Investir dans l’immobilier à Ioannina : le guide complet pour comprendre ce marché encore sous‑coté

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Ioannina n’a ni les plages cartes postales de Santorin, ni la frénésie d’Athènes. Pourtant, cette ville du nord‑ouest de la Grèce est en train de devenir l’un des marchés immobiliers les plus intéressants pour les investisseurs qui cherchent des prix encore raisonnables, une demande locative solide et un potentiel de valorisation à long terme. Au cœur de l’Épire, moteur administratif, universitaire et économique de la région, Ioannina cumule des atouts rares : une vraie vie urbaine toute l’année, un grand campus universitaire, un écosystème tech, une qualité de vie élevée et un positionnement de marché encore largement en dessous des capitales grecques.

Bon à savoir :

Cet article analyse le marché immobilier d’Ioannina, incluant les prix, les loyers et les rendements potentiels. Il aborde également le contexte national, les perspectives de développement de la ville et les grandes lignes du cadre fiscal grec pour un investisseur.

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Ioannina, capitale discrète de l’Épire, mais poids lourd immobilier

Ioannina est la principale ville d’Épire, construite autour du lac Pamvotida et entourée de montagnes. Historiquement marquée par les influences byzantines et ottomanes, elle est aujourd’hui un centre administratif, universitaire et économique pour toute la région.

Plus de la moitié de l’offre résidentielle de l’Épire se concentre dans Ioannina. Autrement dit, lorsqu’on parle immobilier en Épire, on parle d’abord d’Ioannina. C’est ce qui en fait une sorte de « place centrale » pour qui souhaite se positionner sur la région, avec un marché beaucoup plus profond et liquide que les villages de montagne ou les petites villes côtières.

Attention :

Contrairement aux stations balnéaires voisines dépendantes du tourisme estival, la demande immobilière à Ioannina est portée par les ménages grecs, les étudiants, les médecins et les salariés du secteur public ou parapublic. Ce marché est donc fondé sur la vie économique locale, le rendant structurel et peu saisonnier.

La ville attire également une nouvelle clientèle : télétravailleurs, cadres de la tech, expatriés et retraités séduits par un coût de la vie inférieur à Athènes ou Thessalonique, une ville jugée sûre, et un environnement nature exceptionnel, entre lac et montagnes.

Un marché encore abordable dans un pays où les prix montent

Avant de zoomer sur Ioannina, il faut garder en tête le contexte national. En Grèce, les prix résidentiels augmentent sans interruption depuis plus de six ans. L’indice national des logements urbains a progressé de 7,69 % sur un an au troisième trimestre 2025, après une hausse moyenne de 8,72 % en 2024. En cumulé, les prix ont grimpé d’environ 30 % sur cinq ans au niveau national, avec des hausses encore plus fortes à Athènes et Thessalonique.

4100

Certains quartiers du sud d’Athènes atteignent un prix au mètre carré de 4 100 €, illustrant les fortes disparités internes du marché immobilier grec.

Dans ce paysage, Ioannina se positionne clairement dans la zone encore « abordable », mais en rattrapage.

Les prix à Ioannina : progression régulière mais niveaux encore attractifs

Les données les plus récentes sur la commune d’Ioannina montrent un mouvement haussier maîtrisé, loin de la flambée des îles les plus prisées ou de la Riviera athénienne.

Prix moyens dans la commune d’Ioannina

En septembre 2025, le prix moyen affiché pour les logements à vendre dans la municipalité était de 1 814 €/m². C’est la valeur la plus élevée enregistrée sur les deux dernières années, avec une progression de 5,90 % sur douze mois (1 713 €/m² en septembre 2024). Le point bas récent se situe en avril 2024, à 1 684 €/m².

Au niveau de l’ensemble de la préfecture d’Ioannina, le prix moyen affiché en juillet 2025 était de 1 587 €/m², en hausse de 4,82 % sur un an. Le prix moyen d’un bien y est d’environ 186 327 €, soit 11,6 % de moins que la moyenne de l’Épire. En clair : Ioannina reste en‑dessous de la région, elle‑même en‑dessous de la moyenne grecque.

Exemple :

Pour illustrer et mieux comprendre les différences d’échelle mentionnées dans l’article, on peut résumer ainsi : une mise en perspective chiffrée ou comparative permet de visualiser concrètement les ordres de grandeur en jeu.

ZonePrix moyen vente (€/m²)Évolution sur 1 an
Préfecture d’Ioannina1 587+4,82 %
Municipalité d’Ioannina1 814+5,90 %
Moyenne région Épire (approx.)~2 110 (réf)n.d.
Moyenne Grèce (toutes zones)~1 650–2 561+7 à 9 % (urbain)

Ces niveaux confirment que l’entrée de gamme à Ioannina est bien inférieure à Athènes (où les quartiers centraux tournent désormais à 2 500–4 000 €/m²) et très loin des îles premium comme Mykonos ou Santorin.

Disparités internes : centre, périphérie, quartiers

Le marché d’Ioannina est loin d’être homogène. Les données détaillées par quartier pour septembre 2025 illustrent des écarts significatifs entre le centre et les zones périphériques :

Quartier d’IoanninaPrix vente (€/m²)Loyer (€/m²/mois)
Centre1 8798,25
Stavraki1 8318,18
Neochoropoulo1 5058,05
Marmara1 4597,76
Exochi1 2336,65

Le centre affiche logiquement les prix les plus élevés, légèrement devant Stavraki. Exochi reste nettement plus accessible, avec un niveau de prix au mètre carré presque un tiers inférieur à celui du centre. Pour un investisseur, ces disparités permettent de jouer sur le couple prix / loyer et d’optimiser les rendements bruts.

Si l’on descend encore d’un cran dans le détail, on obtient des fourchettes assez lisibles :

– Centre‑ville d’Ioannina

Appartements anciens rénovés : 1 300–1 900 €/m²

– Appartements anciens à rafraîchir : 900–1 200 €/m²

Périphérie proche (zones université / hôpital)

Appartements récents : 1 200–1 600 €/m²

Budget type pour un T1 de 45–60 m² : 60 000–110 000 € selon quartier et étage

Les constructions neuves vraiment haut de gamme peuvent monter autour de 3 000 €/m², ce qui reste compétitif à l’échelle nationale pour un produit récent dans une ville universitaire dynamique.

Comparaison avec les marchés voisins : la prime côtière

Pour comprendre le positionnement d’Ioannina, il suffit de comparer avec les destinations de bord de mer voisines, très tournées vers le tourisme :

LocalisationType de bien / segmentPrix typiques (€/m²)Remarques
PargaMaisons / villas vue mer2 500–4 000Marché très haut de gamme
PargaBiens recherchés (moyenne)~4 238~1 085 000 € par bien en moyenne
SivotaBiens recherchés (moyenne)~4 262~439 000 € par bien
Preveza (centre)Maisons de ville / mitoyennes1 800–2 600Forte demande étrangère
Préfecture montagne (Zagori)Maisons rénovées / demandées~2 806Patrimoine en pierre, niche
Ioannina (municipalité)Résidentiel moyen1 814Marché urbain stable

La fameuse « prime côtière » est très nette : les biens recherchés à Parga et Sivota dépassent les 4 000 €/m². Investir à Ioannina, c’est donc accepter de renoncer à la vue mer mais entrer sur un marché deux fois moins cher que les spots balnéaires voisins, avec une demande locative beaucoup moins dépendante de la saison touristique.

Un marché locatif porté par les étudiants, les médecins et les nouveaux arrivants

L’un des atouts majeurs d’Ioannina, c’est sa demande locative structurelle. La ville accueille un grand campus universitaire : entre 30 000 et 35 000 étudiants, dont plus de 900 internationaux, avec un taux d’admission autour de 20 %. À cela s’ajoutent les personnels hospitaliers, les fonctionnaires, les travailleurs de la tech et les familles locales.

Cette combinaison crée une base locative très résiliente.

Niveaux de loyers et rendement brut

Dans la municipalité d’Ioannina, le loyer moyen affiché en septembre 2025 était de 8,21 €/m² par mois, en légère hausse de 1,61 % sur un an. Le pic récent se situe en juin 2024, à 8,28 €/m², et le point bas à 7,52 €/m² en février 2025.

Par quartier :

Quartier d’IoanninaLoyer moyen (€/m²/mois)
Centre8,25
Stavraki8,18
Neochoropoulo8,05
Marmara7,76
Exochi6,65

En pratique, cela se traduit par des loyers mensuels assez clairs :

T1 centre‑ville : 300–400 €/mois

– T1 en dehors du centre : 250–280 €/mois

T3 centre‑ville : 500–700 €/mois

– T3 hors centre : 350–600 €/mois

700

C’est le loyer mensuel maximum constaté pour un appartement familial dans le parc locatif étudiant local.

Dans ce contexte, un T1 bien situé peut viser un rendement brut de 4–5 % en location longue durée, sur la base des loyers observés. Si on prend un T1 de 50 m² acheté 90 000 € (1 800 €/m²) et loué 400 €/mois, on obtient 4 800 € de loyers annuels, soit environ 5,3 % de rendement brut avant charges et fiscalité.

Les charges courantes (hors électricité, eau, internet) tournent en général autour de 30 à 80 €/mois, suivant le type d’immeuble.

Un vivier étudiant sous‑équipé en logements de qualité

Au niveau national, la Grèce manque structurellement de logements étudiants modernes. Les résidences universitaires publiques ne couvrent qu’environ 5 % des besoins, dans un pays qui compte près de 800 000 étudiants inscrits. Ioannina s’inscrit dans cette tendance : la demande étudiante dépasse largement l’offre de studios et petits appartements de bonne qualité.

Les données spécifiques sur le segment étudiant en Grèce montrent :

Marché locatif étudiant en Grèce

Analyse des tendances récentes et des opportunités d’investissement dans le secteur locatif destiné aux étudiants.

Hausse des loyers étudiants

Augmentation de 7,3% sur un an et de plus de 110% sur dix ans dans les principales villes universitaires.

Évolution près des universités

Augmentation cumulée de 62% en dix ans pour les loyers des logements situés à proximité des campus.

Opportunités d’investissement

Rendements bruts potentiels de 6 à 8% pour des petits appartements rénovés et meublés, bien situés dans des villes comme Crète et Ioannina.

Les meilleurs produits sont des studios ou T1 de 25–45 m², à moins de 10–15 minutes de l’université ou d’un nœud de transport, entièrement rénovés, meublés, aux normes énergétiques actuelles. Ce type de produit surperforme en termes d’occupation et de revenus, surtout dans un marché où l’on construit peu de petits logements neufs.

Location courte durée : un segment opportuniste, mais régulé

À Ioannina, la location courte durée type Airbnb existe, mais elle n’est pas comparable en volume à celle des îles ou d’Athènes. On recense néanmoins plus de 300 annonces actives sur la municipalité, largement dominées par des appartements entiers (plus de 95 % de l’offre) et, surtout, par des T1 et T2 : les logements d’une chambre représentent 66 % des annonces, et à eux deux, T1 et T2 totalisent plus de 86 % du marché.

Les indicateurs de performance pour l’année 2025 donnent une image assez équilibrée :

Performances des annonces Airbnb

Indicateurs clés de revenus et d’occupation pour les hôtes, basés sur des données médianes et les performances du top 10%.

Revenu mensuel

Revenu médian d’environ 776 $ par annonce, avec le top 10 % dépassant 1 874 $.

Taux d’occupation

Taux d’occupation médian d’environ 33 %, le top 10 % dépassant 72 %.

Tarif journalier moyen (ADR)

Tarif médian d’environ 77 $, avec le top 10 % au‑delà de 150 $.

Saisonnalité des revenus

Pic de revenus en décembre, suivi d’août et d’octobre.

Cette saisonnalité illustre le profil particulier d’Ioannina : plus de tourisme culturel et de city break automne/hiver, combiné à une activité professionnelle et universitaire permanente, plutôt qu’un pic estival pur.

Il faut cependant intégrer deux réalités :

– La réglementation grecque sur les locations de courte durée se durcit progressivement, avec un risque de mesures plus strictes, notamment dans les grandes villes.

– Pour les investisseurs visant une résidence par investissement (Golden Visa), certaines catégories de biens ne peuvent plus être exploitées en courte durée et doivent être réservées à l’usage personnel ou à la location classique.

À Ioannina, la location longue durée et la location étudiante restent donc le socle le plus sûr d’une stratégie locative.

Ioannina vs côte et villages de montagne : trois marchés, trois logiques

L’Épire présente trois grands sous‑marchés immobiliers, chacun avec son profil, dans lesquels Ioannina tient une place à part.

1. Ioannina : stabilité urbaine et rendements « core »

La ville combine plusieurs moteurs de demande : étudiants, personnels médicaux, fonctionnaires, salariés du secteur tertiaire, écosystème tech, familles locales. Cette diversification rend le marché peu cyclique : on ne dépend pas des avions low‑cost de l’été comme à Parga ou des flux de randonnées comme dans certains villages de montagne.

Les avantages clés d’Ioannina pour l’investisseur sont clairs :

Astuce :

La ville d’Ioannina présente plusieurs atouts pour l’investissement immobilier locatif : les prix d’entrée sont nettement plus faibles que sur la côte (environ moitié moins que Parga et Sivota) et en dessous de la moyenne grecque. Elle bénéficie d’une profondeur de marché, avec plus de la moitié des annonces de la région, et d’une demande locative quasi permanente. Les rendements bruts se situent autour de 4–5 % en location longue durée pour de bons produits, avec un potentiel supérieur pour des projets très bien optimisés comme des rénovations, de la colocation ou des produits étudiants premium.

2. La côte (Parga, Preveza, Sivota) : prime touristique et forte volatilité

Les localités de bord de mer de l’Épire affichent des prix nettement supérieurs à Ioannina. À Parga et Sivota, les villas et maisons vue mer dépassent fréquemment 2 500–4 000 €/m², et les biens recherchés se négocient en moyenne à plus d’un million d’euros à Parga.

Ces micro‑marchés sont portés par une demande internationale très présente (Italiens, Français, Allemands, diaspora grecque), prête à payer cher pour la proximité de la plage, la vue mer et un accès facilité aux îles ioniennes. La contrepartie : une saisonnalité très forte des locations, une concurrence élevée sur les plateformes de courte durée et une dépendance directe au tourisme.

Bon à savoir :

Les rendements bruts annoncés peuvent atteindre 5 à 7 %, voire plus pour les produits de standing bien gérés. Cependant, cet investissement nécessite un apport initial élevé et expose l’investisseur aux fluctuations des cycles touristiques.

3. Les montagnes (Zagori, Tzoumerka) : niche patrimoniale

Les villages de Zagori et de Tzoumerka forment un marché complètement différent : niche à faible volume, centrée sur les maisons en pierre, avec une forte valeur patrimoniale. On y trouve des bâtiments à rénover entre 400 et 900 €/m², mais les rénovations sérieuses coûtent 800 à 1 500 €/m² supplémentaires.

Positionnées comme résidences de charme ou maisons de vacances haut de gamme, ces propriétés peuvent dégager des rendements bruts de 6 à 9 %, mais la liquidité du marché reste limitée et la gestion complexifiée.

Pour un investisseur qui cherche un actif « cœur de portefeuille », Ioannina fait figure de compromis rassurant entre la prime touristique de la côte et l’exotisme risqué de la montagne.

Perspectives de développement : infrastructures, smart city et écosystème tech

Un autre point fort d’Ioannina, souvent sous‑estimé, tient à la dynamique de développement de la ville et de la région. Plusieurs projets structurants sont en cours ou programmés, qui renforcent la connectivité, l’attractivité et, à terme, la valeur immobilière.

Infrastructures de transport et accessibilité

L’Épire est déjà reliée au reste du pays par deux grands axes autoroutiers, l’Egnatia Odos et l’Ionia Odos, qui permettent de rejoindre Athènes en environ 3 h 30 et Thessalonique en environ 2 h. L’aéroport d’Aktion (Preveza) et l’aéroport national d’Ioannina assurent des liaisons aériennes, notamment depuis Londres, Berlin ou Vienne à certaines périodes.

Plusieurs projets routiers sont en cours :

Prolongement de l’autoroute Ionia d’Ioannina jusqu’à Kakavia, à la frontière albanaise, pour renforcer les échanges transfrontaliers.

Finalisation du grand périphérique de la ville (Great Ring Road), avec un tronçon clé entre le stade panhellénique et le carrefour de Vogianos.

Bon à savoir :

Ce projet d’infrastructure positionne Ioannina au carrefour des grands flux économiques nord-sud et est-ouest. Cette intégration renforce mécaniquement l’attractivité de la ville, à la fois pour l’installation de nouveaux résidents et pour le développement d’activités commerciales.

Ioannina « smart city » et ville verte

La municipalité a engagé un programme « smart city » doté d’un budget d’environ 3 millions d’euros, en grande partie financé par le plan européen de relance. Au menu : capteurs environnementaux, systèmes de gestion du stationnement, bornes de recharge pour véhicules électriques, compteurs intelligents, caméras de protection civile, plateformes numériques pour les demandes citoyennes ou les données géospatiales.

La ville développe aussi un système de vélos électriques en libre‑service (55 vélos, dont certains adaptés aux personnes en situation de handicap, répartis sur 8 stations), avec l’objectif plus large d’atteindre la neutralité carbone et de réduire fortement les émissions de CO₂. Des projets de promenade continue autour du lac, de transport fluvial à zéro émission et de requalification d’axes verts complètent cet agenda.

L’intérêt pour un investisseur est double :

Attention :

Les projets immobiliers durables augmentent l’attractivité et la valeur d’une ville. À l’échelle nationale, les logements très performants (classe A+) se vendent déjà 12 à 15 % plus cher que les anciens. Cette « prime verte » devrait également s’appliquer à Ioannina, en particulier auprès des acquéreurs les plus solvables, soutenant ainsi la demande résidentielle.

Parc technologique et écosystème innovation

Ioannina accueille déjà des bureaux de grands acteurs internationaux comme TeamViewer, Deloitte, PwC ou P&I. La ville est parfois présentée comme une sorte de « Silicon Valley » grecque, à l’échelle régionale.

Un projet majeur de parc de haute technologie et de recherche est en préparation, pour un coût global d’environ 41 millions d’euros, soutenu par la Banque européenne d’investissement. Objectif : attirer des entreprises innovantes, développer l’écosystème ICT et connecter plus étroitement étudiants, chercheurs et monde économique.

Ce type de projet est décisif pour la demande locative de standing : cadres de la tech, ingénieurs et chercheurs expatriés recherchent des logements modernes, souvent plus haut de gamme que l’offre actuelle, créant un déficit de produits « premium » dont l’investisseur avisé peut tirer parti.

Cadre fiscal et juridique : ce qu’un investisseur doit savoir

Investir en Grèce, et donc à Ioannina, implique d’intégrer un certain nombre de règles fiscales et juridiques. Le pays a modernisé son droit immobilier et son système fiscal, tout en conservant quelques spécificités.

Accès des étrangers et procédure d’achat

Tous les étrangers, qu’ils soient ressortissants de l’UE ou non, peuvent acheter de l’immobilier en Grèce, sans distinction majeure avec les citoyens grecs, sauf dans quelques zones frontalières très spécifiques (sans impact particulier pour Ioannina).

La procédure suit plusieurs grandes étapes :

– Obtention d’un numéro fiscal grec (AFM), indispensable pour tout achat.

– Ouverture recommandée d’un compte bancaire grec pour gérer paiements, charges et impôts.

– Mandat (procuration) possible pour déléguer l’ensemble de la démarche à un avocat local, y compris à distance.

– Audit juridique (vérification des titres, hypothèques, charges, conformité urbanistique).

– Audit technique par ingénieur (structure, conformité au permis, certification énergétique).

– Signature de l’acte notarié, puis inscription au cadastre / registre foncier.

Les honoraires typiques sont de l’ordre de 1–2 % du prix pour l’avocat, 0,8–1,2 % pour le notaire, plus les frais de registre (0,5–1 %), commissions d’agence (autour de 2 % par partie, négociables) et les taxes d’acquisition.

Fiscalité à l’achat et détention

Pour un bien de revente (non soumis à TVA), l’acheteur paie un droit de mutation de 3 % de la valeur taxable, auquel s’ajoute une surtaxe municipale de 0,09 %, soit un taux effectif de 3,09 %.

La TVA de 24 % sur les constructions neuves est actuellement suspendue jusqu’au 31 décembre 2026 pour la plupart des programmes, ce qui, dans les faits, fait repasser l’essentiel des ventes neuves dans le régime à 3,09 %.

En plus de cette taxe de transfert, il faut compter : une taxe supplémentaire sur les transactions.

Les frais de notaire, avocat, agent, registre.

Des coûts annexes (traductions, certificats techniques, etc.).

7 à 10

Les coûts d’acquisition additionnels représentent généralement entre 7 et 10 % du prix d’achat.

Ensuite, le propriétaire est soumis à l’impôt foncier annuel ENFIA, calculé sur la valeur cadastrale du bien, avec un tarif au mètre carré qui dépend de la localisation, de la surface, de l’âge du bâtiment, de l’étage et du nombre de façades. Pour un appartement classique, l’ENFIA se chiffre en pratique à quelques euros par mètre carré et par an, avec un système de taxe complémentaire au‑delà d’un certain patrimoine immobilier agrégé (seuils et modes de calcul ayant été réformés récemment).

S’y ajoutent une redevance municipale (TAP) de 0,025 à 0,035 % de la valeur cadastrale, prélevée via la facture d’électricité, et une contribution pour l’éclairage et le nettoyage des rues, également liée à la surface.

Fiscalité des loyers

Les loyers perçus sont imposés à l’impôt sur le revenu, sur la base d’un barème progressif spécifique aux revenus fonciers. Jusqu’au 31 décembre 2025, les tranches sont les suivantes pour les particuliers :

0–12 000 € : 15 %

12 001–35 000 € : 35 %

Au‑delà de 35 000 € : 45 %

À partir de 2026, le barème est légèrement réaménagé, avec l’introduction d’une tranche intermédiaire à 25 % entre 12 001 et 24 000 € et un ajustement des seuils supérieurs. Les revenus fonciers bénéficient toutefois de quelques mécanismes d’abattement et de déduction, notamment :

Déductions fiscales pour les propriétaires

Principaux avantages fiscaux applicables aux revenus locatifs, permettant de réduire la base imposable.

Abattement forfaitaire

Abattement de 5 % pour les frais d’entretien et de réparation sur les revenus fonciers.

Dépenses de rénovation

Déduction de 60 % des dépenses de rénovation et de rénovation énergétique, plafonnée à 16 000 € sur trois ans, avec report possible.

Taxes municipales

Déductibilité des Taxes d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) ou des Taxes sur les Ordures Ménagères (TAP).

Par ailleurs, un régime incitatif temporaire existe pour les locations longues durées de résidences principales (jusqu’à 120 m²) dans certaines conditions (contrat de trois ans, logement auparavant vide ou loué en courte durée, etc.), avec une exonération d’impôt sur les loyers pendant 36 mois, mais ce dispositif vise surtout les bailleurs grecs sur certaines typologies.

Pour la location meublée de courte durée (type Airbnb) :

– Jusqu’à deux biens, sans services para‑hôteliers, les revenus restent traités comme des loyers classiques.

– Au‑delà de deux biens ou en cas de services type hôtel (ménage quotidien, petit déjeuner, etc.), l’activité devient une activité professionnelle, imposée dans le cadre des bénéfices d’entreprise, avec éventuellement TVA à 13 %.

Un investisseur à Ioannina doit donc, dès le départ, arbitrer clairement entre stratégie de location longue durée (plus simple, plus prévisible) et stratégie mixte ou courte durée (plus rentable mais plus complexe et plus exposée aux régulations futures).

Capital gains : fenêtre de tir temporaire

En théorie, les plus‑values immobilières des particuliers sont soumises à un impôt de 15 % si le bien est revendu dans les cinq ans, sur la base de la différence entre le prix de vente et le prix d’achat ajusté. Mais cette imposition des plus‑values est suspendue jusqu’au 31 décembre 2026. Concrètement, un investisseur qui achète aujourd’hui à Ioannina et revend d’ici là, sans multiplier les opérations de façon à être considéré comme marchand de biens, ne sera pas imposé sur la plus‑value.

Bon à savoir :

Le moratoire sur les plus-values, la phase haussière des prix en Grèce et le niveau encore abordable du marché à Ioannina soutiennent une stratégie d’investissement à moyen terme (3–5 ans), en anticipant un rattrapage progressif des prix.

Golden Visa : Ioannina, une alternative aux zones surcotées

La Grèce propose un programme de résidence par investissement – le Golden Visa – pour les ressortissants non européens. Les nouvelles règles, resserrées, distinguent plusieurs seuils :

800 000 € minimum pour un seul bien d’au moins 120 m² dans les zones très recherchées (Athènes, Thessalonique, Mykonos, Santorin, certaines îles ou régions très touristiques).

400 000 € minimum pour un seul bien d’au moins 120 m² dans le reste du pays.

– 250 000 € minimum pour les biens à transformer de commercial en résidentiel, ou pour certaines propriétés historiques entièrement restaurées.

Les actifs éligibles aux seuils 400 000 et 800 000 € ne peuvent plus être exploités en location saisonnière de type Airbnb ; seules l’occupation personnelle ou la location classique sont autorisées.

Ioannina, située en dehors des zones surchauffées, se trouve dans la catégorie des 400 000 €. Pour un investisseur non européen qui vise avant tout un titre de séjour Schengen pérenne, la ville offre donc une combinaison intéressante :

– Un seuil Golden Visa plus bas que dans les grandes métropoles et les îles premium.

– Un marché où cette enveloppe permet d’acquérir un bien très confortable (voire un petit portefeuille de biens via une société, selon la structuration), dans une ville dynamique et moins volatile.

Le Golden Visa ne saurait être le seul moteur d’une décision, mais la conjonction d’un seuil réduit, d’un marché sous‑évalué et d’une demande locative structurelle renforce l’attrait d’Ioannina auprès de cette clientèle.

Comment se positionner à Ioannina : produits cibles et stratégies

En pratique, quels types de biens privilégier à Ioannina, et avec quelle logique d’investissement ?

Petits appartements pour étudiants ou jeunes actifs

C’est la classe d’actifs la plus évidente. Studios et T1 de 25–45 m², bien rénovés, meublés, dans le centre ou à proximité de l’université et de l’hôpital, profitent :

D’une demande quasi illimitée (étudiants grecs, Erasmus, jeunes travailleurs).

De loyers supérieurs de 20–40 % à ceux des logements standard à surface équivalente.

D’un risque de vacance très limité grâce à la rotation constante des étudiants.

Les données agrégées sur l’investissement étudiant en Grèce montrent des rendements bruts pouvant grimper à 6–8 %, voire plus, pour des produits très bien calibrés. À Ioannina, les prix d’acquisition encore modérés, combinés à des loyers étudiants déjà jugés « chers » localement, créent une fenêtre d’opportunité.

T2 et T3 pour familles, médecins et cadres

Les appartements de deux ou trois chambres bien situés, à proximité du centre, des écoles et des infrastructures de santé, sont recherchés par :

Profils des acquéreurs à Ioannina

Découvrez les principaux types d’acheteurs intéressés par le marché immobilier d’Ioannina, en Grèce.

Familles locales

Les familles de la région à la recherche d’une résidence principale pour s’établir.

Professionnels mutés

Les médecins, enseignants et fonctionnaires récemment affectés dans la ville d’Ioannina.

Nouveaux résidents attirés par le cadre

Les télétravailleurs et les couples étrangers séduits par la qualité de vie et le cadre exceptionnel.

Ces biens se louent autour de 500–700 €/mois en centre‑ville, parfois plus pour un standing élevé. Ils offrent des rendements bruts généralement un peu inférieurs aux petits logements mais une relation locative plus stable, avec des baux plus longs et des locataires souvent plus solvables.

Immeubles mixtes et bâtiments à reconvertir

Pour des budgets plus importants, la ville recèle un potentiel dans : l’immobilier, la technologie, le tourisme, les infrastructures et les services environnementaux.

Les petits immeubles d’appartements à rénover pour en faire du locatif long terme ou du coliving.

Les bâtiments mixtes (commerces en rez‑de‑chaussée, bureaux ou studios aux étages) à transformer vers des usages résidentiels plus rentables.

Bon à savoir :

La transformation de bâtiments commerciaux ou de bureaux en mini-hôtels, suites Airbnb ou résidences étudiantes peut générer des rendements bruts plus élevés que l’achat d’un appartement isolé, à condition de maîtriser les aspects juridiques, urbanistiques et fiscaux.

Logements « premium » pour cadres de la tech et touristes urbains

Avec la montée en puissance du parc technologique et l’installation de grands groupes, un segment de demande haut de gamme émerge : cadres internationaux, consultants, dirigeants de filiales. Ces profils recherchent souvent :

Des appartements récents ou totalement rénovés, bien designés, avec de bonnes performances énergétiques.

Des vues sur le lac ou des emplacements premium dans la vieille ville.

– Des prestations proches des standards nord‑européens.

L’offre actuelle est limitée, ce qui crée un déficit de produits adaptés. Un investisseur qui rénove un immeuble de caractère ou développe un petit ensemble résidentiel de haut standing peut venir combler ce manque, avec, à la clé, des loyers supérieurs à la moyenne du marché.

Ioannina dans la dynamique grecque : un pari sur le temps long

À l’échelle du pays, la Grèce reste sur une trajectoire haussière : 27 trimestres consécutifs de hausse des prix urbains, croissance du PIB attendue autour de 2–2,3 % en 2025–2026, tourisme à des niveaux record et flux de capitaux étrangers soutenus (notamment via le Golden Visa, malgré le durcissement des conditions).

70

Hausse maximale prévue sur 10 ans pour l’immobilier résidentiel grec dans les scénarios les plus optimistes.

Dans ce contexte, Ioannina coche plusieurs cases :

Ville universitaire, administrative et économique stable.

– Marché encore largement en deçà des niveaux d’Athènes, Thessalonique ou des îles premium.

– Renforcement continu des infrastructures et des politiques urbaines (smart city, mobilité douce, verdissement).

– Développement d’un écosystème tech qui soutient une demande locative solvable et peu saisonnière.

70

Plus de 70 % des Grecs s’attendent à une poursuite de la hausse des prix et des loyers dans les années à venir.

Pour l’investisseur, l’enjeu n’est plus de trouver le « prochain Athènes » – la capitale a déjà largement rattrapé son retard –, mais de se positionner sur des villes secondaires solides, dotées d’un vrai tissu économique, d’universités et d’un cadre de vie attractif. Ioannina fait partie de ce club restreint de villes grecques qui cumulent ces ingrédients, aux côtés de certaines métropoles régionales et destinations universitaires.

En résumé : pourquoi Ioannina mérite une place dans une stratégie d’investissement en Grèce

En recoupant l’ensemble des données du marché d’Ioannina et le contexte national, plusieurs éléments se dégagent nettement :

Avantages de l’investissement immobilier à Patras

Synthèse des principaux atouts et facteurs clés pour investir dans l’immobilier de la ville de Patras, en Grèce.

Prix d’entrée attractif

Prix au m² d’environ 1 814 €, bien en dessous des marchés les plus chers de Grèce, offrant un point d’entrée accessible.

Demande locative solide et diversifiée

Portée par les étudiants, professionnels de santé, fonctionnaires, familles, cadres et touristes culturels, assurant un public locatif large.

Rendements et potentiel de valorisation

Rendements bruts de 4 à 5% en location longue durée, avec un potentiel de plus-value soutenu par un marché en croissance et un moratoire fiscal temporaire.

Risque de vacance réduit

Économie locale solide, vie urbaine active toute l’année et marché universitaire en expansion limitent les périodes de vacance locative.

Cadre de développement favorable

Projets de smart city, d’infrastructures et de parc technologique, avec une ambition de ville neutre en carbone.

Opportunité Golden Visa

Possibilité de coupler l’investissement avec une résidence pour les non-européens, à des seuils d’investissement plus raisonnables que dans les grandes métropoles.

Investir dans l’immobilier à Ioannina n’est ni un pari spéculatif sur un spot balnéaire à la mode, ni une simple recherche de rendement brut maximal. C’est plutôt un choix de positionnement sur un marché urbain secondaire en phase de rattrapage, avec une forte sécurité locative, un environnement de vie de qualité et une série de transformations économiques et infrastructurelles déjà engagées.

Pour un investisseur prêt à travailler avec des professionnels locaux (avocat, ingénieur, agent, gestionnaire), à intégrer les réalités fiscales grecques et à viser un horizon de moyen à long terme, Ioannina apparaît comme l’un des rares marchés encore accessibles de Grèce où prix raisonnables, stabilité et perspectives de croissance vont de pair.

Conseil pour investisseur en Grèce

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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