Rouen n’est plus seulement la « ville aux cent clochers » immortalisée par Monet. Capitale de la Normandie, carrefour économique de l’axe Seine entre Paris et Le Havre, métropole universitaire et portuaire, la ville est devenue en quelques années un véritable terrain de jeu pour les investisseurs immobiliers. Avec des prix encore très inférieurs à ceux des grandes métropoles françaises, une forte population locataire et des rendements bruts autour de 6 %, investir dans l’immobilier à Rouen séduit autant les acheteurs locaux que les Parisiens en quête de mieux-vivre… et de meilleure rentabilité.
Avant d’investir à Lyon, il est crucial d’étudier le marché, très tendu, et ses quartiers aux dynamiques contrastées. Il faut également intégrer la fiscalité locale et comprendre les projets urbains en cours, qui transforment certains secteurs, pour faire un choix éclairé.
Cet article propose un tour d’horizon détaillé et chiffré du marché, des meilleurs quartiers, des prix, des loyers, de la fiscalité, mais aussi des stratégies (Pinel, LMNP, colocation, saisonnier…) pour investir intelligemment à Rouen.
Rouen, une métropole normande en pleine mutation
Rouen est la capitale de la région Normandie et la préfecture de la Seine-Maritime. Avec un peu plus de 110 000 habitants dans la commune et plus de 500 000 dans la métropole, elle se positionne comme la 6ᵉ métropole française. Située à environ 1h15–1h30 de Paris en train et à une heure de la mer, elle profite pleinement de l’axe Seine Paris–Le Havre et de la dynamique du complexe portuaire HAROPA (Le Havre–Rouen–Paris), l’un des tout premiers d’Europe.
Nombre d’étudiants fréquentant les établissements d’enseignement supérieur de Rouen, illustrant le caractère jeune de la ville.
Cette structure démographique pèse lourd sur le logement. Seuls 27–28 % des habitants sont propriétaires de leur résidence principale, tandis qu’environ 70 % sont locataires. Les studios et petits T2 représentent une large part du parc et des résidences principales (près de 17 % de studios et plus de 25 % de deux-pièces). Pour un investisseur, cela se traduit par une tension locative structurelle forte, particulièrement sur les petites surfaces, les quartiers étudiants et les secteurs bien desservis.
Un marché immobilier dynamique et tendu
Depuis plusieurs années, le marché immobilier rouennais affiche un niveau de tension élevé. Les chiffres de l’indice de tension immobilière parlent d’eux-mêmes : on compte environ 16 % de candidats acheteurs de plus que de biens disponibles et un indice de tension à 10/10. Concrètement, les biens bien situés et correctement positionnés en prix se vendent en moyenne en deux mois, parfois beaucoup plus vite dans les quartiers les plus demandés.
Sur le long terme, la tendance des prix est clairement haussière, même si le rythme se modère.
Évolution des prix à Rouen
Les données récentes montrent une progression nette mais raisonnable comparée à d’autres métropoles :
| Indicateur | Valeur approximative |
|---|---|
| Prix moyen de vente (tous biens) | ~ 2 880–2 960 €/m² |
| Prix médian global | ~ 3 070 €/m² |
| Hausse sur 5 ans | + 16 à +21 % |
| Hausse sur 10 ans | + 10 à +13,6 % |
| Variation récente (2 ans) | +4,6 % environ |
| Prix médian appartement | ~ 3 150 €/m² |
| Prix médian maison | ~ 2 460 €/m² |
| Prix médian ancien | ~ 2 665 €/m² |
| Prix médian neuf | ~ 3 900–3 900+ €/m² |
On observe un double mouvement :
Les prix du neuf et des programmes récents augmentent plus rapidement que ceux de l’ancien, principalement en raison des nouvelles normes environnementales (RE2020, RT2012) et de la hausse des coûts de construction. Parallèlement, l’ancien en centre-ville historique prend de la valeur grâce à la raréfaction de l’offre et à son attrait patrimonial, tandis que certains secteurs périphériques ou en renouvellement maintiennent des prix encore très accessibles.
La hausse de 24–25 % environ entre 2018 et 2025 montre que, malgré quelques à-coups (légère baisse sur l’ancien en 2024, ajustements mensuels), le marché suit une trajectoire ascendante régulière plutôt que spéculative.
Appartements et maisons : deux marchés distincts
Rouen est avant tout une ville d’appartements : environ 85 % du parc est composé de logements collectifs, contre à peine 15 % de maisons. Les appartements constituent donc la base quasi naturelle de l’investissement locatif.
Les ordres de grandeur sont les suivants :
| Type de bien | Prix moyen / médian au m² (approx.) | Fourchette observée |
|---|---|---|
| Appartement (moyenne) | 2 550–2 730 €/m² | 1 770–3 430 €/m² |
| Appartement (2024, médian) | ~ 3 150 €/m² | 1 940–4 630 €/m² |
| Maison (moyenne) | 2 600–2 875 €/m² | 2 000–3 870 €/m² |
La taille du logement influe aussi fortement sur le prix au mètre carré : plus le bien est petit, plus le prix au m² est élevé, en cohérence avec la forte demande sur les studios et T2.
| Taille d’appartement (ancien/neuf confondus) | Prix moyen/médian au m² (approx.) |
|---|---|
| Studio / T1 | 3 200–3 650 €/m² |
| T2 | 2 700–3 080 €/m² |
| T3 | 2 500–3 070 €/m² |
| T4 | 2 480–3 060 €/m² |
| T5 et + | 2 240–2 480 €/m² |
Pour un investisseur, cette structure de prix signifie que les petites surfaces coûtent plus cher au m² mais se louent aussi plus cher au m², donc avec un potentiel de rendement supérieur.
Un marché locatif très porteur, surtout sur les petites surfaces
Avec environ 70 % de locataires et une population très jeune (plus d’un tiers des habitants entre 15 et 29 ans), le marché locatif rouennais est particulièrement actif. Plusieurs indicateurs le confirment.
Niveaux de loyers et rendements
Les loyers moyens se situent dans une fourchette intermédiaire en France, clairement inférieure à ceux des grandes métropoles mais cohérente avec le niveau de prix et de revenus locaux :
| Indicateur | Valeur approximative |
|---|---|
| Loyer moyen appart. (tous types) | ~ 12,8 €/m² / mois |
| Loyer moyen maison | ~ 12,3 €/m² / mois |
| Loyer meublé moyen | ~ 19 €/m² / mois |
| Loyer nu moyen | ~ 13 €/m² / mois |
| Évolution récente des loyers (2 ans env.) | + 8,3 % |
| Rendement brut moyen (global) | ~ 5,9–6 % |
| Rendement brut meublé | ~ 5,9–6 % (fourchette 4,9–7,3 %) |
| Rendement brut nu | ~ 5,3 % |
Autrement dit, un investissement immobilier à Rouen peut prétendre, sur le papier, à un rendement brut autour de 6 %, ce qui place la ville au-dessus de la moyenne française (environ 4,8 % fin 2025) et devant d’autres métropoles comme Paris ou Lyon, très chères mais beaucoup moins rentables.
À titre comparatif :
| Ville | Prix moyen vente / m² | Loyer moyen / m² | Rendement brut estimé |
|---|---|---|---|
| Rouen | ~ 2 960 €/m² | ~ 19 €/m² meublé | ~ 5,9–6 % |
| Le Havre | ~ 2 400 €/m² | ~ 16 €/m² | ~ 5,9 % |
| Amiens | ~ 2 600 €/m² | ~ 18 €/m² | ~ 6,5 % |
| Caen | ~ 3 070 €/m² | ~ 17 €/m² | ~ 5,2 % |
| Lyon | ~ 5 600 €/m² | ~ 20 €/m² | ~ 3,5 % |
| Paris | ~ 11 300 €/m² | ~ 37 €/m² | ~ 3,6 % |
Rouen apparaît donc comme un bon compromis entre prix encore abordables et rentabilité intéressante, notamment en comparaison de Paris et Lyon.
Une forte demande étudiante et de jeunes actifs
Le profil des locataires est un autre atout majeur. La ville accueille environ 30 000 à 40 000 étudiants, hébergés principalement en ville et autour des pôles universitaires (fac de médecine, campus Pasteur, CHU, Mont-Saint-Aignan, etc.). À cela s’ajoute une population importante de jeunes actifs attirés par l’emploi dans les secteurs du tertiaire, de la logistique, de la santé et du numérique (plus de 700 entreprises et 4 000 emplois dans les TIC, notamment autour de Seine Innopolis).
Cette double clientèle tire vers le haut la demande pour : les produits et services de qualité.
– des studios et T2 meublés proches des universités, du centre-ville ou des axes de transport (métro, bus, gare),
– des appartements plus grands adaptés à la colocation (T3, T4) dans les quartiers étudiants ou proches de la gare,
– des meublés « clé en main » pour jeunes actifs, notamment autour des nouveaux quartiers tertiaires (Luciline, Pasteur, Docks…).
Les chiffres de rendement confirment ce potentiel : certaines zones comme Grand Mare atteignent des rendements bruts moyens supérieurs à 8,5 % sur les meublés, bien au-dessus de la moyenne de la ville.
Le boom du saisonnier et des locations de courte durée
Le tourisme n’est pas en reste. Rouen attire chaque année des visiteurs français et étrangers pour son patrimoine, ses musées, la cathédrale, mais aussi pour des événements de grande ampleur comme l’Armada, qui draine près de 10 millions de visiteurs tous les six ans. Cela a favorisé ces dernières années le développement des locations de courte durée type Airbnb.
Les données les plus récentes indiquent :
– environ 1 385 annonces actives, majoritairement des logements entiers,
– une capacité moyenne de 3,2 personnes et une prédominance des logements pour 2 personnes,
– un revenu médian avoisinant 950–1 000 € par mois, avec plus de 2 300 $ pour le top 10 % des annonces,
– un taux d’occupation médian autour de 44 %, et plus de 80 % pour les meilleurs biens,
– une forte clientèle française, avec Paris comme première ville d’origine des voyageurs.
Les quartiers historiques et centraux (Vieux-Marché, Cathédrale, Saint-Maclou) se prêtent particulièrement bien à ce type d’exploitation, mais il faut désormais tenir compte du durcissement progressif de la réglementation sur la location saisonnière dans de nombreuses villes françaises. Rouen n’est pas encore au niveau de Paris ou Lyon en termes de restrictions, mais la tendance générale incite à anticiper des encadrements plus stricts à moyen terme, notamment dans les zones les plus tendues.
Cartographie des quartiers où investir à Rouen
Rouen est séparée par la Seine en Rive Droite (nord) et Rive Gauche (sud), chacune avec ses propres dynamiques. Certains quartiers offrent une forte rentabilité immédiate, d’autres un potentiel de plus-value patrimoniale, d’autres encore un mix des deux.
Hyper-centre, Vieux-Marché, Cathédrale, Saint-Maclou : le cœur patrimonial et touristique
Le centre historique regroupe des secteurs comme Vieux-Marché, Cathédrale et Saint-Maclou. C’est le cœur touristique et commerçant de la ville :
– immeubles anciens à pans de bois, petites copropriétés de caractère, appartements souvent déjà rénovés,
– forte fréquentation touristique, commerces, restaurants, musées,
– forte demande pour les meublés de standing, le saisonnier et les pied-à-terre.
Les prix y sont logiquement parmi les plus élevés de la ville :
| Quartier | Type | Prix indicatif moyen au m² (approx.) |
|---|---|---|
| Vieux Marché – Cathédrale | Studio | ~ 3 900 €/m² |
| Vieux Marché – Cathédrale | 1–2 p. | ~ 3 000–3 400 €/m² |
| Saint-Maclou | Tous | ~ 2 800–3 500 €/m² |
| Cathédrale (secteur prestigieux) | Tous | ~ 3 200–4 000 €/m² |
Dans ces quartiers, on vise généralement : les opportunités d’emploi, la qualité de vie, l’accès aux transports publics, la sécurité, les infrastructures et les services de proximité.
– une stratégie patrimoniale (conserver un bien de caractère en hyper-centre),
– du meublé touristique ou de courte durée,
– ou du meublé longue durée haut de gamme pour cadres, expatriés, jeunes actifs aisés.
Le rendement brut y sera souvent un peu inférieur à la moyenne rouennaise, mais compensé par une meilleure liquidité à la revente et un potentiel de valorisation à long terme.
Saint-Sever, Pasteur, Docks, Jardin des Plantes : la Rive Gauche en pleine requalification
La Rive Gauche, longtemps perçue comme plus populaire et industrielle, connaît une profonde transformation urbaine, portée par plusieurs grands projets :
Découvrez les grands projets d’aménagement et de développement qui redessinent le territoire et améliorent le cadre de vie.
Aménagement de 90 hectares sur d’anciens sites portuaires, intégrant logements, commerces, loisirs, un parc-canaux et des promenades.
Arrivée de la gare dans le cadre du futur lien ferroviaire Paris-Normandie, améliorant la connectivité régionale.
Projets emblématiques comme le Hangar 105 et le futur Palais des congrès pour revitaliser les berges de la Seine.
Création de nouveaux quartiers mixtes tels que Luciline-Rives de Seine, les Docks et Pasteur.
Dans ce contexte, plusieurs quartiers sortent du lot pour l’investissement :
Présentation de trois secteurs clés de Rouen offrant des opportunités d’investissement locatif adaptées à différents profils d’investisseurs et de locataires.
Ancien secteur commercial et industriel en reconversion, proche de la gare Rouen Rive Gauche. Bien desservi en transports, avec des prix encore modérés (environ 1 800–2 500 €/m²). Attire étudiants, jeunes actifs et familles. Bons rendements sur les T2/T3 meublés et la colocation.
Quartier étudiant et tertiaire longeant la Seine, accueillant plusieurs établissements supérieurs. Habitat souvent récent ou rénové. La colocation et le meublé étudiant y sont particulièrement adaptés et recherchés.
Secteur résidentiel, familial et verdoyant. Prix moyens autour de 2 000 €/m². Demande stable de familles pour de grands appartements ou des maisons de ville. Idéal pour un investissement de long terme avec des locataires stables.
Boulingrin, Gare, Jouvenet, Beauvoisine : la Rive Droite résidentielle et bourgeoise
Sur la Rive Droite, plusieurs secteurs offrent un compromis attractif entre proximité du centre et cadre de vie plus résidentiel :
– Gare – Jouvenet : quartier fréquenté par les étudiants et les actifs qui prennent le train. Bien desservi par le métro, il reste relativement abordable pour un secteur de gare dans une grande ville, tout en offrant une bonne tension locative sur les petites surfaces.
– Boulingrin – Beauvoisine : secteur avec espaces verts, boutiques tendance, ambiance très « bobo », particulièrement prisé par les jeunes cadres urbains. Les prix au m² oscillent en gros entre 1 500 et 2 200 €/m² pour Boulingrin, un peu plus pour Beauvoisine en fonction des rues.
– Jouvenet : quartier plus résidentiel, discret et cossu, avec des maisons bourgeoises, grands appartements, jardins, proximité d’écoles réputées. Plutôt une cible patrimoniale et familiale, avec souvent des biens à moderniser.
Ces quartiers offrent un profil de locataires plus aisé, avec des loyers soutenus mais une concurrence plus forte sur la qualité des prestations (cuisine équipée, rénovation, isolation, stationnement).
Quartiers en renouvellement, périphérie et communes voisines
Rouen mène plusieurs programmes de rénovation urbaine (ANRU, Grand Projet de Ville) dans des secteurs comme les Hauts de Rouen (Grand’Mare, Lombardie, Châtelet, Sapins) et Grammont. Ce sont des zones plus populaires, où les prix au m² sont les plus bas de l’agglomération, mais où l’investisseur doit bien maîtriser le terrain (vacance, profils de locataires, gestion).
Autour de Rouen, plusieurs communes périphériques se révèlent très intéressantes. Ces villes et villages de l’agglomération offrent un cadre de vie alternatif à la métropole normande, avec leurs propres atouts patrimoniaux, économiques ou résidentiels.
– Petit-Quevilly : commune de 22 000 habitants, majoritairement locataires (78 % d’appartements). Prix très accessibles (environ 1 800 €/m² pour les appartements, moins de 2 140 €/m² pour les maisons), bien desservie, en zone Pinel B1. Cible idéale pour un investissement locatif neuf éligible Pinel, avec un bon potentiel de revalorisation.
– Sotteville-lès-Rouen : marché également abordable (environ 1 100–1 700 €/m²), esprit résidentiel, bonne desserte, très intéressant pour les budgets contenus cherchant du rendement.
– Bois-Guillaume et Bihorel : communes recherchées pour leur cadre vert et leurs bons établissements scolaires, à forte clientèle familiale. Prix plus élevés (environ 3 080 €/m² pour un appart et 3 430 €/m² pour une maison à Bois-Guillaume) mais forte attractivité et bonne tenue des valeurs.
– Mont-Saint-Aignan : plateau résidentiel, très apprécié, avec de grands appartements et maisons de standing. On y cible davantage un investissement patrimonial ou haut de gamme.
Neuf, ancien, réhabilitation : quelles typologies de biens privilégier ?
Le marché rouennais offre un large choix de biens, de la petite studette ancienne en hyper-centre au T4 neuf avec terrasse dans un écoquartier.
L’attrait des programmes neufs
La ville compte une quarantaine de programmes neufs en cours, soit plus de 300 appartements et maisons proposés, avec un prix moyen du neuf autour de 3 850–3 900 €/m², en progression de près de 20 % depuis 2019. Ces biens présentent plusieurs avantages :
– conformité aux normes RT2012 / RE2020 (performance énergétique, confort, charges limitées),
– frais de notaire réduits (autour de 2–3 % contre 7–8 % dans l’ancien),
– possibilité d’éligibilité au dispositif Pinel (Rouen est en zone B1),
– attractivité pour les locataires sensibles au confort moderne (ascenseur, parking, balcon, espaces verts).
Les programmes se concentrent notamment :
Découvrez les principaux secteurs géographiques où notre activité immobilière est concentrée, de la Rive Gauche aux projets d’avenir.
Investissements ciblés autour des quartiers Saint-Sever, du Jardin des Plantes et Pasteur, pour leur dynamisme et leur cadre de vie.
Présence dans les secteurs résidentiels très demandés de Bois-Guillaume, Bihorel et Mont-Saint-Aignan.
Anticipation sur les futurs écoquartiers et zones en requalification comme Flaubert, Luciline, Deux Rivières et Repainville.
Ils s’adressent en particulier aux investisseurs cherchant un cadre juridique et technique rassurant, une gestion simplifiée, et un avantage fiscal via le Pinel ou le statut LMNP dans certaines résidences (étudiantes, seniors, etc.).
L’ancien : potentiel de plus-value et optimisation fiscale
À l’inverse, les appartements anciens du centre-ville, de quartiers comme Vieux-Marché, Cathédrale, Saint-Maclou ou des rues de gare offrent un potentiel différent :
– prix d’achat parfois inférieurs au neuf à emplacement équivalent,
– possibilité de créer de la valeur par des travaux (réagencement, rénovation énergétique, montée en gamme),
– éligibilité à des dispositifs spécifiques sur l’ancien (Denormandie, Malraux, déficit foncier, aides à la rénovation énergétique).
Les coûts de travaux doivent toutefois être sérieusement anticipés. Pour Rouen, on peut retenir des ordres de prix usuels :
| Type de travaux | Coût indicatif à Rouen (à partir de) |
|---|---|
| Rafraîchissement / relooking | ~ 240 €/m² |
| Rénovation légère | ~ 490 €/m² |
| Rénovation complète | ~ 860 €/m² |
| Grosse rénovation | ~ 1 200 €/m² |
Sur un appartement de 50 m², cela peut aller de 12 500 € pour une simple remise au goût du jour à 50 000 € pour une rénovation lourde. Les dispositifs de type déficit foncier permettent d’imputer une partie de ces dépenses sur les revenus fonciers, ce qui est particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.
Colocation, meublé, saisonnier : adapter le bien à la stratégie
Le choix du type de bien dépend enfin de votre stratégie locative :
Pour optimiser le rendement locatif à Rouen, il est stratégique de sélectionner le type de bien en fonction du public visé. Les petites surfaces meublées (studios/T2) dans les quartiers comme Pasteur, Saint-Sever, Gare ou Vieux-Marché ciblent étudiants et jeunes actifs avec des rendements souvent supérieurs à 6%. Les T3/T4 bien situés près des facultés, du CHU ou des grandes écoles sont adaptés à la colocation. Pour les familles en location longue durée, privilégiez les grands appartements ou maisons de ville dans des secteurs résidentiels (Jardin des Plantes, Plateau Saint-Gervais, Saint-Paul, Bois-Guillaume, Mont-Saint-Aignan). Enfin, les biens de caractère en hyper-centre permettent de capitaliser sur le tourisme et les grands événements (Armada, foires, festivals) via de la location saisonnière ou du meublé de standing.
Fiscalité locale et charges : un paramètre à ne pas négliger
Un investissement ne se juge pas uniquement sur le couple prix/loyer. À Rouen comme ailleurs, la fiscalité locale – taxe foncière, taxe d’habitation sur les résidences secondaires, TEOM – pèse sur la rentabilité nette.
Taxe foncière : un niveau relativement élevé
Les taux de taxe foncière à Rouen ont connu une forte hausse récente. Les données indiquent :
– un taux communal de l’ordre de 49 % pour la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) ces dernières années, avec une progression importante après 2021,
– un niveau jugé « sévère » par rapport à des communes de taille comparable,
– une augmentation globale de la TFPB collectée de plus de 20 % sur une décennie.
Montant approximatif de la taxe foncière communale pour un appartement de 60 m² avant les récentes majorations.
Il est donc crucial, avant d’acheter, de demander une estimation précise de la taxe foncière au vendeur ou au notaire. C’est un poste de charge récurrent qui impacte directement le cash-flow.
Taxe d’habitation et autres taxes locales
La taxe d’habitation sur les résidences principales a été supprimée, mais elle reste due pour les résidences secondaires et certains logements vacants. Rouen ne pratique pas de surtaxe spécifique sur les résidences secondaires, contrairement à d’autres villes en « zone tendue », mais l’évolution réglementaire nationale incite à rester attentif.
La Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM), qui représente environ 8 % de la base fiscale, s’ajoute à la facture globale. Bien qu’elle soit généralement récupérable auprès du locataire au titre des charges locatives, elle impacte temporairement la trésorerie du propriétaire.
Enfin, pour les loueurs en meublé professionnels ou non professionnels, la cotisation foncière des entreprises (CFE) peut s’appliquer, même si le taux communal de Rouen est de 0 % et que la contribution se fait surtout au niveau intercommunal.
Stratégies d’investissement à Rouen : du Pinel au LMNP
Rouen, située en zone B1, ouvre droit à plusieurs régimes fiscaux intéressants pour l’investisseur.
Investir en Pinel dans le neuf
Le Pinel concerne les logements neufs ou réhabilités, loués nus à titre de résidence principale, avec des plafonds de loyers et de ressources. À Rouen (zone B1), le plafond de loyer se situe autour de 10,55 €/m² (hors coefficients de surface).
L’intérêt principal :
– réduction d’impôt étalée dans le temps (pour les investissements encore éligibles aux anciennes tranches) : 10,5 % du prix pour 6 ans de location, 15 % pour 9 ans, 17,5 % pour 12 ans, dans les plafonds prévus par la loi,
– sécurité juridique et technique du neuf,
– bonne adéquation avec la demande locative, notamment dans les programmes bien situés (Saint-Sever, Jardin des Plantes, Pasteur, communes périphériques comme Petit-Quevilly ou Sotteville-lès-Rouen, également en B1).
Il est crucial de vérifier que le prix d’achat, souvent élevé dans le neuf, ne compresse pas trop la rentabilité. Un investissement Pinel surpayé, situé dans un secteur peu liquide, peut perdre tout son intérêt une fois l’avantage fiscal consommé.
LMNP et location meublée
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est particulièrement adapté à la réalité rouennaise, marquée par la forte demande en petits meublés étudiants et de jeunes actifs, mais aussi par une offre croissante en résidences gérées (étudiantes, seniors, affaires).
Ses atouts :
– imposition des loyers dans la catégorie BIC, plus favorable que les revenus fonciers classiques,
– choix entre régime micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 % pour la location meublée classique, 71 % pour le saisonnier classé) et régime réel avec amortissement du bien, du mobilier et des travaux,
– possibilité, au réel, d’effacer en grande partie la fiscalité sur les loyers pendant plusieurs années, surtout si le bien est récent ou a fait l’objet de travaux importants.
Les récentes réformes fiscales ont réduit certains abattements pour les locations meublées non classées en micro-BIC et imposent une prise en compte plus stricte des amortissements dans le calcul des plus-values en cas de revente. Il est vivement recommandé d’effectuer une simulation avec un expert-comptable ou un conseiller spécialisé pour évaluer l’impact de ces changements sur votre situation.
Colocation, déficit foncier, Denormandie, Malraux
D’autres stratégies peuvent se révéler pertinentes à Rouen :
– colocation : très adaptée aux T3/T4 autour des pôles étudiants, elle permet d’augmenter le loyer total et donc le rendement brut, au prix d’une gestion plus fine des entrées/sorties,
– déficit foncier : idéal pour les immeubles anciens à rénover dans le centre ou les quartiers anciens, en imputant une partie significative des travaux sur les revenus fonciers,
– Denormandie : inspiré du Pinel, mais sur l’ancien avec travaux dans des villes labellisées, intéressant si l’on vise des secteurs en renouvellement avec une forte vacance,
– Malraux : dédié à la restauration d’immeubles dans certains secteurs sauvegardés, permettant de fortes réductions d’impôt en contrepartie de travaux sur le bâti existant. Dans une ville patrimoniale comme Rouen, ce dispositif peut trouver à s’appliquer sur des immeubles de centre historique, sous réserve de zonage.
Financer son investissement : un contexte français encore favorable
Le contexte national joue aussi en faveur d’un investissement immobilier à Rouen. Malgré la remontée des taux depuis les niveaux historiquement bas de 2015–2021, la France reste dans la moyenne basse européenne, avec des taux autour de 3–3,5 % pour les nouveaux crédits début 2025, en léger reflux après le pic au-dessus de 4 %.
Pour un investisseur, plusieurs points sont à noter :
Le crédit immobilier en France est strictement encadré, avec un taux d’endettement généralement limité à 33-35% des revenus (parfois 40% pour les profils les plus solides). Les banques accordent des prêts aux résidents comme aux non-résidents, bien que ces derniers doivent souvent apporter un apport personnel de 20 à 30% (voire plus pour les profils hors UE). Les durées de prêt restent longues, pouvant aller jusqu’à 20-25 ans, ce qui permet d’étaler le remboursement et d’optimiser la trésorerie pour un investissement locatif. Enfin, les intérêts d’emprunt et certains frais sont déductibles des revenus fonciers ou des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) au régime réel, améliorant ainsi la rentabilité nette après impôt.
À Rouen, le ratio prix/revenus est moins tendu que dans les grandes métropoles : le prix médian d’un appartement permet à un ménage local moyen d’acheter environ 60–65 m², ce qui reste raisonnable pour une métropole régionale. Pour un investisseur extérieur, notamment parisien, les niveaux de prix apparaissent particulièrement attractifs.
Les grands projets urbains qui peuvent changer la donne
Un bon investissement tient aussi compte de la ville de demain. Or Rouen déploie plusieurs projets structurants susceptibles d’influencer la valeur des biens dans certains secteurs.
Parmi les plus marquants :
Plusieurs grands projets transforment Rouen, notamment sur la Rive Gauche. L’écoquartier Flaubert, sur d’anciens terrains portuaires, créera un quartier mixte avec logements performants, commerces, loisirs et de vastes espaces verts. La nouvelle gare Saint-Sever, futur nœud de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie, rapprochera Rouen de Paris (~50 min) et revalorisera son environnement. Les secteurs Luciline – Rives de Seine et Hangar 105 développent déjà un mix attractif de bureaux, logements et loisirs. Enfin, des projets comme le Parc des Sources, le Quartier Rondeaux et l’écoquartier des Deux Rivières apportent espaces verts et logements éco-performants, renforçant l’attrait de ces zones en transition.
Pour l’investisseur patient, se positionner dans des quartiers déjà engagés dans une dynamique de transformation (Saint-Sever, Pasteur, Docks, certains secteurs des Hauts de Rouen, périphérie immédiate) peut offrir un double retour : rendement locatif immédiat supérieur à la moyenne et revalorisation potentielle du bien à moyen terme.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques pour investir à Rouen
Même si Rouen coche de nombreuses cases pour un investissement réussi, certains pièges sont récurrents.
Parmi les erreurs classiques :
L’investissement locatif comporte plusieurs risques majeurs à anticiper : sous-estimer le coût des travaux de rénovation sur les biens anciens ; ignorer l’impact de la fiscalité locale (taxe foncière, TEOM, CFE) sur la rentabilité ; surestimer les loyers potentiels sans références locales précises ; négliger l’importance stratégique du choix du quartier sur la demande et la gestion ; et oublier les enjeux énergétiques, notamment le risque lié aux passoires thermiques (étiquettes F/G) dont la location sera progressivement restreinte.
À l’inverse, quelques bonnes pratiques augmentent nettement les chances de réussir son opération :
Pour un investissement locatif réussi à Rouen, il est crucial d’analyser précisément les micro-marchés, parfois rue par rue ou même côté de rue. Privilégiez un bien situé à proximité des transports (métro, bus structurants, gare), des universités ou des pôles d’emploi. Calibrez votre projet en fonction de votre clientèle cible (étudiants, jeunes actifs, familles, touristes). Sécurisez votre financement en intégrant une marge de sécurité pour les aléas (vacance locative, travaux imprévus, évolution des taux). Enfin, faites appel à des professionnels (notaire, courtier, gestionnaire de biens, expert-comptable) ayant une bonne connaissance de Rouen et de la fiscalité immobilière.
En synthèse : pourquoi investir dans l’immobilier à Rouen ?
Investir dans l’immobilier à Rouen, c’est miser sur une métropole complète : capitale régionale, port de premier plan, pôle universitaire majeur, ville touristique et culturelle reconnue. Les fondamentaux sont solides : croissance démographique modérée mais positive, population très jeune, forte proportion de locataires, marché locatif en tension, projets d’infrastructures structurants et amélioration continue des liaisons avec Paris.
Les prix, inférieurs à ceux de nombreuses grandes villes, offrent un bon rapport risque/rendement avec des rendements bruts moyens autour de 6%, pouvant être plus élevés dans certains quartiers ou types d’investissement (meublé, colocation, etc.). Il est crucial d’intégrer la fiscalité locale, notamment la taxe foncière, dès le calcul de rentabilité.
Reste enfin à choisir une stratégie adaptée : neuf ou ancien, patrimonial ou rendement, centre historique ou quartiers en renouvellement, meublé étudiant ou colocation, Pinel ou LMNP… La bonne nouvelle, c’est que le marché rouennais est suffisamment diversifié pour permettre à pratiquement chaque profil d’investisseur d’y trouver son compte, à condition de ne pas improviser et de s’appuyer sur les données objectives du terrain.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Rouen, en Normandie, pour rechercher du rendement locatif et une exposition à un marché régional dynamique. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs secteurs (centre historique, Saint-Sever, rive gauche), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble de rapport ou un petit ensemble d’appartements dans un quartier en mutation, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 6–7 % « plus le rendement est grand, plus le risque est important » et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux) d’environ 500 000 €. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, expert-comptable), choix de la structure (propriété directe ou SCI) et plan de diversification patrimoniale dans le temps.
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