Les transports en commun en Uruguay : le guide pratique pour se déplacer comme un local

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Si l’Uruguay attire pour ses plages, son ambiance tranquille et ses traditions de mate et d’asado, la clé d’un séjour réussi tient aussi à un détail très concret : comment se déplacer. Dans ce pays largement urbain – près de 95 % de la population vit en ville, dont environ la moitié dans la région de Montevideo – les transports en commun structurent la vie quotidienne autant que les déplacements des visiteurs.

Bon à savoir :

L’Uruguay dispose d’un réseau de transport globalement fiable et abordable, comprenant bus, taxis, VTC (Uber, Cabify), quelques trains, et des ferries vers l’Argentine, avec une électrification croissante. Cependant, il faut noter des disparités d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, des différences entre Montevideo et les petites villes, des réseaux ruraux limités et une application inégale des réglementations.

Ce guide pratique vise à donner une vision claire et concrète des transports en commun en Uruguay, avec un focus particulier sur Montevideo et les liaisons interurbaines, tout en intégrant les enjeux d’accessibilité, d’environnement et de sécurité.

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Comprendre le paysage des transports en Uruguay

L’Uruguay est un petit pays par la taille mais largement équipé en infrastructures : près de 78 000 km de routes, plus de 1 600 km de voies navigables et un réseau ferroviaire d’environ 1 600 à 2 900 km selon qu’on considère les tronçons actifs ou non. Malgré cette diversité, un mode domine de très loin : le bus.

Les lignes régulières relient les grandes villes comme Montevideo, Punta del Este, Colonia del Sacramento, Salto ou Paysandú aux localités moyennes et à de nombreuses stations balnéaires. La plupart des trajets interurbains ne dépassent pas six heures, ce qui rend le bus compétitif par rapport à l’avion sur les distances internes.

Attention :

Le réseau ferroviaire uruguayen, centré sur Montevideo, offre très peu de services passagers. Hormis une liaison régionale dans le nord et quelques trains touristiques, l’offre a quasiment disparu. Le service de banlieue à Montevideo est suspendu pour plusieurs années. Le train n’est donc pas un pilier du transport quotidien.

En revanche, les routes et le transport routier concentrent l’essentiel des flux, y compris le fret. Ce choix historique, combiné à la montée en puissance de la voiture et de la moto, a généré dans les grandes agglomérations des problèmes de congestion et de pollution, que les autorités tentent désormais d’endiguer par une politique active de mobilité durable et d’électromobilité, en particulier à Montevideo.

Les bus urbains à Montevideo : la colonne vertébrale des déplacements

Dans la capitale, les bus – ómnibus en espagnol – constituent la forme de transport public quasi exclusive. Il n’y a ni métro ni tramway, mais un vaste maillage de lignes opéré par plusieurs entreprises privées sous régulation municipale. On compte environ 141 lignes et 8 grands pôles d’échanges.

Comment fonctionne le réseau STM

Le système de transport métropolitain de Montevideo, le STM (Sistema de Transporte Metropolitano), couvre la capitale et une partie du département voisin de Canelones. Plusieurs compagnies y participent, les plus connues étant Cutcsa, COETC, COME, UCOT, Copsa et d’autres opérateurs plus petits. Ensemble, elles assurent un service de première heure du matin jusqu’à tard le soir, avec des fréquences soutenues sur les principaux axes.

Sur les grands corridors comme l’avenida 18 de Julio ou l’avenida Brasil, les bus passent toutes les 6 à 12 minutes aux heures de pointe, et plutôt toutes les 12 à 20 minutes en journée creuse. Le week-end, les fréquences se détendent mais restent correctes sur les lignes majeures, souvent entre 15 et 25 minutes, avec une réduction après 22 h.

Le réseau dessert les quartiers centraux (Ciudad Vieja, Centro, Cordón), les zones résidentielles plus récentes (Pocitos, Punta Carretas, Malvín, Carrasco) et les principaux pôles d’activité, notamment le terminal Tres Cruces, grand carrefour des bus urbains et interurbains. Des lignes de nuit assurent aussi une continuité minimale entre le centre et les zones littorales.

Tarifs, carte STM et billets combinés

Le système tarifaire repose sur une combinaison de paiement à l’unité et de cartes à puce rechargeables, avec une politique claire d’incitation à l’usage de la carte.

On peut résumer la structure des billets urbains comme suit :

Type de billet (Montevideo)Moyen de paiementPrix indicatif (UYU)Particularités
Ticket « común » (standard)Carte STM≈ 33–46Tarif réduit par rapport au cash
Ticket « común » (cash)Espèces (pesos)≈ 52–56Paiement au conducteur
Billet 1 heure (« 1 hora »)Carte STM≈ 30Changements illimités pendant 1 h
Billet 2 heures (« 2 horas »)Carte STM≈ 49Changements illimités pendant 2 h
Trajet « céntrico » sur 18 de JulioSTM ou cashLégèrement moins cherValable sur l’axe Tres Cruces–Independencia

Les montants exacts évoluent avec le temps, mais les ordres de grandeur restent modestes à l’échelle internationale : autour de 1,2 à 1,5 USD le trajet en paiement direct, un peu moins avec la carte.

Astuce :

Voici quelques conseils pratiques pour optimiser votre expérience : assurez-vous de bien comprendre les instructions, organisez votre travail de manière efficace, et n’hésitez pas à demander des clarifications si nécessaire. Ces astuces simples peuvent vous aider à gagner du temps et à améliorer vos résultats.

Seule la monnaie locale, le peso uruguayen (UYU), est acceptée à bord.

– Le paiement par carte de crédit ou de débit directement dans le bus est en général impossible, même si certains véhicules commencent à tester les paiements électroniques.

– Les conducteurs n’ont pas toujours beaucoup de monnaie ; mieux vaut monter avec de petites coupures et des pièces.

– Après paiement, une souche papier est imprimée : il faut la garder jusqu’à la fin du trajet, en cas de contrôle.

La carte STM est la solution la plus pratique pour qui reste quelques jours ou plus. Elle se demande sur présentation d’un passeport dans les points agréés : agences de transport, kiosques, certains terminaux urbains et surtout les magasins Abitab – ces derniers étant fermés le dimanche. La carte est parfois gratuite, parfois assortie de frais d’émission faibles, mais dans tous les cas elle permet de réduire le coût de chaque trajet et d’accéder aux billets d’1 ou 2 heures avec correspondances illimitées.

Le solde de la carte ne périme pas et peut être rechargé en espèce ou par carte dans les mêmes points, voire via des applications d’opérateur ou des supermarchés. Cette flexibilité en fait un outil indispensable pour circuler sans se soucier de trouver de la monnaie à chaque montée.

Monter, descendre, se repérer : les codes à connaître

Pour un voyageur étranger, les bus de Montevideo restent simples à utiliser à condition de maîtriser quelques usages implicites. D’abord, il faut presque toujours signaler le désir de monter en faisant un signe clair au conducteur à l’approche du bus : sans cela, le véhicule peut ne pas s’arrêter, surtout si l’arrêt n’est pas très fréquenté.

Bon à savoir :

Le paiement s’effectue directement auprès du conducteur ou du receveur en montant à bord. Pour descendre, il faut appuyer sur un bouton d’arrêt situé près des portes ou le long des barres, et ce, plusieurs pâtés de maisons avant sa destination. Les arrêts sont généralement annoncés par des afficheurs ou par habitude, mais il est recommandé de suivre son trajet via une application comme Google Maps ou Moovit pour plus de sécurité.

Les arrêts eux-mêmes ne sont pas toujours parfaitement signalés, surtout en dehors des axes majeurs. L’application officielle de la ville « Cómo ir » ou Moovit permet de repérer les arrêts proches, d’estimer les temps d’attente et d’afficher les itinéraires à pied ou en bus. « Cómo ir » accepte des recherches par adresse, carrefour, lieu d’intérêt ou numéro de ligne, ce qui est très précieux lorsqu’on ne maîtrise pas bien la toponymie locale.

Un détail culturel amusant : il n’est pas rare que des musiciens ou chanteurs montent dans le bus pour interpréter un morceau. Il est de bon ton d’applaudir s’ils vous ont plu, voire de leur laisser une petite pièce, même si rien n’y oblige.

L’accessibilité en ville : avancées et limites

Montevideo est souvent présentée comme la ville la plus accessible du pays pour les personnes en fauteuil roulant. Ses trottoirs sont globalement larges, beaucoup de carrefours disposent de bateaux de trottoir (abaissés), la Rambla – cette promenade côtière d’environ 13 à 14 miles – offre un revêtement régulier et adapté aux déplacements roulants, et de nombreuses plages et parcs sont équipés de rampes.

Exemple :

Dans les quartiers historiques comme la vieille ville de Montevideo ou le centre de Colonia del Sacramento, des rampes et des parcours aménagés ont été installés pour améliorer l’accessibilité. Cependant, ces aménagements sont souvent dégradés (trous dans les trottoirs, rampes abîmées, présence d’excréments de chiens) et offrent un confort inférieur à celui des zones plus récentes comme Pocitos ou Punta Carretas.

Sur le plan des transports eux-mêmes, si Montevideo compte des bus à plancher bas, ils demeurent minoritaires à l’échelle du réseau, et la ville n’a pas encore atteint le niveau d’accessibilité prévu par la loi. Dans le reste du pays, les bus interurbains sont en général dépourvus de rampes ou de dispositifs adaptés, ce qui limite considérablement l’autonomie des voyageurs en fauteuil.

Certains progrès existent toutefois : des taxis équipés de rampes circulent à Montevideo, mais il est vivement conseillé de les réserver à l’avance. Des compagnies privées se spécialisent dans les circuits accessibles, à l’image d’Accessible Uruguay Tours, qui propose des itinéraires adaptés avec véhicules modifiés. Sur les liaisons maritimes avec Buenos Aires, des ferries accessibles opèrent également, ce qui ouvre une porte plus aisée d’entrée et de sortie du pays pour les personnes à mobilité réduite.

Les bus interurbains : le meilleur moyen de parcourir le pays

Au-delà de Montevideo, le bus reste l’outil numéro un pour relier les différentes régions. Le pays a misé historiquement sur cette forme de transport, et il en résulte un maillage efficace permettant de rejoindre la plupart des villes et de nombreuses stations balnéaires ou thermales.

Grandes compagnies et niveau de confort

Plusieurs entreprises se partagent le marché des liaisons longues distances, les plus citées étant COT, Turil, Agencia Central, COPSA, Núñez, Rutas del Sol, Chadre ou encore EGA sur les liaisons internationales. Elles opèrent depuis le terminal central Tres Cruces de Montevideo, qui fait aussi office de centre commercial, avec cafés, boutiques et guichets de chaque compagnie.

Les autocars sont généralement modernes : air conditionné, sièges inclinables de type semi-cama, soutes à bagages inspirées des normes aériennes, parfois Wi-Fi et toilettes à bord. Selon les compagnies et les classes, ce confort peut monter encore d’un cran, certaines offres « premium » incluant davantage d’espace pour les jambes ou des services additionnels.

Quelques exemples donnent une idée des temps de parcours et des prix :

TrajetCompagnies courantesDurée approximativePrix indicatif
Montevideo – Colonia del SacramentoCOT, Turil, DCOM Travel≈ 2 h 10 (trajet rapide)≈ 360 UYU (~13 USD)
Montevideo – Punta del EsteCOT, COPSA, autres≈ 2 h (trajet le plus rapide)Variable, modéré
Montevideo – Treinta y TresDivers opérateurs≈ 4 h≈ 17 USD l’aller simple
Montevideo – Salto / PaysandúCOT, Agencia Central, etc.5–6 h selon les arrêtsTarifs intermédiaires

Les bus dits « lecheros » marquent un grand nombre d’arrêts intermédiaires. Ils sont utiles pour atteindre une multiplicité de petites localités mais rallongent le temps de voyage. À l’inverse, certaines liaisons express ne s’interrompent que dans les grandes villes, ce qui permet de garder des temps de parcours très compétitifs.

Réservation, achat de billets et saisonnalité

Pour préparer ces trajets, le passage par le site du terminal Tres Cruces est souvent incontournable. Celui-ci centralise les horaires de toutes les compagnies au départ ou à l’arrivée de Montevideo. On y recherche par ville de départ (Origen), destination (Destino), et l’on peut filtrer par compagnie (Empresa), vérifier la durée du voyage (Duración) et le prix (Precio).

Bon à savoir :

Des plateformes comme AndesTransit, Busbud, CheckMyBus, horariosdeomnibus.org ou bookbusworld.com permettent de consulter, comparer et parfois réserver des trajets en bus en ligne. Il est utile de noter que leurs interfaces peuvent être uniquement en espagnol.

L’achat de billet peut se faire :

Directement au guichet des compagnies dans les terminaux (Montevideo ou villes de province).

En ligne sur les sites des opérateurs (COT, Turil, etc.), avec sélection du siège dans certains cas.

– Par téléphone, certaines compagnies acceptant de réserver sur simple nom et éventuellement numéro de passeport, avec obligation de retirer et payer le billet au plus tard 30 minutes avant le départ.

Attention :

En dehors des périodes de pointe, la réservation à l’avance n’est pas indispensable car la fréquence des bus permet généralement de trouver une place le jour même. Cependant, il est fortement recommandé d’acheter son billet au moins 24 heures à l’avance pendant les périodes de forte affluence : Noël, Nouvel An, Carnaval, la Semaine de Pâques (ou Semaine Touristique) et la haute saison balnéaire (décembre-février). Cette précaution est particulièrement importante sur les axes très prisés comme Montevideo–Punta del Este ou Montevideo–Colonia.

Un point à connaître : certains opérateurs acceptent des passagers debout en haute saison ou sur des trajets de courte distance. Cette pratique, fréquente dans la région, n’est pas idéale en termes de confort ni de sécurité et vaut mieux être évitée si possible.

Liaisons internationales et ferries combinés

L’Uruguay étant coincé entre l’Argentine et le Brésil, les liaisons transfrontalières sont nombreuses et variées. Les plus connues sont celles qui relient Montevideo et Colonia del Sacramento à Buenos Aires, souvent via des ferries rapides comme Buquebus ou Colonia Express. Ces opérateurs proposent parfois des billets combinés ferry + bus, par exemple Buenos Aires – Colonia – Punta del Este.

Bon à savoir :

Des lignes de bus directes relient Montevideo à des villes comme Porto Alegre, Foz do Iguaçu, Rosario et d’autres villes moyennes argentines et brésiliennes. Ces départs sont principalement concentrés au terminal Tres Cruces. Les contrôles migratoires respectent les règles en vigueur, mais le passage de la frontière reste généralement simple pour les passagers.

Accessibilité des bus longue distance

C’est l’un des points noirs du système : les autocars interurbains ne sont, dans leur grande majorité, pas équipés pour accueillir des fauteuils roulants à bord. Les voyageurs en situation de handicap se retrouvent donc dépendants des transferts manuels (montée avec assistance, fauteuil rangé en soute) ou doivent recourir à des voitures privées adaptées.

Cette situation a été pointée par le Comité des Nations unies sur les droits des personnes handicapées, qui relève une absence d’accessibilité complète dans les transports et l’absence d’autorité nationale forte chargée de contrôler le respect des normes. Une loi globale de protection des personnes handicapées, la loi 18.651, est pourtant en vigueur depuis 2010, et l’Uruguay a ratifié la Convention internationale correspondante en 2008. Le problème se situe davantage du côté de l’application et du suivi que de l’absence de cadre légal.

Des initiatives ponctuelles existent néanmoins. Par exemple, la municipalité de Maldonado a annoncé en 2024 la prise en charge, à hauteur de 300 000 dollars, des billets de transport pour les personnes handicapées, après qu’un décret présidentiel sur la gratuité des trajets suburbains et inter-départementaux n’a pas été effectivement mis en œuvre. Ce type de mesure reste toutefois localisé, à défaut d’un plan national coordonné.

Taxis, VTC et applications locales : compléter le réseau

Pour les trajets plus courts, les dessertes tardives ou les liaisons entre quartiers faiblement connectés, le taxi et les VTC tiennent un rôle important, surtout à Montevideo et dans les grandes villes balnéaires comme Punta del Este.

Taxis : comment les utiliser sans mauvaise surprise

Les taxis urbains sont en général perçus comme sûrs et relativement abordables dans le contexte local. À Montevideo, les véhicules officiels sont noirs et jaunes. On peut les héler dans la rue, les prendre à une station ou les commander par téléphone via des centrales comme Celeritas (1919) ou Radio Taxi Punta Gorda (1771).

Bon à savoir :

Un taxi libre est signalé par une lumière rouge allumée sur le pare-brise avant. Les véhicules sont équipés de compteurs, mais le tarif affiché correspond à une référence sur une carte plastifiée, à laquelle il faut ajouter une somme fixe d’environ 108 pesos (environ 3 USD). Il est conseillé de consulter cette grille tarifaire pour vérifier le montant à payer. Une majoration de 25 à 50 % peut s’appliquer en soirée et les week-ends.

En pratique, une course de 10 à 15 minutes coûte aux alentours de 6 USD. Le trajet entre l’aéroport international de Carrasco et la vieille ville de Montevideo est nettement plus onéreux : des témoignages évoquent un prix de l’ordre de 66 USD via les taxis officiels de l’aéroport, quand un Uber pour la même distance est facturé autour de 42 USD.

Quelques conseils pragmatiques s’imposent :

Demander une estimation du prix avant de monter, surtout si l’on transporte des bagages volumineux.

– Vérifier que le compteur fonctionne et qu’il est bien enclenché.

– Éviter les gros billets (par exemple 1 000 pesos) pour les petites courses ; mieux vaut avoir de la monnaie ou des coupures de 100 ou 200 pesos.

– En l’absence de coffre utilisé par le chauffeur, les bagages sont souvent posés sur le siège avant ; seuls les très gros sacs vont dans le coffre.

Le pourboire n’est ni automatique ni obligatoire, mais toujours apprécié si le conducteur a été serviable.

Uber, Cabify et co. : VTC en plein essor

Les services de VTC ont pris une place significative dans la mobilité urbaine uruguayenne, avec Uber en tête de file depuis son lancement à Montevideo en 2016. Cabify est également présent, tout comme des applis de covoiturage ou de bus comme BlaBlaCar, ou encore des solutions de taxi local comme « Voy en Taxi » et « Taxi Uruguay ».

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Uber a enregistré jusqu’à 110 000 utilisateurs actifs par semaine en Uruguay au troisième trimestre 2023.

En pratique, Uber et Cabify sont souvent plus économiques que les taxis traditionnels pour des trajets urbains, avec en plus l’avantage de connaître le tarif estimé avant la course et de payer par carte directement dans l’application. Les autorités encadrent ces services pour en aligner les standards de sécurité sur ceux des taxis, en imposant notamment des contrôles sur les conducteurs. Comme ailleurs, il est recommandé de vérifier la plaque et la photo du chauffeur avant de monter, et d’utiliser les fonctions de partage de trajet pour plus de tranquillité, surtout la nuit.

Applis locales de taxi : Voy en Taxi et Taxi Uruguay

Outre les géants internationaux, l’Uruguay a vu émerger ses propres applications de mise en relation avec des taxis :

Applications de Taxi en Uruguay

Deux applications populaires pour commander un taxi de manière formelle et suivie en Uruguay.

Voy en Taxi

Développée par FRITZ S.R.L., cette application permet de demander un taxi partout dans le pays avec géolocalisation. Elle ne travaille qu’avec des chauffeurs formels, affiche le déplacement en temps réel et envoie une alerte sonore à l’arrivée. Téléchargée plus de 100 000 fois.

Taxi Uruguay

Fonctionne sur un principe similaire : l’usager confirme sa position, l’application lui montre le chauffeur et le véhicule attribués, ainsi que leur progression jusqu’au point d’embarquement.

Ces outils intéressent particulièrement ceux qui ne souhaitent pas utiliser Uber ou qui privilégient des taxis officiels précommandés, notamment en soirée ou pour des déplacements avec bagages.

Trains : un réseau surtout dédié au fret, avec une seule véritable ligne voyageurs

Le réseau ferroviaire uruguayen est paradoxal : historiquement étendu, standardisé (1 435 mm de largeur de voie, traction diesel sur la totalité des lignes, à une seule exception en double voie), il ne dessert aujourd’hui que marginalement les voyageurs. La moitié des quelque 2 900 km sont en service, principalement pour le fret, et les services voyageurs réguliers ont été drastiquement réduits.

État actuel du rail passager

Depuis plusieurs années, une seule véritable ligne de train voyageurs fonctionne de façon régulière : la liaison Tacuarembó–Rivera, dans le nord du pays, opérée cinq fois par semaine par l’AFE (Administración de Ferrocarriles del Estado). Le trajet de 110 km dure environ 2 h 10, avec des tarifs proportionnels à la distance : 55 pesos minimum pour 35 km, et jusqu’à environ 200 pesos pour un Tacuarembó–Rivera complet.

Les billets ne peuvent être achetés qu’aux gares ; aucune vente en ligne, par application ou par téléphone n’est disponible. Il n’existe pas non plus de système de réduction type railpass, de classes de confort différenciées ni d’informations détaillées sur la franchise bagages ou le transport de vélos. On est loin des standards ferroviaires européens, et l’offre reste très locale.

Bon à savoir :

Les derniers services ferroviaires de banlieue de Montevideo sont suspendus pour au moins trois ans en raison de grands travaux sur la ligne du Ferrocarril Central vers Paso de los Toros. Historiquement, la capitale était reliée par train à des villes comme 25 de Agosto, Florida, San José et Ingeniero Victor Sudriers, mais ces liaisons ont été fermées progressivement.

Pour les amateurs de patrimoine, quelques trains touristiques circulent ponctuellement, notamment ceux du Musée du Chemin de Fer de Montevideo, qui font rouler des locomotives anciennes sur de courtes distances à des fins culturelles.

Modernisation du rail et grands projets

Malgré cette faible place du train dans le transport quotidien, l’Uruguay n’a pas abandonné son réseau. Au contraire, le pays a engagé une modernisation profonde centrée sur le fret, notamment à travers le projet Ferrocarril Central : 273 km de ligne réhabilitée ou construite entre le port de Montevideo et Paso de los Toros, avec 343 km de nouvelles voies, 128 ponts en béton, six tranchées et la mise à niveau d’environ 250 passages à niveau.

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Capacité annuelle de transport de marchandises du projet, en millions de tonnes.

Parmi les priorités figurent la rénovation du pont ferroviaire sur le Río Negro – un goulet d’étranglement majeur –, l’entretien lourd du corridor Paso de los Toros–Rivera, la réouverture envisagée de la ligne Peñarol–José Pedro Varela (290 km), essentielle pour l’exportation de riz, ainsi que l’amélioration des connexions ferroviaires au port de Montevideo et à la raffinerie de La Teja. Des investissements en signalisation et en automatisation des passages à niveau sont également prévus.

À plus long terme, des études menées avec des financements internationaux esquissent la possibilité d’un retour de services voyageurs plus ambitieux, par exemple sur la ligne Montevideo–Florida/Progreso, avec une estimation de fréquentation allant de 19 500 à 37 700 passagers par jour selon le niveau de tarification. Mais cela reste du domaine de la prospective, sans calendrier ferme à ce stade.

Pour les voyageurs d’aujourd’hui, le bilan est simple : la quasi-totalité des déplacements interurbains se fait en bus, et l’usage du train reste anecdotique.

Ferries, avions et voitures : les autres pièces du puzzle

Même si ce guide se concentre sur les transports en commun terrestres, il est difficile de comprendre l’écosystème sans évoquer les ferries, l’avion et la voiture, qui jouent chacun un rôle spécifique.

Ferries sur le Río de la Plata

Les ferries rapides entre l’Uruguay et l’Argentine sont une composante essentielle des flux touristiques. Des compagnies comme Buquebus ou Colonia Express relient Buenos Aires à Montevideo ou à Colonia del Sacramento, souvent en combinant la traversée avec des bus vers d’autres destinations uruguayennes comme Punta del Este ou Piriápolis.

Les navires sont modernes, confortables et, pour certains, dotés d’aménagements pour fauteuils roulants. Ils constituent une alternative agréable à l’avion pour passer d’une capitale à l’autre, avec en prime la vue sur l’estuaire du Río de la Plata.

Carrasco, hub aérien modeste mais moderne

L’aéroport international de Carrasco, à une quarantaine de minutes du centre de Montevideo, gère un peu plus de 1,5 million de passagers par an. De là partent la majorité des vols internationaux, opérés par des compagnies comme Aerolíneas Argentinas, Air Europa, American Airlines, Copa, LATAM ou Gol, parmi d’autres.

75-100

Le coût moyen en USD d’un segment de vol domestique, un prix bien supérieur à celui du bus.

Depuis ou vers l’aéroport, on peut emprunter :

Options de transport depuis l’aéroport

Plusieurs moyens de transport sont disponibles pour rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport, adaptés à différents budgets et besoins.

Lignes de bus urbains

Les lignes (700, 701, 703, 704, 705, 710, 711, 724) desservent la ville. Fréquence pouvant atteindre 7 minutes en journée. Tarif : environ 3 USD.

Taxis officiels

Option plus chère mais disponible immédiatement à la sortie des terminaux.

VTC (Uber, Cabify)

Disponibles si le service est actif dans la zone. Réservation via application.

Navettes partagées ou privées

Service pratique, souvent avec réservation. Tarif : entre 35 et 45 USD par personne.

Voiture de location : utile hors des grands axes

Louer une voiture permet de s’aventurer plus facilement dans les zones rurales, les parcs naturels ou les petits villages côtiers mal desservis par les bus. Les routes principales, notamment les autoroutes entre Montevideo, Colonia, Punta del Este ou Canelones, sont en bon état. En revanche, dans certaines régions, la chaussée peut se dégrader rapidement, les nids-de-poule et l’absence de signalisation claire demandant une conduite prudente.

La location reste relativement coûteuse et suppose de satisfaire plusieurs conditions : avoir au moins 21 ans, un permis valide depuis au moins deux ans, un passeport, une carte de crédit et, fréquemment, un permis de conduire international. Les véhicules sont majoritairement à boîte manuelle.

Pour un séjour urbain centré sur Montevideo, la voiture est souvent superflue : la combinaison bus + marche + VTC couvre l’essentiel des besoins, avec moins de stress lié au stationnement ou aux risques de bris de vitres.

Accessibilité, environnement, données : les grands enjeux autour des transports

Au-delà de la question « comment prendre tel bus ou tel taxi », les transports en commun en Uruguay résument plusieurs débats de fond : la place des personnes handicapées, l’empreinte carbone et la gouvernance de la mobilité.

Accessibilité et droits des personnes handicapées

L’Uruguay dispose d’un cadre juridique avancé en matière de handicap (ratification de la Convention de l’ONU, loi 18.651 sur la protection des personnes handicapées), mais la mise en œuvre effective peine à suivre. Le Comité onusien a notamment souligné :

L’absence d’accessibilité complète dans le transport, qu’il soit urbain ou interurbain.

Le manque de structure nationale forte pour contrôler et sanctionner les manquements aux normes.

– Le lien entre inaccessibilité des transports, difficultés d’accès aux opportunités économiques et maintien d’un cercle pauvreté–handicap, mis en évidence par des données issues du système d’information social SIIAS.

Des études locales montrent également des inégalités dans la proximité des arrêts de bus : à Montevideo, plus de 95,5 % de la population vit à moins de 400 m d’un arrêt, mais cette couverture est un peu moindre chez les jeunes et les hommes, signe de disparités territoriales et sociales.

Bon à savoir :

Le recensement de 2023 intègre des questions standardisées du Groupe de Washington sur le handicap. Ces nouvelles données permettront d’affiner les diagnostics et d’orienter des politiques publiques plus robustes.

Transition énergétique : l’offensive des bus électriques

Le secteur des transports pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre en Uruguay : environ 41 % des émissions liées à l’énergie, soit plus de 4 Mt CO2e par an et quelque 1,17 tonne par habitant. Cela alors même que la matrice électrique nationale est à près de 98 % renouvelable. Autrement dit, électrifier les véhicules – bus en tête – offre un levier particulièrement efficace pour décarboner la mobilité.

Montevideo a ainsi engagé un effort important d’introduction de bus 100 % électriques. Une première flotte de 50 véhicules a été déployée, avec le soutien du Renewable Energy Innovation Fund (REIF), un programme onusien appuyé par l’État uruguayen et plusieurs grandes banques (BBVA, BROU, Santander, HSBC, Itaú, etc.). Un investissement direct d’environ 1 million de dollars de ce fonds a catalysé au total 13 millions de dollars d’investissements, selon les chiffres publiés, et chaque 1 000 dollars investis permettrait d’éviter environ 43 tonnes de CO2 par an. Ces 50 bus évitent à eux seuls plus de 42 000 tonnes de CO2 par an.

Bon à savoir :

L’électrification des usages, en Uruguay, est particulièrement efficace pour réduire les émissions car l’électricité du pays est quasi intégralement produite à partir de sources renouvelables. Remplacer les carburants fossiles par cette électricité verte permet donc une réduction réelle des émissions, et pas seulement un déplacement de celles-ci.

Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large, la Politique Nationale de Mobilité Urbaine (NUMP), cofinancée par l’Union européenne via le programme EUROCLIMA+ et pilotée, entre autres, par le ministère de l’Industrie et de l’Énergie et la direction nationale de l’Énergie. Les objectifs : renforcer les capacités de planification de la mobilité durable, intégrer l’électromobilité dans les documents d’urbanisme, créer des instruments financiers pour renouveler les flottes et former les acteurs locaux. Un guide national de planification de la mobilité urbaine durable, un guide de l’électromobilité et un avant-projet de politique nationale ont déjà vu le jour.

Dans ce cadre, la promotion du bus électrique à Montevideo n’est qu’un début : à terme, l’idée est de déployer des solutions similaires dans d’autres villes et de coupler cette transition à des mesures de requalification des espaces publics, de réduction de la vitesse et d’amélioration des réseaux cyclables.

Sécurité et conseils pratiques pour utiliser les transports en commun

L’Uruguay est considéré comme l’un des pays les plus sûrs d’Amérique du Sud, avec un niveau de risque global faible pour les voyageurs. Les bus publics, les taxis enregistrés et les ferries sont globalement fiables. Mais comme partout, certaines précautions s’imposent, en particulier dans les lieux très fréquentés.

Risques courants et zones à vigilance

Les risques les plus fréquents concernent les petits vols et les pickpockets, notamment dans les terminaux de bus comme Tres Cruces, les quartiers touristiques de Montevideo (Ciudad Vieja, 18 de Julio, port) ou les stations balnéaires en haute saison (Punta del Este, Rocha, Colonia). Il est recommandé de :

Astuce :

Pour assurer votre sécurité, gardez toujours vos effets personnels (sac, téléphone, documents) près de vous dans les bus et les gares. Évitez de montrer de fortes sommes d’argent ou des objets de grande valeur en public. Lorsque vous utilisez un distributeur automatique, privilégiez ceux situés à l’intérieur des banques ou des centres commerciaux. Si vous êtes en voiture, pensez à fermer les vitres et à verrouiller les portes, particulièrement lorsque vous êtes à l’arrêt, comme aux feux rouges.

La nuit, certains quartiers de Montevideo concentrent davantage d’incidents et demandent un surcroît de prudence. Les autorités déploient une police touristique dans les zones les plus fréquentées par les visiteurs (Centro, Ciudad Vieja, Rodó, Pocitos, Punta Carretas), mais il demeure sage de privilégier taxis et VTC plutôt que la marche dans les secteurs peu animés.

Conseils concrets pour les usagers

Pour tirer le meilleur parti des transports en commun uruguayens, quelques recommandations simples font la différence :

Attention :

Pour des déplacements sûrs et pratiques, prévoyez de petites coupures pour les bus et taxis, apprenez quelques phrases en espagnol, et utilisez des applications de navigation. Conservez votre ticket de bus urbain jusqu’à la descente et réservez à l’avance pour les trajets interurbains en haute saison. En cas de besoin particulier, vérifiez l’accessibilité auprès des compagnies à l’avance. Pour les VTC, confirmez l’identité du conducteur et partagez votre trajet lors de courses nocturnes.

Conclusion : un réseau bus-centré, abordable et en pleine mutation

Les transports en commun en Uruguay s’articulent largement autour du bus, avec un réseau urbain dense à Montevideo, des liaisons interurbaines confortables et bon marché, et une offre internationale bien connectée à l’Argentine via les ferries. Taxis et VTC complètent ce dispositif, de même que quelques lignes ferroviaires régionales et une offre aérienne concentrée sur Montevideo.

Pour un voyageur étranger, la combinaison carte STM + bus urbains + autocars longue distance suffit dans la quasi-totalité des cas, sans besoin de louer une voiture, sauf à vouloir explorer des coins très reculés. Les prix restent modérés, la sécurité globalement satisfaisante, et les outils numériques (applications de mobilité, sites de terminaux) facilitent grandement l’organisation des trajets.

Bon à savoir :

L’Uruguay doit relever plusieurs défis : combler le retard en accessibilité, proposer des alternatives à la voiture dans les petites villes, étendre la transition électrique hors de Montevideo et redéfinir le rôle du rail au-delà de la logistique. Cependant, le pays bénéficie d’atouts majeurs : une production électrique quasi intégralement renouvelable, une culture de planification concertée et un marché des transports publics déjà structuré autour du bus, un mode facile à transformer.

Pour qui accepte de se glisser dans ce système, d’attraper un omnibus à Montevideo, de réserver un autocar vers Punta del Este sur le site de Tres Cruces ou de tester un VTC local à la sortie d’un restaurant, les transports en commun uruguayens deviennent vite plus qu’un simple moyen de locomotion : une façon d’approcher la vie quotidienne d’un pays où le bus, plus qu’ailleurs, fait encore office de grande salle commune en mouvement.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Uruguay, Portugal, Grèce, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Uruguay pour sa fiscalité favorable aux nouveaux résidents (régime de “tax holiday” sur certains revenus étrangers, absence d’impôt sur la fortune), son stabilité politique et un coût de vie inférieur à Paris (Montevideo ~30–40 % moins cher). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence fiscale avec achat d’une résidence principale ou investissement local, couverture santé (coordination CNAS/CPAM et système uruguayen), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), appui à l’intégration (avocat, immigration, réseau francophone) et intégration patrimoniale internationale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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