S’installer dans un nouveau pays, c’est toujours se poser la même question : « Et si je tombe malade, comment ça se passe ? ». En Uruguay, la réponse est plutôt rassurante. Ce petit pays d’Amérique du Sud, souvent cité comme l’un des plus stables et les plus sûrs de la région, s’est doté d’un système de santé robuste qui rivalise avec celui de nombreux pays développés. Pour un expatrié, c’est à la fois une chance et… un vrai casse-tête tant l’offre est riche et atypique, notamment avec le fameux système des mutualistas.
L’article détaille le fonctionnement, les coûts et les options (public, privé, mutualistas, assurances internationales) du système de santé uruguayen pour les expatriés, en fournissant des informations concrètes et chiffrées.
Un système de santé solide et accessible
L’Uruguay a la réputation d’être l’un des pays les plus avancés d’Amérique latine en matière de protection sociale. Classé pays à revenu élevé par l’ONU, doté d’une démocratie stable et d’un faible niveau de corruption, il a construit au fil des décennies un système de santé qui couvre quasiment toute la population.
Le système de santé uruguayen est structuré autour de trois acteurs principaux : le secteur public (ASSE), les mutualistas (coopératives ou mutuelles privées liées à des hôpitaux) et les assureurs privés traditionnels, locaux ou internationaux. Cette organisation est coordonnée par le Système National Intégré de Santé (SNIS) et financée principalement par le Fonds National de Santé (FONASA), dont les ressources proviennent de l’État, des employeurs et des salariés.
Ce modèle produit des indicateurs de santé proches de ceux de pays développés : espérance de vie autour de 78 ans, taux de mortalité infantile inférieur à 7 pour 1 000, couverture vaccinale élevée. Le ratio de médecins par habitant (entre 4,6 et plus de 5 médecins pour 1 000 habitants selon les sources) figure parmi les plus élevés de la région. Autrement dit, pour un pays d’un peu plus de 3 millions d’habitants, la ressource médicale n’est pas le point faible.
Le marché des équipements médicaux était estimé à plus de 700 millions de dollars en 2024.
Pour un expatrié, cela se traduit par un environnement médical généralement moderne, bien structuré, et nettement plus abordable que dans la plupart des pays nord-américains ou d’Europe occidentale.
Comment est structuré le système : public, mutualistas, privé
Le système de santé uruguayen peut sembler complexe au premier abord, mais il devient assez lisible une fois les grandes lignes posées.
Le secteur public : ASSE, le filet de sécurité universel
Le pilier public est assuré par l’ASSE (Administración de los Servicios de Salud del Estado), créée en 1987. C’est un réseau national d’hôpitaux, de cliniques et de centres de santé qui couvre tout le territoire. Toute personne résidente légale, quel que soit son âge ou son état de santé, peut y avoir accès.
Les prestations incluent les consultations de médecine générale, les spécialistes, l’hospitalisation, la chirurgie, les urgences, les analyses, l’imagerie, une partie des soins dentaires, la prise en charge des maladies chroniques, la maternité et les médicaments essentiels. Pour les personnes à faible revenu ou sans emploi, certains soins sont gratuits ou quasi gratuits.
Pour un retraité expatrié disposant de la résidence légale, l’accès complet au système public se situe généralement autour de 60 à 80 dollars par mois, sans co-paiements au moment des soins. Les médicaments nécessaires sont fournis sans frais dans le cadre d’ASSE.
Les contreparties sont celles classiques d’un grand système public latino-américain : infrastructures parfois vieillissantes, afflux de patients, délais plus longs pour les consultations spécialisées et les interventions non urgentes, et très peu de personnel parlant couramment l’anglais. En zone rurale, l’offre peut être plus limitée, même si des polycliniques maillent le pays.
Pour les cas complexes, ASSE donne accès au grand hôpital universitaire public de Montevideo, le Hospital de Clínicas ‘Dr. Manuel Quintela’, affilié à l’Université de la République. Cet établissement concentre de nombreux experts et médicaments spécialisés. Les membres d’ASSE peuvent y être référés et les soins sont remboursés par le système public.
FONASA : le mécanisme financier qui ouvre des portes
Un élément que les expatriés salariés doivent comprendre est le rôle de FONASA (Fondo Nacional de Salud). Il ne s’agit pas d’un hôpital, mais d’une caisse de financement. Les employeurs et les salariés y cotisent via les salaires (environ 5 % à la charge de l’employeur et 3 à 8 % pour le salarié, selon les revenus et les personnes à charge).
Les travailleurs formels et les retraités percevant une pension uruguayenne peuvent alors choisir de faire verser ces fonds vers ASSE ou vers une mutualista participante. En pratique, un expatrié qui travaille légalement peut ainsi financer une bonne partie de son adhésion à une mutualista grâce à FONASA, réduisant fortement son coût personnel.
Environ 2,5 millions de personnes sont inscrites à FONASA, soit l’immense majorité de la population active et des retraités nationaux.
Les mutualistas : le “cœur” du système pour la classe moyenne et les expatriés
Pour de nombreux Uruguayens et pour la plupart des expatriés, les mutualistas représentent le meilleur équilibre entre coût, qualité et rapidité d’accès. Juridiquement, ce sont des coopératives de soins ou des plans de membres adossés à un ou plusieurs hôpitaux privés à but non lucratif.
Concrètement, on devient “socio” d’une mutualista en payant une cotisation mensuelle à un établissement donné (par exemple Asociación Española, Médica Uruguaya, CASMU, etc.). En échange, on a accès à tout le réseau de cette entité : hôpital principal, cliniques, centres d’imagerie, spécialistes affiliés. Il n’y a pas de plafond de remboursement ou de franchises comme dans les assurances classiques ; le modèle repose sur une cotisation plus des petits tickets modérateurs pour chaque acte.
Pour les expatriés non salariés, les cotisations mensuelles pour une formule standard d’assurance santé en Uruguay s’élèvent souvent à environ 70 dollars.
Les co-paiements restent modestes et très prévisibles. Un tableau inspiré des tarifs d’Asociación Española donne un ordre de grandeur pour un membre d’une mutualista typique :
| Type de service | Niveau de prise en charge via mutualista | Ticket modérateur indicatif (USD) |
|---|---|---|
| Consultation médecin généraliste | Couvert | ~5 |
| Consultation spécialiste | Couvert | ~10 |
| Analyse de sang, radiographie simple | Couvert | ~17 |
| Passage aux urgences | Couvert | ~25 |
| Scanner ou IRM | Couvert | ~26 |
Les mutualistas incluent généralement : consultations de routine illimitées, spécialistes, hospitalisation, chirurgies, suivi maternité, rééducation, laboratoire, imagerie, et souvent un volet prévention (bilan annuel, dépistages). La plupart proposent aussi d’importants rabais sur les médicaments contractés avec leurs pharmacies partenaires, souvent entre –30 et –60 %.
Les points faibles sont récurrents : optique non urgente, soins dentaires complexes, psychothérapie ne sont que partiellement couverts voire pas du tout dans les plans standards. Il faut soit payer de sa poche, soit souscrire des compléments spécifiques.
Autre élément crucial pour les expatriés : chaque mutualista fixe ses propres règles d’admission. Beaucoup limitent l’entrée de nouveaux membres à 60–65 ans ; certains exigent un examen médical ou un questionnaire de santé, et imposent des délais de carence (souvent 3 à 12 mois) pour les pathologies préexistantes. À l’inverse, quelques acteurs comme Médica Uruguaya ou La Asistencial se démarquent par l’absence de plafond d’âge ou une plus grande souplesse pour les seniors, parfois contre un droit d’entrée unique important.
En Uruguay, le système de santé FONASA prévoit une période spécifique, généralement en février, appelée *corralito mutual*. Durant cette période, il est plus facile pour les affiliés de changer de mutualista (prestataire de santé). Il est donc stratégique d’effectuer ce changement à ce moment-là pour bénéficier d’une procédure simplifiée.
Troisième étage du système : les assurances privées de type “américain” (tiers payant, réseau large, etc.) et les hôpitaux privés premium qui vendent leurs propres plans. Une petite minorité d’Uruguayens y recourt (un peu plus de 2 % pour les plans hospitaliers premium, un peu moins de 2 % pour les assurances privées classiques).
Les primes mensuelles de ces couvertures se situent souvent entre 200 et plus de 800 dollars par personne, selon l’âge, l’étendue géographique (Uruguay uniquement, Mercosur, monde entier avec ou sans États-Unis) et les garanties (maternité, optique, dentaire, évacuation, etc.).
Des assureurs internationaux comme Cigna, Allianz Care, AXA ou April International sont très présents auprès des expatriés, de même que des acteurs locaux comme BlueCross BlueShield Uruguay, qui propose par exemple des contrats couvrant l’Uruguay, l’Argentine et parfois les États-Unis, avec de grosses franchises (par exemple 10 000 dollars).
Parallèlement, certains hôpitaux privés haut de gamme vendent leurs propres plans d’adhésion. C’est le cas du British Hospital (Hospital Británico) à Montevideo, dont le Hospital Scheme est apprécié des expatriés anglophones, ou du Sanatorio Americano (Seguro Americano). Ces formules coûtent nettement plus cher qu’une mutualista classique – souvent entre 325 et plus de 400 dollars mensuels – mais donnent accès à des installations de très haute qualité, des délais raccourcis, une part importante de personnel anglophone, et un environnement très confortable. En revanche, elles sont souvent réservées aux moins de 60 ans à l’adhésion et ne couvrent pas davantage l’optique, la dentisterie non urgente ou la psychologie que les mutualistas.
Pour les expatriés aisés, les grands voyageurs et ceux qui souhaitent une couverture internationale (y compris évacuation et soins dans leur pays d’origine), une combinaison “mutualista locale + assurance internationale” est souvent la solution la plus sûre.
Panorama des principaux établissements pour les expatriés
Même si la plupart des expatriés se basent à Montevideo ou dans la région de Punta del Este, l’offre de soins de santé est relativement homogène à l’échelle du pays, avec un maillage de centres publics et privés.
Montevideo : une concentration de centres d’excellence
La capitale concentre l’essentiel des structures de pointe, publiques comme privées.
Parmi les établissements les plus cités par les expatriés :
– British Hospital (Hospital Británico) : hôpital privé historique fondé en 1857, doublement apprécié pour la qualité de ses soins et la présence importante de personnel parlant anglais. Accrédité par la Joint Commission International, il dispose de plus de 300 médecins et 350 lits. Il est particulièrement reconnu en cardiologie, néonatologie, pédiatrie, chirurgie, oncologie et médecine interne. Son plan Hospital Scheme est une référence, bien que coûteux et limité en âge à l’adhésion.
Mutualiste privée majeure en Uruguay, deuxième du pays avec plus de 190 000 membres. Son hôpital principal à Montevideo est un vaste complexe équipé de technologies médicales de pointe.
Hôpital occupant un pâté de bâtiments entier, doté d’un centre de chirurgie cardiaque, d’un PET/CT, de la chirurgie robotisée et d’un microscope neurochirurgical unique en Amérique du Sud.
Réputée pour son expertise en oncologie, diabétologie, cardiologie et neurologie.
– Médica Uruguaya : la plus grande mutualista du pays, avec plus de 650 médecins et environ 280 lits. Reconnue en cardiologie, soins intensifs cardiaques, urgences, chirurgie et pédiatrie. Elle a la réputation d’accepter des nouveaux membres jusque dans la soixantaine avancée voire au-delà.
– CASMU, Círculo Católico, SMI, Casa de Galicia : autres grands réseaux mutualistes ayant des hôpitaux et cliniques à Montevideo, couvrant un large éventail de spécialités avec des standards élevés dans le secteur privé.
– Hospital de Clínicas “Dr. Manuel Quintela” : hôpital universitaire public qui n’est pas géré par l’ASSE, mais auquel les membres d’ASSE peuvent accéder par référence ou par les urgences. On y trouve des unités de néphrologie, AVC, médecine interne et de nombreuses spécialités rares, ainsi que des médicaments expérimentaux ou très spécifiques.
– Hôpitaux publics spécialisés : Hospital Maciel (cardiologie, oncologie), Pereira Rossell (maternité et pédiatrie, avec l’Institut National du Cancer pédiatrique), Hospital Español (neurologie), Hospital Pasteur, Saint-Bois (ophtalmologie) et d’autres.
Pour un expatrié, le système de santé offre plusieurs options : les mutualistas, les hôpitaux premium anglophones et les hôpitaux publics de référence, ce dernier étant particulièrement adapté pour les pathologies rares ou les thérapies innovantes.
Punta del Este et la région de Maldonado : une zone balnéaire bien équipée
Dans la région de Punta del Este, très prisée des retraités étrangers et des “digital nomads”, l’offre de santé est également solide.
On y trouve : les informations essentielles sur divers sujets, des ressources utiles et des outils pratiques pour aider les utilisateurs dans leurs recherches.
– Sanatorio SEMM Mautone (SEMM Mautone Sanatorium) : principal hôpital privé de la région, avec environ 80 médecins et plus de 100 lits. Fort en médecine d’urgence, chirurgie et médecine générale.
– Sanatorio Cantegril / La Asistencial : autre grand établissement privé, souvent cité pour sa qualité.
– Hospital de Maldonado : hôpital public régional, pivot pour la population locale.
– Divers centres mutualistes (Médica Uruguaya, CASMU, Casa de Galicia, La Asistencial) et des cabinets spécialisés.
Les urgences y fonctionnent 24h/24, avec aussi des services d’ambulance privés comme La Emergencia. En cas de pathologie grave nécessitant un plateau technique très complexe (greffes, chirurgie cardiaque très spécialisée, neurochirurgie avancée), un transfert en hélicoptère vers Montevideo est possible en 20 à 30 minutes.
Pour un expatrié installé à Punta del Este, la combinaison d’une mutualista présente localement plus un lien avec un grand centre de Montevideo est généralement suffisante.
Combien ça coûte ? Comparaisons et ordres de grandeur
Pour se rendre compte de l’attractivité du système uruguayen pour un expatrié, il suffit de comparer quelques chiffres avec ceux des États-Unis ou de certains pays européens.
Les études et témoignages convergent : à niveau de qualité comparable, les coûts sont nettement plus faibles qu’en Amérique du Nord, et souvent compétitifs par rapport à l’Europe.
Le tableau ci-dessous synthétise plusieurs ordres de grandeur :
| Type de dépense / acte | Uruguay (mutualista ou privé) | États-Unis (sans ou avec faible couverture) |
|---|---|---|
| Cotisation mensuelle mutualista (adulte) | ~70–200 USD (selon âge/plan) | Prime assurance individuelle : 400–1 200+ USD |
| Plan premium d’hôpital (British, Americano) | ~325–400+ USD | Assurance haut de gamme : jusqu’à 1 500+ USD |
| Consultation généraliste (mutualista, copay) | 3–8 USD | 150–300 USD (sans assurance) |
| Consultation spécialiste (mutualista, copay) | 5–10 USD | 250–500 USD (sans assurance) |
| Passage aux urgences (mutualista, copay) | 20–30 USD | 500–3 000+ USD selon hospitalisation |
| Journée d’hospitalisation (privé, sans plan) | 500–1 000 USD | 2 000–3 000 USD et plus |
| IRM (privé, sans plan) | 300–600 USD | 1 000–3 000 USD |
| Scanner (CT) | 200–400 USD | 700–2 000 USD |
| Prothèse de hanche | 8 000–12 000 USD | 30 000–40 000 USD |
| Accouchement par voie basse (privé) | 2 500–4 000 USD | 10 000–20 000 USD |
| Césarienne (privé) | 3 000–5 000 USD | 15 000–25 000 USD |
Même en tenant compte des différences de salaire et de coût de la vie, l’Uruguay apparaît particulièrement compétitif dans le segment des soins hospitaliers lourds. Un expatrié bénéficiant d’une mutualista bien choisie, éventuellement combinée à une assurance internationale, peut donc atteindre un niveau de protection très élevé pour un budget global assez modéré.
Médicaments, pharmacie et prise en charge du long cours
La question des médicaments est centrale pour de nombreux expatriés chroniques (diabète, hypertension, troubles thyroïdiens, etc.). L’Uruguay dispose de laboratoires nationaux reconnus qui produisent de nombreux génériques fiables. Les grandes molécules internationales sont largement disponibles, même si la gamme de dosages diffère parfois de celle de l’Amérique du Nord ou de l’Europe.
Certains médicaments très spécialisés ou expérimentaux ne sont disponibles qu’à l’Hospital de Clínicas de Montevideo, souvent dans le cadre de protocoles spécifiques. Pour les médicaments courants, les pharmacies (farmacias) sont omniprésentes, certaines ouvertes 24h/24. De plus, certaines mutualistas ou hôpitaux (comme le British Hospital ou le Seguro Americano) proposent à leurs membres des plans offrant des remises importantes sur les médicaments.
D’un point de vue réglementaire, une prescription est obligatoire pour les antibiotiques, les corticoïdes, les psychotropes et les stupéfiants. Beaucoup d’autres produits s’achètent sans ordonnance, mais le fait d’avoir une prescription donne droit aux rabais négociés par les mutualistas. ASSE, de son côté, distribue sans frais les médicaments jugés nécessaires à ses affiliés.
Les réductions sur les médicaments dans une mutualista peuvent atteindre jusqu’à 60 % du tarif public.
Pour un expatrié, la règle d’or reste de venir avec une lettre détaillée du médecin du pays d’origine (diagnostics, noms génériques, posologie) et d’apporter éventuellement une réserve de médicaments pour la période de transition. Une fois installé, il est recommandé de transposer le traitement auprès d’un médecin uruguayen afin d’obtenir des ordonnances locales adaptées au système.
Dentaire, optique, santé mentale : les “zones grises”
Même dans un système performant, certains domaines restent des angles morts partiels pour les couvertures standard.
Les soins dentaires de base (détartrage, extractions simples) sont parfois inclus dans les mutualistas, et ASSE propose un minimum de soins publics. Mais les actes coûteux – implants, couronnes, bridges, orthodontie – sont rarement couverts de manière significative. Beaucoup d’expatriés choisissent de payer ces actes au tarif local, considérablement plus bas qu’en Amérique du Nord ou en Europe. Un implant qui coûterait 3 000 à 5 000 dollars aux États-Unis revient fréquemment entre 800 et 1 500 dollars en Uruguay.
En Uruguay, les examens de la vue sont généralement pris en charge par le système de santé ou facturés à un coût modéré via une mutualiste. En revanche, les équipements comme les lunettes, les lentilles de contact et les interventions chirurgicales de type LASIK restent à la charge du patient. Les prix pour ces équipements et soins non couverts demeurent toutefois très raisonnables comparés à ceux pratiqués dans les grandes métropoles des pays du Nord.
La santé mentale, elle, progresse mais reste délicate pour les expatriés. La stigmatisation est plus faible que dans d’autres pays latino-américains, et des psychiatres et psychologues bien formés exercent dans les mutualistas et en cabinet privé. Toutefois, les délais peuvent être plus longs, les séances prises en charge limitées, et les professionnels anglophones rares hors Montevideo. Beaucoup de résidents étrangers combinent donc une thérapie à distance (téléconsultation avec un thérapeute de leur pays) et un suivi local principalement pour les prescriptions médicamenteuses.
Langue : un système hispanophone avec quelques bulles anglophones
L’Uruguay est un pays hispanophone. Pour un expatrié, c’est un paramètre à ne pas sous-estimer, surtout en milieu hospitalier.
Dans le secteur public (ASSE), les professionnels parlant un anglais courant sont rares. Dans les mutualistas et cliniques privées, c’est plus courant, en particulier à Montevideo et Punta del Este, mais cela n’a rien d’automatique. Le British Hospital fait figure d’exception notable, avec une proportion élevée de personnel médical et administratif parlant anglais, ce qui explique en partie sa popularité auprès des Anglo-saxons.
Certaines structures médicales proposent un standard téléphonique anglophone, accessible en composant un chiffre supplémentaire après le numéro principal. Il est également possible de trouver des médecins parlant allemand ou portugais, une diversité linguistique favorisée par la proximité géographique avec le Brésil et d’anciennes vagues migratoires européennes.
Dans la pratique, les expatriés utilisent fréquemment des applications de traduction, des amis bilingues ou des interprètes professionnels. Les agences de relocation spécialisées dans le marché expatrié (comme Expat UY) jouent aussi un rôle clé en accompagnant les démarches de choix de couverture, d’inscription dans une mutualista, et parfois en facilitant les premiers rendez-vous médicaux.
Un minimum d’espagnol, même imparfait, reste cependant l’un des meilleurs “investissements santé” à moyen terme.
Formalités, assurances et stratégie pour les expatriés
S’il est techniquement possible de s’appuyer uniquement sur une mutualista ou sur ASSE, la plupart des spécialistes recommandent aux expatriés de disposer, en plus, d’une assurance santé internationale, au moins les premières années. Plusieurs raisons à cela : couverture en dehors de l’Uruguay, évacuation sanitaire, couverture de certaines pathologies préexistantes refusées par les mutualistas, liberté accrue de choix d’hôpitaux dans d’autres pays, etc.
Les obligations minimales : assurance voyage et vaccinations
Pour entrer en Uruguay en tant que voyageur, il est généralement exigé de disposer d’une assurance voyage couvrant les urgences médicaux. De plus, pour qui vise la résidence temporaire ou permanente, la vaccination prend une place particulière : les autorités sanitaires demandent un carnet vaccinal à jour – au minimum MMR (rougeole, oreillons, rubéole) pour les adultes, et l’ensemble du calendrier uruguayen pour les enfants (hépatites, diphtérie, tétanos, coqueluche, polio, etc.). À défaut de preuve, ces vaccins peuvent être administrés gratuitement dans les centres publics.
Les agences de santé internationales recommandent aux voyageurs d’être vaccinés contre l’hépatite A, éventuellement l’hépatite B, la typhoïde, et de vérifier leurs rappels (DT, coqueluche, ROR). Le pays n’est pas une zone de paludisme ou de fièvre jaune, mais des moustiques peuvent transmettre la dengue ou le chikungunya ; les cas restent limités mais nécessitent des mesures de protection contre les piqûres.
Choisir et combiner les couvertures : scénarios typiques
Pour un expatrié, plusieurs configurations reviennent souvent.
Un retraité disposant de la résidence :
– Souscrire à une mutualista acceptant les nouveaux membres au-delà de 60 ans (par exemple Médica Uruguaya, La Asistencial, certaines branches d’ASSE en mode “mutualista”).
– Ajouter une assurance internationale pour les soins hors Uruguay et une éventuelle évacuation, en tenant compte des pathologies préexistantes (à déclarer à l’assureur), ou accepter de payer de sa poche en cas de besoin à l’étranger.
– Garder ASSE en toile de fond si le budget est contraint, tout en sachant que les délais peuvent être plus longs.
Un expatrié salarié :
Pour une protection optimale, profitez de FONASA pour financer automatiquement une partie de votre adhésion à une mutualista de votre choix, ou restez dans l’ASSE si votre employeur ne propose aucune alternative. Vérifiez également si un plan d’entreprise international est disponible (certains employeurs couvrent l’accès au British Hospital, au Seguro Americano ou à des garanties internationales). Enfin, complétez votre couverture avec une assurance voyage classique si de nombreux déplacements régionaux ou intercontinentaux sont prévus.
Un digital nomad ou résident partiel :
– Utiliser une assurance santé internationale “monde entier” ou une couverture régionale (Amériques) couvrant l’Uruguay, sans nécessairement s’inscrire immédiatement dans une mutualista.
– Une fois la résidence obtenue ou le projet stabilisé, envisager une mutualista pour accéder à des soins du quotidien à faible coût et réduire la dépendance à l’assurance internationale.
Quelle que soit la configuration, l’approche la plus prudente est de ne pas se contenter d’une seule couche de protection, au moins au début. Une mutualista gère très bien la médecine courante, les hospitalisations importantes et les médicaments au niveau local ; l’assurance internationale couvre, elle, les scénarios plus extrêmes (retour au pays d’origine, traitements non disponibles localement, gros accident en voyage).
Documents, démarches et timing
Afin d’éviter les mauvaises surprises, il est conseillé d’anticiper plusieurs points avant le départ et dans les premiers mois sur place :
Avant votre installation, rassemblez vos comptes rendus médicaux récents, traduits en espagnol ou en anglais, et une lettre synthétique de votre médecin détaillant diagnostics, traitements (noms de marque et génériques), allergies et coordonnées. Prévoyez plusieurs mois de médicaments sensibles ou peu courants. Dès l’obtention de votre cédula de identidad, étudiez le choix d’une mutualista ou d’ASSE, en vérifiant leurs règles d’acceptation (âge, antécédents, frais). Pensez à inscrire conjoints et enfants, en considérant la couverture familiale du FONASA pour les salariés.
Urgences, ambulances et médecine de proximité
En cas d’urgence, la première information à retenir est simple : le numéro à composer en Uruguay est le 911. Les services médicaux d’urgence publics (hôpitaux d’ASSE, mutualistas, hôpitaux privés) sont accessibles dans chaque grande ville.
Le pays dispose d’un réseau de services d’urgences médicales mobiles privés (emergencias médicas móviles), très appréciés des citadins et des expatriés. Contre un abonnement mensuel (généralement entre 20 et 50 dollars), des sociétés comme SUAT, UCM, SEMM ou Española Móvil proposent des interventions d’urgence.
– un numéro d’appel 24h/24 ;
– l’envoi d’une ambulance avec médecin au domicile en cas d’urgence ;
– des visites à domicile programmées pour certains problèmes non urgents ;
– parfois des consultations téléphoniques.
Certaines mutualistas intègrent ce type de service dans leurs plans premium, d’autres le vendent en option. Pour un expatrié peu à l’aise avec la langue ou craignant de ne pas savoir où se rendre en cas de problème aigu, souscrire à une urgence mobile est souvent vécu comme un “filet de sécurité” rassurant.
Prévention, santé publique et environnement
L’Uruguay mise largement sur la prévention. La couverture vaccinale est élevée, les vaccins sont obligatoires pour la scolarisation, certains emplois et même pour l’adhésion à des clubs sportifs. Le pays a été pionnier dans la lutte antitabac en interdisant le tabac dans les lieux publics fermés dès le milieu des années 2000, a légalisé sous contrôle l’interruption volontaire de grossesse et régule de manière originale le cannabis.
Sur le plan environnemental, la quasi-totalité de l’électricité provient de sources renouvelables. La qualité de l’air est généralement bonne et il n’existe pas de risques majeurs de catastrophes naturelles comme des ouragans ou des séismes destructeurs. Enfin, l’eau du robinet est réputée potable dans les zones urbaines.
Les principaux risques sanitaires résident plutôt dans l’exposition au soleil (UV élevés, surtout en été austral), quelques maladies vectorielles comme la dengue (surtout importée et sporadique), et des pathologies liées au vieillissement d’une population qui, justement, vieillit et demeure très médicalisée.
Pour un expatrié, cela signifie qu’en combinant des comportements prudents (protection solaire, prudence alimentaire basique) et une inscription dans le système de soins, le risque sanitaire est globalement bien maîtrisé.
En résumé : un pays où l’on peut vraiment “compter” sur le système de santé
Les soins de santé pour les expatriés en Uruguay s’inscrivent dans un écosystème très particulier : un petit pays, stable, avec un niveau de vie élevé pour la région, une très forte densité médicale et un choix inhabituel d’options entre public, mutualistas et privé premium.
Ce que découvre rapidement un nouvel arrivant, c’est que :
Le système de santé portugais repose sur trois niveaux complémentaires. Le service public (ASSE) sert de filet de sécurité universel, essentiel pour les budgets serrés, bien qu’il puisse présenter des délais plus longs et une expérience plus ‘rustique’. Les mutualistas (associations mutualistes) constituent l’option centrale pour la classe moyenne et les expatriés, offrant des soins de bonne qualité, prévisibles et abordables. Enfin, les plans premium des hôpitaux privés et les assurances internationales viennent compléter l’offre pour ceux qui recherchent une plus grande liberté de choix, un meilleur confort et une couverture à l’international.
Le tout s’inscrit dans un pays où la criminalité violente reste limitée, la qualité de vie élevée, et la culture sanitaire orientée vers la prévention. À condition de bien préparer son arrivée, de clarifier sa stratégie de couverture et d’accepter un environnement largement hispanophone, un expatrié peut y trouver une sécurité médicale rarement égalée dans la région – et souvent plus accessible financièrement que dans son pays d’origine.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements en Amérique latine et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Uruguay, Panama, Costa Rica), la stratégie retenue a été de cibler l’Uruguay, combinant fiscalité attractive pour les nouveaux résidents (régime de “tax holiday” sur certains revenus étrangers, absence d’impôt sur la fortune), stabilité politique et juridique et coût de vie inférieur à la France (Montevideo ~30–40 % moins cher que Paris). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑UY), obtention de la résidence légale avec achat d’un logement, affiliation au système de santé local, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), et intégration patrimoniale via un réseau local (avocats, fiscalistes, agents immobiliers francophones).
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