Coincée entre le 18ᵉ et le 19ᵉ arrondissement de Paris, en bordure immédiate du périphérique et du Canal Saint-Denis, Aubervilliers a longtemps souffert d’une image de ville industrielle et enclavée. Aujourd’hui, cette commune de Seine-Saint-Denis, intégrée à Plaine Commune et au Grand Paris, est en pleine transformation urbaine. Pour les investisseurs immobiliers, le sujet n’est plus de savoir s’il y a une opportunité, mais plutôt où, comment et à quel prix se positionner.
La ville présente des atouts démographiques forts (population jeune, croissance élevée, forte proportion de locataires) et un marché locatif très tendu. Cependant, les investisseurs doivent aussi considérer des défis majeurs : un taux de chômage élevé (~24 %), une fiscalité locale lourde, de fortes disparités entre quartiers et un marché immobilier actuellement en léger repli après des années de hausse.
Ce panorama détaillé, nourri par les données récentes de prix, de loyers, de rendements et de projets urbains, permet de comprendre les ressorts d’un investissement à Aubervilliers, ses zones à privilégier, celles à aborder avec prudence, et les stratégies les plus pertinentes selon le profil d’investisseur.
Une ville populaire en pleine mutation métropolitaine
Aubervilliers compte entre 87 000 et 89 000 habitants selon les sources, ce qui en fait l’une des plus grandes villes de Seine‑Saint‑Denis, au cœur de la métropole du Grand Paris. La densité dépasse 13 000 habitants au km², avec plus de 31 900 logements, dont près de 94 % sont des résidences principales.
Plus des trois quarts des ménages sont locataires, ce qui indique une forte demande pour le marché locatif.
Le revenu médian annuel tourne autour de 21 000 € par ménage, avec un taux de chômage élevé parmi les 15‑64 ans (autour de 23,8 %), en hausse de près de 3 points. Aubervilliers reste donc une ville populaire, avec une forte proportion de logements sociaux (près d’un tiers du parc) et de ménages modestes. C’est à la fois un moteur de demande locative, notamment pour des loyers modérés, et une contrainte pour viser des produits trop haut de gamme sans étude fine du marché.
Le territoire présente un bassin d’emploi dynamique avec plus de 2 400 entreprises privées et environ 30 000 emplois, incluant de grands groupes, des activités de logistique, d’import-export et des établissements publics. Cette mixité économique, renforcée par la proximité de zones d’emploi majeures, génère un flux constant de travailleurs cherchant un logement abordable à proximité de Paris.
Une accessibilité en plein boom grâce aux transports
Pendant longtemps, Aubervilliers a souffert d’un déficit d’accessibilité perçu. Cette époque est révolue. La ville est aujourd’hui connectée à Paris par deux lignes de métro (7 et 12), le RER B, le tram T3b, une quinzaine de lignes de bus et un réseau routier dense avec accès direct au périphérique et à l’A86.
La ligne 7 du métro dessert les stations Aubervilliers‑Pantin‑Quatre Chemins et Fort d’Aubervilliers. La ligne 12, récemment prolongée, dessert Front Populaire, Aimé Césaire et Mairie d’Aubervilliers. Ce réseau place le centre-ville à moins de 6 minutes de Paris en métro et à environ 20 minutes de la gare Saint-Lazare. Le RER B, via la gare La Courneuve – Aubervilliers, améliore également les liaisons avec le nord et le centre de l’agglomération parisienne.
L’enjeu majeur des prochaines années reste le Grand Paris Express, notamment la future ligne 15 Est. Deux gares (Mairie d’Aubervilliers et Fort d’Aubervilliers) doivent accueillir à terme jusqu’à 70 000 voyageurs par jour. Les temps de trajet annoncés sont parlants : une vingtaine de minutes pour rejoindre La Défense, 25 minutes pour Roissy‑Charles‑de‑Gaulle, avec des correspondances vers les lignes 14, 16, 17 et 18. Autour de ces gares, la concentration de projets immobiliers, tertiaires et commerciaux est déjà à l’œuvre.
Pour l’investisseur, ces nouvelles infrastructures ont un double effet : elles tirent les prix à la hausse sur les secteurs concernés et sécurisent la demande locative sur le long terme, en particulier pour les actifs (jeunes cadres, étudiants, familles) qui souhaitent bénéficier d’un compromis entre prix plus abordables que Paris et accessibilité rapide.
Un marché des prix encore inférieur à Paris, mais en forte progression
Les chiffres montrent un marché en pleine transition. Le prix médian au mètre carré tourne autour de 4 600 à 4 800 €, selon les estimations récentes, avec un recul modéré d’environ 2 % sur un an mais une hausse de l’ordre de 10 % sur cinq ans, et jusqu’à +64 % sur certaines séries longues depuis cinq ans. L’évolution sur quinze ans reste clairement haussière, malgré quelques phases de stagnation (crise de 2008‑2009, période 2012‑2015).
Le prix moyen au mètre carré dans la zone se situe autour de 4000 €, avec des écarts allant de 2600 € à plus de 7000 € selon les secteurs.
Un tableau permet de situer Aubervilliers dans son environnement proche :
| Commune | Prix moyen/m² estimé (2025) | Évolution 5 ans |
|---|---|---|
| Aubervilliers | 5 500 € | +12 % |
| Saint‑Denis | 5 800 € | +10 % |
| Pantin | 6 000 € | +14 % |
| Montreuil | 6 200 € | +15 % |
| Paris (18ᵉ–19ᵉ, env.) | 8 700 – 11 000 € et + | variable |
Même en retenant des valeurs plus basses (3 900–4 800 €/m²), Aubervilliers reste nettement moins chère que Paris intra‑muros, où les prix dépassent souvent 9 000 €/m², voire 15 000 €/m² dans les quartiers centraux. L’écart avec les communes voisines déjà « gentrifiées » comme Pantin, Montreuil ou Saint‑Ouen se réduit, mais demeure significatif.
Le prix médian au mètre carré est significativement plus élevé pour les logements neufs (environ 4 667 €/m²) que pour les logements anciens (environ 3 926 €/m²). De plus, les petites surfaces, comme les studios, atteignent des prix au mètre carré plus élevés, pouvant dépasser 5 500 à 5 700 €/m² dans le neuf, contrairement aux grands logements.
Par type de bien, les ordres de grandeur sont les suivants :
| Type de bien | Prix moyen/m² (fourchette) | Commentaire |
|---|---|---|
| Appartement ancien | ~4 400–4 600 € (2 700–6 300 €) | 93 % du parc, forte demande locative |
| Appartement neuf | ~4 900–5 000 € (3 900–5 900 €) | Programmes Pinel Abis |
| Maison ancienne | ~3 700–3 800 € (1 800–5 900 €) | Rare, surtout périphérie |
| Studio / 1 pièce | >5 600 €/m² en médiane | Très demandé par étudiants/jeunes |
| T2 | ~5 000 €/m² | Compromis prix / liquidité |
| T3–T4 | 4 300–4 600 €/m² | Segment « familles », cœur du marché |
Les chiffres montrent aussi un début de ralentissement récent : baisse mensuelle d’environ 7 % des prix affichés en avril 2025, recul de 2 à 4 % sur deux ans selon les séries. Le volume des transactions a chuté (environ –64 % entre 2022 et 2024 avec 176 ventes en 2024, puis 202 en 2025), signe d’un marché devenu plus sélectif avec la remontée des taux d’intérêt. Pour un investisseur, cela signifie que la marge de négociation se renforce, notamment sur les biens surévalués ou les secteurs moins recherchés.
Des loyers soutenus et un marché locatif extrêmement tendu
Si les prix de vente marquent une pause, les loyers restent bien orientés. Depuis 2018, ils ont progressé d’environ 12 %, avec des hausses annuelles de l’ordre de 3 % certains millésimes. La demande est telle que la tension locative est évaluée à 10/10, avec un nombre de demandes largement supérieur à l’offre, en particulier sur les studios et les T2.
Les loyers moyens observés sont les suivants :
| Type / statut | Loyer moyen mensuel au m² | Fourchette observée |
|---|---|---|
| Location appartement | ~19,9–20,3 €/m² | 15 à 30 €/m² |
| Location maison | ~26,5–29 €/m² | 15 à 40 €/m² |
| Location meublée | ~25 €/m² | — |
| Location nue | ~21 €/m² | — |
Concrètement, un deux‑pièces se loue couramment autour de 900 à 1 015 € par mois, un trois‑pièces vers 1 200 € et un quatre‑pièces autour de 1 150–1 400 € selon le quartier et l’état du bien. Les studios se situent généralement entre 500 € pour un logement nu et 700 € meublé, avec des extrêmes allant de 390 € à 750 € selon surface, emplacement et standing.
Nombre d’étudiants venant chaque année étudier à Aubervilliers ou dans ses environs proches.
Le marché de la location meublée courte ou moyenne durée (type Airbnb) s’est aussi développé : environ 450 annonces actives, majoritairement des logements entiers pour 3 à 4 personnes, avec un tarif journalier moyen de 95 €, un taux d’occupation de 47 % et un revenu moyen mensuel autour de 1 300 €. Les meilleures annonces (top 10 %) montent à plus de 3 300 € par mois, avec des taux d’occupation proches de 90 %. Pour l’instant, la réglementation locale sur les meublés de tourisme reste relativement permissive, même s’il faut garder à l’esprit l’évolution rapide des règles à l’échelle francilienne.
Des rendements supérieurs à Paris, mais hétérogènes
Aubervilliers offre des rendements bruts généralement supérieurs à ceux de Paris intra‑muros. Là où la capitale affiche souvent entre 2,5 % et 4,5 % de rendement brut, la commune tourne autour de 4,5 % à 6,5 %, avec des pics plus élevés sur certaines typologies ou quartiers.
Les sources indiquent plusieurs niveaux de rendement :
– rendement brut moyen global autour de 4,7 à 5,6 % ;
– 4,68 % pour les biens meublés en moyenne, 4,37 % pour les logements nus ;
– jusqu’à 6,7 % voire près de 7 % dans certains calculs, notamment sur petites surfaces et secteur en devenir ;
– cas extrêmes évoqués à plus de 8 ou 9 % sur des studios avant l’encadrement des loyers.
Une grille indicative par typologie illustre les écarts de complexité et de ressources nécessaires.
Projet de présentation en ligne avec pages statiques, faible interactivité.
Plateforme de vente en ligne avec catalogue, panier et paiement sécurisé.
Outil interactif avec logique métier complexe et base de données.
Site avec profils utilisateurs, forums et fonctionnalités sociales.
| Bien type | Prix moyen | Loyer moyen mensuel | Rendement brut estimé |
|---|---|---|---|
| Studio | ~96 700 € | ~650 € | ~8,1 % |
| T2 (appartement) | ~134 800 € | ~850 € | ~7,6 % |
| T3 (appartement) | ~186 000 € | ~1 140 € | ~7,4 % |
| T4 (appartement) | ~247 000 € | ~1 430 € | ~7,0 % |
| T5 (appartement) | ~282 500 € | ~1 580 € | ~6,7 % |
| Maison 4 pièces | ~336 000 € | ~1 370 € | ~4,9 % |
| Maison 5 pièces | ~607 000 € | ~1 370 € | ~2,7 % |
On voit clairement que : Le résultat de l’étude démontre une corrélation significative entre les deux variables.
– les petites surfaces en appartement (studios, T2) sont les plus rentables en rendement brut ;
– les grandes maisons, rares et chères, offrent des rendements beaucoup plus faibles, souvent inférieurs à 4 %, voire nettement en dessous si le loyer ne suit pas.
Un appartement trois-pièces de 52 m², situé avenue de la République à Paris, est proposé à la vente pour 180 000 €. Avec un loyer estimé à 850 € par mois, le rendement locatif brut est d’environ 5,3 %. Après déduction de certains frais, une simulation d’opérateur indique un rendement net d’environ 5,4 %. D’autres scénarios de calcul existent pour ce type d’investissement.
– un studio de 20 m² acheté 100 000 €, avec 12 000 € de travaux, loué 650 €/mois, produirait environ 5,9 % de rendement net ;
– un T3 familial de 60 m² acquis 210 000 €, avec 25 000 € de travaux, loué 1 200 €/mois, tournerait autour de 5,3 % net ;
– un T4 de 80 m² aménagé en colocation (3 chambres louées 600 € chacune) pour un total de 1 800 €/mois, acheté 260 000 € plus 30 000 € de travaux, permettrait d’atteindre environ 6,4 % net.
Ces chiffres restent bien supérieurs à ceux que l’on peut espérer à Paris centre, mais ils supposent une gestion active, un bon choix de quartier et une maîtrise des charges (taxe foncière, travaux, gestion, vacance, etc.), qui représentent couramment 15 à 25 % des loyers.
Des quartiers très contrastés : où investir à Aubervilliers ?
L’une des spécificités d’Aubervilliers est l’extrême hétérogénéité de ses quartiers, tant en termes de prix que de qualité du bâti, d’image perçue ou de mixité sociale. Investir sans analyse fine du secteur expose à des risques de vacance, de turn‑over ou d’impayés.
Plusieurs secteurs se distinguent.
Le centre‑ville a fait l’objet d’importants travaux de rénovation urbaine : réhabilitation d’immeubles, renforcement des commerces, amélioration des espaces publics. Les prix y sont parmi les plus élevés de la commune, autour de 4 100 €/m² en moyenne, avec des transactions d’appartements bien situés à plus de 270 000 € pour un T2 et jusqu’à 700 000 € pour un grand T5 récent. On y retrouve une clientèle mixte, de familles et de jeunes actifs attirés par la proximité du métro 12 (Mairie d’Aubervilliers), des équipements et de Paris.
Le long du Canal Saint‑Denis, ce secteur offre un cadre réaménagé et « parisien » avec de nouveaux programmes résidentiels et de bureaux. Les prix y excèdent souvent 7 000 €/m² pour les meilleures adresses, attirant une clientèle aisée. Pour l’investisseur, le potentiel de plus-value est présent, mais les rendements bruts sont mécaniquement plus faibles, similaires à ceux des communes voisines déjà valorisées.
Fort d’Aubervilliers : l’écoquartier stratégique du Grand Paris
Le projet du Fort d’Aubervilliers constitue l’un des principaux leviers de valorisation à moyen et long terme. Sur un ancien site militaire de 36 hectares, transformé en friche puis en terrain d’expérimentations culturelles, se dessine un vaste écoquartier mêlant logements (environ 1 800 à 2 000 unités), équipements publics (écoles, crèches, gymnase), commerces, espaces verts (plus de 15 hectares de jardins et boisements) et pôle culturel autour du théâtre équestre Zingaro et du « Point Fort ».
Les prix actuels sur ce secteur restent, selon certaines sources, inférieurs à ceux du centre‑ville, avec des fourchettes allant de 2 400 à 4 200 €/m² dans l’ancien, alors même que la desserte future par la ligne 15, l’arrivée d’un centre aquatique de 5 000 m² et la création d’un hub de transport doivent considérablement revaloriser l’adresse.
La première phase (secteur Jean‑Jaurès) prévoit environ 900 logements, dont une part importante de logements sociaux, associés à une école, une crèche, plus de 2 hectares d’espaces publics. La seconde phase, à l’intérieur même de l’enceinte du fort, mènera d’autres constructions et réhabilitations, avec des livraisons à l’horizon de la fin de la décennie.
Pour un investisseur, ce type de secteur combine : opportunités de croissance et stabilité.
Découvrez les principaux atouts qui font de l’écoquartier Clichy-Batignolles une opportunité d’investissement immobilière intéressante.
Un achat encore relativement abordable aujourd’hui, surtout dans l’ancien en lisière de l’opération.
Un potentiel lié aux nouvelles infrastructures, à la montée en gamme urbaine et à la nouvelle image de l’écoquartier.
Une demande tirée par les ménages en quête de logement neuf/rénové et les jeunes actifs travaillant sur l’axe nord-est parisien.
Villette – Quatre‑Chemins, Landy, Maladrerie – Dubois : entre rendement et requalification
La zone Villette – Quatre‑Chemins, à la frontière avec Paris, reste l’un des secteurs les plus denses et populaires de la commune. Le quartier concentre des enjeux sociaux forts, mais aussi un potentiel de rendement élevé : c’est ici que l’on trouve certains des meilleurs ratios de rendement meublé, avec des moyennes de l’ordre de 7,1 % pour des biens bien positionnés. Le projet de rénovation urbaine (NPNRU) prévoit la rénovation de près de 930 logements, la démolition de 270 autres, la création de nouvelles voies et d’équipements, avec un calendrier qui court jusqu’à la fin de la décennie. Les prix y demeurent inférieurs de 10 à 20 % à ceux du centre, ce qui attire les investisseurs en quête de cash‑flow, mais exige une bonne connaissance du terrain et une gestion adaptée au profil de locataires.
Ce quartier bénéficie de la proximité de la Plaine Saint-Denis, du Stade de France, de grands bureaux et du RER B. Sa mixité sociale et la présence de commerces en font une zone appréciée pour la location, avec des loyers soutenus. Il est particulièrement adapté aux colocations ou aux familles recherchant de grands logements à prix maîtrisés.
À l’opposé, Maladrerie – Émile Dubois se distingue par son architecture singulière, conçue par Renée Gailhoustet, mêlant béton, terrasses, jardins suspendus et forte végétalisation. L’ambiance y est plus résidentielle, les prix autour de 6 000 €/m² dans certains programmes, et la part de logements sociaux est élevée. Le secteur attire les ménages qui cherchent une qualité de vie verte, au prix d’un rendement locatif moindre mais d’une bonne tenue du patrimoine. C’est un secteur plus adapté à l’achat en résidence principale ou à un investissement patrimonial long terme.
Quartiers les moins chers et secteurs d’opportunité
D’autres quartiers, comme Paul Bert, Landy / Marcreux ou certaines poches de Robespierre – Cochennec – Péri, affichent des prix moyens plus bas (autour de 3 500 à 3 700 €/m²), souvent avec des immeubles anciens nécessitant des travaux. Ces secteurs peuvent convenir à une stratégie d’achat‑rénovation‑location, en profitant de la décote pour financer des travaux qui amélioreront le DPE, le confort et la valeur locative.
La contrepartie est un environnement parfois moins attractif (nuisances, image de quartier, moindre présence de commerces ou d’espaces verts), ce qui impose une sélection scrupuleuse de la rue, de l’immeuble et du type de locataire cible (étudiants, intérimaires, foyers modestes, etc.).
Neuf ou ancien, résidences principales ou investissement locatif ?
Le parc immobilier d’Aubervilliers est dominé par le collectif ancien, avec une forte proportion de logements des années 1960‑1970 et de grands ensembles. Les programmes neufs se multiplient depuis quelques années, surtout le long des axes structurants (Canal, Porte d’Aubervilliers, Fort, centre‑ville).
Dans le neuf, les prix se situent souvent entre 5 000 et 6 000 €/m², avec des studios autour de 177 000 €, des T2 proches de 250 000 €, des T3 au‑delà de 310 000 €, et des grands appartements dépassant 450 000 € pour un T5. La commune est classée en zone Pinel Abis, ce qui permet aux investisseurs de bénéficier de réductions d’impôt en contrepartie du respect de plafonds de loyers (17,17 €/m²) et de ressources des locataires.
Dans l’immobilier ancien, les prix d’achat sont généralement plus bas et la marge de négociation plus grande, surtout pour un bien à rénover. Cependant, les frais d’acquisition (notaire) sont plus élevés (7 à 8 % du prix contre 2 à 3 % dans le neuf). Il faut aussi anticiper que le coût des travaux de rénovation peut alourdir significativement la dépense globale.
Un exemple chiffré illustre l’écart de frais d’acte pour un T3 de 50 m² à 243 866 € :
| Type d’acquisition | Prix net vendeur | Frais de notaire estimés | Coût total approximatif |
|---|---|---|---|
| Appartement neuf | 243 866 € | ~5 080 € | ~248 946 € |
| Appartement ancien | 243 866 € | ~17 688 € | ~261 554 € |
En contrepartie, l’ancien présente souvent un prix au mètre carré plus bas, ce qui permet de compenser ces frais supplémentaires, surtout si des travaux bien ciblés (relooking léger à 240 €/m², rénovation complète à 860 €/m², gros œuvre à 1 200 €/m²) augmentent la valeur et le loyer. Un budget d’environ 19 000 € est ainsi estimé pour une rénovation légère d’un T3 de 50 m².
Pour un investisseur ciblant exclusivement la location, deux approches principales se distinguent pour optimiser le rendement et la gestion du patrimoine.
Investir dans des biens offrant un taux de rendement locatif brut élevé dès la première année, privilégiant la rentabilité à court terme et les liquidités.
Acquérir des biens dans des zones à fort potentiel d’appréciation, en acceptant un rendement locatif initial plus faible pour un gain en capital futur.
– viser le neuf en Pinel pour profiter d’un cadre fiscal sécurisé, de charges courantes réduites et d’une attractivité locative naturelle, au prix d’un rendement souvent plus modeste ;
– cibler l’ancien avec travaux, voire des bâtiments énergivores à rénover (classes F ou G à mettre à niveau), afin de créer de la valeur, d’améliorer le DPE (de plus en plus déterminant pour la location à partir de 2025) et d’optimiser la fiscalité via le déficit foncier ou le statut LMNP.
Profils de locataires et stratégies locatives à Aubervilliers
La structure de la demande locative conditionne la stratégie la plus rentable. À Aubervilliers, plusieurs profils coexistent :
Principaux profils de ménages à la recherche d’un logement dans le département, selon leurs besoins spécifiques et leurs localisations privilégiées.
Travaillant à Paris ou dans les pôles voisins (Plaine‑Saint‑Denis, Saint‑Ouen, Pantin), ils recherchent des studios ou T2 proches du métro.
En quête de T3 ou T4 à loyers raisonnables, notamment dans les grands ensembles ou les quartiers réhabilités.
Attirés par le campus Condorcet, les écoles de création et les universités locales, ils cherchent des loyers inférieurs à Paris.
Travailleurs en mission, intérimaires ou jeunes en colocation, souvent concentrés près des grands axes ou des zones d’activité.
En fonction de ces profils, plusieurs modèles de location peuvent être envisagés :
Pour optimiser votre investissement locatif en Île-de-France, plusieurs options s’offrent à vous. La location nue classique est sécurisée, adaptée aux familles et aux contrats de longue durée, avec des loyers plus bas mais une rotation réduite. La location meublée longue durée (LMNP) est prisée des étudiants et jeunes actifs ; elle permet des loyers 15 à 25 % plus élevés et bénéficie d’une fiscalité attractive (amortissement du bien, régime réel BIC). La colocation structurée dans de grands appartements (T4–T5) est intéressante pour optimiser un bien proche des universités ou des gares, avec des rendements pouvant dépasser 6 % nets si la gestion est maîtrisée. Enfin, la location saisonnière (type Airbnb) peut être envisagée sur certains axes bien desservis, mais la régulation des meublés touristiques en Île‑de‑France incite à la prudence et à une veille juridique constante.
Les données de marché montrent qu’une part importante de la population locative est fragile économiquement. Il devient donc crucial de calibrer son positionnement : un produit trop haut de gamme dans un quartier à faible pouvoir d’achat sera plus difficile à louer durablement, tandis qu’un produit standard, bien rénové, mais proposé à un loyer cohérent avec le plafond de solvabilité des ménages, trouvera rapidement preneur.
Un contexte urbain et environnemental en profonde évolution
Au‑delà des chiffres de prix et de loyers, la transformation de la ville joue un rôle essentiel dans le potentiel de valorisation à long terme. La municipalité, Plaine Commune et les acteurs du Grand Paris multiplient les projets pour rendre Aubervilliers plus verte, plus accessible et plus attractive.
Outre l’écoquartier du Fort, on retrouve : l’écoquartier des Rives du Rhône, le quartier de la Part-Dieu, et le secteur de Confluence.
Panorama des principaux projets urbains, environnementaux et de mobilité transformant le territoire d’Aubervilliers.
Requalification du secteur avec le centre commercial Le Millénaire, de nouveaux bureaux, l’arrivée du tramway T3 et l’implantation du campus Condorcet.
Métamorphose via le NPNRU, incluant rénovations lourdes, démolitions, et création de nouveaux espaces publics et voiries.
Plantation de plus de 70 arbres rue Édouard Poisson, aménagement de nouvelles écoles comme le collège Miriam Makeba et rénovation de rues stratégiques (rue du Pilier).
Création et valorisation de nombreux jardins partagés, parcs, une ceinture boisée et des espaces de promenade, y compris à l’intérieur du Fort d’Aubervilliers.
Cette dynamique est renforcée par un écosystème culturel riche : théâtre de la Commune, Centre national de la danse, théâtre Zingaro, laboratoires d’art, résidences d’artistes, ainsi que la proximité de grands équipements métropolitains (Cité des Sciences, Parc de la Villette, Stade de France, Parc Georges Valbon). Tout cela contribue à modifier progressivement l’image de la ville, ce qui, sur le long terme, pèse positivement sur la valeur patrimoniale des biens.
Comparer Aubervilliers à d’autres marchés : arbitrages possibles
Sur le plan strictement financier, Aubervilliers se situe dans une zone intermédiaire entre les communes de rendements très élevés mais moins centrales (Sevran, Pierrefitte, Gagny, etc., avec parfois plus de 8 à 10 % de rendement brut), et Paris ou les communes « premium » de la petite couronne (Saint‑Ouen, Les Lilas, Le Pré‑Saint‑Gervais), où le rendement peine à dépasser 3 à 4 %.
Un investisseur orienté « cash‑flow » maximal pourrait être tenté par des villes de Seine‑Saint‑Denis plus éloignées mais offrant des loyers en rapport avec des prix d’achat encore très bas. À l’inverse, un investisseur très patrimonial privilégiera des adresses parisiennes ou limitrophes plus sécurisées, quitte à accepter des rendements faibles.
Aubervilliers propose un compromis :
Des rendements bruts de 5 à 7 % sont atteignables, notamment sur les petites surfaces ou via la colocation. La proximité de Paris, des futures gares du Grand Paris et de grands projets de rénovation limite les risques de dévalorisation. Enfin, la démographie dynamique et la pression locative structurelle de la région garantissent un vivier de locataires durable.
Le revers de la médaille reste la fiscalité locale (taxe foncière jugée élevée, environ 3 500 € en moyenne pour certains biens), la proportion importante de logements sociaux, le niveau élevé de chômage, ainsi que la sensibilité du marché aux politiques nationales (encadrement des loyers, interdiction progressive de louer les passoires thermiques, etc.).
Précautions et bonnes pratiques avant d’investir à Aubervilliers
Une évidence se dégage de l’analyse : investir à Aubervilliers ne se résume ni à un pari aveugle sur « le Grand Paris », ni à une chasse à la rentabilité brute maximale sans tenir compte du terrain. Quelques principes s’imposent.
D’abord, la micro‑localisation est déterminante. Deux rues voisines peuvent présenter des réalités très différentes en termes de tranquillité, qualité des immeubles, présence de commerces ou de transports. Les écarts de prix par rue (de 2 700 €/m² à plus de 5 400 €/m²) illustrent cette dispersion. Une visite attentive, de jour comme de nuit, reste indispensable.
Coût estimé des travaux de rénovation énergétique nécessaires pour remettre à niveau un appartement dans un grand ensemble.
Par ailleurs, la stratégie fiscale doit être pensée en amont. En location nue, le micro‑foncier (30 % d’abattement) peut être vite dépassé par les charges réelles, ce qui plaide pour le régime réel et l’exploitation de déficits fonciers, surtout en cas de gros travaux. En location meublée, le statut LMNP au réel (amortissement du bien et du mobilier, déduction des charges) permet souvent de gommer l’imposition sur les loyers pendant plusieurs années. Les dispositifs Pinel ou Malraux peuvent également être envisagés, mais ils imposent des contraintes (plafonds de loyers, durées d’engagement, conditions de situation géographique).
Le recours à des professionnels locaux (agents immobiliers, notaires, gestionnaires, artisans) est crucial pour sécuriser une opération immobilière. Les données agrégées donnent une tendance, mais seule une analyse au cas par cas permet d’évaluer le potentiel réel d’un bien. Cette analyse doit examiner l’historique de la copropriété, les provisions pour travaux, le niveau des charges, la réalité des loyers pratiqués dans l’immeuble ou la rue, ainsi que le profil des locataires.
Conclusion : un marché d’avenir à condition de rester sélectif
Investir dans l’immobilier à Aubervilliers, c’est miser sur une ville en transition, à la croisée de plusieurs dynamiques puissantes : croissance démographique, montée en gamme progressive de certains quartiers, arrivée du Grand Paris Express, requalification de friches industrielles en écoquartiers, pression locative structurelle de l’Île‑de‑France.
C’est aussi accepter un environnement encore contrasté, avec des poches de précarité, un parc ancien énergivore, des différences marquées de valeur entre quartiers, une fiscalité locale lourde, et un marché plus volatil que celui des beaux quartiers parisiens.
Pour un investisseur prêt à travailler son dossier, à visiter, à comparer les rues, à intégrer la dimension travaux et fiscalité, Aubervilliers offre des rendements supérieurs à la moyenne francilienne et un potentiel de plus‑value lié aux grands projets urbains. Les stratégies gagnantes sont souvent celles qui combinent :
Pour maximiser les chances de succès d’un investissement locatif, trois éléments sont essentiels : une localisation soigneusement choisie (proche d’une station de métro, intégrée dans un projet urbain structurant, dans un environnement animé mais sécurisé) ; un produit immobilier adapté à la demande locale (comme un studio meublé pour étudiants, un T3/T4 rénové pour les familles, ou une colocation proche des transports) ; et une approche patrimoniale sur le moyen ou long terme, permettant de bénéficier pleinement des effets du Grand Paris et des rénovations urbaines.
À l’heure où Paris intra‑muros voit ses rendements s’éroder et ses prix stagner ou reculer, Aubervilliers illustre ce mouvement de déport de la valeur vers la première couronne, avec encore une marge de progression. L’enjeu, pour l’investisseur, n’est pas tant de se demander si la ville va continuer à se transformer, mais plutôt de savoir comment s’y insérer intelligemment, en gardant le regard à la fois sur la rentabilité immédiate et sur la qualité du patrimoine détenu.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Aubervilliers pour rechercher du rendement locatif et une exposition au marché francilien. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs secteurs du Grand Paris (Saint-Denis, Pantin, La Courneuve), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement familial ou un petit immeuble de rapport à Aubervilliers, dans un quartier en mutation à proximité des transports et futurs projets du Grand Paris, combinant rendement locatif brut cible proche de 6–7 % « plus le rendement est grand, plus le risque est important » et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via SCI) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps, en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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