Fiscalité des expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière au Cap-Vert

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer ou investir au Cap-Vert attire de plus en plus d’Européens, notamment des Français et des Portugais. L’archipel est stable politiquement, largement tourné vers le tourisme, et régulièrement classé parmi les destinations africaines les plus sûres pour l’investissement. Mais avant d’acheter un appartement à Sal, une villa à Boa Vista ou de s’y installer pour travailler ou prendre sa retraite, il faut comprendre un point clé : la fiscalité, en particulier l’impôt sur le revenu et la taxe foncière.

Bon à savoir :

Cet article détaille le régime fiscal du Cap-Vert pour les expatriés, en abordant trois aspects essentiels : la détermination de la résidence fiscale, l’imposition des différents revenus (salaires, loyers, plus-values) et les taxes sur l’immobilier (IUP et taxe foncière). Il répond notamment à une préoccupation majeure des résidents français : comment coordonner ces règles avec la fiscalité française et les conventions internationales pour éviter la double imposition.

Comprendre le cadre fiscal cap-verdien

Le Cap-Vert a mis en place un système fiscal complet, inspiré des standards internationaux, avec l’objectif affiché de financer l’État, réduire les inégalités et attirer l’investissement, notamment celui de la diaspora.

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Le système fiscal repose sur deux impôts principaux : l’IRPS pour les particuliers et l’IRPC pour les sociétés.

Sur le plan institutionnel, la Direcção Geral dos Impostos (DGI) et la Direcção Nacional das Receitas do Estado (DNRE) administrent et recouvrent les impôts, tandis que l’Instituto Nacional de Previdência Social (INPS) gère la sécurité sociale. Pour les investisseurs, l’Agence de Promotion des Investissements (CI) joue le rôle de guichet d’entrée pour les projets bénéficiant d’avantages fiscaux.

Résident ou non-résident au Cap-Vert : l’enjeu central

Pour un expatrié, tout commence par une question : suis-je résident fiscal cap-verdien ou non ? La réponse conditionne l’ensemble du régime applicable, tant en matière d’impôt sur le revenu que de fiscalité immobilière.

Les critères de résidence fiscale au Cap-Vert

Le Cap-Vert retient des critères proches de ceux de nombreux pays : un individu est considéré comme résident fiscal s’il séjourne sur le territoire plus de 183 jours par an ou si son foyer principal (logement permanent, centre de vie) se situe dans l’archipel. À partir du moment où l’une de ces conditions est remplie, la personne est en principe imposable au Cap-Vert sur l’ensemble de ses revenus mondiaux.

Attention :

Un non-résident n’est imposable au Cap-Vert que sur ses revenus de source locale, tels que les revenus issus d’un bien immobilier ou d’autres activités dans le pays, et non sur son revenu global.

Le tableau ci-dessous résume ce partage de principe.

Statut fiscal au Cap-VertCritère principalBase d’imposition
Résident> 183 jours/an ou foyer principal au Cap-VertRevenus mondiaux (avec certains allégements)
Non-résidentSéjour court, foyer et intérêts ailleursUniquement revenus de source cap-verdienne

À cette logique interne s’ajoutent les conventions fiscales signées par le Cap-Vert, notamment avec le Portugal et les États-Unis, qui visent à éviter la double imposition et à répartir le droit d’imposer entre État de résidence et État de source.

Impôt sur le revenu au Cap-Vert : barèmes, taux et spécificités

L’IRPS, impôt sur le revenu des personnes physiques, est conçu comme un impôt progressif. Le montant dû dépend à la fois de la nature du revenu (salaire, location, plus-value…), de son montant et du statut de résident ou non-résident.

Barème progressif pour les résidents

Pour les résidents, le Cap-Vert applique un barème par tranches de revenu annuel, exprimé en escudos cap-verdiens (CVE). Les données disponibles décrivent une structure progressive, avec exonération pour les bas revenus et montée en puissance des taux pour les revenus élevés.

Tranche annuelle de revenu imposable (CVE)Taux indicatif d’IRPS pour résidents
Jusqu’à 300 000 CVE0 %
300 001 à 600 000 CVE10 %
600 001 à 1 200 000 CVE15 %
1 200 001 à 2 400 000 CVE20 %
2 400 001 à 4 800 000 CVE25 %
Au-delà de 4 800 000 CVE27 % (progression jusqu’à env. 35 %)

Ce barème illustre les ordres de grandeur : il est toujours prudent de vérifier chaque année les taux en vigueur, susceptibles d’être ajustés par le gouvernement.

Pour un expatrié devenu résident (par exemple un salarié ou un retraité installé durablement), ce barème s’applique à l’ensemble des revenus mondiaux, en tenant compte, le cas échéant, des conventions fiscales et de mécanismes d’atténuation telle qu’une déduction partielle des revenus étrangers, souvent à hauteur de 50 %.

Taux forfaitaire pour les non-résidents

Pour les non-résidents, la logique est différente : le Cap-Vert privilégie un taux forfaitaire unique sur les revenus de source locale, souvent autour de 20 %, sans accès aux mêmes déductions que les résidents.

StatutRevenus concernésTaux indicatif d’IRPS
Non-résidentRevenus de source cap-verdienne (salaires, honoraires, loyers, etc.)Environ 20 % (forfait)

De nombreux revenus de non-résidents sont soumis à une retenue à la source opérée par le payeur cap-verdien (employeur, locataire institutionnel, etc.), ce qui facilite le recouvrement mais limite la possibilité d’optimiser par des déductions.

Deductions, abattements et sécurité sociale

Le système prévoit des abattements personnels et familiaux, mais aussi la déduction des cotisations de sécurité sociale. Les salariés, y compris expatriés affiliés localement, versent en principe 8 % de leur salaire brut à l’INPS, pendant que l’employeur contribue à hauteur de 15 %.

Type de cotisation INPSTaux sur le salaire brut
Part salariale8 %
Part patronale15 %
Taux global (employeur + salarié)23 %

La part salariale est, en règle générale, déductible pour le calcul de l’IRPS, ce qui réduit le revenu imposable effectif.

Astuce :

Au-delà des cotisations sociales, la législation cap-verdienne prévoit des déductions fiscales pour certaines dépenses (santé, éducation, logement) et pour les personnes à charge. Pour bénéficier de ces avantages, il est crucial de fournir une documentation complète et de respecter scrupuleusement les procédures définies par la Direction Générale des Impôts (DGI).

Spécificités pour les retraités et les investisseurs étrangers

Le Cap-Vert utilise la fiscalité comme levier d’attraction pour des profils ciblés, notamment les retraités disposant de revenus de l’étranger et les acheteurs de résidences secondaires.

Mécanismes Clés

Deux mécanismes sont particulièrement importants pour comprendre le fonctionnement du système.

Mécanisme de Régulation

Ce premier mécanisme assure l’équilibre et la stabilité du système en ajustant continuellement ses paramètres internes.

Mécanisme d’Activation

Ce second mécanisme permet de déclencher et de maintenir les processus essentiels en réponse à des stimuli spécifiques.

les avantages accordés aux retraités dont la pension provient de l’étranger, qui peuvent bénéficier d’exonérations partielles ou totales sur ces revenus, selon les régimes mis en place et la convention applicable avec le pays payeur ;

le « green card » pour les acquéreurs de résidences secondaires, assorti d’avantages fiscaux sur le patrimoine immobilier (voir plus loin).

Pour un retraité français ou européen envisageant de s’installer au Cap-Vert, l’intérêt est double : un coût de la vie plus faible et un régime fiscal potentiellement attractif, sous réserve de bien gérer la question de la résidence fiscale en France et de la convention fiscale applicable.

Conventions fiscales et double imposition : le cas typique d’un expatrié français

Même si la France n’a pas (à ce jour) d’accord de non double imposition avec le Cap-Vert aussi développé qu’avec certains partenaires européens, les principes généraux du droit fiscal international restent applicables.

Dès qu’un expatrié français perçoit des revenus au Cap-Vert (salaires, loyers, plus-values) tout en conservant des liens fiscaux avec la France, il doit raisonner en deux temps : d’abord déterminer sa résidence fiscale, ensuite appliquer les règles de partage de la base imposable et, le cas échéant, les crédits d’impôt côté français.

Exemple :

En France, un contribuable est considéré comme résident fiscal si son foyer est en France, si son activité professionnelle principale y est exercée, ou si le centre de ses intérêts économiques s’y trouve. Par exemple, un résident fiscal français qui perçoit également des revenus du Cap-Vert et y paie un impôt sera imposé en France sur la totalité de ses revenus mondiaux. Cependant, pour éviter une double imposition, la France lui accordera généralement un crédit d’impôt équivalent au montant déjà payé au Cap-Vert sur ces revenus.

Côté cap-verdien, le statut sera celui de non-résident (imposition limitée aux revenus locaux), ou de résident (imposition mondiale avec éventuels abattements sur les revenus étrangers). La combinaison des deux systèmes, en l’absence de convention bilatérale très détaillée, impose de recourir à un conseil spécialisé pour éviter une double taxation de fait.

Fiscalité immobilière : IUP, taxe foncière et achats de biens

Pour un expatrié, la fiscalité immobilière au Cap-Vert se décline en deux volets : la fiscalité à l’entrée (lors de l’acquisition) et la fiscalité récurrente (IUP et taxe foncière). L’archipel a mis en place un dispositif assez lisible, mais qui varie selon les îles et les schémas d’investissement.

IUP et taxe foncière : qui paie quoi et quand ?

L’Impôt Unique sur le Patrimoine (IUP) correspond à une taxe perçue au moment du transfert de propriété, souvent assimilée aux droits d’enregistrement payés à la mairie. En régime « général », l’IUP est équivalent à 3 % de la valeur déclarée du bien.

À côté de cet impôt d’acquisition, s’ajoute une taxe foncière perçue par le service du registre foncier (la conservatória). Cette taxe est fixée, dans le schéma standard, à 1,2 % de la valeur du bien.

Enfin, l’acquéreur doit régler des frais notariés et des frais de services municipaux.

Type de charge immobilière (régime général)AssietteTaux / Montant indicatif
Frais de notaireValeur déclarée2 %
Impôt Unique sur le Patrimoine (IUP)Valeur déclarée3 %
Taxe foncière (enregistrement au registre foncier)Valeur déclarée1,2 %
Frais de services municipauxForfait≈ 150 €
Frais divers (copies, certificats, extraits)Forfait≈ 60 €

Dans certains cas, notamment sur l’île de Boa Vista, des barèmes spécifiques sont appliqués : l’IUP peut par exemple être de 1,5 % pour l’acquéreur, un droit de timbre de 1 % frappant le vendeur, et des tarifs forfaitaires pour l’acte notarié (environ 180 €) et l’inscription au registre (environ 220 €). Le principe reste toutefois le même : une combinaison de droits d’enregistrement, de taxe sur le patrimoine et de frais d’acte.

Exonérations et régimes de faveur pour l’IUP

Deux régimes de faveur se détachent particulièrement pour les expatriés et les membres de la diaspora.

Bon à savoir :

L’ouverture d’un compte d’épargne spécifique (compte émigrant) peut permettre une exonération de l’IUP et un taux d’intérêt préférentiel d’environ 6,9% pour un crédit immobilier. Pour en bénéficier, l’acquéreur doit fournir une preuve d’activité salariée et de résidence permanente à l’étranger, ainsi qu’un certificat du consulat cap-verdien attestant d’une résidence de plus d’un an.

Ensuite, un régime législatif particulier a instauré le « green card » pour les étrangers achetant une résidence secondaire au Cap-Vert. Le principe : un étranger qui investit au-delà de 80 000 € dans une commune dont le PIB par habitant est inférieur à la moyenne nationale (ou au-delà de 120 000 € dans les communes plus riches) peut obtenir un titre de résident permanent sans limitation de durée, étendu au conjoint et aux enfants de moins de 14 ans. Ce statut s’accompagne d’une exonération de l’IUP sur le bien concerné et d’une réduction de 50 % de cette même taxe pendant dix ans si elle devait être à nouveau due.

Ce type de régime vise clairement les investisseurs immobiliers et les retraités aisés cherchant une résidence en bord de mer, en contrepartie d’un ticket d’entrée immobilier relativement accessible au regard du marché européen.

Un processus d’achat très balisé

Le processus d’acquisition immobilière au Cap-Vert suit un calendrier précis, fréquemment mis en avant par les agences et promoteurs, et jugé « simple, transparent et fiable » par de nombreux acteurs.

Typiquement, la séquence se déroule ainsi :

visite du bien ou présentation des plans pour un projet neuf ;

– versement d’un dépôt de réservation (3 000 à 5 000 €) dans les deux jours ;

– signature d’un contrat de promesse de vente devant notaire dans les trois jours, avec versement d’un acompte de 10 à 30 % (pour du neuf) ou 30 à 50 % (pour de l’achevé ou du terrain), acompte dans lequel est intégré le dépôt initial ;

– demande de financement bancaire dans les jours suivants ;

– obtention du prêt dans un délai de 45 à 60 jours, si le dossier est approuvé ;

– paiement des droits de 2 % pour l’enregistrement, puis signature de l’acte final de vente (environ 65 jours après le démarrage du processus) ;

– remise par le notaire des certificats nécessaires pour le paiement de l’IUP (3 % dans le schéma général) à la mairie et de la taxe foncière (1,2 %) au registre foncier ;

– délivrance définitive des titres enregistrés après une visite technique des services municipaux (frais d’environ 150 €).

Pour un achat comptant, les délais sont plus courts : la signature de l’acte final peut intervenir environ deux semaines après le contrat de promesse.

Bon à savoir :

Le processus d’acquisition foncière, bien que formalisé, nécessite de vérifier scrupuleusement la régularité des titres de propriété, l’identité des vendeurs et l’absence de charges ou d’hypothèques. Pour les acheteurs étrangers, il est recommandé de se faire accompagner par des sociétés spécialisées, comme Terra pour l’île de Boa Vista.

Financement bancaire des expatriés

Les banques cap-verdiennes financent volontiers l’acquisition immobilière par des étrangers, mais à des conditions plus strictes en matière d’apport et de taux que celles observées actuellement en Europe.

L’acquéreur doit généralement mobiliser 30 à 50 % de la valeur du bien en apport personnel, le reste étant couvert par un crédit sur 10 à 20 ans. Les taux d’intérêt courants varient entre 8,5 % et 11 %, en fonction de la banque, du niveau de l’apport, de la devise de l’emprunt (euro ou escudo cap-verdien) et de la durée. En contrepartie de l’ouverture d’un compte spécifique pour émigrants, un taux réduit de l’ordre de 6,9 % peut être proposé.

Les banques exigent au minimum une assurance hypothécaire et incendie, et parfois une assurance-vie, afin de sécuriser le remboursement du prêt.

Paramètre du prêt immobilierOrdre de grandeur pour expatriés
Apport exigé30 à 50 % de la valeur du bien
Durée maximale10 à 20 ans
Taux standard8,5 à 11 %
Taux préférentiel (compte émigrant)≈ 6,9 %
Assurances obligatoiresHypothèque + incendie, parfois vie

Pour un investisseur locatif, cette structure de financement doit être mise en face des rendements attendus. Or, le marché touristique cap-verdien offre des rendements locatifs estimés à 8-12 % nets par an sur les produits bien situés, avec une augmentation des prix immobiliers de 5 à 8 % par an depuis 2018. Cela peut compenser en partie le coût élevé du crédit, surtout pour ceux qui investissent dans des programmes bénéficiant d’exonérations fiscales temporaires (voir plus loin).

Revenus locatifs et plus-values immobilières : comment sont-ils imposés ?

Posséder un bien au Cap-Vert, c’est souvent le louer en saisonnier ou le revendre à terme avec une plus-value. Chaque étape est fiscalisée selon des règles spécifiques.

Imposition des loyers

Les revenus locatifs appartiennent à la catégorie des revenus immobiliers. Pour les résidents, ils sont intégrés dans la base de l’IRPS et soumis au barème progressif. Des tranches spécifiques illustrent la progressivité appliquée aux loyers, souvent regroupés autour de trois seuils :

10 % pour des revenus locatifs annuels jusqu’à environ 1 000 000 CVE (≈ 9 000 €) ;

15 % entre 1 000 000 et 2 500 000 CVE (≈ 9 000 à 22 500 €) ;

20 % au-delà de 2 500 000 CVE.

Bon à savoir :

Pour un non-résident louant un appartement à Sal en location touristique, l’imposition se fait généralement par un prélèvement à la source à taux forfaitaire (environ 20% des loyers nets, après déduction de certaines charges). Le régime exact dépend des conventions fiscales applicables et de la possibilité de bénéficier d’un statut d’investisseur touristique pour un traitement plus favorable.

Taxation des plus-values sur la revente

Lors de la revente d’un bien immobilier, le Cap-Vert taxe la plus-value nette à un taux de 10 %. Le calcul s’effectue sur la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition (corrigé des frais et travaux éligibles). Un abattement de 50 % sur la plus-value peut s’appliquer lorsque le bien a été détenu plus de cinq ans, ce qui incite à la conservation de moyen-long terme.

ÉvénementRègle fiscale principale
Revente d’un bien immobilierTaxe de 10 % sur la plus-value nette
Détention > 5 ansAbattement de 50 % sur la plus-value taxable

Ce régime est attractif comparé à certains pays européens, surtout pour les investisseurs à long terme. Il doit toutefois être mis en regard de la fiscalité éventuelle dans le pays de résidence de l’investisseur (France, Portugal, etc.), qui peut également prétendre imposer la plus-value, tout en accordant en principe un crédit d’impôt correspondant à l’impôt payé au Cap-Vert si une convention adaptée existe.

Incitations fiscales pour les investisseurs étrangers et la diaspora

Au-delà des règles générales, le Cap-Vert a développé toute une panoplie d’incitations fiscales pour attirer l’investissement, en particulier en immobilier touristique, en énergies renouvelables ou dans l’économie numérique.

Exonérations d’IRPC et allégements sur les importations

Les projets d’investissement approuvés par l’Agence de Promotion des Investissements peuvent bénéficier d’exonérations partielles ou totales d’impôt sur les sociétés (IRPC) pendant 5 à 10 ans, en fonction du secteur et du montant engagé. Des réductions de TVA et de droits de douane sont également prévues sur l’importation des équipements nécessaires aux projets (par exemple pour des centrales solaires ou des infrastructures touristiques).

Bon à savoir :

Dans les secteurs jugés stratégiques (numérique, biotechnologie…), les entreprises peuvent bénéficier d’une exonération de taxe sur les bénéfices pouvant aller jusqu’à 15 ans. Des avantages supplémentaires encouragent la réinjection des profits dans le pays : réduction de l’impôt sur les dividendes distribués et exonération sur le capital réinvesti.

Statuts spécifiques et protection des investissements

Les investisseurs peuvent bénéficier de statuts particuliers (entreprise touristique d’utilité spéciale, zone franche, etc.) offrant une sécurité juridique renforcée et des régimes fiscaux avantageux. Le Cap-Vert a conclu des accords de protection des investissements avec plusieurs pays, garantissant notamment l’absence d’expropriation sans compensation équitable et l’accès à des mécanismes d’arbitrage international en cas de litige.

Parallèlement, la participation du Cap-Vert aux initiatives internationales de transparence fiscale (Forum mondial, CPLP, etc.) renforce la crédibilité de son système vis-à-vis des investisseurs étrangers, tout en imposant un certain niveau de conformité et de traçabilité des flux financiers.

Quand l’immobilier devient un vecteur de résidence : le « green card » cap-verdien

Une réforme emblématique illustre la volonté d’utiliser l’immobilier comme levier d’attraction : la création d’un permis de résidence permanent pour les étrangers achetant une résidence secondaire au Cap-Vert, souvent présentée comme un « green card » local.

Ce dispositif repose sur quelques paramètres clés :

Bon à savoir :

Le programme exige un investissement immobilier minimum de 80 000 € dans les municipalités au PIB/habitant inférieur à la moyenne nationale, et de 120 000 € ailleurs. Le bien doit être un logement résidentiel, souvent situé en zone touristique. Les avantages incluent un titre de séjour permanent pour l’acheteur, son conjoint et ses enfants de moins de 14 ans, une exonération de l’Impôt sur la Propriété Urbaine (IUP) pour ce bien, et une réduction de 50% de cette taxe pendant dix ans sous certaines conditions.

Son objectif est clair : soutenir le secteur de la construction, dynamiser l’emploi local et positionner le Cap-Vert comme une destination de tourisme résidentiel, notamment pour les retraités et les investisseurs européens.

Pour un expatrié, ce dispositif offre la possibilité de sécuriser un droit de séjour à long terme et de réduire significativement la charge fiscale liée au patrimoine immobilier, en particulier au moment de l’acquisition.

Articulation avec la fiscalité française : points de vigilance pour les expatriés

Pour un résident fiscal français qui investit au Cap-Vert, plusieurs couches fiscales se superposent.

Bon à savoir :

Les résidents fiscaux français sont imposables sur leurs revenus mondiaux, y compris ceux générés par un bien immobilier au Cap-Vert (loyers ou plus-values). Ces revenus doivent être déclarés en France, même s’ils ont déjà été imposés au Cap-Vert. Pour éviter la double imposition, la France accorde généralement un crédit d’impôt égal à l’impôt payé à l’étranger, dans la limite de l’impôt français dû sur ces mêmes revenus, sous réserve de l’existence d’une convention fiscale ou d’un mécanisme applicable.

Pour un Français devenu résident fiscal au Cap-Vert, la situation dépend de la perte ou non de la résidence fiscale en France, appréciée au regard des critères du foyer, de l’activité principale et du centre des intérêts économiques. Tant que la France estime que le foyer reste en métropole (conjoint et enfants y vivant, patrimoine principal situé en France, etc.), elle peut continuer à revendiquer l’imposition mondiale, malgré l’installation physique au Cap-Vert. Là encore, l’analyse de conventions existantes et la mise en place de stratégies patrimoniales (transfert effectif du foyer, réorganisation des actifs, etc.) sont indispensables.

Bon à savoir :

Pour les biens immobiliers situés en France, les expatriés résidant au Cap-Vert restent redevables des impôts français spécifiques (IFI, taxes foncières…). En revanche, la France n’impose pas la détention d’un bien situé au Cap-Vert, mais uniquement les revenus (loyers, plus-values) qui en sont tirés et qui sont rapatriés ou déclarés.

Ce qu’il faut retenir pour un projet d’expatriation ou d’investissement au Cap-Vert

Au terme de ce panorama, plusieurs lignes de force se dégagent pour un expatrié ou investisseur étranger intéressé par le Cap-Vert :

Astuce :

La détermination de votre statut de résident fiscal au Cap-Vert est primordiale, car elle définit l’assiette de l’impôt sur le revenu (IRPS) : revenus locaux uniquement pour les non-résidents (taux forfaitaire) ou revenus mondiaux pour les résidents (barème progressif). L’investissement immobilier, central dans la stratégie d’attraction du pays, bénéficie d’un impôt unique sur les plus-values (IUP) à 3% dans le schéma général et d’une taxe foncière à 1,2%. Des exemptions et réductions existent pour les comptes émigrants et les propriétaires de résidences secondaires éligibles à la « green card ». Le financement bancaire local est accessible mais requiert un apport personnel conséquent (30 à 50%) et présente des taux d’intérêt supérieurs aux standards européens. Ces conditions sont généralement compensées par des rendements locatifs nets élevés (8 à 12%) et une revalorisation du patrimoine. Les plus-values immobilières sont taxées à 10%, avec un abattement de 50% pour les détentions supérieures à cinq ans, favorisant ainsi les investissements à moyen et long terme. Enfin, les conventions fiscales, notamment avec le Portugal, offrent un cadre sécurisé, mais nécessitent une analyse minutieuse des obligations déclaratives et des mécanismes de crédit d’impôt dans votre pays de résidence.

Pour un expatrié français, enfin, l’équilibre à trouver repose sur trois axes : sécuriser son statut fiscal (en France et au Cap-Vert), structurer ses investissements immobiliers en tenant compte des IUP, de la taxe foncière et des régimes de faveur, et articuler ces choix avec les règles françaises de déclaration des revenus étrangers et de non double imposition. Le Cap-Vert offre un cadre attractif, mais comme toujours en matière de fiscalité internationale, la clé est dans l’anticipation et l’accompagnement par des professionnels qui maîtrisent les deux systèmes.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Cap-Vert afin d’optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements internationaux et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a été de cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité modérée, l’absence d’IFI, un coût de vie significativement inférieur à la France et un environnement stable, lusophone et tourné vers le tourisme. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, gestion CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration). Ce dispositif lui permet de réduire fortement sa fiscalité, de préparer sa transmission et de maîtriser les risques de double imposition et de contrôles français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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