Investir dans l’immobilier à Tirana : opportunité, chiffres clés et pièges à éviter

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Investir dans l’immobilier à Tirana n’est plus une niche pour quelques initiés. La capitale albanaise est devenue en quelques années l’un des marchés les plus dynamiques d’Europe, avec des hausses de prix spectaculaires, une demande locative soutenue et une vague de projets urbains sans précédent. Mais derrière les rendements attirants, le marché reste jeune, imparfaitement régulé et truffé de spécificités locales qu’il faut comprendre avant de se lancer.

Bon à savoir :

Cet article s’appuie sur les données les plus récentes d’un rapport de recherche pour fournir une analyse complète. Il vise à aider un investisseur francophone à évaluer de manière lucide à la fois le potentiel et les risques d’un investissement immobilier dans la capitale albanaise, Tirana.

Un marché en pleine ébullition

Tirana concentre plus de 30 % de la population du pays et continue d’attirer des habitants venus des autres régions. La ville approche, selon les sources, entre 420 000 et 800 000 habitants, et l’aire urbaine dépasse 500 000 personnes. Cette urbanisation rapide alimente une demande constante de logements, alors même que le parc existant est encore relativement jeune (âge moyen des immeubles autour de 25 ans) mais insuffisant en qualité dans les quartiers centraux les plus recherchés.

20

Le tourisme représente environ 20 % du PIB albanais.

Dans ce contexte, le marché résidentiel albanais figure parmi les plus rapides d’Europe : au niveau national, les prix ont progressé d’environ 18 % sur douze mois jusqu’au début 2026, avec des pointes à plus de 40 % sur certaines périodes selon l’indice de la Banque d’Albanie. Tirana est au cœur de cette hausse.

Niveaux de prix à Tirana : où en est le marché ?

Les chiffres montrent à quel point le marché de Tirana a changé de dimension en quelques années. En 2022, le prix moyen au mètre carré y tournait encore autour de 1 100 à 1 200 €. Aujourd’hui, les ordres de grandeur n’ont plus rien à voir.

On peut résumer la situation actuelle de la façon suivante :

IndicateurValeurs récentes (approximatives)
Prix moyen au m² (ville entière)~1 620 €
Centre de Tirana2 000 – 2 500 €/m²
Quartiers prestigieux (Blloku, autour de Skanderbeg)> 3 000 €/m², avec des annonces pouvant monter jusqu’à 5 000 €/m²
Périphérie urbaine> 1 000 €/m², souvent 1 200 – 1 500 €/m²
Budget courant d’achat en Albanie (toutes villes)8 à 30 millions de lek (≈ 75 000 – 280 000 €)
Budget « d’entrée » pour un emplacement central correct à TiranaÀ partir de 100 000 – 120 000 €

Dans certains cas, les exemples de transactions illustrent la tension du marché. Un trois‑pièces neuf près de l’ambassade américaine s’affiche autour de 360 000 €, soit plus de 3 000 €/m² pour environ 107 m² bruts. Un appartement de 69 m² donnant sur la place Skanderbeg est proposé à 310 000 €, ce qui revient à près de 4 500 €/m². Même dans des quartiers encore considérés comme secondaires comme Ali Demi ou Paskuqan, les nouveaux programmes se négocient respectivement autour de 1 500 €/m² et 1 000 €/m².

Exemple :

Le marché immobilier de Tirana a connu une appréciation extrêmement rapide. Selon un rapport, les prix ont augmenté de 23,5 % sur l’année ayant précédé mi-2025, puis de 12 à 15 % supplémentaires durant l’année 2025. Par exemple, des appartements en zone centrale sont passés de 90 000 € à 130 000 € en un an. De même, un studio évalué à 60 000 € il y a quelques années dépasse désormais fréquemment les 90 000 €.

Une dynamique de hausse appelée à se normaliser

Après cette phase de flambée, la plupart des projections évoquent un ralentissement progressif, sans pour autant anticiper un retournement brutal. Pour les années à venir, les scénarios convergent vers une progression plus soutenable :

HorizonPrévision de hausse cumulée des prix (Albanie)
2026 (national)+7 % à +12 %
5 ans+30 % à +45 %
10 ans+60 % à +95 %

Pour Tirana, plusieurs nuances apparaissent selon les zones :

Perspectives du marché immobilier à Tirana

Analyse des tendances de valorisation annoncées pour différents secteurs de la capitale albanaise.

Quartiers centraux

Progression attendue de l’ordre de 5–7 % par an à moyen terme.

Périphéries

Hausse plus modérée, autour de 3–5 % par an.

Zones premium

Scénarios de +40 à +60 % cumulés sur 5 ans pour des secteurs comme le lac artificiel (Liqeni Artificial) ou Tirana e Re.

En résumé, le marché sort d’une phase d’emballement (20 % ou plus par an) pour entrer dans une logique de croissance encore robuste mais plus alignée avec les revenus et la capacité d’emprunt des ménages. Cela n’efface pas pour autant la problématique d’accessibilité : le ratio prix/revenu à Tirana tourne autour de 17–19, bien au-dessus de la moyenne européenne, et l’indice d’accessibilité au crédit (0,71) reflète une tension croissante pour les acheteurs locaux.

Qui achète à Tirana, et pourquoi ?

La capitale albanaise attire une diversité de profils : classe moyenne locale, diaspora, mais aussi une part très significative d’acheteurs étrangers. Au niveau national, ces derniers représentent environ 24 % des transactions. À Tirana, leur poids est encore plus marqué : près de la moitié des acheteurs dans le centre seraient des non‑résidents.

Les origines sont variées : pays de l’Union européenne, Amérique du Nord, voisins balkaniques (Kosovo, Macédoine du Nord, etc.). Plusieurs facteurs expliquent cet engouement :

Astuce :

L’investissement immobilier dans les capitales d’Europe de l’Est présente plusieurs atouts majeurs : les prix restent nettement inférieurs à ceux des capitales d’Europe de l’Ouest, malgré une récente flambée. Il offre des perspectives de plus-value portées par la croissance économique et la trajectoire d’intégration à l’Union européenne. La fiscalité immobilière y est très modérée comparée à de nombreux pays européens. Enfin, le marché locatif est dynamique, soutenu par la demande des expatriés, étudiants, travailleurs du numérique et personnels d’organisations internationales.

Pour un investisseur étranger, un budget de 100 000 € permet d’envisager un T1 moderne dans des quartiers en développement comme Don Bosko ou Yzberisht, ou en périphérie. À partir de 150 000 €, on peut viser un T2 d’environ 90–100 m² dans un secteur correct (Siri Kodra par exemple). Au‑delà de 250 000 €, s’ouvrent les options de grands T3 centraux, de programmes haut de gamme ou de petites villas, surtout autour du lac de Farka ou dans des ensembles résidentiels fermés.

Une demande locative solide et diversifiée

Pour un investisseur, l’un des principaux attraits de Tirana réside dans sa demande locative. Le rapport décrit un marché en tension, avec des loyers en hausse d’environ 7 % en 2026 par rapport à l’année précédente et un taux de vacance relativement faible.

Les grands ordres de grandeur sont les suivants :

Type de bien (long terme)Loyer mensuel moyen (centre)Loyer mensuel moyen (périphérie)Loyer moyen global (ALL/€)
Studio~44 000 ALL (≈ 450 €), fourchette 39 000–51 000 ALL
1 chambre400–600 € (données européennes) ou ~70 000 ALL (≈ 720 €) pour le centre250–400 € ou ~45 000 ALL (≈ 470 €)~58 000 ALL (≈ 590 €), fourchette 45 000–73 000 ALL
2 chambres600–900 € au centre400–650 € en périphérie~78 000 ALL (≈ 800 €), fourchette 63 000–102 000 ALL

En ramenant ces montants à la surface, on obtient un loyer moyen autour de 1 020 ALL/m², soit 9 à 12 €/m² selon les quartiers. Les rendements bruts constatés se situent en général entre 4,5 % et 6,5 %, avec des pointes jusqu’à 8 % pour des biens très bien placés. Certaines analyses plus larges évoquent même des rendements de 6–8 % pour la location longue durée à Tirana, en particulier sur des segments de milieu de gamme bien calibrés.

Les profils de locataires sont clairement identifiés :

Profil des demandeurs de logement

Répartition des principaux profils recherchant un logement, basée sur les données de demande du marché.

Jeunes actifs

Représentent environ 40 % de la demande de logement.

Étudiants et début de carrière

Constituent autour de 30 % de la demande.

Expatriés et travailleurs internationaux

Comptent pour 20 à 25 % de la demande.

Digital nomads

Une fraction croissante, sensible à la qualité du wifi, des espaces de coworking et du coût de la vie.

La demande se concentre sur les appartements meublés, surtout en centre-ville : 55 à 60 % des locataires des zones centrales les préfèrent, et ces logements se louent 15 à 25 % plus rapidement que les biens vides. Le mobilier de qualité permet de majorer le loyer de 10 000 à 20 000 ALL par mois, soit 100 à 200 € supplémentaires sur certains segments.

La saisonalité existe mais reste modérée pour un marché capital. Le pic de demande se situe entre fin août et octobre (rentrée universitaire et retour de vacances), avec un second pic en janvier‑février. Les périodes les plus calmes : mi‑novembre à décembre et le cœur de l’été, en particulier juillet.

Long terme, courte durée : quels rendements espérer ?

Le rapport distingue clairement deux approches d’investissement locatif à Tirana : la location longue durée, plutôt sécurisée, et la location de courte durée, plus volatile mais potentiellement plus rentable, notamment dans les zones très touristiques (même si Tirana n’est pas une station balnéaire, la ville bénéficie d’un tourisme urbain croissant).

Sur la location longue durée, les données convergent :

IndicateurValeurs
Rendement brut moyen (Tirana)5–6 % selon Numbeo, 6–8 % selon d’autres analyses locales
Rendement ville‑centre~5,1 %
Rendement hors centre~6,1 %
Exemple concret (T2 à 140 000 €) : rendement long terme~3,1 % net dans une simulation prudente

L’écart entre les rendements bruts publiés et certains exemples plus faibles reflète surtout l’importance des charges (frais de gestion, entretien, périodes de vacance) et de la qualité d’achat. Un appartement surpayé en hypercentre avec des charges élevées produira une performance modeste, alors qu’un bien bien négocié dans un quartier en développement mais déjà bien connecté pourra approcher les 6–7 % bruts avec plus‑value à la clé.

Attention :

Pour la courte durée, un T1 en hypercentre de Tirana (près de la place Skanderbeg ou à Blloku) peut générer 800 à 1 200 € par mois en haute saison, avec un revenu annuel estimé entre 6 000 et 12 000 € pour un bien bien géré. L’essentiel du marché ultra-saisonnier se situe cependant sur la côte (ex: Saranda, Vlora).

Une simulation fournie indique qu’un T2 d’une valeur de 140 000 € rapporte environ 8 900 € nets par an en location courte durée avec un taux d’occupation de 60 %, soit un rendement autour de 6,4 %, alors que la location longue sur le même bien produirait environ 3,1 %.

En pratique, Tirana semble offrir le meilleur compromis pour un investisseur qui cherche :

un marché liquide et profond (contrairement à certains petits ports balnéaires) ;

une demande locative répartie sur l’année ;

des perspectives de valorisation liées à l’urbanisation et aux infrastructures.

Les villes côtières comme Saranda ou Vlora restent plus agressives en rendement saisonnier (8 à 10 % de rendement brut sur la courte durée à Saranda, par exemple), mais avec une activité très concentrée sur 4 à 6 mois par an et des risques d’offre pléthorique.

Cartographie des quartiers : où investir à Tirana ?

Tirana n’est pas un bloc homogène. Les prix, les rendements et le profil de la demande varient fortement d’un quartier à l’autre. Le rapport dresse un panorama détaillé de nombreuses zones clés.

Blloku : le centre de gravité haut de gamme

Quartier jadis réservé à la nomenklatura communiste, Blloku est devenu aujourd’hui le cœur branché de Tirana : bars, restaurants, boutiques de luxe, cafés design, vie nocturne et forte présence d’expatriés.

Quelques repères :

prix au m² pour les programmes récents : souvent > 3 000 €, avec un éventail allant de 2 000 à 5 000 €/m² selon le standing ;

loyers moyens : autour de 11,5 €/m² en 2023/2024, et plus encore sur les belles adresses ;

un T1 se loue souvent 600–900 €, un T2 900–1 400 €, les penthouses dépassant facilement 1 500–2 000 €.

Blloku affiche les plus fortes valeurs, mais aussi l’une des meilleures performances en courte durée, notamment pour les visiteurs internationaux en quête de vie urbaine animée. En revanche, les rendements bruts peuvent être un peu moins élevés que dans certains quartiers de milieu de gamme, du fait des prix d’achat extrêmement élevés.

Centre-ville et place Skanderbeg

Autour de la grande place centrale, on trouve le noyau historique et institutionnel de Tirana, avec le Musée national d’Histoire, la mosquée Et’hem Bey et un tissu urbain très recherché pour sa centralité et sa marchabilité.

200000

Le prix d’entrée pour un appartement avec vue directe sur la place peut dépasser 200 000 euros.

Pour la courte durée, les biens près de Skanderbeg figurent parmi les plus performants de Tirana, avec des taux d’occupation élevés et des tarifs journaliers soutenus.

Komuna e Parisit : la montée en puissance

Situé à proximité de Blloku mais plus résidentiel, Komuna e Parisit est en pleine expansion. On y trouve une combinaison d’immeubles modernes, de commerces, de centres sportifs (Olimpic Park), de centres commerciaux (Kristal Center) et un accès direct au périphérique.

Les repères de prix mentionnés dans les contenus vidéo recensés indiquent :

prix au m² : 1 500 à 2 500 € ;

– T1 : 500–800 € de loyer mensuel ;

– T2 : 800–1 200 €.

Ce quartier attire jeunes actifs et familles cherchant un compromis entre dynamisme urbain et cadre plus calme que Blloku. Les prix y augmentent rapidement, ce qui en fait un candidat sérieux pour la plus‑value à moyen terme, en particulier sur les nouveaux projets bien conçus.

Don Bosko, Astir, Kombinat : les ceintures en transition

Plusieurs quartiers en demi‑couronne connaissent une requalification progressive et représentent des portes d’entrée plus abordables pour un investisseur au budget serré.

21000

Nombre d’habitants visés par le vaste programme de reconstruction du quartier Kombinat après le séisme.

Ces secteurs combinent un ticket d’entrée inférieur, une demande locative soutenue de la part des classes moyennes et un potentiel d’appréciation lié aux projets d’infrastructures (routes, transports). Ils conviennent bien à une stratégie visant un bon rendement locatif brut plutôt qu’un positionnement purement prestige.

Ali Demi, Fresku, Selitë, Sauk : les options plus périphériques

En s’éloignant du cœur de ville, les prix baissent mais les surfaces augmentent et le cadre se fait souvent plus vert.

Bon à savoir :

Ali Demi est un quartier résidentiel calme et abordable à l’est, apprécié des expatriés, avec des améliorations de transport prévues. Fresku/Paskuqan est une zone éloignée du centre, accessible en bus, avec des prix au m² entre 800 et 1 500 € et des loyers modestes. Selitë, en périphérie, se développe avec des villas et programmes haut de gamme, idéale pour les familles. Sauk/Farka offre un environnement de villas en résidences fermées, proche de commerces et de la nature, avec des prix proches des zones premium.

Ces quartiers visent davantage une clientèle résidentielle de moyen‑long terme (familles, expatriés installés), avec une demande locative soutenue mais une liquidité de revente parfois moins instantanée que dans l’hypercentre.

Tirana e Re, Liqeni Artificial et projets emblématiques

Autour du parc du lac artificiel, l’un des secteurs les plus en vue de la ville, on observe des hausses de prix annuelles estimées entre 20 et 25 %, tirées par des projets comme Lake View Residences ou d’autres ensembles haut de gamme.

Le projet Lake View Residences illustre bien l’orientation prise par le marché haut de gamme tiranais :

développé par Gener 2, un mastodonte de la construction albanaise ;

– 129 000 m² de surface, 600 appartements, 950 places de parking ;

– architecture axée sur l’efficacité énergétique, les balcons végétalisés, la lumière naturelle ;

– mix usage : logements, bureaux et commerces, avec entrées séparées ;

– sécurité 24/7, parkings souterrains sur trois niveaux, espaces verts et aires de jeux ;

– typologies allant de 1+1 à 3+1, de 67 à plus de 200 m².

Implanté en bordure du parc du lac, à cinq minutes en voiture du centre, ce type de programme cible clairement une clientèle aisée locale et internationale, avec un fort potentiel en location meublée premium et en plus‑value si la trajectoire de prix se poursuit.

Cadre légal : ce que peut (et ne peut pas) faire un étranger

L’un des atouts de l’Albanie, et donc de Tirana, est la relative ouverture de son cadre légal aux investisseurs étrangers.

Pour l’essentiel :

un non‑résident peut acheter librement un appartement, une maison ou un bien commercial en zone urbaine ;

le titre de propriété peut être enregistré à son nom à l’Agence nationale du cadastre ;

– il n’existe pas de plafonds sur le nombre de biens détenus, ni de distinctions majeures selon la nationalité pour l’immobilier urbain.

Les restrictions portent principalement sur le foncier agricole et côtier :

Bon à savoir :

Une personne physique étrangère ne peut pas acheter directement des terres agricoles ou des terrains à moins de 200 mètres du rivage. Cependant, il est possible de contourner cette restriction en créant une société de droit albanais, un processus d’environ deux semaines coûtant entre 500 et 1 500 €. Une alternative pour les terres agricoles est l’option d’un bail de longue durée, pouvant aller jusqu’à 99 ans.

Pour acheter un bien, les documents de base sont classiques : passeport, obtention d’un numéro fiscal (NIPT), acte notarié de vente rédigé en albanais (avec traducteur assermenté si nécessaire), certificat de propriété fourni par le cadastre, plan cadastral et preuve de l’origine des fonds dans le cadre des obligations anti‑blanchiment.

Attention :

La transaction immobilière doit obligatoirement passer par un notaire. Celui-ci vérifie l’absence de charges, d’hypothèques ou de litiges sur le bien, contrôle la situation cadastrale et procède à l’enregistrement officiel du transfert de propriété. Les fonds transitent généralement par son compte séquestre et ne sont débloqués qu’une fois cet enregistrement effectué.

Dans la pratique, il est vivement conseillé de mandater un avocat albanais maîtrisant le droit immobilier. En effet, la moitié des contentieux civils du pays seraient liés à des conflits fonciers, et l’héritage du régime communiste a laissé des zones d’ombre importantes dans les registres (constructions sans permis, titres concurrents, revendications de restitution, etc.).

Coûts d’acquisition et fiscalité : une charge légère, mais appelée à évoluer

L’un des arguments forts de Tirana pour un investisseur réside dans sa fiscalité relativement douce sur la détention immobilière. Mais une réforme d’ampleur est déjà en cours de préparation, ce qui impose de regarder au‑delà de la photographie actuelle.

Aujourd’hui : des coûts d’achat modérés

Les coûts additionnels à l’acquisition restent généralement dans une fourchette de 2 à 5 % du prix d’achat, parfois jusqu’à 4–5 % selon les sources, en incluant :

frais de notaire : typiquement 150–450 €, ou 0,23–0,35 % de la valeur du bien, plus TVA ;

– frais de registre / cadastre : de 80 à 250 € environ ;

– commission d’agence : souvent 1 % pour l’acheteur et 2 % pour le vendeur, parfois incluse côté vendeur ;

– frais d’avocat : 0,5 à 1 % du prix, ou forfait entre 500 et 1 500 € selon la complexité ;

– éventuelles taxes municipales sur les nouvelles constructions (0,1 à 2,5 % du prix du contrat), et assurance obligatoire pour les constructions neuves (environ 1 %).

Bon à savoir :

Pour l’acheteur, il n’existe pas de taxe de mutation spécifique sur les bâtiments, uniquement le coût de l’enregistrement. Pour le vendeur, la plus-value est généralement taxée à 15%, mais des exonérations sont possibles après une certaine durée de détention, selon les cas.

En détention : une taxe foncière très faible… pour l’instant

L’Albanie applique l’une des taxes foncières les plus basses d’Europe, de l’ordre de 0,05 % de la valeur du bien. Pour un appartement de 150 000 €, l’impôt annuel se situe donc souvent entre 75 et 150 €. À Tirana, la taxe municipale forfaitaire peut tourner autour de 20 € par an, et de nombreux propriétaires rapportent des montants entre 50 et 250 € annuels.

Toutefois, une importante réforme baptisée « ProTAX Albania » est en préparation, avec l’appui du FMI et de l’agence de coopération suédoise. Son objectif est clair : aligner progressivement la taxation sur la valeur de marché et porter les recettes immobilières à 1 % du PIB à l’horizon 2028.

Les grandes lignes annoncées :

mise en place d’une « cadastre fiscale » et d’une évaluation nationale des propriétés en 2027 ;

– entrée en vigueur du nouveau système à partir de 2028 ;

– augmentation du taux pour les résidences de 0,05 % vers une fourchette de 0,1–0,5 %, avec surtaxe de 2 à 4 fois pour les résidences secondaires ;

– maintien de régimes plus favorables pour la résidence principale via des décisions municipales ;

– extension d’une taxe foncière sur les terrains à partir de 2030.

Sur le court terme, 2026–2027 représenteront une période de transition, les autorités ayant repoussé de deux ans le démarrage initialement prévu de la réforme. Pour un investisseur, cela signifie que l’environnement fiscal actuel, très clément, devrait rester en place encore quelque temps, mais qu’il faudra anticiper une montée progressive des charges sur le patrimoine.

Fiscalité des revenus locatifs

Les revenus issus de la location sont soumis à une imposition forfaitaire :

15 % d’impôt sur le revenu locatif pour les particuliers ;

– possibilité de déduire certaines dépenses justifiées : travaux d’entretien, frais de gestion, parfois amortissements.

Pour la revente, la plus‑value est taxée à 15 %, avec des nuances selon que le vendeur est une personne physique non immatriculée, un professionnel ou une personne morale. Les transferts doivent être déclarés et les taxes acquittées avant l’enregistrement au cadastre.

Financement : un marché très cash, peu accessible aux non‑résidents

La plupart des investisseurs étrangers qui achètent à Tirana le font sans recourir au crédit local. Même si le marché hypothécaire albanais est en plein essor (+32 % de crédits immobiliers sur le premier semestre 2025 par rapport à l’année précédente), les banques restent prudentes avec les non‑résidents.

Quelques points à retenir :

70

Pourcentage maximum de financement (LTV) que certains établissements bancaires en Albanie peuvent accorder aux ressortissants de l’UE pour l’achat immobilier.

À cela s’ajoute le fait que le marché albanais reste fortement dominé par les paiements en espèces : environ 96 % des paiements seraient initiés en cash. Disposer de liquidités importantes est donc un réel avantage dans la négociation, dans un environnement où la culture du rabais est forte (l’écart entre prix affiché et prix final se situant autour de 6–8 % en moyenne).

Pour les investisseurs étrangers qui souhaitent lisser leur effort financier sans passer par une banque albanaise, une alternative courante est le plan de paiement proposé par certains promoteurs sur les programmes neufs, avec :

20–30 % d’acompte à la signature du contrat préliminaire ;

le solde échelonné sur 2 à 3 ans, parfois sans intérêts.

Coût de la vie et charges d’exploitation

Le coût de la vie à Tirana reste attractif pour les occidentaux, ce qui nourrit d’ailleurs la présence des digital nomads et des retraités étrangers. Le rapport synthétise les dépenses mensuelles hors loyer comme suit :

ProfilCoût de la vie mensuel hors logement
Personne seule770 – 1 100 €
Couple1 200 – 1 600 €

Pour un bien de 60 m², les charges usuelles se présentent ainsi :

PosteMontant typique
Charges de copropriété / administration30 – 50 €/mois (3 000–8 000 ALL)
Électricité40 – 70 €/mois
Eau15 – 25 €/mois
Internet10 – 30 €/mois
Assurance habitation200 – 400 €/an

En pratique, il est fréquent que le propriétaire prenne en charge les frais d’administration de l’immeuble et parfois l’eau, tandis que le locataire paie l’électricité, le gaz et l’internet. Pour un investisseur, ces coûts doivent être intégrés dans le calcul de rendement net, d’autant plus si l’on fait appel à une agence pour la gestion locative (15 à 25 % du loyer sur les locations, selon que la formule soit classique ou saisonnière).

Risques et erreurs classiques : ce qu’il faut absolument anticiper

Derrière l’image de « nouvel eldorado immobilier », l’Albanie conserve des faiblesses structurelles qui exigent une prudence accrue.

Le rapport insiste sur plusieurs risques majeurs :

1. Titres de propriété et contentieux fonciers Héritage des réformes agraires, des nationalisations puis des privatisations, le cadastre albanais a longtemps été incomplet et parfois contradictoire. On estime que près de 70 % des affaires civiles concernent encore des litiges liés à la propriété. De nombreux bâtiments ont été construits sans permis (environ 440 000 constructions illégales mentionnées), et des cas de « double vente » existent. La numérisation des registres a amélioré la situation, mais un contrôle juridique approfondi reste indispensable.

Attention :

Les hausses de prix annuelles de 20 à 40 % et un ratio prix/revenu supérieur à 17 menacent l’accessibilité pour les ménages locaux. Les analystes redoutent une « fatigue d’accessibilité » qui pourrait freiner la demande, d’autant plus avec le durcissement des conditions de crédit (plafonds LTV imposés par la Banque d’Albanie).

3. Offre abondante de constructions neuves dans certains micro‑marchés Tirana connaît une véritable fièvre de la tour : la liste des projets approuvés inclut des immeubles de 35, 50, voire 58 étages (projet « Mount Tirana »), sans parler d’un gratte‑ciel de 300 mètres dessiné par Alejandro Aravena. Si l’ensemble de ces projets voit le jour, certains segments de standing intermédiaire ou élevé pourraient se retrouver en situation de sur‑offre locale.

Bon à savoir :

Le cadre réglementaire évolue avec la réforme ProTAX, la mise à jour des prix de référence municipaux, les potentielles nouvelles règles sur les locations de courte durée et les modifications des lois de zonage. Ces changements créent une incertitude significative. Par exemple, la forte hausse des prix de référence à Tirana (+53% en moyenne) a déjà impacté certaines transactions et suscité des débats entre promoteurs et autorités.

5. Marché des agences et informalité Le secteur de l’intermédiation immobilière reste peu standardisé. Les bases de données publiques sont lacunaires, beaucoup de transactions se réalisent de gré à gré, et les sites d’annonces ne sont pas toujours à jour. Il est donc crucial de multiplier les visites, de comparer les sources et, si possible, de se faire accompagner par une structure sérieuse, en s’assurant que l’on a affaire à un consultant agréé.

6. Autres éléments pratiques Infrastructure encore inégale dans certains quartiers périphériques, transports publics irréguliers, système de santé en développement, barrière linguistique (l’anglais n’étant pas universel) : tous ces facteurs peuvent influencer la facilité de gestion d’un bien à distance.

Pourquoi Tirana reste malgré tout attractive pour un investisseur

Malgré ces risques, le rapport souligne que Tirana offre, pour un investisseur patient et bien informé, une combinaison rare en Europe :

Bon à savoir :

Le marché immobilier de Tirana présente un potentiel d’appréciation élevé dans les zones en développement et les secteurs desservis par de nouvelles infrastructures. Les rendements locatifs y sont supérieurs à ceux de nombreuses capitales occidentales, notamment pour les petits appartements modernes et bien équipés. La fiscalité foncière reste avantageuse comparée à d’autres pays européens. La demande locative est forte, portée par la croissance démographique locale, les expatriés, les étudiants et les nomades digitaux attirés par des visas favorables et un coût de vie modéré. La ville connaît une dynamique de transformation urbaine avec des projets architecturaux emblématiques.

Les projections évoquent d’ailleurs des scénarios ambitieux pour les dix prochaines années : certains analystes estiment que les segments ultra‑luxe de Tirana pourraient, à terme, s’approcher de niveaux de prix comparables aux grandes métropoles régionales, avec des valeurs pouvant atteindre 10 000 €/m² pour les produits iconiques les plus rares.

Comment approcher l’investissement à Tirana de façon pragmatique

Face à ce marché à la fois prometteur et complexe, la stratégie la plus prudente pour un investisseur étranger consiste à :

Astuce :

Pour un investissement locatif réussi en Albanie, ciblez des biens simples à louer comme des studios ou T1/T2 modernes, dans des immeubles récents offrant ascenseur, parking et une bonne efficacité énergétique. Privilégiez les quartiers alliant accessibilité, demande locative diversifiée et perspective de plus-value, tels que Komuna e Parisit, Don Bosko, certains secteurs de Tirana e Re et du lac artificiel, ou des zones en requalification comme 21 Dhjetori ou Astir. Soyez réaliste sur les rendements : visez 5 à 6 % bruts avec une plus-value potentielle sur 5 à 10 ans, plutôt que de tabler sur des projections à 8-10 % difficiles à atteindre. Intégrez dans vos calculs un possible doublement de la taxation foncière d’ici la fin de la décennie, ce qui ne remettrait généralement pas en cause la viabilité de l’investissement au regard des standards européens. Ne négligez jamais une due diligence juridique approfondie avec un avocat indépendant du vendeur et de l’agence, en vérifiant systématiquement les extraits cadastraux, l’historique des permis et la conformité des surfaces. Enfin, tenez compte de la réalité des surfaces : les m² annoncés incluent souvent les parties communes, ce qui augmente le coût au m² utile par rapport aux estimations initiales.

En s’armant de temps, de patience et de conseils locaux fiables, investir dans l’immobilier à Tirana peut encore constituer une stratégie crédible de diversification patrimoniale, offrant une exposition à un marché en rattrapage au cœur des Balkans, sur fond de rapprochement avec l’Union européenne.

Bon à savoir :

La phase de spéculation intense est terminée, mais les moteurs de croissance restent solides : augmentation du capital, essor touristique, développement des infrastructures et affirmation d’une classe moyenne. Pour un investisseur acceptant le risque inhérent aux marchés émergents, Tirana représente une option sérieuse.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Tirana, en Albanie, pour chercher du rendement locatif et une exposition à un marché en forte croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs quartiers (Blloku, Don Bosko, Komuna e Parisit), la stratégie retenue a consisté à cibler un ou deux appartements récents dans un immeuble bien situé, combinant un rendement locatif brut cible proche de 8–10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement + petites améliorations) d’environ 500 000 €. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, comptable/fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification à l’international intégré à sa stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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