Immense plateau coincé entre la Sibérie et le désert chinois, la Mongolie est souvent résumée à une image de steppes sans fin. La réalité est bien plus complexe. Des montagnes glaciaires de l’ouest aux dunes du désert de Gobi, des lacs profonds du nord aux vallées sèches de l’intérieur, la géographie du pays en Mongolie façonne tout : climat, ressources, modes de vie, vulnérabilités environnementales et même organisation administrative. Plonger dans cette géographie, c’est comprendre pourquoi ce territoire est à la fois l’un des plus préservés et l’un des plus fragiles de la planète.
Un géant enclavé au cœur de l’Asie
La Mongolie occupe une position charnière sur le plateau centro-asiatique, en lisière de l’Asie de l’Est. Sans accès à la mer, elle est entièrement encerclée par deux géants : la Russie au nord, la Chine au sud, à l’est et à l’ouest. Ses coordonnées tournent autour de 46° de latitude nord et 105° de longitude est, la plaçant globalement entre 41°N et 52°N, et entre 87°E et 120°E.
La Mongolie, avec une superficie d’environ 1,56 million de km², est le deuxième plus grand pays enclavé au monde.
Cette immensité contraste avec une population minuscule à l’échelle mondiale, un peu plus de 3,5 millions d’habitants. La densité moyenne tourne autour de 2,2 habitants au km², ce qui fait du pays, hors territoires contestés, l’État souverain le plus faiblement peuplé du monde. La moitié des Mongols se concentre à Oulan-Bator, capitale située à 1 350 mètres d’altitude dans la vallée de la rivière Tuul, tandis que le reste du territoire semble presque vide.
Reliefs, altitudes et grands ensembles naturels
La géographie du pays en Mongolie est d’abord une histoire d’altitude. Environ 80 % du territoire se situe au-dessus de 1 000 mètres, avec une altitude moyenne de près de 1 580 mètres. Ce relief élevé explique en grande partie le climat rude, l’isolement et la physionomie des paysages.
Le point culminant est le mont Khüiten (4 374 m), niché dans le massif du Tavan Bogd, à l’extrême ouest dans les monts Altaï. À l’autre extrémité, le point le plus bas se trouve au niveau du lac Hoh Nuur, à environ 560 mètres. Entre ces deux extrêmes, le pays dessine un vaste plateau bosselé, incliné du nord-ouest vers le sud-est, entaillé de dépressions internes, de vallées glaciaires et de bassins lacustres.
On peut grossièrement décomposer la Mongolie en quatre bandes latitudinales, du nord au sud : zone de montagne-forêt-steppe, montagne-steppe, semi-désert, puis désert. À cela s’ajoutent les grandes chaînes qui structurent l’espace.
Les grandes chaînes de montagnes
Trois ensembles dominent le relief, auxquels s’ajoute parfois un quatrième bloc distinct.
Occupant le quart ouest du pays, les monts Altaï forment la région la plus haute et la plus glaciaire, avec de nombreux sommets dépassant 4 000 mètres (ex. : Mönkhkhairkhan à 4 204 m). Ces montagnes aux pics éternellement enneigés et aux glaciers alimentent de nombreuses rivières et lacs, créant un paysage alpin inattendu. À l’est, la chaîne se prolonge en montagnes Gobi-Altai, qui forment un rempart contre les masses d’air humides en s’achevant dans le désert.
Plus à l’est, au centre, s’étend le massif du Khangai. Plus ancien et plus érodé que l’Altaï, il offre un visage plus doux : sommets arrondis, larges pâturages d’altitude, mosaïque de forêts, rivières et lacs. Le Khangai s’étire sur environ 800 kilomètres. Son point culminant, l’Otgontenger (environ 4 031 m), est une montagne sacrée. C’est l’un des grands châteaux d’eau du pays, à l’origine entre autres de l’Orkhon, de l’Ider, du Zavkhan et de nombreux affluents de la Selenge. Ses contreforts abritent la vallée de l’Orkhon, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que foyer historique des civilisations nomades.
Situés au nord-est d’Oulan-Bator, les monts Khentii s’étendent sur environ 400 km. Bien que d’altitude modeste (le point culminant, l’Asralt Khairkhan, atteint environ 2 800 m), ce massif joue un rôle géographique crucial en formant la ligne de partage des eaux entre les bassins arctique et pacifique. Plusieurs grands fleuves mongols y prennent leur source, comme l’Onon, la Kherlen, la Tuul et la Menza. Couvert de forêts de conifères et de bouleaux, il abrite également le mont Burkhan Khaldun, une montagne sacrée associée à Gengis Khan.
Enfin, au nord, les monts Khövsgöl dominent le grand lac du même nom. Moins connus que l’Altaï ou le Khangai, ils n’en forment pas moins un ensemble abrupt, marqué par des reliefs glaciaires et des forêts profondes.
Steppes, semi-déserts et Gobi
Entre et au pied de ces chaînes s’étendent les grandes plaines de steppe. La Mongolie abrite l’un des plus vastes ensembles de prairies tempérées encore intacts au monde, notamment dans la partie orientale du pays, au sein de la steppe mongolo-mandchoue et de la steppe orientale mongole. Ces paysages herbacés, ondulant à perte de vue, sont la matrice de l’élevage nomade et le cœur du territoire pastoral.
En se dirigeant vers le sud, la steppe se dessèche pour former le désert de Gobi, qui couvre environ un tiers de la Mongolie. Contrairement à l’image commune, seulement 5 % de sa surface est constituée de dunes de sable. L’essentiel du désert est composé de plaines caillouteuses, de plateaux rocheux, de regs, de collines arides et de steppes sèches.
L’ensemble des steppes gobiennes mongoles et des steppes environnantes forme d’ailleurs le plus vaste système de steppe continue de la planète. Au sud, le Gobi mongol se prolonge naturellement en Chine, créant une entité écologique transfrontalière considérable, au cœur de laquelle se trouvent des sites comme le parc national du Grand Gobi, reconnu par l’UNESCO comme réserve de biosphère.
Climat : un continental extrême
La géographie du pays en Mongolie, par son altitude et son enclavement, engendre un climat parmi les plus continentaux au monde. Loin de toute influence océane, dominée en hiver par l’anticyclone sibérien, la Mongolie cumule hivers interminables et étés brefs mais parfois brûlants, avec des écarts de température vertigineux.
L’amplitude thermique entre les moyennes de janvier et de juillet peut dépasser 44 °C en Mongolie.
Malgré ce froid, le pays est surnommé « terre du ciel bleu » : selon les régions, on compte entre 220 et plus de 250 journées ensoleillées par an. Le ciel est souvent dégagé, la nébulosité faible, ce qui renforce à la fois les radiations solaires l’été et le refroidissement nocturne l’hiver.
Précipitations annuelles moyennes en Mongolie, variant de moins de 100 mm dans le Gobi à plus de 250 mm dans les montagnes du nord.
Ce climat est lui-même en pleine mutation. Depuis le milieu du XXᵉ siècle, la température moyenne a augmenté d’au moins 1,8 °C, et sur les 80 dernières années les études indiquent un réchauffement proche de 2,5 °C, l’un des plus marqués au monde. Ce réchauffement accélère la fonte des glaciers de montagne, la dégradation du pergélisol qui recouvre encore plus de la moitié du territoire, et assèche les steppes, augmentant la fréquence des sécheresses et des catastrophes naturelles.
Réseau hydrographique : trois mers, un pays enclavé
Paradoxalement, la Mongolie, pourtant sans littoral, envoie ses eaux vers trois grands ensembles : l’océan Arctique, le Pacifique, et un vaste bassin intérieur sans exutoire vers la mer.
Le territoire est ainsi découpé en trois grands bassins hydrographiques : bassin de l’Arctique, bassin du Pacifique, bassin endoréique d’Asie centrale. Les montagnes du Khentii jouent un rôle fondamental, puisqu’elles servent de ligne de partage des eaux entre Arctique et Pacifique.
Les grands systèmes fluviaux
On recense plus de 4 000 rivières sur le territoire, représentant environ 65 000 km de cours d’eau permanents. Parmi elles, le système Selenge–Orkhon occupe une place dominante. La Selenge, combinée à ses affluents, draine une grande partie du nord du pays avant de se jeter dans le lac Baïkal, en Russie, puis dans le fleuve Angara et enfin le Ienisseï, qui rejoint l’océan Arctique.
Naît sur les pentes du Khangai, serpente à travers la vallée historique de l’Orkhon avant de rejoindre la Selenge. Son bassin accumule une grande partie de l’histoire, de l’archéologie et du peuplement du pays.
L’Orkhon, le plus long fleuve de Mongolie
À l’est, la Kherlen naît dans les monts Khentii et parcourt plus de 1 000 km en Mongolie avant de traverser la frontière chinoise pour se perdre dans le lac Dalai (Hulun), lui-même relié au système du fleuve Amour, et donc au Pacifique. L’Onon, autre cours d’eau majeur issu du Khentii, suit un trajet comparable en rejoignant en Russie la Shilka, puis l’Amour.
Au centre, la rivière Tuul joue un rôle vital, moins par sa longueur que par sa fonction : elle traverse Oulan-Bator et alimente en eau la moitié de la population du pays via les nappes alluviales de sa vallée. Plus à l’ouest, la Khovd ou la Zavkhan se déversent dans les lacs endoréiques de la « dépression des grands lacs », un vaste bassin interne typique de l’Asie centrale.
Plus de 120 millions de m³ d’eaux usées sont rejetés annuellement sans traitement en Mongolie.
Lacs : mers intérieures et perles d’eau douce
Le pays compte environ 3 000 lacs, dont la plupart ne disposent d’aucun exutoire vers la mer. Ils jouent un rôle écologique et climatique crucial : réserve d’eau, refuge pour la biodiversité, régulateur thermique local, ressource pour la pêche et l’élevage.
Plusieurs grands systèmes se distinguent.
Le lac Uvs, situé à l’ouest, est le plus vaste lac par sa surface, avec environ 3 350 km². Il se trouve à une altitude de 759 mètres. Sa particularité est d’être fortement salé, jusqu’à cinq fois plus que l’eau de mer. Le lac est endoréique, c’est-à-dire sans exutoire, et est alimenté par les apports d’une trentaine de rivières, dont la Tes. L’ensemble de son bassin est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, un site transfrontalier partagé avec la Russie.
Plus au nord, le lac Khövsgöl, surnommé la « Perle bleue de la Mongolie », est le plus grand réservoir d’eau douce du pays. D’origine tectonique, il atteint 2 620 km² de surface pour une profondeur maximale supérieure à 250 mètres. Ses eaux d’une limpidité exceptionnelle s’écoulent vers la Selenge et le lac Baïkal, renforçant ainsi la connexion écologique entre la Mongolie et la Sibérie.
Dans l’ouest aride, la « dépression des grands lacs » regroupe plusieurs lacs majeurs comme Khar-Us, Khar, Dörgön, Khyargas, Achit ou Boon Tsagaan. Certains sont d’eau douce peu profonde, d’autres très salés, souvent reliés en chaîne par des rivières et chenaux. Ils forment un chapelet de zones humides au pied de l’Altaï, essentiels pour les oiseaux migrateurs et pour les populations locales.
Quelques grands lacs en chiffres
| Lac | Type | Superficie (km²) | Profondeur max. (m) | Particularités principales |
|---|---|---|---|---|
| Uvs Nuur | Salé | ~3 350 | 10–20 | Bassin endoréique, site UNESCO, très salé |
| Khövsgöl Nuur | Eau douce | 2 620 | ~262 | « Perle bleue », eaux ultra-claires, tourisme |
| Khar-Us Nuur | Eau douce | 1 852 | 4,5 | Dépression des grands lacs, nombreuses îles |
| Khyargas Nuur | Salé | – | – | Grand bassin endoréique de l’ouest |
| Buir Nuur | Eau douce | 615 | 6–10 | Plus grand lac de l’est, riche en poissons |
| Dörgön Nuur | Salé | 305 | 27 | Profond, sans îles, en lien avec Khar Nuur |
Ces masses d’eau, bien que modestes à l’échelle du pays, représentent 83,7 % des ressources hydriques de surface. D’où l’importance cruciale de leur protection dans une nation globalement sèche.
Le désert de Gobi : un géant minéral sous haute tension
Dans la géographie du pays en Mongolie, le Gobi occupe une place à part. Cette immense entité désertique, située au sud du territoire et débordant largement en Chine, est à la fois un espace emblématique, un réservoir de ressources et un front avancé du changement environnemental.
Hauteur maximale que peuvent atteindre les grandes dunes chantantes de Khongor dans le désert de Gobi.
Malgré son aridité, le Gobi recèle une vie inattendue : buissons de saxaoul, tamaris, plantes halophiles ou herbes xérophiles s’accrochent aux sols salés, tandis que chameaux de Bactriane, gazelles, ours du Gobi, léopards des neiges et une foule de reptiles y survivent. Sur le plan scientifique, le désert est célèbre pour ses fossiles de dinosaures et de mammifères du Cénozoïque, qui témoignent d’anciens environnements fluviaux aujourd’hui disparus.
Le désert de Gobi progresse vers le nord à un rythme de 6 à 7 km par an, grignotant les steppes.
Ressources naturelles : un sous-sol stratégique, une surface fragile
Sous ses steppes et ses déserts, la Mongolie cache un véritable coffre-fort minéral. Plus de 10 000 occurrences et 2 500 gisements de plus de 80 types de minerais ont été recensés, dont environ 1 170 sont officiellement enregistrés. Les réserves prouvées placent le pays dans le top mondial pour plusieurs ressources : plus de 37 milliards de tonnes de charbon, 57 millions de tonnes de cuivre, 2 500 tonnes d’or, plus de 48 millions de tonnes de fluorine, sans compter le fer, le zinc, l’uranium ou les terres rares.
Le secteur minier représente près d’un quart du PIB, constitue la grande majorité des exportations et attire l’essentiel des investissements étrangers. Cependant, ces activités se déroulent dans un environnement extrêmement sensible.
La surface terrestre mongole est majoritairement recouverte de pâturages : environ les trois quarts du territoire. Ces prairies nourrissent des dizaines de millions de têtes de bétail et constituent le socle de la culture pastorale. Or, les études convergent : près de 70 à 77 % des terres sont désormais considérées comme dégradées, et plus de 70 % des pâturages sont en état de dégradation prononcée. La désertification gagne du terrain dans le sud, où toute perturbation mal gérée peut se transformer en désert sableux permanent.
Désertification, dégradation et réponse politique
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. La proportion de terres désertifiées est passée d’environ 72 % à près de 77 % entre 2006 et 2020. La croissance de la végétation sur les parcours a été divisée par cinq. Les forêts, concentrées au nord, ont perdu 10 % de leur couverture entre 1980 et 2000, puis encore près de 384 000 hectares entre 2007 et 2010. Au total, 77 % des terres seraient dégradées, sous l’effet combiné du surpâturage, du changement climatique, de pratiques pastorales non durables, de la déforestation, de l’extension minière et d’un réseau de pistes non stabilisées.
L’abattage des forêts et les perturbations naturelles dénudent les sols. Cela intensifie le ruissellement, provoquant inondations et érosion, tout en abaissant les nappes phréatiques. La végétation fragilisée devient plus vulnérable aux aléas climatiques, avec un risque de basculement en désert quasi irréversible, notamment dans le sud.
Consciente de cette spirale, la Mongolie a adhéré à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification dès les années 1990, mis en place un Comité national et un Centre national dédiés, et financé une série de projets de lutte anti-désertification. Plus récemment, le pays a lancé la campagne « Billion Trees », qui vise à planter un milliard d’arbres d’ici 2030. À ce jour, plus de 50 millions d’arbres auraient déjà été plantés, avec un soutien international, notamment chinois. Cette initiative, souvent citée comme modèle de reboisement et d’agroforesterie, s’ajoute à des politiques forestières qui imposent de réinvestir la majeure partie des recettes du bois dans la protection et la restauration des forêts.
Eau rare, eau sous pression
Dans un pays sec, la gestion de l’eau est une question de géographie autant que de survie. La Mongolie dispose de ressources renouvelables limitées, dont une large fraction est déjà mobilisée. En théorie, seuls 1,5 % des ressources renouvelables sont prélevés chaque année, mais ce chiffre masque de fortes disparités spatiales. Si le nord-est montagneux est bien arrosé, le centre et surtout le sud – notamment la région du Gobi – souffrent d’un déficit chronique. Là où se concentrent les industries minières, la demande en eau augmente plus vite que l’offre, accentuant la pression sur les aquifères.
Plus de 120 millions de m³ d’eaux usées sont rejetés chaque année sans traitement en Mongolie, provenant des villes et des industries.
Face à ces défis, l’État a structuré la gestion de l’eau autour de 29 bassins versants, chacun doté d’une organisation spécifique chargée de mettre en œuvre une gestion intégrée. De grands projets de retenues et de dérivations – comme les systèmes Orkhon–Ongi ou Khentii–Toono – sont prévus pour alimenter en eau les zones minières du Gobi, tandis que des campagnes d’exploration ciblent les nappes souterraines sur environ 17 % du territoire. L’enjeu est à la fois économique et humain : plus de 40 % des décès liés aux catastrophes naturelles sont causés par des aléas hydriques, qu’il s’agisse d’inondations, de glissements ou de ruptures de glace.
Biodiversité et espaces protégés : un réseau en expansion
La géographie du pays en Mongolie ne se résume pas à ses contraintes : elle héberge aussi un patrimoine naturel unique. Les steppes intactes, les forêts boréales, les lacs et les déserts forment un ensemble de paysages où survivent encore certaines des dernières populations sauvages de grands mammifères menacés : chevaux de Przewalski (takhi), chameaux sauvages, saïgas mongoles, ours du Gobi, léopards des neiges, argalis, loups gris, faucons sacres, pour ne citer que les plus emblématiques.
Pourcentage de l’effondrement de la faune sauvage en Mongolie, principalement dû au braconnage et à la perte d’habitat.
L’objectif officiel est d’atteindre 30 % de terres protégées. Pour y parvenir, l’initiative « Eternal Mongolia » projette d’ajouter près de 14,4 millions d’hectares au réseau existant et de renforcer la gestion de 47 millions d’hectares déjà classés, tout en promouvant des pratiques durables sur 34 millions d’hectares supplémentaires. Ce programme, évalué à près de 198 millions de dollars, implique un vaste partenariat entre le gouvernement et plusieurs grandes ONG internationales, et s’appuie notamment sur les éleveurs nomades : environ 200 000 familles pastorales sont associées à la mise en place de pâturages durables sur près de 34 millions d’hectares.
Les aires protégées couvrent environ la moitié des sources d’eau douce et des débits fluviaux mondiaux.
Population, territoire et organisation administrative
La manière dont la population s’inscrit dans la géographie du pays en Mongolie est tout aussi révélatrice. Avec une densité d’environ 2,2 habitants au km², on pourrait croire à un espace vide. En réalité, la population se concentre massivement dans quelques noyaux urbains et oasis de vallée, laissant d’immenses espaces largement dédiés au pastoralisme extensif.
Oulan-Bator concentre près de la moitié de la population mongole. Sa situation dans une vallée encaissée empêche la dispersion des polluants, rendant l’air particulièrement irrespirable en hiver en raison du chauffage au charbon. Le reste de la population est réparti dans des villes moyennes comme Darkhan, Erdenet, Choibalsan, Mörön et Bayankhongor, situées le long des grands axes de transport.
L’espace administratif est découpé en 21 provinces (aimags) et une municipalité à statut équivalent, celle d’Oulan-Bator. Chaque aimag est subdivisé en plusieurs soums (districts ruraux), eux-mêmes décomposés en bag (hameaux ou unités locales). La capitale, elle, se fragmente en neuf districts urbains (düüreg), chacun subdivisé en khoroo, l’équivalent de quartiers. Ces découpages reflètent des réalités géographiques : un aimag comme Ömnögovi, en plein Gobi, couvre plus de 165 000 km² pour moins de 70 000 habitants, tandis que la petite province d’Orkhon concentre une population dense autour du combinat minier d’Erdenet.
La vie dans les steppes et semi-déserts est traditionnellement organisée autour du nomadisme pastoral, où les familles déplacent leurs troupeaux selon les saisons et la disponibilité des pâturages. Cette mobilité, essentielle pour s’adapter à un environnement imprévisible, est aujourd’hui confrontée à des défis majeurs : la sédentarisation croissante, le développement des infrastructures et la fragmentation des parcours due aux activités minières.
Un pays façonné par les risques climatiques
Dans ce contexte géographique, le changement climatique agit comme un multiplicateur de risques. L’augmentation des températures accentue l’évaporation, fragilise les sols, dégrade les pâturages et accroît l’irrégularité des précipitations. Les événements extrêmes se multiplient : tempêtes de poussière printanières, sécheresses sévères, inondations éclairs après des orages concentrés, blizzards plus violents.
Plusieurs épisodes de dzud ces dernières années ont emporté près de 9% du cheptel national mongol.
Les autorités tentent de répondre par des outils plus fins : élaboration d’un indice national de risque climatique, systèmes d’alerte précoce pour la gestion des pâturages, stratégies de réduction des émissions, notamment via une contribution déterminée au niveau national visant une baisse de près de 23 % des émissions attendues d’ici 2030 dans les secteurs énergétiques et non énergétiques.
Transport et aménagement : l’effet des distances
La géographie du pays en Mongolie, c’est aussi celle des distances et de la rareté des infrastructures. Sur un territoire si vaste, le réseau de transport conditionne l’accessibilité des régions, la structure des échanges et la manière dont les ressources naturelles sont exploitées.
La ligne transmongole, axe nord-sud reliant la Russie à la Chine via Oulan-Bator, constitue la colonne vertébrale du réseau. Elle est désormais complétée par plusieurs lignes dédiées au transport de minerais (charbon, cuivre, concentrés métalliques) depuis les grands gisements du sud (Tavan Tolgoi, Zuunbayan, Gashuunsukhait, Khangi, Shiveekhüren) vers les postes-frontières chinois. Ces voies ferrées, longues de plusieurs centaines de kilomètres, transforment la géographie des flux, remplaçant les anciens trajets de troupeaux et de caravanes par un transport massif de matières premières.
Sur route, le maillage reste inégal. Si les liaisons entre la capitale, les grandes villes et certains postes-frontières sont asphaltées, la majorité des tracés secondaires se réduit encore à des pistes. Les projets de corridors est-ouest et nord-sud, intégrés dans les initiatives régionales (corridor Chine–Mongolie–Russie, réseau de routes asiatiques), visent à transformer l’enclavement en atout de transit. Mais chaque nouvelle infrastructure, dans un environnement fragile, pose la question de son impact sur les steppes, les habitats fauniques et les dynamiques pastorales.
Une géographie en mutation permanente
Au fil des décennies, la géographie du pays en Mongolie se transforme sous l’effet conjugué du climat, des activités économiques et des choix politiques. Les glaciers reculent dans l’Altaï et le Khangai ; le pergélisol s’amincit ; les steppes se dessèchent ; les frontières du Gobi avancent et reculent au gré des sécheresses et des usages pastoraux ; les vallées fluviales se densifient tandis que les zones les plus reculées se vident progressivement.
La Mongolie tente de concilier l’exploitation de ses ressources minérales avec la préservation de ses écosystèmes fragiles, via des aires protégées, du reboisement et une gestion de l’eau. Cependant, la forte dépendance économique au secteur minier et la vulnérabilité climatique laissent peu de marge d’erreur pour cet équilibre délicat.
Comprendre la géographie du pays en Mongolie, c’est ainsi saisir un système en tension permanente entre immensité et rareté, tradition pastorale et extraction industrielle, sécheresse et inondations, désertification et reforestation. C’est aussi reconnaître que ce territoire, loin d’être un simple « vide » sur la carte, est l’un des laboratoires les plus avancés des grands enjeux environnementaux du XXIᵉ siècle.
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