Investir dans l’immobilier à Angers : comprendre le marché avant d’acheter

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Angers a longtemps été une « bonne idée » d’investissement. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si la ville est attractive, mais plutôt comment y investir intelligemment, dans un marché à la fois tendu, en transition et très segmenté selon les quartiers et les types de biens. Entre dynamisme démographique, poids des étudiants, grands projets urbains et évolution des prix, le contexte angevin mérite d’être décortiqué avant de signer un compromis.

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Une ville moyenne… avec des fondamentaux dignes d’une grande

Angers cumule plusieurs atouts rarement réunis dans une seule agglomération de 150 000 habitants. Préfecture du Maine‑et‑Loire et ancienne capitale de l’Anjou, la ville se situe sur l’axe Paris–Nantes, à environ 1 h 30 de TGV de la capitale et à moins d’une heure de Nantes. Elle fait partie du Val de Loire classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui renforce encore son image de ville de patrimoine et de paysage.

440000

L’aire d’attraction d’Angers rassemble plus de 440 000 habitants, ce qui en fait la 22e métropole française.

Cette base démographique est portée par une croissance modérée mais réelle. Entre 2016 et 2022, la ville a gagné plus de 6 000 habitants, soit environ 1 000 nouveaux Angevins par an, même si le rythme s’est légèrement tassé récemment. L’agglomération affiche une progression moyenne d’environ 0,8 % par an, soit deux fois la moyenne nationale. Autre élément clé pour un investisseur : 47 % des habitants ont moins de 30 ans, et près d’un tiers des nouveaux arrivants sont des jeunes en formation. Le bassin de vie reste donc très jeune, même si la part des plus de 60 ans est appelée à grimper vers 27 % d’ici 2030 à l’échelle métropolitaine.

Bon à savoir :

La croissance de l’agglomération angevine (+2 500 habitants/an) est portée par un solde naturel positif et un mouvement de périurbanisation. Des couples actifs et familles s’installent dans les communes voisines en forte croissance (Avrillé, Trélazé, Loire-Authion). De nombreux nouveaux résidents, venant notamment des aires urbaines de Paris et Nantes, sont attirés par des prix plus accessibles et une qualité de vie perçue comme supérieure, compensant ainsi un léger déficit migratoire.

Un moteur économique solide, très orienté services et connaissance

Investir dans la pierre suppose de vérifier que l’économie locale suit. Sur ce point, Angers coche la plupart des cases recherchées par les investisseurs locatifs.

Le territoire d’Angers Loire Métropole compte environ 24 500 entreprises et près de 150 000 emplois, dont plus de 99 000 dans le privé. Les effectifs ont progressé de 21 000 postes depuis 1999. L’économie locale est surtout tertiaire : plus de 80 % des emplois relèvent des services, dont un énorme bloc administration‑éducation‑santé‑social (près de 46 % des emplois), extrêmement structurant pour la demande de logements. En parallèle, l’industrie et la construction représentent environ 16,5 % des emplois, et l’agriculture 1,5 %.

4200

Nombre de personnes travaillant dans l’enseignement supérieur et la recherche dans l’agglomération d’Angers.

La contrepartie de cette forte spécialisation dans les services publics et parapublics est un taux de chômage assez élevé : autour de 20 % pour les 15‑64 ans dans la commune selon certaines sources, et 13,5 % en 2017 à l’échelle angevine, au‑dessus de la moyenne nationale. Pour un investisseur, cela rend cruciale la sélection de la clientèle cible (étudiants, cadres, fonctionnaires, professions médicales…) et du quartier, mais ne remet pas en cause la profondeur globale du marché du travail.

Une ville étudiante de premier plan : un levier majeur pour le locatif

Avec environ 40 000 à 46 000 étudiants selon les sources, Angers figure dans le top 3 national des villes les plus « étudiantes » en proportion de leur population. On estime que plus de 20 % des habitants sont étudiants, un ratio exceptionnel qui transforme profondément la géographie du logement.

Attention :

Angers dispose d’un large éventail d’établissements d’enseignement supérieur (universités, grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, écoles spécialisées, campus international et formations militaires). Cette concentration génère une demande locative soutenue, notamment avec l’École du Génie qui amène annuellement 120 à 200 officiers à la recherche d’un logement dans le parc privé.

Cette masse d’étudiants engendre une demande continue pour des petites surfaces, studios et T2 en priorité, mais aussi pour la colocation dans les T3 et T4. Elle explique que 66 à 67 % des habitants d’Angers soient locataires, un chiffre très supérieur à la moyenne française. Le parc de résidences principales (environ 78 000 à 80 000 logements) est composé à près de 77 % d’appartements, contre à peine plus de 20 % de maisons, ce qui reflète clairement un marché conçu pour la location.

La structure du parc résidentiel confirme cet appétit pour les petites typologies :

Type de logement (résidences principales)Nombre estiméPart dans le parc
Studios11 57014,8 %
2 pièces16 26020,8 %
3 pièces17 90222,9 %
4 pièces15 32219,6 %
5 pièces et +17 12021,9 %

Cette configuration, couplée à un taux de vacance autour de 7 à 8 %, crée un terrain particulièrement favorable à l’investissement locatif orienté étudiant et jeunes actifs, à condition de respecter la bonne équation emplacement‑produit‑prix.

Un marché immobilier tendu, mais en phase de transition

Depuis une dizaine d’années, l’immobilier angevin connaît une progression spectaculaire. Les prix des appartements anciens ont bondi d’environ 72 % en dix ans et d’un peu plus de 25 % sur les cinq dernières années. Entre 2020 et 2023, les hausses annuelles se sont enchaînées, portées par l’exode de ménages franciliens ou nantais en quête de mètres carrés plus abordables et d’un cadre de vie plus vert.

6,4

Baisse des prix de l’immobilier sur trois ans selon l’indice FNAIM.

Les tensions restent néanmoins fortes côté demande : on compte environ 12 % d’acheteurs de plus que de vendeurs, avec un délai moyen de vente de 63 à 64 jours. La « tension immobilière » est évaluée à 10/10 sur certains indicateurs. Autrement dit, même dans une phase de digestion des hausses passées, les biens bien placés et correctement prix trouvent preneur rapidement, et les marges de négociation restent limitées, autour de 6,8 % pour les appartements et 9,9 % pour les maisons.

Astuce :

Pour un investisseur, la phase actuelle de marché présente un double intérêt. D’une part, le pic de surenchère semble passé, ce qui permet de se positionner sans devoir suivre des hausses effrénées. D’autre part, la plupart des prévisions tablent sur un redémarrage modéré des prix à partir de 2026, de l’ordre de +3 à 4 % par an, porté par la reprise du crédit et la persistance des fondamentaux démographiques et économiques. L’enjeu est de profiter de cette période de stabilisation pour acheter des actifs de qualité, plutôt que de viser des coups spéculatifs.

Niveaux de prix : où se situe Angers aujourd’hui ?

En agrégeant les différentes sources, on obtient une photographie assez cohérente du marché angevin.

Prix moyens et dispersion

Les chiffres varient selon les méthodologies, mais convergent vers une moyenne de l’ordre de 3 100 à 3 300 €/m² pour l’ensemble des biens :

Indicateur (2025‑début 2026)Valeur indicative
Prix moyen global (FNAIM, jan. 2026)~3 129 €/m²
Prix moyen appartements (transactions)~3 221 €/m²
Prix moyen maisons (transactions)~3 128 €/m²
Prix médian global (déc. 2025)~3 545 €/m²
Ancien – prix médian~3 185 €/m²
Neuf – prix médian~3 791 €/m²
Neuf – fourchette courante3 700 – 3 900 €/m²
Écart avec la moyenne départementale+31 % (vs ~2 165 €/m²)

On remarque un écart classique entre ancien et neuf, de l’ordre de 500 à 700 €/m², justifié par les prestations (RE2020, performances énergétiques, garanties décennales, frais de notaire réduits).

Par type et taille d’appartement, certaines données FNAIM et observatoires donnent les ordres de grandeur suivants :

Type d’appartementSurface moyennePrix moyen estiméPrix moyen €/m² approx.
Studio (T1)28 m²107 700 €~3 620 €/m²
T247 m²155 300 €~3 180 €/m²
T367 m²208 600 €~3 020 €/m²
T4 et +86 m²229 900 €~2 750 €/m²
Maison (toutes tailles)312 800 €~3 250 €/m² (médian)

On voit apparaître une décote au mètre carré au fur et à mesure que la surface augmente, un phénomène classique dans les vills étudiantes et métropolitaines. Autrement dit, le studio se paie plus cher au mètre carré que le T3 ou le T4, ce qui a des implications directes sur la rentabilité locative brute.

Comparaison régionale

À l’échelle du Grand Ouest, Angers se positionne dans le haut du panier, mais reste encore en deçà des grandes métropoles comme Nantes :

Ville / secteurPrix moyen au m² (approx.)
Nantes~4 100 €/m²
Angers~3 250 €/m²
Bouchemaine (périphérie)~3 340 €/m²
Beaucouzé~3 080 €/m²
Avrillé~3 010 €/m²
Ste‑Gemmes‑sur‑Loire~2 850 €/m²
Trélazé~2 480 €/m²
Laval~2 000 €/m²
Le Mans~1 860 €/m²

Pour un investisseur en quête de rendement pur, des villes voisines comme Saumur, Cholet ou certaines communes rurales offrent parfois des rendements bruts à deux chiffres, mais au prix d’une profondeur de marché, d’une liquidité et d’un potentiel de revalorisation nettement moindres. Angers, avec un rendement moyen autour de 4 à 4,5 % brut et une perspective de valorisation raisonnable, occupe une position de compromis entre sécurité patrimoniale et rentabilité.

Rents, tension locative et rendements

Côté loyers, le marché angevin confirme son statut de ville tendue. Environ les deux‑tiers des ménages sont locataires et la proportion de ménages d’une seule personne dépasse 40 % à l’échelle de la métropole, ce qui renforce l’importance des petites surfaces.

Les niveaux de loyer observés se situent dans les fourchettes suivantes :

Indicateur (appartements)Valeur indicative
Loyer moyen mensuel au m² (tous biens)~11,6 €/m² (8 à 20 €/m²)
Loyer médian (4 derniers trimestres)~12 €/m² (hors charges)
T1 – médiane~15 €/m²
T2 – médiane~12 €/m²
T3+ – médiane~10 €/m²
Loyer moyen cité en 2025 (appartements)~13,8 €/m²
Loyer moyen maisons~13 €/m²

Sur cinq ans, les loyers ont globalement progressé d’environ 13 à 15 %, même si l’on observe une légère correction récente sur les petites surfaces (par exemple T1 à ‑8 à ‑9 % sur un an), probablement liée au pouvoir d’achat des étudiants et à la montée de la colocation. Toutefois, la demande reste forte, et le taux de vacance sur le locatif est limité.

Exemple :

La rentabilité brute moyenne à Lyon se situe entre 4,2 % et 4,6 %, mais varie fortement selon la localisation et le type de bien. Des rendements pouvant approcher 6 % sont possibles dans certains secteurs périphériques ou sur des produits spécifiques comme les petits immeubles ou les colocations bien structurées. À l’inverse, dans l’hyper‑centre ou les quartiers patrimoniaux, les rendements peuvent descendre autour de 3 % brut, l’investissement reposant alors davantage sur la plus-value à la revente et la valeur patrimoniale du bien.

Un bon investissement angevin est généralement défini comme : un placement offrant un potentiel de rendement élevé dans la région d’Angers, tout en tenant compte des aspects économiques, sociaux et environnementaux spécifiques à ce territoire.

– un rendement brut ≥ 5 %,

– un rendement net (après charges non récupérables, taxe foncière, gestion) ≥ 3,5 %,

– un rendement net‑net (après impôts) ≥ 2,5 %.

Dans la pratique, la plupart des projets se situent un peu en dessous de ces seuils, sauf à accepter davantage de travaux, de gestion active ou des localisations moins « prime ».

Quartiers d’Angers : où investir, et pour quel profil de locataire ?

La clé d’un investissement réussi à Angers réside dans le choix du quartier. La ville est très contrastée, avec des secteurs patrimoniaux, d’autres en renouvellement et certains plus fragiles socialement mais à fort potentiel de rendement.

Cœur de ville et hyper‑centre : valeur patrimoniale et saisonnier

Le centre historique – autour du château des Ducs d’Anjou, de la cathédrale Saint‑Maurice, de la place du Ralliement et des rues commerçantes (Lenepveu, Foch…) – concentre les commerces, les restaurants, les équipements culturels et une grande partie de l’activité tertiaire. On y trouve un tissu de bâtiments médiévaux, Renaissance, haussmanniens et contemporains.

Les prix y sont logiquement parmi les plus élevés, autour de 3 800 €/m², parfois davantage sur les immeubles de caractère. Les appartements y dominent très largement (plus de 80 % du parc), et près de 70 % des occupants sont locataires. L’offre est variée mais souvent vieillissante sur le plan énergétique. Beaucoup de biens nécessitent des travaux importants pour atteindre les standards actuels (DPE, confort, isolation acoustique), ce qui pèse sur le modèle économique d’un investissement locatif classique.

Ce secteur se prête cependant très bien à la location meublée haut de gamme, au bail mobilité, voire à la location touristique de courte durée, portée par le patrimoine, les événements (festival Premiers Plans, scène du Chabada, tourisme ligérien) et le statut de « Ville d’Art et d’Histoire ». Le rendement brut y est plus faible, souvent autour de 3,5 à 4 %, mais la valeur patrimoniale et la liquidité à la revente sont élevées.

La Doutre : charme historique et mixité de publics

Située sur la rive droite de la Maine, face au château, la Doutre est l’un des quartiers les plus prisés d’Angers. Ancienne enclave médiévale, elle aligne maisons à colombages, immeubles XVIIIe‑XIXe et constructions plus récentes. C’est à la fois un quartier familial, un pôle de santé et de formation (CHU, Arts et Métiers, établissements médicaux), et un lieu de résidence recherché par les cadres.

3000-3400

Les prix de l’immobilier dans ce secteur oscillent entre 3 000 et 3 400 €/m².

Saint‑Serge : cœur étudiant et tertiaire

Au nord‑est du centre, le quartier Saint‑Serge a été entièrement remodelé dans les années 1990. Il accueille le campus universitaire de droit‑éco‑gestion et tourisme (ESTHUA), des bureaux, des jardins et un pôle commercial. On y trouve essentiellement des immeubles récents ou récents rénovés, avec de bonnes performances énergétiques et un environnement urbain plutôt apaisé.

Avec un prix moyen autour de 3 500 €/m², ce secteur combine trois atouts : proximité du centre (15 minutes à pied de la place du Ralliement), concentration d’étudiants solvables, et montée en puissance d’un quartier d’affaires (notamment via le projet « Métamorphose » sur le quai Saint‑Serge). Les studios et T2 y restent très recherchés, avec des budgets d’investissement souvent situés entre 100 000 et 110 000 € pour un projet « clé en main ». Les vacants sont rares, les étudiants gardant volontiers leur logement plusieurs années, ce qui limite le turn‑over et les coûts de remise en état.

Pour un investisseur, Saint‑Serge fait figure de zone « cœur de cible » : bon équilibre entre prix d’achat, facilité de remplissage et risque maîtrisé.

Madeleine – Justices – Saint‑Léonard : résidentiel familial et colocation

Au sud‑est du cœur de ville, sous le Jardin du Mail, cet ensemble de quartiers est souvent perçu comme la bonne synthèse entre vie de quartier, accessibilité et potentiel locatif. On y trouve des maisons de ville et des immeubles de différentes époques, des rues pavées, des espaces verts et un très bon niveau d’équipements (commerces, écoles, lycées, structures petite enfance).

Le Marché Immobilier d’Angers – Secteur Nord-Ouest

Le quartier nord-ouest d’Angers présente un marché immobilier dynamique, structuré par une forte présence étudiante et une population mixte.

Prix au mètre carré

Les prix de l’immobilier tournent autour de 3 300 à 3 400 €/m². La part des maisons individuelles y est plus importante que dans le centre-ville.

Pôles d’Enseignement Supérieur

La demande locative et à l’achat est fortement structurée par deux établissements : l’UCO (Université Catholique de l’Ouest) et l’ESA (École Supérieure d’Agriculture).

Profil des Habitants

La population du secteur mêle familles des classes moyennes à aisées, cadres, et une importante communauté étudiante.

Les studios et T2 y fonctionnent bien, tout comme les T3/T4 destinés aux familles ou à la colocation. Les budgets d’investissement peuvent varier d’environ 100‑110 000 € pour une petite surface à 220‑270 000 € pour un grand appartement. La rentabilité nette dépasse souvent 5 % sur les opérations bien calibrées, notamment pour les colocations dans des logements bien agencés.

Belle‑Beille et Hauts de Saint‑Aubin : grands projets et renouveau

À l’ouest, Belle‑Beille est longtemps resté associé aux grands ensembles d’après‑guerre. Il fait aujourd’hui l’objet d’un programme de rénovation urbaine massif, doté de près de 400 millions d’euros à l’horizon 2032. Au menu : réhabilitation de plus de 1 300 logements, démolition de 623 autres, construction de 500 nouveaux, restructuration d’équipements, et arrivée de nouvelles lignes de tram (B et C), qui mettent le quartier à 15‑20 minutes du centre.

Belle‑Beille accueille déjà un important campus universitaire (ESSCA, IUT, UFR, Institut du végétal, technopole) et des espaces verts généreux. Les prix y sont plus abordables, autour de 2 100 €/m² pour certains appartements, ce qui ouvre la voie à des rendements bruts plus élevés, mais dans un contexte encore en mutation sociale. Ce type de secteur demande une bonne connaissance du terrain et une sélection fine des immeubles et des rues.

3850

Prix moyen au m² pour les appartements neufs ou récents dans les Hauts de Saint‑Aubin, avec des rendements bruts de 3,5 à 4 %.

La Roseraie, Monplaisir, Deux‑Croix – Banchais : l’équation rendement / risque

À l’est, La Roseraie est un vaste quartier résidentiel desservi par le tram, doté de nombreux espaces verts, d’un parc éponyme et d’un tissu associatif important. Les prix y sont plus doux, autour de 2 600 €/m², ce qui en fait une porte d’entrée pour les primo‑accédants et les investisseurs à budget contenu. Les rendements bruts peuvent être supérieurs à la moyenne angevine, notamment sur des petits immeubles ou des T3/T4 mis en colocation, mais le profil social du quartier nécessite une gestion un peu plus prudente.

Monplaisir et Deux‑Croix – Banchais présentent des caractéristiques proches : potentiels de rendement intéressants grâce à des prix au mètre carré déprimés et des loyers soutenus par la proximité du centre et du tram, mais avec des enjeux de vacance, de turnover et de solvabilité à bien maîtriser. Ces secteurs peuvent convenir à des investisseurs aguerris, prêts à accepter un peu plus de risque pour viser du 5 à 6 % brut.

Autres secteurs familiaux : Lac de Maine, Saint‑Jacques – Nazareth, Lac et écocités

Autour du lac de Maine, la ville a développé des quartiers très verts, orientés vers les loisirs et la qualité de vie. Les prix, autour de 2 800 €/m², attirent de nombreuses familles, avec une demande locative solide sur les maisons et grands appartements. L’écocité voisine propose également du logement neuf à haute performance énergétique, recherché par les ménages sensibles aux questions environnementales.

Les quartiers Saint‑Jacques – Nazareth, au carrefour entre la Doutre et ces secteurs verts, combinent un environnement résidentiel recherché et la proximité de nombreux équipements. Les prix y tournent autour de 3 000 €/m². La demande locative vient de familles comme de jeunes actifs, ce qui permet une diversification des stratégies (location nue longue durée, meublé, colocation familiale).

Grands projets urbains : un levier de valorisation à ne pas sous‑estimer

L’un des atouts majeurs d’Angers réside dans l’ampleur et la cohérence de sa stratégie de transformation urbaine. Plusieurs opérations structurantes reconfigurent la ville et, avec elle, les cartes de l’investissement immobilier.

Cœur de Maine et Centre‑ville Maine

Le projet « Cœur de Maine » vise à reconnecter la ville à son fleuve. Sur plus de 200 hectares, la voirie longeant la Maine a été en partie couverte pour créer une grande esplanade végétalisée de 3 000 m². Un nouveau pont dédié aux mobilités douces et au tram (Pont des Arts‑et‑Métiers, 130 m de long) relie désormais les deux rives. La place Molière a été transformée en pôle multimodal, avec verdissement et plantations d’arbres.

Les Halles « Cœur de Maine », développées avec l’opérateur Biltoki et le chef Pascal Favre‑d’Anne, offrent 1 000 m² de commerces alimentaires et street food, renforçant l’attractivité du centre. Ce type de projet a un impact direct sur la désirabilité du parc résidentiel alentour, qu’il soit ancien ou neuf, et sur les valeurs locatives à long terme.

Quartier Saint‑Laud – Cours Saint‑Laud : le quartier d’affaires de la gare

Autour de la gare TGV Saint‑Laud, un véritable quartier d’affaires régional a émergé, piloté par l’aménageur public Alter. Sur 84 000 m² de programmes tertiaires, plus de 90 % sont livrés ou en chantier, accueillant déjà plus de 3 500 emplois et une cinquantaine d’entreprises de premier plan (Caisse des Dépôts, Axa, MAIF, Sopra Steria, Swiss Life, Carrefour Assurances, etc.).

380

Le projet comprend 380 logements, ciblant notamment les cadres et les investisseurs en location meublée.

Quai Saint‑Serge – « Métamorphose » et nouveau hub économique

Le réaménagement du quai Saint‑Serge, entre campus universitaire et Marché d’Intérêt National, ambitionne de créer un nouveau front tertiaire majeur, avec environ 110 000 m² de mix de bureaux, logements et activités. Le projet « Métamorphose », lauréat de l’appel à projets « Imagine Angers », y installe plusieurs acteurs du développement économique (Aldev, Chambre de commerce, etc.), tout en reconfigurant les friches logistiques alentours.

Bon à savoir :

À proximité, le quartier bénéficie de la nouvelle patinoire Iceparc, l’une des plus grandes de France, et d’un grand parc paysager avec skatepark. Ces aménagements renforcent l’attractivité pour les jeunes, les familles et les amateurs de loisirs, contribuant ainsi à la valorisation du résidentiel à moyen terme.

Belle‑Beille, Carré d’Orgemont, projets « Imagine Angers »

En parallèle, le sud de la ville voit naître le Carré d’Orgemont, un vaste parc d’activités tertiaires sur d’anciennes friches industrielles : plus de 20 000 m² de bureaux et services pour la première phase, puis 12 000 m² supplémentaires pour la seconde, avec des bâtiments conçus pour obtenir des labels environnementaux exigeants et un paysage très végétalisé (haies, prairies fleuries, mini‑forêt de 330 arbres).

L’appel à projets « Imagine Angers », lancé en 2017, a par ailleurs sélectionné plusieurs opérations emblématiques mêlant architecture ambitieuse, programmes mixtes (logements, hôtels, fermes urbaines, résidences seniors, etc.) et requalification d’axes structurants. La Tour Tip, Climax, Arborescence, Musée des Collectionneurs… autant de noms qui marquent une volonté de densifier intelligemment, sans renoncer à la qualité architecturale et environnementale. À proximité de ces projets, l’immobilier résidentiel bénéficie généralement d’un « effet halo » en termes d’image et de confort de vie.

Financer et structurer son projet : aides, neuf vs ancien, fiscalité

Pour un investisseur qui souhaite acheter à Angers, la question n’est pas seulement « où » mais aussi « comment » financer et structurer son opération, en particulier dans un contexte de taux d’intérêt stabilisés autour de 3 à 3,5 % sur 20 ans.

Aides à l’accession et intérêt du neuf

Les dispositifs nationaux jouent un rôle clé. Le Prêt à Taux Zéro (PTZ), prolongé jusqu’en 2027, permet à certains ménages éligibles de financer jusqu’à 50 % du prix d’un logement neuf, avec un différé de remboursement. Sur un marché comme Angers, où le neuf avoisine 3 700 à 3 900 €/m², ce coup de pouce peut faire la différence pour un primo‑accédant ou un investisseur occupant.

Le neuf présente, par ailleurs, des avantages structurels :

performances énergétiques au standard RE2020 ou supérieur (DPE A/B), valorisées sur le marché locatif et à la revente ;

frais de notaire réduits (2 à 3 % contre 7 à 8 % dans l’ancien) ;

– garanties de construction (décennale, biennale, parfait achèvement) ;

– charges de copropriété initialement plus maîtrisées.

Astuce :

À Angers, les programmes neufs dans les secteurs prisés (comme les Hauts de Saint‑Aubin, la Roseraie, Monplaisir ou Saint‑Léonard) présentent souvent des rendements bruts un peu inférieurs à ceux de l’ancien, principalement en raison de leur prix d’achat plus élevé. Ils s’inscrivent ainsi davantage dans une logique patrimoniale, privilégiant la sécurité du capital et le confort d’usage plutôt qu’un rendement spectaculaire.

Ancien : travaux, DPE et dispositifs fiscaux

L’ancien reste le terrain de jeu privilégié des investisseurs à la recherche de rendement ou de création de valeur par les travaux. À Angers, nombre d’immeubles des quartiers historiques ou des faubourgs résidentiels offrent encore des opportunités d’achat avec décote liée à l’état (DPE F/G, parties communes fatiguées, distribution à optimiser).

Les dispositifs fiscaux nationaux peuvent s’y appliquer :

déficit foncier pour les locations nues, permettant de déduire les travaux des revenus fonciers, voire du revenu global sous conditions ;

– Malraux ou Monument Historique dans certains secteurs protégés du centre ancien (réduction d’impôt ou déduction intégrale des travaux sur des immeubles classés ou inscrits, au prix de contraintes fortes en termes de travaux et de location) ;

– location meublée non professionnelle (LMNP) en régime réel, très utilisée à Angers, permettant d’amortir le bien et son mobilier et de neutraliser une grande partie du résultat imposable.

Attention :

Les logements les plus énergivores sont progressivement contraints, voire interdits à la location. Sur le marché étudiant, où les charges sont un critère majeur, proposer un logement bien isolé et peu énergivore constitue un argument commercial décisif.

Meublé, colocation, courte durée : adapter la stratégie au marché angevin

À Angers, plusieurs stratégies locatives se dégagent clairement.

La location meublée longue durée et le bail mobilité se prêtent particulièrement bien au public étudiant et aux jeunes actifs, en centre‑ville et dans les quartiers universitaires. Le LMNP permet souvent de dégager un cash‑flow plus confortable grâce à une fiscalité adoucie et des loyers supérieurs à ceux de la location nue.

La colocation, dans des T3/T4 proches des campus ou du centre, répond à l’envol du coût des petites surfaces et à la volonté de partager les charges. Elle permet souvent d’augmenter le loyer global, tout en restant abordable par chambre, et de lisser le risque de vacance (une chambre vide ne signifie pas pour autant un logement entièrement inoccupé).

La location saisonnière ou de courte durée peut, enfin, trouver sa place dans l’hyper‑centre, près du château et des sites touristiques, ou autour de la gare et des quartiers d’affaires, pour capter la clientèle événementielle, professionnelle ou touristique. Ce segment exige cependant une excellente gestion (ou le recours à une conciergerie spécialisée), une bonne connaissance du cadre réglementaire en rapide évolution, et une prudence fiscale, les régimes avantageux de location meublée touristique étant en cours de durcissement au niveau national.

Gestion, conciergerie et syndic : un écosystème local bien structuré

La forte proportion de locataires, la présence de nombreux investisseurs et la tension locative ont fait émerger à Angers tout un tissu d’acteurs de gestion locative, de syndic de copropriété et de conciergeries.

Des agences locales spécialisées dans la gestion (Angers Syndic Gestion, Antoine Immobilier, Legros Immobilier, AJP Immobilier, entre autres) prennent en charge la location, l’encaissement des loyers, la maintenance courante, les états des lieux et, souvent, une garantie loyers impayés. Le coût de la gestion tourne classiquement autour de 6 à 7 % TTC des loyers encaissés, déductibles des revenus fonciers ou BIC.

Bon à savoir :

Pour les locations de courte durée, des conciergeries spécialisées offrent des prestations complètes incluant la création d’annonces, l’optimisation tarifaire, l’accueil des voyageurs, le ménage, la gestion du linge et des photos professionnelles (parfois par drone). Leur commission se situe généralement entre 18 % et 25 % du chiffre d’affaires locatif. Ces services sont particulièrement avantageux dans les villes à forte saisonnalité (touristique ou universitaire), car ils permettent d’optimiser le taux d’occupation tout en évitant la charge opérationnelle.

Pour l’investisseur à distance, recourir à ces acteurs locaux est souvent la condition pour sécuriser son projet dans la durée et éviter que la gestion ne vienne éroder la rentabilité.

Conclusion : Angers, un marché à aborder comme un « petit grand » territoire

Investir dans l’immobilier à Angers revient, en quelque sorte, à investir dans un « petit grand marché ». Petit par la taille de la ville, qui reste loin des géants que sont Paris, Lyon ou Marseille. Grand par la profondeur de la demande locative, la diversité économique, la qualité des équipements, le dynamisme universitaire et l’ambition des projets urbains.

Bon à savoir :

Malgré un marché tendu, la stabilisation actuelle des prix après des années de hausse crée une opportunité d’investissement. Pour en profiter, il est essentiel de travailler son dossier en profondeur : analyser finement les quartiers, arbitrer entre neuf et ancien, choisir le régime fiscal adapté, étudier la demande cible et, surtout, adopter une vision de long terme.

Pour l’investisseur qui cherche un compromis entre rendement et sécurité patrimoniale, Angers offre un profil équilibré : des rendements bruts de l’ordre de 4 à 6 % selon les segments, un potentiel de valorisation raisonnable soutenu par la démographie et l’économie, et une qualité de vie reconnue qui continue d’attirer étudiants, familles et cadres. À condition de se rappeler que dans cette ville de Loire, plus encore qu’ailleurs, la règle d’or reste la même : emplacement, emplacement… et compréhension fine du quartier.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Angers pour chercher du rendement locatif et une exposition à un marché dynamique de province. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs villes de l’Ouest (Rennes, Nantes, Tours), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble de rapport ou un petit collectif dans un quartier en développement d’Angers (La Doutre, Justices, Hauts-de-Saint-Aubin), combinant un rendement locatif brut cible proche de 6–7 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + rafraîchissements) d’environ 500 000 €. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent, notaire, expert-comptable), choix du mode de détention (nue-propriété directe ou via SCI à l’IS), et définition d’un plan de diversification dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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