Perpignan coche de plus en plus de cases sur la carte de l’investissement immobilier. Ville du sud à prix encore raisonnables, forte proportion de locataires, rendement brut supérieur à la moyenne nationale, dynamique touristique et étudiante, climat ensoleillé et grands projets d’infrastructures : le cocktail a de quoi séduire. Mais le marché est aussi sous forte tension, les prix ont déjà beaucoup monté, le chômage reste élevé et la réglementation – notamment énergétique et locative – se durcit.
Cet article analyse l’investissement immobilier à Perpignan avec les données récentes : prix, loyers et rentabilités par quartier. Il détaille aussi le profil des habitants, la fiscalité locale, les enjeux de rénovation, les perspectives à court et long terme, et le cadre légal pour les investisseurs, qu’ils soient résidents ou étrangers.
Un marché très tendu mais encore abordable
Le marché immobilier de Perpignan est décrit comme dynamique et sous forte tension : l’indice de tension immobilière atteint 10 sur 10, avec 10 % d’acheteurs de plus que de biens à vendre. Dans ce contexte, les délais de vente tendent plutôt à se raccourcir, même si, comme ailleurs en France, les dossiers plus complexes ou les biens mal positionnés restent plus longtemps sur le marché.
Le prix moyen du mètre carré pour l’ancien à Perpignan reste sous ce seuil en euros, ce qui en fait un marché abordable.
Niveaux de prix : photo du marché
Pour les logements anciens, les ordres de grandeur suivants se dégagent :
| Type de bien / source (2025–2026) | Prix moyen au m² | Remarques |
|---|---|---|
| Appartement (ancien) | 1 580–1 900 € | fourchette selon sources |
| Maison (ancien) | 1 967–2 321 € | moyenne plus élevée que pour les appartements |
| Prix médian de vente (toutes typologies) | 1 716–1 776 €/m² | sur base d’annonces récentes |
| Prix moyen FNAIM (tous biens) | 1 712 €/m² | au 1er janvier 2026 |
| Prix moyen à l’échelle de la ville (autre source) | 2 170 €/m² | estimation globale |
Les données détaillées FNAIM illustrent clairement l’écart entre maisons et appartements :
| Type / Taille (ancien) | Prix moyen au m² (jan. 2026) |
|---|---|
| Maison T3 | 2 426 € |
| Maison T4 | 2 409 € |
| Maison T5 | 2 245 € |
| Maison T6+ | 2 225 € |
| Appartement T1 | 1 686 € |
| Appartement T2 | 1 664 € |
| Appartement T3 | 1 518 € |
| Appartement T4+ | 1 375 € |
Pour le neuf, les prix grimpent nettement : un indicateur fait état de 4 110 €/m² pour un appartement neuf en 2024, en forte progression par rapport à 2019. Le différentiel entre ancien et neuf ouvre des arbitrages intéressants pour l’investisseur selon sa stratégie (rendement vs patrimonial, travaux vs clé en main).
Rents, rendement et demande locative
Plus de la moitié des habitants de Perpignan sont locataires : environ 55,7 % de la population de la ville, et même 57 % selon d’autres sources. Sur 70 500 ménages, une majorité ne possède donc pas son logement, ce qui crée un socle de demande locative structurellement élevé, que ce soit sur le marché privé ou social.
Niveaux de loyers et rendement brut
La ville présente un niveau de loyers relativement modéré en comparaison d’autres métropoles du sud, mais rapporté à des prix d’achat encore bas, la rentabilité brute devient très intéressante.
Plusieurs jeux de données convergent vers les niveaux suivants :
| Indicateur (Perpignan) | Valeur indicative |
|---|---|
| Loyer moyen appartement (ancien, €/m²/mois) | 10,8–12 € |
| Loyer moyen maison (€/m²/mois) | 9,5–11 € |
| Loyer médian (tous biens, €/m²/mois) | 11–14 € |
| Rendement brut moyen (ville) | 7,4–7,7 % |
| Rendement brut France (Q4 2025) | 4,84 % |
| Rendement brut moyen Sud de la France | ~5,0 % |
En pratique, certaines sources calculent même un rendement brut de 7,68 % à partir d’un prix médian au m² d’environ 1 766 € et d’un loyer médian de 14 €/m². On est clairement au-dessus des standards nationaux : dans de nombreuses grandes villes françaises, le rendement brut dépasse rarement 4–5 %.
Le détail des loyers par typologie de logement montre que les petits surfaces présentent un intérêt particulier pour un investisseur, souvent en raison d’une meilleure rentabilité locative et d’une demande plus constante.
| Type de bien (ancien, 2025) | Loyer moyen €/m²/mois |
|---|---|
| Studio / 1 pièce | ~18 |
| T2 | ~13 |
| T3 | ~11 |
| T4 | ~10 |
| T5 | ~9 |
| Maison 3–4 pièces | ~12 |
Les studios et petits T2 restent traditionnellement les plus rentables, avec des loyers au mètre carré élevés et une vacance locative limitée, surtout auprès des étudiants et jeunes actifs.
Une demande diversifiée : étudiants, familles, touristes
Perpignan cumule plusieurs moteurs de demande locative :
La ville se caractérise par une population diversifiée et un fort pouvoir d’attraction. Elle accueille une importante population de locataires permanents (ménages modestes, familles, seniors), un vivier étudiant conséquent grâce à l’université et à plusieurs écoles supérieures (Polytech’ Montpellier, écoles d’art, instituts de santé, informatique…), et bénéficie d’un flux touristique significatif, porté par le climat méditerranéen, la proximité de la mer (à environ 30 km) et de l’Espagne, ainsi que par plusieurs festivals et monuments historiques.
Pour les locations de courte durée, les données issues des plateformes de type Airbnb sont parlantes : plus de 1 000 annonces actives, une occupation médiane autour de 56 %, un prix moyen à la nuit aux alentours de 70–80 € et un revenu annuel potentiel pouvant atteindre 15 000 € pour les biens bien gérés. Les top 10 % des annonces dépassent 2 000 $ par mois de revenus, avec des tarifs journaliers supérieurs à 160 $ en haute saison.
Cette pluralité de segments (longue durée, étudiant, saisonnier / tourisme) donne de la profondeur au marché et permet d’adapter sa stratégie selon son profil : LMNP étudiant, meublé longue durée pour actifs, saisonnier encadré pour capter le pic estival.
Qui vit à Perpignan ? Comprendre la sociologie locale
Pour investir avec lucidité, il est essentiel de regarder le profil socio-économique de la ville, au-delà de son soleil et de sa proximité avec Barcelone.
La commune compte un peu plus de 119 000 habitants, dans une agglomération de plus de 200 000 personnes. La population a progressé d’environ 4,6 % au fil des années récentes, signe d’un certain dynamisme démographique, même si la courbe a connu des phases de stagnation.
La densité est élevée – environ 1 750 à 1 800 habitants au km² – ce qui, conjugué à une forte part d’appartements (environ 72 % des logements), caractérise bien une ville moyenne dense plutôt que diffuse.
L’âge médian de la population, avec une part significative des 60 ans et plus et une forte proportion de ménages d’une seule personne.
En revanche, le niveau économique global est modeste. Le revenu médian annuel tourne autour de 19 286 € ; de nombreux foyers sont faiblement imposés, et près de 61 % des foyers fiscaux seraient non imposables à la taxe d’habitation locale. Le taux de chômage est élevé : environ 25,6 % pour la tranche 15–64 ans au niveau de la commune, contre un peu plus de 12 % pour l’aire urbaine plus large. Cette réalité pèse sur la solvabilité d’une partie importante des locataires.
Pour un investisseur, cela implique de : analyser les tendances du marché, évaluer les risques, diversifier son portefeuille et rester informé des évolutions économiques.
– sécuriser au maximum la sélection des candidats locataires ;
– considérer des garanties solides (garants physiques, assurance loyers impayés) ;
– veiller à rester dans des niveaux de loyer compatibles avec les revenus locaux, faute de quoi la vacance augmente.
Structure du parc immobilier : opportunités et contraintes
Plus de trois quarts du parc de logements de Perpignan ont été construits avant 1990, et plus de 32 % entre 1946 et 1970. Environ 72 % des logements sont des appartements, les maisons individuelles représentant un peu plus d’un quart du parc. On recense plus de 58 000 résidences principales, un peu plus de 2 000 résidences secondaires et plus de 10 000 logements vacants au niveau de la commune (près de 15 % du parc), ce qui témoigne d’un fort potentiel de remise sur le marché via la rénovation.
Répartition des résidences principales par nombre de pièces :
| Taille du logement | Nombre (commune) | Part du parc principal |
|---|---|---|
| Studios | 3 897 | 6,7 % |
| 2 pièces | 10 178 | 17,5 % |
| 3 pièces | 18 089 | 31,1 % |
| 4 pièces | 15 704 | 27,0 % |
| 5 pièces et + | 10 295 | 17,7 % |
Cette prédominance des petites et moyennes surfaces renforce l’intérêt des investisseurs ciblant le locatif, avec une demande soutenue sur les T2/T3 pour les couples et petites familles, et sur les studios/T1 pour étudiants et jeunes actifs.
Ville de rénovation : un gisement d’opportunités
Le grand nombre de logements anciens, parfois vacants et à rénover, crée un terrain de jeu intéressant pour les stratégies « acheter – rénover – louer ou revendre ». À l’échelle nationale, la rénovation représente environ 60 milliards d’euros de travaux par an, soit près de la moitié de l’activité du bâtiment ; Perpignan n’échappe pas à cette tendance.
Les ordres de grandeur des coûts de rénovation dans la région, pour vous aider à budgétiser votre projet.
Pour des travaux de rafraîchissement et d’amélioration mineure, comme la peinture ou le remplacement d’éléments.
Pour la rénovation d’une pièce spécifique, comme une cuisine ou une salle de bains.
Pour une restructuration et une rénovation de l’ensemble du logement.
| Type de rénovation | Coût indicatif €/m² |
|---|---|
| Rafraîchissement léger | 100–500 |
| Rénovation partielle | 500–1 500 |
| Rénovation complète | 900–1 500 |
| Grosse rénovation / structure | 1 000–2 500+ |
Pour un appartement de 60 m² ancien, un budget de 60 000 à 90 000 € pour une rénovation lourde n’a rien d’exceptionnel, surtout si l’on vise une mise aux normes (électricité, plomberie), une amélioration énergétique (isolation, menuiseries, chauffage) et une modernisation complète (cuisine, salle de bains).
Des aides nationales (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE, ANAH) existent, mais leur accès varie selon que le logement est une résidence principale ou un bien locatif, et certaines ont été récemment durcies ou suspendues. Des aides locales complémentaires, comme des chèques isolation ou des coups de pouce pour des quartiers spécifiques (ex : autour d’une gare), peuvent être disponibles pour des travaux d’isolation ou énergétiques.
Pour un investisseur, la rénovation peut :
– améliorer significativement le loyer potentiel ;
– réduire les risques de vacance, en offrant un bien « prêt à vivre » ;
– sécuriser la possibilité de location à long terme au regard des nouvelles normes énergétiques (interdiction progressive de louer les passoires F et G, puis E).
Les quartiers où investir à Perpignan
Le marché perpignanais est très segmenté : d’un quartier à l’autre, les niveaux de prix et de loyers varient sensiblement, tout comme la perception en termes d’image, de sécurité ou de qualité de vie. Voici un panorama des principaux secteurs évoqués dans les données disponibles.
Centre historique et hyper-centre
Le centre ancien (autour de la place de la République, place de la Loge, place de Catalogne, Saint-Jean, Castillet) concentre le patrimoine historique, les commerces, les restaurants et la vie culturelle. C’est un secteur très recherché par les jeunes, les étudiants, les touristes et les amateurs de vie urbaine.
Les prix restent raisonnables pour un centre-ville du sud :
| Quartier / Type (ancien) | Prix moyen au m² |
|---|---|
| Hyper Centre – Studios | 1 932 € |
| Hyper Centre – T2 | 1 438 € |
| Hyper Centre – T1 | 1 591 € |
Les petites surfaces du centre sont particulièrement adaptées :
– au locatif étudiant ou jeune actif (meublé, LMNP) ;
– au saisonnier ou mix longue durée / moyenne durée, à condition de respecter le cadre réglementaire sur les meublés de tourisme.
La contrepartie est parfois un besoin de rénovation lourd (immeubles très anciens), une gestion plus active (turnover plus important), et une sensibilité aux évolutions de la réglementation sur les locations de courte durée.
Saint-Assiscle et quartier de la gare
À l’ouest de la ville, Saint-Assiscle est un secteur en transformation, mieux desservi et bénéficiant de nouvelles infrastructures. Plus de la moitié des habitants y sont locataires (environ 52 %), avec des loyers compris entre 7 et 12 €/m².
Dans certaines zones bien desservies, les prix de l’immobilier ancien avoisinent les 1 800 €/m². Ce niveau de prix, combiné à la proximité d’une gare TGV et à des projets urbains en cours, représente un compromis intéressant pour un investissement locatif classique. Il offre un prix d’entrée abordable, une bonne accessibilité et une demande locative soutenue, avec un potentiel de plus-value à moyen terme.
Saint Martin : rendement en vue
À l’est du centre, le quartier Saint Martin cumule atouts familiaux (commerces, écoles, bus) et potentiel locatif.
Les données spécifiques sont particulièrement précises :
| Indicateur Saint Martin | Valeur |
|---|---|
| Prix moyen au m² (vente) | 1 817 € |
| Taille moyenne des biens en vente | 76 m² |
| Loyer meublé €/m² | 14 |
| Loyer nu €/m² | 10 |
| Rendement brut moyen meublé | 8,20 % |
| Rendement brut moyen nu | 7,45 % |
Un appartement de 50 m² acheté autour de 1 800 €/m² (soit 90 000 € hors frais) et loué 14 €/m² en meublé (700 €/mois hors charges) peut ainsi théoriquement générer un rendement brut de l’ordre de 9 %, avant vacance et charges. Évidemment, les chiffres réels dépendront de l’état du bien, de la fiscalité choisie et de la gestion, mais le potentiel est là.
Moulin-à-Vent et université : cible étudiante
Moulin-à-Vent est associé à l’université de Perpignan et abrite environ 85 % de locataires. C’est un secteur très prisé par les étudiants, avec des loyers qui oscillent entre 6 et 13 €/m² et un prix moyen autour de 2 000 €/m².
Le LMNP étudiant, avec des baux de 9 mois pour de petites surfaces meublées et des services simples, bénéficie d’une demande locative structurellement forte et renouvelée chaque année universitaire. Bien que le ticket d’entrée soit un peu plus élevé qu’en hyper-centre, la visibilité sur la demande est très bonne.
Autour du campus et dans le secteur Université – Catalunya, les prix des T1/T2 se situent autour de 1 836–1 841 €/m², ce qui reste compétitif.
Las Cobas, Clos Banet, Les Platanes : résidentiel recherché
Las Cobas se positionne comme un quartier moderne, avec des résidences récentes, des espaces verts et une proximité du centre. Les prix y sont légèrement supérieurs à la moyenne de la ville :
| Quartier | Type | Prix moyen au m² |
|---|---|---|
| Las Cobas | Studio | 1 799 € |
| Las Cobas | T2 | 1 734 € |
| Las Cobas | T3 | 1 758 € |
| Les Platanes | Studio | 1 871 € |
| Les Platanes | T1 | 2 013 € |
| Les Platanes | T2 | 1 956 € |
| Clos Banet | Tous types | > 2 400 € |
Clos Banet, au nord, est l’un des secteurs les plus « cotés » : public de cadres et jeunes actifs, résidences récentes, écoles, commerces, espaces verts. On y est davantage dans une logique d’investissement patrimonial (bonne qualité de locataires, vacance plus faible, potentiel de valorisation) que de rendement très élevé.
Autres secteurs à suivre
Le quartier de la gare, certaines parties de Saint-Jacques en rénovation, Le Vernet, Saint-Gaudérique ou encore les communes voisines comme Cabestany ou Canet-en-Roussillon (forte demande balnéaire) peuvent aussi présenter des opportunités, mais avec des profils de risques et de locataires différents.
L’investisseur a donc tout intérêt à croiser les données de prix, de loyers, de taux de locataires et de projets urbains avant d’arrêter son choix.
Court terme, longue durée, étudiant : choisir sa stratégie
À Perpignan, plusieurs modèles de location sont possibles.
Location nue longue durée
C’est le schéma le plus classique : baux de 3 ans renouvelables, revenus déclarés comme revenus fonciers, souvent prisé par les familles et les seniors. Les loyers au m² sont un peu plus faibles que pour du meublé, mais la rotation est moins importante, ce qui réduit les coûts de gestion et la vacance.
Avec un loyer souvent autour de 9–11 €/m² en maison ou grand appartement, et un prix d’achat moyen de 1 700–2 300 €/m² selon le quartier, on obtient fréquemment des rendements bruts de 5,5–7 %. Pour des investisseurs prudents qui privilégient la stabilité, c’est une option solide.
Location meublée (LMNP) et marché étudiant
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel permet de déclarer les revenus locatifs dans la catégorie BIC, avec la possibilité d’opter :
Pour déclarer vos revenus fonciers, vous avez le choix entre deux régimes fiscaux. Le régime du micro-BIC vous permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes brutes. Le régime réel, quant à lui, autorise la déduction de vos charges réelles et des amortissements. Ce dernier est souvent plus avantageux si vous avez réalisé d’importants travaux ou souscrit un emprunt conséquent pour votre bien.
Les résidences meublées proches de l’université, de l’hyper-centre ou de la gare s’y prêtent bien : studios et T2 bénéficient de loyers au mètre carré supérieurs (13–18 €/m²) et d’une demande forte. Les dossiers étudiants peuvent être sécurisés via garants et garanties loyers impayés.
Saisonnier et courte durée : un marché porteur mais encadré
La très forte fréquentation touristique du sud de la France, l’ensoleillement (plus de 300 jours par an), la proximité de la côte et de l’Espagne, ainsi que la desserte TGV, alimentent un marché de location saisonnière en pleine expansion à Perpignan.
La location touristique en France est soumise à des règles strictes : loi ‘anti-Airbnb’, enregistrement national obligatoire, plafond annuel de location (120 jours, pouvant être réduit à 90 jours en zones tendues), ainsi que des obligations fiscales, de sécurité et de lourdes sanctions financières en cas de non-respect.
Pour l’instant, Perpignan apparaît comme une ville aux contraintes encore modérées en comparaison de Paris, Nice ou Bordeaux, mais la tendance est claire : les marges de manœuvre se réduisent. Les investisseurs qui visent uniquement le saisonnier doivent anticiper un environnement réglementaire mouvant, et toujours prévoir un « plan B » en location longue durée ou meublée classique.
Fiscalité locale et charges : ne pas les sous-estimer
Les taxes locales à Perpignan sont relativement élevées par rapport à des communes comparables, en particulier la taxe foncière. Pour un investisseur, elles font pleinement partie du calcul de rentabilité.
Principaux taux en vigueur
| Taxe locale (Perpignan) | Taux communal / global |
|---|---|
| Taxe foncière sur le bâti – part communale | 27,32 % |
| Taxe foncière sur le bâti – part départementale | 20,10 % |
| Taxe foncière sur le non bâti – part communale | 41,85 % |
| Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) | 8,22 % |
| Taxe d’habitation sur résidences secondaires | 18,73 % (part communale, hors part intercommunale) |
| CFE (cotisation foncière des entreprises) – meublé pro | 34,59 % (intercommunal) |
La taxe foncière sur les propriétés bâties a fortement augmenté entre 2000 et 2014 (+31,77 %), et reste environ 19 % au-dessus de la moyenne des communes comparables. À cela s’ajoute la TEOM, due par le propriétaire, et éventuellement la taxe d’habitation si le bien est considéré comme résidence secondaire.
Au niveau des budgets des ménages, un investisseur doit également intégrer : la capacité d’emprunt des ménages, les dépenses courantes et les éventuelles économies qu’ils peuvent réaliser.
Les principaux coûts récurrents pour un propriétaire bailleur incluent : les charges de copropriété (généralement entre 20 et 40 € par m² et par an), les frais de gestion locative (environ 7 à 10 % des loyers si vous passez par une agence), les primes d’assurance (PNO, GLI, multirisque immeuble), ainsi que le budget pour l’entretien courant et les mises aux normes (comme les travaux liés au gaz, à l’électricité ou au DPE).
À l’échelle régionale, les études montrent qu’en moyenne, le rendement net dans le Sud de la France descend autour de 3,1 % après prise en compte de toutes les dépenses (charges, taxe foncière, gestion, vacance). Perpignan, avec des rendements bruts plus élevés, peut conserver un net plus confortable, mais uniquement si les dépenses sont maîtrisées et si le bien est correctement positionné.
Acheter à Perpignan : financement, ratios et faisabilité
Les données disponibles permettent de prendre la mesure de l’accessibilité financière pour un ménage local moyen.
Quelques ratios clés :
| Indicateur financier (Perpignan) | Valeur |
|---|---|
| Price to Income Ratio | 7,17 |
| Prix / loyer (centre-ville) | 35,82 |
| Prix / loyer (hors centre) | 22,03 |
| Rendement brut centre-ville | 2,79 % |
| Rendement brut hors centre | 4,54 % |
| Salaire net moyen mensuel | 2 038 € |
| Taux d’intérêt moyen prêt 20 ans | ~4,12 % |
Ces ratios montrent que :
– pour un habitant local, acheter son logement dans l’hyper-centre reste assez coûteux au regard des revenus (faible rendement, fort ratio prix/loyer) ;
– en périphérie ou dans les quartiers intermédiaires, le rapport prix/loyer est plus favorable, ce qui explique qu’une partie des investisseurs se tourne vers ces secteurs pour optimiser la rentabilité.
Pourcentage du prix d’achat pouvant être financé par les banques françaises pour un investisseur non-résident.
La règle des 33 % d’endettement est appliquée strictement, et les banques demandent un dossier complet (revenus, patrimoine, comptes bancaires, fiscalité), avec parfois une décote des revenus perçus à l’étranger.
Pour un investisseur étranger, le cadre français est rassurant :
– pas de restriction à la propriété ;
– forte protection juridique via le notaire ;
– possibilité de structurer son investissement (société civile immobilière, LMNP, usufruit/nue-propriété…).
Atouts structurels : climat, position géographique, infrastructures
Investir dans l’immobilier à Perpignan, ce n’est pas seulement parier sur des chiffres, c’est aussi miser sur un territoire.
La ville bénéficie d’un climat méditerranéen particulièrement doux : température moyenne annuelle proche de 15,7 °C, plus de 300 jours de soleil par an, peu de jours de gel et de faibles précipitations. Les hivers sont parmi les plus doux de France, avec de la neige très rare. La Tramontane vient rafraîchir l’été, ce qui rend le confort de vie agréable.
Géographiquement, Perpignan est à la croisée de plusieurs atouts :
Perpignan bénéficie d’une position stratégique dans le sud de la France, offrant une proximité unique avec l’Espagne, la mer et la montagne.
Située à environ 25 km de l’Espagne et à moins de 2 heures de Barcelone en TGV.
Les plages sont rapidement accessibles, à environ 30 km de la ville.
La montagne est à environ une heure de route, pour des escapades nature.
Dessert efficacement Toulouse, Montpellier et l’Espagne.
Aéroport régional avec des liaisons vers Paris et quelques destinations européennes.
À cela s’ajoutent des projets structurants : la future LGV Montpellier–Perpignan, connectée à la LGV Perpignan–Figueres, doit encore renforcer l’accessibilité à l’horizon des années 2030–2040, avec des ambitions de liaison Paris–Madrid en six heures. Une série de projets locaux (nouvelle école à Saint-Assiscle, médiathèque au Vernet, pôle santé à Moulin-à-Vent, modernisation de certains espaces publics) participe également à la transformation urbaine, ce qui se répercute progressivement sur la désirabilité et donc sur les valeurs immobilières de certains quartiers.
Risques, points de vigilance et horizon de temps
Comme toute ville du sud en forte mutation, Perpignan présente aussi des risques qu’un investisseur responsable doit intégrer.
Parmi les principaux :
– un chômage élevé et des revenus médians modestes, qui fragilisent certaines catégories de locataires ;
– des poches de précarité sociale dans quelques quartiers, avec un impact possible sur l’image et la valorisation ;
– un parc ancien énergivore, face à un durcissement rapide des normes DPE (interdiction de louer les G dès 2025, puis F et E à horizon 2034) ;
– une fiscalité locale foncière relativement lourde ;
– un marché national du crédit plus exigeant, avec des taux plus élevés et des banques plus sélectives.
L’investissement immobilier en France est un placement de long terme, généralement sur 20 à 30 ans. Les hausses de prix ne sont pas linéaires : après des périodes de forte progression, comme observé récemment à Perpignan, des phases de correction ou de stagnation du marché sont possibles.
À court terme, la prudence est d’autant plus de mise que le marché de la construction neuve est quasiment à l’arrêt, avec très peu de programmes livrés, et un contexte de remontée des coûts (matériaux, énergie, main-d’œuvre). Pour compenser, la ville mise justement sur la rénovation du parc existant et sur la densification dans certains secteurs.
Synthèse : pour quel profil d’investisseur Perpignan est-elle pertinente ?
Au vu de l’ensemble des données, Perpignan apparaît comme un terrain de jeu intéressant pour plusieurs profils :
– L’investisseur orienté rendement : en ciblant des quartiers comme Saint Martin, Saint-Assiscle, la gare, certains secteurs proches de l’université ou du centre, il est possible de viser des rendements bruts de 7–8 %, voire plus en meublé bien optimisé, ce qui reste rare dans le sud de la France.
– L’investisseur patrimonial : en privilégiant des secteurs résidentiels recherchés (Clos Banet, Las Cobas, Les Platanes, parties prisées du centre historique) ou des biens de caractère rénovés, l’objectif est plutôt la stabilité du capital, la qualité des locataires et un potentiel de valorisation sur le temps long.
Dans les villes dotées d’un parc immobilier ancien important, avec de nombreux logements vacants et une forte demande pour des biens aux normes, une stratégie efficace consiste à acquérir un bien à prix décoté, à réaliser des travaux de rénovation et à améliorer sa performance énergétique (DPE). Cette approche, dite de « montée en gamme », permet de créer de la valeur significative, particulièrement dans les quartiers en cours de renouvellement, comme certains secteurs de gare ou le quartier Saint-Jacques.
– L’investisseur étranger en quête de soleil à prix doux : par rapport à la Côte d’Azur ou à certaines zones de Provence, Perpignan offre un style de vie méditerranéen, un patrimoine catalan marqué et une proximité de l’Espagne pour des prix de l’ordre de la moitié ou du tiers. Le cadre de droit français, stable et protecteur, rassure, tout comme la possibilité d’utiliser un financement local à taux fixes sur longue durée.
Pour investir dans l’immobilier à Perpignan, un projet réussi nécessite une analyse minutieuse : choisir le bon quartier et le type de bien adapté, étudier les loyers du marché, intégrer les taxes locales et charges, anticiper les travaux de mise aux normes, comprendre le profil des locataires cibles et sélectionner rigoureusement le mode de location (nu, meublé, étudiant ou saisonnier encadré).
Le potentiel de rendement existe réellement, souvent supérieur à la moyenne française, mais il s’accompagne d’un environnement social, économique et réglementaire qui demande un pilotage attentif. Pour qui accepte cette complexité et raisonne sur le long terme, Perpignan a tous les atouts d’un marché du sud « encore accessible » où il est possible de se constituer un patrimoine rentable, tant que l’on ne cède pas à la facilité et que l’on reste très sélectif sur la qualité des biens et des emplacements.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Perpignan pour chercher du rendement locatif et une exposition à un marché français dynamique du sud. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs zones (centre-ville, quartiers résidentiels proches de la gare TGV, secteurs périurbains prisés pour leur ensoleillement), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble de rapport ou un ensemble de deux à trois appartements dans des quartiers en rénovation, combinant un rendement locatif brut cible proche de 7–8 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais de notaire + travaux de rafraîchissement) d’environ 500 000 €.
La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agence, notaire, expert-comptable), choix du véhicule (propriété directe, SCI) et plan de diversification progressive sur Perpignan et sa métropole.
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