Capitale de la Bretagne et deuxième grande métropole de l’Ouest après Nantes, Rennes s’est imposée en quelques années comme l’un des marchés immobiliers les plus scrutés par les investisseurs. Ville étudiante, pôle économique dynamique, carrefour de transports, elle cumule de nombreux atouts… mais aussi quelques pièges pour les acheteurs pressés.
Derrière les slogans qui présentent Rennes comme « paradis des investisseurs », la réalité est plus nuancée : prix élevés pour l’Ouest, rendements modestes dans certains quartiers, forte pression sur les petites surfaces, réglementation fiscale à bien maîtriser. L’intérêt du marché rennais ne fait pourtant guère de doute, à condition de l’aborder avec des chiffres précis et une stratégie claire.
Analyse du marché immobilier rennais
Un socle démographique et économique très solide
Rennes coche quasiment toutes les cases qui rassurent un investisseur long terme. La ville centre compte plus de 220 000 habitants, l’aire urbaine dépasse 670 000 résidents et la métropole bénéficie d’une croissance démographique soutenue depuis les années 1990, avec des projections d’augmentation de la population de l’ordre de 24 % à l’horizon 2030. Cette dynamique alimente mécaniquement la demande de logements.
Pourcentage d’habitants qui sont locataires à Rennes, reflétant un marché immobilier fortement orienté vers la location.
L’économie locale est tout aussi porteuse. Le bassin d’emploi concentre environ 300 000 postes, dont les deux tiers dans les services. Télécoms, numérique, informatique, biotechs, agri‑alimentaire et automobile structurent un tissu de plus de 30 000 entreprises. Le taux de chômage reste inférieur à la moyenne nationale, autour de 6–10 % selon les sources et périodes, ce qui traduit une bonne résilience. Rennes est régulièrement décrite comme la première ville économique du Grand Ouest, et l’Ille‑et‑Vilaine concentre à elle seule 35 % des emplois bretons.
Ce socle a un impact direct sur l’immobilier : d’une part, il sécurise la demande locative en période de ralentissement, d’autre part il favorise, sur longue période, l’appréciation du capital.
Une métropole universitaire qui structure le marché locatif
Impossible d’analyser l’immobilier rennais sans évoquer son université. La ville accueille plus de 60 000, parfois 70 000 étudiants selon les sources, soit environ un quart de la population. Elle abrite deux grandes universités, 17 grandes écoles réparties sur quatre grands campus (Beaulieu – Rennes 1, Villejean – Rennes 2, mais aussi Rennes School of Business, INSA, ENS, Sciences Po Rennes, écoles d’ingénieurs, écoles d’art, etc.).
Rennes se classe régulièrement parmi les 4 premières villes étudiantes de France et a été élue ville la plus attractive pour la qualité de vie en 2020. Pour un investisseur, cette attractivité représente un atout significatif.
– une tension locative structurelle sur les petites surfaces bien situées ;
– une forte profondeur de marché pour les produits ciblant les étudiants (studios, T1, petites colocations, résidences étudiantes).
Le marché ne se limite pas aux seuls étudiants. De nombreux jeunes actifs, cadres et chercheurs sont attirés par les pôles de recherche (32 unités, 53 plateformes labellisées au sein de cinq pôles de recherche de l’Université de Rennes), les incubateurs (73 structures) et la French Tech locale. Mais dans la pratique, c’est bien la demande étudiante qui pèse le plus sur la typologie de logements recherchés et sur les loyers autour des campus de Beaulieu et Villejean.
Des prix élevés pour l’Ouest, mais une progression qui se normalise
Après une décennie de flambée, le marché rennais entre dans une phase plus mature. Sur dix ans, les prix ont bondi d’environ 55 % sur l’ensemble des biens, avec des hausses très marquées sur les maisons anciennes (+66 %), les appartements anciens (+50 %) et, dans une moindre mesure, le neuf (+22,3 %). En 2020, on observait encore des hausses annuelles de l’ordre de 10 à 12 % dans l’ancien, et de 6 % dans le neuf.
Prix moyen de vente au mètre carré au 1er janvier 2026, en repli modéré sur un an.
Pour un ordre de grandeur, on peut retenir :
| Indicateur | Valeur indicative |
|---|---|
| Prix moyen appart. (ville) | 3 500–3 900 €/m² |
| Prix moyen maison (ville) | 2 800–3 600 €/m² |
| Fourchette générale (quartiers) | 2 584–5 481 €/m² |
| Prix moyen vendu 2024 (tous biens) | ~4 580 €/m² |
| Prix moyen au 01/01/2026 | 3 743 €/m² |
Dans le détail, le marché reste très contr(asté) :
Dans le centre historique de Rennes, les prix de l’immobilier peuvent atteindre plus de 6 000 €/m² pour les rues les plus recherchées.
À l’échelle de l’Ille‑et‑Vilaine, Rennes figure parmi les communes les plus chères du département, loin devant la moyenne départementale autour de 2 780 €/m². Mais à l’échelle nationale, la ville demeure plus abordable que Lyon, Bordeaux ou Paris, ce qui en fait un compromis intéressant entre prix d’achat et potentiel de valorisation.
Un marché locatif très tendu, porté par les petites surfaces
Sur le segment locatif, la demande est tout simplement supérieure à l’offre. Le taux de vacance locative se situe officiellement autour de 6–7 %, mais plusieurs indicateurs montrent que les biens bien situés se relouent très vite. Dans certains quartiers étudiants, les sources parlent même d’une vacance inférieure à 5 %.
Les loyers médians hors charges tournent autour de 13 €/m² pour les appartements, avec des hausses d’environ 7 % sur deux ans. Sur les dernières données annuelles :
– T1 : ~16 €/m², légère baisse récente mais progression sur cinq ans ;
– T2 : ~13 €/m², hausse d’environ 9 % sur cinq ans ;
– T3+ : ~11 €/m², hausse de plus de 8 % sur cinq ans.
Sur le marché immobilier réel, les loyers moyens observés sont généralement plus élevés que les références statistiques, en particulier pour les biens meublés et ceux bénéficiant d’une localisation avantageuse. Cela s’explique par la forte demande pour ce type de logements, qui justifie des prix supérieurs aux moyennes du secteur.
| Type de bien (indicatif) | Loyer moyen mensuel | Loyer moyen au m² (approx.) |
|---|---|---|
| Studio meublé | 470–500 € | 18–20 €/m² (25 m² type) |
| Studio (ville entière) | ~500 € | — |
| T2 | ~690 € | 12–14 €/m² |
| T3 | ~880 € | 11–13 €/m² |
| Chambre en colocation | ~420 € | — |
En centre‑ville, les loyers dans le parc meublé atteignent en moyenne 19 €/m², contre 15 €/m² pour le non meublé. Cette prime de 20 à 25 % du meublé par rapport au nu se retrouve dans de nombreux quartiers.
À noter : Rennes n’est pas classée en « zone tendue » au sens juridique du terme, ce qui signifie qu’elle n’est pas soumise à l’encadrement strict des loyers en vigueur à Paris ou Nantes. Les loyers se fixent donc surtout en fonction de la tension locale et du marché, avec une plus grande marge de manœuvre pour les bailleurs.
Des rendements moyens mais optimisables
Au global, Rennes n’est pas une ville de « cash‑flow immédiat » comme certaines villes moyennes à forte vacance. Sur la base des prix actuels et des loyers moyens, la rentabilité brute tourne généralement entre 4 % et 6 %, avec une moyenne parfois mesurée autour de 3,9–4 %.
Les données issues de différentes sources permettent de dégager les ordres de grandeur suivants :
| Indicateur | Valeur indicative |
|---|---|
| Rendement brut moyen (ville) | 4–6 % |
| Rendement brut moyen (toutes données) | ~3,4–3,9 % |
| Centre‑ville (appartements) | 2,9–3,8 % |
| Quartiers étudiants (LMNP) | 5,5–6,4 % |
| Meilleurs secteurs (projets ciblés) | jusqu’à 7–7,5 % |
Pour des simulations concrètes fondées sur les prix médians :
– T1 autour de 152 750 € : rendement brut moyen proche de 3,9–4 % ;
– T2 autour de 199 320 € : rendement brut voisin, parfois légèrement supérieur ;
– T3 vers 275 950 € : retour brut qui se tasse autour de 3,5–3,6 % ;
– grands appartements : rendement qui peut tomber autour de 2–3 %, sauf colocation.
Des études de cas spécifiques, mentionnées dans les sources, illustrent comment une opération peut être nettement plus performante lorsque sa cible est bien définie, dépassant ainsi les résultats du panorama moyen.
– un T2 meublé acheté et aménagé pour environ 170 675 €, loué 7 676 € par an, soit une rentabilité brute autour de 4,5 % mais un TRI projeté de plus de 11 % sur 15 ans grâce à l’effet de levier et à la fiscalité LMNP ;
– une colocation meublée de 66 m² pour un budget global de 144 065 €, générant 9 432 € de loyers annuels, soit une rentabilité brute de l’ordre de 6,5 % et un TRI proche de 9 %.
Dans la pratique, la clé d’un bon rendement rennais tient moins à la ville elle‑même qu’au « micro‑ciblage » du quartier, du type de bien et du régime fiscal.
Où investir à Rennes ? Tour d’horizon des quartiers
Le marché rennais est extrêmement segmenté. Les écarts de prix, de demande et de rendement entre quartiers peuvent être considérables. Pour un investisseur, l’essentiel est de trouver le compromis entre :
– sécurité locative (vacance faible, facilité de relocation) ;
– rendement brut et net ;
– potentiel de revalorisation à moyen terme.
Centre‑ville et Vieux Rennes : valeur refuge, rendement modéré
Le cœur historique concentre les prix les plus élevés et une forte demande, aussi bien étudiante que de jeunes actifs. Les prix se situent fréquemment entre 4 300 et 5 500 €/m², avec des studios qui peuvent dépasser 5 900 €/m². Dans certains îlots très prisés, des transactions s’affichent autour de 6 000 €/m².
Les loyers suivent, mais sans compenser entièrement le niveau des prix : les rendements bruts oscillent souvent entre 3 % et 5 %. Pour un investisseur patrimonial, ces quartiers jouent le rôle de valeur quasi‑sûre, avec une très bonne liquidité à la revente et une appréciation annuelle estimée entre 2 % et 4 % dans les projections, mais peu de cash‑flow à court terme.
Villejean‑Beauregard : le fief étudiant
Proche du campus Rennes 2, Villejean‑Beauregard est l’un des secteurs les plus surveillés pour l’investissement locatif, en particulier en LMNP. Les prix moyens au mètre carré restent nettement inférieurs au centre (environ 3 100 à 3 900 €/m², avec des opportunités à partir de 2 680 €/m²), alors que la demande locative est extrêmement forte, notamment sur les studios, T1 bis et T2.
Les loyers, attractifs (11 €/m² en moyenne, jusqu’à 15 €/m² pour les petites surfaces bien situées), permettent d’atteindre des rendements bruts de 5 à 7 %, voire plus en colocation, avec environ 6 % pour un investissement LMNP meublé. Cependant, le quartier présente une image contrastée (entretien, sécurité), compensée par des atouts pratiques déterminants pour les locataires (métro, université, commerces).
Beaulieu et quartiers universitaires de l’est
Autre pôle étudiant, le campus de Beaulieu, à l’est de la ville, attire essentiellement les filières scientifiques et d’ingénierie. Les prix y tournent autour de 3 800–3 980 €/m². La tension locative est très forte, avec peu de vacance et des loyers qui permettent d’atteindre, là encore, des rendements bruts autour de 6 % en meublé.
Pour un investisseur souhaitant cibler la demande étudiante tout en évitant les secteurs très animés comme Villejean, les quartiers de Beaulieu et ceux attenants (tels que Jeanne d’Arc, Longschamps ou Atalante) représentent une alternative intéressante et plus paisible.
Sud‑Gare et EuroRennes : pari sur la mobilité
Le secteur Sud‑Gare profite directement de la présence de la gare TGV et du grand projet EuroRennes, qui transforme les abords de la station en pôle d’affaires et de logements. Les prix se rapprochent du haut de fourchette rennais, autour de 3 900–4 100 €/m², avec des pointes proches de 5 000 €/m² sur les programmes récents.
Côté loyers, les studios se louent en moyenne autour de 15 €/m², les T2 vers 11 €/m² et les T3 autour de 9 €/m². Pour un investissement meublé, le rendement brut attendu est estimé autour de 5,8 %. L’enjeu ici est autant la location (forte demande de cadres en mobilité, de navetteurs Paris–Rennes, d’étudiants en écoles supérieures) que la plus‑value à moyen terme, portée par le développement complet d’EuroRennes.
Quartiers résidentiels et éco‑quartiers en développement
Des secteurs comme Cleunay‑Arsenal‑Redon, Beauregard, La Courrouze, Thabor – Saint‑Hélier, ou encore les franges de Maurepas et Francisco Ferrer proposent un équilibre différent : prix intermédiaires (souvent autour de 3 300–4 000 €/m²), population plus familiale, présence de programmes neufs ou en cours de livraison.
Dans ces zones, les rendements bruts sont généralement compris entre 3 % et 5 %. La demande locative est principalement portée par les jeunes couples, les familles et certains étudiants. Des secteurs comme La Courrouze ou Baud-Chardonnet privilégient une stratégie de montée en gamme et de valorisation progressive plutôt que la recherche d’un rendement maximal.
Quartiers à surveiller : le risque et l’opportunité
Certains quartiers populaires comme Le Blosne, Maurepas ou les Champs Manceaux affichent des prix attractifs (à partir de 2 568 €/m² pour Le Blosne, autour de 3 380–3 750 €/m² pour Maurepas et Champs Manceaux), mais souffrent d’une image dégradée, avec des problématiques sociales et de sécurité. De vastes opérations de rénovation urbaine sont en cours ou programmées, ce qui pourrait, à moyen terme, revaloriser ces secteurs.
Pour un investisseur expérimenté, capable de gérer un risque d’image et éventuellement une gestion locative plus exigeante, ces quartiers offrent des tickets d’entrée bas et des perspectives de rendement supérieures à la moyenne, surtout si la transformation urbaine tient ses promesses. Mais il s’agit clairement d’un profil « value / opportuniste », moins adapté à un premier achat.
Student rental, colocation, résidences gérées : les stratégies gagnantes
Compte tenu de la structure démographique et du poids des campus, trois grandes stratégies d’investissement se détachent à Rennes.
1. Le studio ou T2 meublé près des campus
C’est la stratégie la plus classique, et probablement la plus robuste. L’idée est simple : cibler un studio ou un petit T2 proche des campus de Villejean ou Beaulieu, ou encore dans des quartiers bien reliés au métro (centre, Sud‑Gare, Saint‑Hélier, Saint‑Martin). Le budget d’entrée tourne souvent autour de 100 000 € pour un petit bien ancien à rénover, et peut monter à 150–180 000 € pour un T2 en bon état.
Dans les zones à forte demande où la vacance est faible et les loyers élevés, l’investissement en meublé peut viser des rendements bruts de 5 à 6 %, voire plus, en optimisant la surface et la qualité des prestations. Le régime fiscal LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) permet d’amortir le bien et de réduire fortement l’imposition sur les loyers, particulièrement en optant pour le régime réel d’imposition.
2. La colocation meublée pour jeunes actifs et étudiants
Deuxième axe, la colocation. Avec des loyers de l’ordre de 350–450 € la chambre en colocation (hors très grand standing), un appartement de 70–80 m² transformé en trois ou quatre chambres peut générer 1 200 à 1 600 € de loyers mensuels, soit bien davantage qu’une location classique à un seul ménage.
Cette stratégie cible des quartiers spécifiques de Rennes, idéalement situés et bien desservis, pour optimiser les rendements locatifs grâce à la colocation.
Villejean, Sud‑Gare, certains secteurs de Saint‑Martin, du centre élargi ou de Cleunay‑Arsenal‑Redon. Ces zones sont bien desservies (bus + métro) et situées à mi‑chemin entre les pôles universitaires et les zones de bureaux.
Les rendements bruts peuvent atteindre 6 à 7 %, comme illustré par l’exemple d’une colocation de 66 m².
3. Les résidences services (étudiantes ou seniors)
Enfin, Rennes accueille un parc croissant de résidences étudiantes privées et de résidences seniors. Ces produits, souvent commercialisés clés en main avec bail commercial, proposent des loyers garantis et une gestion externalisée, en contrepartie d’un rendement brut généralement encadré et de frais de gestion inclus dans le montage.
Dans une ville aussi étudiante et vieillissante que Rennes, ces résidences trouvent facilement preneur. Le rendement brut affiché se situe souvent autour de 4–5 %, mais peut être optimisé via des dispositifs fiscaux (LMNP, éventuellement Censi‑Bouvard pour les anciens programmes, amortissement comptable). L’avantage principal reste la simplicité de gestion et la visibilité sur les flux locatifs.
Les leviers fiscaux : LMNP, Pinel, déficit foncier
L’un des attraits de Rennes pour l’investisseur tient aussi à son environnement fiscal relativement favorable.
LMNP : le régime roi pour le meublé à Rennes
Le statut de loueur en meublé non professionnel s’avère particulièrement pertinent dans une ville à dominante de petites surfaces et de locataires mobiles. Sous ce statut, les revenus sont imposés dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), avec deux options :
– micro‑BIC : abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers pour des recettes annuelles inférieures à 77 700 € ;
– régime réel : déduction de l’ensemble des charges (intérêts d’emprunt, travaux, charges de copropriété, assurances, taxe foncière, honoraires, etc.) et amortissement du bien sur une durée typique d’environ 30 ans (sur la valeur hors terrain).
Pour un investisseur visant un rendement brut de 5 à 6%, le régime LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) permet souvent de neutraliser l’imposition sur les loyers pendant plusieurs années. Cette optimisation fiscale est conditionnée à la tenue d’une comptabilité, ce qui rend pertinent un accompagnement par un cabinet spécialisé.
Pinel et Pinel+ dans le neuf
Rennes est classée en zone B1 pour le dispositif Pinel, ce qui permet d’investir dans le neuf en bénéficiant d’une réduction d’impôt en contrepartie d’un engagement de location à loyer plafonné pour des locataires sous conditions de ressources. Les taux de réduction peuvent atteindre 12, 18 ou 21 % du prix du bien (plafonné), étalés sur 6, 9 ou 12 ans.
Compte tenu du niveau des prix dans le neuf (souvent supérieur à 4 000 €/m², voire davantage sur certains programmes EuroRennes ou La Courrouze), l’intérêt du Pinel à Rennes dépend beaucoup de :
– l’écart entre loyers de marché et loyers plafonds ;
– la qualité de l’emplacement (métro, commerces, bassin d’emploi) ;
– la perspective de valorisation à la sortie.
L’achat d’un bien neuf à Rennes se justifie généralement pour une stratégie de valorisation patrimoniale, privilégiant le confort, un DPE performant et la facilité de revente, plutôt que pour la recherche du meilleur rendement locatif immédiat.
Ancien à rénover et déficit foncier
Dans l’ancien, la forte proportion de logements datant d’avant les normes énergétiques modernes (plus de 80 % du parc d’appartements) crée un terrain favorable pour les opérations de rénovation. Le déficit foncier, qui permet d’imputer certaines charges de travaux sur le revenu global (dans certaines limites), constitue un levier appréciable pour les bailleurs qui optent pour la location nue.
À Rennes, la montée en puissance des exigences de performance énergétique (interdiction progressive de louer les passoires thermiques) accentue l’écart de valeur entre biens bien classés (A/B) et logements F ou G. Les études nationales montrent des décotes pouvant atteindre 25 % pour les passoires, contre des primes de 10–15 % pour les meilleurs DPE. Pour un investisseur, cibler un bien D ou E à rénover intelligemment peut donc être une source importante de création de valeur.
Acheter à Rennes : prix, financement, coûts annexes
Au‑delà du prix affiché au mètre carré, investir à Rennes suppose de bien intégrer la structure des coûts.
Les notaires et observatoires locaux avancent un coût global d’acquisition (ancien) souvent compris entre 7 % et 8 % du prix, frais de notaire inclus. Sur un appartement ancien à 330 000 €, on peut atteindre environ 353 000 € tout compris. Dans le neuf, ces frais sont réduits (2–3 %), mais le prix de base est déjà plus élevé.
La mensualité d’un crédit immobilier peut représenter plus de 60 % du revenu net moyen pour un achat type.
À cela s’ajoutent :
– la taxe foncière (autour de 1 000–1 400 € par an pour un appartement de taille moyenne, selon les exemples fournis) ;
– les charges de copropriété, très variables selon la nature de l’immeuble (ascenseur, chauffage collectif, services) ;
– éventuellement les travaux de rénovation (entre 240 €/m² pour un rafraîchissement simple et plus de 800–1 200 €/m² pour une rénovation lourde).
Ces éléments doivent impérativement être intégrés dans les calculs de rentabilité nette, et pas seulement dans la projection « brute ».
Les grands projets urbains qui redessinent le marché
Rennes n’est pas seulement une ville étudiante et administrative : c’est aussi un territoire en pleine mutation urbaine. Trois grands projets structurent particulièrement les perspectives à horizon 2030.
EuroRennes : un nouveau centre d’affaires autour de la gare
Autour de la gare TGV, le projet EuroRennes couvre environ 58 hectares et vise à créer un véritable quartier d’affaires et de vie. À terme, on y attend plusieurs centaines de milliers de mètres carrés de bureaux, plus d’un millier de logements et des surfaces commerciales, ainsi qu’un pôle d’échanges multimodal (TGV, TER, métro, bus, cars BreizhGo, vélos, taxis).
La mise en service de la LGV, qui rapproche Rennes de Paris à environ 1h25, attire de nouveaux profils : cadres en télétravail partiel, entreprises à la recherche de sièges moins coûteux qu’en Île-de-France et navetteurs hebdomadaires. Pour le marché immobilier, cela se traduit par des prix soutenus dans les secteurs proches de la gare et par une prime accordée à la proximité des transports rapides.
Baud‑Chardonnet, ViaSilva, La Courrouze : l’urbanisme de demain
Le long de la Vilaine, Baud‑Chardonnet se développe comme un quartier mixte mêlant logements, commerces et vastes espaces verts. À l’est, près de Cesson‑Sévigné, le projet ViaSilva entend conjuguer innovation, habitat durable et forte connexion au réseau de transport. Au sud‑ouest, La Courrouze illustre la montée en puissance des éco‑quartiers, avec des programmes neufs, des parcs, des cheminements doux et un accès facilité à la nouvelle ligne de métro.
Les rendements bruts immédiats des investissements dans ces nouveaux quartiers se situent généralement entre 3 % et 4 %.
Mobilités et prime à la proximité des transports
La deuxième ligne de métro, ouverte récemment, renforce encore l’importance du critère « proximité transport » dans la valorisation des biens rennais. Les études générales sur l’effet du transport collectif montrent que les biens situés à courte distance d’un arrêt de métro ou de tram bénéficient souvent d’une prime de valeur de 5 à 15 % par rapport à un bien identique mal desservi.
Dans un marché comme Rennes, où la voiture perd du terrain et où la qualité de vie repose beaucoup sur la mobilité douce, la distance à la station de métro la plus proche, la qualité des axes de bus et la mixité fonctionnelle (présence de commerces, d’écoles, de services) deviennent des paramètres centraux dans la décision d’investissement.
Rennes vs Nantes (et les autres grandes villes) : quel positionnement ?
Pour un investisseur qui hésite entre plusieurs grandes métropoles de l’Ouest, la comparaison Rennes/Nantes revient souvent. Les prix médians au mètre carré sont assez proches (autour de 4 200–4 500 €/m²), mais Rennes apparaît légèrement plus abordable sur certains segments. Surtout, Nantes a mis en place l’encadrement des loyers, ce qui peut limiter les hausses et compliquer certaines stratégies d’optimisation, alors que Rennes bénéficie d’un cadre plus souple.
Le rendement brut moyen à Paris, où les prix dépassent 10 000 €/m², est d’environ 4 %.
Comment aborder concrètement un investissement à Rennes ?
Face à la masse d’informations, il peut être utile de dégager quelques lignes directrices pour qui souhaite investir à Rennes.
D’abord, clarifier son objectif : recherche‑t‑on avant tout une valorisation patrimoniale sur le long terme, un complément de revenu immédiat, ou un mélange des deux ? Rennes se prête bien à la constitution d’un patrimoine locatif robuste, moins à une stratégie de cash‑flow maximal dès la première année.
Pour optimiser la rentabilité et minimiser les périodes de vacance, adaptez le type de bien au quartier. Privilégiez les petites surfaces meublées à proximité des campus (Villejean, Beaulieu) ou des pôles de transport (centre-ville, gare). Pour les grands appartements en centre historique, orientez-vous vers des stratégies de colocation ou un positionnement haut de gamme, ce qui offre un rendement locatif peut-être plus faible mais une meilleure plus-value à long terme.
Troisièmement, intégrer dès le départ la dimension énergétique et les obligations à venir. Acheter une passoire thermique pour la louer en l’état est une fausse bonne idée : l’interdiction de location des logements trop énergivores progresse, et le marché applique déjà des décotes significatives. En revanche, un bien à rénover intelligemment peut constituer un levier puissant de revalorisation.
À Rennes, le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) au régime réel est l’outil le plus efficace pour optimiser les flux de trésorerie nets, malgré une certaine complexité comptable. Le dispositif Pinel peut être pertinent pour certains programmes bien situés, mais ne doit pas constituer le seul critère de décision d’investissement.
En résumé, investir dans l’immobilier à Rennes, ce n’est ni une martingale garantie ni un marché devenu trop cher : c’est un territoire solide, porté par une démographie dynamique, un écosystème universitaire exceptionnel et des projets urbains d’envergure, qui récompense les investisseurs capables de travailler dans le détail leur stratégie, leur quartier et leur montage fiscal.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Rennes, en Bretagne, afin de rechercher du rendement locatif et une exposition à un marché régional dynamique. Budget alloué : 350 000 à 500 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs quartiers rennais (Centre, Thabor, Beaulieu), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou petit immeuble de rapport dans un secteur porté par la démographie étudiante et les emplois tertiaires, combinant rendement locatif brut cible de 4,5 à 5,5 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais de notaire + rafraîchissement léger) d’environ 420 000 euros. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, expert-comptable), choix du montage (propriété directe, SCI à l’IR ou à l’IS) et définition d’un plan de diversification patrimoniale en France.
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