Quitter son pays pour poser ses valises au Cap-Vert fait rêver beaucoup de candidats à l’expatriation. Entre plages de sable blanc, climat doux presque toute l’année, coût de la vie modéré et ambiance « no stress », l’archipel a tout du refuge idéal pour télétravailleurs, retraités en quête de soleil ou familles en recherche de dépaysement. Mais derrière la carte postale, la vie sur ces dix îles volcaniques au large de l’Afrique de l’Ouest comporte aussi son lot de contraintes : administration lente, système de santé encore fragile, risques climatiques, marché du travail local limité, infrastructures disparates selon les îles.
Ce dossier synthétise les données récentes sur l’économie, le coût de la vie, les visas, la résidence, la sécurité, la santé, le climat et l’éducation. Il offre une vision réaliste et nuancée des avantages et inconvénients de s’installer au Cap-Vert, pour aider à la prise de décision en évitant à la fois l’écueil du marketing touristique et un pessimisme excessif.
Un archipel stable, ouvert et très tourné vers l’extérieur
Le Cap-Vert est un archipel de dix îles, dont neuf habitées, posé dans l’Atlantique à environ 700 km au large des côtes africaines. Ancienne colonie portugaise devenue indépendante en 1975, la République du Cap-Vert est aujourd’hui considérée comme l’une des démocraties les plus stables et les plus ouvertes du continent africain. Le régime semi‑présidentiel fonctionne sur la base d’élections régulières et de transitions de pouvoir pacifiques, avec un État de droit jugé solide et une faible polarisation politique.
L’archipel du Cap-Vert compte un peu plus de 560 000 habitants.
Le pays se classe parmi les États à revenu intermédiaire, avec un PIB par habitant aux alentours de 5 000 dollars, un indice de développement humain moyen mais le plus élevé d’Afrique de l’Ouest, et une espérance de vie d’environ 74 à 76 ans. L’archipel est fréquemment présenté comme le « Caraïbe de l’Afrique de l’Ouest », tant pour ses paysages que pour son style de vie détendu.
Un cadre de vie séduisant : climat, nature et douceur des rapports humains
Le premier argument en faveur du Cap-Vert tient à la qualité de vie ressentie par de nombreux résidents étrangers. Le climat est globalement sec et tropical, avec plus de 350 jours de soleil par an. La saison des vents, d’octobre à mi‑juillet, favorise les sports nautiques, tandis que la courte saison des pluies (souvent entre juillet et octobre, selon les îles) ne compte en moyenne qu’une dizaine de jours de pluie par an.
L’archipel du Cap-Vert présente une grande variété de paysages d’une île à l’autre. Pour un cadre désertique et balnéaire, les îles de Sal ou Boa Vista offrent des plages de sable blanc aux eaux translucides. À l’inverse, Santo Antão et Santiago proposent des montagnes verdoyantes et des vallées agricoles. Pour une ambiance urbaine et culturelle, Mindelo sur l’île de São Vicente est idéale. Enfin, l’île de Fogo se distingue par son volcan actif et ses reliefs escarpés, propices à la randonnée, au trekking ou au VTT.
Le pays est aussi réputé pour sa culture métissée, nourrie d’influences africaines et européennes, où la musique et la danse occupent une place centrale. La « morabeza » – cette hospitalité chaleureuse et décontractée – est souvent citée par les expatriés comme l’un des grands plaisirs de la vie quotidienne. La population est majoritairement perçue comme ouverte, amicale, spontanée, avec un sens aigu de la communauté. Cette convivialité facilite les rencontres et l’intégration, à condition de faire l’effort de s’ouvrir au pays.
Coût de la vie : accessible pour un expatrié, tendu pour un salaire local
Pour un étranger disposant de revenus extérieurs (salaire de télétravailleur, pension, rentes), le Cap-Vert offre un coût de la vie globalement inférieur à celui de l’Europe ou de l’Amérique du Nord. Les estimations nationales indiquent qu’une personne seule a besoin, en moyenne, d’environ 133 000 escudos par mois sans loyer (soit autour de 489 dollars), et qu’un célibataire dépensant loyer compris tourne autour de 900 à 1 000 dollars. Une famille de quatre personnes, loyer compris, se situe dans une fourchette voisine de 2 000 dollars mensuels.
Comparé aux États‑Unis, le coût de la vie au Cap-Vert est 50% moins cher avec loyer et 40% moins cher hors logement. Cependant, le salaire net moyen local (≈210$/mois) est 4,6 fois inférieur au coût de la vie, créant une tension sociale et une grande fragilité pour la population.
Pour un expatrié qui gagne son revenu à l’étranger, cette distorsion se traduit par un niveau de vie confortable, à condition évidemment de choisir soigneusement son île et son type de logement.
Comparaison synthétique des coûts moyens
| Profil de dépense | Montant estimatif (CVE) | Montant estimatif (USD) |
|---|---|---|
| Coût mensuel 1 personne (hors loyer) | ≈ 133 431 | ≈ 489 |
| Coût mensuel 1 personne (avec loyer) | – | ≈ 973 |
| Coût mensuel famille de 4 (hors loyer) | – | ≈ 1 389 |
| Coût mensuel famille de 4 (avec loyer) | ≈ 278 931 | ≈ 2 100 |
| Salaire net moyen | ≈ 30 000 | ≈ 211 |
Pour l’expatrié, la principale variable reste le logement. Un appartement une chambre au centre d’une ville coûte en moyenne un peu plus de 43 000 CVE par mois, contre 26 000 CVE en périphérie. Pour trois chambres, on passe autour de 59 000 CVE en centre et 37 000 CVE en dehors. Les écarts entre îles sont toutefois considérables : Sal et Boa Vista, très dépendantes des importations et du tourisme, affichent des niveaux de loyers nettement plus élevés que les îles agricoles comme Santiago, Santo Antão ou Fogo.
Exemples de loyers mensuels par île pour un T1
| Île / ville | Fourchette T1 (par mois) |
|---|---|
| Sal (Santa Maria) | 500 € à > 1 000 € |
| Boa Vista (Sal Rei) | 350 € à 600 € |
| Praia (Santiago) | 370 € à 550 € |
| Mindelo (São Vicente) | 300 € à 450 € |
| Fogo | 250 € à 400 € |
| São Nicolau | 150 € à 300 € |
Les charges (électricité, eau, déchets) s’ajoutent pour 13 000 à 17 000 CVE par mois, avec une facture d’électricité qui grimpe vite en cas d’usage intensif de la climatisation. Internet haut débit fixe se situe globalement entre 5 000 et 6 250 CVE pour une connexion rapide, tandis que la téléphonie mobile reste abordable, avec des forfaits autour de 2 300 CVE pour 10 Go de données ou plus.
L’alimentation, fortement dépendante des importations sur certaines îles, peut représenter un budget mensuel de 200 à 400 dollars pour un couple, selon que l’on privilégie les produits locaux ou importés. Les restaurants restent globalement abordables pour un expatrié : un repas dans un petit établissement local coûte souvent l’équivalent de 5 euros, et un menu complet pour deux dans un restaurant de gamme moyenne se situe autour de 4 500 à 5 000 escudos cap-verdiens (CVE).
Un arsenal de visas attractif, surtout pour investisseurs et nomades digitaux
Autre atout important : le cadre migratoire est relativement structuré et plutôt favorable aux étrangers économiquement autonomes. L’entrée, le séjour et la sortie des étrangers sont organisés par un régime légal spécifique, complété par plusieurs lois qui encadrent le séjour pour investissement ou travail à distance.
Les ressortissants de nombreux pays – notamment de l’Union européenne, du Royaume‑Uni, des États‑Unis, du Canada, du Brésil, de l’espace Schengen ou encore des États membres de la CEDEAO – sont exemptés de visa de court séjour. D’autres nationalités peuvent obtenir un visa à l’arrivée, à condition de disposer d’un passeport valable au moins six mois et de s’être pré‑enregistrés en ligne via la plateforme EASE, qui sert aussi à régler la taxe de sécurité aéroportuaire.
Pour une expatriation plus longue, plusieurs options existent, chacune avec ses avantages et ses contraintes.
Le programme de travail à distance : une niche très favorable
Le Cap-Vert a mis en place un visa spécifique pour les télétravailleurs et freelances, souvent appelé « Remote Working Program » ou visa pour nomades digitaux. Ce dispositif s’adresse aux personnes qui travaillent exclusivement pour des clients ou employeurs hors du pays. Il permet de résider légalement dans l’archipel pendant une période initiale de six mois, renouvelable une fois pour une durée totale d’un an.
Pour obtenir ce visa, il faut justifier d’un solde bancaire moyen mensuel de 1 500 € (ou 2 700 € pour une famille) sur les six derniers mois, payer environ 20 € de frais de dossier et une redevance aéroportuaire d’environ 30 €. Le traitement de la demande dure environ deux semaines. Ce visa offre une exonération d’impôt sur les revenus de source étrangère, ce qui constitue un cadre fiscal très attractif pour les télétravailleurs bien rémunérés, sans leur conférer automatiquement la résidence fiscale locale.
Les visas et permis de résidence classiques
Pour un projet d’installation plus durable, le visa de résidence reste l’outil de base. Il s’adresse à ceux qui souhaitent s’établir pour travailler, étudier, investir ou rejoindre leur famille. Il permet un premier séjour de six mois, le temps de déposer une demande de permis de résidence auprès de la Direction générale de l’immigration et des frontières.
Il existe deux catégories de permis : temporaire (renouvelable annuellement) et permanent (renouvelable tous les cinq ans depuis les années 2000). La procédure est lourde et lente : elle nécessite de nombreux documents (preuves financières, casier judiciaire légalisé, certificats médicaux, justificatifs de logement, etc.), se dépose en commissariat avant transmission à Praia, et peut prendre jusqu’à deux ans.
La résidence par investissement : raccourci pour fortunés
Le pays a aussi misé sur un programme de résidence par investissement, centré sur l’immobilier. L’achat d’un bien d’une certaine valeur – à partir de 80 000 euros dans les zones les moins riches, 120 000 euros dans les régions au PIB par habitant plus élevé – peut donner droit à une carte de résident (souvent appelée « Green Card » dans les communications) pour l’investisseur et sa famille. Ce type de statut ouvre la voie à la nationalité après cinq ans de résidence habituelle.
Ce dispositif présente des atouts comme une fiscalité attractive, un climat agréable, un coût de la vie modéré et une procédure plus rapide qu’une résidence classique, attirant notamment des Européens aisés. Cependant, il reste inaccessible à la majorité des candidats à l’expatriation et n’évite pas les délais administratifs pour certains actes (titres de propriété, enregistrements, etc.).
Principaux types de visas et usages
| Type de visa / statut | Durée et finalité principale |
|---|---|
| Visa touristique | Séjour de 90 jours (prolongeable), tourisme et visites |
| Visa de transit | Transit jusqu’à 4 jours |
| Visa temporaire | Voyages d’affaires, courts contrats, visites familiales |
| Visa de résidence | Installation pour travail, études, regroupement familial |
| Visa télétravail / nomade | 6 mois renouvelable une fois, travail à distance, fiscalité souple |
| Résidence par investissement | Droit de résidence via achat immobilier qualifié |
Une fiscalité plutôt clémente pour les nouveaux résidents
Pour les résidents fiscaux éligibles à certains régimes, le Cap-Vert peut se révéler fiscalement séduisant. Un régime de « non‑résident habituel » prévoit, pour les contribuables concernés, un taux d’imposition réduit à 10 % sur certains revenus pendant dix ans, sans taxation généralisée des revenus mondiaux. Le dispositif vise particulièrement les retraités et les personnes disposant de revenus de source étrangère.
Il s’agit du taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu progressif pour les particuliers en Italie.
En revanche, pour les entreprises ou les indépendants qui veulent opérer localement, l’environnement est plus contrasté : taxation élevée des importations et des exportations, nécessité parfois d’une licence d’importation, TVA, impôts sur les sociétés (autour de 25 %), sans compter le poids de la bureaucratie. Monter un business en propre reste possible – d’autant qu’un guichet « Empresa no Dia » permet de constituer une société en un ou deux jours dans certaines villes – mais requiert une bonne préparation juridique et comptable.
Marché du travail local : souvent une impasse pour les étrangers
Pour les expatriés qui comptent trouver un emploi sur place, la réalité est nettement moins favorable que le climat ou la fiscalité. Le chômage local reste élevé, et l’offre de postes qualifiés demeure modeste hors tourisme, construction, services financiers ou projets d’énergie renouvelable. De nombreuses entreprises privilégient l’embauche de citoyens capverdiens, d’autant que les salaires y sont beaucoup plus bas que ceux espérés par un étranger issu d’un pays riche.
La maîtrise du portugais est quasi indispensable pour travailler en dehors des secteurs très touristiques ou des missions à l’international. L’anglais est parlé par environ 8 % de la population, principalement dans les zones touristiques ou chez les jeunes urbains. En pratique, les opportunités les plus réalistes pour un expatrié restent :
Découvrez les principaux secteurs et fonctions accessibles pour une carrière à l’étranger, exploitant une expertise technique, linguistique ou managériale.
Accédez à des postes de gestion ou de direction au sein d’établissements ou de groupes internationaux dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme.
Exercez dans des fonctions techniques en ingénierie, énergies renouvelables, construction, IT ou finance pour des entreprises régionales ou internationales.
Enseignez des langues (notamment l’anglais), dispensez des formations ou offrez des services de conseil à une clientèle étrangère.
Créez votre propre structure de conseil ou de services, ciblant spécifiquement les expatriés ou les entreprises étrangères.
Mais il faut garder en tête que les rémunérations locales sont souvent éloignées des standards européens, que le marché est étroit, et que les charges sociales et fiscales ne sont pas négligeables. Vivre au Cap-Vert en comptant sur un emploi local classique est donc rarement un bon calcul financier.
Télétravailleurs et entrepreneurs : un terrain de jeu intéressant mais exigeant
L’archipel a clairement identifié le potentiel des nomades digitaux et des entreprises numériques. Un programme national, « Cabo Verde Digital », vise à transformer le pays en « nation digitale », à développer l’infrastructure 4G/5G et à attirer start‑up et freelances. Un câble sous‑marin (EllaLink) relie directement le pays au Portugal et au Brésil, améliorant considérablement la connectivité internationale. La fibre optique est disponible dans les principales villes (Praia, Mindelo, Santa Maria, Sal Rei) et Starlink est désormais opérationnel, avec un coût de matériel autour de 370 dollars et un abonnement mensuel voisin de 50 dollars.
Le coût mensuel d’un abonnement dans un espace de coworking au Cap-Vert se situe généralement entre 100 et 250 euros.
L’inconvénient principal reste une infrastructure encore fragile par endroits : coupures d’électricité régulières, qualité des routes variable, transport inter‑îles parfois aléatoire, santé perfectible (voir plus loin), et taille réduite du marché local. Un entrepreneur qui vise surtout une clientèle internationale peut s’en accommoder ; celui qui a besoin d’un écosystème industriel dense le trouvera sans doute limité.
Santé : progrès notables mais limites fortes pour les cas graves
Sur le papier, le système de santé capverdien affiche des indicateurs enviables pour la région : espérance de vie autour de 74 ans, mortalité infantile plus basse que dans les pays voisins, dépenses de santé publiques en hausse (de 1,9 % du PIB en 2012 à 3 % en 2019), couverture de base pour l’ensemble des citoyens. Pourtant, les infrastructures restent très inégales selon les îles.
Un système dual et très centralisé
Le pays dispose d’un système public piloté par le ministère de la Santé, avec une caisse sociale (INPS) qui finance une partie des soins pour les salariés, et d’un secteur privé en croissance autour des grandes villes et des zones touristiques. Les hôpitaux les mieux équipés sont à Praia (hôpital Agostinho Neto) et Mindelo (hôpital Baptista de Sousa). En dehors de ces pôles, les services restent souvent basiques : manque d’équipements, de spécialistes, de lits, instabilité dans l’approvisionnement en eau ou en électricité, temps d’attente prolongés.
C’est le nombre estimé de patients évacués médicalement chaque année hors du Cap-Vert, principalement vers le Portugal, en raison des limites du système de santé local.
La solution pragmatique : assurance internationale et privé
La plupart des expatriés s’orientent vers les cliniques privées, qui offrent des délais plus courts, un meilleur confort et, souvent, une meilleure disponibilité de médecins parlant anglais. À Praia ou sur Sal, une consultation peut coûter entre 20 et 30 euros, ce qui reste modeste pour un expatrié mais élevé pour un local. Des établissements comme Cardiomed à Praia, plusieurs polycliniques sur Sal ou des cliniques privées à Mindelo viennent compléter l’offre publique.
Pour un projet d’expatriation sérieux, souscrire une assurance santé internationale incluant l’évacuation médicale est quasiment indispensable. Les coûts varient généralement entre 100 et 200 € par mois et par adulte pour une couverture large. De plus, certains visas, comme celui pour télétravailleurs, exigent explicitement une assurance couvrant les soins et le rapatriement.
Même dûment assuré, un expatrié souffrant d’une pathologie lourde ou nécessitant des soins très techniques doit garder à l’esprit que la prise en charge optimale aura souvent lieu à l’étranger. Le Cap-Vert convient donc mieux à des personnes en bonne santé générale ou acceptant l’idée d’évacuation en cas de problème grave.
Éducation : offre limitée, surtout pour les familles francophones ou anglophones
Pour les familles avec enfants, la question scolaire peut rapidement devenir un facteur bloquant. Le système public capverdien propose un enseignement gratuit obligatoire au primaire, avec des taux d’inscription élevés et une alphabétisation globalement bonne pour la région. Néanmoins, le niveau de ressources reste limité, la répétition des classes fréquente, et l’enseignement se fait en portugais dans un contexte où beaucoup d’élèves parlent majoritairement le créole à la maison.
L’offre d’écoles internationales est limitée à quelques établissements, principalement de curriculum français ou portugais. À Praia, l’École Internationale Les Alizés suit le programme français (AEFE/CNED). Une école portugaise soutenue par Lisbonne y est aussi présente. Sur l’île de Sal, un établissement homologué français opère à Murdeira. Ces écoles pratiquent des frais de scolarité élevés dans le contexte local et ont une capacité d’accueil limitée.
Les familles anglophones disposent de très peu d’options : il n’existe pas, à ce jour, de grande école internationale anglophone au sens classique (curriculum britannique ou IB anglophone complet). Des solutions de compromis – école française ou portugaise le jour, cours d’anglais et soutien à la maison – ou le recours à l’enseignement à distance (online schooling) sont fréquents. Certains parents optent pour le pensionnat à l’étranger à partir du collège ou du lycée.
Pour des familles expatriées avec de jeunes enfants et prêtes à investir dans la scolarité, l’archipel reste envisageable. Pour des adolescents ou des parents attachés à un cursus international anglophone riche en options, l’offre actuelle apparaît clairement insuffisante.
Sécurité : un pays globalement sûr mais pas exempt de risques
L’image souvent renvoyée du Cap-Vert comme pays très sûr n’est pas usurpée, à condition de nuancer. L’archipel reste l’un des États les plus sûrs d’Afrique, sans terrorisme local, avec peu ou pas de violence politique et une criminalité violente limitée au regard de nombreuses capitales de la région.
La petite délinquance (vols à la tire, arrachages de sacs, cambriolages opportunistes) est présente, particulièrement dans les grandes villes comme Praia et Mindelo, ainsi que dans les zones touristiques de Sal et Boa Vista. Les marchés, fêtes de rue, escaliers isolés, plages mal éclairées et certains quartiers de Praia (Sucupira, Fazenda) sont considérés à risque, surtout la nuit.
Le cadre légal pose aussi des particularités : les mineurs de moins de 16 ans ne peuvent pas être poursuivis comme les adultes, ce qui conduit parfois des groupes de jeunes à mener des attaques en bande. La police, bien que globalement professionnelle, dispose de moyens limités ; le temps de réponse n’est pas toujours rapide et les chances de retrouver des objets volés restent faibles. Un réseau de vidéosurveillance urbaine a été installé dans plusieurs villes, mais son efficacité est discutée.
Pour un expatrié, la sécurité au Cap-Vert est un argument positif, mais elle nécessite l’adoption de comportements prudents. Il est conseillé d’éviter d’exhiber bijoux et téléphones, de limiter l’usage de cash, de privilégier les taxis officiels, d’éviter les lieux isolés la nuit et de bien sécuriser son logement. Bien que le Cap-Vert soit considéré comme plus sûr que de nombreux pays de la région, il est important de ne pas confondre « relativement sûr » et « exempt de risques ».
Climat, risques naturels et changement climatique : un paradis fragile
Parler de climat au Cap-Vert, c’est évoquer à la fois des conditions météorologiques très agréables au quotidien… et une vulnérabilité structurelle aux aléas naturels. L’archipel est situé dans une zone semi‑aride, exposée aux sécheresses récurrentes, aux tempêtes tropicales, aux coulées de boue et aux inondations éclairs lors des rares pluies intenses. Une partie importante des habitats informels se trouve en zone à risque.
Le pays est exposé à une activité volcanique et sismique, avec un volcan actif sur l’île de Fogo dont l’éruption majeure de la dernière décennie a causé évacuations et dégâts. Il est également vulnérable aux tempêtes et ouragans atlantiques. Les effets du réchauffement climatique, comme la montée du niveau de la mer, l’érosion côtière, le blanchissement des coraux et la salinisation de l’eau, sont déjà observés.
Les projections climatiques indiquent une hausse des températures moyennes, une baisse probable des précipitations de l’ordre de 5 à 10 % par an, et la multiplication des épisodes de pluie extrême sur de courtes périodes. L’élévation du niveau de la mer se poursuit à environ 3 mm par an. Les autorités ont adopté des plans nationaux d’adaptation, investi dans l’énergie renouvelable (objectif de neutralité carbone d’ici le milieu du siècle) et développé des outils de gestion des risques, souvent avec l’appui de bailleurs internationaux.
Pour un expatrié, les risques climatiques sont gérables au quotidien mais ont un impact à long terme sur les ressources (eau, agriculture), les infrastructures (routes, côtes) et le coût de la vie. Ils doivent également être pris en compte pour tout investissement immobilier, notamment en zone littorale ou dans les vallées sujettes aux glissements de terrain.
Intégration culturelle : facile à vivre, plus difficile à vraiment maîtriser
Sur le plan de l’intégration sociale, le Cap-Vert présente de nombreux atouts : petites communautés où tout le monde se connaît, liens forts entre voisins, vie culturelle riche, mélange de langues (portugais, créole, parfois anglais, français ou espagnol dans les milieux touristiques). Beaucoup d’expatriés témoignent de la facilité à nouer des contacts informels, à être invité à un repas, une fête, une sortie en mer.
Une intégration profonde au Cap-Vert nécessite du temps et un engagement réel. Bien que quelques phrases en créole facilitent les contacts, la maîtrise du portugais est essentielle pour comprendre la société, effectuer des démarches administratives et participer pleinement à la vie professionnelle et sociale. Éviter de rester confiné dans une « bulle expat », surtout sur les îles très touristiques, est crucial pour prévenir des relations superficielles et un sentiment d’isolement sur le long terme.
Plus largement, comme dans la plupart des expatriations, les différences de rythme de vie (« island time »), de rapport à l’autorité, au travail, au temps ou à l’argent peuvent générer des incompréhensions. Beaucoup d’étrangers soulignent la lenteur des procédures, le caractère imprévisible de certains interlocuteurs, ou la difficulté à faire avancer un dossier immobilier ou administratif dans les délais espérés. Ce « choc culturel » initial tend à s’atténuer avec l’expérience, mais demande patience et adaptabilité.
Bien que le pays ait mis en place une stratégie nationale de l’immigration, des politiques d’amnistie pour les sans-papiers et des actions de médiation, des tensions et discriminations persistent, notamment envers certains groupes africains. Pour un expatrié européen ou nord-américain avec des moyens financiers, ces tensions sont rarement directes, mais elles révèlent une société locale non uniforme et porteuse de préjugés.
Transports, insularité et quotidien logistique
Vivre au Cap-Vert, c’est aussi accepter une certaine dose d’insularité. Les connexions aériennes internationales se font via quelques aéroports seulement, avec des liaisons principalement vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et le Brésil. Les tarifs des vols peuvent être élevés, surtout en haute saison, ce qui rend les allers‑retours fréquents vers le pays d’origine coûteux.
Les déplacements entre les îles se font par avion ou ferry. Les ferrys sont moins chers mais peuvent être inconfortables (mer agitée, confort spartiate) et sont parfois annulés pour des raisons météorologiques ou techniques. Certaines îles, comme Brava ou Santo Antão, n’ont pas d’aéroport, rendant l’accès ou l’évacuation en urgence plus difficile.
À l’intérieur des îles, les transports publics se composent de minibus collectifs (« aluguer » ou « colectivo »), très économiques mais peu confortables et peu prévisibles, et de taxis. Dans la plupart des villes, les taxis officiels sont identifiables par leur couleur et restent abordables pour un expatrié. Les routes varient entre axes asphaltés corrects et voies pavées de pierres pouvant devenir glissantes en saison des pluies. Le parc automobile et la conduite locale sont loin des standards européens ; la prudence est donc de mise, d’autant que l’assistance routière est inexistante.
Pour une vie sereine, il est conseillé de faire ses courses tôt, d’anticiper les ruptures ponctuelles de produits importés, de s’organiser selon des horaires d’ouverture parfois restreints et d’accepter que certains services cessent en milieu d’après-midi. La flexibilité personnelle est la clé pour éviter la frustration.
Expatriation au Cap-Vert : pour qui est‑ce vraiment adapté ?
En croisant tous ces éléments – environnement politique, économie, coûts, santé, éducation, sécurité, climat, culture – on peut esquisser le profil des expatriés pour lesquels le Cap-Vert représente un choix cohérent, et ceux pour lesquels il risque de s’avérer décevant ou compliqué.
Le pays apparaît particulièrement adapté à des personnes : débordantes d’énergie, en quête de nouvelles aventures, souhaitant découvrir des cultures variées et à la recherche d’un cadre de vie agréable.
Ce profil correspond à des personnes disposant de revenus stables de l’étranger (télétravailleurs, indépendants, rentiers, retraités), en bonne santé et acceptant un système de soins encore limité. Elles sont attirées par la nature, les activités de plein air, la culture locale et un rythme de vie plus lent. Pour s’intégrer, elles sont prêtes à apprendre les bases du portugais et un peu de créole. Enfin, elles ne sont pas freinées par une offre scolaire limitée, étant célibataires, en couple sans enfants, ou ayant de très jeunes enfants avec un budget éducation conséquent.
À l’inverse, une expatriation au Cap-Vert risque de se heurter à de lourds obstacles pour :
– les personnes souffrant de maladies chroniques ou de conditions nécessitant un suivi rapproché avec spécialistes et équipements lourds ;
– les familles avec des enfants d’âge collège‑lycée souhaitant un cursus anglophone ou un panel large d’options éducatives ;
– les candidats à l’expatriation qui comptent vivre sur un salaire local et n’ont pas de revenus extérieurs significatifs ;
– ceux qui supportent mal l’incertitude, la lenteur administrative ou les infrastructures imparfaites ;
– les investisseurs immobiliers allergiques au risque, qui recherchent avant tout la sécurité d’un marché ultra‑mûr et entièrement documenté.
Le Cap-Vert offre une stabilité politique, un climat ensoleillé, un coût de la vie raisonnable, une fiscalité avantageuse pour certains et un accueil chaleureux. Cependant, il faut compter avec une administration lente, un système de santé fragile, un marché du travail étroit, une vulnérabilité climatique et une offre éducative limitée. C’est un pays réel, avec ses forces et ses fragilités.
Pour ceux qui sont prêts à adopter une posture lucide, à anticiper les contraintes (visas, assurance santé, éducation, logistique), à apprendre la langue et à s’ancrer dans la vie locale, l’archipel peut offrir une expérience d’expatriation riche, apaisée et durable. Pour les autres, il restera peut‑être une magnifique destination de vacances – ce qui n’est déjà pas si mal.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier européen supérieur à un million d’euros, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Cap-Vert afin de réduire sa charge d’impôt, diversifier ses investissements internationaux et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités locales, délocalisation, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Maurice, Grèce, Chypre), la stratégie a ciblé le Cap-Vert pour son régime fiscal attractif pour les non-résidents, sa fiscalité modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à la France et un environnement lusophone stable, tourné vers l’Europe. La mission a couvert : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports), obtention de la résidence avec location ou achat, organisation santé (couverture locale + maintien de droits français), transfert bancaire international, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec avocats, fiscalistes et relais francophones, ainsi qu’une restructuration patrimoniale ciblée.
Ce dispositif permet d’obtenir économies fiscales significatives, nouveaux revenus via l’immobilier cap-verdien, meilleure transmission, tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôle fiscal.
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.