Fiscalité à Saint-Vincent-et-les-Grenadines pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière passée au crible

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Saint-Vincent-et-les-Grenadines séduit de plus en plus d’entrepreneurs, rentiers et télétravailleurs. Mais derrière les lagons turquoise se cache un sujet beaucoup moins instagrammable : la fiscalité. Bonne nouvelle pour les expatriés, le pays combine un système territorial, une pression fiscale modérée et une quasi-absence d’impôts patrimoniaux. En revanche, certaines règles sont très spécifiques et les données officielles ne sont pas toujours parfaitement homogènes.

Bon à savoir :

Cet article détaille, en français clair et basé sur un rapport de recherche, les spécificités de l’impôt sur le revenu et de la taxe foncière applicables aux expatriés à Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

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Comprendre le cadre fiscal : un système territorial attractif

Saint-Vincent-et-les-Grenadines est un petit État caribéen anglophone, membre du Commonwealth et de la CARICOM. Le droit s’inspire du common law anglais et la monnaie est le dollar des Caraïbes orientales (XCD), arrimé au dollar américain.

Astuce :

Le système fiscal du pays repose sur le principe de territorialité. Cela signifie que l’impôt s’applique principalement aux revenus dont la source est située dans le pays. Ce principe constitue un avantage significatif pour les expatriés, car leurs revenus et leur patrimoine situés à l’étranger ne sont généralement pas soumis à l’impôt local.

Le système présente quelques grands traits à garder en tête.

ÉlémentCaractéristique principale
Principe dominantSystème territorial pour les particuliers
Autorité fiscaleInland Revenue Department (IRD)
MonnaieDollar des Caraïbes orientales (XCD)
Système juridiqueCommon law anglais + lois locales
Échange d’informationsCRS de l’OCDE en vigueur depuis 2016
Contrôle des changesPas de contrôle strict des changes

Ce cadre rend la juridiction attractive sans tomber dans la catégorie des paradis fiscaux opaques : le pays applique les standards OCDE en matière de transparence et participe aux échanges automatiques d’informations.

Résidence fiscale des expatriés : la règle des 183 jours et ses nuances

Pour un expatrié, tout commence par la question de la résidence fiscale. Le pays retient principalement un critère quantitatif simple : le temps passé sur place.

Un individu est résident fiscal s’il reste au moins 183 jours dans le pays au cours d’une année civile. Les jours n’ont pas besoin d’être consécutifs. D’autres éléments peuvent étayer la résidence, comme la possession ou la location d’un logement permanent, la présence de la famille, ou le centre d’intérêts économiques.

La situation se résume ainsi.

StatutCritère principalChamps d’imposition
Résident≥ 183 jours de présence (ou foyer permanent)Revenus mondiaux, mais en pratique surtout ceux reçus dans le pays selon certains textes
Non-résident< 183 jours et absence de centre de vie dominantRevenus de source saint-vincentaise uniquement

Un point subtil apparaît dans plusieurs sources : pour les personnes considérées résidentes mais pas « ordinairement résidentes », la taxation des revenus étrangers se limite aux sommes effectivement rapatriées dans le pays. C’est une nuance capitale pour les expatriés aisés qui laissent leurs revenus et placements à l’étranger.

Attention :

Un expatrié doit anticiper que son pays d’origine, comme les États-Unis, peut continuer à imposer ses revenus mondiaux, indépendamment de son statut fiscal local et de l’organisation de sa résidence à l’étranger.

Impôt sur le revenu des personnes physiques : progressif, mais avec un seuil généreux

L’impôt sur le revenu à Saint-Vincent-et-les-Grenadines fonctionne sur un barème progressif. Les sources disponibles ne sont pas parfaitement unifiées sur la structure exacte des tranches ni sur le taux marginal maximal, car plusieurs réformes sont intervenues récemment.

Ce qui est certain :

le système est progressif ;

– le taux maximum a été abaissé de 30 % à 28 % en 2023 selon certaines sources ;

– à partir de 2025, le seuil d’exonération (abattement personnel) est porté à 25 000 XCD par an.

Seuil d’exonération et base imposable

Pour un expatrié salarié ou indépendant, le calcul suit une logique classique : on détermine un revenu imposable en déduisant du revenu brut certaines charges et un abattement personnel.

Plusieurs chiffres coexistent selon les périodes :

ÉlémentMontant indicatifPériode / source
Abattement personnel « ancien »18 000 XCDSource antérieure aux réformes récentes
Abattement personnel revalorisé20 000 à 22 000 XCDRéforme 2023 selon plusieurs textes
Seuil d’exonération récent25 000 XCD env.Annoncé pour 2025, soit ≈ 9 259 USD

Pour un expatrié résident, cela signifie qu’une part non négligeable de ses revenus locaux échappe à l’impôt, ce qui allège fortement la note fiscale pour des revenus modestes ou moyens.

Barèmes : plusieurs versions coexistent

Les différentes sources recensent plusieurs grilles de taux, ce qui traduit à la fois des réformes successives et certaines différences de traitement selon la nature des revenus (par exemple location perçue par un non-résident).

5

Il s’agit du nombre de tranches du barème progressif de l’impôt sur le revenu des particuliers en France.

StructureTranches annuelles (XCD)Taux indiqué
Barème « 0–5–10 + 28/30 % »0 – 5 000 ; 5 001 – 10 000 ; au-delà de 10 00010 %, 20 %, puis 28 % ou 30 %
Barème élargi par tranches de 20 000 XCD0 – 20 000 ; 20 001 – 40 000 ; 40 001 – 60 000 ; 60 001 – 80 000 ; > 80 00010 %, 15 %, 20 %, 25 %, 40 %
Barème ancien « 5 000 par tranche »1er 5 000 ; 2e 5 000 ; 10 000 suivants ; au-delà10 %, 20 %, 30 %, 32 %

On peut en tirer deux conclusions pratiques pour un expatrié :

– la structure est bel et bien progressive, avec une montée par paliers ;

– le taux marginal applicable aux hauts revenus oscille dans les documents entre 28 %, 30 % et, dans une version plus ancienne, 40 % pour les très hauts revenus.

Dans le doute, et compte tenu des réformes 2023–2025, un conseil fiscal local s’impose pour figer les taux applicables l’année de son installation.

Résidents, non-résidents et PAYE

Tous les contribuables, résidents comme non-résidents, sont imposés sur les revenus dont la source est située dans le pays. Les non-résidents ne sont, en revanche, jamais taxés sur leurs revenus de source étrangère.

Exemple :

Quelques points clés à retenir :

les couples ne peuvent pas déposer une déclaration commune : chacun est imposé séparément ;

– un système de retenue à la source type « Pay As You Earn » (PAYE) s’applique aux salariés : l’employeur prélève l’impôt et le reverse mensuellement ;

– l’année fiscale correspond au calendrier civil (1er janvier–31 décembre) ;

– la déclaration annuelle doit être déposée au plus tard le 31 mars de l’année suivante, avec paiement à la même date.

Pour un expatrié salarié, la plupart des obligations pratiques sont donc gérées par l’employeur, mais la déclaration annuelle reste obligatoire, notamment pour déclarer d’éventuels revenus complémentaires (indépendants, loyers, intérêts, etc.).

Revenus d’investissement, crypto et absence de fiscalité patrimoniale

C’est l’un des grands atouts de Saint-Vincent-et-les-Grenadines pour les investisseurs étrangers : la fiscalité du capital y est remarquablement légère.

Plusieurs points ressortent nettement des textes :

aucun impôt sur les plus-values, ni pour les particuliers ni pour les sociétés ;

absence de droits de succession, d’impôt sur les donations et de droits d’héritage ;

absence d’impôt sur la fortune ou sur le patrimoine net.

Dividendes, intérêts et redevances

Les dividendes perçus par un particulier ne sont pas soumis à un impôt spécifique : ils ne supportent pas de retenue à la source localement, et ne semblent pas faire l’objet d’une imposition distincte au niveau du bénéficiaire dans plusieurs régimes.

Les intérêts et redevances suivent une logique différente :

pour un résident, ils sont intégrés à l’assiette de l’impôt sur le revenu et imposés au barème ;

pour un non-résident, ils peuvent être soumis à une retenue à la source standard de 20 %, avec un taux réduit de 15 % pour les résidents CARICOM dans certains cas.

Crypto-actifs : un traitement hybride

Les crypto-monnaies sont traitées comme une marchandise. Les gains tirés de leur vente sont assimilés à des plus-values, en principe non taxées, mais les textes précisent qu’ils peuvent être requalifiés en revenu imposable si l’activité prend l’allure d’un véritable négoce professionnel.

Bon à savoir :

Les gains inférieurs à 10 000 XCD (dollars des Caraïbes orientales) peuvent bénéficier d’une exonération spécifique. Cette disposition offre une opportunité de planification fiscale pour les expatriés actifs sur les crypto-actifs, à condition d’adopter une approche modérée et de bien documenter ses opérations.

Transmission et planification patrimoniale

L’absence d’impôt sur les successions, sur les donations et sur les plus-values facilite considérablement la planification successorale internationale. Une personne peut :

détenir des actifs à Saint-Vincent-et-les-Grenadines ;

les transmettre par donation ou par décès ;

sans générer, au niveau local, de droits de mutation, de droits de succession ou d’impôt sur la plus-value latente.

En revanche, les règles civiles de dévolution successorale (présence ou non de testament, part du conjoint, éventuel retour des biens à l’État en l’absence d’héritiers) continuent de s’appliquer et imposent de structurer ses dispositions testamentaires avec un juriste local.

Retenues à la source pour non-résidents : location, intérêts, services

Pour les expatriés qui conservent un statut de non-résident ou qui investissent depuis l’étranger, la fiscalité passe essentiellement par des retenues à la source.

Les principales règles peuvent être synthétisées ainsi.

Type de paiement vers non-résidentTaux de retenue typiqueObservations
Dividendes0 % dans la plupart des régimes décritsAbsence de WHT citée dans plusieurs sources
Intérêts20 % (15 % pour résidents CARICOM)Aucune retenue pour bénéficiaires résidents
Redevances (royalties)20 % (15 % pour CARICOM)Certaines sources mentionnent 20 % y compris pour résidents
Services techniques / honoraires20 %Via retenue par le payeur local
Loyers versés à un non-résidentBarème progressif : 10 %, 20 %, 30 % sur les paliers de 5 000 XCDApplicable sur les revenus locatifs de non-résidents

Pour un expatrié propriétaire qui loue un bien tout en résidant à l’étranger, ces retenues sur loyers constituent la principale imposition locale, à côté d’un impôt spécifique abordé plus loin : l’Alien Land Holding Tax.

Sécurité sociale et contributions sociales : un coût modéré

Au-delà de l’impôt sur le revenu, tout expatrié salarié ou indépendant doit contribuer au système local d’assurance sociale, géré par le National Insurance Services (NIS).

Les données chiffrées varient légèrement selon les sources, mais un schéma récurrent se dégage.

Analyse des données statistiques
StatutPart employéPart employeurPlafond mensuel indiqué
Salarié (version la plus citée)4,5 % du salaire brut5,5 % du salaire brut4 333 XCD / mois
Autre source3,5 % employé / 4,5 % employeur (8 % au total)Plafond différent
Encore une autre6 % employé / 7 % employeur (13 % au total)Plafond autour de 5 200 XCD
Indépendant7,5 % du revenu déclaré
Cotisant volontaire6,84 %

Dans la pratique, la contribution rote autour de 10–13 % au total, partagée entre employeur et employé, sur une base salariale plafonnée. Les expatriés doivent aussi être inscrits au NIS, même s’ils contribuent à un autre régime dans leur pays d’origine, en l’absence d’accords de totalisation connus.

TVA et fiscalité indirecte : important pour les entrepreneurs expatriés

Même si cet article se concentre sur l’impôt sur le revenu et la taxe foncière, la TVA impacte fortement les expatriés qui montent un business local ou opèrent dans le tourisme.

Le système de TVA combine :

16

Le taux standard de la TVA au Maroc peut atteindre 16 %, avec des taux réduits, un taux zéro et des exemptions pour certains secteurs.

La plupart des sources convergent vers un seuil d’enregistrement obligatoire autour de 300 000 XCD de chiffre d’affaires annuel, avec possibilité d’inscription volontaire en dessous. Les déclarations sont généralement mensuelles, à déposer autour du 15 du mois suivant. Des pénalités peuvent vite s’accumuler : frais forfaitaires (par exemple 250 XCD par mois de retard), pénalité de 10 % sur l’impôt dû et intérêts d’environ 1,25 % à 1,5 % par mois de retard.

Pour un expatrié qui exploite une maison d’hôtes, une petite résidence touristique ou une activité de services importante, la TVA devient rapidement un enjeu majeur à gérer.

Taxe foncière : un impôt léger pour les particuliers, lourd pour les sociétés

La taxation immobilière à Saint-Vincent-et-les-Grenadines se décompose en plusieurs volets : une taxe annuelle de propriété, une taxe de transfert et, pour les étrangers, un régime particulier d’« Alien Landholding ».

Taxe foncière annuelle : taux très contrastés

La taxe foncière frappe tous les propriétaires de biens immobiliers, qu’ils soient particuliers ou sociétés. Les taux diffèrent fortement selon le profil du propriétaire et l’usage du bien.

Les chiffres les plus souvent cités sont les suivants.

Type de propriétaire / bienBase de calculTaux rapporté
Société propriétaire d’un bienValeur de marché du bien5 % par an
Particulier – résidence principaleValeur de marché0,008 % par an
Entreprise – usage professionnelValeur de marchéTaux effectif de 5 %, avec possibilité de réduction jusqu’à 10 % sur la taxe pour usage business
Taux généraux mentionnés dans certains textesValeur cadastrale / de marchéFourchette 0,2 % – 0,6 % selon localisation et type

La différence entre les 5 % appliqués aux sociétés et le taux quasi symbolique pour les particuliers est spectaculaire. Pour un expatrié, cela milite clairement pour détenir sa résidence principale en nom propre plutôt que via une société locale, sauf raison patrimoniale particulière.

Attention :

La taxe est calculée sur la base d’une valeur de marché ou d’une valeur locative annuelle (Annual Rental Value), qui intègre des critères tels que la surface, la localisation, l’usage, les loyers comparables et les équipements. Le propriétaire dispose d’un délai d’environ 21 jours après la publication officielle de la liste des valeurs pour déposer un recours et contester cette évaluation.

Les principales échéances évoquées sont :

Processus et délais de paiement de la taxe foncière

Informations clés concernant la publication des valeurs, les périodes de paiement et les pénalités applicables en cas de retard.

Publication des valeurs

La division de valuation est responsable de la publication des valeurs foncières servant de base au calcul de l’impôt.

Période de paiement estivale

Le paiement de la taxe est possible durant l’été, avec des fenêtres de paiement précisées entre les mois de juillet et septembre.

Pénalités pour retard

Au-delà d’une date limite (par exemple le 1er décembre), une pénalité de 20 % par an peut s’appliquer sur les montants d’impôts fonciers restant impayés.

Autre élément pratique : des arriérés de taxe foncière peuvent bloquer le transfert du bien, car l’administration refuse de « timbrer » (stamper) les actes de vente ou d’hypothèque tant que les dettes ne sont pas soldées.

Exemptions et réductions

Plusieurs types de biens bénéficient d’exemptions totales ou partielles, notamment :

les biens utilisés exclusivement pour l’intérêt public ;

les hôpitaux ;

les institutions religieuses ;

certains centres communautaires ;

les cimetières et lieux d’inhumation ;

certaines servitudes de passage.

En outre, une réduction allant jusqu’à 10 % peut être accordée pour des terrains et immeubles utilisés dans le cadre d’activités économiques, ce qui intéresse directement les expatriés exploitant des biens à usage commercial.

Droits de mutation et contraintes spécifiques aux étrangers

Au-delà de la taxe foncière annuelle, l’acquisition ou la cession d’un bien immobilier déclenche plusieurs prélèvements distincts.

Taxe de transfert (type « stamp duty »)

Lors d’une vente immobilière, une taxe de transfert est prélevée sur la valeur de la transaction. Les chiffres varient selon les textes :

– certains documents évoquent un taux unique de 5 % pour l’acheteur et 5 % pour le vendeur ;

– d’autres parlent d’une échelle progressive allant de 2,5 % pour les biens de moindre valeur à 5 % pour les biens plus chers.

Bon à savoir :

En plus du prix du bien, les frais d’acquisition (honoraires d’avocat ou de notaire, souvent 2-3 %) portent le coût total hors prix généralement entre 5% et 8% du montant de la transaction. Pour un investisseur expatrié, cette charge initiale doit impérativement être intégrée dans le calcul de rentabilité.

Alien Land Holding License : la barrière d’entrée des non-résidents

Les non-résidents qui souhaitent acquérir un bien immobilier doivent obtenir une Alien Landholding License. Ce dispositif impose :

une demande formelle, avec vérifications de sécurité et d’antécédents ;

– un coût pouvant atteindre jusqu’à 10 % de la valeur du bien ;

un délai de traitement qui peut avoisiner 14 semaines.

Cette licence concerne non seulement les acquisitions directes par des étrangers, mais aussi les étrangers devenant administrateurs ou actionnaires d’une société détenant de l’immobilier local. À noter qu’une fois cette licence obtenue, le propriétaire étranger peut parfois être dispensé de certaines redevances de résidence.

Propriété louée par un expatrié non-résident : fiscalité spécifique

Pour les expatriés qui possèdent un bien à Saint-Vincent-et-les-Grenadines sans y résider, la rentabilité locative passe par un faisceau de règles particulières.

Les points principaux sont les suivants :

Bon à savoir :

Les revenus locatifs perçus par un non-résident sont soumis à une retenue à la source progressive (10% jusqu’à 5 000 XCD, 20% de 5 001 à 10 000 XCD, 30% au-delà). Un régime alternatif moins courant taxe les revenus bruts à 10% sans déduction. De plus, les non-résidents doivent acquitter l’Alien Land Holding Tax, calculée sur la totalité des loyers prévus pour la durée du bail.

Ce dernier impôt fonctionne de manière originale.

Niveau d’« aggregate rent » sur la durée du bailTaux Alien Land Holding Tax
Jusqu’à 100 000 XCDForfait de 10 000 XCD
Portion entre 100 000 XCD et 3 000 000 XCD6 %
Au-delà de 3 000 000 XCD4 %

En d’autres termes, un expatrié qui signe un bail de longue durée avec un locataire engage, dès la signature, une obligation fiscale calculée sur l’ensemble des loyers à percevoir, ce qui peut être substantiel pour de gros projets locatifs. Ce mécanisme doit être intégré dans toute stratégie immobilière de long terme.

Absence de plus-values, droits de succession et d’enregistrement : un triangle favorable

Contrairement à de nombreux pays développés, Saint-Vincent-et-les-Grenadines ne taxe ni les plus-values (y compris immobilières), ni les successions, ni les donations.

Lorsqu’un expatrié revend un bien immobilier, l’absence d’impôt sur la plus-value permet :

Astuce :

Cette structure juridique permet de capter intégralement la plus-value réalisée sur un bien, déduction faite des coûts de transaction (frais de transfert, honoraires, etc.). Elle sert également de pivot dans une structuration internationale, offrant l’avantage qu’une sortie d’actifs ne déclenche pas d’imposition locale.

Sur le plan successoral, un testateur conserve une liberté quasi totale : la loi ne prévoit pas de réserve héréditaire obligatoire pour les héritiers, ce qui permet une grande flexibilité dans l’organisation des transmissions internationales, sans droit de succession.

Conventions fiscales et échanges d’informations : l’envers de l’optimisation

Si le pays offre une fiscalité douce, il ne permet pas pour autant d’échapper indéfiniment au fisc de son pays d’origine. Saint-Vincent-et-les-Grenadines :

applique la norme CRS de l’OCDE depuis 2016 ;

– a signé des accords d’échange de renseignements avec plusieurs pays occidentaux (R.-U., Canada, certains États de l’UE, etc.) ;

fait partie de la convention multilatérale d’assistance administrative mutuelle.

Bon à savoir :

Le pays a établi un réseau de conventions de non-double imposition avec une douzaine de pays, incluant le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège et le Luxembourg. Il bénéficie également d’un traité CARICOM multilatéral avec plusieurs États voisins de la Caraïbe. Ces accords ont généralement pour objectif d’éviter la double imposition des revenus.

de clarifier quel État a le droit principal de taxer tel type de revenu ;

de réduire certains taux de retenue à la source (intérêts, redevances, services techniques) ;

d’accorder des crédits d’impôt pour éviter la double imposition.

Cela offre aux expatriés un cadre relativement sécurisé, mais impose aussi de respecter des procédures administratives (formulaires spécifiques, preuves de résidence, certificats fiscaux) pour bénéficier des avantages des conventions.

Expatriés et pays d’origine : l’exemple des citoyens américains

Pour certains expatriés, notamment les citoyens ou résidents fiscaux américains, l’installation à Saint-Vincent-et-les-Grenadines ne met pas fin à toutes les obligations fiscales.

Les États-Unis pratiquent une fiscalité basée sur la citoyenneté : un Américain doit déclarer chaque année ses revenus mondiaux, même après des années passées à l’étranger. Pour lui, le système territorial local est une opportunité de limiter la double imposition grâce :

Mécanismes pour éviter la double imposition

Pour les contribuables américains résidant à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, deux principaux dispositifs permettent d’atténuer l’imposition simultanée par les États-Unis et la juridiction étrangère.

Crédit d’impôt étranger

Impute l’impôt sur le revenu payé à Saint-Vincent-et-les-Grenadines contre l’impôt fédéral américain dû.

Exclusion des revenus du travail à l’étranger

Permet d’exonérer une partie des salaires perçus à l’étranger de l’impôt sur le revenu américain.

En revanche, l’absence de taxation des plus-values ou des successions à Saint-Vincent-et-les-Grenadines ne protège pas un citoyen américain d’éventuels impôts successoraux ou de plus-values aux États-Unis. Les expatriés venant d’autres pays avec des règles extraterritoriales (ou un domicile fiscal « collant » comme certains États américains) doivent faire le même type d’analyse.

Perspectives pour un expatrié : avantages réels, complexité relative

Pris dans son ensemble, le système fiscal de Saint-Vincent-et-les-Grenadines offre aux expatriés plusieurs atouts puissants :

Bon à savoir :

La fiscalité est principalement territoriale pour les particuliers, avec un seuil d’exonération relativement élevé (25 000 XCD). Il n’existe pas d’impôt sur les plus-values, les successions, les donations ou la fortune. La fiscalité foncière est très faible pour les propriétés détenues directement par des particuliers, et les charges sociales sont modérées, notamment pour les salaires plafonnés. Des régimes très avantageux existent également pour les sociétés internationales (International Business Companies), qui sont exonérées d’impôts sur leurs revenus offshore et de diverses retenues à la source.

En contrepartie, quelques points de vigilance s’imposent pour un expatrié :

Attention :

La fiscalité immobilière en Jamaïque est caractérisée par des barèmes complexes et variables, une taxe foncière punitive de 5% pour les sociétés, des impôts spécifiques pour les non-résidents (Alien Land Holding Tax, retenues à la source), et la nécessité de cumuler ces obligations avec celles du pays d’origine, ce qui impacte significativement la structure de détention et les rendements.

Pour un investisseur ou un retraité qui perçoit l’essentiel de ses revenus à l’étranger, laisse une large part de ses capitaux hors du pays et détient sa résidence principale en nom propre, Saint-Vincent-et-les-Grenadines peut offrir un environnement fiscal particulièrement doux. Pour un entrepreneur local, un loueur non-résident ou un professionnel très aisé, la configuration reste avantageuse, mais nécessite une planification précise en lien avec un conseil fiscal familier des règles locales et des conventions internationales.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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