Association (ex-Surinaamse Basketbal Bond) |
| Fondée en | 1947 |
| Zone FIBA | FIBA Americas |
| Infrastructures clés | Ismay van Wilgen Sports Hall, terrains urbains de Paramaribo |
| Niveau de pratique | Très répandu dans les écoles et quartiers |
Pour qui souhaite jouer, il suffit souvent de se présenter sur un terrain en fin d’après-midi : les matches improvisés se font et se défont au rythme des arrivées, et les visiteurs sont généralement bien accueillis.
Volleyball : du gymnase au sable
Le volleyball, lui aussi, compte parmi les sports collectifs les plus pratiqués. Sa simplicité matérielle et son côté très convivial en font un choix naturel dans de nombreux quartiers et villages. On joue en salle, sur les terrains de clubs rattachés à la Surinaamse Volleybal Bond, mais aussi en plein air, sur les plages ou au bord des rivières.
La fédération nationale gère les championnats, les clubs et les équipes nationales, qui participent régulièrement à des compétitions régionales. Le tournoi annuel de la Suriname Volleyball Cup constitue le principal événement du calendrier. Une entité dédiée, la Surinaamse Beach Volleybal Federatie, organise les variantes sur sable, très populaires sur le littoral et le bord de certains lacs.
Cricket : héritage colonial, passion régionale
Importé à l’époque coloniale britannique, le cricket s’est enraciné durablement au Surinam, porté par les liens avec la Guyane et les Pays-Bas où le sport est bien connu. On le retrouve dans de nombreuses villes et villages, encadré par la Suriname Cricket Association.
Longtemps discret au niveau international, le pays a néanmoins connu quelques belles campagnes dans les compétitions de l’ICC Americas. L’essor du format Twenty20 et la généralisation du statut T20I aux petits pays membres de l’ICC ont donné un coup de projecteur supplémentaire à la sélection. Pour les pratiquants, la structure de ligues locales et de tournois réguliers fait du cricket une option attractive, surtout dans les communautés où la tradition est forte.
Athlétisme et course sur route : sur les traces de Vriesde
L’athlétisme occupe une place à part dans l’imaginaire sportif surinamais. Le pays a produit plusieurs figures d’envergure mondiale, à commencer par l’icône Letitia Vriesde, spécialiste du 800 m et première femme sud-américaine médaillée aux Championnats du monde. Sa carrière, jalonnée de records continentaux et de participations olympiques, a inspiré des générations de coureurs.
Une culture de la piste et de la route
Aujourd’hui, la Surinaamse Atletiek Bond administre un réseau de compétitions allant des meetings officiels aux courses de quartier. Les épreuves de sprint, de sauts ou de lancers cohabitent avec des courses sur route de différentes distances. Les établissements scolaires jouent un rôle moteur, en initiant les enfants aux disciplines de base et en révélant les plus doués.
Les routes de Paramaribo et de plusieurs villes de l’intérieur accueillent régulièrement des courses. Des événements comme le Tigri Savanna Run Series, série de quatre courses organisées sur le sable blanc et les sentiers forestiers, témoignent de l’attrait pour la course en milieu naturel. Les conditions – chaleur humide, sable meuble, traversée de criques noirâtres – rendent l’expérience exigeante mais unique.
Courses ouvertes au public au Suriname
| Discipline | Atouts pour la pratique au Surinam |
|---|---|
| Sprint / Demi-fond | Tradition de champions (Vriesde, Asinga, etc.), clubs actifs |
| Course sur route | Nombreuses épreuves annuelles, intégrées au calendrier national |
| Trail / savane | Terrains naturels variés, événements comme le Tigri Savanna Run |
Pour le coureur étranger, participer à une course de ville ou à un trail en savane permet de découvrir des paysages souvent inaccessibles autrement, tout en partageant la piste avec des centaines de Surinamais de tous âges.
La natation, portée par l’héritage d’Anthony Nesty
Avec ses fleuves, ses criques et ses plans d’eau, le Surinam est un pays naturellement tourné vers l’eau. La natation y est à la fois un savoir-faire utilitaire et un sport largement pratiqué. La discipline dispose surtout d’un héros national : Anthony Nesty, premier médaillé olympique du pays, sacré champion olympique du 100 m papillon en 1988 avant de décrocher le bronze quatre ans plus tard.
Piscines de club et eau libre
La Surinaamse Zwem Bond fédère clubs, entraîneurs et compétitions. Les piscines de Paramaribo accueillent des programmes structurés pour enfants, adolescents et adultes, avec un accent sur la technique et la condition physique. La filière de haut niveau s’appuie sur l’exemple de Nesty mais aussi sur les résultats plus récents de nageurs comme Renzo Tjon-A-Joe, titré à plusieurs reprises dans des compétitions régionales en sprint.
Le paysage naturel du Suriname, avec ses criques limpides, ses rivières larges et calmes, et ses lacs artificiels comme le Brokopondo, est propice à la natation en eau libre. La baignade peut être combinée avec d’autres activités telles que le paddle ou le kayak. Pour une pratique en toute sécurité, des spots dédiés sont souvent inclus dans les excursions organisées par les tour-opérateurs.
Badminton, tennis de table, tennis : sports de raquette en pleine croissance
Le Surinam ne se limite pas aux sports collectifs de ballon : les sports de raquette s’y développent aussi, chacun à son rythme.
Badminton : de la discrétion à la reconnaissance régionale
Le badminton a longtemps été perçu comme une discipline confidentielle, mais plusieurs facteurs ont contribué à son essor récent. D’abord, les résultats d’athlètes surinamais dans les compétitions caribéennes et sud-américaines ont renforcé sa visibilité : des joueurs comme Virgil Soeroredjo, Mitchel Wongsodikromo ou Crystal Leefmans ont collecté des médailles sur le circuit régional, participant même aux Jeux d’Amérique centrale et aux championnats Carebaco.
Ensuite, la Surinaamse Badminton Bond a mis en place des programmes de découverte comme « Shuttle Time », déployés dans des écoles et des espaces publics. L’initiative a touché des centaines de jeunes, certains ayant ensuite rejoint des clubs pour pratiquer de façon régulière. On retrouve aujourd’hui le badminton dans plusieurs salles multi-sports, avec des tournois locaux et un encadrement technique de plus en plus structuré.
Tennis et tennis de table : une offre diversifiée
Le tennis, régulé par la Surinaamse Tennis Bond, dispose de terrains de clubs à Paramaribo et dans quelques autres villes. Des tournois sont organisés pour différentes catégories d’âge, attirant une population souvent urbaine et plutôt aisée. Le Golf, autre sport perçu comme plus élitiste, bénéficie d’un rendez-vous phare avec le Suriname Open, disputé sur un parcours de la capitale.
Le tennis de table, quant à lui, touche un public plus populaire grâce à un matériel peu coûteux et à la facilité d’installation. Des centres d’entraînement et des ligues structurent sa pratique, faisant du « ping » un complément naturel à d’autres sports pour de nombreux jeunes.
Arts martiaux et sports de combat : une identité plurielle
Les arts martiaux occupent une place centrale dans le paysage sportif surinamais, à la fois comme sports de compétition et comme héritage culturel. Judo, karaté, taekwondo et lutte sont représentés au niveau fédéral et international, tandis que des formes plus ancrées localement mêlent influences indigènes, africaines, javanaises, chinoises et européennes.
Karaté, taekwondo, judo : la voie olympique
Le karaté, encadré par la Surinaamse Karate Bond, rassemble un réseau de dojos où l’on insiste sur la discipline, le respect et la maîtrise de soi. Des compétitions nationales et des participations à des rendez-vous régionaux ont déjà rapporté des médailles aux pratiquants surinamais. Le judo et le taekwondo, tout comme la lutte, suivent des trajectoires similaires : clubs en ville, participation à des Jeux régionaux et aux circuits internationaux via les fédérations affiliées au Comité olympique.
Dans le paysage des sports de combat comme la boxe, la kickboxing et le bodybuilding, des figures internationales telles que le champion de kickboxing Remy Bonjasky, d’origine surinamaise, servent de modèles pour les jeunes en quête d’un cadre structuré et d’un exutoire physique, bien que leur carrière se soit déroulée sur d’autres scènes internationales.
Arts martiaux marons et métissages culturels
Au-delà des disciplines codifiées par les fédérations internationales, le Surinam possède ses propres traditions martiales, issues notamment des communautés marronnes descendantes d’esclaves africains enfuis dans l’intérieur du pays. Des styles comme le Saramaka Kampu (ou Saramaka Fu), développé par les Saramaka, ou le Djuka Fu chez les Djuka, combinent techniques africaines, savoir-faire indigènes et parfois emprunts européens.
Ces systèmes combinent agilité, déplacements rapides, et l’usage d’outils comme des bâtons ou des machettes, ainsi que des techniques de lutte. Historiquement, ils servaient à la défense communautaire et à transmettre des valeurs comme le courage et la solidarité. Aujourd’hui, ils sont présentés lors d’événements culturels, et des maîtres travaillent à les documenter et à les enseigner pour prévenir leur disparition face à la mondialisation des arts martiaux.
Sports nautiques : pagayer, surfer, glisser
Avec plus de 4 600 kilomètres de voies navigables intérieures et un littoral atlantique, le Surinam est un terrain de jeu de rêve pour les sports nautiques. Kayak, canoë, rafting, paddle, surf, kitesurf ou simple baignade sportive : les possibilités sont nombreuses, pour tous les niveaux.
Kayak et canoë sur les grands fleuves
Les cours d’eau structurent le territoire surinamais, et la pratique du kayak ou du canoë s’appuie sur cette géographie. Les rivières Commewijne, Marowijne, Boven Saramacca ou Tapanahony sont particulièrement appréciées. La Commewijne, aux eaux plutôt calmes et proche de Paramaribo, se prête bien aux sorties de découverte, tandis que la Marowijne, frontière naturelle avec la Guyane française, séduit par sa biodiversité et ses paysages.
Pour les pagayeurs plus expérimentés, la Boven Saramacca offre des rapides et des sections plus techniques, entourées de forêt tropicale habitée par singes et oiseaux. La Tapanahony, aux eaux plus tranquilles, traverse des zones où l’on peut observer paresseux, oiseaux aquatiques et villages isolés.
| Rivière | Caractéristiques pour la pratique |
|---|---|
| Commewijne | Eaux calmes, proche de Paramaribo, idéale débutants |
| Marowijne | Biodiversité importante, frontière avec la Guyane FR |
| Boven Saramacca | Rapides pour pratiquants expérimentés |
| Tapanahony | Eaux tranquilles, observation de faune et villages |
Des excursions guidées permettent d’apprendre les bases du maniement de la pagaie, de découvrir l’écosystème local et parfois de combiner kayak avec pêche sportive légère ou baignade.
Rafting et sports d’eau vive
Sur certaines portions de l’Upper Suriname River et des affluents, la morphologie du lit – rochers, rapides, seuils – se prête à des descentes en rafting. L’activité reste relativement confidentielle par rapport à d’autres pays andins ou amazoniens, mais gagne du terrain avec la montée du tourisme d’aventure. Les conditions tropicales (chaleur, niveau d’eau variable selon la saison des pluies) ajoutent un degré de difficulté qu’il ne faut pas sous-estimer ; d’où l’importance de sortir avec des guides expérimentés.
Paddle, snorkeling et plongée
Le Suriname River lui-même, artère centrale du pays, accueille de plus en plus de pratiquants de stand-up paddle, une activité souvent proposée lors de circuits éco-touristiques. Pagayer debout sur la rivière tout en observant dauphins d’eau douce (dont le boto, espèce menacée) est une expérience marquante.
Dans certaines criques aux eaux claires, le snorkeling permet d’observer poissons et formations rocheuses. La plongée sous-marine et la voile sont également possibles, bien que moins structurées que des activités comme le kayak ou la pêche sportive.
Surf et kitesurf : la glisse tropicale
Sur la côte, l’Atlantique offre des conditions intéressantes pour le surf et le kitesurf. Des spots comme Braamspunt ou Galibi Beach sont connus des initiés pour leurs vagues et leurs vents. Des écoles et clubs de surf y proposent des cours, du matériel et parfois des compétitions locales.
Une communauté locale, les Suriname Soul Riders, pratique le kitesurf sur plusieurs sites : la plage de Braamspunt, le Suriname River, le lac de retenue du barrage (Hydro Lake/Stuwmeer) et le plan d’eau de Spang Pang. Certains de ces spots sont isolés, accessibles uniquement par bateau ou après un long trajet, conférant à chaque session un caractère d’expédition.
Pêche sportive : entre loisir, sport et nature
La pêche occupe une place particulière au Surinam, à la croisée du loisir populaire, du sport de pleine nature et de la tradition. Les fleuves comme le Coppename, le Corantijn, le Suriname ou le Saramacca, ainsi que des lacs comme le Brokopondo, abritent une grande variété d’espèces : Peacock Bass (Cichla ocellaris), lau lau, piranhas, raies d’eau douce, arapaimas, entre autres.
Entre août et octobre, la saison de pêche est à son apogée. Les habitants pratiquent une pêche familiale et conviviale dans les criques et marais, armés de simples cannes en bambou. Parallèlement, des agences de voyages spécialisées proposent des séjours sportifs structurés, incluant plusieurs jours de pêche, des bivouacs en camps rudimentaires, des bains en rivière en fin de journée et l’accompagnement de guides qui enseignent à identifier les espèces, comprendre leurs comportements et connaître leur statut de conservation.
La pratique du « catch and release », qui consiste à relâcher les poissons après capture, est encouragée pour les espèces sensibles. Pour les passionnés de pêche, le Surinam représente une destination encore relativement confidentielle, avec une pression de pêche moindre que dans d’autres pays amazoniens.
Cyclisme, triathlon et sports d’endurance
Sur route comme en tout-terrain, le vélo gagne en popularité. Des clubs organisent des sorties d’entraînement, des événements ponctuels comme le Suriname Challenge – une course emblématique – et des parcours plus longs dans l’arrière-pays. Les routes côtières relativement plates, combinées aux paysages verdoyants de l’intérieur, fournissent un terrain attrayant pour cyclistes et triathlètes.
Le pays se prête bien au triathlon, avec des épreuves de natation en rivière ou en lac, de vélo sur des routes secondaires peu fréquentées et de course à pied sur pistes ou en ville. Des clubs comme le Tigri Endurance Sports Club promeuvent ces disciplines en organisant des événements et des stages, souvent en lien avec la nature.
Jeux traditionnels et activités récréatives
Au-delà des disciplines codifiées, certains loisirs typiquement surinamais occupent une place essentielle dans la vie sociale. Ils n’entrent pas toujours dans les catégories sportives classiques, mais mobilisent pourtant adresse, stratégie, patience ou endurance.
Concours de chant d’oiseaux
Parmi ces pratiques singulières, les concours de chant d’oiseaux – en particulier ceux mettant en scène le grand-bec « twa-twa » – sont peut-être les plus fascinants. Le dimanche matin, à Paramaribo et dans d’autres villes, des hommes (et parfois des femmes) se rassemblent avec leurs cages. Les oiseaux sont jugés sur la qualité, la fréquence et la régularité de leur chant.
Loin d’être un simple passe-temps, ces compétitions sont de véritables rendez-vous communautaires : on y échange conseils, on y parie parfois, et on y cultive un lien profond avec la nature. On pourrait les considérer comme un « sport » de concentration et de patience, où l’entraîneur n’est pas l’athlète mais l’oiseau lui-même.
Description du concours de chant d’oiseaux
Korfball, kabaddi, cerfs-volants et autres jeux
Le korfball, sport mixte néerlandais, s’est implanté dans plusieurs villages et villes, tout comme le kabaddi, jeu de contact traditionnel d’Asie du Sud, pratiqué au sein de certaines communautés d’origine indienne. Le cerf-volant – et surtout les combats de cerfs-volants – fait partie de ces jeux où l’on se mesure à la fois au vent, à la technique de pilotage et à l’ingéniosité de l’adversaire.
Ces activités, qui requièrent coordination, stratégie ou explosivité, s’inscrivent dans la lignée des jeux traditionnels décrits par de nombreux chercheurs : des pratiques qui transmettent des valeurs (respect des règles, sens du collectif, créativité), renforcent l’identité culturelle et peuvent même contribuer à la santé physique et mentale.
Infrastructures, organisations et tourisme sportif
L’essentiel des grandes infrastructures sportives se concentre à Paramaribo : stades multi-usages, salles couvertes, piscines, courts de tennis, terrains de basket et de volley. Les quartiers disposent souvent de leurs propres espaces de jeu, plus rudimentaires mais très fréquentés. Le Surinaams Olympisch Comité, créé dans les années 1950 et officiellement reconnu par le CIO à la fin de la décennie, coordonne aujourd’hui dix-sept fédérations nationales, couvrant de l’athlétisme au cyclisme en passant par la natation ou la lutte.
Le rôle du Comité olympique surinamais
Le Surinaams Olympisch Comité ne se contente pas d’envoyer des délégations aux Jeux olympiques d’été (où le pays a décroché deux médailles grâce à Anthony Nesty). Il accompagne aussi le développement des fédérations nationales, profite des programmes de solidarité olympique pour former entraîneurs et dirigeants, et soutient des initiatives inclusives comme Special Olympics Suriname, qui propose athlétisme, football, gymnastique artistique et rythmique, boccia ou tennis de table à des sportifs en situation de handicap.
Sport et voyages : une combinaison naturelle
Pour les voyageurs, le Surinam se prête parfaitement à des séjours mêlant sport et découverte. Une journée type peut ressembler à ceci : footing matinal le long du Waterkant en suivant le fleuve, visite du centre historique classé à l’UNESCO, après-midi en kayak sur la Commewijne, et soirée passée dans un petit stade de quartier à regarder un match de football ou un tournoi de basket.
Associer un événement sportif local (course urbaine, tournoi de volley de plage, sortie cycliste) à une excursion nature (randonnée, croisière fluviale, immersion en forêt) permet de vivre concrètement un « style de vie actif » sur place. Le tourisme de forme (marathons, trails, retraites sportives) présente des perspectives de croissance prometteuses pour les années à venir.
Comment choisir son sport au Surinam ?
Face à une telle richesse, comment s’y retrouver ? Tout dépend de ce que l’on recherche : contact avec la population, immersion dans la nature, défi physique, découverte culturelle. Quelques repères peuvent aider.
| Profil de pratiquant | Sports à privilégier au Surinam |
|---|---|
| Amoureux de sports collectifs | Football, basketball, volleyball, cricket, korfball |
| Amateur d’eau et de nature | Kayak, canoë, rafting, natation, paddle, surf, kitesurf |
| Chercheur d’adrénaline | Rafting, VTT/cyclisme, triathlon, arts martiaux de combat |
| Curieux de cultures locales | Arts martiaux marons, concours de chant d’oiseaux, cerfs-volants |
| Adeptes de sports de raquette | Badminton, tennis, tennis de table |
| Voyageur contemplatif | Pêche sportive, marche/randonnée, course douce en ville |
L’avantage du Surinam, c’est que beaucoup de ces pratiques sont accessibles aux débutants. Les clubs sont habitués à accueillir des novices, nambe d’excursions sont conçues pour le grand public, et l’atmosphère reste globalement détendue, loin des usines à touristes de certaines grandes stations balnéaires.
Un pays où le sport est un lien
Qu’il s’agisse d’un match de foot sous les projecteurs du Franklin Essed Stadion, d’une course de demi-fond sur une piste chauffée par le soleil, d’une session de kayak dans le silence d’une rivière forestière, d’un combat dans un dojo de Paramaribo ou d’un concours de chant de twa-twa sur une place publique, pratiquer un sport au Surinam, c’est d’abord entrer en relation.
Relation avec un territoire – ses fleuves, ses forêts, ses savanes. Relation avec des communautés d’origines très diverses qui se retrouvent sur un même terrain de jeu. Relation, enfin, avec des traditions sportives et ludiques qui, loin d’être figées, évoluent et se réinventent.
Pour qui est prêt à chausser des crampons, enfiler un maillot, saisir une pagaie ou accrocher un dossard, le Surinam offre un visage intime et vivant, bien différent des simples cartes postales tropicales. Ici, le sport n’est pas un décor : c’est un mode de vie.
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