Voyager en Tasmanie sans voiture est tout à fait possible, mais cela demande un minimum d’anticipation. L’île ne dispose d’aucun train de passagers et les distances, comparables à celles de l’Irlande, sont souvent sous-estimées. Les bus – complétés par quelques ferries – constituent donc l’ossature du réseau de transport public. Ce guide pratique propose un tour d’horizon des options disponibles, des principaux opérateurs, des systèmes de billets et réductions, ainsi que des itinéraires types pour visiter l’île en utilisant exclusivement les transports en commun.
Comprendre le système : qui fait quoi en Tasmanie
En Tasmanie, l’organisation des transports publics est pilotée par le Department of State Growth. Ce département fixe notamment les règles tarifaires, coordonne les réformes de concessions et finance les investissements (bus, arrêts, systèmes de billettique). Les services eux-mêmes sont exploités par une mosaïque d’opérateurs privés sous contrat, dont quelques grands noms dominent le paysage.
Metro Tasmania (Metro) est le principal réseau de bus urbains desservant Hobart, Launceston et Burnie. Pour les trajets régionaux et ruraux, d’autres compagnies comme Kinetic ou Tassielink Transit opèrent. Des services de ferry, tels que Derwent Ferries et SeaLink, assurent également des liaisons maritimes.
L’absence de train signifie que toute planification de voyage repose sur les horaires de bus et de ferry, qui peuvent varier selon la saison. Les autorités recommandent systématiquement de vérifier les tableaux horaires directement auprès des opérateurs avant tout déplacement, en particulier sur des lignes rurales ou touristiques peu fréquentes.
Les grandes familles d’opérateurs de bus
Le réseau tasmanien est structuré de façon assez claire : Metro gère l’urbain, Kinetic les grands axes interurbains, Tassielink la maille régionale et Area Connect des liaisons à très faible fréquence pour les communautés rurales. À cela s’ajoutent d’autres opérateurs spécialisés.
Metro Tasmania : le cœur urbain (Hobart, Launceston, Burnie)
Metro est une société publique détenue par l’État, héritière de l’ancienne Metropolitan Transport Trust. Elle assure un maillage dense des agglomérations de Hobart, Launceston et Burnie, avec une logique de corridors fréquents.
À Hobart, le réseau s’étend de Gordon au sud jusqu’à Brighton au nord, et pousse à l’est jusqu’à Seven Mile Beach et Opossum Bay. Trois pôles principaux structurent les correspondances : le centre-ville de Hobart, Glenorchy et Rosny Park. Des points de transfert secondaires existent à Kingston, Howrah, Springfield ou Bridgewater. Deux « corridors à haute fréquence » dits Turn Up and Go relient Glenorchy au centre de Hobart, et Howrah à Hobart via Rosny Park, avec un passage toutes les dix minutes ou mieux en semaine de 7 h à 19 h.
La numérotation des lignes de bus suit un système géographique : les séries 4xx desservent le sud de la ville, les 5xx le nord et les 6xx l’est. Les variantes express sont indiquées par le remplacement du premier chiffre par un X. Les lignes scolaires sont identifiées par les séries 2xx ou 3xx, selon qu’elles opèrent sur l’une ou l’autre rive de la Derwent. Enfin, certaines liaisons transversales (comme les lignes 500, 501, 601, 605, 694 et 696) permettent de contourner le centre-ville.
À Launceston, le réseau Metro couvre un arc de banlieues incluant Youngtown, St Leonards, Waverley, Rocherlea, North Riverside, Blackstone Heights et Hadspen. L’échangeur principal se situe dans St John Street, en cœur de ville. Comme à Hobart, deux corridors à haute fréquence relient l’université et Mowbray au centre via Invermay Road, et le CBD à Kings Meadows via l’hôpital et Hobart Road. Un nouveau schéma de desserte a été introduit en 2020, avec des numéros de lignes harmonisés à l’échelle de l’État.
À Burnie enfin, Metro dessert la zone urbaine de Chasm Creek à Somerset, complétée par des liaisons non urbaines vers Wynyard à l’ouest et Penguin/Ulverstone à l’est. Une refonte du réseau nord-ouest en 2021 a introduit pour la première fois des services du dimanche à Burnie, Devonport et le long de la côte nord-ouest.
Metro utilise le système de carte à puce Greencard pour la billettique, avec validation à la montée et une période de transfert de 90 minutes. Les titres papier restent disponibles à bord contre paiement en espèces.
Kinetic : l’épine dorsale interurbaine
Kinetic – qui a repris les activités de Redline en Tasmanie – est aujourd’hui le principal opérateur de liaisons interurbaines. Ses autocars relient Hobart, Launceston, Burnie et Devonport avec plusieurs départs quotidiens, ce qui en fait la solution la plus souple pour traverser l’île sans voiture.
Au-delà de ce tronc commun, Kinetic assure des services :
– entre Hobart, Sorell et Dodges Ferry, en desservant la périphérie sud-est,
– entre Hobart et New Norfolk via la vallée de la Derwent,
– entre Strahan et Burnie, via Queenstown, sept jours sur sept,
– entre Devonport et des localités comme Latrobe, Port Sorell, Ulverstone et Sheffield dans le nord-ouest.
Certaines liaisons plus rares, notamment via Derwent Bridge pour rejoindre la côte ouest, ne roulent que certains jours (par exemple le mardi et le vendredi), ce qui impose d’ajuster précisément son calendrier.
Kinetic a adopté le système Transportme pour la gestion des billets et le suivi temps réel, et propose sur le réseau urbain de Devonport (incluant Latrobe) un ticket « Daytripper » offrant des trajets illimités sur la journée à prix fixe.
Tassielink Transit : la maille régionale
Tassielink est le grand opérateur régional. Ses bus connectent Hobart à la péninsule de Tasman, à la côte est, à Richmond/Campania ou à la vallée de Huon. Dans le nord, ils lient Burnie aux villes de Queenstown et Strahan sur la côte ouest et desservent également l’axe Evandale – Perth – Longford – Cressy.
Comme Metro, Tassielink accepte la carte Greencard et ses tarifs dépendent des zones. L’entreprise fournit horaires, grille tarifaire, réductions et un code de conduite. Cependant, la fréquence des services peut être très faible sur certains trajets, nécessitant parfois d’organiser son voyage autour d’un seul bus par jour, voire moins.
McDermott’s, Calow’s, Manions’ et les autres
Pour certains hauts lieux touristiques, d’autres acteurs sont incontournables. McDermott’s Coaches, par exemple, assure des services programmés entre Launceston et Cradle Mountain, avec prise en charge devant certains hébergements. Sur place, le service « Cradle Discoverer », un bus hybride diesel-électrique, permet de se déplacer à l’intérieur du parc national entre le centre des visiteurs et Dove Lake.
Calow’s Coaches dessert une partie de la côte est (Coles Bay, Bicheno, St Marys, St Helens), tandis que Manions’ Coaches reprend des liaisons au nord de Launceston, notamment vers Legana, là où Metro s’est retiré de North Riverside.
Area Connect joue un rôle plus discret mais essentiel dans quelques communautés rurales : Bothwell – Glenorchy, Colebrook – Hobart, Ellendale – New Norfolk, Ouse – New Norfolk. Ces lignes peuvent n’être exploitées qu’une fois par semaine, voire par mois, et nécessitent une réservation préalable auprès de l’opérateur.
Enfin, Derwent Valley Link (O’Driscoll Coaches) couvre la liaison historique vers New Norfolk, en complément de Kinetic et Metro.
Ferries, bateaux et liaisons maritimes utiles
Île oblige, l’eau fait partie du système de transport tasmanien. Plusieurs ferries sont intégrés – au moins en partie – au dispositif de transport public, avec des tarifs régulés et l’acceptation de cartes comme la Greencard.
Derwent Ferries et trajets quotidiens
À Hobart, Derwent Ferries relie Bellerive au terminal de Brooke Street, en plein centre. Les bateaux circulent du lundi au samedi, avec une absence de service le dimanche. Le trajet dure une quinzaine de minutes et constitue une alternative agréable au bus, tout en participant au même système tarifaire avec la Greencard et les demi-tarifs décidés par l’État.
Le fleuve Derwent est aussi utilisé par le ferry privé de MONA (hors système classique), qui relie Brooke Street Pier au musée en environ 25 minutes, et par des compagnies de croisières touristiques.
Bruny Island : ferry quotidien et bus de correspondance
Pour rejoindre Bruny Island, SeaLink exploite un ferry voitures-piétons entre Kettering et Roberts Point. La traversée dure 15 à 20 minutes et fonctionne tous les jours de l’année, avec une fréquence de 20 à 30 minutes en journée et des renforcements aux heures de pointe ou en haute saison. Les passagers sans véhicule voyagent gratuitement, tandis que les tarifs pour les véhicules dépendent de la longueur (de l’ordre de quelques dizaines de dollars pour une voiture standard, quelques dollars pour un deux-roues).
Nombre de départs quotidiens de la ligne de bus 415 reliant le terminal de ferry de Kettering au centre de Hobart.
Maria Island : bus + ferry depuis Hobart
L’accès à Maria Island se fait depuis Triabunna. Encounter Maria Island y gère un service de ferry de passagers vers Darlington Bay, avec une traversée d’environ 30 à 45 minutes et des départs environ toutes les quatre heures. Les vélos sont acceptés à bord. Les billets aller-retour à la journée coûtent quelques dizaines de dollars, avec un différentiel pour les séjours d’une nuit ou plus.
Pour rejoindre Maria Island sans voiture depuis Hobart, prenez le bus Tassielink jusqu’à Triabunna (environ 1h27, 1 à 2 fois par jour, tarif entre 10 et 18 AUD). À Triabunna, embarquez sur le ferry Encounter Maria Island. Cette combinaison bus + ferry en fait l’un des parcs nationaux insulaires les plus accessibles en transports publics.
Autres services maritimes utiles
Sur le lac St Clair, le bateau Ida Clair, opéré par Lake St Clair Lodge, fonctionne toute l’année entre Cynthia Bay, Narcissus Bay et Echo Point. Il transporte 22 passagers au maximum, trois fois par jour, et constitue une porte de sortie ou d’entrée pour les randonneurs du légendaire Overland Track.
Le cargo-ferry Bass Strait Freight relie Bridport à Lady Barron sur Flinders Island, en environ huit heures. Ce service peut transporter 12 passagers en plus des véhicules et du fret, et représente une alternative à l’avion pour rejoindre cette île lointaine.
Enfin, la Spirit of Tasmania, qui effectue la traversée Geelong–Devonport à travers le détroit de Bass, n’est pas à proprement parler un transport public tasmanien, mais elle est souvent le point d’entrée des voyageurs avec leur propre véhicule. Des réductions sont proposées aux détenteurs de certaines cartes de concession australiennes.
Tarifs, cartes et réductions : comment payer moins cher
L’un des atouts du système tasmanien réside dans sa politique tarifaire en faveur des usagers. L’État a décidé de mettre en place des tarifs à moitié prix pour tous les voyageurs sur les bus urbains, interurbains, scolaires sous contrat et sur Derwent Ferries. Cette mesure, initialement prévue jusqu’à mi-2025, a été prolongée au moins jusqu’à fin 2025. Elle s’accompagne d’un plafonnement quotidien réduit de moitié pour les voyages urbains payés avec une carte Greencard.
Greencard et Transportme : deux cartes, deux mondes
L’île fonctionne avec deux grands systèmes de carte sans contact.
La Greencard est acceptée par les réseaux Metro Tasmania, Tassielink et Derwent Ferries. Elle fonctionne comme un porte-monnaie électronique que l’usager crédite et valide à chaque montée. Sur Metro, un crédit est valable 90 minutes pour les correspondances, et le tarif est environ 20 % moins cher qu’en liquide. Un plafond journalier spécifique s’applique si le premier trajet en semaine a lieu avant 9h dans une zone urbaine (Hobart, Launceston, Burnie), rendant les trajets supplémentaires gratuits une fois ce plafond atteint.
De l’autre côté, le système Transportme équipe Kinetic, Calow’s Coaches, Manions’ Coaches et certains opérateurs scolaires. Il fonctionne de manière similaire : carte prépayée, validations et suivi en temps réel via une application. Dans le réseau urbain de Devonport, Kinetic propose en plus un ticket papier « Daytripper », que l’on achète auprès du conducteur pour circuler à volonté sur l’ensemble des lignes locales pendant la journée.
Lorsque les cartes ne sont pas disponibles sur une ligne, certains opérateurs permettent d’acheter des carnets de 10 trajets à bord, offrant également une remise de 20 % par rapport au tarif unitaire en espèces.
Concessions, gratuités et demi-tarif généralisé
Depuis une réforme majeure en 2020, les règles de réduction ont été harmonisées à l’échelle de l’État : un même ensemble de critères s’applique aux réseaux urbains et non urbains. Le tarif « concession » vaut pour diverses catégories : étudiants à temps plein de 19 ans ou plus, seniors de 70 ans et plus, veuves de guerre, détenteurs de certaines cartes sociales ou de santé, et quelques statuts migratoires spécifiques. Dans les zones rurales, le tarif concession correspond systématiquement à la moitié du tarif adulte plein.
Les enfants et étudiants de moins de 18 ans bénéficient d’un tarif unique, quel que soit le nombre de zones traversées, et ce jusqu’à la fin de l’année civile de leurs 18 ans. De plus, certains élèves peuvent obtenir la gratuité des trajets entre le domicile et l’école via un « bus pass » scolaire, sous conditions d’âge, de résidence en zone rurale ou de ressources familiales.
En parallèle, plusieurs dispositifs ouvrent droit à une gratuité totale : enfants de moins de 5 ans (hors trajets domicile–école), détenteurs d’une carte de voyage pour déficients visuels et leur accompagnant, vétérans avec certaines mentions sur leur carte (TPI ou EDA), accompagnateurs de titulaires de Companion Card, etc. Les détenteurs de la Vision Impaired Travel Pass voyagent gratuitement sur les bus publics, ferries de la Derwent et services Area Connect, tout comme leurs guides ou instructeurs de mobilité.
Synthèse des principaux types de réductions disponibles pour les consommateurs et les entreprises.
Remise accordée par un vendeur sur le prix de vente d’un produit ou d’un service, souvent dans le cadre d’une promotion ou d’une négociation.
Avantage offert aux clients réguliers pour les récompenser de leur fidélité à une marque ou un point de vente.
Remise appliquée en fonction du volume ou de la quantité de produits achetés, incitant à des achats groupés.
Promotion liée à une période spécifique de l’année, comme les soldes, les fêtes ou le changement de saison.
Ajustement du prix consentie pour un produit présentant un léger défaut ou une imperfection, sans remettre en cause son usage.
Réduction accordée pour un paiement comptant ou un règlement anticipé, améliorant la trésorerie du vendeur.
| Catégorie de voyageur | Réduction type | Opérateurs concernés principaux |
|---|---|---|
| Tout usager (bus + Derwent Ferries) | 50 % de réduction sur le tarif de base | Metro, Tassielink, Kinetic, Derwent Ferries… |
| Paiement avec Greencard / Transportme | ~20 % de réduction vs espèces | Metro, Tassielink, Kinetic, Calow’s, Manions… |
| Concession adulte (seniors, certains étudiants…) | 50 % du tarif adulte (non urbain) | Tous opérateurs sous contrat |
| Enfants / élèves < 18 ans | Tarif unique, quelle que soit la distance | Réseaux urbains et interurbains |
| Groupes éligibles (déficients visuels, vétérans…) | Voyage entièrement gratuit | Bus publics, Derwent Ferries, Area Connect |
Au-delà du réseau terrestre et fluvial, des remises existent également sur certains ferries longue distance (Spirit of Tasmania, SeaLink Bruny Island pour les véhicules de concessionnaires) ou sur l’aviation régionale (aide aux déplacements pour les résidents des îles du détroit de Bass).
Vers une nouvelle billettique intégrée
La Tasmanie a confié à l’entreprise Cubic Transportation Systems le développement d’un nouveau système de billettique, inspiré de celui en service dans l’État du Queensland. Ce futur dispositif, dont le déploiement est prévu à partir de 2026, doit permettre un paiement par carte bancaire sans contact et smartphone, un plafonnement des dépenses multi-opérateurs, ainsi qu’une gestion entièrement centralisée des comptes usagers. L’objectif est de faciliter considérablement le passage d’un bus à un ferry ou d’un opérateur à un autre, tout en affinant les politiques tarifaires.
Accessibilité, inclusion et défis du réseau
La Tasmanie affiche la plus forte proportion de personnes en situation de handicap ou de pathologies de longue durée en Australie, avec environ un quart de la population concernée. Dans ce contexte, l’accessibilité du réseau de transport n’est pas un simple supplément d’âme, mais un enjeu central.
Des progrès concrets, mais un retard sur les arrêts
Les normes australiennes d’accessibilité des transports publics imposaient que 100 % des arrêts de bus soient conformes à fin 2022. La Tasmanie n’a pas atteint cet objectif : en 2019, seuls 37,5 % des arrêts étaient aux normes. Le gouvernement d’État a depuis engagé un programme de modernisation doté de 10 millions de dollars sur quatre ans pour améliorer l’accessibilité physique (chemins d’accès, rampes, abris, éclairage).
La flotte de Metro est majoritairement accessible (plancher bas, agenouillement, rampes). Les horaires indiquent les courses accessibles via une icône. Tassielink et Merseylink disposent aussi de véhicules adaptés avec des emplacements réservés. Sur Merseylink, le poids combiné fauteuil-passager est limité à 300 kg, et les poussettes ou fauteuils non occupés doivent être rangés dans les soutes pour prioriser les personnes à mobilité réduite.
La future planification de la flotte à Hobart inclut un volet « décarbonation » des bus métropolitains, avec étude de conversion vers des véhicules zéro émission et amélioration des dépôts et infrastructures de recharge. Les cahiers des charges insistent aussi sur l’accessibilité universelle (rampe automatique, annonces sonores et visuelles, éclairage renforcé, Wi-Fi à bord).
Une accessibilité qui dépasse la question du handicap
Les recherches menées, notamment par Anglicare Tasmania, montrent que le sentiment de « non-fiabilité » des bus dépasse largement la question technique. Des participants décrivent un système perçu comme coûteux malgré les réductions, peu lisible et limitant l’accès aux études, à l’emploi ou aux loisirs. Les horaires sont souvent calés sur des attentes de travailleurs « 9 h–17 h », ce qui laisse peu d’options tôt le matin, tard le soir ou le week-end, en particulier hors des centres urbains.
Les difficultés vont de la planification complexe et l’attente inconfortable à la montée à bord stressante, entraînant souvent des trajets non effectués et un isolement social (visites familiales annulées, rendez-vous manqués, participation sociale réduite).
Pour y répondre, Metro a lancé un plan d’action « Accessibilité et inclusion 2024–2029 » articulé autour de cinq axes : rendre les services physiquement accessibles, impliquer la communauté dans les décisions, renforcer la sécurité à bord et aux arrêts, tirer parti des technologies (information temps réel, outils vocaux, QR codes, etc.), et améliorer la transparence et la gestion des retours usagers. Ce plan prolongera un précédent programme qui avait déjà permis d’introduire des bus plus faciles d’usage et une signalétique plus claire.
Planifier ses trajets : outils numériques, réservations et réalités
Pour organiser ses déplacements, plusieurs outils sont disponibles. Le site de Metro propose un planificateur d’itinéraire, des cartes et des horaires à jour pour les réseaux urbains. Au niveau régional, un planificateur couvrant l’ensemble de la Tasmanie réunit données temps réel, fiches horaires et alertes de service pour de nombreuses communes et opérateurs. L’application NextThere offre, par exemple, un suivi en temps réel des bus Tassielink.
Le système de transport est fragmenté, nécessitant l’utilisation de plusieurs sites et applications (Metro, Transportme, NextThere, planificateur régional). De plus, de nombreuses lignes rurales ou touristiques exigent une réservation préalable.
– sur Kinetic entre Devonport, Launceston et Hobart si l’on monte ou descend dans certaines petites localités (Bridgewater, Brighton, Oatlands, Ross, etc.),
– sur Calow’s Coaches entre la côte est (Coles Bay, Bicheno, St Helens) et Launceston,
– sur Tassielink pour les arrêts à Waratah sur la liaison Burnie – côte ouest,
– sur tous les services Area Connect.
À l’inverse, certaines lignes assez structurantes (par exemple la côte est vers Hobart avec Tassielink) ne nécessitent pas de réservation.
Exemple de tableau de liaisons interurbaines clés
Le tableau suivant récapitule quelques axes majeurs pour se repérer.
| Relation principale | Opérateur(s) | Fréquence typique | Remarques pratiques |
|---|---|---|---|
| Hobart – Launceston – Devonport – Burnie | Kinetic | Plusieurs départs par jour | Réservation conseillée, surtout aux petits arrêts |
| Hobart – Tasman Peninsula (Port Arthur) | Tassielink / navettes touristiques | Quotidien (horaires variables) | Combiner bus régulier et shuttle peut être nécessaire |
| Hobart – Triabunna (Maria Island) | Tassielink | 1–2 fois / jour | Correspondance avec ferry Encounter Maria Island |
| Hobart – Kettering (Bruny Island) | Ligne 415 (Metro / autre) | 4 fois / jour env. | Correspondance avec ferry SeaLink vers Roberts Point |
| Launceston – Cradle Mountain | McDermott’s Coaches | Plusieurs jours par semaine | Navettes internes Cradle Discoverer une fois dans le parc |
| Burnie – Queenstown – Strahan | Tassielink / Kinetic | Quotidien | Strahan–Burnie 7 j/7, combinable avec services vers Hobart |
Les horaires de toutes ces liaisons sont susceptibles de changer en fonction des saisons ou de la demande. Il est donc prudent de les vérifier systématiquement quelques jours avant le départ.
Itinéraires types sans voiture : quelques exemples concrets
Pour illustrer ce qu’il est possible de faire en Tasmanie sans voiture, voici quelques scénarios de voyage basés sur le réseau existant.
Hobart – Huon Valley en une journée
Une escapade dans la vallée de Huon est réalisable avec un enchaînement de bus. Depuis l’échangeur de Hobart, on peut emprunter une ligne Tassielink (par exemple 410) en direction de Huonville, en passant par Kingston. À l’arrêt Grove Store, une courte marche mène jusqu’à Willie Smith’s Apple Shed, une cidrerie-musée réputée.
Plus tard dans la matinée, un bus 716 permet de poursuivre jusqu’à Franklin, pittoresque village fluvial, puis un 718 de rejoindre Geeveston en début d’après-midi. Des retours vers Hobart Interchange existent en fin de journée (lignes 716 notamment). Comme les services sont limités le week-end, un tel circuit est plus simple à réaliser en semaine.
Les tarifs, avec les demi-prix et la Greencard, restent modérés pour une journée entière d’excursion, mais il est indispensable d’étudier les horaires à l’avance pour éviter des attentes prolongées entre deux bus.
Hobart – MONA – New Norfolk
Un autre itinéraire emblématique combine art contemporain et vallée de la Derwent. Depuis Hobart Interchange, un bus X20 (ou équivalent) dessert MONA en fin de matinée. Après quelques heures de visite, on peut prendre une ligne 720 reliant le musée à New Norfolk, ville historique en amont du fleuve.
En fin d’après-midi ou début de soirée, des bus de la ligne 722 assurent le retour vers le centre de Hobart. Il est important de noter que les horaires varient selon les jours (semaine, samedi, dimanche). De plus, certains services sont opérés par l’entreprise Kinetic plutôt que par Metro, ce qui implique de vérifier les règles de billettique applicables (Greencard vs Transportme) avant le voyage.
Hobart – Bruny Island
Pour Bruny Island, un enchaînement typique sans voiture consiste à rejoindre d’abord Kettering avec le bus 415 (environ 45 minutes de trajet), puis d’embarquer sur le ferry SeaLink vers Roberts Point (15 à 20 minutes). Le passage piéton étant gratuit, il ne reste ensuite qu’à utiliser les services locaux (tours organisés, taxis, éventuellement stop) pour explorer l’île, car il n’existe pas de réseau de bus publics structuré à l’intérieur même de Bruny.
Pour un séjour prolongé, il est fréquent d’opter pour une formule combinée comprenant un trajet en bus, une traversée en ferry, puis une visite guidée. Ce forfait inclut généralement les navettes locales, des croisières et les repas.
Hobart – Triabunna – Maria Island
Depuis Hobart, un bus Tassielink mène à Triabunna en un peu moins d’une heure et demie. De là, le ferry Encounter Maria Island effectue la courte traversée jusqu’à Darlington. Il est possible d’organiser une excursion à la journée (retour le soir) ou de rester dormir sur l’île pour profiter de la quiétude du parc national.
Traverser l’île nord–sud sans voiture
Pour relier Hobart à Launceston, Devonport ou Burnie, les services interurbains de Kinetic sont la solution. Les autocars effectuent plusieurs rotations quotidiennes entre ces grandes villes, avec des arrêts dans de nombreux bourgs. Sur certaines localités secondaires, la montée ou la descente n’est possible que sur réservation, ce qui permet d’ajuster la capacité et d’éviter des arrêts inutiles.
Cette dorsale nord–sud est pratique pour un voyage itinérant : par exemple Hobart – Launceston en bus, excursions à Cradle Mountain avec McDermott’s, puis retour vers Devonport pour embarquer sur la Spirit of Tasmania.
Sécurité, confort et conseils pratiques
Les autorités australiennes soulignent que les transports publics sont globalement très sûrs. Les véhicules sont équipés de radios, de caméras de surveillance, certains grands pôles disposent de bornes d’appel d’urgence et le recours aux services de police est facile (numéro 000 pour les urgences, 131 444 pour les situations non urgentes).
En Tasmanie, une bonne préparation permet de voyager sereinement.
Il est recommandé d’arriver tôt à l’arrêt, de se tenir à distance du bord du trottoir jusqu’à l’arrivée du bus et d’attendre dans des zones bien éclairées la nuit. Dans le bus, privilégiez une place près du conducteur si le véhicule est peu fréquenté. Gardez vos objets de valeur (portefeuille, téléphone) hors de vue et évitez d’être trop absorbé par votre écran pendant le trajet.
Pour les personnes ayant un handicap visuel ou moteur, il est possible de s’appuyer sur des services de conseil (VisAbility, Orientation and Mobility Specialists) et sur l’assistance proposée par Metro Tasmania. Beaucoup de parcours peuvent être sécurisés avec un peu d’entraînement et une bonne connaissance des repères tactiles (dalles podotactiles sur les quais, différence de textures au sol, signalisation sonore aux carrefours).
D’un point de vue purement pratique, il est utile de garder en tête que :
– la météo tasmanienne est changeante, y compris en été ; emporter une couche chaude et un vêtement imperméable est une bonne idée,
– dans les régions montagneuses (Cradle Mountain, plateau central), neige et verglas peuvent perturber les services ; il convient de consulter les alertes de service,
– en zone rurale, la couverture mobile peut être limitée, ce qui incite à télécharger les horaires et cartes hors ligne,
– les bus ne desservent pas tous les sentiers de randonnée ; pour des itinéraires très isolés, il faut envisager des navettes privées ou des tours organisés.
Une politique publique en mutation
En toile de fond, la Tasmanie est engagée dans une révision profonde de son système de transport. Les chiffres montrent que la part de ménages ayant accès à une desserte fréquente (tous les 30 minutes de 7 h à 19 h) à moins de 400 m de chez eux est très faible : 13,5 % à Hobart, 5 % à Launceston, les taux les plus bas parmi les capitales et villes régionales australiennes. Les investissements par habitant dans le transport de passagers y sont également les plus modestes du pays.
Pour améliorer les transports, la Tasmanie promeut des villes denses le long des axes de transport, priorise les modes à faibles émissions (marche, vélo, bus, ferries) et une planification intégrée urbanisme-transports. Des projets concrets comme un réseau de bus rapides à Hobart, l’extension des services sur la Derwent et la révision du réseau du Grand Hobart mettent en œuvre cette vision.
Le programme de demi-tarif généralisé et les projets de billettique intégrée visent aussi à changer les habitudes, en rendant le bus plus attractif face à la voiture individuelle. Les premières analyses montrent toutefois que les baisses de prix ne suffisent pas : en février 2025, Metro enregistrait une légère diminution de fréquentation par rapport à l’année précédente, malgré les tarifs réduits. La question de la fréquence, de la fiabilité et de la lisibilité du réseau reste donc centrale.
En résumé : voyager futé en transports en commun en Tasmanie
Se déplacer en Tasmanie sans voiture impose de composer avec un réseau très inégalement dense, mais offre aussi l’occasion de voyager de manière plus durable et de rencontrer davantage de locaux. En milieu urbain (Hobart, Launceston, Burnie, Devonport), les bus Metro ou Kinetic permettent de circuler avec une relative facilité, surtout en combinant une Greencard ou une carte Transportme avec le demi-tarif en vigueur.
Pour explorer l’île en transports en commun, il faut s’adapter aux horaires des compagnies comme Kinetic, Tassielink ou McDermott’s, réserver certaines liaisons à l’avance et accepter une moindre spontanéité. En contrepartie, de nombreux sites emblématiques tels que Bruny Island, Maria Island, Cradle Mountain, la vallée de Huon, la péninsule de Tasman et la côte est restent accessibles via une combinaison de bus, ferries et navettes touristiques.
La clé d’un voyage réussi réside dans une bonne préparation : consulter les horaires saisonniers, vérifier les besoins de réservation, comprendre les règles tarifaires, et anticiper les contraintes liées à la météo et à la couverture mobile. En s’appuyant sur les outils en ligne, les cartes de réduction et les retours d’expérience locaux, les transports en commun en Tasmanie peuvent devenir un allié précieux pour découvrir l’île autrement.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tasmanie, Portugal, Grèce, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie, État australien combinant régime fiscal compétitif pour les retraités étrangers, absence d’impôt sur la fortune, stabilité juridique et coût de vie inférieur à celui de grandes métropoles françaises, avec un environnement naturel de très haute qualité. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa de longue durée et de la résidence, organisation de l’assurance santé locale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, intégration) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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