S’installer et vivre aux îles Marshall ne se résume pas à réserver un vol pour Majuro et trouver une maison en bord de lagon. Entre visas, permis de travail, assurance santé, ouverture de compte bancaire, formalités douanières et obligations fiscales, le parcours administratif est dense, surtout pour un séjour de longue durée. Ce guide rassemble, en français clair, l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour transformer un rêve de vie au milieu du Pacifique en projet légalement solide.
Comprendre le cadre général avant de partir
Vivre aux îles Marshall, c’est vivre dans un micro‑État insulaire où tout passe par quelques institutions centrales : l’Immigration Division, le ministère des Finances (Revenue & Taxation), le ministère de la Santé, la Police pour l’enregistrement des véhicules, sans oublier les services de douane. Le pays utilise le dollar américain, ce qui simplifie les paiements pour beaucoup d’expatriés, mais la présence bancaire est limitée à Majuro.
Coût mensuel moyen pour une personne, logement compris, aux Îles Marshall.
Coût de la vie et budget à prévoir
Les îles Marshall sont plus chères que la moyenne mondiale : l’indice du coût de la vie est estimé à 105, soit environ 1,3 fois la moyenne planétaire. Majuro, atoll-capitale et principale porte d’entrée, concentre les services, l’emploi… et les dépenses.
Synthèse des principaux postes de dépenses pour une personne et une famille de quatre personnes, incluant le logement, pour l’ensemble du pays.
Inclut le loyer ou le remboursement de prêt, les charges courantes (électricité, gaz, eau) et l’assurance habitation.
Courses alimentaires pour les repas à domicile, produits d’épicerie et denrées de base.
Frais liés aux déplacements : carburant, entretien du véhicule, abonnements de transports en commun ou crédits automobiles.
Mutuelle santé, frais médicaux non remboursés, assurances personnelles et complémentaires.
Abonnements (téléphone, internet, streaming), sorties, hobbies et activités culturelles.
Frais de scolarité, fournitures, activités extrascolaires et modes de garde pour les enfants.
| Poste de dépense | 1 personne (USD/mois) | Famille de 4 (USD/mois) |
|---|---|---|
| Coût de la vie total (avec loyer) | 1 508 | 2 950 |
| Coût hors loyer | 547 | 1 532 |
| Loyer + charges | 961 | 1 418 |
| Nourriture | 435 | 1 121 |
| Transport | 43,60 | 122 |
| Salaire net moyen (pays) | 420 | — |
À Majuro, certaines estimations pour un mode de vie plutôt « nomade digital » ou expatrié confortable sont plus élevées : autour de 2 128 dollars par mois pour une personne (dont environ 1 119 dollars hors loyer) et jusqu’à 4 068 dollars pour une famille de trois. La qualité de vie est jugée moyenne (indice 37), mais l’air est excellent, avec une concentration de particules fines (PM2.5) d’environ 2,5 µg/m³.
Ces chiffres ne sont pas des formalités en soi, mais ils orientent directement le choix du visa, de l’assurance, du type de logement, et même du niveau de revenus à justifier pour obtenir un permis de séjour ou un visa de travail.
Entrer et rester légalement : visas, résidence et permis de travail
Les démarches administratives pour vivre aux îles Marshall commencent avant même l’embarquement. Tout passe par le système de visas et de permis de résidence, géré par l’Immigration Division et encadré par plusieurs lois (Immigration Act, Labor (Non‑Resident Workers) Act, etc.).
Les principaux types de visas
Le pays a mis en place une palette de visas adaptés aux différents profils : touristes, travailleurs, investisseurs, étudiants, familles. Les catégories les plus pertinentes pour une installation durable sont notamment :
| Type de visa / statut | Usage principal | Durée typique |
|---|---|---|
| Visitor’s Visa (V‑1) | Tourisme, visite courte | Jusqu’à 90 j |
| Business Visa (B‑1) | Affaires, prospection, négociations | Jusqu’à 2 ans |
| Employment / Work Visa (E‑1) | Emploi salarié non‑résident | Jusqu’à 2 ans |
| General Visa (G‑1) | Époux/se ou enfant à charge d’un travailleur légal | Jusqu’à 2 ans |
| Residence Visa (R‑1) | Résidence longue durée (certains statuts spécifiques) | Jusqu’à 5 ans |
| Student Visa (S‑1) | Études | Variable |
| Diplomatic Visa (D‑1) | Diplomates | Jusqu’à 2 ans |
| Permanent Residency Visa | Séjour longue durée via investissement ou autre motif | 5 ans, renouvelable |
Les citoyens de certains pays (États‑Unis, Union européenne, Royaume‑Uni, États voisins du Pacifique, etc.) bénéficient de régimes sans visa ou de visa à l’arrivée pour le tourisme (30 à 90 jours). Pour des séjours professionnels ou résidentiels, il faut quasiment toujours un visa approprié obtenu avant le départ.
Conditions générales d’obtention de visa
Quel que soit le type de visa, l’administration demande un socle de documents assez standard :
Pour constituer un dossier complet, il vous faudra : un passeport valide au moins six mois après la date d’entrée avec une page libre ; le formulaire de demande complété accompagné de deux photos d’identité récentes ; une lettre détaillant le motif du séjour (travail, investissement, regroupement familial, retraite…) ; des justificatifs financiers (relevés bancaires, contrat de travail, pension) ; une preuve d’hébergement (réservation d’hôtel, bail ou lettre d’accueil) ; un extrait de casier judiciaire ou une attestation de bonne conduite ; ainsi qu’un certificat médical attestant de l’absence de certaines infections (comme la tuberculose ou le VIH, notamment pour les permis de travail ou de résidence).
Pour les visas de travail ou de résidence, la dimension médicale est incontournable : un certificat prouvant l’absence de VIH et de tuberculose est exigé.
Focus : visa de travail et permis de travail
Travailler légalement aux îles Marshall implique deux pièces distinctes mais liées : le permis de travail (work permit), géré par la division du Travail, et le visa d’emploi (Employment Visa, E‑1) délivré par l’Immigration.
Le schéma est toujours le même : l’employeur commence, l’étranger suit.
1. L’employeur recrute et justifie le recours à un travailleur étranger Il doit prouver qu’aucun citoyen marshalais qualifié n’est disponible. Cela passe en pratique par des offres publiées localement et un dossier expliquant la nécessité de compétences externes.
2. Demande de permis de travail L’entreprise dépose un dossier complet auprès de la Labor Division : formulaire, contrat de travail, justificatifs de qualifications du candidat, preuves de recherche locale, documents de l’entreprise. Le Directeur du Travail et le Secrétaire compétent examinent la demande. Légalement, la réponse écrite doit intervenir dans un délai d’environ 21 jours après réception d’un dossier complet, mais en pratique, l’ensemble du processus peut prendre 4 à 8 semaines.
Une fois le permis de travail accordé, l’employeur reçoit une lettre d’autorisation. Le travailleur étranger doit ensuite déposer une demande de visa de travail, soit auprès d’une ambassade ou d’un consulat, soit directement à l’Immigration Division. La durée du visa correspond à celle du permis (souvent 2 ans, parfois 1 an), avec une prolongation maximale d’environ 21 jours après l’expiration du permis.
4. Arrivée et maintien du statut légal À l’arrivée, le titulaire doit présenter passeport, visa, lettre d’autorisation et billet retour ou de continuation. Pendant tout le séjour, le travailleur ne peut exercer que pour l’employeur et le poste mentionnés sur le permis. Tout changement (fonction, employeur, interruption de contrat) doit être signalé et peut exiger un nouveau permis.
Les frais varient, mais on retrouve généralement :
| Démarche | Fourchette indicative de frais (USD) |
|---|---|
| Permis de travail (dépôt employeur) | 100 – 500 (selon durée/type) |
| Visa de travail (E‑1) | Environ 100 – 300 |
| Visa visiteur (V‑1) | 100 (frais de dossier non remboursés) |
| Visa affaires (B‑1) | 300 (frais de dossier) |
L’absence de visa ou de permis valide expose au risque de sanctions, d’expulsion, et de restrictions ultérieures pour l’employeur.
Venir en famille : conjoints et enfants
Un travailleur étranger peut généralement faire venir son conjoint et ses enfants mineurs à charge via le General Visa (G‑1). Les autorités exigent alors :
– acte de mariage (pour le conjoint) ;
– actes de naissance des enfants ;
– preuve de moyens suffisants pour subvenir aux besoins du foyer ;
– attestations médicales et de casier judiciaire pour les adultes.
Les visas des membres de la famille (dépendants) sont directement liés au statut du travailleur principal. Si ce dernier perd son permis de travail ou quitte le pays, le droit de séjour de sa famille doit être réexaminé et peut prendre fin.
Pour un conjoint de citoyen marshalais, il existe également un Family Work Permit, plus favorable, qui évite le dépôt de caution et facilite l’accès à l’emploi.
Résidence de long terme et résidence permanente
Vivre durablement aux îles Marshall, au‑delà de quelques années de contrat, suppose d’envisager un statut résident plus stable.
Plusieurs instruments existent :
– Residence Visa (R‑1), jusqu’à 5 ans, ciblant certains profils (personnes disposant d’un « Certificate of Actual Residence », citoyens naturalisés sans passeport marshalais, etc.) ;
– Residence permits de différents types :
– permis de résidence de long terme (emploi, investissement, regroupement familial) ;
– permis temporaire (missions, études, projets de recherche) ;
– permis de résidence pour retraités (revenus stables, souvent associés à une propriété locale et à une assurance santé) ;
– Permanent Residency Visa, valable cinq ans et renouvelable, généralement adossé à un investissement ou à une contribution significative à l’économie locale.
L’accès à la nationalité marshalise, quant à lui, est très encadré : naturalisation soumise à au moins dix ans de résidence ordinaire, connaissance de la langue et des coutumes, bon caractère, examen civique, et quota annuel limité à dix naturalisations. La double citoyenneté est en principe interdite, sauf quelques dérogations très spécifiques.
Santé, assurance et exigences médicales
Le système de santé publique des îles Marshall repose sur deux hôpitaux principaux — Majuro (Leroj Atama Medical Center) et Ebeye (Leroj Kitlang Health Center) — complétés par une cinquantaine de dispensaires sur les atolls extérieurs. L’offre couvre bien les soins primaires et une partie des soins secondaires, mais pour les pathologies lourdes ou complexes, les patients doivent être évacués vers des hôpitaux à Hawaii, Guam, Taïwan, Manille ou ailleurs.
Système national et assurance santé locale
Le pays dispose d’un régime national d’assurance divisé en deux volets :
– Basic Insurance : tous les citoyens marshalais y sont automatiquement affiliés. Les expatriés peuvent y accéder s’ils cotisent au système de sécurité sociale (MISSA) depuis au moins un an et disposent de documents d’immigration en règle.
– Supplemental Health Fund : une couverture complémentaire, centrée sur les soins hors‑île et les évacuations médicales. De nombreux expatriés y adhèrent pour sécuriser une éventuelle prise en charge à l’étranger.
Dans les hôpitaux publics, le montant du ticket modérateur ou du forfait journalier reste généralement modeste pour l’usager. Cependant, ce co‑paiement n’est pas uniforme et peut varier en fonction du statut du patient. Par exemple, les personnes bénéficiant d’une prise en charge à 100% (comme pour une affection de longue durée) ou d’une couverture complémentaire spécifique peuvent être exonérées, tandis que d’autres patients devront acquitter un montant qui dépend de leur séjour et des actes pratiqués.
| Type de prestation (hôpital public) | Avec Basic insurance | Sans assurance |
|---|---|---|
| Consultation externe (avec examens, labo) | 5 USD | 20 USD |
| Passage aux urgences | 17 USD | 35 USD |
| Hospitalisation | 10 USD | 110 USD |
L’accès aux évacuations médicales à l’étranger dépend souvent de l’affiliation au régime de base et, pour les expatriés, d’une assurance complémentaire.
Assurance santé internationale : quasi obligatoire pour les expatriés
Pour un résident étranger, surtout s’il vient travailler ou passer sa retraite, une assurance santé internationale solide n’est pas un luxe, mais une nécessité. Les raisons sont simples :
– plateau technique limité pour les pathologies lourdes ;
– évacuations médicales (medevac) extrêmement coûteuses, souvent au‑delà de 100 000 dollars ;
– délais et contingences logistiques liés aux vols internationaux.
Les couvertures à rechercher :
– hospitalisation et soins ambulatoires ;
– prise en charge intégrale ou élevée de l’évacuation médicale d’urgence ;
– couverture dans les pays vers lesquels les patients sont généralement évacués (Philippines, États‑Unis, Taïwan, etc.) ;
– options dentaire, optique, maternité selon le profil.
Plusieurs grands assureurs internationaux (comme AXA Global, Cigna Global, GeoBlue ou April International) proposent des formules santé adaptées aux expatriés dans le Pacifique. Ces formules sont souvent configurables et gérables en ligne. Pour faciliter la comparaison et trouver la meilleure offre qui concilie budget, niveau de franchise et exigences spécifiques du visa, il est recommandé de passer par un courtier spécialisé en assurance expatrié.
Vaccins et certificats médicaux
Avant d’entrer aux îles Marshall, surtout pour un long séjour, il est fortement conseillé de mettre à jour les vaccinations de base : grippe, COVID‑19, tétanos‑diphtérie‑coqueluche (TDAP), rougeole‑oreillons‑rubéole (ROR), varicelle, polio, zona, et d’ajouter si possible hépatites A et B, typhoïde, voire rage pour certains profils à risque.
Les autorités exigent en outre :
– preuve de vaccination contre la rougeole pour les voyageurs entre six mois et environ 62 ans, faute de quoi l’embarquement ou l’entrée peuvent être refusés ;
– certificat médical mentionnant l’absence de VIH et de tuberculose pour les visas de travail ou de résidence.
La vigilance reste de mise face au risque de dengue, de tuberculose ou d’hépatite B, assez présents dans la région. Les mesures de prévention (répulsifs, moustiquaires, suivis médicaux réguliers) font partie des bonnes pratiques pour tout résident.
Douanes, bagages, importations : ce qu’il faut déclarer
Une autre facette des démarches administratives pour vivre aux îles Marshall concerne ce que l’on apporte avec soi : effets personnels, meubles, véhicule, équipements professionnels. Et, à l’inverse, ce qu’il est strictement interdit de transporter.
Enregistrement comme importateur et formalités de base
Pour un particulier qui fait venir un simple déménagement, la procédure reste relativement simple. Mais dès qu’il s’agit d’expédier un volume conséquent ou d’importer pour une activité professionnelle, il faut se familiariser avec les exigences du service des douanes.
Les points clés :
– les nouveaux importateurs doivent se faire enregistrer auprès des autorités douanières, avec :
– numéro fiscal (Tax Account Number – TAN) ;
– justificatifs de création d’entreprise (Business Registration Number, certificat d’incorporation) en cas de société ;
– copie de passeport ou pièce d’identité.
Pour dédouaner des biens, il est impératif de fournir un ensemble complet de documents. Ceux-ci incluent une facture commerciale détaillée, une liste de colisage, les documents de transport (connaissement maritime ou lettre de transport aérien), une preuve des frais de fret et d’assurance, ainsi que tout permis requis d’autres ministères (santé, agriculture, environnement, etc.).
– à l’arrivée de la marchandise, un déclaration formelle doit être déposée auprès du Chief of Revenue and Taxation, avec factures annexées et certificat d’entrée signé et assermenté.
Les navires et avions commerciaux doivent quant à eux déclarer leurs cargaisons et obtenir la clearance douanière à leur premier port d’escale dans la République, avant toute autre opération.
Articles prohibés et restreints
Comme dans beaucoup de pays insulaires, la protection de l’environnement et de la santé publique mène à une liste d’interdictions assez stricte. Parmi les marchandises dont l’importation est interdite :
Les États-Unis interdisent strictement l’importation de stupéfiants, armes à feu, munitions, explosifs, publications pornographiques, produits contrefaits, cigarettes sans avertissement sanitaire américain, pneus usagés, pesticides interdits, canne à sucre coupée, plants et fusils de chasse sous-marins. L’exportation de certains biens culturels ou d’éléments de faune protégée (comme le corail ou les carapaces de tortue) est également réglementée.
D’autres articles restent autorisés mais soumis à permis (animaux, végétaux, pesticides, armes pour usage sportif, médicaments, certains produits alimentaires). Il faut alors obtenir au préalable un feu vert du ministère compétent (santé, agriculture, environnement, police).
Franchise et effets personnels
Les voyageurs de 18 ans et plus bénéficient d’une franchise de base, dans des limites raisonnables, par exemple :
| Articles en franchise (à l’arrivée) | Quantités approximatives autorisées |
|---|---|
| Cigarettes | 2 demi‑cartons |
| Alcools forts et spiritueux | 2 litres |
| Tabac à mâcher | 8 onces |
| Vêtements et effets personnels usagés | Usage typiquement accepté |
Ces franchises visent les voyageurs de passage ou revenant de court séjour, non les importations de meubles complets pour une installation. Pour un nouveau résident qui expédie un déménagement complet, les biens ménagers et effets personnels peuvent être exonérés de certains droits si plusieurs conditions sont remplies : résidence antérieure à l’étranger, achat des biens à l’extérieur, absence de revente prévue à court terme, délai d’importation limité (souvent six mois autour de la date d’installation). Le non‑respect de ces règles entraîne une taxation à l’import, voire des pénalités.
Conduire, acheter un véhicule et respecter le code de la route
Aux îles Marshall, et en particulier à Majuro, le réseau de transport en commun est limité. Pour vivre et travailler au quotidien, beaucoup de résidents se tournent vers le vélo, le taxi… ou la voiture personnelle. Ce choix implique une série de démarches administratives.
Permis de conduire : international ou local
Pour les conducteurs étrangers, la règle de base est la suivante :
– un permis de conduire international (IDP), accompagné du permis national en cours de validité, est recommandé pour conduire dès l’arrivée ;
– un visiteur non résident de plus de 18 ans, titulaire d’un permis étranger valide, peut conduire jusqu’à 30 jours sans examen, dans certains cas ;
– au‑delà, il peut être nécessaire d’obtenir un permis marshalais, sur la base d’un test de vue, d’un examen de conduite et de la présentation de documents (passeport, permis de travail, preuve de résidence locale).
Les informations sur l’obligation de conversion peuvent être contradictoires. Pour un projet d’installation à long terme, il est plus sûr de clarifier directement les exigences auprès de la police locale ou du bureau des licences dès votre arrivée.
Enregistrement du véhicule et assurance
Tout véhicule doit être enregistré auprès du Chief of Police avant d’emprunter les routes publiques. L’enregistrement initial comme les renouvellements (annuels) s’effectuent via un formulaire mentionnant :
– identité et adresse de résidence du propriétaire ;
– description détaillée du véhicule (constructeur, numéro de série, caractéristiques moteur, état neuf ou d’occasion) ;
– titre de propriété ou facture d’achat (pour les véhicules importés, preuve de propriété jugée suffisante par la police) ;
– certificat d’assurance valide couvrant le véhicule.
Les véhicules de plus de cinq ans doivent passer un contrôle technique chaque année. Cette obligation nécessite de prendre un rendez-vous et peut entraîner des réparations si le véhicule n’est pas conforme.
Règles de conduite essentielles
Le code de la route local comporte plusieurs éléments à connaître dès le premier jour :
– circulation à droite ;
– vitesse limitée à environ 40 km/h en zone urbaine, 60 km/h sur les segments hors agglomération ;
– port obligatoire de la ceinture de sécurité pour tous les occupants ;
– port du casque pour les motocyclistes ;
– usage du téléphone limité à un dispositif mains libres ;
– recommandation forte d’éviter de conduire de nuit (éclairage parfois insuffisant, piétons, animaux, chaussées dégradées) ;
– vigilance accrue en raison de la présence de vélos, piétons, et parfois animaux sur la chaussée.
Il n’existe pas de seuil légal de concentration d’alcool dans le sang clairement établi dans les textes disponibles, mais les autorités considèrent la conduite en état d’ivresse comme une infraction grave.
Ouvrir un compte bancaire et gérer ses finances
Vivre aux îles Marshall suppose aussi d’organiser des moyens de paiement adaptés. Le pays utilise le dollar US, mais les solutions de paiement sans contact et cartes bancaires restent moins répandues qu’ailleurs. À Majuro, les établissements acceptant les cartes se multiplient, mais l’économie reste encore largement centrée sur le liquide.
Les banques disponibles et leur profil
Le secteur bancaire domestique est très réduit : huit institutions financières selon le FMI, dont seulement deux banques commerciales accessibles au grand public :
| Banque | Localisation principale à Majuro | Particularités majeures |
|---|---|---|
| Bank of Marshall Islands | Uliga | Banque locale sans garantie fédérale FDIC |
| Bank of Guam (succursale) | Delap | Filiale d’une banque américaine, dépôts assurés FDIC |
Les deux proposent des services de base : comptes à vue, comptes d’épargne, dépôts à terme, services aux particuliers et aux entreprises, ainsi que de l’e‑banking.
Les comptes ouverts à la Bank of Guam bénéficient de la garantie FDIC jusqu’à 100 000 dollars, un élément à considérer si l’on y dépose des sommes importantes. La Bank of Marshall Islands, en revanche, n’est pas couverte par ce dispositif.
Qui peut ouvrir un compte ?
La réglementation bancaire des îles Marshall est relativement ouverte :
Toute personne physique, résidente ou non, peut ouvrir un compte en satisfaisant aux contrôles d’identité (KYC). Les sociétés locales, étrangères et les entités offshore enregistrées ailleurs peuvent accéder aux comptes corporate. Les trusts, fondations et structures fiduciaires, représentés par leurs trustees ou mandataires, sont également éligibles, sous réserve d’une due diligence renforcée.
Il n’y a pas de condition stricte de résidence pour un compte personnel, mais dans les faits, les banques préfèrent des clients capables de justifier un lien réel avec la juridiction (travail, résidence, activités économiques).
Documents à fournir
Les banques doivent respecter les normes internationales de lutte contre le blanchiment (AML) et de connaissance du client (KYC). Pour un particulier, la banque demandera, au minimum :
– passeport en cours de validité (parfois une seconde pièce d’identité) ;
– justificatif de domicile de moins de trois mois (facture d’électricité, relevé bancaire, etc.) ;
– preuve de l’origine des fonds : fiches de paie, attestations d’employeur, déclarations fiscales, actes de vente d’un bien, etc. ;
– parfois une lettre de référence bancaire ou professionnelle, en particulier pour les clients étrangers.
Pour une société (locale ou étrangère), la liste s’allonge :
– certificat d’incorporation, statuts (Articles / Memorandum of Association) ;
– registre des directeurs et des actionnaires, ou attestations d’ayant droit économique ;
– certificats de bonne conduite (Good Standing) pour les entités plus anciennes ;
– pièces d’identité et justificatifs de domicile des dirigeants et bénéficiaires effectifs ;
– résolution du conseil d’administration autorisant l’ouverture du compte ;
– description de l’activité, type de clientèle, prévisions de flux, questionnaire business.
La plupart des documents doivent être en anglais ou accompagnés d’une traduction certifiée, parfois apostillée.
Procédure pratique
Même si la loi n’impose pas une présence physique, certaines banques exigent un entretien en personne, ou au minimum un échange vidéo. Beaucoup d’expatriés passent par des conseils spécialisés (fiduciaires, cabinets d’avocats, sociétés de conseil) qui gèrent le dossier et communiquent avec la banque via procuration.
Le processus suit généralement ces étapes :
1. choix de la banque (locale vs. étrangère, FDIC ou non, services en ligne disponibles) ; 2. collecte et légalisation des documents ; 3. dépôt du dossier complet et éventuel entretien ; 4. analyse de conformité (AML/KYC) par la banque ; 5. ouverture du compte et dépôt initial (montant minimum variable).
Les comptes personnels restent utiles pour gérer les dépenses courantes (loyer, électricité, internet, scolarité, etc.), même si beaucoup d’expatriés préfèrent conserver leur banque principale à l’étranger pour l’épargne et les investissements.
Créer une entreprise et obtenir une licence d’investissement
Certains étrangers choisissent de vivre aux îles Marshall en tant qu’entrepreneurs ou investisseurs. Là encore, le parcours administratif est précis et encadré par plusieurs lois (Business Corporations Act, Foreign Investment Business License Act, etc.).
Structures juridiques et licences
Le pays est un important centre d’enregistrement d’entités offshore, notamment les International Business Companies (IBC) et les sociétés dites « non résidentes domestiques », qui ne paient pas d’impôt local tant qu’elles n’exercent aucune activité sur le territoire marshalais. Mais pour vivre sur place, ces véhicules purement offshore ne suffisent pas : il faut une présence réelle, et donc un statut d’investisseur étranger reconnu.
Les principales composantes du cadre juridique :
La création de sociétés aux Îles Marshall est régie par le Business Corporations Act (1990). Les investissements étrangers sont encadrés par le Foreign Investment Business License (Amendment) Act (2000), qui régit notamment la délivrance de la licence FIBL. Depuis 2019, les sociétés enregistrées doivent satisfaire à des exigences de substance économique (avoir des activités réelles sur place : gestion, personnel, documents, etc.), sauf si elles peuvent prouver une résidence fiscale dans un autre pays.
Pour investir et exercer une activité locale (commerce, services, hôtellerie, etc.), un non‑citoyen doit :
1. obtenir une FIBL auprès du Registrar of Foreign Investment (délai de décision typiquement 7 à 10 jours ouvrés) ; 2. immatriculer sa société (domestique ou entité étrangère enregistrée) auprès du Registrar of Companies ; 3. demander un business license auprès de la municipalité où l’activité sera exercée (par exemple, Majuro).
Les frais de licence dépendent du secteur ; à titre d’illustration, une activité de détail peut se voir facturer autour de 150 dollars de frais de licence, alors qu’une banque paiera plutôt dans les 5 000 dollars annuels.
Démarche synthétique de création
En version simplifiée, la création d’une société exploitante locale se déroule ainsi :
1. Choix et réservation du nom Un nom unique, avec suffixe standard (Ltd., Inc., LLC, etc.), facilement traduisible en anglais ou français, sans termes réglementés (Bank, Insurance…) sans autorisation spéciale. Réservation possible jusqu’à six mois.
Frais d’enregistrement typiques, en dollars, pour le dépôt des statuts d’une société offshore.
3. Numéro d’employeur / fiscal Demande d’un employer identification number auprès de la Marshall Islands Social Security Administration, qui sert aussi de numéro fiscal.
4. Foreign Investment Business License Dossier à remettre au Registrar of Foreign Investment : description détaillée de l’activité, prévisions d’emplois et de formation de citoyens marshalais, structure de propriété, projections financières.
5. Licence municipale Demande de business license auprès de la municipalité concernée, avec présentation de l’incorporation, de la FIBL, et paiement des redevances locales.
Une fois la structure en place et fonctionnelle (bureaux, personnel, comptes bancaires, licences à jour), le dirigeant pourra, le cas échéant, demander un permis de résidence en tant qu’entrepreneur ou investisseur, selon les programmes disponibles.
Fiscalité : ce que doit savoir un résident étranger
Les îles Marshall sont souvent présentées comme un paradis fiscal pour les sociétés offshore, mais pour un individu vivant et travaillant sur place, il existe bel et bien des obligations fiscales.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
L’impôt sur le revenu frappe essentiellement les revenus d’emploi de source marshalaises. Le système est progressif, avec une évolution récente des tranches. Le schéma transitoire évoqué par la réforme prévoit notamment :
– exonération pour les premiers 8 320 dollars annuels ;
– 8 % entre environ 8 321 et 15 600 dollars ;
– 12 % entre 15 601 et 25 999 dollars ;
– 16 % au‑delà de 26 000 dollars annuels.
Auparavant, le barème prévoyait une tranche à 8 % jusqu’à 10 400 dollars puis 12 % au‑delà. Dans tous les cas, l’employeur retient l’impôt à la source via un payroll tax versé toutes les quatre semaines à l’administration.
Date limite pour le dépôt de la déclaration annuelle d’impôts pour les résidents fiscaux.
Impôt sur les bénéfices des entreprises
Les sociétés locales ne sont pas soumises à un impôt classique sur le bénéfice mais à un Business Profits Tax (BPT), calculé sur le chiffre d’affaires brut :
– taux standard de 3 % sur les recettes ;
– précédemment, forfait de 80 dollars sur les premiers 10 000 dollars + 3 % sur l’excédent.
Une réforme à venir prévoit de remplacer progressivement ces taxes sur le chiffre d’affaires par un impôt sur les profits de 20 % pour les firmes dépassant 100 000 dollars de chiffre d’affaires annuel, et de mettre en place une TVA nationale à 10 % autour de 2026.
En parallèle, certains conseils municipaux (Majuro, Kwajalein) appliquent des taxes de vente locales allant de 2 à 4 %, voire 10 % sur certains grossistes.
Employeur et salarié contribuent tous deux à la sécurité sociale marshalaises :
– 8 % du salaire brut à la charge de l’employeur ;
– 8 % à la charge du salarié ;
– contributions plafonnées sur un revenu trimestriel de 5 000 dollars.
Taux de contribution spécifique versée par les entreprises à un fonds de santé, également plafonné.
Autres taxes et droits
Un résident amené à investir dans l’immobilier, importer un véhicule ou consommer des produits spécifiques devra également tenir compte : des régulations fiscales, des normes de sécurité, et des conditions de marché locales.
– de droits de douane (généralement entre 5 et 15 %, avec exonérations sur certains biens essentiels) ;
– de taxes d’accise sur l’alcool, le tabac, les carburants ;
– de taxes foncières et de droits sur les baux immobiliers (taux d’environ 3 % sur certains contrats) ;
– de l’absence de taxe sur les plus‑values en l’état actuel, même si une taxe de 10 % sur les revenus de capitaux (hors dividendes) est envisagée dans la réforme.
La bonne nouvelle : pas de retenue à la source sur dividendes, intérêts ou redevances versés à des non‑résidents, et pas de TVA encore en vigueur au niveau national, même si les taxes de vente locales jouent un rôle similaire sur certains segments.
En conclusion : anticiper, documenter, sécuriser
Les démarches administratives pour vivre aux îles Marshall forment un véritable parcours à plusieurs étages : immigration, travail, santé, douanes, fiscalité, banque, conduite, parfois création d’entreprise. Le pays reste administrativement plus léger que de grands États continentaux, mais la petite taille des services, les distances et la dépendance aux importations imposent une préparation méthodique.
Les points clés à retenir pour un projet viable :
Pour une expatriation réussie, il est crucial de : vérifier dès l’origine la catégorie de visa la plus adaptée (travail, investissement, retraite, famille) et la faisabilité de son obtention au regard de ses revenus et de son profil ; intégrer, dans son budget, un coût de la vie élevé et la nécessité quasi incontournable d’une assurance santé internationale couvrant l’évacuation ; formaliser un cadre juridique clair pour toute activité économique (permis de travail, FIBL, licences et obligations fiscales) ; sécuriser ses flux financiers via un compte bancaire adapté, en comprenant les limites du système local et les complémentarités avec les banques étrangères ; respecter strictement les règles douanières, de circulation et de résidence pour éviter amendes, saisies ou mesures d’éloignement.
Avec ces éléments en main, vivre aux îles Marshall devient un projet sérieux, lucide, et bien plus serein administrativement. L’océan, les lagons et la vie insulaire n’en seront que mieux appréciés.
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