S’installer au Cap-Vert pour y travailler, entreprendre ou télétravailler ne se résume pas à trouver un logement face à l’océan. Dans cet archipel où la culture locale, la petite taille du marché et la force de la diaspora façonnent les opportunités, tout passe – ou presque – par le réseau. Comprendre comment tisser des liens professionnels au Cap-Vert est donc un enjeu central pour tout expatrié qui veut s’y ancrer durablement.
L’économie du Cap-Vert est dominée par les services et le tourisme, avec l’émergence de secteurs prometteurs comme les énergies renouvelables, le numérique et l’économie bleue. Le pays bénéficie d’une stabilité politique, d’une société ouverte et d’une culture vibrante. Cependant, il faut compter avec des processus parfois lents, une bureaucratie exigeante et des marchés de taille limitée. Dans ce contexte, la constitution d’un réseau solide, tant local qu’au sein de la diaspora, constitue un levier stratégique essentiel.
Comprendre l’écosystème professionnel cap-verdien
Arriver au Cap-Vert avec des réflexes purement « occidentaux » – efficacité, rapidité, contrats avant relations – est le meilleur moyen de rater ses premiers mois. La culture des affaires est profondément marquée par un mélange d’influences africaines et portugaises, avec un principe clé : les relations priment sur les transactions.
Le concept de « morabeza » illustre bien cet état d’esprit. C’est à la fois l’hospitalité chaleureuse, la manière de bien recevoir, et une façon détendue d’être ensemble. La coopération traditionnelle, connue sous le nom de « Djunta-mon » – littéralement « joindre les mains » – renvoie à l’idée que le succès d’une entreprise passe par la confiance et l’entraide. Pour un expatrié, cela signifie que la construction du réseau n’est pas un à-côté de son projet professionnel, mais son cœur.
L’économie du Cap-Vert est fortement tributaire du tourisme (plus de 25% du PIB), des services, de la pêche et de l’agriculture. Un pilier essentiel repose sur le vaste réseau de sa diaspora, dont les transferts de fonds sont capitaux. De nombreux Cap-Verdiens résidant à l’étranger, particulièrement en Europe et aux États-Unis, maintiennent des liens étroits avec le pays. Pour s’insérer efficacement dans cet écosystème, il est crucial d’apprendre à naviguer simultanément au sein du tissu économique local et de ces connexions diasporiques influentes.
Le rythme des affaires est généralement plus lent que dans de nombreux pays européens. Les démarches administratives sont qualifiées de complexes, voire « byzantines », et les retards fréquents. Avoir un bon réseau – juristes, comptables, entrepreneurs, fonctionnaires, responsables associatifs – permet souvent de mieux comprendre les procédures, d’éviter les impasses et, parfois, d’accélérer certaines étapes sans brûler les règles.
Langue, communication et premiers contacts : poser les bases
Au Cap-Vert, le portugais est la langue officielle, omniprésente dans l’administration, la justice, l’éducation et les contrats. Le créole cap-verdien (Kriolu) est la langue la plus parlée au quotidien et pèse fortement dans les interactions informelles. L’anglais et le français sont présents, surtout dans les zones touristiques (Sal, Boa Vista, Praia, Mindelo) et parmi les professionnels les plus éduqués, mais le niveau varie beaucoup.
Pour un expatrié, ne pas parler portugais ou créole complique sévèrement la vie quotidienne et les affaires. Le portugais est obligatoire pour les contrats (version faisant foi) et les études techniques officielles. Dans certains montages internationaux, l’anglais peut aussi être exigé, sa traduction ayant priorité en cas de divergence.
Investir dans l’apprentissage du portugais, même à un niveau fonctionnel, donne donc un avantage net pour établir la confiance, comprendre les sous-entendus durant les réunions, échanger avec les équipes locales et naviguer dans les administrations. Un niveau équivalent à A2 (élémentaire) – que l’on atteint généralement en 150 à 180 heures d’étude – permet déjà de tenir des conversations simples, d’échanger en rendez-vous informels et de suivre des discussions avec un minimum d’effort. De plus, la maîtrise de la langue est prise en compte dans certains processus de résidence ou de citoyenneté.
Dans de nombreuses cultures, la communication professionnelle commence par des échanges informels sur la famille, le football ou la météo. Ces moments, loin d’être une perte de temps, sont essentiels pour construire une relation de confiance. Éviter les confrontations directes et montrer un intérêt sincère pour la culture locale, notamment par l’écoute et l’observation des signaux non verbaux, renforce la crédibilité et facilite l’accès à des opportunités professionnelles.
Coworking, hubs et espaces partagés : les nouveaux carrefours du réseau
Pour les expatriés, les espaces de coworking et les hubs d’innovation sont probablement l’outil le plus puissant pour démarrer rapidement un réseau au Cap-Vert. Le pays, que l’on présente de plus en plus comme une destination pour télétravailleurs et nomades digitaux, a vu émerger une constellation de lieux offrant bien plus que des bureaux et du Wi-Fi.
Des chaînes comme Prime Coworking ou GoHub, ou des espaces indépendants comme Workin’ Cabo Verde, SoLuz ou Don Paco, rassemblent entrepreneurs, freelances, salariés d’ONG, cadres d’entreprises, enseignants, créatifs, ingénieurs, start-uppers et travailleurs à distance venus de toute l’Europe, d’Afrique et d’Amérique. Ces lieux servent de point de chute social, de vitrine professionnelle, et souvent de plateforme de projets.
des utilisateurs de coworking se disent plus engagés et motivés lorsqu’ils travaillent dans ces environnements.
Panorama des principaux espaces de coworking, île par île
Le réseau d’espaces se déploie sur plusieurs îles et constitue un véritable maillage pour qui veut travailler et réseauter en circulant dans l’archipel.
Sur Santiago, à Praia, Workin’ Cabo Verde figure parmi les grands acteurs, avec une trentaine de postes de travail, deux salles de réunion, une salle de conférence et une connexion fibre performante, autour de 50 Mbps en téléchargement. Deux sites Prime Coworking y sont également implantés, avec des salles de réunion, une vingtaine de places et une fibre à 40 Mbps. SoLuz, situé sur le Plateau, propose un cadre très ancré dans l’ambiance cap-verdienne, avec salles de formation et expositions d’art qui attirent un public varié.
Découvrez les principaux lieux de travail collaboratif à Santa Maria, offrant des solutions adaptées aux nomades digitaux et aux professionnels en déplacement.
Offre une connexion fibre (annoncée 60 Mbps) avec secours 4G, des cabines pour appels, du matériel de projection, et un mélange de postes de travail premium et flexibles.
Établissement hybride restaurant-bar-coworking. Permet de travailler en journée avec Wi-Fi fibre, salles de réunion et bureaux virtuels, tout en s’immergeant dans la vie sociale de Santa Maria.
Nouvel espace qui se positionne davantage sur les rencontres et l’animation d’une communauté de professionnels.
À Mindelo, sur São Vicente, Prime Coworking (installé dans une maison historique rénovée) et l’espace de coworking de l’hôtel Don Paco constituent deux pôles importants. Don Paco, avec son internet mesuré à plus de 80 Mbps en réception, ses cabines privées pour appels, ses salles de réunion et ses services d’impression, attire autant les nomades digitaux que les professionnels locaux.
Boa Vista, avec GoHub Sal Rei, dispose d’un espace doté d’une quarantaine de postes, de pods de confidentialité, d’une fibre mesurée à plus de 70 Mbps en téléchargement, et d’un système d’accès étendu par empreinte digitale. À Maio et Fogo, GoHub gère des business centers et laboratoires d’innovation ouverts 24h/24, avec salles de formation, bureaux partagés et connexions haut débit.
GoHub Cabo Verde
Un simple coup d’œil aux offres tarifaires montre que ces lieux restent abordables par rapport à de nombreuses capitales européennes, et qu’ils peuvent servir de base stable pour une activité prolongée.
Exemples de tarifs dans quelques coworkings (en euros et CVE)
| Espace / Île | Formule | Prix € | Prix CVE (approx.) |
|---|---|---|---|
| Prime Coworking (plusieurs îles) | Pass 1 jour | 15 € | 1 650 CVE |
| Prime Coworking | Abonnement basic/mois | 100 € | 11 000 CVE |
| Prime Coworking | Premium/mois | 145 € | 15 950 CVE |
| Workin’ CV (Praia) | Pass jour | 15 € | 1 650 CVE |
| Workin’ CV | Abonnement mensuel | 165 € | 18 200 CVE |
| GoHub Sal (Santa Maria) | Day pass premium | 25 € | 2 750 CVE |
| Ocean Café (Santa Maria) | Session coworking | 10 € | 1 100 CVE |
| Don Paco (Mindelo) | Pass jour | 15 € | 1 500 CVE |
| Don Paco | Abonnement mensuel | 140 € | 15 000 CVE |
| GoHub Sal Rei (Boa Vista) | GoMonth Premium | 250 € | 26 400 CVE |
| GoHub Maio Business Center | GoMonth | 120 € | 13 300 CVE |
Dans ces espaces, la valeur n’est pas seulement dans le bureau ou la connexion. Beaucoup organisent ateliers, meetups, formations, déjeuners thématiques, soirées de réseautage. GoHub, par exemple, déploie un écosystème avec des programmes comme GoEducation, GoEnvironment, GoKnowledge, et des labs d’innovation qui mettent en relation compétences internationales et besoins locaux. Le TUI Futureshaper House, sur Sal, va plus loin en combinant lieu de travail, formation et hub pour projets à impact social et environnemental.
Pour un expatrié, participer à ces événements – même sans projet défini au départ – permet de repérer les acteurs-clés des secteurs dynamiques : tourisme responsable, tech, énergies renouvelables, entrepreneuriat social, formation. C’est aussi un bon moyen de rencontrer rapidement les autres étrangers déjà insérés dans le tissu local.
Tirer parti des événements business et des forums d’investissement
Au-delà des espaces de travail partagés, le Cap-Vert accueille des conférences et forums internationaux qui peuvent jouer un rôle majeur dans la construction d’un réseau de haut niveau.
Le Cabo Verde Investment Forum (CVIF) est le rendez-vous phare. Organisé depuis 2019 par Cabo Verde TradeInvest, il réunit à la fois des décideurs des grandes entreprises cap-verdiennes et internationales, des représentants d’institutions financières et de développement, des investisseurs de la diaspora et des promoteurs de projets locaux. Les sessions plénières abordent des thèmes stratégiques comme le tourisme, la digitalisation, les énergies renouvelables ou l’économie bleue, tandis que des sessions thématiques et des rencontres B2B favorisent les mises en relation ciblées.
Pour l’expatrié qui souhaite, par exemple, monter un projet dans l’énergie solaire, développer une startup orientée vers le marché touristique ou proposer des services numériques, le CVIF est une occasion rare de rencontrer en quelques jours des partenaires potentiels, des financeurs, des autorités sectorielles et des experts. Les langues de travail sont le portugais et l’anglais, avec interprétation, ce qui facilite la participation des étrangers.
Les événements comme le forum « EU – Cabo Verde Global Gateway » sont des opportunités clés pour le réseautage, notamment avec des acteurs européens. Ils se concentrent sur des secteurs prioritaires comme la transition énergétique, l’économie bleue et la digitalisation. En pratique, ces forums servent aussi de vitrine pour des projets concrets déjà en cours, offrant aux nouveaux investisseurs une vision réaliste des tendances du marché cap-verdien, au-delà des supports promotionnels classiques.
Plus largement, de nombreuses conférences internationales sont organisées au Cap-Vert dans des domaines variés (ingénierie, médecine, IA, blockchain, tourisme, droit, environnement, management). Pour qui travaille dans ces secteurs, suivre les calendriers de conférences et s’abonner à des services d’alerte permet d’identifier les moments où l’archipel devient un point de convergence pour la communauté professionnelle mondiale.
Exploiter les ressources en ligne et les communautés d’expatriés
Le réseau d’un expatrié au Cap-Vert ne se construit pas uniquement dans les cafés de Praia ou les couloirs de l’aéroport de Sal. Une partie importante du maillage relationnel passe par des communautés en ligne dédiées au pays et à sa diaspora.
Des forums spécialisés sur la vie d’expatrié au Cap-Vert hébergent des dizaines de discussions sur des sujets allant des formalités de visa à l’inscription des enfants dans les écoles internationales, en passant par la recherche de partenaires d’affaires, d’employés, de prestataires, de colocs ou simplement de compagnons de randonnée. Ces plateformes sont utilisées autant par des nouveaux arrivants que par des résidents installés de longue date, comme ce membre actif vivant au Cap-Vert depuis 2007 et ayant visité toutes les îles, qui partage son expérience sur l’entrepreneuriat, le marché immobilier ou les spécificités de chaque île.
Certaines plateformes offrent des filtres par destination (ex: Praia, São Vicente), nationalité, profession ou langue. Cela permet de rechercher précisément des contacts, comme un associé francophone à Mindelo ou un avocat immobilier à Praia. Les membres viennent du monde entier (États-Unis, Afrique, Europe, Amérique latine) et ont des intérêts variés : entrepreneuriat, finance, volontariat, sport, culture, cuisine, nature.
Des applications comme Wooh App ciblent spécifiquement les expatriés qui peinent à se faire des amis locaux ou à sortir de leur cercle professionnel. À Praia, la communauté Wooh est présentée comme internationale et ouverte à la rencontre, avec un fonctionnement fondé sur les valeurs et centres d’intérêt plutôt que sur l’apparence. Chaque semaine, l’utilisateur reçoit une proposition de contact et est encouragé à se retrouver en personne, par exemple pour explorer les bars, la vie nocturne ou les événements de la capitale. Pour un expatrié, ce type d’outil est un complément intéressant aux réseaux purement professionnels, car la frontière entre vie sociale et vie professionnelle est poreuse au Cap-Vert.
Créé en 2005, ce club rassemble plus de 500 membres. Il propose des activités, événements, rencontres professionnelles et moments conviviaux, et offre des réductions via des partenaires locaux. C’est un excellent moyen de rencontrer la diaspora, des entrepreneurs, des cadres et des familles expatriées grâce à une programmation régulière.
Pour les professionnels de santé, des associations de médecins cap-verdiens – sur place ou dans la diaspora – ainsi que des événements de type galas annuels et réunions professionnelles aux États-Unis existent et peuvent servir de passerelle vers des collaborations ou des missions au Cap-Vert.
Travailler son image et son réseau sur LinkedIn en ciblant le Cap-Vert
Même dans un pays où la relation humaine directe reste centrale, négliger LinkedIn serait une erreur stratégique. Avec plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde et 67 millions d’entreprises référencées, la plateforme est aujourd’hui l’outil de base pour cartographier les acteurs d’un marché, entrer en contact avec eux et entretenir son image de professionnel.
Pour un expatrié ciblant le Cap-Vert, l’optimisation de son profil LinkedIn doit intégrer plusieurs éléments. Afficher sa localisation ou son intérêt pour l’archipel (en indiquant, par exemple, Praia, Mindelo ou Santa Maria comme ville) améliore sa visibilité auprès des recruteurs et des entreprises locales. Une photo professionnelle augmente sensiblement le nombre de vues de profil et de messages reçus. Un titre qui décrit clairement la valeur apportée – « Consultant en tourisme durable au Cap-Vert », « Développeur web basé au Cap-Vert, spécialisé dans… » – facilite l’identification par les bons interlocuteurs.
La section « Infos » doit raconter votre parcours et expliquer votre choix du Cap-Vert. Précisez les types de collaborations recherchées et les secteurs ciblés (tourisme, énergie, tech, éducation, santé, etc.). Détaillez vos expériences et compétences en mettant en avant les réalisations quantifiables et les savoir-faire utiles dans un contexte insulaire, tels que la gestion de projets multi-partenaires, l’adaptation à des environnements à ressources limitées, le travail interculturel ou la maîtrise du portugais.
Sur le plan du développement du réseau, LinkedIn permet de cibler finement ses connexions : chefs d’entreprise à Praia, responsables d’hôtels sur Sal ou Boa Vista, dirigeants de chambres de commerce à Mindelo, cadres de banques, consultants en énergie renouvelable, membres de Cabo Verde TradeInvest, enseignants de l’école hôtelière, mentors d’incubateurs à Praia. En utilisant les filtres par secteur, ville, poste, on peut construire un réseau pertinent plutôt qu’une collection de contacts inutiles.
Pour augmenter les chances d’acceptation d’une demande de connexion, celle-ci doit être personnalisée, courte mais explicite. Il est conseillé de mentionner un point commun, comme une participation au même forum, une appartenance au même groupe, ou un intérêt partagé pour un domaine spécifique (l’économie bleue, l’éducation, etc.). Par ailleurs, interagir régulièrement et de façon pertinente avec le contenu publié par des acteurs clés (en commentant leurs posts sur des conférences, des politiques d’investissement, des projets d’énergie solaire ou des initiatives touristiques responsables) permet de se rendre visible de manière naturelle et non intrusive.
La production de contenu joue aussi un rôle majeur. Publier des retours d’expérience sur l’installation au Cap-Vert, des analyses du marché local, des portraits d’entrepreneurs cap-verdiens, des synthèses d’événements comme le CVIF ou des conseils pour naviguer dans l’administration démontre une connaissance du terrain et attire l’attention d’acteurs qui partagent ces préoccupations. L’usage modéré de hashtags pertinents permet d’élargir la portée de ces publications au-delà de son cercle immédiat.
Enfin, rejoindra des groupes LinkedIn dédiés à l’Afrique lusophone, au tourisme, aux énergies renouvelables ou à l’entrepreneuriat en Afrique peut ouvrir des connexions supplémentaires, notamment avec des membres de la diaspora cap-verdienne très implantés à l’étranger mais cherchant à développer des projets dans leur pays d’origine.
S’adosser aux institutions locales, associations et chambres de commerce
Au Cap-Vert, les structures institutionnelles et associatives occupent une place importante dans la vie économique. Pour un expatrié, les intégrer dans sa stratégie de réseau est une étape souvent sous-estimée.
Les chambres de commerce de Barlavento (basée à Mindelo) et de Sotavento (à Praia) constituent des portes d’entrée privilégiées. Elles représentent les intérêts des entreprises locales, organisent rencontres, ateliers, séances d’information et peuvent orienter vers des partenaires fiables : comptables, avocats, consultants, fournisseurs, transporteurs. Elles offrent aussi une vue d’ensemble des secteurs porteurs et des contraintes réglementaires.
Des agences comme l’ADEI et la Banque centrale du Cap-Vert sont des contacts essentiels pour obtenir des informations sur les incitations fiscales, les règles d’investissement, la fiscalité des entreprises et les aides à l’emploi ou à l’innovation. Pour rester informé, il est recommandé de s’inscrire à leurs newsletters, de participer à leurs événements et de demander des rendez-vous d’information.
Le pays compte par ailleurs une myriade d’associations et d’ONG actives dans des domaines comme la lutte contre la pauvreté, l’éducation, la formation professionnelle, l’environnement, la santé, le soutien aux étrangers. Pour un expatrié, s’impliquer ponctuellement dans un programme de mentorat, de formation ou de développement local permet d’élargir son réseau au-delà du cercle strictement business, tout en s’ancrant dans la réalité sociale du pays. Des initiatives récentes montrent que des programmes de mentorat et de formation professionnelle peuvent entraîner des hausses de revenus significatives pour les bénéficiaires, ce qui renforce la légitimité de ceux qui y contribuent.
Dans le secteur du tourisme, des écoles comme l’École d’Hôtellerie et de Tourisme ou l’École de Négoce et de Gouvernance forment la main-d’œuvre qualifiée. Établir des liens avec ces institutions est utile pour recruter ou créer des programmes de formation en partenariat.
Entre codes culturels, hiérarchie et temps long : comment entretenir son réseau
Une fois les premiers contacts établis, l’enjeu se déplace vers la consolidation et l’entretien du réseau. Dans un pays de taille modeste, où la réputation circule vite, la cohérence et la fiabilité sont essentielles.
Les organisations cap-verdiennes fonctionnent sur un modèle hiérarchique où le respect de l’autorité et de l’ancienneté est primordial. Les décisions sont souvent collectives ou nécessitent une validation par les échelons supérieurs. Pour un expatrié, il est crucial de ne pas percevoir la lenteur du processus comme un désintérêt et d’éviter de forcer une conclusion rapide. Le processus normal implique l’alignement des différentes parties prenantes, la consultation de la hiérarchie et la recherche d’un consensus.
En réunion, l’usage de titres formels (Senhor, Senhora, suivi du nom de famille) est recommandé jusqu’à ce que l’on vous invite à passer au prénom. La poignée de main reste la norme, avec parfois une distance interpersonnelle légèrement plus courte que dans certains pays du Nord de l’Europe, sans toutefois devenir envahissante. Un comportement calme, respectueux, évitant de parler fort ou de se montrer agressif, est très apprécié.
Le suivi après les rencontres est déterminant pour entretenir les relations. Dans un contexte culturel où les célébrations et les événements marquants sont importants, il est conseillé d’envoyer un message à l’occasion d’une fête (comme l’Indépendance, Noël ou le Nouvel An) ou pour saluer une étape importante (tel qu’un lancement de projet, une inauguration ou une récompense). Pour transformer une relation purement professionnelle en une relation de confiance, proposez des moments de convivialité comme un café, un déjeuner, une visite d’entreprise, ou une invitation à un événement culturel ou sportif.
Dans cette logique de « Djunta-mon », la réciprocité joue un rôle central. Un réseau ne se consomme pas, il se nourrit. Rendre service – mettre en relation deux contacts, recommander un fournisseur, partager une ressource utile, donner son avis sur un dossier – construit une image de partenaire fiable et généreux, ce qui finit par se traduire en opportunités.
Au Cap-Vert, les opportunités de réseautage prennent des formes différentes selon les secteurs.
Le tourisme, représentant plus de 25% du PIB, est principalement concentré sur les îles de Sal et Boa Vista, avec une forte présence de grands resorts et de chaînes internationales. L’écosystème professionnel est dense, incluant directeurs d’hôtels, responsables d’animation, opérateurs d’excursions, agences de voyages, prestataires de transport, guides et restaurateurs. Pour rencontrer ces acteurs et identifier des niches (tourisme durable, expériences locales, formation des équipes, digitalisation des services), plusieurs lieux et initiatives sont propices : les espaces de coworking à Santa Maria, les bars-cafés connectés (ex: Ocean Café), les clubs de sport nautique, les événements culturels et les collaborations avec des ONG environnementales (protection des tortues marines, gestion des plages, sensibilisation des touristes).
Dans les énergies renouvelables, l’objectif national d’atteindre 50 % d’énergies renouvelables crée un environnement propice aux projets solaires et éoliens, à l’efficacité énergétique et aux solutions numériques de gestion. Les forums d’investissement, les conférences spécialisées en Afrique, les partenariats avec des institutions européennes dans le cadre d’initiatives comme Global Gateway, ainsi que les incubateurs et hubs locaux, sont des canaux privilégiés pour tisser un réseau technique et financier.
Dans le secteur numérique, le nombre croissant de télétravailleurs, développeurs, designers et créatifs alimente un écosystème de coworking encore en développement. Pour un expatrié expert (développement web, cybersécurité, data, UX, marketing digital), une stratégie efficace consiste à devenir un membre actif de ces communautés. Proposer des ateliers gratuits, encadrer des projets étudiants ou accompagner des PME dans leur transformation numérique permet de se rendre rapidement visible et de construire un réseau local.
Enfin, dans le secteur social, les opportunités de bénévolat et de partenariat avec des ONG locales ou internationales sont nombreuses : éducation, santé, protection animale, biodiversité, lutte contre la pauvreté, prévention des violences. Participer à ces initiatives, même de façon limitée, permet non seulement de donner du sens à son séjour, mais aussi de rencontrer des personnes très engagées dans la société cap-verdienne, avec une vision large des besoins et des réseaux.
Logistique, qualité de vie et ancrage à long terme
Développer un réseau professionnel au Cap-Vert n’a de sens que si l’on parvient à s’y projeter dans la durée. Et cela passe aussi par des considérations très concrètes : niveau de vie, coût du logement, qualité de la connexion internet, accès aux soins, mobilité inter-îles.
Budget mensuel estimé en euros pour un mode de vie confortable, inférieur à celui de nombreuses capitales européennes.
Sur le plan numérique, les grandes villes et stations touristiques disposent d’un accès internet fiable, en général compris entre 10 et 30 Mbps, parfois davantage dans les coworkings. L’achat d’une carte SIM locale auprès d’opérateurs comme CV Móvel ou Unitel T+ est vivement conseillé, même si des pénuries temporaires peuvent survenir. Les data packages coûtent environ 10 à 20 euros par mois.
Les vols internationaux desservent principalement les îles de Sal, Praia, São Vicente et Boa Vista depuis l’Europe. Pour les déplacements entre les îles, un mix de vols intérieurs et de ferries est disponible, mais ces derniers peuvent être sujets à des retards ou annulations. Cette connectivité est un élément crucial à intégrer dans une stratégie de réseau, particulièrement pour un positionnement régional plutôt que strictement local.
Pour les séjours de courte durée, nombre de nationalités peuvent entrer sans visa pour 30 jours, moyennant une préinscription en ligne et une taxe de sécurité aéroportuaire. Pour des projets de long terme, des permis de résidence temporaires renouvelables chaque année sont nécessaires, avec des démarches qui impliquent passeport, certificats médicaux, obtention d’un numéro d’identification fiscale et, souvent, le soutien d’un avocat ou d’un consultant local.
La qualité de vie – climat tempéré, plages, randonnées, musique omniprésente, ambiance « no stress » – attire naturellement. Mais pour que cet environnement se traduise en trajectoire professionnelle viable, il est indispensable de s’adosser à un réseau solide qui, au fil des années, amortira les chocs, ouvrira des portes, et transformera ce qui aurait pu rester un simple « projet d’expatriation » en véritable ancrage.
Conclusion : penser son réseau comme une œuvre patiente
Développer son réseau professionnel au Cap-Vert, quand on est expatrié, n’est ni un sprint ni un plan copy-pasté depuis un autre pays. C’est un travail patient, qui commence par la compréhension des codes locaux – morabeza, Djunta-mon, importance des relations et de la réputation – et se prolonge par l’exploitation intelligente des outils modernes (coworking, LinkedIn, applications sociales, forums) et des canaux plus institutionnels (forums d’investissement, chambres de commerce, associations professionnelles).
Pour réussir, il faut accepter la lenteur des processus décisionnels et bureaucratiques. La construction de relations fiables, basée sur le principe de donner avant de recevoir, est essentielle. Le réseau se tisse dans divers lieux : îles, espaces de coworking, conférences, clubs sociaux, ONG, écoles et forums en ligne, formant une mosaïque de points d’entrée dans cet archipel à la population réduite mais à la diaspora étendue.
Pour l’expatrié qui choisit de prendre cette mosaïque au sérieux, qui investit dans la langue, s’implique dans la vie locale, cultive ses liens en ligne et hors ligne, et accepte de jouer le jeu de la réciprocité, le Cap-Vert n’est pas seulement un décor de cartes postales : c’est un pays où il est possible de bâtir un réseau dense, utile et durable, au service d’un projet professionnel comme d’un projet de vie.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour son régime fiscal favorable aux retraités étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à la France (Praia bien moins chère que Paris) et un environnement lusophone stable, bien connecté à l’Europe. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence par investissement immobilier, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, immigration, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale globale.
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